"Le règne du Léon XIV nous a aidés à mieux comprendre la crise. Voici comment la combattre." par Vistemboir2 2026-07-30 12:18:51 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 29 juillet 2026 sur The Remnant sous le titre : « Leo XIV Helped Us Better Appreciate the Crisis. Here’s How to Combat It. »
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Un an après le début du pontificat du pape Léon XIV, cet article revient sur chaque moment majeur – de la synodalité et de l’œcuménisme à la FSSPX et à Vatican II – à la lumière des avertissements contenus dans la Déclaration de Mgr Lefebvre de 1974… Mgr Lefebvre a diagnostiqué la crise actuelle il y a plus de cinquante ans, et rien depuis ne l’a contredit.
Il est utile de temps à autre d'examiner comment, et si, notre réflexion sur un sujet particulier a évolué au fil du temps. Pour les catholiques traditionalistes qui partagent la vision de la crise de l'Église catholique exposée par Mgr Marcel Lefebvre dans sa célèbre Déclaration de 1974, les « nouvelles » concernant les événements quotidiens en provenance de Rome sont parfois fascinantes, mais elles ne modifient guère notre perception de cette crise, que Mgr Lefebvre a si bien formulée il y a plus de cinquante ans :
« On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». À messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours. Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme. »
« Avec Léon XIV, nous sommes confrontés à une situation où nous ignorons presque tout de la manière dont il s’y prendra pour résoudre la fracture décrite par le père Heimerl. Le pape Léon a exprimé son soutien à Vatican II et au Synode, mais il voue également une grande dévotion à saint Augustin, dont les écrits dénoncent les aspects les plus néfastes de la révolution de Vatican II. Peut-être aggravera-t-il la rupture, peut-être, avec la grâce de Dieu, mettra-t-il fin à la crise en rejetant les erreurs de Vatican II ; nous l’ignorons tout simplement pour l’instant, et ceux qui prétendent le contraire se trompent. »
« Il devrait être évident, au vu de tout ce que nous avons constaté au sujet du Synode ces trois dernières années, que Léon XIV a l’obligation morale de mettre fin au Synode sur la synodalité. Cela ne signifie pas qu’il lui serait facile ou indolore de prendre les mesures nécessaires, mais chaque jour où il néglige d’arrêter ce Synode blasphématoire ne fait qu’alimenter le scandale. […] On constate même qu’un silence prolongé de Léon XIV face aux méfaits du processus synodal serait plus scandaleux encore, étant donné qu’il paraît et semble bien plus catholique que François. Quelles que soient les mesures positives qu’il puisse prendre – comme l’abrogation de Traditionis Custodes ou de Fiducia Supplicans – son pontificat resterait un grave scandale s’il laissait le processus synodal instrumentaliser les Églises locales à des fins anti-catholiques. »
« Léon XIV a hérité de ce régime du Vatican qui, cruellement, jette des pierres à ceux qui demandent du pain et des serpents à ceux qui demandent du poisson. Nous ne nous attendions pas à ce qu’il renverse la révolution de Vatican II du jour au lendemain, mais trois mois suffisent amplement pour qu’il s’élève au moins contre les hérésies galopantes qui sévissent parmi ses évêques et assure aux catholiques traditionalistes qu’ils ne seront plus persécutés par Rome. Chaque jour qui passe dans le silence de Léon XIV ne fait qu’aggraver la cruauté de la révolution de Vatican II, au point qu’il risque de subir le jugement de son propre message de l’Angélus : “On ne peut pas prier Dieu comme “Père” et ensuite être dur et insensible envers les autres.” Nous prions pour qu’il écoute ses propres paroles tant qu’il en est encore temps. »
« Même si l’Église catholique n’était pas représentée à cette première rencontre, je peux affirmer, avec huimlité et joie, que nous sommes aujourd’hui à vos côtés en tant que disciples du Christ, reconnaissant que ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare. Depuis le Concile Vatican II, l’Église catholique a emprunté de tout cœur le chemin œcuménique. En effet, Unitatis Redintegratio, le décret du Concile, nous a appelés à dialoguer dans une fraternité humble et bienveillante, fondée sur notre baptême commun et sur notre mission commune dans le monde. Nous estimons que l’unité que le Christ désire pour son Église doit être visible, et que cette unité croît à travers le dialogue théologique, le culte commun lorsque cela est possible, et le témoignage commun face aux souffrances de l’humanité. »
« Bien que nous, et la FSSPX, priions pour le pape Léon XIV et fassions tout notre possible pour l'aider, l'état de nécessité perdurera jusqu'à ce que lui ou son successeur restaure véritablement la Foi. De plus, il est clair que l'œuvre la plus importante que la FSSPX puisse accomplir pour contribuer à la fin de l'état de nécessité dans l'Église est de témoigner fidèlement de la nécessité de restaurer la foi dans toute son intégrité. C'est aussi le plus grand service que la FSSPX puisse rendre à Léon XIV. »
