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«De sein maternel à sein maternel...» (Visitation)
par Alexandre 2011-07-01 23:07:59
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Le 2 juillet

VISITATION DE LA SAINTE VIERGE MARIE

Cantique des Cantiques (2,1-17)
Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées. Comme le lis entre les chardons, telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes. Comme le pommier parmi les arbres d’un verger, ainsi mon Bien-aimé parmi les jeunes hommes. A son ombre, que je convoitais, je me suis assise, et son fruit est doux à mon palais. Il m’a menée au cellier, et la bannière qu’il dresse sur moi, c’est l’amour. Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin, ranimez-moi avec des pommes, car je suis malade d’amour. Son bras gauche est sous ma tête, et sa droite m’étreint. Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles, par les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant l’heure de son bon plaisir.

Voici mon Bien-aimé qui vient, qui saute par-dessus les montagnes, qui bondit par-dessus les collines. Mon Bien-aimé est semblable à la gazelle, ou au faon des biches. Le voici qui se tient derrière notre mur, qui regarde par la fenêtre, qui guette à travers le treillis. Mon Bien-aimé m’a parlé; il m’a dit: «Lève-toi, mon amie, ma colombe, ma toute belle, et viens! Voici que l’hiver est passé. Les pluies sont finies; elles s’en sont allées. Les fleurs ont apparu sur notre terre; le temps de chanter est arrivé, et l’on entend la voix de la tourterelle sur notre terre. Le figuier forme ses fruits et la vigne en fleur donne son parfum:

«Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens! Ma colombe, aux fentes du rocher, au creux de la paroi: montre-moi ton visage; fais-moi entendre ta voix. Car ta voix est douce, et ton visage beau. Prenez-nous les renards, les petits renards ravageurs de vignes, car nos vignes sont en fleur. Mon Bien-aimé est à moi, et moi à lui. Il paît son troupeau parmi les lis. Avant que souffle la brise du jour et que s’évanouissent les ténèbres, reviens...! Sois semblable, mon Bien-aimé, à une gazelle, à un jeune faon, sur les montagnes de l’alliance.»





Sermon de saint Jean Chrysostome (Transmis par Syméon le Métaphraste, mais apocryphe)
Dès son avènement, le Rédempteur de notre race vient aussitôt à son ami Jean, qui n’est pas encore né. De sein maternel à sein maternel, Jean plonge le regard, il secoue les limites de la nature et il s’écrie: «Je vois le Seigneur qui a fixé à la nature ses limites et je n’attends pas le moment de naître. Le délai de neuf mois, ici, ne m’est point nécessaire, car en moi est l’Éternel. Je sortirai de cet habitacle ténébreux, je prêcherai la connaissance substantielle de réalités admirables. Je suis un signe: je vais signaler l’avènement du Christ ; embouchant la trompette des hérauts, je vais annoncer à tous la rédemption réalisée par le Fils de Dieu fait homme. Pour le faire avec éclat, non seulement je bénirai la bouche de mon père pour lui rendre la parole, mais je vais tressaillir de vie dans le sein de ma mère.»

Tu vois, ami, quel mystère nouveau et admirable! Jean ne naît pas encore et déjà il parle par ses tressaillements; il ne paraît pas encore et déjà il profère des avertissements; il ne peut pas encore crier et déjà il se fait entendre par des actes; il n’a pas encore commencé sa vie et déjà il prêche Dieu; il ne voit pas encore la lumière et déjà il montre le Soleil; il n’est pas encore mis au monde et déjà il se hâte d’agir en précurseur. Le Seigneur est là: il ne peut se retenir, il ne supporte pas d’attendre les limites fixées par la nature, mais il s’efforce de rompre la prison du sein maternel et il cherche à faire connaître d’avance la venue du Sauveur. Il se dit donc: «Il est arrivé, celui qui brise les liens. Et quoi? Moi, je reste assis enchaîné, et je suis encore tenu à demeurer ici? Le Verbe vient pour tout rétablir et moi, je reste encore captif? Je sortirai, je courrai devant lui et je proclamerai à tous: Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.»

