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"L’excommunication de la FSSPX révèle la rupture définitive de l’Église synodale avec la tradition catholique"
par Vistemboir2 2026-07-11 11:43:31
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 11 juillet 2026 sur The Remnant sous le titre : « The SSPX Excommunication Reveals the Synodal Church’s Final Break with Catholic Tradition ».
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Si l'Église synodale représente l'avenir que Rome exige désormais, qu'adviendra-t-il de l'immuable vérité catholique ? La sanction infligée par le Vatican à la FSSPX témoigne d'un événement bien plus significatif qu'une simple querelle canonique concernant les évêques. Elle révèle une Église de plus en plus réticente à tolérer les catholiques qui s'en tiennent fermement à l'enseignement traditionnel.

Dans un article récent publié sur Substack, intitulé « Un cas d’école de déplacement du jugement : le diocèse de Cubao et la FSSPX », Katharia analyse une lettre pastorale du diocèse de Cubao concernant la FSSPX afin d’illustrer un concept qu’elle résume ainsi :

« Pour mieux exprimer l’absurdité de la situation, disons qu’un différend existe quant à savoir si une autorité a commis une erreur, mais au lieu de trancher ce différend, cette autorité se justifie en se citant elle-même comme preuve de son infaillibilité, puis s’emploie à punir ceux qui la contestent. »


Katharia soutient les positions de la FSSPX, mais son argument principal est qu’il existe une question fondamentale : l’autorité de l’Église catholique a-t-elle commis des erreurs fondamentales depuis Vatican II ? Elle affirme qu’il est absurde de tenter de répondre à cette question en se référant à l’affirmation de l’autorité selon laquelle elle ne peut se tromper.

Ailleurs dans son article, Katharia reconnaît qu'en temps ordinaire, nous n'avons jamais à nous poser la question de savoir si l'autorité (et notamment le pape) s'est trompée :

« En temps ordinaire, les catholiques devraient pouvoir avoir confiance que la hiérarchie garde et préserve le dépôt de la Foi. Mais les soixante dernières années n'ont pas été des temps ordinaires.»


Pour les catholiques fervents, deux questions découlent de cette observation : sommes-nous autorisés (voire tenus) de modifier notre obéissance habituelle à l'autorité en dehors des temps ordinaires ? Et vivons-nous aujourd'hui des temps ordinaires ?

Pour nous aider à répondre à ces questions, nous pouvons nous tourner vers saint Paul, qui nous a mis en garde contre un temps où les chrétiens se détourneraient de la vérité :

« Car un temps viendra où (les hommes) ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donneront une foule de maîtres, l'oreille leur démangeant, et ils détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. » (2 Tm 4,3-4)


Ici, saint Paul nous donne un exemple de ce que serait une vie en dehors des « temps ordinaires ». Bien qu'il n'ait pas explicitement dit que les chrétiens ne devaient pas suivre ceux qui ne suivent plus la saine doctrine, il est évident que nous ne le devons pas. Saint Paul n'a émis aucune réserve quant à l'obligation pour les chrétiens de croire aux fables si elles étaient présentées par les plus hautes autorités. En effet, dans sa lettre aux Galates, il semble indiquer clairement que nous devons toujours choisir la vérité plutôt que toute autorité autre que Dieu lui-même :

« Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème ! Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème ! En ce moment, est-ce la faveur des hommes, ou celle de Dieu que je recherche ? Mon dessein est-il de complaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ. » (Ga 1,8-10)


Ce qui importe, ce n’est pas celui qui prêche l’Évangile, mais l’Évangile lui-même. Au fil des siècles, l’Église a bien sûr développé ce point (comme en témoignent les propos du concile Vatican I ci-dessous), mais il est fascinant de constater que saint Paul a mis en lumière le véritable conflit inhérent à la perspective d’un nouvel Évangile : choisirons-nous de plaire à Dieu ou aux hommes ? Et saint Paul affirmait que ce conflit se poserait pour quiconque tenterait de prêcher un nouvel Évangile, même s’il s’agissait de saint Paul lui-même ou d’un ange du ciel.

Si nous méditons sur ces paroles de saint Paul, nous constatons qu'il ne parle pas uniquement d'un débat entre ceux qui défendent la vérité pure et ceux qui soutiennent une autorité proposant une version compromise de cette vérité. Un autre acteur entre en jeu : Dieu. Bien que les discussions sur notre religion devraient naturellement s'articuler autour de notre conception de Dieu, il arrive que les débats sur la crise de l'Église dérivent vers des domaines qui excluent toute véritable réflexion sur Dieu. Même ceux qui défendent la vérité immuable peuvent y succomber.

