Marie Auxiliatrice dans l’histoire de la chrétienté par Vianney 2011-05-24 13:54:06 |
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Le culte rendu à la Sainte Vierge sous le titre de Marie Auxiliatrice, Maria Auxilium Christianorum, remonte fort loin. Mais ce fut surtout après la bataille de Lépante, en 1571, qu’il reçut, en quelque sorte, sa consécration officielle.
La flotte chrétienne mit en déroute la flotte turque au cri de : Vive Marie, et le Pape Pie V, qui avait connu, par révélation, cette insigne victoire avant l’arrivée d’aucun messager, ordonna que dans la litanie Lorétienne serait désormais inscrite l’invocation : Maria Auxilium Christianorum, ora pro nobis.
Un siècle plus tard, en 1683, deux cent mille Turcs vinrent mettre le siège devant Vienne. Le prince Charles de Lorraine n’avait que trente mille hommes à opposer à cette formidable invasion. Ce fut un Pape, Innocent XI, qui sauva pour ainsi dire la Chrétienté, en ordonnant des prières publiques et en appelant les princes chrétiens au secours de la ville assiégée.
Un seul d’entre eux répondit à l’appel : Jean Sobieski, de glorieuse mémoire. Avec une poignée d’hommes il pénétra dans Vienne, devenue un monceau de ruines. Le 12 septembre, il alla, avec le prince Charles, assister à la sainte Messe, qu’il voulut servir lui-même, les bras en croix ; puis il s’écria : « Avec la protection de la Sainte Vierge, marchons avec confiance à nos ennemis, et nous aurons la victoire. »
En effet, après un court combat, les Turcs se retirèrent en désordre de l’autre côté du Danube, abandonnant un butin immense. Toute la Chrétienté fut unanime à attribuer à la protection de la Sainte Vierge une aussi étonnante victoire, qui délivrait non seulement l’Autriche, mais encore l’Europe, de l’invasion des Turcs ; et, à cette occasion, fut érigée, à Munich en Bavière, la première confrérie en l’honneur de Marie Auxiliatrice.
Pie V avait introduit dans les litanies l’invocation de Maria Auxilium Christianorum ; ce fut Pie VII qui institua sa fête au 24 mai.
Transporté à Fontainebleau par Napoléon Ier, il fit la promesse d’honorer Marie sous le nom d’Aide des chrétiens, dès qu’il lui serait accordé de reprendre possession de sa ville papale.
Sa rentrée triomphale à Rome ayant eu lieu le 24 mai 1814, il fixa au 24 mai la fête de Marie Auxiliatrice.
Pour étendre cette dévotion à Marie-Auxiliatrice, si populaire à Turin, Don Bosco résolut d’élever, en son honneur, une belle église au Valdocco.
Ce quartier, centre de plus de trente-cinq mille âmes, était alors fort dépourvu d’églises. Les petites chapelles de la Providence, et de l’Oratoire de Saint-François de Sales étaient parfaitement insuffisantes à recevoir les fidèles les jours de fêtes et même les dimanches.
D’ailleurs, s’il avait pu exister un doute sur l'utilité de cette entreprise, il aurait été levé par l’auguste Pie IX qui, à peine instruit de ces desseins, répondit, tout aussitôt, que le titre de Marie Auxiliatrice attirerait certainement les faveurs de la Reine du Ciel. Il envoya un don de cinq cents francs pour coopérer à la construction de l’église, et il accompagna cette offrande d'une bénédiction toute spéciale.
Fort de cette approbation, Don Bosco choisit un terrain convenable, tout à côté de l’Oratoire.
Puis l’architecte Spezia traça le plan d'une église, en forme de croix latine, qui devait couvrir une superficie de douze cents mètres carrés.
La pose de la pierre angulaire eut lieu solennellement le 27 avril 1865.
Quand la première main fut mise aux travaux, il n’y avait en caisse que quarante centimes, les cinq cents francs envoyés par le Saint-Père ayant été absorbés par le payement du terrain.
