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« Le message de Léon XIV sur l'indifférence religieuse ne fait que la favoriser »
par Vistemboir2 2026-06-02 12:11:15
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 1er juin 2026 sur The Remnant sous le titre : «Leo XIV’s Message on Religious Indifference Just Fosters More Religious Indifference »
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Le pape Léon XIV a enfin reconnu la crise de la foi dévastatrice qui frappe l'Occident et la montée de l'indifférence religieuse. Mais le Vatican lui-même n’est-il pas responsable d'alimenter ce mal qu'il déplore aujourd'hui ? S'appuyant sur les enseignements percutants de Mirari vosdu pape Grégoire XVI, cette analyse soutient que l'esprit œcuménique qui s'est manifesté après Vatican II a contribué à convaincre des millions de personnes que la conversion à la foi catholique n'était plus nécessaire. Si Léon XIV souhaite véritablement faire face à l'effondrement de la foi, il lui faudra peut-être d'abord se confronter à l'héritage théologique du Concile lui-même.

Lors de son discours du 28 mai 2026 devant les participants à l'assemblée plénière du dicastère pour l'évangélisation, Léon XIV déplorait la « crise de la foi » qui a engendré l'indifférence religieuse :

« Nous ne pouvons pas sous-estimer que, surtout dans les pays occidentaux, la crise de la foi, avec d’autres facteurs socio-culturels, a donné lieu à une indifférence diffuse envers la religion. La foi, pour beaucoup, apparaît désormais comme sans importance dans leur vie. »


Ce sont peut-être les paroles les plus pertinentes et les plus importantes prononcées par Léon XIV durant tout son pontificat, qu'il en saisisse ou non la véritable portée. Nous souffrons bel et bien d'une crise de la foi qui a conduit à une indifférence religieuse généralisée, surtout dans les pays occidentaux. Malheureusement, Léon XIV n'a jusqu'à présent rien fait pour endiguer ce fléau, et a même contribué à sa propagation.

La solution à la crise de la foi se trouve peut-être juste sous les yeux de Léon XIV, mais les erreurs qui ont marqué Rome depuis Vatican II l'empêchent de la voir.

Grégoire XVI a fourni l'une des explications les plus importantes de cet indifférentisme religieux dans son encyclique du 15 août 1832 sur le libéralisme et l'indifférentisme religieux, Mirari vos Grégoire XVI introduisait ainsi son exposé sur le mal de l'indifférentisme :

« Nous venons maintenant à une cause, hélas ! trop féconde des maux déplorables qui affligent à présent l’Église. Nous voulons dire l’indifférentisme, ou cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, qu’on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. Mais dans une question si claire et si évidente, il vous sera sans doute facile d’arracher du milieu des peuples confiés à vos soins une erreur si pernicieuse. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération »


De ces paroles, nous comprenons pourquoi l'indifférentisme religieux est si répandu. L’indifférentisme aujourd’hui : il se propage à travers les idées qui animent le faux œcuménisme qui domine à Rome depuis la mort de Pie XII. En effet, dans les documents mêmes de Vatican II, on peut voir ce que Grégoire XVI décrivait comme « la supercherie des impies qui prétendent qu’il est possible d’obtenir le salut éternel de l’âme par la profession de n’importe quelle religion ». Voici, par exemple, des extraits du décret sur l'œcuménisme, Unitatis Redintegratio, que Grégoire XVI aurait certainement condamnés au premier abord :

« De plus, parmi les éléments ou les biens par l’ensemble desquels l’Église se construit et est vivifiée, plusieurs et même beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l’Église catholique : la Parole de Dieu écrite, la vie de grâce, la foi, l’espérance et la charité, d’autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d’autres éléments visibles. Tout cela, qui provient du Christ et conduit à lui, appartient de droit à l’unique Église du Christ. De même, chez nos frères séparés s’accomplissent beaucoup d’actions sacrées de la religion chrétienne qui, de manières différentes selon la situation diverse de chaque Église ou communauté, peuvent certainement produire effectivement la vie de grâce, et l’on doit reconnaître qu’elles donnent accès à la communion du salut. En conséquence, ces Églises et communautés séparées, bien que nous croyions qu’elles souffrent de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la vertu dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique. » [UR §3]


Bien que les défenseurs de Vatican II estiment ces paroles suffisamment orthodoxes, la plupart des personnes rationnelles comprennent pourquoi elles contredisent les écrits de Grégoire XVI. Si l’Église catholique enseigne que les religions non catholiques « peuvent véritablement engendrer une vie de grâce » et sont utilisées par Dieu comme moyens de salut, alors il est évident qu’il n’est pas nécessaire d’être catholique.

