Le don de la Bénédiction par jejomau 2011-04-30 16:57:07 |
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ou COMMENT il nous faut voir et comprendre l'Eglise de Dieu...... et POURQUOI l'Eglise ne nous abandonnera jamais; avec un rappel particulier sur cette petite "église" qu'est la famille :
La Bénédiction du Père dans les Cieux
La Bénédiction fait partie des trésors caractéristiques de l’Eglise catholique. C’est un don merveilleux, accordé par Dieu à l’humanité. Toujours à nouveau nous pouvons expérimenter la consolation et la force que nous donne la Bénédiction. La Bénédiction fait partie des signes les plus simples par lesquels l’Eglise exprime sa sollicitude pour les hommes. C’est en bénissant que l’Eglise, notre Mère nous accompagne, du berceau à la tombe. La célébration de la Liturgie et des Sacrements est liée au signe de la Croix. Dans la vie de la famille chrétienne, la Bénédiction tient sa place spécifique. Dans toutes les situations de la vie, dans la joie comme dans la peine, pour les jeunes comme pour les moins jeunes, la Bénédiction divine est une source d’espérance et de confiance. Le mot latin "benedicere", signifie : dire du bien. Dans la prière de la Bénédiction, nous demandons à Dieu de dire, de souhaiter du bien aux hommes, et de leur offrir ce qui leur est salutaire au corps et à l’âme.
La bénédiction a un rapport très étroit avec la vie. Toute la vie, celle de la nature comme celle de la grâce, vient de Dieu. La Bénédiction est cette puissance divine qui suscite la vie et qui porte la vie en elle.
Le Catéchisme nous dit: “Bénir est une action divine qui donne la vie et dont le Père est la source” (1078).
L’apôtre Paul exprime cela de façon merveilleuse lorsqu’il écrit aux Ephésiens: “Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C’est ainsi qu’Il nous a élus en Lui, dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour…” (Ep 1,3-4).
Depuis ses premières pages jusqu’à ses dernières, la Sainte Ecriture nous parle du mystère de la bénédiction divine : “Du commencement jusqu’à la consommation des temps, toute l’oeuvre de Dieu est bénédiction. Du poème liturgique de la première création aux cantiques de la Jérusalem céleste, les auteurs inspirés annoncent le dessein du salut comme une immense bénédiction divine” (1079).
Toute l’Histoire du Salut est un signe de cette bénédiction merveilleuse avec laquelle Dieu nous a déjà béni avant la création du monde. “Dès le commencement, Dieu bénit les êtres vivants, spécialement l’homme et la femme. L’alliance avec Noé et avec tous les êtres animés renouvelle cette bénédiction de fécondité, malgré le péché de l’homme par lequel le sol est ‘maudit’. Mais c’est à partir d’Abraham que la bénédiction divine pénètre l’histoire des hommes, qui allait vers la mort, pour la faire remonter à la vie, à sa source : par la foi du ‘père des croyants’ qui accueille la bénédiction est inaugurée l’histoire du salut” (1080).
L’action de la bénédiction de Dieu est donc double. Elle chasse les puissances de la mort et des ténèbres que le péché a fait entrer dans le monde, et elle rend à l’être humain la vie qui, depuis les origines de toute vie, l’unit au Dieu Trinitaire.
Ayant reçu la bénédiction de Dieu dans la foi, Abraham devint lui-même une bénédiction: “Je magnifierai ton nom, qui servira de bénédiction… Par toi se béniront toutes les nations de la terre” (Gn 12,2-3). En tant que croyants, nous sommes appelés à suivre l’exemple d’Abraham, car “tout baptisé est appelé à être une ‘bénédiction’ et à bénir” (1669). Mère Julia, Fondatrice de la Famille Spirituelle “L’Oeuvre” nous interpelle également : “Nous devons être une Bénédiction. C’est notre mission”.
La Bénédiction du Christ
Dans l’Ancienne Alliance déjà, Dieu a manifesté ses bénédictions en événements étonnants: “la naissance d’Isaac, la sortie d’Egypte, le don de la Terre promise, l’élection de David, la présence de Dieu dans le temple, l’exil purificateur et le retour d’un ‘petit Reste’” (1081).
Des bénédictions divines trouvent leur accomplissement dans l’Incarnation de Dieu et dans la venue de l’Esprit Saint: “Le Père est reconnue et adoré comme la Source et la Fin de toutes les bénédictions de la création et du salut; dans son Verbe, incarné, mort et ressuscité pour nous, Il nous comble de ses bénédictions, et par Lui Il répand en nos coeurs le Don qui contient tous les dons: l’Esprit Saint” (1082).