On comptait sur diverses promesses faites soit par la municipalité, soit par des personnes charitables. Mais, sous je ne sais quels prétextes, ces engagements ne furent pas tenus tout d'abord.
Si l’aide des hommes fit ainsi défaut, ce fut sans doute pour que l’intervention de la Reine du Ciel se manifestât d’une façon plus éclatante, et pour qu’il fût clairement démontré qu’elle voulait non seulement un édifice idéal dans les cœurs, mais encore un édifice réel, où son divin Fils serait honoré par son intermédiaire.
Sans se laisser arrêter par ces difficultés, Don Bosco mit résolument les ouvriers à la besogne, et fit creuser les fondations.
Après la première quinzaine de ce travail, il se trouva dû, aux terrassiers, mille francs. Ces braves gens ne pouvaient attendre plus longtemps leur salaire, et il fallait absolument payer les journées faites.
Dans cet embarras, Don Bosco pensa à une personne qui avait commencé une neuvaine quelques jours auparavant et qui avait promis une offrande en cas de réussite.
C’était une dame qu’il avait eu l'occasion de visiter dans l’exercice de son saint ministère. Elle était fort gravement malade, retenue dans son lit, depuis trois mois, par une fièvre continuelle, avec grande toux et épuisement complet.
— Oh ! lui avait-elle dit, pour recouvrer un peu de santé, je serais bien disposée à dire toutes les prières qu’on m’indiquera, et à faire quelque offrande. Ce serait une grande faveur pour moi si je pouvais seulement sortir du lit, et faire quelques pas dans ma chambre.
— Ferez-vous ce que je vous indiquerai ?
— Bien certainement.
— Alors commencez tout de suite une neuvaine à Notre-Dame Auxiliatrice.
— Comment cela ?
— Pendant neuf jours, vous direz, trois fois par jour, le Pater, Ave, Gloria et Salve Regina.
— Je le ferai. Et quelle œuvre de charité faudra-t-il joindre ?
— Si vous le voulez, et si vous éprouvez quelque amélioration dans votre santé, vous ferez une offrande pour l’église de Notre-Dame Auxiliatrice qui se commence au Valdocco.
– Oui, oui, bien volontiers : si dans le cours de cette neuvaine j’obtiens seulement de pouvoir sortir du lit et faire quelques pas dans ma chambre, j’enverrai une offrande pour l’église qu’on élève en l’honneur de la Sainte Vierge Marie.
Cette promesse était la seule ressource sur laquelle pût compter Don Bosco à l’heure présente.
On était précisément au huitième jour de la neuvaine, et ce ne fut pas sans une certaine anxiété qu’il alla s’enquérir du résultat. La servante, qui lui ouvrit la porte, s’écria en le voyant :
— Madame est guérie ; elle est déjà sortie deux fois pour aller à l’église rendre grâce à Dieu.
En effet, la maîtresse survint toute joyeuse :
— Je suis guérie, mon Père. Je suis déjà allée remercier la sainte Vierge. Voici l’offrande que j’ai préparée ; c'est la première, mais ce ne sera certainement pas la dernière.
Et elle remit à Don Bosco un petit paquet.
Quand il fut chez lui, il l’ouvrit et trouva précisément cinquante napoléons d'or.
On peut dire que les mille francs dont il avait besoin ce jour-là tombèrent vraiment de la main de la Sainte Vierge.
Quoique Don Bosco eût évité soigneusement de parler de ce fait, il ne tarda pas à s’ébruiter et à se répandre comme par une étincelle électrique ; et presque aussitôt il se produisit un concours extraordinaire de personnes faisant des neuvaines à Notre-Dame Auxiliatrice, et promettant des dons à son église si elles étaient exaucées.
Qui pourrait raconter les guérisons sans nombre qui eurent lieu, les grâces de toutes sortes, spirituelles et temporelles qui furent accordées !
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