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"En France, des églises sont profanées. Pourquoi les évêques gardent-ils le silence ?"
par Vistemboir2 2026-07-01 11:07:52
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Traduction de l’article de Gaetano Masciullo paru le 21 juin 2026 sur The Remnant sous le titre : « France’s Churches Are Being Desecrated. Why Are the Bishops Silent?  »
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Autrefois, la France était appelée la fille aînée de l'Église. Aujourd'hui, des églises sont vandalisées, l'Eucharistie est volée, des croix sont détruites et même des prêtres laissent des lieux sacrés devenir le théâtre de spectacles profanes. Il ne s'agit pas seulement d'une crise française ; c'est un avertissement pour les catholiques du monde entier.

Les historiens qualifient la France de « fille aînée de l’Église » car le peuple franc fut le premier, parmi les populations germaniques, à embrasser la foi catholique nicéenne, alors que les autres s’étaient convertis à l’arianisme.

Aujourd’hui, cette histoire glorieuse semble bien lointaine. Toutefois, la laïcisation agressive et la haine antichrétienne qui imprègnent les institutions politiques françaises — exacerbées par l’hostilité émanant des composantes islamiques croissantes de la société — ne constituent pas le seul danger mortel pour l’Église catholique en France.

La véritable tragédie réside dans l’inertie, dans la coupable indolence d’un clergé désormais affaibli et d’un épiscopat qui, tout comme en Italie, est largement progressiste. Il est aujourd’hui dirigé par le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, figure de proue de la Communauté de Sant’Egidio et considéré par beaucoup comme le « Bergoglio français ».

Un épisode emblématique, remontant à octobre 2021, révèle la fragilité morale de l'épiscopat français. Après la publication du rapport de la CIASE — une commission « indépendante » sur les abus sexuels dans l'Église — figurait parmi les recommandations l'obligation pour les prêtres de violer le secret de la confession chaque fois que cela s'avérerait nécessaire pour enquêter sur des cas d'abus.

Comme cela s'était déjà produit en Allemagne et en Espagne, ces scandales sont instrumentalisés par les médias, les gouvernements progressistes et les courants néo-modernistes pour affaiblir davantage le tissu catholique européen et pousser à des réformes structurelles de l'Église.

Le président de la Conférence des évêques de France de l'époque, Éric de Moulins-Beaufort, a réagi en déclarant que « le secret de la confession s'impose » au clergé et qu'il est donc « supérieur aux lois de la République » : une affirmation tout à fait légitime, en défense des droits de l'Église. On ne lutte certes pas contre les abus sexuels en contraignant le clergé à agir contre sa conscience et contre la religion.

Mais le gouvernement français, héritier de la Révolution déicide, s'est indigné. À la demande d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a convoqué le prélat, et le porte‑parole Gabriel Attal a précisé : « La réaction à ces propos est très claire : dans notre pays, rien n'est supérieur aux lois de la République. »

Face à la pression de l'État, Mgr Moulins-Beaufort a cédé. Au lieu de réaffirmer la supériorité de la loi divine sur le pouvoir civil, l'évêque a présenté des excuses :

« Je demande pardon aux personnes victimes et à tous ceux qui ont pu être peinés ou choqués par le fait que le débat suscité par mes propos, sur France Info, au sujet de la confession, ait pris le pas sur l’accueil du contenu du rapport de la CIASE »


Au demeurant, le débat sur le secret de la confession est loin d'être clos. Pas plus tard que le 3 juin de cette année, le Parlement français a rejeté de justesse un amendement qui aurait obligé les prêtres catholiques à le violer.

L'inertie du clergé français d'aujourd'hui révèle son fruit le plus pourri dans un phénomène désormais banal, si fréquent qu'il ne suscite plus de scandale ni ne fait plus la une de l'actualité : la profanation.

Pour un catholique, profaner une église, une image sacrée ou — pire encore — l'Eucharistie compte parmi les actes les plus graves que l'on puisse commettre envers Dieu et la communauté des croyants.

Sur le plan théologique et canonique, une église est un lieu sacré, exclusivement destiné au culte divin. Le nouveau Code de droit canonique (canon 1211) établit qu'un lieu sacré est profané si l'on y accomplit des actes gravement scandaleux et contraires à sa sainteté ; dans ce cas, il ne peut légitimement servir au culte tant qu'il n'a pas été purifié par un rite pénitentiel. Le même Code (canon 1212) précise que si le lieu est détruit ou affecté de manière permanente à des usages profanes, il perd même sa dédicace ou sa bénédiction, cessant ainsi d'être un édifice consacré.

D'un point de vue moral, la profanation est une forme de sacrilège, une offense directe à Dieu car elle porte atteinte à ce qui a été consacré à Sa gloire. C'est un péché très grave.

