Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 21 mai 2026 sur
The Remnant sous le titre : «
Why Fr. Pagliarani’s SSPX Message Is Resonating Across the Catholic World » ( « La déclaration de la FSSPX fait écho à l'avertissement lancé en 1966 par le cardinal Ottaviani concernant les erreurs de Vatican II »)
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Alors que le débat s'intensifie au sujet des consécrations épiscopales de la FSSPX prévues pour le 1er juillet 2026, l’abbé Davide Pagliarani a publié ce que beaucoup considèrent comme l'une des déclarations les plus profondes au plan spirituel de toute cette controverse. S'appuyant sur l'enseignement de saint Paul sur la charité, le Supérieur général de la FSSPX appelle les catholiques non pas à l'amertume, au triomphalisme ou à la colère, mais à la patience, à l'humilité, à la douceur et à une fidélité inébranlable à la vérité. Que l'on soit ou non d'accord avec la FSSPX, ces paroles invitent à une profonde réflexion.
Dans un message largement salué de mars 2026, le Supérieur général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, a appelé les catholiques à pratiquer la patience, la bonté, l'humilité et la charité surnaturelle, dans un contexte de controverse entourant les consécrations épiscopales de la FSSPX prévues le 1er juillet 2026.
La réaction concise de Kennedy Hall au
message -1-que le Supérieur général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, a adressé aux membres de la FSSPX le 7 mars 2026, semble tout à fait appropriée : « C'est l'une des plus belles choses que j'aie jamais lues.» Si vous avez le choix entre lire cet article ou le message de l’abbé Pagliarani, nous vous invitons à utiliser le lien ci-dessus pour lire ce dernier. Pour ceux qui peuvent lire les deux, voici un extrait des paroles de l’abbé Pagliarani sur la charité, suggérant une raison pour laquelle nous devrions y prêter une attention particulière.
Ces derniers mois, l’abbé Pagliarani a souligné combien l'annonce des prochaines consécrations épiscopales avait agi comme un électrochoc salutaire pour les catholiques. Dans ce récent message aux membres de la FSSPX, il a évoqué la dimension providentielle de ce bouleversement :
« Un constat positif accompagne cette situation : l’annonce du 2 février dernier n’a laissé personne indifférent dans l’Église. Presque tous se sentent concernés et ressentent le devoir d’exprimer leur approbation ou leur désapprobation. Cela est providentiel, car il arrive que les paroles, les prises de position et les déclarations ne suffisent plus. Elles doivent s’accompagner d’actes significatifs que la Providence peut utiliser pour secouer les consciences et l’Église elle-même. Je crois fermement que la Providence est à l’œuvre dans le débat actuel. »
Pendant soixante ans, Dieu a permis une crise profonde au sein de l'Église catholique, crise qui a engendré d'innombrables offenses envers Dieu, une apostasie généralisée et des souffrances indicibles. Comme pour d'autres maux à travers l'histoire du salut, Dieu a assurément tiré du bien de cette crise en accordant aux âmes la grâce de résister aux maux qui affligent l'Église et de se rapprocher de Lui. Mais, parmi toutes les œuvres d'opposition vertueuse aux maux de la crise actuelle, deux se distinguent particulièrement par la manière dont les acteurs ont choisi la fidélité à la foi catholique authentique, même au risque d'une opposition extrêmement douloureuse : les consécrations d'évêques par Mgr Marcel Lefebvre en 1988 et celles prévues pour le 1er juillet 2026. À l'instar des choix des martyrs qui placent Dieu au-dessus de tout, ces deux actions méritent notre attention, même si nous ne les partageons pas.
Les paroles de l’abbé Pagliarani sur la charité méritent donc une attention particulière, car elles donnent une vie nouvelle aux paroles de saint Paul aux Corinthiens, dont nous avons tous si désespérément besoin aujourd'hui.
La charité est patiente. «Il s’agit d’abord de ne jamais tomber dans l’amertume : si nous avons certes le devoir de faire tout notre possible pour justifier et expliquer les raisons profondes des sacres, cela doit se faire avec fermeté, mais jamais dans l’amertume, ou en laissant transparaître une pointe de zèle amer. Bien entendu, on peut tomber dans l’amertume par excès de zèle, mais aussi parce qu’on aurait préféré telle date, tel candidat, ou que les choses se passent différemment. Peu importe la cause
matérielle de l’amertume, le remède est toujours le même :
Caritas patiens est – " la charité est patiente ". »
La charité est bienveillante. « Vis-à-vis de nos interlocuteurs, quels qu’ils soient, qu’ils nous comprennent ou non, nous devons toujours témoigner de la bonté. Lorsqu’il n’y a pas de compréhension en face de nous, lorsqu’il n’y a même pas de disponibilité à écouter notre discours et à en saisir les raisons, il est très facile, humainement parlant, de tomber dans la rancune.