« Je n’ai pas encore eu l’occasion de m’entretenir avec un groupe de personnes qui militent pour le rite tridentin. Une opportunité se présentera bientôt, et je suis certain que d’autres occasions se présenteront. Mais c’est une question pour laquelle nous devons, je pense, peut-être aussi lors d’une synodalité, nous asseoir et discuter. C’est devenu un sujet tellement polarisant que, bien souvent, les gens refusent de s’écouter. J’ai entendu des évêques me dire : “Nous les avons invités à ceci et à cela, et ils refusent tout simplement d’écouter.” Ils ne veulent même pas en parler. C’est un problème en soi. Cela signifie que nous sommes tombés dans l’idéologie et que nous ne nous soucions plus de l’expérience de la communion ecclésiale. »
« 98. Enfin, un document qui, au départ, n’a pas été bien accueilli par tous, nous offre une réflexion toujours d’actualité : « Aux défenseurs de “l’orthodoxie”, on adresse parfois le reproche de passivité, d’indulgence ou de complicité coupables à l’égard de situations d’injustice intolérables et de régimes politiques qui entretiennent ces situations. La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté, sont requis de tous, et tout spécialement des pasteurs et des responsables. Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter, par une vie théologale intégrale, la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé » [citation de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction sur certains aspects de la « Théologie de la libération », 6 août 1984, XI, 18: AAS 76 (1984), 907-908.]
« Léon XIV a donc choisi un paragraphe au hasard dans le document de 1984 pour condamner indirectement les catholiques traditionalistes, tout en négligeant le paragraphe précédent, qui condamnait la révolution de François, que ce dernier semblait déterminé à perpétuer. »
« Nombreux sont ceux à Rome qui considèrent la FSSPX comme un obstacle à l’œcuménisme et à la synodalité, et ils vous diront sans doute qu’il vaut mieux l’exclure. Quoi que vous décidiez, Dieu protégera la FSSPX, comme il a protégé Daniel dans la fosse aux lions. Votre décision aura néanmoins une importance capitale pour l’Église et le monde. Si vous rejetez ceux qui souhaitent simplement servir fidèlement l’Église selon leur conscience, le monde comprendra que tous les discours sur l’œcuménisme, la synodalité et la compassion sont hypocrites et motivés par des désirs impurs. Ainsi, il semble que ceux qui ont des yeux pour voir aient de bonnes raisons de conclure que « tous les discours relatifs à l’œcuménisme, à la synodalité et à la compassion sont hypocrites et motivés par des désirs impurs. »
« Nous ne pouvons pas sous-estimer que, surtout dans les pays occidentaux, la crise de la foi, avec d’autres facteurs socio-culturels, a donné lieu à une indifférence diffuse envers la religion. La foi, pour beaucoup, apparaît désormais comme sans importance dans leur vie. »
« Il semble tout à fait possible que Léon XIV soit sincèrement préoccupé par la crise de l'Église en général et par l'indifférentisme religieux en particulier. Cependant, les remèdes à ces maux ont été rejetés par Rome depuis le Concile et remplacés par le faux mouvement œcuménique qui promeut invariablement l'indifférentisme religieux. C'est comme si la réponse était sous ses yeux, mais qu'il était aveugle car contaminé par les erreurs qui caractérisent Rome depuis le Concile. Si Léon XIV veut vraiment s'attaquer à la crise de la foi et à l'indifférentisme qu'il a déplorés dans son discours, il n'a d'autre choix que de revenir à ce qu'enseignait Grégoire XVI dans Mirari Vos. Tant qu'il ne le fera pas (ou qu'un successeur ne le fera pas), le Vatican continuera de répandre le message hérétique selon lequel tout ensemble de croyances chrétiennes — autre que le catholicisme traditionnel — suffit au salut. C'est pourquoi les véritables amis de l'Église catholique, et même de Léon XIV, sont ceux qui préféreraient mourir plutôt que d'abandonner la Foi que Grégoire XVI a cherché à préserver. »
« L’opposition de Rome à Mgr Lefebvre a commencé avant 1974, mais la fameuse Déclaration de 1974 équivalait à une déclaration de guerre contre la révolution de Vatican II. Si Mgr Lefebvre s’était contenté de réclamer la messe traditionnelle en latin, une coopération avec Rome dans ses attaques contre la Foi aurait été envisageable. Mais sa Déclaration de 1974 montrait clairement qu’il aspirait à bien plus que la simple messe traditionnelle en latin. »
« C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto ». Amen.
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