Ces derniers mois, des dizaines — peut-être des centaines — de profanations visant des églises catholiques ont été recensées en France. Le 25 mai, lundi de Pentecôte, l'église Saint‑Pierre‑ès‑Liens de Mérens, dans le département du Lot-et-Garonne, a été découverte vandalisée. Une ou plusieurs personnes se seraient introduites dans l'édifice, endommageant des statues, des objets liturgiques et de dévotion, ainsi qu'un vitrail, laissant l'église dans un état de désordre et de dévastation.

Presque simultanément, à Comps, dans le département du Gard, une croix métallique érigée sur un promontoire rocheux a fait l'objet d'une plainte formelle de la part d'un groupe « antifasciste » ; ce dernier a sollicité l'intervention de la Ligue des Droits de l'Homme, arguant que la présence de la croix violait les principes de la laïcité de l'État.

Le plus grand danger qui menace l’Église en France n’est pas seulement la haine antichrétienne, mais un clergé qui refuse de défendre ce qui est sacré.

À la même période, une croix installée au sommet de l'Aneto, dans les Pyrénées, a été prise pour cible par des individus malveillants ; elle a été arrachée et jetée en contrebas peu après sa pose. Cet incident, survenu lui aussi à la fin du mois de mai, s'est soldé par la récupération et la réinstallation de la croix par des alpinistes espagnols.

Le 5 juin, un individu s'est introduit dans l'église Saint‑Martin de Roques‑sur‑Garonne, près de Toulouse, et a allumé un incendie devant l'autel à l'aide de feuilles de chants liturgiques. Les flammes se sont éteintes avant de se propager, limitant ainsi les dégâts.

Le 9 juin, le diocèse de Fréjus‑Toulon a signalé la profanation du sanctuaire de Notre‑Dame du Faron, l'un des lieux de pèlerinage marial les plus fréquentés de la région. Le prêtre responsable du sanctuaire avait découvert, quelques jours auparavant, que la statue de la Vierge avait été gravement endommagée : le socle avait été renversé et brisé, tandis que la statue en bois présentait une fissure au niveau d'un pied ainsi que des dégradations à la tête, nécessitant des travaux de restauration.

Le 12 juin, jour de la fête du Sacré‑Cœur de Jésus, deux incendies distincts ont touché deux lieux catholiques importants en France à quelques heures d'intervalle : la chapelle Sainte‑Anne‑des‑Rochers à Trégastel, en Bretagne, et l'ancien cloître de la cathédrale de Condom, dans le Gers. Les deux édifices ont subi des dommages extrêmement graves, entraînant la destruction d'une grande partie des structures historiques et la perte d'archives. Les causes de ces deux incendies font actuellement l'objet d'une enquête menée par les autorités compétentes.

Entre le 14 et le 17 juin, l'église paroissiale de Mugron, dans les Landes, a été victime d'un vol sacrilège ayant entraîné la disparition de plusieurs objets liturgiques et, surtout, du Saint‑Sacrement.

Selon les informations rapportées, de nombreux calices ainsi que toutes les hosties consacrées conservées dans le tabernacle ont été dérobés. Le diocèse d'Aire et Dax, dirigé par Mgr Nicolas Souchu, a annoncé qu'une plainte officielle serait déposée auprès des autorités.

Sans pasteurs prêts à défendre l'honneur dû à Dieu, la profanation devient la nouvelle norme.

Le curé de la paroisse, profondément bouleversé par l'événement, attend la formalisation du procès-verbal afin que la disparition de l'Eucharistie soit pleinement prise en compte dans l'enquête. Ce qui, manifestement, ne va pas de soi.

Il ne s'agit toutefois là que de quelques exemples d'un premier type de profanation ordinaire. Il en existe un second qui, à vrai dire, est encore plus grave ; non pas parce que l'objet de la profanation est plus grave en soi, mais parce que les responsables de cette profanation sont des prêtres, voire des évêques.

En France, en effet, il est malheureusement très courant que des églises consacrées servent de lieux pour des spectacles ou d'autres représentations étrangères à la sensibilité catholique. Le cas le plus scandaleux s'est produit récemment à Paris.

Entre le 6 et le 7 juin, plusieurs églises historiques de Paris ont accueilli des installations artistiques inspirées par le symbolisme vaudou et au contenu blasphématoire, dans le cadre du festival « Nuit Blanche 2026 ». Ce festival était dirigé par la militante LGBT Barbara Butch, déjà connue pour sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, durant laquelle une parodie de la Cène de Notre‑Seigneur avait été présentée.

