Sermon du jour... par XA 2013-04-21 22:23:00 |
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Homélie du jour prononcée par M. l'abbé Jérôme Lebel, prêtre de la Fraternité Sacerdotale st Pierre à >Lyon, reproduite avec son aimablissime autorisation (et pour cause, ne croyez pas que je l'ai prise en sténo ni dactylo, ni même que j'ai bu ses paroles au point de les restituer au mot près). Que ceux qui ont des zyeux lisent et ceux qui ont des oreilles entendent. Un grand merci à Monsieur l'abbé Lebel, au passage. Certes, n'est pas Bossuet qui veut, mais cela fait du bien.
Mes biens chers frères,
Alors que nous sommes à mi-distance entre la Résurrection et l’Ascension corporelle de Notre-Seigneur au Ciel, nous entendons aujourd’hui de terribles phrases comme celles-ci:
« Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus (…) vous pleurerez, vous vous lamenterez, et le monde se réjouira. Vous serez dans la tristesse ».
Est-ce à dire que l’Eglise acclimate nos âmes à accepter l’échec ?
Est-ce à dire que les prêtres aujourd’hui, font de chaque baptisé un désespéré, un anéanti du chagrin ?
Bien-sur que non, car Notre Seigneur, tout de suite, affirme en contre-point de tout cela :
« Un peu de temps encore et vous me reverrez (…) votre tristesse se changera en joie (…) je vous reverrai et votre cœur se réjouira ; et votre joie, nul ne pourra vous la ravir ».
Si Notre-Seigneur évoque les réjouissances après les lamentations, ce n’est pas pour s’attirer les facilités du pittoresque. Non ! C’est pour placer tout baptisé dans la vérité chrétienne. Il engage la vitalité de son Eglise : laisser les ferments des erreurs, les germes du péché nous envahir, c’est entrer dans la mort spirituelle, intellectuelle et morale.
C’est se construire un désert chrétien où tout manque, alors qu’à deux pas de là, se trouve l’Eglise catholique qui est un rare havre de paix donnant tout équipement intellectuel, spirituel et sacramentel dont nous avons tous besoin.
Mes frères, les affres temporelles sont nombreuses, et incessantes. Qui n’est pas aujourd’hui effaré par les errements sociaux, économiques et moraux de notre beau pays, la France ? Qui ? Tout le monde ici gémit, s’en va hors de chez lui crier son désespoir, ou rester silencieusement à se lamenter en groupe, certain restant muet d’effroi.
Or, mes frères, nous devons agir et réagir en chrétiens baptisés, fous du Christ et persuadés que rien ni personne ne peut nous arracher la joie de nos cœurs. Rien ! ni personne !
Si l’erreur arrive et se paie un triomphe passager (comme celui auquel nous allons assister mardi prochain), alors, mes frères, décuplons nos efforts et nos sacrifices pour replanter la vérité dans les esprits en soutenant les bonnes écoles ! Si nous nous manifestons publiquement, commençons et terminons toujours en venant prier Notre-Seigneur présent en nos paroisses et chapelles.
Ça, c’est une attitude « classe » et catholique !
Ainsi, vous aspirerez à la source de la paix sans lenteur et sans relâche.
Ainsi, vous fonderez votre vie sur une espérance, et vous la vivrez en ressuscités : vous aurez alors une facilité de passer de l’erreur à la vérité, du péché à la vertu, de la mort à la vie. Et malgré les horreurs et les erreurs ambiantes, vous émerveillerez votre entourage par votre calme et votre joie.
Ce que je viens de dire n’est pas une stratégie, mais une espérance.
Mes frères, je vous dis cela pour que certain ne succombe pas à la tentation du désespoir, ils seront inévitablement conduits vers les convoitises de la chair, les mauvaises conduites au milieu des païens, l’insubordination à tout pouvoir humain, l’irrespect, la haine des frères, la méfiance de Dieu et l’affront des autorités civiles. Le premier pape, Saint Pierre nous en donne l’avertissement aujourd’hui. Relisez son épitre à tête reposée ce soir.
