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Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume
par ami de la Miséricorde 2026-08-30 21:12:29
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CHAPITRE XXX
LE DON DE FORCE.


3° Quelle est la nécessité du don de force ? Après ce qui vient d’être dit, une pareille question semble superflue. Il n’en est rien. A l’égard du don de force, comme à l’égard des autres dons du Saint-Esprit, l’homme se trouve dans l’alternative impitoyable que nous avons signalée :

Ou vivre sous l’empire de l’Esprit de force, ou vivre sous la tyrannie de l’Esprit contraire. Quel est-il ! l’Esprit de paresse. (S. Anton., IV p., tit, X, c. I, p. 153). Voyons en quoi il consiste et ce qu’il fait de l’homme et du monde. La paresse est un engourdissement spirituel qui nous empêche d’accomplir nos devoirs.

C’est le chloroforme de Satan. A peine ce virus est répandu dans l’âme, qu’il l’appesantit et lui donne des nausées pour tout ce qui est bien spirituel. Sa fin suprême, l’amitié de Dieu en ce monde, Sa gloire dans l’autre, les moyens d’y parvenir ; les devoirs, les vertus, les instructions chrétiennes, les fêtes, les sacrements, la prière, les bonnes œuvres, la religion tout entière lui est à charge et à dégoût.

De là naît, suivant l’explication de saint Grégoire, la pusillanimité, pusillanimitas, espèce d’abattement et de mollesse en face d’une obligation tant soit peu coûteuse : telle que le jeûne, l’abstinence, la mortification des sens ou de la volonté ; la tiédeur, torpor, qui omet le devoir ou qui ne l’accomplit qu’imparfaitement et par manière d’acquit.

La divagation de l’esprit, mentis evagatio, qui, dans les exercices de religion, est partout ailleurs qu’en la présence de Dieu ; l’instabilité du cœur, instabilitas cordis, dont les inconstances dans le bien sont moins faciles à compter que les mouvements du roseau agité par les vents contraires ; la malice, malitia, à la pensée des devoirs imposés à l’homme et au chrétien, le paresseux se prend à regretter d’être né, et surtout né au sein du christianisme.

La haine, rancor, du prêtre et de quiconque lui prêche ses obligations, ou même des objets matériels qui lui en rappellent le souvenir ; la fomentation de tous les vices, car il est écrit de l’oisiveté, fille de la paresse, qu’elle enseigne toute sorte de mal ; enfin, le découragement, le désespoir et l’impénitence finale» (Apud Feraris, verb. Acedia).

On comprend ce que doit devenir un homme, un peuple, un monde, sous la tyrannie d’un pareil démon. Si rien n’est plus brillant que le tableau tracé par le Saint-Esprit Lui-même, des élèves du don de force, rien n’est plus triste que le portrait des esclaves de l’Esprit de paresse.

Être dégradé, sans énergie pour le bien, stupidement indifférent pour ses intérêts éternels, confondant toutes les religions dans un commun mépris, afin de n’en pratiquer aucune, enfoncé dans la matière, le paresseux spirituel, homme, peuple ou monde, veut et ne veut pas.

Il a des oreilles, et il feint de ne pas entendre ; des yeux, et il feint de ne pas voir ; des pieds, et il ne marche pas ; des mains, et il ne travaille pas. Il ressemble à la porte qui vingt fois le jour s’ouvre et se ferme, et que le soir trouve toujours à la même place.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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