Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Amoris Laetitia : l'antithèse de Summorum Pontificum ?
par Chicoutimi 2016-05-13 09:42:55
Imprimer Imprimer

De même que Summorum Pontificum fut le véhicule du renouveau dans la continuité, on peut penser qu’Amoris Laetitia constitue le moyen de faire émerger un nouveau paradigme ecclésial qui s’inscrit dans la rupture.

Visée de Summorum Pontificum : Loin de se limiter à répondre aux besoins particuliers de certains fidèles, le Motu Proprio Summorum Pontificum visait à rendre "normale" la célébration de la messe traditionnelle ainsi qu’à insuffler, dans la vie de l’Église, une pratique sacramentelle qui favoriserait une herméneutique de la continuité. Le Pape Benoît XVI savait qu’en libéralisant la liturgie traditionnelle, il redonnait, ipso facto, un souffle nouveau pour l’enseignement de la doctrine et de la morale catholique. En effet, liturgie, doctrine et morale forment un tout. Et ce tout produit, entre autre, un fruit de taille : des familles solides, pratiquantes, souvent même nombreuses, qui assurent à l’Église et à la société un avenir.

Visée d’Amoris Laetitia : Sous prétexte de prendre soin de quelques personnes en situation irrégulière, Amoris Laetitia vise-t-elle, cette fois-ci, à normaliser les situations dites irrégulières ainsi qu’à insuffler, dans la vie de l’Église, une pratique sacramentelle favorisant l’émergence d’un nouveau paradigme ecclésial ? Derrière le geste de la communion aux divorcés-remariés, n’y a-t-il pas une certaine vision de la doctrine et de la morale catholique qui s’écarte du chemin de l’orthodoxie ? Les fruits de cet écart ne sont-ils pas à chercher parmi les familles déchirées, divisées et reconstituées qui mettent à mal l’avenir de l’Église et de la société ?

Bien que Summorum Pontificum et Amoris Laetitia soient deux textes aux visées diamétralement opposées, on peut constater qu’ils utilisent des moyens similaires pour parvenir à leur fin.

Donner plus de responsabilités au prêtre

Le Motu Proprio Summorum Pontificum a affranchi, en quelque sorte, le prêtre d’une certaine emprise épiscopale; il le fait cependant d’une manière prudente, en balisant la pratique avec des règles juridiques. En effet, aux Messes célébrées sans le peuple, tout prêtre catholique peut utiliser le Missel de 1962 (art. 2); et le pouvoir d’accorder la célébration selon ledit Missel appartient, en d’autres circonstances, au curé sous le gouvernement de l’évêque (art. 5).

L’exhortation apostolique Amoris Laetitia, quant à elle, donne à tous les prêtres la mission "d’accompagner les personnes intéressées sur la voie du discernement selon l’enseignement de l’Église et les orientations de l’évêque" (n. 300). Cependant, cette mission n’est pas balisée par des règles juridiques mais par des critères de discernement pastoral.

On remarquera donc que, dans les deux cas, on ne s’appuie pas sur le corps épiscopal pour effectuer des changements, mais sur le prêtre qui est en première ligne, sur le terrain, avec les fidèles.

Le besoin de rassurer

Le Pape Benoît XVI avait, par une lettre d’accompagnement, senti le besoin de rassurer certains épiscopats en affirmant que "le nouveau Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite Romain"; qu’il "n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum"; que "ces nouvelles normes ne diminuent aucunement votre autorité et votre responsabilité"; etc.

Avec Amoris Laetitia, le besoin de rassurer s’est aussi fait sentir par, entre autre, la présentation faite par le Cardinal Schönborn, et par des paroles telles que "la doctrine ne change pas"; il y a "des éléments de continuité"; il ne faut pas attendre "un changement de la discipline de l’Église"; etc.

On remarquera donc que, dans les deux cas, on affirme que rien ne change; mais au fond, tout le monde a bien compris, tout change (pour le meilleur ou pour le pire).

Libéralisation


Si, malgré l’encadrement juridique, on a pu parler de Summorum Pontificum en terme de « libéralisation » de la messe tridentine, il est à craindre que, malgré les critères de discernement au cas par cas, "l’aide aux sacrements dans certains cas" prévue par l’exhortation apostolique Amoris Laetitia ne soit, elle aussi, comprise comme une "libéralisation" de la réception de la sainte communion pour ceux qui vivent en situation irrégulière.

Bref, l’exhortation apostolique Amoris Laetitia utilise des méthodes similaires à Summorum Pontificum mais elle a une autre visée. Après avoir vu se lever un peuple Summorum Pontificum porteur d’espérance, l’Église verra-t-elle se lever un peuple Amoris Laetitia ? Une chose est certaine, la bataille se passe sur le terrain. Il nous appartient donc de faire fructifier l’héritage de Benoît XVI pendant qu’il est encore possible de le faire.

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Amoris Laetitia : l'antithèse de Summorum Pontificum ? par Chicoutimi  (2016-05-13 09:42:55)


146 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]