La bénédiction promise à Abraham se réalise dans la venue de Jésus Christ. C’est la raison pour laquelle Elisabeth proclame à Marie ces paroles magnifiques que nous répétons à chaque “Ave Maria” : “Tu es bénie entre les femmes, et béni le fruit de ton sein” (Lc 1,42). Dieu a béni Marie de façon singulière: “Plus que toute autre personne créée, le Père l’a ‘bénie par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ’ (Ep 1,3)” (492).
Jésus Christ, son Fils, apporte à l’humanité la plénitude de la bénédiction divine perdue et refusée par le péché. La bénédiction et la vie vont de pair. Si Jésus dit de Lui-Même: “Moi, Je suis venu pour que les brebis aient la vie et l’aient en abondance” (Jn 10,10), Il aurait également pu dire: “Je suis venu pour qu’ils aient la bénédiction en abondance”.
Les Evangiles nous montrent comment Jésus bénit les cinq pains et les deux poissons avant de les multiplier de façon miraculeuse (cf. Lc 9,14). Nous connaissons aussi la scène émouvante où Jésus prend les enfants dans ses bras, leur impose les mains et les bénit (cf. Mc 10,13-16). Jésus fit don à ses apôtres de son bien le plus précieux, le Sacrement de son Corps et de son Sang, que nous pouvons commémorer chaque jour et plus spécialement le dimanche. Il prit du pain et du vin, les bénit et les leur donna en disant: “Prenez, ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang” (cf. Mc 14,22.24).
La Bénédiction dans la vie de l’Eglise
Fidèle au Testament du Christ, dès ses débuts l’Eglise a béni. L’apôtre Paul commence presque toutes ses lettres par un souhait de bénédiction: “A vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ” (Rm 1,7; cf. 1 Co 1,3; 2 Co 1,2; Ga 1,3 etc.).
Tous les croyants sont appelés à bénir: “Bénissez ceux qui vous persécutent; bénissez, ne maudissez pas” (Rm 12,14). “Ne rendez pas mal pour mal, insulte pour insulte. Bénissez au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction” (1 P 3,9).
Au cours des différents époques, la pratique de nombreuses bénédictions s’est développée dans l’Eglise qui les a rassemblées dans le “Rituel Romain”. Certaines bénédictions sont propres à un temps liturgique comme la bénédiction des couronnes de l’Avent, la bénédiction de l’eau au cours de la nuit pascale, la bénédiction du pain de saint Hubert ou la bénédiction de saint Blaise. D’autres sont rattachées à une circonstance particulière comme la bénédiction des mamans après la naissance d’un enfant - qu’on appelait dans le temps “les relevailles”, la bénédiction des Prémices d’un jeune prêtre, que certains pays ont gardé heureusement dans leur tradition, la bénédiction à l’occasion d’un jubilé de mariage. D’autres bénédictions encore accompagnent des circonstances particulières de la vie publique comme par exemple la bénédiction d’un bâtiment, d’une église, d’une maison, d’un pont, d’un véhicule. Dans l’abondance de ces bénédictions, l’Eglise exprime sa sollicitude pour les hommes et plus particulièrement pour leur salut éternel.
Chaque Sacrement est également accompagné du signe de la croix. Les bénédictions, que l’Eglise compte parmi les sacramentaux, sont “des signes sacrés par lesquels, selon une certaine imitation des sacrements, des effets surtout spirituels sont signifiés et sont obtenus par la prière de l’Eglise” (1667). Par eux, les hommes sont préparés et “disposés à recevoir l’effet principal des sacrements, et les diverses circonstances de la vie sont sanctifiées” (1667).
L’Eglise connaît multiples formes de bénédictions: Les bénédictions simples (de personnes, objets, lieux ou repas) sont “louange de Dieu et prière pour obtenir ses dons… L’Eglise donne la bénédiction en invoquant le nom de Jésus et en faisant habituellement le signe saint de la croix du Christ” (1671).
La bénédiction de personnes est une bénédiction particulière, qu’il ne faut pas confondre avec la consécration de personnes comme par exemple la consécration d’un Père Abbé ou la consécration des vierges. Il ne faut pas l’assimiler non plus à la consécration de certaines choses ou de certains objets, et nous pensons ici à la consécration d’une église, d’un calice, d’une cloche ou d’un autel etc. Elles ont “une portée durable: elles ont pour effet de consacrer des personnes à Dieu et de réserver à l’usage liturgique des objets et des lieux (1672).
Finalement l’Eglise connaît l’exorcisme, quand elle “demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ, qu’une personne ou un objet soit protégé contre l’emprise du Malin et soustrait à son empire” (1673). L’exorcisme s’accomplit sous une forme simplifiée au cours de la liturgie du Baptême, mais également chaque fois que nous implorons l’aide de l’archange saint Michel afin d’être protégés des malices du démon, ou lorsque nous faisons consciemment le signe de la croix avec de l’eau bénite. Le grand “exorcisme” solennel ne peut être accompli que par un prêtre qui a reçu à cet effet l’autorisation de l’Evêque.