Mais, dis-nous, Jean, retenu encore dans l’obscurité du sein de ta mère, comment vois-tu et entends-tu? Comment contemples-tu les choses divines? Comment peux-tu tressaillir et exulter? «Grand, dit-il, est le mystère qui s’accomplit, c’est un acte qui échappe à la compréhension de l’homme. A bon droit j’innove dans l’ordre naturel à cause de celui qui doit innover dans l’ordre surnaturel. «Je vois, avant même que de naître, car je vois en gestation le Soleil de justice. A l’ouIe je perçois, car je viens au monde, voix du grand Verbe. Je crie, car je contemple, revêtu de sa chair, le Fils unique du Père. J’exulte, car je vois le Créateur de l’univers recevoir la forme humaine. Je bondis, car je pense que le Rédempteur du monde a pris corps. Je prélude à son avènement et, en quelque sorte, je vous devance par mon témoignage.»





Lecture du saint Évangile selon saint Luc (1, 39-47)
En ce temps-là, Marie, se levant, s’en alla en grande hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda, et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Et il arriva, aussitôt qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein; et Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit. Et elle s’écria d’une voix forte: «Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de votre sein est béni. Et d’où m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne à moi? Car voici, dès que votre voix a frappé mon oreille, quand vous m’avez saluée, l’enfant a tressailli de joie dans mon sein. Et vous êtes bienheureuse d’avoir cru; car ce qui vous a été dit de la part du Seigneur s’accomplira.» Et Marie dit: «Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli d’allégresse en Dieu mon Sauveur.»

Homélie de saint Ambroise, évêque (Exp. de l’év. de Luc 2, 22-23 et 25 et 29: PL 15, 1560-1561. 1562 – CCL 14, 40-43)
Il faut remarquer que le supérieur vient à l’inférieur pour aider l’inférieur: Marie à Élisabeth, le Christ à Jean. De même, plus tard, pour sanctifier le baptême de Jean, le Seigneur vient à ce baptême. Aussitôt se manifestent les effets bienfaisants de l’arrivée de Marie et de la présence divine. Observe le choix et la propriété des termes. La voix, c’est Élisabeth qui l’entend la première, mais la grâce, c’est Jean, le premier, qui en perçoit l’effet. Élisabeth entend par l’action des causes naturelles, Jean tressaille sous l’effet du mystère. Elle perçoit la venue de Marie; lui, celle du Seigneur. Les mères s’entretiennent de la grâce, tandis que les enfants opèrent son œuvre dans le secret. Ils inaugurent, à l’avantage de leur mère, le mystère de la miséricorde. Et, – double miracle –, les mères prophétisent par l’esprit des tout-petits. L’enfant tressaille, la mère est comblée. La mère n’est pas comblée avant son fils, mais le fils, une fois rempli de l’Esprit-Saint, en remplit la mère à son tour.

«Comment m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi?» C’est-à-dire: quel est ce bonheur qui m’arrive, que la mère de mon Seigneur vienne à moi? Je perçois le miracle, je reconnais le mystère: la mère du Seigneur est féconde du Verbe, pleine de Dieu. «Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.» On a bien fait de nous montrer Marie empressée à rendre service et fidèle à observer un nombre symbolique.

Ce n’est pas la seule parenté qui explique ce séjour prolongé: c’est aussi le profit d’un si grand prophète. Car si la première rencontre a produit ces effets remarquables, de faire tressaillir l’enfant dans le sein maternel dès la salutation de Marie, et de remplir de l’Esprit-Saint, la mère de l’enfant, quel surcroît de bénédictions découla, pensons-nous, d’un séjour si prolongé de Marie toute sainte? Le prophète recevait ainsi son onction et, tel un grand athlète, on l’exerçait dans le sein de sa mère, on l’armait de courage en vue d’un combat décisif.

     

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