Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 999498 )« Pourquoi le message de l’abbé Pagliarani (FSSPX) trouve-t-il un tel écho dans le monde catholique ? » par Vistemboir2 (2026-05-22 10:51:19) 

Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 21 mai 2026 sur The Remnant sous le titre : «Why Fr. Pagliarani’s SSPX Message Is Resonating Across the Catholic World » ( « La déclaration de la FSSPX fait écho à l'avertissement lancé en 1966 par le cardinal Ottaviani concernant les erreurs de Vatican II »)
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Alors que le débat s'intensifie au sujet des consécrations épiscopales de la FSSPX prévues pour le 1er juillet 2026, l’abbé Davide Pagliarani a publié ce que beaucoup considèrent comme l'une des déclarations les plus profondes au plan spirituel de toute cette controverse. S'appuyant sur l'enseignement de saint Paul sur la charité, le Supérieur général de la FSSPX appelle les catholiques non pas à l'amertume, au triomphalisme ou à la colère, mais à la patience, à l'humilité, à la douceur et à une fidélité inébranlable à la vérité. Que l'on soit ou non d'accord avec la FSSPX, ces paroles invitent à une profonde réflexion.

Dans un message largement salué de mars 2026, le Supérieur général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, a appelé les catholiques à pratiquer la patience, la bonté, l'humilité et la charité surnaturelle, dans un contexte de controverse entourant les consécrations épiscopales de la FSSPX prévues le 1er juillet 2026.

La réaction concise de Kennedy Hall au message -1-que le Supérieur général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, a adressé aux membres de la FSSPX le 7 mars 2026, semble tout à fait appropriée : « C'est l'une des plus belles choses que j'aie jamais lues.» Si vous avez le choix entre lire cet article ou le message de l’abbé Pagliarani, nous vous invitons à utiliser le lien ci-dessus pour lire ce dernier. Pour ceux qui peuvent lire les deux, voici un extrait des paroles de l’abbé Pagliarani sur la charité, suggérant une raison pour laquelle nous devrions y prêter une attention particulière.

Ces derniers mois, l’abbé Pagliarani a souligné combien l'annonce des prochaines consécrations épiscopales avait agi comme un électrochoc salutaire pour les catholiques. Dans ce récent message aux membres de la FSSPX, il a évoqué la dimension providentielle de ce bouleversement :

« Un constat positif accompagne cette situation : l’annonce du 2 février dernier n’a laissé personne indifférent dans l’Église. Presque tous se sentent concernés et ressentent le devoir d’exprimer leur approbation ou leur désapprobation. Cela est providentiel, car il arrive que les paroles, les prises de position et les déclarations ne suffisent plus. Elles doivent s’accompagner d’actes significatifs que la Providence peut utiliser pour secouer les consciences et l’Église elle-même. Je crois fermement que la Providence est à l’œuvre dans le débat actuel. »


Pendant soixante ans, Dieu a permis une crise profonde au sein de l'Église catholique, crise qui a engendré d'innombrables offenses envers Dieu, une apostasie généralisée et des souffrances indicibles. Comme pour d'autres maux à travers l'histoire du salut, Dieu a assurément tiré du bien de cette crise en accordant aux âmes la grâce de résister aux maux qui affligent l'Église et de se rapprocher de Lui. Mais, parmi toutes les œuvres d'opposition vertueuse aux maux de la crise actuelle, deux se distinguent particulièrement par la manière dont les acteurs ont choisi la fidélité à la foi catholique authentique, même au risque d'une opposition extrêmement douloureuse : les consécrations d'évêques par Mgr Marcel Lefebvre en 1988 et celles prévues pour le 1er juillet 2026. À l'instar des choix des martyrs qui placent Dieu au-dessus de tout, ces deux actions méritent notre attention, même si nous ne les partageons pas.

Les paroles de l’abbé Pagliarani sur la charité méritent donc une attention particulière, car elles donnent une vie nouvelle aux paroles de saint Paul aux Corinthiens, dont nous avons tous si désespérément besoin aujourd'hui.

La charité est patiente. «Il s’agit d’abord de ne jamais tomber dans l’amertume : si nous avons certes le devoir de faire tout notre possible pour justifier et expliquer les raisons profondes des sacres, cela doit se faire avec fermeté, mais jamais dans l’amertume, ou en laissant transparaître une pointe de zèle amer. Bien entendu, on peut tomber dans l’amertume par excès de zèle, mais aussi parce qu’on aurait préféré telle date, tel candidat, ou que les choses se passent différemment. Peu importe la cause
matérielle de l’amertume, le remède est toujours le même : Caritas patiens est – " la charité est patiente ". »

La charité est bienveillante. « Vis-à-vis de nos interlocuteurs, quels qu’ils soient, qu’ils nous comprennent ou non, nous devons toujours témoigner de la bonté. Lorsqu’il n’y a pas de compréhension en face de nous, lorsqu’il n’y a même pas de disponibilité à écouter notre discours et à en saisir les raisons, il est très facile, humainement parlant, de tomber dans la rancune. Caritas benigna est – " la charité est bienveillante ". ».

