Face au Minotaure, Catholica n° 112 par Rémi 2011-07-12 19:54:19 |
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Un Catholica bien sombre et inquiétant, mais toujours de grande qualité, avec ici une livraison particulièrement abordable pour chacun, tout en restant de haute tenue. A lire absolument.
Le sommaire
L'éditorial
Deux articles particulièrement terrifiants :
Lecture : Le mensonge diabolique du Gender mainstreaming
Paolo Pasqualucci
A propos du livre de Volker Zastrow, Gender. Politische Geschlechtsumwandlung, mit Zeichnungen von Anke Feuchtenberger, Sonderwege bei Manuscriptum Verlag, Waltrop, Leipzig, 2010³, 58 p. Première édition : 2006.
Dans un petit essai, le journaliste et essayiste allemand Volker Zastrow nous présente une analyse détaillée de la notion de « Gender mainstreaming », dont la signification demeure pratiquement inconnue en dehors des milieux féministes et gays. En effet, l’auteur remarque que cette terminologie – obscure même en anglais – est très diffi cile à traduire en allemand (de même, aurait-il pu dire, en français, espagnol, italien, etc.). S’adonner à une traduction littérale ne mènerait à rien. De quoi s’agit-il ? Vraisemblablement, de l’action consistant à mener (ou amener ou ramener) quelqu’un ou quelque chose dans le courant dominant, le mainstream.
Le mot mainstream est fréquemment usité en anglais comme adjectif, dans le sens d’important, principal ou traditionnel. On dit, par exemple : « the mainstream theologians », les théologiens les plus importants ou traditionnels ; « the mainstream jazz », la musique du jazz traditionnel ; « the mainstream Church », l’Eglise principale, prédominante. Mais, dans le jargon de la révolution sexuelle, on prône la notion d’une action qui consiste à amener, ramener au mainstream, « mainstreamer », pour ainsi dire. Et l’entité qui devrait être menée ou ramenée, ce serait précisément le gender, en français, le « genre », masculin et féminin : les deux sexes. Mais existe-t-il un courant dominant concernant les deux sexes où il soit possible de mieux situer ceux-ci ? Tout cela est bien obscur du point de vue du sens commun.
Volker Zastrow nous démontre avec une grande clarté que cette terminologie recèle une volonté qui, depuis le déclenchement de la révolution sexuelle, s’avance plus ou moins déguisée à travers nos malheureuses sociétés. Il s’agit de la volonté perverse de bouleverser de fond en comble la nature même de notre sexualité. [...]
L'article évoque par la suite le cas affreux de Bruce / David Reimer , âmes sensibles s'abstenir, pourtant ce sont des faits à connaitre pour lutter contre la ''théorie'' du gender, qui comme on le voit ne date pas d'hier, y compris dans ses implications les plus abominables.
Lecture : « Mort cérébrale » et mort de l’être humain
Giovanni Turco
A propos du livre collectif dirigé par Roberto de Mattei (dir.), Finis vitae. La morte cerebrale è ancora vita?, Rubbettino, Soveria Mannelli, 2007, et de l’article d’Hans Jonas, « Morte cerebrale e banca di organi umani : sulla ridefinizione pragmatica della morte »,in R. Barcaro et P. Becchi (dir.), Questioni mortali, Edizioni Scientifiche Italiane, Naples, 2004.
La question relative à la valeur des signes qui attestent la mort d’un être humain peut sembler être un sujet réservé à des experts cliniques ou sémiotiques et relever d’un champ de recherches spécialisé dont l’éthique, le droit, la philosophie et la théologie seraient exclus. Ce thème est souvent présenté comme purement technique, ne laissant pas la place à une réflexion d’un autre ordre. Cependant, si l’on se penche un peu plus attentivement sur ce sujet, il apparaît bien vite qu’une telle position n’est pas tenable si l’on veut rendre compte correctement de la réalité : la question ne peut être saisie que dans son ensemble, en incluant ses aspects philosophiques, éthiques, juridiques et théologiques. Plusieurs considérations peuvent être invoquées à l’appui de cette affirmation.
En 1968, le comité ad hoc de la Harvard Medical School identifiait la « mort cérébrale » et la mort du sujet humain et justifiait ses propres conclusions par des arguments qui n’étaient pas cliniques mais pragmatiques et pratiques, en évoquant la nécessité de mettre un terme aux soins vitaux afin de libérer des instruments et de la place et, surtout, de récupérer des organes. Comment ne pas évoquer également les observations pénétrantes du philosophe contemporain Hans Jonas au sujet de l’identification de la mort du sujet humain et de la « mort cérébrale », tant du point de vue des critères de vérification que de celui des conséquences et de la responsabilité de son application : « Une fois que l’on est sûr d’avoir affaire à un cadavre, il n’existe pas de motifs logiques opposés à la poursuite d’une irrigation sanguine artificielle (la vie simulée) et à l’utilisation du corps du défunt comme une banque d’organes vivants et, potentiellement, comme une fabrique d’hormones et d’autres substances biochimiques utiles. Au contraire, il existe des motifs pragmatiques solides de considérer les choses de cette manière. Je ne doute pas qu’il soit possible de maintenir dans un tel corps la capacité naturelle de cicatriser, de guérir des blessures engendrées par une opération et de pouvoir supporter diverses interventions ».
On peut enfin évoquer l’approche juridique de la « mort cérébrale », qui implique de considérer le sujet déclaré en état de « mort cérébrale » comme un cadavre. Dans les faits, une telle considération ne peut avoir toutes ses conséquences concrètes : l’expérience montre qu’aucun sujet dont le cœur bat n’est enseveli, ce qui veut dire que la mort n’est pas considérée comme réelle. De cette identification découle cependant la possibilité d’interrompre tout soin – y compris simplement vital –, la possibilité de pratiquer le prélèvement d’organes à cœur battant, autrement dit la disparition, pour le sujet, du droit à la vie et de la tutelle juridique. [...]
On apprend ensuite que des corps déclarés morts légalement, en vertu de l'observation de la mort cérébrale, mais dont les autres fonctions sont maintenues artificiellement (ou se maintiennent encore naturellement ! ) en vue de prélèvement oragniques ... mais je préfère citer, pour plus de morbide exactitude : ''Cette catégorie de patients présente en outre des réactions végétatives non coordonnées comme des rougeurs, de la sueur, des contractions musculaires. Des mouvements complexes ont été aussi observés chez ces patients. Dans la science biologique, de tels phénomènes entrent clairement dans le domaine de la vie. Un cadavre n'est pas en mesure de faire tout cela. Quand les patients sont oépérés, comme c'est le cas lors du prélèvement d'organes, ils montrent des réactions végétatives typiques semblables à celles d'individus sains dans des circonstances analogues. En ce sens, les lésions cutanées chirurgicales provoquent des douleurs expérimentées à un niveau inconscient, les pulsations augmentent, la pression artérielle monte, les muscles se contractent et l'activité hormonale augmente fortement. Tout ceci constitue des attributs de la vie. Pour ce motif les patients en état de mort cérébrale sont tous sous médicaments destinés à atténuer la douleur durant le prélèvement d'organes. Malgré cela ils sont déclarés morts. ''
Oh brave new world ...
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