"Le complot de l’Église synodale visant à affaiblir le sacerdoce du Christ et à renverser l’ordre moral" par Vistemboir2 2026-06-27 12:08:03 |
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Ci-après la traduction d’un article paru le 23 juin 2026 sur Lifesitenews sous le titre The synodal church’s plot to emasculate the priesthood of Christ, overturn the moral order
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La foi et la morale seront enseignées, et les décisions concernant la gouvernance de l'Église seront prises, non pas selon une structure d'autorité hiérarchique, mais plutôt selon un « processus synodal ».
« Car il s'est glissé parmi vous certains hommes, dont il a été écrit depuis longtemps qu'ils encouraient cette condamnation, hommes impies, qui changent la grâce de notre Dieu en licence, et qui renient notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ. » (Jude 4).
« Il ne sera pas inutile d’examiner la tradition, l’enseignement et la foi de l’Église catholique, tels qu’ils ont été révélés par le Seigneur, proclamés par les apôtres et gardés par les Pères. C’est en effet sur cette foi que l’Église est bâtie ; et quiconque s’en écarterait ne serait plus chrétien, ni en fait ni de nom. » (Saint Athanase, évêque - Première lettre à Sérapion)
Les promoteurs de l’« Église synodale » ont publié leur rapport final sur le ministère sacerdotal. Promulgué par le Vatican le 3 mars 2026, ce rapport est le fruit des travaux du groupe d’étude n° 4 du Synode – l’un des nombreux « groupes d’étude » mandatés par le pape François pour contribuer à la mise en œuvre du Document final de l’interminable Synode sur la synodalité, lequel se trouve actuellement dans sa phase de « mise en œuvre » d’une durée de trois ans.
Dans cet essai, je propose une critique de ce rapport et je mets en évidence l’incidence du rapport final du groupe d’étude n° 9, promulgué le 6 mai de cette année, qui traite des « questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes ». J’expliquerai comment ces rapports sont liés dans leur application pratique, mais je commencerai par exposer le processus qui a présidé à leur élaboration.
Contexte
Le Document final du Synode sur la synodalité a été publié en octobre 2024, à l'issue du Synode. Habituellement, les papes publient une exhortation apostolique après un synode des évêques, en se fondant sur les recommandations des évêques du monde entier qui y ont participé, et en tenant compte de leurs discussions et suggestions.
Mais le Synode sur la synodalité a suivi une démarche différente. Il s'est tenu en deux sessions, en octobre 2023 et octobre 2024 ; outre les évêques présents (sur invitation du pape François, parmi lesquels figurait Mgr Robert Prevost, futur pape Léon XIV), des membres du clergé et des laïcs sélectionnés y ont également pris part. Au lieu de publier une exhortation apostolique, le pape François a adopté par décision propre le document résumant les discussions et recommandations des participants au Synode — publié sous le titre de Document final du Synode — pour l'intégrer à son magistère.
Une lecture superficielle du Document final (DF) permet de voir le « processus synodal » décrit à l'aide d'expressions anodines (répétées ad nauseam) telles que « marcher ensemble » et « s'écouter mutuellement » sur le « chemin synodal ». Toutefois, une lecture critique du DF et des déclarations publiques des responsables et participants du Synode — analyse que je propose dans mon ouvrage The Trojan Horse in the Catholic Church [Le Cheval de Troie dans l’Église catholique] — révèle un dessein malveillant : inverser la structure hiérarchique et sacramentelle de l'Église et subvertir l'ordre moral tout entier. Comment cela ?
La nouvelle « Église synodale » fonctionnera selon un mode démocratique. L'enseignement de la foi et de la morale, ainsi que les décisions relatives à la gouvernance de l'Église, ne s'effectueront plus selon la structure hiérarchique d'autorité voulue par son Fondateur, Jésus‑Christ — c'est-à-dire par le successeur de Pierre, chef terrestre de l'Église, et par les évêques, successeurs des Apôtres, en union avec le pape — mais plutôt selon un « processus synodal » où chacun — évêques, prêtres et laïcs (y compris les chrétiens non catholiques et même les non-chrétiens) — « chemine » avec les autres, où chacun « partage » et « écoute » autrui, où chacun « a voix au chapitre » et « est entendu », selon une approche moderniste telle que prescrite par le Document final du Synode.
