« Le Sacré-Cœur en Chine : comment les catholiques chinois ont préservé leur foi face à la persécution » par Vistemboir2 2026-06-12 10:04:32 |
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Traduction d’un article d’Angeline Tan paru le 12 juin 2026 sur le site The Remnant sous le titre : « The Sacred Heart in China: How Chinese Catholics Preserved the Faith Through Persecution »
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Bien avant l'avènement de la Chine communiste, la dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus s'était profondément ancrée dans la vie catholique chinoise. Introduite par les missionnaires et préservée par des générations de fidèles, cette dévotion a soutenu d'innombrables catholiques face aux persécutions, à l'emprisonnement et à la destruction des églises. Aujourd'hui, le Sacré‑Cœur reste un puissant symbole d'espoir, de miséricorde et de foi inébranlable pour les catholiques chinois confrontés à de nouveaux défis à l'ère moderne.
La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (« 耶穌聖心敬禮 » en chinois traditionnel ou « 耶稣圣心敬礼 » en mandarin simplifié) est depuis longtemps l'un des piliers de la vie catholique chinoise.
La mémoire catholique chinoise fait remonter les origines de cette dévotion aux missionnaires jésuites ; la revue catholique *Shengxin* (« 聖心 »), publiée à Shanghai entre 1887 et 1949, attribue l’introduction de la dévotion au Sacré‑Cœur en Chine au missionnaire jésuite Jean‑Charles de Broissia (1660-1704).
Suivant les traces du père Broissia, le père Romain Hinderer (connu en chinois sous le nom de « De Manuo 德瑪諾 ») (1688–1744), également jésuite et fervent apôtre du Sacré‑Cœur, en a propagé la dévotion au cours de ses décennies d’apostolat missionnaire en Chine.
« Si mon espoir ne me trompe pas, c’est par la grâce du Cœur Divin que la mission en Chine sera non seulement préservée, mais qu’elle s’élèvera plus haut qu’elle ne l’a jamais été », prédit le père Hinderer en 1725.
De plus, le père Hinderer a supervisé la construction de l'une des premières églises importantes dédiées au Sacré‑Cœur de Jésus en Chine, dans la ville de Hangzhou. Actuellement, plus de 200 paroisses, églises et chapelles à travers la Chine continentale sont dédiées au Sacré‑Cœur, dont la célèbre cathédrale archidiocésaine de Guangzhou. De nouveaux lieux de culte continuent d'être construits, comme l'église du Sacré‑Cœur de Wenzhou, consacrée en 2003.
Les Missionnaires du Verbe Divin ont également joué un rôle important dans la promotion de la dévotion au Sacré‑Cœur parmi les catholiques chinois. De leur fondateur, saint Arnold Janssen, à saint Joseph Freinademetz, ils ont puisé leur force dans la Miséricorde divine répandue sur l'humanité par le Cœur de Jésus.
Par exemple, saint Arnold Janssen, fondateur de la Société du Verbe Divin, avait une profonde dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus et s'y est consacré le jour de sa fête en 1875. Ce jour est alors considéré comme la date de fondation de sa société. La vie spirituelle de sa congrégation missionnaire était fondée sur la dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus : ses maisons de mission étaient remplies d'images de Paray‑le‑Monial, et chaque prière communautaire se terminait par les mots : « Et que le Cœur de Jésus vive dans le cœur de tous les hommes. »
Même lorsque les églises étaient fermées et les prêtres emprisonnés, les images du Sacré-Cœur restaient dans les foyers catholiques chinois comme sanctuaires domestiques de la foi.
Le site internet Vivat Deus, qui relate la spiritualité de saint Arnold et sa dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus, rapporte ce qui suit :
« La dévotion du père Arnold au Sacré‑Cœur de Jésus a débuté après son ordination, notamment lorsque l’évêque l’a envoyé comme prêtre‑enseignant au collège de Bocholt. Durant son séjour à Bocholt, le père Arnold a découvert l’Apostolat de la Prière, un mouvement fondé par le jésuite Francis X. Gautrelet. Ce mouvement devait sa popularité en particulier aux écrits d’un autre jésuite, le père H. Ramière. L’Apostolat de la Prière est « une sainte ligue de cœurs chrétiens unis au Cœur de Jésus, pour obtenir le triomphe de l’Église et le salut des âmes. »
« Le père Arnold a rejoint l’Apostolat de la Prière en 1865. Son appartenance à ce mouvement lui a inspiré une dévotion au Sacré‑Cœur et l’a conduit à consacrer sa vie à la mission. »
« Aujourd'hui, la dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus fait partie intégrante de la vie chrétienne au quotidien dans les communautés catholiques chinoises. Cette ferveur spirituelle est particulièrement cultivée au mois de juin, mois que le Peuple de Dieu, partout dans le monde, consacre au Sacré‑Cœur. Certains laïcs consacrent toute leur famille au Sacré‑Cœur de Jésus, tandis que les prêtres célèbrent la fête de la sanctification sacerdotale lors de sa solennité liturgique. Dans chaque foyer catholique chinois, on trouve au moins une image du Sacré‑Cœur. En ce mois de juin également, les témoignages de dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus se multiplient en Chine. Par exemple, dans la paroisse du Sacré‑Cœur de Quxi, à Ouhai, dans le diocèse de Wenzhou, chaque dimanche de juin, après la procession solennelle depuis le couvent des sœurs de Sainte‑Thérèse, plus de 350 baptisés participent à l'Eucharistie et récitent le chapelet ensemble, assistant également à des réunions et des catéchismes consacrés à la dévotion au Sacré‑Cœur. »
« Au sein des communautés catholiques de Chine, la dévotion au Sacré‑Cœur de Jésus est très répandue. Là où le rythme de vie le permet – plus souvent à la campagne qu'en ville – les fidèles vivent une vie spirituelle quasi communautaire, qui était à l'origine un reflet de la vie monastique ou séminariste. Tôt le matin, appelés à la prière par le son des cloches, ils se réunissaient, si possible, à l'église ou à la chapelle du village pour réciter ensemble les prières du matin. C'est une longue prière, riche et généreuse, avec de nombreuses intentions et invocations. Au moins en juin, dédié au Sacré‑Cœur de Jésus, elle comprend la litanie du Sacré‑Cœur, suivie de plusieurs pages de prières adressées au Sacré‑Cœur. Après ces prières, qui durent environ une heure, si un prêtre est présent, la messe est célébrée. Les fidèles poursuivent souvent par la méditation du Chemin de Croix. Autrefois, le dimanche était entièrement consacré à la prière commune et les fidèles passaient plus de temps à l'église que chez eux. De retour à la maison, la prière du soir, de nouveau récitée en commun, reprit le thème du Sacré-Cœur et les fidèles récitèrent à nouveau les invocations et les litanies. »
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