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« Catholique grâce aux missionnaires de la FSSPX en Asie. Voici ce que leurs détracteurs ne comprennent pas »
par Vistemboir2 2026-06-25 12:09:03
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Traduction d’un article d’Angeline Tan paru le 24 juin 2026 sur le site The Remnant sous le titre : « I’m Catholic because of SSPX Missionaries in Asia. Here’s What Their Critics Don’t Understand »
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Pour de nombreux catholiques occidentaux, la Fraternité Saint-Pie X est source de controverse, mais pour de nombreux catholiques d’Asie, elle est une bouée de sauvetage. Dans ce témoignage de première main, un catholique raconte comment des prêtres missionnaires ont traversé les frontières, risqué leur vie et apporté les sacrements à d’innombrables âmes qui, sans eux, n’y auraient pas eu accès.

Trente ans peuvent sembler peu dans la vie de l’Église catholique, étant donné que son histoire s’étend sur plus de 2 millénaires.

Pourtant, une trentaine d’années peuvent représenter toute une vie dans le parcours d’une âme. Pour de nombreux catholiques d’Asie, dont je fais partie, les trois dernières décennies ont précisément été cela : une vie marquée et façonnée par le travail, souvent invisible, d’un petit groupe de prêtres missionnaires de la FSSPX.

Ayant grandi au sein d’une mission de la FSSPX à Singapour, les scènes décrites dans Une œuvre d’espérance, le deuxième épisode de la série documentaire Traditio : Pour l’amour de l’Église récemment diffusée et consacrée à l’œuvre missionnaire de la FSSPX en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes, ne sont pas de simples « images de mission » ; ce sont des souvenirs vivants et chers à mon cœur.

En substance, Une œuvre d’espérance offre un rare aperçu des nombreuses initiatives menées au fil des décennies par les prêtres de la FSSPX dans des pays de « mission » où les prêtres célébrant la messe en latin traditionnelle et enseignant la doctrine catholique traditionnelle faisaient défaut.

Sous la direction de l’abbé Daniel Couture (qui a vécu en Asie pendant une vingtaine d’années et qui s’exprime longuement dans cet épisode), la messe traditionnelle et les sacrements catholiques traditionnels n’étaient pas un privilège rare, mais bien le cœur battant et florissant de la communauté de la FSSPX à Singapour durant les années 1990 et 2000.

Jour après jour, année après année, l’abbé Couture s’est employé à transmettre l’enseignement catholique et à dispenser les sacrements aux âmes à travers toute l’Asie ; il savait pertinemment que, pour beaucoup d’entre elles (dans des pays à majorité musulmane comme l’Indonésie et la Malaisie, ou dans la Thaïlande bouddhiste, etc.), les sacrements étaient une rareté et les prêtres catholiques très peu nombreux.

Pour nous, les heureux privilégiés de Singapour (où se trouvait et se trouve toujours,le siège de la FSSPX pour l’Asie), l’accès aux sacrements — tels que la Sainte Eucharistie et la confession — ne se limitait pas au week-end, mais était une réalité quotidienne.

Durant ma jeunesse, j'ai eu l'immense privilège de pouvoir assister, presque quotidiennement, à la messe célébrée par des prêtres de la FSSPX (notamment l'abbé Couture et Don Davide Pagliarani) pendant des années, alors même que je vivais sur un continent où la messe traditionnelle était quasi introuvable (dans les années 1990 et au début des années 2000) et où la religion catholique était persécutée depuis longtemps.

Dans la plupart des régions d’Asie, on n’a pas le luxe de choisir entre telle ou telle paroisse proposant la messe traditionnelle en latin. Soit un prêtre missionnaire arrive… soit il n’y a tout simplement pas de messe.

Chaque célébration du Saint Sacrifice de la messe n'était pas un moment isolé — auquel on n'assisterait qu'une fois par semaine, le dimanche, pendant une heure environ — mais constituait l'axe autour duquel s'articulait la vie, sans aucun doute grâce à l'action de prêtres tels que l'abbé Couture.

