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"Du Sacré-Cœur au mois des Gay Pride : l’Église italienne est-elle tombée sous l’emprise de l’activisme LGBT ?"
par Vistemboir2 2026-06-21 15:26:20
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Traduction de l’article de Gaetano Masciullo paru le 21 juin 2026 sur The Remnant sous le titre : « From the Sacred Heart to Pride Month: Has the Italian Church Been Captured by LGBT Activism?  »
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Alors que la dévotion au Sacré-Cœur devrait être au cœur des préoccupations des catholiques en juin, de nombreux évêques italiens participent plutôt à des événements liés à la Gay Pride et à des initiatives LGBT. S’agit-il d’un simple engagement pastoral ou du signe d’une transformation plus profonde au sein même de l’Église ?

Le samedi 13 juin, la Marche pour la Vie annuelle s'est déroulée à Rome. Organisée par des associations catholiques et des mouvements civiques, elle défend la vie humaine de la conception à la mort naturelle. Cette marche pacifique et publique a rassemblé familles, jeunes, prêtres et fidèles laïcs pour témoigner de la valeur de la vie et exprimer leur désaccord avec les processus législatifs qui normalisent des pratiques telles que l'avortement et la suppression par l'État des malades et autres membres « non productifs » de la société (autrement dit « l'euthanasie », selon le terme politiquement correct).

Vers la fin de l'événement, les organisateurs ont lu à la surprise générale une lettre du célèbre ténor Andrea Bocelli, dans laquelle celui-ci exprimait sa gratitude envers sa mère. Bien que les médecins lui aient conseillé d'interrompre sa grossesse en raison de la cécité diagnostiquée chez l'enfant à naître, elle a choisi de faire confiance à la vie et de mener sa grossesse à terme, un geste que Bocelli a décrit comme la source de tout ce qu'il est et de tout ce qu'il a reçu.

Au milieu de cette atmosphère de joie et d'amour pour la vie humaine, une note d'amertume se faisait sentir. Un seul évêque italien était présent à la Marche : Antonio Suetta, évêque de Vintimille-San Remo depuis 2014. Récemment, Mgr Suetta a été la cible de nombreuses controverses et d'attaques médiatiques en raison de son ministère, toujours en défense de la doctrine et de la morale catholiques.

À l'occasion de la Pentecôte, le 24 mai, Mgr Suetta a publié une lettre apostolique invitant les fidèles à témoigner courageusement de la foi catholique et à évangéliser également les nombreux immigrés musulmans présents sur le territoire, qualifiant cet engagement d'authentique « acte de charité ». Par cette initiative, Mgr Suetta s'affirme comme une voix qui crie dans le désert au sein de l'épiscopat italien et même dans le monde entier, se distinguant par sa fermeté doctrinale dans un contexte ecclésial de plus en plus marqué par un œcuménisme exacerbé qui dérive vers le relativisme religieux. Il est également connu pour l'initiative des « cloches pour les enfants à naître », un appel à la prière pour les victimes d'avortement et pour les mères qui ont vécu ce choix douloureux.

Suetta est, en somme, une véritable exception au sein de l'épiscopat italien, à l'image de ce qui se passe en France. Lors de la Marche pour la Vie à Paris, le 18 janvier dernier, un seul évêque catholique y a participé : Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus‑Toulon, placé sous administration apostolique par le pape François en raison du nombre élevé de vocations et d'ordinations célébrées sur son territoire et de la spiritualité qu'il y promouvait, jugée trop « traditionaliste ».

Face à ces rares exceptions, une question se pose spontanément : où sont les autres évêques ? Quelles priorités pastorales guident aujourd'hui les gardiens de la foi catholique dans leurs diocèses ? Au vu du paysage ecclésial de ces derniers mois, la réponse semble évidente : l’Église italienne connaît un véritable tournant LGBT, soutenu par le silence – et parfois par le consentement tacite – d’une partie importante de la Curie romaine.

Le terrain a été naturellement préparé par la Déclaration Fiducia supplicans « sur la signification pastorale des bénédictions » (2023), qui a en réalité légitimé – malgré diverses interprétations et revirements – ou du moins permis l’adoption de l’idée que les couples autrefois considérés comme « irréguliers » doivent désormais être perçus comme potentiellement vertueux. Il ne faut plus parler d’immoralité intrinsèque à l’égard de ces relations.

Ce processus a été accéléré par la publication du Document synodal italien approuvé le 24 octobre 2025, Lievito di Pace e di Speranza (« Levain de paix et d’espérance »). Parmi les autres propositions néo-modernistes visant à révolutionner l’Église dans une direction progressiste, on trouve l’inclusion pastorale des personnes LGBT, exprimée dans un langage proche de l’activisme.

Dans la continuité du processus de normalisation morale et sacramentelle de tous les couples irréguliers initié notamment par Bergoglio avec Amoris Laetitia (2016), le document synodal italien soutient la pertinence non seulement d’accompagner, mais aussi de reconnaître explicitement « les personnes transgenres attirées par le même sexe et leurs familles ».