Lorsque nous considérons avec foi la puissance et la richesse de la bénédiction divine dans l’Eglise, nous comprenons mieux les paroles de Mère Julia: “Cette Bénédiction est un don scellé, un don de son amour extraordinaire qu’il veut mettre au service des siens, comme armement et défense”. “La Bénédiction est comme une lumière plus éclatante que la lumière du soleil. Elle est aussi comme un glaive qui tranche les ténèbres, qui touche la conscience et qui porte la Miséricorde de Dieu”.
La Bénédiction du Prêtre
Comme déjà mentionné, tout baptisé est appelé à bénir. Mais “plus une bénédiction concerne la vie ecclésiale et sacramentelle, plus sa présidence est réservée au ministère ordonné” (1669). L’Eglise a toujours cru en la signification particulière de la bénédiction sacerdotale.
Les prêtres de l’Ancienne Alliance avaient déjà été mandatés par Dieu pour bénir. Ayant élu Aaron et ses fils comme prêtres, Dieu les bénit par les mains de Moïse: “Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël. Vous leur direz: ‘Que Jahvé te bénisse et te garde! Que Jahvé fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce! Que Jahvé te découvre sa face et t’apporte la paix!’” (Nb 6,23-27).
La plénitude de la bénédiction nous est donnée en Jésus Christ, le Grand Prêtre éternel de la Nouvelle Alliance, que le Père “a envoyé vous bénir” (Ac 3,26). Par l’ordination sacerdotale, les prêtres de la Nouvelle Alliance sont mandatés d’accorder aux hommes, au nom de Jésus Christ, “la plénitude des bénédictions du Christ” (Rm 15,29). La foi nous apprend que c’est le Christ Lui-Même qui agit et qui nous bénit par les mains du prêtre. “Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ Lui-même qui est présent à son Eglise en tant que Tête de son Corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la Vérité. C’est ce que l’Eglise exprime en disant que le prêtre, en vertu du sacrement de l’ordre, agit in persona Christi Capitis.” (1548). Mère Julia exprime ceci par des paroles toutes simples qui témoignent de sa foi profonde: “La bénédiction du prêtre est un don merveilleux qui nous vient de Dieu. C’est Dieu Lui-même qui a donné au prêtre le poouvoir de bénir le jour de son ordination”.
La Bénédiction dans la Famille
Dès les débuts de la création, l’homme et la femme font l’objet d’une bénédiction particulière: “Dieu les bénit et leur dit: : ‘Soyez féconds, multipliez’.” (Gn 1,28). “La Sainte Ecriture et la pratique traditionelle de l’Eglise voient dans les familles nombreuses un signe de la bénédiction divine et de la générosité des parents” (2373).
Avec le sacrement du Mariage, les époux chrétiens reçoivent également le pouvoir de se bénir mutuellement et de bénir les enfants que Dieu leur accordera. Dans les familles où cela se fait avec foi - le matin, au moment de quitter la maison, le soir avant le repos - cette bénédiction imprègnera toute l’atmosphère familiale. Elle deviendra une source de grâce, d’unité et de paix, et contribuera à donner aux enfants, dès leur très jeune âge, le sens profond de la beauté de la foi chrétienne.
La bénédiction que les parents donnent à leurs enfants, ou qu’un prêtre accorde à l’occasion d’une visite, devient un instrument d’éducation religieuse précieux lorsqu’elle est donnée et reçue dans une atmosphère de foi et de respect: “Par la grâce du sacrement de Mariage, les parents ont reçu la responsabilité et de privilège d’évangéliser leurs enfants. Ils les initieront dès le premier âge aux mystères de la foi dont ils sont pour leurs enfants les ‘premiers hérauts’. Ils les associeront dès leur plus tendre enfance à la vie de l’Eglise. Les manières de vivre familiales peuvent nourrir les dispositions affectives qui durant la vie entière restent d’authentiques préambules et des soutiens d’une foi vivante.” (2225).
Le “benedicite”, cette prière de bénédiction récitée à table, fait partie des expressions les plus simples de la foi, qui imprègnent la vie familiale quotidienne et qui sont de grande importance: “Ayant fait notre travail, la nourriture reste un don de notre Père; il est bon de la Lui demander en Lui rendant grâces. C’est le sens de la bénédiction de la table dans une famille chrétienne” (2834).
La bénédiction est quelque chose de grand et de beau. Efforçons-nous de la recevoir et de la donner dans une attitude de foi et de respect. La bénédiction est comme un lien spirituel qui nous soude au Coeur aimant de Jésus, qui nous fortifie dans ĺunité de ĺEglise, la grande Famille de Dieu, et qui nous conduit à ĺadoration de Dieu : “Saint, saint, saint est le Seigneur de l'univers !” (Is 6,3)
p. Hermann Geissler (FSO) - Famiglia spirituale “L’Opera”
source FIDES
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