Je me souviens avec émotion de la manière dont l'abbé Couture, animé d'une soif ardente pour le salut des âmes (à l'image de Notre‑Seigneur Jésus‑Christ agonisant sur la Croix au Calvaire), multipliait parfois les messes en semaine lorsque des prêtres de passage étaient présents. Il arrivait que nous ayons trois messes par jour au début des années 2000 — un véritable exploit pour un pays comme Singapour, quasi dépourvu d'héritage chrétien : une tôt le matin, une à la mi-journée (pour les femmes au foyer, etc.) et une le soir ! Sous l'impulsion de l'abbé Couture, qui vouait (et voue toujours) une immense dévotion à la Bienheureuse Vierge Marie, les occasions d'honorer la Mère de Dieu ne manquaient pas à Singapour, avec notamment les dévotions mensuelles des Premiers Vendredis et Premiers Samedis du mois.

Un événement marquant m'a fait comprendre — alors que j'étais encore adolescente — que l'amour de l'abbé Couture pour la Sainte Messe ne relevait ni de la routine ni de la simple exécution rituelle, mais d'un don total de soi.

Frappé par une forme grave de dengue contractée lors d'une tournée missionnaire aux Philippines, amaigri et hospitalisé à l'hôpital Mount Alvernia de Singapour, relié à des perfusions, l'abbé Couture brûlait pourtant d'un désir unique : offrir le Saint Sacrifice de la messe pour la fête de l'Assomption de Notre‑Dame, le 15 août de cette année‑là.

Il demanda donc à mon père et à quelques fidèles de la FSSPX de l'aider à dresser un autel de fortune près de sa chambre d'hôpital. À la demande de l'abbé Couture, mon père apporta la statue de Notre‑Dame de Fatima (habituellement placée sur l'autel de notre foyer familial) afin que la Reine du Ciel fût visiblement présente à ses côtés. Bien qu'il se trouvât aux portes de la mort, le cœur de l'abbé Couture n'était pas tourné vers lui-même, mais vers l'autel, vers Notre‑Dame et vers le Sacrifice qu'il offrait quotidiennement depuis des décennies.

Ce jour-là, le 15 août, je vis l'abbé Couture comme je ne l'avais jamais vu auparavant : non pas vêtu de sa soutane familière — lui qui voyageait toujours avec l'audace d'un prêtre missionnaire, revêtu de la dignité de sa vocation — mais en simple tenue d'hôpital, frêle et humain, tout en étant plus sacerdotal et digne que jamais.

Lentement, l'abbé Couture se leva de son lit, rassembla ses forces et se dirigea péniblement vers l'autel de fortune.

Là, dans cette chapelle improvisée, il revêtit les ornements liturgiques et la chasuble et, au prix d'un effort visible, finit par prononcer les paroles sacrées de la Messe :

« In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti… Introibo ad altare Dei. »

La voix de l'abbé Couture était affaiblie, mais sa détermination restait inébranlable : même à l'agonie, le centre de sa vie, sa raison d'être en tant que prêtre, son Amour des amours, demeuraient inchangés. Ce prêtre souffrant allait monter vers l'autel de Dieu, vers Dieu qui réjouit sa jeunesse ; car, pour lui, le sacerdoce et la Messe n'étaient pas des réalités à mettre de côté dans la maladie, mais des trésors pour lesquels il valait la peine de mobiliser toutes ses forces défaillantes afin de les préserver et de les transmettre aux autres.

« On est prêtre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, à l'image de Notre‑Seigneur, qui était toujours uni à son Père », déclarait ce même abbé Couture, des années plus tard, dans Une œuvre d’espérance. Quelques années plus tard, alors que je séjournais dans la région de l'Isan, au nord-est de la Thaïlande, pour un semestre d'études à l'étranger (durant mes années universitaires), je fus privée de la messe traditionnelle et des sacrements selon le rite ancien pendant trois mois entiers ; cette période m'apparut comme une éternité sans fin, une véritable sécheresse spirituelle.

J'appris alors que l'abbé Couture allait se rendre à Bangkok (la capitale thaïlandaise) pour une mission d'un week-end. À cette nouvelle, les catholiques traditionalistes dispersés à travers la Thaïlande —  les expatriés comme les locaux — convergèrent avec enthousiasme vers la capitale. Ce week-end fut une véritable oasis de ressourcement, offrant la sainte messe selon le rite ancien, du catéchisme et des conférences pour édifier l'esprit et le cœur, ainsi que les sacrements qui redonnèrent vie et force à bien des âmes éprouvées (dont la mienne) au sein de cette Thaïlande à majorité bouddhiste.

