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Les deux aspects sont liés
par Vianney 2011-04-30 16:46:05
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C’est parce que l’Église conciliaire est devenue, sur bien des points liés à la foi, une “Église du silence” – sans y être (apparemment) contrainte, du moins de façon aussi visible qu’à l’époque du communisme – qu’elle a perdu toute autorité effective quand elle rappelle les fondements de la morale naturelle.

Jean Madiran, que vous citez à juste titre à propos du catéchisme, l’illustre bien dans son livre La laïcité dans l’Église (Consep, 2006, p. 17) sur la question des relations entre l’Église et l’État. Sans porter aux nues (et on le comprend) les tentatives précédentes de “Ralliement” sous Léon XIII et Pie XI, il fait tout de même observer qu’il s’agissait alors de simples accords pratiques, et que le pape ne cessait pas pour autant d’enseigner “la doctrine traditionnelle, en continuité avec les enseignements de ses prédécesseurs”.

La lettre pontificale du 11 février 2005 implique au contraire une conception évolutive de la doctrine sociale de l’Église. Après avoir en 2003, dans l’exhortation apostolique Ecclesia in Europa, réprouvé la Séparation seulement si c’est une « séparation hostile », le Saint-Siège admet maintenant la Séparation en la qualifiant de « juste séparation » et en assurant même que c’est une « nécessité ». La continuité dans la doctrine sociale est rompue, comme le manifeste (non pour la première fois) la volonté systématique de ne plus se référer aux « documents pontificaux de Léon XIII à Pie XII » mais seulement à la simple « déclaration » Gaudium et spes de Vatican II.


Madiran souligne que, pour le coup, cela va bien au-delà d’une simple tentative de modus vivendi avec les puissants du jour :

La situation actuelle de la France, de l’Europe, du monde entier apparaît fortement défavorable aux principes fondamentaux et aux points essentiels de la doctrine sociale de l’Église tels qu’ils ont été explicités « de Léon XIII à Pie XII ». On peut trouver là un motif prudentiel (suffisant ?) de ne pas réclamer pour le moment ce qu’il est impossible d’obtenir aujourd’hui, et d’esquisser plutôt une troisième tentative de Ralliement. En tout cas ce n’est pas une raison suffisante pour modifier ou amputer la doctrine, pour ne plus s’y tenir et ne plus l’enseigner aux prêtres et aux fidèles. Car même si cet enseignement intégral ne peut pour un temps avoir un effet temporel direct et prochain, il garde un effet direct et certain sur le salut éternel des âmes, qui demeure tout de même la principale responsabilité de l’Église : et d’abord un effet direct et certain sur le salut éternel de chaque « évêque, docteur de la foi ». La doctrine sociale de l’Église, fondée sur la loi (morale) naturelle et sur la révélation surnaturelle, fait partie intégrante des vérités nécessaires au salut. Tout baptisé a le droit d’en être instruit selon son niveau culturel, et la vocation d’en être, selon son état, le témoin. Et l’évêque a, lui, le devoir d’en être le gardien et l’intendant fidèle.


V.

     

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