« Nous devons nous battre pour cette messe » : la messe en latin sur le Kilimandjaro par Vistemboir2 2026-08-29 10:40:54 |
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Traduction de l’article de Michael J. Matt paru le 29 août 2026 sur The Remnant sous le titre : « “We Must Fight for This Mass”: The Latin Mass on Kilimanjaro »
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Après six jours d'ascension du Kilimandjaro, Michael Matt a atteint le sommet et a célébré la messe traditionnelle en latin à 5 895 mètres d'altitude. Cette expérience a profondément influencé sa vision du combat pour la messe en latin.
Dieu merci, je suis rentré sain et sauf de Tanzanie. Nous avons atteint le sommet du Kilimandjaro avec deux prêtres missionnaires qui ont célébré la messe traditionnelle en latin chaque jour, conformément à notre engagement envers Dieu de ne jamais abandonner cette pratique.
Grâce à votre générosité, près de 100 000 $ ont été collectés pour la Mission Sainte‑Croix en Tanzanie, et l’avenir du petit séminaire où est célébrée la messe en latin est plus prometteur que jamais.
Je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour moi. J’ai particulièrement ressenti le poids de vos prières le dernier jour de l’ascension. Après quelques heures de sommeil dans ma petite tente, alors que les vents du Kilimandjaro soufflaient violemment au camp de base de School Hut, nous avons été réveillés à 3 heures du matin.
Il faisait encore nuit noire lorsque nous avons fini de manger notre bouillie de millet, rempli nos gourdes, allumé nos lampes frontales, suivi nos guides tanzaniens dans l’obscurité mystérieuse du sommet du Kili et gravi encore plus de 600 mètres de dénivelé.
L'air était raréfié et glacial lorsque j'ai entamé l'ascension de ce qui ressemblait à une paroi verticale abrupte, plongeant dans l'obscurité, haut au-dessus des nuages.
Respirer dans ces conditions exige un effort de volonté considérable. Il est absolument interdit de se dire qu'on est en train d'hyperventiler, même si on en a l'impression. Chaque inspiration est superficielle et il faut l'accepter telle quelle, sans céder à la panique. Toutes les quelques minutes, on retrouve cette inspiration profonde et rassurante, et l'on en remercie Dieu.
On prie, on respire, puis on boit par petites gorgées à sa poche à eau, en prenant soin de bien souffler dedans pour éviter que le tuyau ne gèle. Quand il gèle, comme ça m'est arrivé une fois, on peut se sentir paniqué, un sentiment irrationnel, mais c'est justement le but : la rationalité n'est pas toujours garantie en plein air. Il faut se concentrer sur tout, sans rien prendre pour acquis.
Et on se parle à soi-même… beaucoup. On prie. Et on puise au plus profond de soi pour trouver la force de continuer à avancer, un pied devant l'autre… toujours plus haut. Des lacets dans le noir, de minuscules lumières scintillantes au-dessus de nous. Des étoiles ? Non, chers camarades, droit devant, on se fraye un chemin dans l'obscurité. Ne regardez pas en haut. Ne regardez pas en bas. Juste un pied devant l'autre.
Après des heures d'efforts, on commence à peine à se rendre compte que le ciel n'est plus d'un noir absolu. Quelque part derrière nous, en contrebas, le soleil se lève. L'espoir renaît. Peut-être y arriverons-nous finalement. Il faut continuer. Nous avons promis à Dieu d'apporter son Saint Sacrifice au pic Uhuru, à 5 895 mètres d'altitude. Il n'y a plus de retour en arrière possible. Mon Dieu, aidez-moi. Ange de Dieu, mon gardien bien‑aimé, à qui l'amour de Dieu me confie ici…
Un rayon d'or éclatant déchire le ciel derrière nous. Nos guides de montagne tanzaniens – les meilleurs au monde – sourient au soleil levant. Et ils se mettent à chanter tandis que nous continuons de grelotter sous nos parkas.
Peu à peu, le chant des guides pénètre ma conscience engourdie comme les rayons bienfaisants du soleil, et je m'imprègne de la chaleureuse tradition du chant de montagne, une tradition qu'il n'est pas nécessaire de comprendre en swahili.
Avec le soleil vient le chant, et avec lui, la sensation que tout irait bien. La glace dans ma gourde commence à fondre, et je bois à cette nouvelle journée. Un dernier effort intense.
Et quel effort ! Je n'avais jamais eu à me surpasser autant. Arrivés au premier sommet, mes jambes étaient en coton, et je devais m'arrêter toutes les quelques minutes pour reprendre mon souffle.