Au cours de mes trois années d'études au Japon, ma rencontre avec l'abbé Thomas Onoda — à ce jour le seul prêtre japonais de la FSSPX — m'a révélé un zèle missionnaire comparable à celui de l'abbé Couture.

Avant même l'existence d'un prieuré au Japon, l'abbé Onoda — alors basé à Manille, aux Philippines — était déjà très actif : il faisait la navette entre les chapelles de Tokyo et d'Osaka environ une fois par mois pour y célébrer la messe traditionnelle, dispenser le catéchisme et offrir un soutien pastoral à de nombreux fidèles japonais.

Au fil du temps, le centre de messe de la FSSPX à Tokyo a cessé d'être un simple lieu où l'« on satisfait à son obligation dominicale » pour devenir une petite famille spirituelle soudée. Après la messe, nombre de fidèles restaient pour déjeuner et suivre les cours de catéchisme donnés par l'abbé Onoda. Je me suis liée d'amitié avec de merveilleuses personnes sur place ; beaucoup étaient des convertis, attirés non par la nouveauté ou les modes, mais par la gravité de la messe traditionnelle et la clarté de l'unique vraie foi.

C'est au Japon que ma foi s'est encore davantage affermie, car j'ai vu un prêtre comme l'abbé Onoda ne pas se contenter de célébrer la messe traditionnelle, mais donner sa vie pour que les vérités de notre sainte religion parviennent à ceux qui en sont le plus privés. Ses voyages mensuels vers sa terre natale du Japon, sa volonté d'aller là où d'autres ne vont pas pour sauver des âmes, et sa persévérance durant des décennies au sein d'une culture où les catholiques sont une infime minorité, ne sont pas les actes d'un simple amateur de liturgie attaché aux « encens et clochettes ». (Il a même baptisé ses parents, autrefois païens, en Corée du Sud !)

Ce que j'ai pu constater directement auprès de ces prêtres missionnaires dévoués de la FSSPX, c'est une réalité qui échappe souvent à certains catholiques des pays occidentaux, confortablement installés dans des communautés diocésaines célébrant la messe traditionnelle ou au sein d'apostolats comme la FSSP ou l'ICRSP.

Contrairement à ce qui se passe dans de nombreux pays occidentaux, on ne jouit pas, dans la majeure partie de l'Asie, du luxe de pouvoir choisir entre « telle paroisse célébrant la messe traditionnelle et telle autre ». Il n'y a souvent qu'une seule messe traditionnelle par semaine, par mois, voire par an, ou parfois aucune. Soit un prêtre accepte de franchir les frontières, de se heurter aux lourdeurs administratives des visas et de vivre avec une valise pour tout bagage, soit il n'y a tout simplement… pas de messe !

Ainsi, la présence de prêtres tels que l’abbé Couture à Singapour et l’abbé Onoda au Japon a fait, pour d’innombrables âmes comme la mienne et celle de ma famille, une différence immense entre un accès sporadique aux sacrements et une vie spirituelle stable, solidement ancrée dans la foi catholique.

Pour une catholique formée en Asie sous l’égide de prêtres missionnaires aussi fervents de la FSSPX, il est souvent difficile d’expliquer à quel point la réalité vécue de la Tradition catholique diffère de la disponibilité de la messe en matin traditionnelle dans des villes comme Londres, où j’ai vécu une longue période. Un week-end de tournée missionnaire peut s’avérer extrêmement éprouvant pour un prêtre de la FSSPX. Pour les catholiques en terre de mission, le prêtre n’est pas seulement « le célébrant » de la messe traditionnelle qui nous est si chère ; il est aussi celui qui a parcouru des kilomètres et franchi des frontières pour prêcher auprès d’un troupeau dispersé. On peut dire que cette prise de conscience a approfondi notre gratitude envers la FSSPX et affiné notre perception de l’état réel de l’Église.

