"La FSSPX fait appel : le pape Léon XIV mettra-t-il en pratique la synodalité qu’il prône ?" par Vistemboir2 2026-07-15 12:27:25 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 14 juillet 2026 sur The Remnant sous le titre : « TThe SSPX Appeals to Rome: Will Pope Leo XIV Practice the Synodality He Preaches? »
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La Fraternité Saint-Pie X a interjeté appel de la décision d'excommunication prononcée par Rome, déclenchant ainsi l'un des conflits canoniques les plus importants de ces dernières décennies. L'avocat Robert Morrison analyse pourquoi cette contestation judiciaire soumet les enseignements du pape Léon XIV sur l'œcuménisme, la liberté religieuse et la synodalité à un examen sans précédent, et pourquoi la réponse du Vatican pourrait influencer l'avenir du mouvement catholique traditionaliste.
Le 13 juillet 2026, la Maison générale de la FSSPX a annoncé avoir formé un recours préliminaire auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi contre les sanctions prononcées par ce Dicastère à la suite des consécrations épiscopales effectuées sans approbation papale :
« La Fraternité Saint-Pie-X informee qu’en réponse au décret du 2 juillet 2026 du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, elle a déposé le 11 juillet un recours préliminaire auprès de ce même Dicastère, conformément aux canons 1734 et suivants du Code de droit canonique.
Cette démarche, qui constitue le préalable requis avant l’introduction éventuelle d’un recours hiérarchique, a pour effet de suspendre l’exécution du décret, conformément au canon 1353 du Code de droit canonique. Par ce recours, la Fraternité entend exercer le droit que l’Église reconnaît à toute personne s’estimant lésée par un acte administratif de demander sa rectification, dans un esprit de respect envers l’autorité ecclésiastique et de fidèle attachement à la justice, à la vérité et au bien de l’Église. La Fraternité Saint‑Pie‑X remet cette demande entre les mains des autorités compétentes et confie cette démarche à la prière de tous les fidèles. »
« L'appel à l'unité des chrétiens, que le deuxième Concile œcuménique du Vatican a proposé à nouveau avec une détermination si passionnée, résonne avec toujours plus d'intensité dans le cœur des croyants, particulièrement à l'approche de l'An 2000 qui sera pour eux un saint Jubilé, mémoire de l'Incarnation du Fils de Dieu qui s'est fait homme pour sauver l'homme. Le témoignage courageux de nombreux martyrs de notre siècle, y compris ceux qui sont membres d'autres Eglises et d'autres Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique, donne à l'appel conciliaire une force nouvelle; il nous rappelle l'obligation d'accueillir son exhortation et de la mettre en pratique. Nos frères et sœurs, qui ont en commun l'offrande généreuse de leur vie pour le Royaume de Dieu, attestent de la manière la plus éloquente que tous les facteurs de division peuvent être dépassés et surmontés dans le don total de soi-même pour la cause de l'Evangile.
« Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, expérimentons-le, manifestons-le !»
Comment un homme qui tient de tels propos peut-il ensuite exiger l'exclusion de la FSSPX alors que celle-ci affirme ne vouloir se séparer de Rome ? Certes, la FSSPX a désobéi au pape, mais sans intention de schisme et uniquement parce qu'elle croyait sincèrement que c'était nécessaire, conformément au droit canonique.
« Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même . Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil.
En vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libre, et, par suite, pourvus d’une responsabilité personnelle, sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité. Or, à cette obligation, les hommes ne peuvent satisfaire, d’une manière conforme à leur propre nature, que s’ils jouissent, outre de la liberté psychologique, de l’exemption de toute contrainte extérieure. Ce n’est donc pas sur une disposition subjective de la personne, mais sur sa nature même, qu’est fondé le droit à la liberté religieuse. C’est pourquoi le droit à cette exemption de toute contrainte persiste en ceux-là mêmes qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer ; son exercice ne peut être entravé, dès lors que demeure sauf un ordre public juste.
« Pour une Église synodale : Communion, Participation, Mission, il y a un appel à la joie et au renouveau de l’Église dans la suite du Seigneur, dans l’engagement au service de sa mission et dans la recherche des moyens de lui être fidèle. Cet appel se fonde sur l’identité baptismale commue, s’enracine dans la diversité des contextes dans lesquels l’Église est présente et trouve son unité dans l’unique Père, l’unique Seigneur et l’unique Esprit. Il interpelle tous les baptisés, sans exception : “Tout le Peuple de Dieu est le sujet de l’annonce de l’Évangile. En lui, chaque baptisé est appelé à être un protagoniste de la mission parce que tous, nous sommes tous des disciples missionnaires” (CTI n.53). Le cheminement synodal nous oriente vers une unité pleine et visible des chrétiens, comme les délégués des autres traditions chrétiennes en ont témoigné par leur présence. L’unité mûrit silencieusement au sein de la sainte Église de Dieu ; elle est une prophétie d'unité pour le monde entier. »(§§3, 4)
« Cette persoective [synodale] (...) contribuera également à vaincre le cléricalisme, entendu comme l’utilisation du pouvoir à son propre profit et la distorsion de l’autorité de l'Église, qui est au service du Peuple de Dieu. Cela s’exprime en particulier dans les abus sexuels, économiques, les abus de conscience et de pouvoir des ministres de l’Église. »
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