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Homélie Monseigneur Batut / Messe de Saint Yves réseau juriste par Chevalier du G. 2012-10-08 13:13:49 Imprimer Imprimer


Cathédrale saint Jean (Lyon): 26 septembre 2012

FÊTE DE SAINT YVES
Messe célébrée pour l’Association saint Yves et les membres de la famille judiciaire

Mercredi de la 25e semaine ordinaire
Proverbes 30, 5-9
Psaume 118
Luc 9, 1-6

« Toute Parole de Dieu est garantie », ou « éprouvée », nous dit le Livre des Proverbes. Nous lisons de même, au second Livre de Samuel (22, 31) que « la Parole de Dieu est sans alliage » : elle dit ce qu’elle veut dire, sans équivoque ni duplicité. Elle est transparente. Elle est vraie.
En même temps que Dieu dotait l’homme d’une intelligence, il lui faisait le don de la parole. C’est un des traits par lesquels la créature humaine peut être dite à l’image de Dieu. Du même coup, l’enjeu de la parole humaine est d’être une parole « garantie », c’est-à-dire fiable, en un mot véridique. « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, dit le Christ : ce qu’on dit de plus vient du Mauvais » (Mt 5, 37).
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que l’Ennemi du genre humain soit aussi appelé le Maître du mensonge. Il est celui qui tente d’entraîner le langage humain sur la pente de la duplicité, afin de perdre cet être que Dieu a voulu capable de répondre en vérité, dans sa prière et dans sa vie, à l’interpellation qu’il lui adresse. Car l’ultime vocation de la parole n’est pas de communiquer efficacement, mais de dire ce qui est vrai. C’est pourquoi, dans l’évangile de l’envoi des Douze que nous venons d’entendre, la « puissance » et l’« autorité » que Jésus leur donne sur tous les démons n’est pas de l’ordre du prodige, mais de l’ordre de la vérité. L’efficacité de leur parole vient de ce qu’elle dit simplement ce qui est : que le pouvoir des démons n’est qu’une usurpation, et le droit qu’il s’arroge un mensonge.
Le langage et la pratique juridiques sont, à leur manière, un service de la parole. Ils visent à rendre la parole humaine à sa vocation originelle, en sanctionnant le mensonge et en établissant la vérité, en disant où est le droit et en dénonçant sans faiblir tout ce qui le dénature. Le métier de juriste, ou d’avocat, ou de magistrat, est lui aussi, à sa manière, au service de la vérité de l’homme.
C’est pourquoi l’homme de loi n’a pas vocation seulement à veiller à l’application de la loi. Même si lui-même ne vote pas les lois, il a aussi vocation à rappeler haut et fort, lorsque c’est nécessaire, que la loi n’est pas faite pour définir ou remanier la nature humaine, mais seulement pour la servir. La loi ne peut se permettre, par exemple, de faire disparaître d’un trait de plume le vocabulaire de la paternité et de la maternité, au motif que ces mots ne seraient désormais plus compatibles avec une nouvelle définition du mariage : dans ce cas, ce n’est pas la pertinence des mots « père » et « mère » qui serait à interroger, mais bien la pertinence de décisions du législateur qui s’avèreraient incompatibles avec ces mots, comme avec le mot « homme » et le mot « femme » que la foi comme la raison nous montrent constitutifs de l’humanité depuis le premier jour de son existence.

« N’ajoute rien à la Parole de Dieu : il te le reprocherait comme un mensonge », dit encore notre texte des Proverbes. Voilà un précepte religieux. Mais on peut lui faire correspondre un précepte de sagesse, qui devrait être intelligible à chacun, quelles que soient sa croyance ou sa philosophie. « N’ajoute rien et ne retranche rien aux paroles fondatrices de l’humanité : tes enfants et tes petits enfants te le reprocheraient comme une forfaiture. »
Puissent les générations à venir n’avoir pas à reprocher à la nôtre d’avoir dénaturé les paroles fondatrices : foi et raison se rejoignent en effet dans ce constat élémentaire de la nécessité des catégories de paternité et de filiation, de fraternité et de conjugalité, pour que demeure déchiffrable la condition humaine. Puissiez-vous, chers amis, dans la belle mission qui est la vôtre, aider nos contemporains à ne pas l’oublier.

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