De plus, le document invite le clergé à soutenir les journées civiles contre « l’homophobie et la transphobie », notamment par des moments de réflexion et de prière. La publication de ce document a été préparée dans les médias par une interview de Francesco Savino, évêque ultra-progressiste et vice-président de la Conférence des évêques italiens pour l’Italie du Sud.

Lors de la parution du document, j’écrivais dans une tribune : « Ceci ouvre de fait, même si ce n’est pas explicitement formulé, la possibilité pour les prêtres de participer à des événements tels que la Gay Pride. »

Aussitôt dit, aussitôt fait : en juin 2026, mois traditionnellement consacré par l’Église à la dévotion et à l’adoration du Sacré‑Cœur de Jésus, de nombreux évêques italiens ont tourné leur attention vers la cause LGBT. Selon le calendrier civil, juin est en effet le Mois des Fiertés, c’est-à-dire le mois de la fierté homosexuelle – et plus généralement de toutes les formes d’orientation sexuelle non conventionnelles.

L'opposition entre ces deux « objets liturgiques » est éloquente : d'une part, la liturgie catholique ; d'autre part, une liturgie séculière, mais néanmoins religieuse au sens étymologique du terme, puisque toute liturgie implique une « participation du peuple ». D'un côté, le Sacré-Cœur de Jésus, adoré par les catholiques comme symbole de la volonté humaine du Christ, parfaitement soumis au Père et donc véritablement « doux et humble ».

De l'autre côté, la célébration de ce qui exalte l'exact opposé de l'humilité : l'orgueil, que saint Thomas d'Aquin définit comme la mère et la matrice de tous les vices capitaux et de tout péché, ainsi que la forme même du péché originel dans lequel tout homme est conçu.

Au moins douze évêques italiens ont décidé de participer à des veillées de prière contre la prétendue "homophobie et transphobie", soit plus du double du nombre de l'année précédente. Au total, vingt-trois diocèses italiens y participent. Certaines de ces villes sont essentielles au tissu ecclésiastique italien : Parme, Crémone, Florence, Pesaro et Fano, Bari-Bitonto, Milan et Padoue. Le principal lobby pro‑LGBT italien au sein de l’Église catholique, La Tenda di Gionata, a recensé sur son site web 47 événements, entre veillées et initiatives connexes, dont beaucoup se sont déroulés directement dans des églises catholiques.

La vraie question est la suivante : quelle mission ces hommes d'Église pensent-ils avoir accomplie ?

Lors de ces événements, les provocations et les insultes contre la foi catholique n’ont pas manqué. Les évêques ont choisi de ne pas réagir, voire ont justifié – comme à Padoue – leurs auteurs.

Pendant une marche des fiertés, des manifestants ont déployé des pancartes blasphématoires devant la cathédrale de Padoue, avec des inscriptions telles que : « Nous sommes en grève », « Les catto-queers sont là », « Je suis belle à ma façon, car Dieu ne fait pas d’erreurs », « Dieu est queer parmi nous », etc.

Il convient de noter que les personnes ayant exposé ces panneaux appartiennent à l’association Il Mandorlo, un autre groupe de défense des droits des personnes LGBT officiellement reconnu par le diocèse de Padoue et qui, selon son site web, se consacre également à la « formation des séminaristes et des prêtres ». De toute évidence, la position défendue par cette association n’est pas celle de l’Écriture sainte, de la Tradition ni du Magistère bimillénaire.

La question n'est plus de savoir si les pécheurs sont les bienvenus, mais si le péché et la vertu sont encore clairement distingués.

Néanmoins, l'archevêque de Padoue, Claudio Cipolla, a publié une déclaration qui a stupéfié : « Je suis gêné par le geste de ces jeunes. L'image des pancartes brandies m'a profondément gêné », a-t-il déclaré.

« Mais attendons de voir. Il est important de toujours respecter ceux qui ont des opinions différentes. Un évêque est à la tête d'une vaste institution, qui englobe tout le peuple chrétien, composé de personnes aux opinions diverses. Je ne voudrais pas être pris pour cible. »

« Oui, je connais personnellement ces jeunes et c'est là l'essentiel : nous devons continuer à aimer nos enfants, et telle est ma position », a conclu Cipolla.

En réalité, la réaction de l'archevêque de Padoue s'est avérée pire que le silence ; non seulement il a reconnu le caractère blasphématoire de l'incident, mais il l'a également justifié. Il est significatif que son attitude rappelle celle du père moderne et faible qui, face aux erreurs de ses enfants, préfère fermer les yeux plutôt que de les corriger, craignant que la vérité ne les éloigne.

Un comportement diamétralement opposé à l'enseignement évangélique : le bon père de la parabole du fils prodigue ne s'accroche pas à tout prix à son fils pécheur, mais le laisse partir, car le silence sur la vérité n'engendre jamais le bien.

