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La doctrine de la collégialité avec Vatican II est celle de l'Eglise, iti. n°92, avril 1965
par jejomau 2011-05-07 15:33:29
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Je lis avec attention ces extraits écrits par le R.P. Calmel . Je fournis à votre méditation ces propos de M.R.Gagnebet O.P. s'exprimant dans Itinéraires en 1965 :


Le point central de la Constitution dogmatique sur l’Église

... approuvée par le Concile se réfère à la Col­légialité de l’Épiscopat. Qui n’admirerait pas l’action invisible de l’Esprit, qui préside aux Conciles, dans cette unanimité enfin retrouvée sur cette doctrine qui suscita tant d’oppositions au Concile et plus encore en dehors du Concile ?..... Elle ne compléterait pas seulement disait-on, Vatican I, mais corrigerait sa doctrine unilatérale sur la primauté et l’infaillibilité du Pontife romain..... Cette présentation de la collégialité fit naître des craintes pour le dogme fondamental de la primauté du successeur de Pierre et son infaillibilité personnelle sur lesquelles reposent toute « la force et la solidité de l’Église », affirme Vatican I

nous vou­drions rapporter l’enseignement sur ce point de l’admirable Constitution dogmatique « Lumen Gentium » (Ch. III, n° 22).

Pour définir la nature du collège, son pouvoir collégial, et les conditions de son exercice, nous tiendrons le plus grand compte de la « note explicative » qui accompagne le texte de cette Constitution dans les Actes du Concile. Cette note précise le sens dans lequel les Pères ont été in­vités à voter ce chapitre aussi bien à la Congrégation géné­rale du 19 novembre qu’à la session publique du 21 novem­bre. C’est donc cette interprétation de la doctrine que les Pères ont approuvée par deux mille cent cinquante et une voix contre cinq. Le Saint Père a déclaré ne pas hésiter à promulguer cette doctrine, compte tenu des explications données dans cette note sur le sens des termes employés. C’est dire que cette note est l’interprétation authentique de la doctrine de la collégialité proposée par Vatican II.

Notre Sei­gneur n’a pas voulu que les chefs de son Église soient des individus isolés les uns des autres, mais il les a unis dans l’unité d’un corps moral auquel il a confié la mission d’en­seigner toutes les nations, de les gouverner et de les sanc­tifier. (Matth. XXVIII 20). Ainsi sera mieux assurée l’unité de leur action dans l’église entière.

Mais pour sauvegarder l’unité de ce corps de Pasteurs, et par elle celle de l’Église tout entière, il a établi à la tête son propre Vicaire auquel il a communiqué ses propres pouvoirs et qu’il a chargé de conduire l’universalité de son troupeau aussi bien les pasteurs que les brebis (Jean, XXI, 15-18). Le Pape n’est donc pas seulement le chef du collège épiscopal, ne possédant que les pouvoirs du collège qu’il ne pourrait exercer que dans la dépendance de ses membres. Tel est le dogme de Vatican I et tel est aussi l’enseignement de l’Écriture

Le chef du Collège apostolique n’est pas seulement le détenteur des pouvoirs du collège. Il est aussi le Vicaire de Notre Seigneur Jésus-Christ.... Au Vicaire du Christ conviennent les pouvoirs propres du Christ, chef invisible de l’Église qu’il représente visiblement.

Fidèle écho de cet enseignement scripturaire, Vatican II, comme Vatican I, reconnaît au Pape des prérogatives per­sonnelles qui lui conviennent à lui seul comme Vicaire du Christ et pasteur universel de l’Église. A lui appartient per­sonnellement la plénitude du pouvoir suprême sur toute l’Église. Cette juridiction pleine et universelle, il peut librement l’exercer tout seul par des actes qu’il pose en vertu de son autorité propre, ainsi que l’ont fait tous les succes­seurs de saint Pierre au cours des siècles. A lui appartient aussi le don de l’infaillibilité personnelle qui lui a été obte­nue par la prière toujours efficace du Christ pour confir­mer dans la foi ses frères dans l’épiscopat et par eux toute l’Église (Luc, XXI, 32 ; Const. dogm. n° 25).

Le Pape Paul VI s’est félicité dans son discours de cette reconnaissance explicite et souvent répétée par notre texte de ces prérogatives personnelles du Successeur de Pierre.