Caritas benigna est – " la charité est bienveillante ". ».
La charité n’est point téméraire, elle ne s’enfle point d’orgueil. Nous devons toujours nous rappeler que si la Providence nous a fait la miséricorde de nous donner un peu de lumière, de nous permettre de garder la Tradition de l’Église et de prendre les moyens de la défendre, cela correspond à une grâce exceptionnelle que nous n’avons pas méritée. Cette conscience doit entièrement conditionner notre attitude. Si les sacres représentent une grâce pour toute la Fraternité – grâce dont nous devons dès maintenant remercier la Providence –, cette joie profondément surnaturelle ne doit pas se confondre avec un triomphalisme déplacé, comme s’il s’agissait d’une victoire humaine que nous nous attribuerions à nous-mêmes, ce qui diminuerait inévitablement sa valeur intrinsèque.
Caritas non agit perperam, non inflatur — " la charité n’est point téméraire, elle ne s’enfle point d’orgueil." ».
La charité ne cherche point ses propres intérêts. « À la suite de Mgr Lefebvre, dans tout ce que nous faisons, nous ne devons pas rechercher notre propre intérêt ni la survie d’une œuvre personnelle, mais le bien des âmes et de l’Église. La Fraternité n’est rien d’autre qu’un moyen pour rester fidèle à l’Église. Si nous prenons aujourd’hui des moyens exceptionnels pour garder la foi, le saint sacrifice de la Messe et le sacerdoce, c’est parce que nous voulons qu’un jour toute l’Église et toute âme sans distinction puisse librement en bénéficier. Tout cela appartient à l’Église et nous n’en sommes que les gardiens.
Nous ne demandons rien pour nous-mêmes : notre seule récompense sera celle de voir un jour toute l’Église se réapproprier sa Tradition. Caritas non quærit quæ sua sunt – " la charité ne cherche point ses propres intérêts." ».
La charité ne s’aigrit de rien. Si nous devons déployer tous nos efforts pour bien défendre les sacres – et la Fraternité dispose déjà, à cet effet, de tout un « arsenal » –, si une sainte colère est plus que jamais nécessaire devant les déviances terribles qui secouent l’Église, nous ne devons cependant manifester ni mépris ni irritation dans nos explications vis-à-vis de nos interlocuteurs, et surtout pas à l’égard de la hiérarchie de l’Église.
Il faut savoir rester ferme et doux à la fois. Mais cela n’est possible qu’avec le secours de Notre-Seigneur.
Caritas non irritatur – " la charité ne s’aigrit de rien." ».
La charité ne se réjouit point de l’injustice. Si nous venions à être déclarés excommuniés et schismatiques, cela ne signifierait pas que nous recherchions une telle sanction ni que nous nous en réjouissions, car elle serait objectivement injuste. Une chose est de se réjouir d’avoir une nouvelle humiliation à offrir à Dieu ; une autre serait de se réjouir, dans un esprit de défi, d’un mal et d’une injustice objective, qui provoque un scandale pour l’Église tout entière.
Caritas non gaudet super iniquitatem – " la charité ne se réjouit point de l’injustice." ».
La charité se réjouit de la vérité. S’il est au contraire, dans l’Église, toute une portion qui accueille positivement et soutient la décision de la Fraternité, si les sacres deviennent l’occasion providentielle d’un courage et d’un enthousiasme renouvelés à l’intérieur comme à l’extérieur de la Fraternité, nous ne pouvons que nous en réjouir, comme Dieu lui-même peut s’en réjouir.
Caritas congaudet veritati – " la charité se réjouit de la vérité." ».
La charité supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. Personne mieux que saint Paul n’a su résumer en quatre mots le programme des quatre mois qui nous séparent des sacres et la force qui doit caractériser notre charité :
omnia suffert, omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet –"elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout." ».
La charité ne finira jamais. Cela vaut pour le moment présent et pour toujours :
caritas numquam excidit –" la charité ne finira jamais." ».
Que nous soyons d'accord ou non avec la Fraternité Saint-Pie X, puisse Dieu nous accorder à tous la grâce de mettre ces enseignements en pratique.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !