pas toujours par Luc Perrin 2013-02-11 17:23:00 |
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Papabile ultra célèbre : le cardinal Pacelli est entré "pape" et il est sorti "pape".
Autre cas connu de tous : le cardinal Montini en 1963 devenu Paul VI.
Le cas Rampolla n'est finalement pas si fréquent que cela.
Plus fréquente est une certaine indécision initiale entre quelques candidats : par ex. ce fut le cas en 2005, l'élu était sur les listes mais on ne savait pas s'il pouvait avoir une majorité du fait de quelques autres "challengers" de poids.
Ou le recours à l'outsider parmi les papabli de 2è rang comme ce fut le cas avec Jean-Paul II en 1978 quand la division sur les cardinaux de 1er rang est trop forte.
Nous verrons bien ce que le Saint-Esprit et la faiblesse ou la ruse cardinalices concocteront dans les cuisines du conclave.
Ce qui est clair, c'est que Benoît XVI a choisi de ne pas choisir : les nominations qu'il a faites sont "neutres" ; les lignes de force du Sacré Collège n'ont pas bougé depuis 2005, des semi-libéraux ont remplacé les semi-libéraux, des wojtyliens multicartes (ex. le cardinal Schönborn à géométrie si variable qui les représentent bien), des ratzinguériens sont arrivés mais pas en nombre vraiment significatif, les semi-tradis étaient rares en 2005, ils le sont restés depuis.
La petite prédominance européenne demeure : il n'y a pas eu de redistribution non plus de ce côté-là.
La seule crainte qu'on puisse avoir après un pontificat court, bien trop court et sans action décisive au final sur aucun des dossiers entrouverts, c'est que la tendance woytilienne-montinienne à laquelle Benoît XVI a globalement cédé de plus en plus après 2009 - renoncement à toute action sur la liturgie - et complètement en 2012 - renoncement à réconcilier la F.S.S.P.X et nominations en rapport - ne nous donne une sorte de Paul VII du XXIe siècle aussi shakespearien que son modèle.
Globalement Benoît XVI s'est éloigné du cardinal Ratzinger peu à peu et c'est bien dommage : il part en donnant la fausse impression que la voie ratzinguérienne qu'il n'a de fait pas vraiment suivi aurait échoué et ouvre un boulevard à un retour au réformisme suicidaire des années 1960 et 1970.
C'était clairement le voeu d'un Ph. Levillain et de Jean-Pierre Denis sur France Inter. La satisfaction à peine contenue, sorte de divine surprise, de Mgr Podvin était sensible à l'oreille à travers les propos convenus. On se retient à peine de faire sonner les cloches de Notre-Dame si j'ai bien entendu mais pas en mode funèbre plutôt comme en 1918 et 1944-1945.
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