La charité n’est point téméraire, elle ne s’enfle point d’orgueil. Nous devons toujours nous rappeler que si la Providence nous a fait la miséricorde de nous donner un peu de lumière, de nous permettre de garder la Tradition de l’Église et de prendre les moyens de la défendre, cela correspond à une grâce exceptionnelle que nous n’avons pas méritée. Cette conscience doit entièrement conditionner notre attitude. Si les sacres représentent une grâce pour toute la Fraternité – grâce dont nous devons dès maintenant remercier la Providence –, cette joie profondément surnaturelle ne doit pas se confondre avec un triomphalisme déplacé, comme s’il s’agissait d’une victoire humaine que nous nous attribuerions à nous-mêmes, ce qui diminuerait inévitablement sa valeur intrinsèque. Caritas non agit perperam, non inflatur — " la charité n’est point téméraire, elle ne s’enfle point d’orgueil." ».

La charité ne cherche point ses propres intérêts. « À la suite de Mgr Lefebvre, dans tout ce que nous faisons, nous ne devons pas rechercher notre propre intérêt ni la survie d’une œuvre personnelle, mais le bien des âmes et de l’Église. La Fraternité n’est rien d’autre qu’un moyen pour rester fidèle à l’Église. Si nous prenons aujourd’hui des moyens exceptionnels pour garder la foi, le saint sacrifice de la Messe et le sacerdoce, c’est parce que nous voulons qu’un jour toute l’Église et toute âme sans distinction puisse librement en bénéficier. Tout cela appartient à l’Église et nous n’en sommes que les gardiens. Nous ne demandons rien pour nous-mêmes : notre seule récompense sera celle de voir un jour toute l’Église se réapproprier sa Tradition. Caritas non quærit quæ sua sunt – " la charité ne cherche point ses propres intérêts." ».

La charité ne s’aigrit de rien. Si nous devons déployer tous nos efforts pour bien défendre les sacres – et la Fraternité dispose déjà, à cet effet, de tout un « arsenal » –, si une sainte colère est plus que jamais nécessaire devant les déviances terribles qui secouent l’Église, nous ne devons cependant manifester ni mépris ni irritation dans nos explications vis-à-vis de nos interlocuteurs, et surtout pas à l’égard de la hiérarchie de l’Église. Il faut savoir rester ferme et doux à la fois. Mais cela n’est possible qu’avec le secours de Notre-Seigneur. Caritas non irritatur – " la charité ne s’aigrit de rien." ».

La charité ne se réjouit point de l’injustice. Si nous venions à être déclarés excommuniés et schismatiques, cela ne signifierait pas que nous recherchions une telle sanction ni que nous nous en réjouissions, car elle serait objectivement injuste. Une chose est de se réjouir d’avoir une nouvelle humiliation à offrir à Dieu ; une autre serait de se réjouir, dans un esprit de défi, d’un mal et d’une injustice objective, qui provoque un scandale pour l’Église tout entière. Caritas non gaudet super iniquitatem – " la charité ne se réjouit point de l’injustice." ».

La charité se réjouit de la vérité. S’il est au contraire, dans l’Église, toute une portion qui accueille positivement et soutient la décision de la Fraternité, si les sacres deviennent l’occasion providentielle d’un courage et d’un enthousiasme renouvelés à l’intérieur comme à l’extérieur de la Fraternité, nous ne pouvons que nous en réjouir, comme Dieu lui-même peut s’en réjouir. Caritas congaudet veritati – " la charité se réjouit de la vérité." ».

La charité supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. Personne mieux que saint Paul n’a su résumer en quatre mots le programme des quatre mois qui nous séparent des sacres et la force qui doit caractériser notre charité : omnia suffert, omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet –"elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout." ».

La charité ne finira jamais. Cela vaut pour le moment présent et pour toujours : caritas numquam excidit –" la charité ne finira jamais." ».

