8 Septembre : Nativité de N.-D. (bréviaires) par Alexandre 2011-09-07 17:43:31 |
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Giotto, Nativité de la Vierge Marie
Le 8 septembre
NATIVITÉ DE LA B. VIERGE MARIE
I. BRÉVIAIRES ROMAIN & MONASTIQUE (1961 & 1963)
Premier Nocturne
Commencement du Cantique des Cantiques (ch. I)
<i>Leçon i</i>
(vv. 1-4) [L’épouse:] Qu’il me baise des baisers de sa bouche. Tes caresses sont plus délicieuses que le vin; l’arôme de tes parfums est exquis; ton nom est une huile qui s’épanche, c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment. Entraîne-moi sur tes pas, courons! Le roi m’a introduite en ses appartements: tu seras notre joie et notre allégresse. Nous célébrerons tes caresses plus que le vin; comme on a raison de t’aimer! [L’épouse:] Je suis noire et pourtant belle, filles de Jérusalem; comme les tentes de Cédar, comme les pavillons de Salomon.
<i>Leçon ii</i>
(vv. 5-9) Ne prenez pas garde à mon teint basané: c’est le soleil qui m’a brûlée. Les fils de ma mère se sont emportés contre moi, ils m’ont mise à garder les vignes. Ma vigne à moi, je ne l’avais pas gardée! Dis-moi donc, toi que mon cœur aime: où mèneras-tu paître le troupeau, où le mettras-tu au repos, à l’heure de midi? Pour que je n’erre plus en vagabonde, près des troupeaux de tes compagnons. [Le chœur:] Si tu l’ignores, ô la plus belle des femmes, suis les traces du troupeau, et mène paître tes chevreaux près de la demeure des bergers. [L’époux:] A ma cavale, attelée au char de Pharaon, je te compare, ma bien-aimée. Tes joues sont belles, entre les pendeloques, et ton cou dans les colliers.
<i>Leçon iii</i>
(vv. 10-16) Nous te ferons des pendants d’or et des globules d’argent. [L’épouse:] Tandis que le Roi est à son divan, mon nard donne son parfum. Mon Bien-aimé est un sachet de myrrhe, qui repose entre mes seins. Mon Bien-aimé est une grappe de cypre, dans les vignes d’En-Gadi. [L’époux:] Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle! Tes yeux sont des colombes. [L’épouse:] Que tu es beau, mon Bien-aimé, combien délicieux! Notre lit est de verdure. [L’époux:] Les poutres de notre maison sont de cèdre, nos lambris de cyprès.
Deuxième Nocturne
1. Bréviaire monastique:
Sermon de saint Bernard, abbé (A la louange de la Vierge mère 2, 17. Texte latin et autre traduction française: SC 390, 168-171)
<i>Leçon v</i>
«Et le nom de la vierge était Marie», est-il dit. Parlons encore un peu de ce nom qui est interprété «étoile de la mer» et qui convient si bien à la Vierge Mère. C’est vraiment avec beaucoup d’à-propos qu’elle est comparée à un astre, car, tout comme un astre sans se nuire, émet son rayon, ainsi la Vierge, sans se nuire, a donné le jour au Fils. Le rayon ne diminue en rien l’éclat de l’astre, pas plus que le Fils, l’intégrité de la Vierge.
<i>Leçon vi</i>
Elle est donc cette noble étoile surgie de Jacob, et son rayon illumine le monde entier: sa splendeur brille dans les cieux et pénètre les enfers; éclaire aussi les terres et réchauffe les esprits bien plus que les corps, elle nourrit les vertus et consume les vices. C’est elle, dis-je, la brillante et merveilleuse étoile levée forcément au-dessus de cette grande et vaste mer, étincelante de mérites, lumineuse par ses exemples.
