Pierre-Adrien Toulorge,+1793, bientôt béatifié par Jean Kinzler 2011-04-03 21:36:04 |
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Pierre-Adrien Toulorge naquit le 4 mai 1757 à Muneville-le-Bingard. Formé au collège puis au séminaire de Coutances, il fut ordonné prêtre, et devint vicaire séculier de Doville, en décembre 1782, à 25 ans...
... Depuis Doville, Pierre-Adrien Toulorge se rendait souvent à l’abbaye prémontrée de Blanchelande, fondée au XIIe siècle, quelques années après la fondation de l’ordre de Prémontré par saint Norbert. Conquis par cet idéal, Pierre-Adrien fut sans doute présenté par son propre curé. Comme Blanchelande était dépourvue de noviciat, le novice fut envoyé pour deux années à l’abbaye de Beauport.
Après le vote de la Constitution civile du Clergé, le père Toulorge poursuivit son ministère dans les paroisses des alentours, mais il n’était pas devenu fonctionnaire public. Lorsqu’il entendit parler de la loi du 26 août 1792 condamnant à la déportation tous les prêtres fonctionnaires publics qui n’avaient pas prêté serment, il se crut visé et décida, dans sa méprise, de partir pour l’île anglaise de Jersey. Ayant obtenu son passeport à la mairie de Neufmesnil, il le fit viser à Saint-Germain-sur-Ay, le 12 septembre. Les officiers municipaux ne prêtèrent pas attention à la méprise du père Toulorge et le laissèrent partir. A Jersey, il apprit qu’il n’était pas visé pas la loi de bannissement des prêtres réfractaires et qu’il aurait pu rester en France sans être inquiété. A la première occasion, il débarqua clandestinement à Portbail, puis s’enfonça dans le maquis. L’année suivante, en septembre 1793, Pierre-Adrien Toulorge fut capturé et jugé.
Le tribunal était convaincu de son bref séjour à Jersey, mais n’en possédait aucune preuve. Après quelques hésitations, et au risque de sa vie, Pierre-Adrien décida de dire toute la vérité, sachant qu’il était en fait poursuivi parce que prêtre catholique. La nuit précédant sa mort, il se confessa et, tandis que tous les autres clercs incarcérés s’endormaient, écrivit trois lettres impressionnantes - à son frère, à un ami et à une inconnue, où il ajoutait: « Je vous souhaite la bénédiction de Dieu. Le 12 octobre 1793, la veille de mon martyre. »
Le lendemain - dimanche - il se leva avec joie, déjeuna comme de coutume, montrant une grande sérénité. Après avoir prié son bréviaire, il demanda à plusieurs compagnons de lui accommoder les cheveux et de lui faire la barbe. Enfin, il demanda à ses confrères de dire avec lui les Vêpres. Arrivé à Complies, il entonna l’hymne Grates peracto jam die. Parvenu à l’avant-dernière strophe:
il ferma son Bréviaire et s’écria tout joyeux: « Ô, mes chers amis, il faut en rester là, je chanterai bientôt ce cantique en action de grâces au Ciel ! Il n’est pas encore temps pour moi de le chanter. Ô mes chers frères, je ne vous oublierai pas ! Je demande à Dieu qu’il vous protège ; je le prierai pour tous mes bienfaiteurs, mes amis et ennemis même. » Ses confrères tombèrent à genoux et implorèrent sa bénédiction. Il les bénit, le visage tout resplendissant d’une paix divine.
D’après un témoin oculaire, la guillotine était dressée en face de la maison du maire de Coutances. La foule était muette d’émotion en voyant ce jeune prêtre aller à la mort avec sérénité et paix. Conduit au pied de l’échafaud, revêtu d’une longue redingote verte, boutonnée jusqu’au col, le père Toulorge dit seulement : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains ! Je vous demande le rétablissement et la conservation de votre Sainte Église. Pardonnez, je vous prie, à mes ennemis. » Après l’exécution, le bourreau saisit la tête sanglante par les cheveux et la montra à la foule. Il était quatre heures et demie. Une charrette emporta le corps au cimetière Saint-Pierre.
Le procès de béatification fut entrepris en 1922 avec celui de 56 autres prêtres normands, mais tomba dans l’oubli à partir des années 1928-1930. A l’occasion du bicentenaire de la mort du Serviteur de Dieu, constatant l’attachement des fidèles de la région où il vécut et mourut, l’abbé général Mgr. Marcel van de Ven décida de reprendre la Cause de canonisation. Le procès informatif diocésain fut ouvert à Coutances le 1er décembre 1995 et conclu le 29 juillet 1996. L’excellente Positio sur le martyre de Pierre-Adrien - écrit du père Bernard Ardura OPraem (Frigolet/Rome) - a été examinée par les Consulteurs Historiens de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui, lors du Congrès du 5 décembre 2000, ont émis un jugement unanime et positif. Nous attendons maintenant le jugement des théologiens et puis des cardinaux.
Pour en savoir plus http://www.postulatio.info/
L'association des amis de Pierre-Adrien Toulorge (crée début 1994) regroupe aujourd’hui plus de 80 adhérents
http://www.postulatio.info/ Contact : Marc Beuve, président marc.beuve@wanadoo.fr
Prière pour sa béatification
Seigneur notre Dieu, tu as accordé à ton Serviteur Pierre-Adrien Toulorge de demeurer, au milieu des épreuves, fidèle à sa foi, à l’Église, au Pape, à son Ordre religieux et à son Pays. Plutôt que conserver la vie et recouvrer la liberté au prix d’un mensonge, il préféra se sacrifier par amour de la Vérité, afin de gagner la Vie qui n’aura pas de fin et partager ta gloire. Tu l’as tellement comblé de ton Amour, qu’il pardonna à ses bourreaux, avant de remettre son âme entre tes mains.
Daigne, Seigneur, glorifier ton Serviteur Pierre-Adrien Toulorge et m’accorder, pas son intercession, la grâce de ..., que j’implore avec confiance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
http://www.zenit.org/article-27493?l=french
Un Français, 23 Espagnols : 24 nouveaux martyrs
En vue, leur béatification
ROME, Dimanche 3 avril 2011 (ZENIT.org) - L'Eglise reconnaît le « martyre » d'un prêtre français victime de la persécution qui a accompagné la Révolution française et de 23 chrétiens victimes de la persécution anti-catholique qui s'est développée à l'occasion de la Guerre civile espagnole.
La reconnaissance de la mort comme martyr, par amour du Christ, en « haine de la foi » ouvre la porte à leur béatification, sans qu'un miracle soit nécessaire. Il sera en revanche nécessaire pour leur canonisation.
Benoît XVI a reçu en audience samedi matin, 2 avril, le cardinal Angelo Amato, S.D.B., préfet de la Congrégation pour les causes des saints, et il l'a autorisé à promulguer des décrets concernant 5 miracles, 24 martyrs et le caractère « héroïque » des vertus de six serviteurs de Dieu de différentes nations.
Le prêtre français est le serviteur de Dieu Pierre-Adrien Toulorge, religieux profès des Chanoines réguliers de Prémonté, né à La Quièze en 1757 et tué à Coutances en octobre 1793.
Les martyrs tués « en haine de la foi » en 1936, pendant la Guerre civile espagnole, sont 22 religieux et un laïc : le père Francisco Stefano Lacal, religieux de la Congrégation des missionnaires oblats de la Vierge Marie, et 21 de ses compagnons, également oblats, et un laïc, Candido Castán San José.
Anita S. Bourdin
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