En revanche, après l’indult « Agatha Christie » accordé à l’Angleterre, beaucoup ont pu compter, du moins pendant un certain temps, sur le clergé diocésain (plutôt que sur les prêtres missionnaires de la FSSPX) — souvent sincère et bien intentionné — pour assurer la célébration de la messe ancienne, même après Vatican II. Il est ainsi facile d’assister à une messe traditionnelle le dimanche dans certains quartiers de Londres (que ce soit au sanctuaire du Rosaire, à l’Oratoire de Londres, à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Wandsworth, au sanctuaire Notre-Dame de Willesden, etc.) sans avoir recours à la FSSPX.

Il n’est donc guère étonnant qu’au fil du temps, une certaine culture du « traditionalisme » ait émergé au sein de certains milieux catholiques anglais, dont certains membres ne sont sans doute jamais sortis de leur « zone de confort ». Il faut dire que, dans certains de ces cercles londoniens, il n’est pas rare de croiser le « théologien de salon » en costume à la G.K. Chesterton, pipe à la main, persuadé d’avoir « coché toutes les cases » du catholique traditionaliste simplement parce qu’il assiste à une belle liturgie dominicale et lit les « bons » auteurs. Tel est l'archétype de ce genre de « théologien de salon » qui s'empresse aussitôt de monter au créneau pour fustiger la FSSPX, la qualifiant de « désobéissante », « schismatique » et « rebelle » pour avoir osé célébrer la messe traditionnelle dans ses chapelles, et même pour avoir osé consacrer des évêques sans mandat pontifical !

Certes, une telle « audace » — celle de consacrer des évêques — constituerait effectivement une aberration en temps ordinaire, lorsque la doctrine de l'Église est prêchée sans ambiguïté depuis toutes les chaires du monde, et tout particulièrement par le Pape lui-même. Je comprends que ces arguments soient avancés par des catholiques (dont beaucoup sont de bonne volonté) issus de l'ICRSP, de la FSSP ou de communautés diocésaines proposant la messe traditionnelle dans leurs régions respectives.

Toutefois, comme peut en témoigner quiconque n'est pas totalement coupé du monde, la réalité vécue sur le terrain ne se résume pas à une simple opposition entre le noir et le blanc.

De nombreux catholiques aux États-Unis ou en Europe occidentale ont le choix entre une messe traditionnelle (forme extraordinaire) célébrée par le diocèse, une paroisse de la FSSP ou un apostolat de l’ICRSP — même si la chapelle ou la paroisse en question se trouve à plusieurs heures de route. Beaucoup de ces catholiques peuvent être fortement tentés de conclure que la crise de l'Église s'est apaisée, que « les choses s'améliorent » depuis le motu proprio Summorum Pontificum, et que la mission des prêtres et évêques de la FSSPX, défenseurs de la Tradition catholique, est devenue en quelque sorte obsolète après le pontificat de Benoît XVI.

Cependant, un tel point de vue ignore le catholique asiatique qui parcourt des heures de route pour assister à une seule messe traditionnelle par mois (ce que mes amis et moi avons fait au Japon pendant des années), la famille qui n'a que rarement accès à la confession et à l'Eucharistie, ou encore le converti qui ne trouve aucune clarté doctrinale dans des structures locales infiltrées par l'œcuménisme, mais qui découvre cette clarté grâce à un prêtre missionnaire de la FSSPX attaché à la Tradition catholique et aux enseignements des papes d'avant Vatican II. Par ailleurs, il convient de noter que dans de nombreuses régions d'Asie, d'autres congrégations célébrant la messe traditionnelle, telles que la FSSP et l'ICRSP, sont pratiquement inexistantes.

Face à ces « critiques de salon » de la FSSPX, je voudrais les inviter respectueusement à se demander combien d'entre eux seraient réellement prêts à faire ce que les missionnaires de la FSSPX — présentés dans le documentaire Une œuvre d’espérance — ont accompli et accomplissent encore en Asie : voyager en vivant avec le strict minimum, supporter l'instabilité, s'exposer à l'incompréhension et à la marginalisation, et vivre à des milliers de kilomètres de leur famille et de leurs proches pour célébrer la messe traditionnelle et administrer les sacrements à ceux qui, autrement, en seraient privés. Oseraient-ils s'engager avec courage et virilité, en sacrifiant leur confort et en s'exposant aux risques, pour sauver autant d'âmes que possible dans ces contrées délaissées, ou préféreraient-ils se retrancher derrière... leurs claviers sur les forums Reddit pour calomnier anonymement tel ou tel prêtre de la FSSPX ?