<i>Leçon vii</i>
Ô toi, qui que tu sois, qui te sais vacillant sur les flots de ce monde parmi les bourrasques et les tempêtes, plutôt que faisant route sur la terre ferme, ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre si tu ne veux pas te noyer durant les bourrasques. Si surgissent en toi les vents des tentations, si tu navigues parmi les écueils des épreuves regarde l’étoile, appelle Marie. Si tu es ballotté sur les vagues de l’insolence et de l’ambition, du dénigrement ou de la jalousie, regarde l’étoile, appelle Marie. Si la colère, l’avarice ou les désirs de la chair secouent l’esquif de ton âme, regarde vers Marie. Si, troublé par la démesure de tes crimes, confus par l’infection de ta conscience, terrifié par l’horreur du jugement, tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse, l’abîme du désespoir, pense à Marie.
<i>Leçon viii</i>
Dans les dangers, les angoisses, les incertitudes, pense à Marie, appelle Marie. Qu’elle ne s’éloigne pas de ta bouche, qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur. Et pour être sûr d’obtenir le suffrage de ses prières, ne négliges par l’exemple de sa vie. En la suivant, tu ne t’égares pas; en la priant, tu ne désespères pas; en pensant à elle, tu ne te trompes pas; elle te tient, tu ne t’écroules pas; elle te protège, tu ne crains pas; elle te guide, tu ne te lasses pas; elle te favorise, tu aboutis. Ainsi par ta propre expérience tu sais à quel point se justifie la parole: «Et le nom de la vierge était Marie.»
2. Bréviaire romain:
Sermon de saint Augustin, évêque (Sermons supposés 194, 1, 2; texte latin: PL 39, 2104-2105. «Le sermon n’est pas de s. A. Auteur inconnu, 7°-8° siècle, source d’Ambroise Autbert.» [note du Bréviaire latin-français, Desclée, 1965])
<i>Leçon iv</i>
Voici, frères bien-aimés, la fête tant attendue de la bienheureuse et vénérable Marie toujours vierge! Que notre univers, illuminé par une telle naissance, se réjouisse de tout son cœur! Elle est la «fleur des champs» (Ct 2, 1) dont sortit le précieux «lis des vallées» (ibidem), à la naissance duquel fut changé le sort de nos premiers parents et lavée leur faute tandis qu’était déchirée la sentence de malheur portée contre Ève: «C’est dans la peine que tu enfanteras tes fils» (Gn 3, 16). N’est-ce pas dans la joie, en effet, que Marie enfanta le Seigneur?
<i>Leçon v</i>
Ève fut dans la douleur tandis que Marie exulta. Ève porta en son sein les larmes et Marie la joie, car la première enfanta un pécheur et la seconde l’Innocent. La mère du genre humain apporta le châtiment au monde, tandis que la Mère de notre Seigneur lui fit don du salut. Ève est l’auteur du péché, Marie l’auteur du mérite. L’une fut nocive en introduisant la mort, l’autre se rendit utile en produisant la vie. La première frappa, la seconde guérit. La désobéissance fut changée en obéissance, la foi compensa l’infidélité.
<i>Leçon vi</i>
Que Marie fasse donc résonner les instruments de musique, que les doigts agiles de cette vierge Mère fassent retentir les tambourins. Que les chœurs joyeux fassent entendre et alterner les strophes de chants harmonieux. Écoutez le chant qu’elle a composé: «Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur son humble servante. Oui, désormais toutes les nations me diront bienheureuse car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses» (Lc 1, 47-49a). Le miracle d’un nouvel enfantement a donc réduit à néant la cause d’une faute dont les conséquences allaient en se développant, et le chant de Marie a pris la place de la lamentation d’Ève.
Troisième Nocturne
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu (1, 1-16)
<i>Leçon vii</i>
Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac. Isaac engendra Jacob. Jacob engendra Juda et ses frères. Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar. Pharès engendra Esron. Esron engendra Aram. Aram engendra Aminadab. Aminadab engendra Naasson. Naasson engendra Salmon. Salmon engendra Booz, de Rahab. Booz engendra Obed, de Ruth. Obed engendra Jessé. Jessé engendra le roi David. Le roi David engendra Salomon, de la femme d’Urie.