Mais au contraire : « Acclamez Dieu, terre entière, alléluia ! Chantez la gloire de son nom ! » … comme le dit notre introït de ce dimanche. Et il ne s’agit pas d’être charismatique pour en être convaincu et d’oser le dire pour mieux le vivre.
En fait, si quelqu’un d’entre vous reste morose, malgré les affres mondaines de nos jours, et bien… il n’est pas catholique.
Le vice est dans l’excès comme nous le savons, et aujourd’hui, il serait excessif de plonger dans la dépression ou le découragement, malgré nos problèmes sociaux, moraux et économiques, problèmes pourtant bien réels, présents et beaucoup d’entre nous les affrontent.
Pourquoi serait-il excessif de plonger dans la dépression, le renoncement ou l’abandon, mes frères ? Parce que notre foi nous fait dire et crier que Dieu, par sa Résurrection, « a montré aux égarés, la lumière de sa vérité, pour que ces m ces égarés puissent rentrer dans la voie de la justicear sa Résurrection, a montré aux égarés la lumière de sa vérité, pour quêmes égarés puissent entrer [de plein pied] dans la voie de la justice ».
Mes frères, ce n’est pas moi qui vous affirme cela, mais la collecte de la messe, qui est encore plus incisive, puisqu’elle demande à « Dieu d’accorder à ceux qui osent se dire chrétiens, de repousser ce qui s’oppose au nom de Dieu, et de s’attacher à ce qui lui convient ».
On ne peut être plus vivifiant, et cela fait 2000 ans que l’Eglise le dit, et il nous semble qu’elle l’a écrite pour nous aujourd’hui.
La messe de ce jour, est la messe de ceux qui combattent en sachant la victoire acquise, mais qui ne peuvent rester à perdre les batailles du quotidien.
La messe de ce jour, est la messe de ceux qui puisent dans le christianisme la recherche de la paix intérieure.
Mes frères, en ces jours sombres pendant lesquels notre espérance est prise de plein fouet par le chômage (et deux d’entre vous viennent de perdre leur emploi ces 10 derniers jours), par l’avancée des folles lois aux très lourdes conséquences (et nous en subirons une avalanche mardi), par l’économie plus mordante que jamais (combien d’entre vous nourrissez vos familles à la Banque Alimentaire ?)
Les promesses de la modernité et du bien-être ne sont pas venues. Plongés dans les crises économiques et morales, le monde nous place loin du bonheur.
Alors, j’ai quelques simples questions à vous poser : malgré tout cela, êtes-vous encore plus proche de Dieu ? et votre comportement, est-il conforme à celui qui croit et qui vit du Christ pour construire son Royaume sur terre ? vos paroles, vos attitudes, sont-elles vraiment différentes de celles des païens ? à cet égard, certains catholiques se permettent publiquement des paroles et des attitudes païennes. Attention à nous tous : être baptisés et oser se nourrir du Christ, nous impose d’être irréprochables.
C’est encore une des rares exigences que le monde impose aux catholiques. En effet, le monde nous pousse à nous éloigner de Dieu tout en scrutant notre fidélité à tout dire et tout faire en son nom. Et malheur à celui qui se comporte mal, le monde le dévorera avec jouissance et satisfaction, et il ne vous loupera pas !
Alors, mes frères, attendez-vous de tout avoir ? ou de vivre dans l’opulence ? pour enfin, vous adonner à de ferventes prières, pour enfin vous souciez de vos âmes et sortir de chez vous, heureux de pouvoir assister à une messe et de louer Dieu aussi longtemps que vous le voulez, et d’aimez votre prochain aussi sincèrement que vous le pouvez ?
J’ose espérer que vous vivez déjà la joie que nous célébrons aujourd’hui, pour le salut de vos âmes ; Sinon, gare à vous, reprenez-vous et venez vivre du Christ, pour le Christ, en agissant comme de dignes frères du Christ. En cela, l’Eglise est salvifique, elle sauve, elle nous fait vivre des joies déjà éternelles que nous célébrons.
Mes frères, vivons ces prochains jours, surtout ce sombre mardi prochain, dans la joie chrétienne, joie chrétienne que personne ne peut nous ravir !
C’est sur cet espoir que j’ose attirer sur vous la bénédiction divine qui vous arrive au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
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