Précisons que le but de cet article n'est pas de minimiser les bienfaits liés à la fréquence relativement élevée des messes traditionnelles dont bénéficient de nombreux pays occidentaux — comme l'Angleterre, les États-Unis et la France — par rapport à la situation en Asie. Toutefois, à la lumière des prochaines consécrations épiscopales de la FSSPX, il convient de souligner — en toute charité et par amour pour la papauté malgré tout — qu’il est bien plus aisé de taxer la FSSPX de « désobéissance » envers les évêques diocésains et le Pape lorsque l’on vit dans sa « zone de confort », retranché dans une tour d’ivoire, plutôt que d’œuvrer concrètement sur le terrain de la mission.

Si ces « théologiens de salon » vivaient dans des régions comme l’Asie, où la Tradition catholique ne relève pas d’un simple choix de mode de vie mais constitue une véritable bouée de sauvetage, certains d’entre eux pourraient bien changer d’avis (à l’exception, bien sûr, des tenants acharnés du positivisme juridique qui se plaisent à ressasser l’« irrégularité » du statut canonique de la FSSPX).

Il est vrai que l’amour pur du Christ et le zèle pour le salut des âmes exigent des sacrifices de la part de saints prêtres ; des sacrifices dont la pleine mesure échappe à ceux qui, depuis leur fauteuil ou leur pub, se contentent de pontifier et de montrer du doigt.

La vérité est que la crise au sein de l’Église catholique n’a ni disparu ni ne s’est volatilisée, comme certains voudraient le croire (notamment après le motu proprio Summorum Pontificum).

Les années écoulées depuis le début du pontificat du pape François ont ouvert les yeux de nombreux catholiques : la crise de l’Église, telle que l’avait prédite Mgr Marcel Lefebvre (fondateur de la FSSPX), a surgi au grand jour avec une violence et une impudence totales.

Là encore, comme Mgr Lefebvre l’a souligné à juste titre, le bouleversement liturgique de ces dernières décennies est indissociable d’une grave crise doctrinale : ambiguïté de l’enseignement, pratiques pastorales abusives et cette terrible liste de scandales d’abus sexuels qui a conduit tant de fidèles à abandonner totalement la pratique religieuse !

Dans un tel contexte, la messe traditionnelle n’est pas une simple « option esthétique »» ou une simple forme de « spiritualité », bien au contraire. Elle est l’expression visible d’une foi catholique cohérente, un rempart solide contre l’érosion de la croyance en la Présence réelle, en la nature sacrificielle de la messe et en la nécessité de la conversion — y compris la repentance à l’égard des unions homosexuelles pécheresses — pour être sauvé.

Certes, les paroles de G.K. Chesterton devraient résonner avec force en chacun de nous : « La façon d’aimer quoi que ce soit est de réaliser que cela peut être perdu. » Pour beaucoup de catholiques en Occident, entourés de communautés traditionnelles apparemment stables, il existe une présomption inconsciente selon laquelle la messe traditionnelle sera toujours là, qu’il y aura toujours « un prêtre » pour la célébrer, et que l’hostilité ou l’indifférence épiscopale est un problème qui ne concerne que les autres (en Asie ou dans d’autres terres de mission).

Ceux d’entre nous qui ont vécu (ou vivent actuellement) en Asie (et dans d’autres pays de « mission ») savent pertinemment à quelle vitesse la messe traditionnelle peut disparaître : lorsqu’un prêtre est muté ou contraint de se retirer par un évêque hostile à cette forme de liturgie, ou lorsqu’une mission fragile se retrouve sans soutien. Il faut reconnaître que, pour beaucoup d’entre nous, catholiques d’Asie, notre désir ardent de la messe traditionnelle a été aiguisé, façonné et purifié par la perspective même de la perdre totalement.

Comment, dès lors, les catholiques fidèles doivent-ils appréhender la situation actuelle, marquée par la controverse ravivée autour de la FSSPX et la question des consécrations épiscopales prévues pour le 1er juillet ?

D’une part, les catholiques fidèles ont le devoir de réfléchir, de discerner et d’examiner avec soin les décisions ecclésiales graves, telles que des consécrations épiscopales effectuées sans mandat pontifical.