Il est donc utile de s'attacher à réfléchir à la crise actuelle et aux questions soulevées par l'article de Katharia, en considérant comment nos perceptions de cette crise reflètent implicitement différentes conceptions de Dieu. Pour ce faire, nous pouvons examiner les deux camps du débat : ceux qui soutiennent la FSSPX et ceux qui estiment que nous devons toujours nous ranger du côté de l'autorité catholique, et en particulier du pape.

La position de la FSSPX et la volonté de Dieu

Pour évaluer la position de la FSSPX, rappelons un passage de la célèbre Déclaration du 21 novembre 1974 de Mgr Marcel Lefebvre :

« Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme. C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. »


De ces paroles, il ressort clairement que nous devons toujours nous ranger du côté de la vérité immuable de Dieu. Mgr Lefebvre était pleinement conscient que l’enseignement catholique pouvait évoluer, mais il savait que cette évolution devait se conformer à la sainte orientation donnée par le Concile Vatican I  [Constitution Dogmatique Dei Filius] :

« Car la doctrine de la foi que Dieu a révélée n’a pas été livrée comme une invention philosophique aux perfectionnements de l’esprit humain, mais elle a été transmise comme un dépôt divin à l’Épouse du Christ pour être fidèlement gardée et infailliblement enseignée. Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère Église a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s’en écarter sous prétexte et au nom d’une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tout homme aussi bien que dans toute l’Église, durant le cours des âges et des siècles, l’intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c’est-à-dire dans l’unité de dogme, de sens et de manière de voir »


La citation figurant dans la dernière partie de cette déclaration est de saint Vincent de Lérins et permet de comprendre comment la doctrine catholique peut légitimement évoluer au fil du temps. Ainsi, la doctrine peut être mieux comprise et explicitée, mais toute évolution prétendue de la doctrine catholique serait erronée si elle tentait de modifier le sens ou la compréhension de l'enseignement traditionnel de l'Église. De plus, toute évolution erronée de la doctrine serait contraire à la volonté de Dieu. Par conséquent, à l'instar de saint Paul, Mgr Lefebvre savait qu'il pouvait rejeter toute tentative de présenter un nouvel évangile, ce qui incluait toute évolution prétendue de la doctrine catholique s'écartant de la compréhension issue du concile Vatican I.

Il convient à ce stade d'aborder une objection courante des opposants à la FSSPX, qui affirment que ni Vatican II ni les papes post-conciliaires n'ont demandé aux catholiques de croire quoi que ce soit qui contredise la conception de l'évolution doctrinale selon Vatican I. Si l'on peut réfuter cette affirmation en citant Amoris Laetitia (autorisant la communion pour les divorcés remariés), Fiducia Supplicans (autorisant la bénédiction des couples de même sexe) et le Synode sur la synodalité (établissant une Église synodale opposée à l'Église catholique), les récentes sanctions infligées à la FSSPX nous offrent une autre perspective. Comme nous l'avons vu, la sanction du Vatican démontre qu'il considère le véritable péché de la FSSPX comme son adhésion à l'enseignement de l'Église antérieur à Vatican II. Or, si l'enseignement de l'Église depuis Vatican II s'était simplement développé conformément aux exigences de Vatican I, cela ne poserait aucun problème. En d'autres termes, si le Vatican condamne la FSSPX pour son adhésion à la doctrine pré-Vatican II, c'est uniquement parce que cette doctrine n'est plus tolérée par le Vatican aujourd'hui.

Ainsi, en condamnant la FSSPX principalement pour sa doctrine plutôt que pour la consécration d'évêques sans approbation, le Vatican a de fait admis qu'elle s'était écartée du développement correct de la doctrine. Nous sommes donc hors des temps ordinaires, et la sagesse divine de saint Paul doit prévaloir. Par conséquent, la Déclaration de Mgr Lefebvre de 1974 constitue une réponse authentiquement catholique à la crise.

Pourtant, Mgr Lefebvre et la FSSPX comprenaient manifestement que le désordre au sein de l'Église était un mystère profondément troublant que seul Dieu pouvait pleinement comprendre. Pour la FSSPX, ce mystère se caractérise par des questions relatives aux raisons pour lesquelles Dieu permet cette crise et au moment où il la résoudra. En revanche, la FSSPX ne voit aucun mystère quant à la question de savoir si les catholiques doivent continuer ou non à suivre l'enseignement traditionnel de l'Église. La FSSPX a toujours été fermement convaincue que Dieu veut que nous résistions aux innovations impies venant du Vatican.