Ce modèle d’Église inverse sa structure hiérarchique, de sorte que le sommet de la pyramide devient la base et la base devient le sommet. Concrètement, cela signifie que l’enseignement de l’Église sur la foi et les mœurs sera remodelé par un processus démocratique pour s’adapter au Nouvel Ordre mondial – à l’instar de ce que propose le « Chemin synodal » allemand.
Le modèle de la nouvelle Église synodale : le Chemin synodal allemand
Pour se faire une idée de ce à quoi ressemblera la future « Église synodale », il suffit de regarder l’Église en Allemagne et son Chemin synodal, lancé en mars 2019 (plus de quatre ans avant le début du Synode sur la synodalité), lorsque les évêques allemands se sont réunis en assemblée et ont convenu d’entamer un « processus synodal ». Au dernier jour de leur assemblée, le cardinal Reinhard Marx, alors président de la Conférence épiscopale allemande, a déclaré aux journalistes que « la majorité des évêques » s’accordait sur la « nécessité d’un changement » dans l’enseignement de l’Église concernant la morale sexuelle, et qu’au terme de leur processus synodal, les évêques allemands adresseraient une lettre à Rome, soumettant ainsi à l’Église universelle les thèmes qu’ils avaient débattus.
Trois ans plus tard : la sodomie n’est plus un péché. Lors de la quatrième assemblée du Chemin synodal allemand (8-10 septembre 2022), 71 % des évêques allemands ont voté, aux côtés d’une large majorité de membres laïcs, en faveur du document intitulé « Réévaluation magistérielle de l’homosexualité », qui contient le passage suivant : « La sexualité entre personnes de même sexe – y compris lorsqu’elle s’exprime par des actes sexuels – ne constitue donc pas un péché séparant de Dieu et ne doit pas être jugée comme intrinsèquement mauvaise. » Ce document appelle également à une modification de l’enseignement du Catéchisme de l’Église catholique sur l’homosexualité et la chasteté (n° 2357-2359 et 2396).
Quelques années plus tard encore : les laïcs partagent l’autorité avec les évêques. En janvier 2026, le Comité central des catholiques allemands (une instance de laïcs dont les membres représentent diverses organisations) a exigé non seulement que les laïcs soient placés sur un pied d'égalité avec les évêques en matière de gouvernance de l'Église (notamment pour le contrôle financier), mais aussi qu'ils se voient accorder un « pouvoir de décision » et la capacité d' « introduire des changements dans la doctrine [questions de foi et de morale] par un vote à la majorité ». Nous voyons ici l'hérésie du modernisme se traduire concrètement par le « processus synodal », et comment la synodalité non seulement inverse la structure hiérarchique de l'Église, mais ouvre la voie au renversement de tout l'ordre moral (ce qui constitue, selon moi, le véritable objectif du « processus synodal ») — permettant ainsi, par un vote démocratique à la majorité, la sodomie homosexuelle, le « mariage » entre personnes de même sexe, le divorce et le « remariage », l'avortement, la contraception, etc.
Le 24 février 2026, la Conférence épiscopale allemande a annoncé l'adoption de statuts pour une « Conférence synodale » (dans le prolongement du Chemin synodal allemand), permettant aux évêques, aux autres membres du clergé et aux laïcs de « discuter et de décider ensemble des affaires ecclésiastiques » ; le 31 mars, les évêques allemands ont soumis ces statuts au Vatican pour approbation. Il convient également de noter que, lors de la messe chrismale célébrée le 30 mars 2026 en la cathédrale de Cologne, le cardinal Rainer Maria Woelki a déploré le fait que, dans les paroisses, les célébrations de la Parole animées par des laïcs remplaçaient le saint sacrifice de la messe le dimanche.
Le rapport final du 4 mai 2026 du Groupe d'étude n° 4 : le complot visant à émasculer le sacerdoce par le biais d'un contrôle des laïcs sur la formation au séminaire
Le Groupe d'étude n° 4 était composé de neuf membres, dont trois cardinaux, cinq prêtres et une femme laïque. Il convient de noter que l'un de ces cardinaux était Jean-Claude Hollerich, s.j., archevêque de Luxembourg et rapporteur général du Synode sur la synodalité. Dans son allocution du 7 octobre 2024 devant tous les participants lors de la deuxième session du Synode, le cardinal Hollerich a affirmé que l'Esprit Saint « invite » l'Église à passer « d'un mode pyramidal [c'est-à-dire hiérarchique] d'exercice de l'autorité à un mode synodal (IL2, n° 36) ». Il est également à noter que le cardinal Hollerich – qui prône une modification de l'enseignement de l'Église afin d'autoriser la sodomie homosexuelle – a présidé la commission de 14 membres chargée de superviser la rédaction du document final du Synode.