Salomon engendra Roboam. Roboam engendra Abia. Abia engendra Asa. Asa engendra Josaphat. Josaphat engendra Joram. Joram engendra Ozias. Ozias engendra Joatham. Joatham engendra Achaz. Achaz engendra Ézéchias. Ézéchias engendra Manassé. Manassé engendra Amon. Amon engendra Josias. Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.
Et après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel. Zorobabel engendra Abioud. Abioud engendra Éliakim. Éliakim engendra Azor. Azor engendra Sadoc. Sadoc engendra Akim. Akim engendra Élioud. Élioud engendra léazar. Éléazar engendra Mathan. Mathan engendra Jacob.
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, que l’on appelle Christ.
Homélie de saint Jérôme, prêtre (Sur Matthieu 1, 1-3. 16; texte latin et autre traduction française: SC 242, 72-73. 74-77)
Nous lisons dans Isaïe: «Qui racontera sa génération?» (Is 53, 8) Aussi n’allons pas croire que l’évangéliste se mette en contradiction avec le prophète, et entreprenne, lui, de raconter ce que celui-là a déclaré ineffable. Là, en effet, on parle de la génération divine, ici, de l’Incarnation. Et l’évangéliste débute par l’origine selon la chair afin que ce soit par l’homme que nous commencions à connaître Dieu. «Fils de David, fils d’Abraham.» L’ordre est interverti, mais ce changement s’impose; car, s’il avait placé Abraham d’abord et puis David, il aurait dû répéter encore le nom d’Abraham pour enchainer la série des générations.
<i>Leçon viii</i>
Or donc, l’évangéliste appelle Jésus leur fils, négligeant tous les autres ancêtres, car c’est à eux seuls qu’a été faite la promesse du Messie. Pour Abraham, il est dit: «Par ta descendance, c’est-à-dire le Christ se béniront toutes les nations de la terre.» Pour David: «C’est le fruit sorti de tes entrailles que je mettrai sur le trône fait pour toi» (Ps 131, 11). ¶ «Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar.» La généalogie du Sauveur, il faut le remarquer, ne retient aucune des saintes femmes, mais seulement celles dont la conduite est blâmée par l’Écriture afin que, naissant de pécheurs, celui qui est venu pour les pécheurs efface les péchés de tous. C’est pourquoi la liste mentionne également Ruth, la Moabite, et Bethsabée, la femme d’Urie.
(ajout du seul bréviaire monastique)
Leçon xii</i>
«Jacob engendra Joseph.» Ce texte nous est opposé, comme témoin du désaccord des Évangélistes, par l’empereur Julien qui demande pourquoi Matthieu dit Joseph fils de Jacob, alors que Luc l’appelle fils d’Héli; il ne comprend pas que, selon la coutume des Écritures, l’un est dit père selon la nature, l’autre en conséquence d’une prescription légale. Nous savons en effet que, sur l’ordre de Dieu, transmis par Moïse, si un frère ou un parent meurt sans enfant, le parent survivant doit épouser la veuve, pour susciter une postérité au frère ou au parent défunt. «Joseph, époux de Marie.» Quand vous entendez ce mot d’époux, n’en venez pas à soupçonner qu’il y ait eu consommation du mariage; mais rappelez-vous la coutume de l’Écriture, qui appelle époux les fiancés, et épouses les fiancées.