Ces installations, approuvées par l'archidiocèse de Paris, ont suscité une vive indignation parmi les fidèles. Durant ces événements, des catholiques se sont rassemblés devant l'église Saint‑Laurent pour prier et manifester pacifiquement. Malgré le caractère non violent de la manifestation, la police est intervenue pour disperser les personnes présentes, usant de la force contre des hommes et des femmes de tous âges qui étaient agenouillés, un chapelet à la main.

L'installation la plus controversée, intitulée Sous la peau du ciel, se trouvait précisément dans l'église Saint‑Laurent. Les organisateurs avaient préalablement invité les visiteurs à enregistrer des vœux personnels par téléphone ; ces voix étaient ensuite mêlées à des sons ambiants et diffusées par des haut-parleurs répartis dans toute l'église, y compris dans les chapelles, près des autels, au baptistère et dans les confessionnaux. L'effet d'ensemble, décrit par les témoins comme profondément déconcertant, créait une ambiance sonore en totale contradiction avec la vocation liturgique de l'édifice.

Une autre installation, intitulée Jungle haletante, a été mise en place par Stéphane Blanquet dans la chapelle de l'hôpital Tenon. L'œuvre comprenait des masques et des objets vaudous, accompagnés de chuchotements, de bruits de respiration, de sonorités métalliques et de craquements. L’artiste a décrit le projet comme une exploration d’une perception de la réalité « instable » et presque « hypnotique ».

Le 11 juin, comme si cela ne suffisait pas, le père Paul Dollié, curé de l’église parisienne Saint‑Laurent, a publiquement défendu sa décision d’accueillir cette installation sonore dans l’église qui lui est confiée. Dans une déclaration faite à la publication française Tribune Chrétienne, le prêtre a affirmé que l’œuvre « respectait le lieu » et ne contenait rien de contraire à la foi catholique, selon lui.

Ses propos faisaient suite aux critiques de nombreux fidèles qui considéraient l’événement comme une profanation, notamment parce que l’église est un lieu d’adoration eucharistique perpétuelle. Cette situation a légitimement inquiété les fidèles, qui se demandaient ce qu’il était advenu de l’adoration pendant la « performance ».

Par la suite, toutefois, le même prêtre a précisé que le Saint-Sacrement n’avait pas été exposé durant l’événement, mais seulement lors de la phase d’installation, confirmant ainsi que l’adoration perpétuelle avait été interrompue pour permettre la performance. En résumé : le « spectacle » a été jugé par le curé plus important que l’adoration eucharistique. Est-ce là ce à quoi l’Église a été réduite ?

La publication de la déclaration du curé a ainsi suscité une indignation accrue. Pendant ce temps, l’archidiocèse de Paris est resté silencieux. Seul l’héroïque Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus‑Toulon, a publiquement critiqué, le 13 juin, l’usage inconsidéré et sacrilège des églises françaises pour accueillir des installations artistiques inspirées de l’occultisme lors de la Nuit Blanche.

Les profanations qui frappent aujourd’hui les églises françaises ne sont donc pas seulement le fruit de la haine antichrétienne de vandales, de militants laïcistes ou d’islamistes. Elles sont aussi le symptôme d’une crise plus profonde et aux multiples facettes, impliquant la perte du sens du sacré au sein même de l’Église.

Une église n’est pas profanée uniquement lorsque quelqu’un incendie ses autels, détruit ses statues ou dérobe le Saint-Sacrement. Elle est également profanée lorsque ceux qui ont le devoir de la préserver cessent de la considérer avant tout comme la maison de Dieu et la traitent comme un espace culturel, un contenant neutre ouvert à tout usage, pourvu qu’il soit socialement acceptable.

Lorsque l’adoration eucharistique peut être suspendue pour laisser place à une performance « artistique » de mauvais goût, le problème ne réside plus seulement dans l’agression extérieure contre l’Église, mais dans l’affaiblissement de la conscience.

C’est pourquoi les épisodes évoqués ici ne doivent pas être considérés comme des faits isolés. Ils révèlent une même dynamique : d’un côté, une société de plus en plus étrangère, voire ouvertement hostile, au christianisme ; de l’autre, une partie du clergé et de l’épiscopat incapable — et peu désireuse — de défendre fermement ce qui a été consacré à Dieu.

La France, fille aînée de l’Église, continue de voir naître des conversions, des vocations et d’admirables témoignages de foi. Mais, précisément pour cette raison, le contraste n’en paraît que plus saisissant.

Un renouveau catholique ne sera possible que là où l’on reconnaîtra à nouveau que le sacré n’est pas négociable, que le culte divin ne saurait être subordonné aux exigences du monde ou de l’État, et que le premier devoir des pasteurs demeure de préserver le dépôt de la foi ainsi que l’honneur dû à Dieu. Sans cette prise de conscience, la profanation continuera d’être la norme, non seulement en France, mais dans le monde entier.

     

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