Que nous soyons d'accord ou non avec la Fraternité Saint-Pie X, puisse Dieu nous accorder à tous la grâce de mettre ces enseignements en pratique.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !
images/icones/heho.gif  ( 999500 )[réponse] par Bibracte (2026-05-22 12:12:50) 
[en réponse à 999498]


Si nous prenons aujourd’hui des moyens exceptionnels pour garder la foi, le saint sacrifice de la Messe et le sacerdoce, c’est parce que nous voulons qu’un jour toute l’Église et toute âme sans distinction puisse librement en bénéficier. Tout cela appartient à l’Église et nous n’en sommes que les gardiens.



Faut-il comprendre que la FSSPX considère les sacres de juillet prochain comme nécessaires pour que le sacerdoce soit sauvegardé ?

N'assiste-t-on pas à une inflation de ses prétentions ?
images/icones/carnet.gif  ( 999501 )oui par Réginald (2026-05-22 12:24:12) 
[en réponse à 999500]

car la FSSPX considère en pratique les sacrements conférés selon les rites réformés comme douteux, au point de procéder à des réordinations sous condition. Idem pour les confirmations.

Dès lors, lorsqu’elle affirme vouloir « sauvegarder le sacerdoce », cela revient bien à considérer que le sacerdoce transmis dans l’Église depuis la réforme est devenu, au moins dans certains cas, douteux.
images/icones/fleche2.gif  ( 999502 )Non par Regnum Galliae (2026-05-22 12:53:33) 
[en réponse à 999501]

La FSSPX ne considère pas que les sacrements réformés sont intrinsèquement douteux, même si leur application peut l'être. Ce en quoi sa position est confirmée par les faits.
images/icones/barbu2.gif  ( 999504 )sed contra par Réginald (2026-05-22 13:14:00) 
[en réponse à 999502]

Dans la pratique, la FSSPX réordonne sous condition systématiquent les prêtres issus du nouveau rite. Il ne s’agit donc pas simplement d’une méfiance envers certains abus particuliers.

Et cela est confirmé par des faits très précis. Dans une lettre du 12 août 1998 adressée aux religieux d’Avrillé, Mgr Tissier de Mallerais évoque explicitement un doute sur la validité des sacres épiscopaux conférés selon le rite promulgué par Paul VI. À propos de Mgr Lazo, rallié à la FSSPX mais sacré dans le nouveau rite, il écrit même qu’il ne faudrait ni lui confier des confirmations ni des ordinations.

Même logique avec Mgr Huonder : bien qu’il ait été un évêque accueilli par la FSSPX, il n’a jamais ordonné de prêtres ni confirmé au sein de la Fraternité. Le simple fait qu’il ait célébré une messe chrismale a déjà créé un malaise interne ; plusieurs prêtres rechignaient ensuite à utiliser ces saintes huiles.

Enfin, l'abbé Gleize, théologien de la Fraternité, écrit noir sur blanc : « Mais dans le principe, cette difficulté ne peut pas ne pas se poser relativement à tous les membres de la hiérarchie de l’Eglise officielle, en raison de l’orientation nouvelle prise lors du concile Vatican II. » Et juste après, il cite explicitement Mgr Lefebvre : « Des évêques conciliaires, dont les sacrements sont tous douteux, parce que l’on ne sait pas exactement quelles sont leurs intentions ? Ce n’est pas possible ».
images/icones/carnet.gif  ( 999506 )[réponse] par Regnum Galliae (2026-05-22 13:21:53) 
[en réponse à 999504]

Vous ne me contredisez pas. Il suffirait d'un maillon défectueux dans la chaîne pour que la succession apostolique s'arrête. Cela s'est déjà vu. Dans le cas présent, c'est justement parce que la FSSPX tient à rester à sa place et à ne pas se substituez à l'Eglise qu'elle ne se permet pas de trancher chaque cas individuel et préfère s'en tenir à une prudence dans tous les cas qui lui son présentés.
images/icones/carnet.gif  ( 999507 )'tous douteux" par Réginald (2026-05-22 13:27:54) 
[en réponse à 999506]

Si « les sacrements des évêques conciliaires sont tous douteux » (Mgr Lefebvre), alors le sacerdoce transmis dans l’Église depuis la réforme devient lui-même globalement douteux, puisque toute la chaîne sacramentelle dépend précisément de la validité des ordinations et des consécrations épiscopales.