Les nuages s'amoncelaient en contrebas tandis que le sommet se dressait devant nous. Nous longions le bord des glaciers du Kilimandjaro, des à‑pics vertigineux de plusieurs centaines de mètres à droite, bien au-dessus du cratère volcanique. Ne pas regarder en bas. À quoi bon ? Un pied après l'autre. Respirer. Petite gorgée. Respirer encore. Dieu est au ciel, et nous y sommes presque.
Trente minutes plus tard, je me débarrasse de la couche extérieure de vêtements. J'aperçois le sommet. Je peux presque lire le panneau : Uhuru Peak, une centaine de mètres plus haut sur la longue pente du Kilimandjaro. Et pourtant, je m'arrête toutes les quelques minutes pour respirer. L'air est tellement raréfié !
Il est difficile de décrire la joie extraordinaire qui accompagne l'ascension du Kilimandjaro après six jours. Quiconque a gravi une montagne comprendra. Mais pour nous, voir un prêtre catholique en soutane noire déballer son nécessaire d'autel, changer de chaussures et préparer le petit autel que les porteurs avaient transporté jusqu'au sommet du Kilimandjaro… eh bien, pour un catholique de naissance ayant assisté à la messe en latin sur les autels de Saint-Pierre de Rome à Notre-Dame de Chartres, c'était une messe plus proche du Ciel que jamais. J'ai contemplé les nuages et je me suis senti si petit.
Quelle a été ma principale leçon ? J'en ai retenu beaucoup, la plupart trop personnels pour être partagés. Mais celle que je vais vous soumettre, sous forme de question : pourquoi, après cinquante ans de messe en latin, ai-je été ému aux larmes pendant la messe sur le Kilimandjaro ?
Je servais lors de ces messes. Je devais rester vigilant et attentif, et pourtant, si souvent, l'autel se brouillait sous les larmes de gratitude, submergé par la joie d'être catholique et d'assister si intimement à la plus belle chose qui soit.
J'ai eu l'honneur de servir ces messes pour le Père João Silveira chaque jour. C'est lui, le prêtre que l'on voit sur chaque photo de cette page, qui a gravi en soutane le sommet du pic Uhuru, la plus haute montagne isolée du monde.
J’ai gravi le plus haut sommet isolé du monde afin de vous faire une promesse, à vous et à Dieu : nous tiendrons bon, nous combattrons et nous mourrons pour la messe en latin – pierre de touche de la foi de nos pères.
Là-haut, sur le Kilimandjaro, j'ai compris beaucoup de choses. Nous devons lutter pour cette messe. Nous devons vivre pour elle et, s'il le faut, mourir pour elle. Nous perdons trop de temps à nous quereller. Cela doit cesser. Ces derniers temps, les consécrations de la FSSPX ont fait l'objet de vives critiques. Mais ces consécrations ne sont pas le problème. Le problème n'est même pas la FSSPX. Le vrai problème, c'est la Révolution.
Si vous ne reconnaissez pas la crise sans précédent que traverse l'Église aujourd'hui – et le rôle qu'y a joué le Novus Ordo –, vous aurez naturellement du mal à comprendre pourquoi les successeurs de Mgr Lefebvre ont jugé ces consécrations nécessaires. Et cela vaut pour de nombreux catholiques qui ont découvert la messe traditionnelle pendant la pandémie de Covid‑19. Ils n'ont pas eu quarante, cinquante ou soixante ans pour étudier ce que Mgr Lefebvre a compris et combattu. Inutile de les condamner pour cela. Il nous faut de la patience et de la charité.
Mais nous ne devons pas non plus permettre au Vatican d'exploiter ce manque de formation pour dresser les catholiques les uns contre les autres. Les cardinaux Roche, Tucho et Cupich ne rêvent que de nous voir divisés en petits camps, nous entre‑déchirant tandis que la Révolution poursuit sa marche.
J'ai beaucoup pensé à ces clans pendant mon ascension du Kilimandjaro. J'ai pris la résolution, à mon retour, de supplier mes frères catholiques de ne pas tomber dans le piège.
Que l'on approuve ou non les consécrations de la FSSPX, la Révolution est l'ennemie, et non vos frères catholiques qui tentent de lui résister. C'est aussi pourquoi je crois que la Conférence sur l'Identité Catholique est si importante cette année.
Nous devons nous déconnecter et renouer avec les véritables familles dans le monde réel. Nous devons nous engager à rester unis pour défendre l'identité catholique. Il faut rappeler au Vatican que s'il persiste à vouloir supprimer la messe en latin, il ne fera que nous enfoncer davantage dans la resistance catholique traditionnelle.
Qu'ils se demandent ce que nous ferons ensuite.
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