Le préambule (déclaration liminaire) du rapport final publié par le Groupe d'étude n° 4 indique que ce groupe avait pour mission de réviser le document de 2016 de la Congrégation pour le clergé sur la formation sacerdotale, intitulé « Le don de la vocation sacerdotale » (Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis). Toutefois, le rapport explique par la suite qu'au lieu de réviser le document de 2016, le groupe a choisi de « définir l'identité relationnelle des ministres ordonnés au sein d'une Église synodale et missionnaire [quelle que soit la signification de cette expression dans la novlangue de l'Église synodale] et d'indiquer les principes et critères pour la mise en œuvre de la Ratio Fundamentalis [document de 2016] ».
Le préambule signale également que ce rapport est le fruit de contributions provenant de diverses sources : « prêtres, hommes et femmes laïcs de différentes régions du monde, notamment des experts dans le domaine de la formation sacerdotale » ; « une délégation de participants à la deuxième session du Synode sur la synodalité » qui, le 18 octobre 2024, a fait part de ses « préoccupations » à ce sujet ; et enfin, en « écoutant » les avis des consulteurs du Dicastère pour le clergé ainsi que ceux des commissions épiscopales du monde entier chargées des questions relatives au clergé, qui se sont prononcées sur la formation sacerdotale.
Le « Magistère » au prisme de la pensée collective synodale
Vient ensuite le préambule du rapport, qui proclame audacieusement : « Ce document […] est le fruit mûr d’un discernement ecclésial mondial et s’est vu reconnaître une valeur magistérielle par le pape François ». Nous apprenons ici que ce rapport, rédigé par une poignée de personnes triées sur le volet (dont l’une est un prince de l’Église faisant la promotion de la sodomie), possède une « valeur magistérielle » – une qualification théologiquement imprécise mais néanmoins significative, qui sera assurément reprise par les promoteurs de l’Église synodale pour ce rapport ainsi que pour ceux d’autres groupes d’étude.
Le rapport du groupe d’étude n° 4 fait fréquemment référence au Document final du Synode. Par conséquent, [...] j’utiliserai ici ce document comme clé de lecture pour mieux saisir la nature insidieuse de ce rapport et de ses recommandations.
La formation des séminaristes – par comité – selon la « nouvelle pensée » synodale
La phrase liminaire de l'introduction du rapport fait l'éloge de la démarche synodale par cette proclamation complaisante : « La voie de la synodalité est précisément la voie que Dieu attend de l'Église du troisième millénaire » (mise en évidence dans l'original). Et la phrase suivante ne laisse aucun doute : pour être admis au sacerdoce, les séminaristes doivent adhérer sans réserve à cette « voie synodale » inédite (et, j'ose l'affirmer, néfaste) :
Au cours de la démarche synodale en cours, une conviction grandit : cette voie, indiquée à l'Église par le pape François et reprise par le pape Léon XIV dès le début de son pontificat, ne porterait pas les fruits d'une communion réelle et d'une mission courageuse si elle n'avait pas aussi d'incidence sur les méthodes de formation au ministère ordonné (mise en évidence ajoutée).
Enfin, tout en écoutant la Parole de Dieu vécue dans l’Église, il est nécessaire d’aborder avec parrhesia [i.e. avec audace] la question, qui revient fréquemment aujourd’hui, de savoir si l’on peut parler de « mariage » à propos de personnes éprouvant une attirance pour le même sexe, en assimilant leur relation à l’union conjugale hétérosexuelle sans en reconnaître les différences. Celles-ci incluent, au premier chef, l’impossibilité manifeste de procréation en soi liée à la différence des sexes, point sur lequel les techniques de procréation médicalement assistée soulèvent des difficultés supplémentaires.
Comment, en effet, une communauté chrétienne pourrait-elle avancer dans sa mission d'évangélisation et dans une communion capable de synodalité, si elle n'était pas accompagnée, présidée et instruite par des hommes faisant preuve d'un zèle apostolique et d'un esprit synodal exemplaires ?
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