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Nativité de la Vierge, icône russe du XVI° siècle
II. LITURGIE DES HEURES (1971)
<i><b>A l’office des lectures</i></b>
<b>Homélie de saint André de Crète</b> (<i>Homélie</i> 1 <i>pour la Nativité de la T. S. Mère de Dieu</i>; texte grec: <i>PG</i> 97, 806-810)
<i>La joie entre dans le monde</i>
<i>«Le Christ est l’achèvement de la Loi»</i> (<i>Rm</i> 10, 4); car il nous éloigne de la terre, du fait même qu’il nous élève vers l’Esprit. Cet accomplissement consiste en ce que le législateur, après avoir tout déterminé, a rapporté la lettre à l’esprit, en récapitulant toutes choses en lui, en vivant d’une loi qui est la grâce. Après avoir réduit la loi en servitude, il y a joint harmonieusement la grâce. Il n’a pas mélangé ni confondu les propriétés de l’une avec celles de l’autre; mais, d’une façon divine, il a changé ce qu’il pouvait y avoir dans la loi de pénible, de servile et de tyrannique, en ce qui est léger et libre dans la grâce. Ainsi nous ne vivons plus <i>«sous l’esclavage des éléments du monde»</i>, comme dit l’Apôtre (<i>Ga</i> 4, 3), nous ne sommes plus asservis au joug de la lettre de la loi.
En effet, c’est en cela que consiste l’essentiel des bienfaits du Christ; c’est là que le mystère se manifeste, que la nature est renouvelée: Dieu s’est fait homme et l’homme assumé est divinisé. Il a donc fallu que la splendide et très manifeste habitation de Dieu parmi les hommes fût précédée par une introduction à la joie, d’où découlerait pour nous le don magnifique du salut. Tel est l’objet de la fête que nous célébrons: la naissance de la Mère de Dieu inaugure le mystère qui a pour conclusion et pour terme l’union du Verbe avec la chair. C’est maintenant que la Vierge vient de naître, qu’elle est allaitée, qu’elle se forme, qu’elle se prépare à être la mère du Roi universel de tous les siècles.
C’est alors que nous recevons du Verbe un double bienfait: il nous conduit à la Vérité, et il nous détache de la vie d’esclavage sous la lettre de la loi. De quelle manière, par quelle voie? Sans aucun doute, parce que l’ombre s’éloigne à l’avènement de la lumière, parce que la grâce substitue la liberté à la lettre. La fête que nous célébrons se trouve à cette frontière, car elle fait se rejoindre la vérité avec les images qui la préfiguraient, puisqu’elle substitue le nouveau à l’ancien.
Que toute la création chante et danse, qu’elle contribue de son mieux à la joie de ce jour. Que le ciel et la terre forment aujourd’hui une seule assemblée. Que tout ce qui est dans le monde et au-dessus du monde s’unisse dans le même concert de fête. Aujourd’hui, en effet, s’élève le sanctuaire créé où résidera le Créateur de l’univers; et une créature, par cette disposition toute nouvelle, est préparée pour offrir au Créateur une demeure sacrée.
<i><b>A vêpres</i></b>
Hymne
(de saint Pierre Damien [† 1072]; texte latin: PL 145, 936)
Beáta Dei génetrix,
nitor humáni géneris,
per quam de servis líberi
lucísque sumus fílii;
Bienheureuse Mère de Dieu,
splendeur de la famille humaine,
par toi nous vient la liberté,
nous devenons fils de lumière.
María, virgo régia,
David stirpe progénita,
non tam patérna nóbilis
quam dignitáte súbolis,
Marie, Vierge de sang royal,
du roi David tu es la fille,
moins illustre par tes aïeux
que par ta noble descendance.
Tu nos, avúlso véteri,
complánta novo gérmini;
per te sit genus hóminum
regále sacerdótium.
Arrache en nous ce qui est vieux,
sème la semence nouvelle:
par toi que toute humanité
devienne un royal sacerdoce.
Tu nos culpárum néxibus
sacris absólve précibus;
tua proméntes mérita
ad cæli transfer prǽmia.
Dénoue les liens de nos péchés,
Marie, par ta prière sainte.
Par tes mérites, conduis-nous,
jusqu'aux célestes récompenses.
Sit Trinitáti glória,
o Virgo nobilíssima,
quæ te suórum múnerum
thesáurum dat magníficum.
Gloire soit à la Trinité,
qui donne en toi, noble Vierge,
le meilleur de tous ses bienfaits,
son trésor le plus magnifique!
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