D’autre part, il convient également de faire preuve d’humilité et de s’abstenir de critiquer hâtivement la FSSPX (ou de « jeter le bébé avec l’eau du bain ») lorsque l’on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants de ce qui se joue exactement au Vatican ou au sein de l’Église.

Il est très aisé de condamner l’œuvre de la FSSPX depuis le confort d’un banc d’église célébrant la messe traditionnelle, au sein d’une communauté florissante d’Europe occidentale ou des États-Unis. Il est bien plus difficile, en revanche, d’imaginer les réflexions et les calculs auxquels doivent se livrer les nombreux prêtres de la Fraternité et leurs supérieurs ; ces derniers ont la charge de régions entières privées d’accès à la messe traditionnelle et aux sacrements selon la forme ancienne, dépourvues de doctrine claire et sans pasteurs diocésains prêts à affronter la crise.

Dans ce contexte, le réseau missionnaire de la FSSPX en Asie ne constitue pas une Église parallèle, mais une véritable bouée de sauvetage pour d’innombrables âmes. Comme le souligne le documentaire, l’œuvre de la FSSPX est véritablement une « œuvre d’espérance », précisément parce qu’elle est orientée vers le telos (la finalité) de l’homme : son bonheur éternel. Salus animarum suprema lex esto : le salut des âmes doit être la loi suprême dans l’Église.

Quelles que soient les conclusions ou le discernement de chacun concernant les questions canoniques ou les décisions relevant de la prudence, il est tout simplement de courte vue de négliger, de minimiser ou, pire encore, de dénigrer le bien accompli par la FSSPX, de passer sous silence les âmes que ses prêtres ont arrachées à l’ignorance, à l’indifférence et aux flammes de l’enfer, ou encore de qualifier de « désobéissants » des prêtres qui se sont donnés corps et âme pour le Christ et son Église.

L’épisode intitulé Une œuvre d’espérance met en lumière une réalité méconnue que beaucoup de catholiques — en particulier ces « théologiens de salon » susvisés — ne verraient jamais autrement. Pourtant, cela ne représente que la partie émergée de l’iceberg si l’on considère les innombrables sacrifices cachés, les voyages éprouvants par terre et par mer pour prêcher l’Évangile, les soirées passées au confessionnal à réconcilier les âmes avec Dieu, les chapelles isolées dans des villes étrangères et la persévérance inébranlable de missionnaires de la FSSPX tels que les abbés Couture et Onoda. À l’évidence, la vie de prêtres comme les abbés Couture et Onoda nous rappelle que l’Église catholique dépasse les frontières de tout pays et que le combat pour la Foi se livre avec intensité dans des contrées où les catholiques sont peu nombreux, incompris, marginalisés ou persécutés. Peut-être, alors, la réponse la plus charitable et la plus humble pour de nombreux catholiques — en particulier ceux qui ont le privilège d'un accès stable à la messe traditionnelle (du moins pour l'instant) — n'est-elle pas de se précipiter pour dénoncer ou anathématiser la FSSPX à l'approche des consécrations épiscopales.

Si je puis me permettre d'ajouter (non sans une pointe d'ironie) : les catholiques fidèles devraient, conformément au souhait du pape François d'une « Église synodale » ou d'une « Église de l'accompagnement », écouter le point de vue de la FSSPX et prendre conscience que ce qui semble assuré (leur accès à la messe traditionnelle, aux sacrements, aux prêtres, etc.) ne l'est peut-être pas pour toujours. Après tout, depuis toujours, l'Église catholique a eu besoin — et continuera d'avoir besoin — de prêtres et d'évêques missionnaires prêts à consacrer leur vie à la gloire de Dieu et au salut des âmes.

     

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 « Catholique grâce aux missionnaires de la FSSPX en Asie. Voici ce que leurs  [...] par Vistemboir2  (2026-06-25 12:09:03)
      Merci pour ce magnifique témoignage ! par lumineux  (2026-06-25 13:16:04)
      Merci infiniment pour cette documentation... par Pol  (2026-06-25 18:16:57)
      aux enseignements des papes d'avant Vatican II par AVV-VVK  (2026-06-25 21:31:27)moins de 24 heures


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