Au corps des Évêques uni au Souverain Pontife, jamais sans lui, est attribué aussi le souverain pouvoir sur l’Église universelle. Car le Seigneur qui a donné à Pierre, « le pou­voir de lier et de délier » (Matth. XVI, 16-19) l’a aussi concédé à tout le corps des Apôtres uni à Pierre (Matth. XVIII, 18). A ce corps tout entier uni à son chef il a confié la mission d’enseigner, de gouverner et de sanctifier toutes les nations (Matth. XVIII, 20). Il lui a promis son assistance jusqu’à la fin des temps dans l’accomplissement de cette tâche (Ibid.).

la « note explicative" : la distinction n’est pas entre le Pon­tife romain et les Évêques pris collectivement, mais entre le Pontife romain pris à part et le Pontife romain considéré avec l’ensemble des Évêques.

Mgr Journet, avant le Concile, avait déjà exprimé par­faitement cette doctrine traditionnelle : « Le pouvoir de régir l’Église universelle réside d’abord dans le Souverain Pontife, puis dans le collège épiscopal qui lui est uni… Il peut être exercé soit, uniquement par le Souverain Pontife, soit solidairement par le Souverain Pontife et le Corps épis­copal : le pouvoir du Souverain Pontife uni au collège apostolique constituant non pas deux pouvoirs adéquatement distincts, mais un seul pouvoir suprême considéré d’une part dans la tête de l’Église enseignante, où il réside tout entier et comme dans sa source, d’autre part à la fois dans la tête et dans le corps de l’Église enseignante, auquel il se communique et dans lequel il trouve son sujet plein et inté­gral. » (L’Église du Verbe incarné, 3 éd., p. 531.)
Le pouvoir suprême, unique dans l’Église, existe à la fois dans le Pape et dans le collège uni au Pape. Mais il n’a pas dans le Pontife romain et dans le Corps épiscopal uni au Pape le même mode d’existence.

Dans le premier, il existe comme dans sa source et dans l’épiscopat uni à lui comme dans son terme. Aussi appartient-il au Pape per­sonnellement et sans aucune dépendance par rapport à l’épiscopat tandis que l’épiscopat ne le détient que collec­tivement et en dépendance de sa tête le Pontife romain. Le Seigneur a voulu, écrivait saint Léon, que la charge d’an­noncer la vérité « revint en telle manière à tous les apôtres qu’elle fut d’abord déposée dans le bienheureux Pierre, le premier d’entre eux ; et il veut que de Pierre, comme de sa tête, ses dons se-répandent dans le corps entier ». (Epist. I, PL LIV, c. 629.)

Ce pouvoir collégial n’appartient pas aux évêques pris isolément, ni même à des groupes d’évêques, il appartient à tout le Collège uni à sa tête. Aussi ne peut-il être exercé que par l’unanimité morale des évêques unis au Pape

Conclusion

Il n’y a pas eu de « Révolution dans l’Église », malgré les titres flamboyants de la presse à sensation. Le régime de l’Église reste tel que l’a institué le Christ et tel qu’il a toujours existé : « monarchique et hiérarchique » ainsi que l’affirme Sa Sainteté Paul VI dans son discours après la promulgation. Au successeur de saint Pierre, Vatican II reconnaît toutes les prérogatives que le Christ lui a confé­rées et que Vatican I lui attribuait solennellement.

Le pouvoir concédé au Collège uni à lui n’a pas pour fin de limiter son autorité souveraine, ou même de contrôler l’usage personnel qu’il en fait. Il est destiné à coopérer avec lui et dans sa dépendance à l’accomplissement de sa charge immense. Ce pouvoir ne confère pas aux évêques, même pris collectivement, un droit au co-gouvernement de l’Église universelle, mais c’est une aptitude et une capacité à être associés par le Pasteur suprême à l’exercice de son auto­rité souveraine, quand il le voudra et comme il le voudra"

     

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 Apologie pour l’Église de toujours par R.-Th. Calmel, O. P. Itinéraires n° [...] par Diafoirus  (2011-05-07 11:30:24)
      Merci Diafoirus! par Jean-Paul PARFU  (2011-05-07 12:04:44)
      Rappel opportun du R.P. Calmel par Vianney  (2011-05-07 12:07:00)
          Nous avons tellement de questions mais si peu de réponses! par Gentiloup  (2011-05-07 19:24:41)
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          La doctrine de la collégialité avec Vatican II est celle de l'Eglise, iti. n° [...] par jejomau  (2011-05-07 15:33:29)
              Décidément vous êtes partout ! par Miserere  (2011-05-07 17:52:41)
                  La seule trace de la collégialité dans l’Écriture par Vianney  (2011-05-07 22:25:38)


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