Grégoire XVI poursuivit avec des paroles encore plus problématiques pour les promoteurs de l'œcuménisme de Vatican II :

« L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération ».


Si nous voulons sauver nos âmes, nous devons « garder la foi catholique entière et sans altération ». Bien que l'enseignement de l'Église sur l'ignorance invincible demeure pertinent, cela ne signifie en aucun cas que le rôle de l'Église soit d'encourager cette ignorance en trompant les âmes et en leur faisant croire qu'elles peuvent se sauver dans de fausses religions ! En d’autres termes, la mission de l’Église catholique est de conduire toutes les âmes à la religion que Dieu nous a donnée ; seuls Satan et les ennemis de l’Église profitent du message de Rome selon lequel les non-catholiques n’ont pas réellement besoin de se convertir. Si nous comprenons cela, nous pouvons mieux saisir la folie diabolique du faux œcuménisme qui s’est si largement répandu depuis le Concile.

Une Église qui enseigne que les religions non catholiques peuvent être des voies de salut ne devrait pas s'étonner que les âmes en concluent que la conversion n'est pas nécessaire.

Pourtant, certains pourraient arguer que les enseignements du Concile sont simplement ambigus et sans véritable problème. Voici cependant ce que Grégoire XVI enseignait sur la nécessité de se prémunir contre l’ambiguïté :

« Agissons en unité d’esprit pour notre cause commune, ou plutôt pour la cause de Dieu ; et contre de communs ennemis unissons notre vigilance, pour le salut de tout le peuple, unissons nos efforts. C’est ce que vous ferez parfaitement si, comme votre charge vous en fait un devoir, vous veillez sur vous et sur la doctrine, vous redisant sans cesse à vous-mêmes que “ toute nouveauté bat en brèche l’Église universelle ”, et d’après l’avertissement du saint pape Agathon, “ rien de ce qui a été régulièrement défini ne supporte ni diminution, ni changement, ni addition, repousse toute altération du sens et même des paroles.” »


Si les vérités de la foi «ne supporte[nt] ni diminution, ni changement, ni addition, repousse[nt] toute altération du sens et même des paroles », alors l’ambiguïté de Vatican II est en elle-même un mal terrible, et non un élément qui exonère les documents conciliaires de toute responsabilité.

Léon XIV n'avait que dix ans à la clôture du concile Vatican II ; sa formation religieuse a donc été marquée par des enseignements empreints d'ambiguïtés et d'erreurs, conséquences directes et aggravantes de l'indifférentisme religieux. Il n'est donc pas surprenant que certains passages de son discours contre l'indifférentisme tendent paradoxalement à le favoriser. Voici, par exemple, un passage où il semble faire délibérément référence à la foi chrétienne (y compris les croyances non catholiques) par opposition au catholicisme :

« Grâce à Dieu, les expériences à travers lesquelles les communautés chrétiennes, les associations, les mouvements, les groupes ecclésiaux rencontrent les jeunes, les écoutent et dialoguent avec eux sont nombreuses et variées, dans le monde entier (...). La transmission de la foi, dans ce contexte, passe nécessairement à travers la rencontre avec les personnes et les communautés qui expriment la joie de la foi chrétienne et la cohérence d’un style de vie évangélique. Ce n’est certainement pas en édulcorant les contenus et en baissant les exigences que l’on peut rendre le christianisme attirant, mais en témoignant avec humilité et courage du « chemin, de la vérité et de la vie » qui a converti et sanctifié nombre de personnes.


Il parle de « communautés chrétiennes », de « la joie de la foi chrétienne » et de « la cohérence d’un style de vie évangélique ». Si, comme il semble, il entend par là toutes les confessions chrétiennes — plaçant ainsi le catholicisme au même niveau que le protestantisme —, il s'agit d'indifférentisme. Si, en revanche, il s'exprime simplement de manière ambiguë, cela contribue également à l'indifférentisme. Par ailleurs, après soixante ans de faux œcuménisme et cinq ans de Synode sur la synodalité, nous savons que les expressions employées par Léon XIV se réfèrent généralement à tous les chrétiens.