De même, l'attitude de Cipolla est bien loin de l'avertissement de saint Paul : « Prêche la parole, insiste à temps et à contretemps » (2 Tm 4,2). L'Apôtre n'invite pas à prêcher lorsque le message dérange ceux qui l'entendent, comme on l'interprète souvent, mais lorsqu'il dérange celui qui le proclame – c'est-à-dire lorsque la vérité a un prix, mais qu'il faut néanmoins la dire.

Un autre événement, aussi triste qu'éloquent, s'est déroulé à Milan le vendredi 12 juin. Il convient de le préciser : fête liturgique du Sacré‑Cœur de Notre Seigneur, célébrée durant le mois du Sacré‑Cœur. L'archevêque Mario Delpini, à la tête du plus important diocèse d'Italie après Rome, a fait une apparition inattendue en l'église San Carlo al Lazzaretto, où le lobby LGBT local – Il Gruppo del Guado – avait organisé une messe pour les personnes homosexuelles et leurs alliés.

Au cours de son homélie, Mgr Delpini a déclaré : « Le Seigneur s'est lié à vous et vous a choisis [militants LGBT], non pas parce que vous êtes les plus nombreux – au contraire, vous êtes les plus petits – mais parce qu'il vous aime. » On peut se demander : choisis pour quoi faire ? Peut-être pour révolutionner l'Église ?

Quoi qu'il en soit, au moment de la communion, un des activistes s'est approché de Delpini, vêtu d'un t-shirt blasphématoire représentant Jésus en vêtements arc-en-ciel et arborant une expression ridiculisant l'une des expressions liturgiques chrétiennes les plus connues : « Ah Men !» (avec une connotation homoérotique évidente).

Comme si cela ne suffisait pas, lorsque Delpini lui a tendu l'hostie consacrée, cet homme a répliqué : « Ah Men !» Je soupçonne que Delpini ne l'a même pas remarqué.

Ce n'est pas tout. Puisque les couples irréguliers légitimés par Amoris Laetitia ne se limitent pas aux unions homosexuelles, mais n'ont aucune frontière (après tout, la vérité est une, tandis que les mensonges qui s'y opposent peuvent en théorie être infinis), le lobby La Tenda di Gionata, déjà mentionné, a franchi une nouvelle limite.

Le 3 juin, lors de la Gay Pride de Turin, cette association a promu une initiative visant à normaliser le polyamour, c'est-à-dire cette forme de relation affective et sexuelle dans laquelle une personne entretient simultanément des liens avec des individus des deux sexes, avec le consentement et la pleine conscience de tous les partenaires concernés.

Il s'agit, en définitive, d'une réinterprétation moderne et combinée des concepts de polygynie et de polyandrie. Du point de vue de la doctrine catholique et du droit naturel, le soi-disant polyamour est une forme de relation contraire au mariage et à l'amour humain, entendu non pas comme sentiment, appétit ou attirance sexuelle (aujourd'hui, l'amour est réduit à cela).

Selon la doctrine du Christ, l'amour authentique est unitif et exclusif, désintéressé et ordonné, fondé sur le don total de soi entre un homme et une femme, ouvert à la grâce divine, à la procréation et à l'éducation chrétienne des enfants. Le polyamour multiplie les relations, mais fragmente l'amour ainsi compris.

À ce stade, la question ne se limite pas au jugement moral porté sur certains comportements, ni à l'obligation légitime d'accueillir toute personne dans l'Église – un principe que l'autorité ecclésiastique a toujours prêché et doit continuer de prêcher. Cependant, accueillir ne signifie pas justifier.

Accueillir requiert la conversion, à l'image du fils prodigue qui, avant de rentrer à la maison, a changé de cœur et orienté sa volonté vers celle du Père.


La véritable question est ailleurs : quelle mission ces hommes d'Église pensent-ils avoir reçue ? Si leur tâche consiste toujours à proclamer la conversion, le salut et la sainteté selon l'Évangile de Jésus‑Christ, alors toute initiative pastorale doit être évaluée à l'aune de ce critère.

Si, au contraire, la fin se résume à l’inclusion sociale, à la reconnaissance de l’identité, à l’acceptation du frère ou de la sœur tel qu’il est, à l’harmonisation avec les sensibilités culturelles du moment, alors l’Église a déjà adapté son langage à celui du monde au lieu d’appeler le monde à se conformer à la Vérité révélée. « Si le sel perd sa saveur, comment la lui rendre ?? Il ne sert plus à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes », dit l’Évangile.

C’est précisément ce qui s’est passé à Padoue et à Milan.

Les événements relatés ici méritent donc une profonde réflexion de la part des fidèles, mais aussi de celle des évêques – italiens, certes, mais pas seulement. La question n’est pas de savoir si l’Église doit accueillir les pécheurs : elle l’a toujours fait et continuera de le faire, puisque tous les hommes sont pécheurs.

La question est plutôt de savoir si elle indique encore clairement la distinction entre péché et vertu, entre conversion et confirmation de ses inclinations, entre miséricorde et approbation. C’est de cette distinction, aujourd’hui de plus en plus obscurcie, que dépend non seulement la crédibilité du témoignage ecclésial, mais aussi la capacité même de l’Église à accomplir la mission reçue de notre Seigneur.

     

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