Les opposants à la FSSPX et la volonté de Dieu

Alors que la FSSPX perçoit le mystère de la crise actuelle comme une interrogation sur les raisons pour lesquelles Dieu la permet, ses opposants sont généralement confrontés à d'autres interrogations, liées à leur besoin de suivre Rome même lorsqu'elle s'écarte de l'enseignement catholique. Face à la reconnaissance apparemment très limitée de cette réalité parmi les opposants à la FSSPX, il est utile d'explorer les questions que devraient se poser ceux qui croient que Dieu veut que nous suivions le Vatican aujourd'hui :

• Pourquoi Dieu a-t-il voulu que le Vatican supprime la messe traditionnelle en latin et la remplace par une messe qui, pendant soixante ans, a conduit à une apostasie généralisée et à d'innombrables sacrilèges et blasphèmes ?
• Pourquoi Dieu veut-il que les catholiques croient que l'enseignement moral de l'Église est désormais facultatif, comme en témoignent le refus du Vatican de corriger des abus anciens et son « accompagnement » actuel des âmes qui refusent d'abandonner leur mode de vie pécheur ?
• Pourquoi Dieu approuve-t-il la promotion active de l'homosexualité par le Vatican, notamment à travers Fiducia Supplicans, le Synode sur la synodalité et la préférence apparente de Léon XIII pour la promotion de prêtres homosexuels à de hautes fonctions au sein de l'Église ?
• Pourquoi Dieu a-t-il permis que le Vatican plonge les doctrines de l'Église dans une telle confusion que nous ne savons plus s'il est réellement nécessaire d'être catholique pour lui plaire et sauver nos âmes ?
• Pourquoi est-ce la volonté de Dieu que le Vatican loue et honore pratiquement toutes les croyances religieuses tout en persécutant les catholiques traditionalistes parce qu'ils adhèrent aux croyances enseignées avant le Concile ?
• Pourquoi Dieu a-t-il permis que le Vatican crée une nouvelle Église – l'Église synodale – qui cherche à découvrir la vérité religieuse en « écoutant » le peuple de Dieu pour discerner la direction que lui indique « l'Esprit » ?
• Pourquoi Dieu a-t-il permis que le Vatican post-conciliaire ignore complètement les avertissements des papes d'avant Vatican II, alors même qu'il est devenu évident que ces papes avaient raison de dénoncer les erreurs que Rome propage aujourd'hui ?

Tout cela semble indubitablement offensant pour Dieu. Comment peut-on dès lors affirmer que Dieu souhaite que les catholiques suivent et soutiennent le Vatican dans sa promotion constante de ces calamités ? Ne serait-il pas plutôt que les catholiques fassent tout leur possible pour s'opposer à ces offenses envers Dieu ?

Si l’enseignement post-conciliaire de l’Église n’était qu’une évolution légitime, la fidélité à la doctrine pré-conciliaire ne serait jamais devenue un crime.

Pour bien comprendre la situation, on peut transposer le résumé de Katharia sur l'absurdité actuelle à l'image des efforts du Vatican pour construire l'Église synodale. Pendant des décennies, le Vatican a utilisé les plans de Lumen Gentium, issu du concile Vatican II, pour jeter les bases de l'Église synodale et ériger l'édifice hideux que nous voyons aujourd'hui. Des hommes comme Mgr Lefebvre avaient perçu combien cette construction serait offensante pour Dieu et avaient tenté d'alerter les autres. Mais les gardiens de la révolution de Vatican II ont insisté sur le fait que les catholiques n'avaient pas le droit de remettre en question les architectes progressistes : notre devoir se limitait à obéir.

Année après année, l'édifice est devenu de plus en plus offensant pour Dieu, mais les architectes et leurs défenseurs ont continué d'affirmer que le vrai catholicisme consistait à croire que « l'Esprit » guidait le projet. Nombre de catholiques de bonne volonté savent bien qu'aucun de leurs saints préférés ne reconnaîtrait le projet synodal comme catholique, mais ils s'y soumettent docilement, persuadés que Dieu veut qu'ils suivent les architectes. Et la construction a continué.

En un sens, les sanctions infligées à la FSSPX marquent la touche finale à l'Église synodale presque achevée. Contrairement aux autres structures, l'Église synodale n'est complète que lorsque ses membres rejettent catégoriquement ce que représente la FSSPX : le refus obstiné et rétrograde d'« écouter » ceux qui affirment que la doctrine est d'origine humaine ou peut évoluer au point de contredire son essence originelle. Ainsi, la FSSPX a été excommuniée pour avoir refusé de reconnaître que l'abomination synodale émane de Dieu. Pendant ce temps, ceux qui dénoncent la « FSSPX schismatique » nous assurent que Dieu a véritablement bâti cette monstruosité, bien qu'elle porte l'empreinte de Satan. Hélas, comme chez les pharisiens, l'aveuglement engendre l'aveuglement et s'accompagne souvent de persécution pour ceux qui cherchent à faire la volonté de Dieu.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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      A (re) lire : un pape au sujet du concile Vatican II par AVV-VVK  (2026-07-11 21:14:39)


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