Au moins indirectement, l’éloge par Léon XIV de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium du pape François tend également à promouvoir l’esprit d’indifférence :

«[L]’Exhortation apostolique Evangelii gaudium du Pape François continue de « représenter un point de référence décisif : elle n’introduit pas simplement de nouveaux contenus, mais recentre tout sur le kérygme comme cœur de l’identité chrétienne et ecclésiale» (Lettre aux cardinaux, 12 avril 2026). Je vous invite donc, vous aussi, à reprendre Evangelii gaudium dans votre travail à tous les niveaux, pour promouvoir une mission “christocentrique et kérygmatique qui naît d’une rencontre avec le Christ capable de transformer la vie”. »


Voici ce que dit Evangelii gaudium du pape François sur la nécessité pour les chrétiens de se concentrer sur ce qui unit plutôt que sur ce qui divise, afin de répandre l’Évangile en Asie et en Afrique :

«  Étant donné la gravité du contre témoignage de la division entre chrétiens, particulièrement en Asie et en Afrique, la recherche de chemins d’unité devient urgente. Les missionnaires sur ces continents répètent sans cesse les critiques, les plaintes et les moqueries qu’ils reçoivent à cause du scandale des chrétiens divisés. Si nous nous concentrons sur les convictions qui nous unissent et rappelons le principe de la hiérarchie des vérités, nous pourrons marcher résolument vers des expressions communes de l’annonce, du service et du témoignage. La multitude immense qui n’a pas reçu l’annonce de Jésus Christ ne peut nous laisser indifférents. Néanmoins, l’engagement pour l’unité qui facilite l’accueil de Jésus Christ ne peut être pure diplomatie, ni un accomplissement forcé, pour se transformer en un chemin incontournable d’évangélisation. Les signes de division entre les chrétiens dans des pays qui sont brisés par la violence, ajoutent d’autres motifs de conflit de la part de ceux qui devraient être un actif ferment de paix. »


Il ressort clairement de ces paroles que François promouvait un indifférentisme en totale contradiction avec les propos de Grégoire XVI cités plus haut. Que Léon XIV ait approuvé ou non ce passage, il l'a soutenu en encourageant à réexaminer l'ensemble du document en tant qu’outil pour l'évangélisation.

Tant que Rome ne reviendra pas aux principes enseignés par Grégoire XVI dans Mirari vos, l'indifférentisme religieux continuera de prospérer sous la bannière de l'œcuménisme.

Tragiquement, le fléau de l'indifférentisme se perpétue aussi du fait que Léon XIV n'a pas condamné les erreurs qui ont prospéré à Rome depuis le Concile. Cela n'a rien de surprenant, car il partage cette lacune avec ses prédécesseurs, mais on oublie parfois que l'approbation tacite par le Vatican des croyances hérétiques signifie que la vérité ne mérite pas d'être défendue.

Il semble tout à fait possible que Léon XIV soit sincèrement préoccupé par la crise de l'Église en général et par l'indifférentisme religieux en particulier. Cependant, les remèdes à ces maux ont été rejetés par Rome depuis le Concile et remplacés par le faux mouvement œcuménique qui, invariablement, promeut l'indifférentisme religieux. C'est comme si la réponse était sous ses yeux, mais qu'il était aveugle, car contaminé par les erreurs qui ont caractérisé Rome depuis le Concile.

Si Léon XIV veut vraiment s'attaquer à la crise de la foi et à l'indifférentisme qu'il a déplorés dans son discours, il n'a d'autre choix que de revenir à l'enseignement de Grégoire XVI, à Mirari vos. Tant que lui (ou son successeur) ne l'aura pas fait, le Vatican continuera de répandre le message hérétique selon lequel toute confession chrétienne — autre que le catholicisme traditionnel — suffit au salut. C'est pourquoi les véritables amis de l'Église catholique, et même de Léon XIV, sont ceux qui préféreraient mourir plutôt que d'abandonner la foi que Grégoire XVI s'est efforcé de préserver.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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