C’est pourquoi il est impossible de soutenir simultanément que les rites réformés sont normalement validement et qu’il faut adopter une prudence systématique vis-à-vis de presque tous les clercs issus de ces rites. A partir du moment où la prudence est structurelle, elle cesse d’être une simple précaution ponctuelle mais révèle une défiance profonde envers la sécurité sacramentelle ordinaire de l’Église postconciliaire.
images/icones/carnet.gif  ( 999513 )Non par Regnum Galliae (2026-05-22 17:53:12) 
[en réponse à 999507]

le doute vient d'un possible défaut d'intention et/ou du fait que depuis 60 ans, chaque célébrant se croit autorisé à s'écarter plus ou moins du rituel tel que promulgué. L'exemple dont j'ai mis le lien plus haut l'illustre parfaitement.
L'Eglise ne peut pas certifier que l'intégralité de ses clercs dispense correctement les sacrements.
En d'autres termes, nous sommes face à des défaillances humaines, pas à une défaillance de l'Eglise.
images/icones/carnet.gif  ( 999515 )st Thomas vous répond par Réginald (2026-05-22 18:19:48) 
[en réponse à 999513]

Si la défaillance n'était qu'humaine et individuelle, la réponse de la Fraternité serait elle aussi individuelle, étudiée au cas par cas. Or, elle est systématique pour le cas du sacerdoce. Ni Mgr Lazo ni Mgr Huonder n'ont ordonné.

C'est bien le sens de la phrase de Mgr Lefebvre : "Tous les sacrements sont douteux". Si le problème ne venait que des abus de quelques clercs de terrain, il aurait dit : "Certains sacrements sont douteux".

Par ailleurs, comme il est impossible de sonder les reins et les cœurs, la théologie sacramentaire classique a résolu la question depuis des siècles : à partir du moment où un ministre emploie correctement un rite promulgué par l'Église, il est réputé vouloir faire ce que fait l'Église, même si sa foi personnelle est déficiente.

C'est précisément ce qu'enseigne saint Thomas d'Aquin (Somme Théologique, IIIa pars, Q. 64, art. 9, ad 1) :

« Supposons que le ministre n'ait pas la foi, précisément au sujet du sacrement dont il célèbre le rite : il ne croit pas que l'action extérieure qu'il accomplit soit suivie d'aucun effet intérieur ; malgré cela, il n'ignore pas que l'Église catholique a l'intention [...] de produire le sacrement ; il peut donc, en dépit de son incroyance, avoir l'intention de faire ce que fait l'Église, tout en croyant que cela ne sert de rien. Une telle intention suffit pour le sacrement, car [...] la foi de l'Église supplée ce qui manque à la sienne. »
images/icones/5a.gif  ( 999514 )Pardon, mais il y a amplement de quoi... par Pétrarque (2026-05-22 17:54:29) 
[en réponse à 999507]

...éprouver

une défiance profonde envers la sécurité sacramentelle ordinaire de l’Église postconciliaire.



Cela ne signifie nullement que tous les sacrements y soient systématiquement invalides, loin s'en faut, mais qu'on peut en revanche y rencontrer des choses manifestement invalides dans un nombre d'endroits tel qu'il existe pour beaucoup trop de fidèles un doute persistant.

Après 20 ans passés dans l'Église postconciliaire, j'en ai acquis la conviction, que cela regarde la célébration des baptêmes, des confessions ou de la messe.

Pour les confirmations, je n'en ai pas vues assez pour en parler, mais j'ai des doutes consistants quant à celle que j'ai reçue, même si un évêque de la FSSPX s'était montré plutôt rassurant quand je lui en ai parlé...
images/icones/carnet.gif  ( 999516 )roulette russe? par Réginald (2026-05-22 18:24:37) 
[en réponse à 999514]

Cher Pétrarque, votre constat sur les abus liturgiques est cruellement réel, mais la théologie classique a précisément été forgée pour nous éviter cette angoisse de la "roulette russe" sacramentelle.

A partir du moment où le prêtre emploie la matière et la forme promulguées par l'Église, il est réputé faire ce que fait l'Église. C'est le sens même du texte de saint Thomas d'Aquin que je viens de citer à Regnum Galliae.
images/icones/4b.gif  ( 999530 )La matière quelquefois par ptk (2026-05-22 20:22:53) 
[en réponse à 999516]

et la forme, souvent, ne sont pas celles que prescrit l'église.
images/icones/carnet.gif  ( 999531 )[réponse] par Réginald (2026-05-22 20:30:49) 
[en réponse à 999530]

C'est là tout le problème logique de votre position : "quelquefois", ce n'est pas "toujours", et "certains", ce n'est pas "tous".

Vous concédez du bout des lèvres que le problème ne touche que certains endroits ou certaines dérives. Mais en pratique, la Fraternité applique une réordination et une reconfirmation systématiques. Donc dans les faits la FSSPX agit comme si tous les sacrements de l'Eglise étaient douteux hormis les siens.

images/icones/4b.gif  ( 999534 )Sub conditione par ptk (2026-05-22 20:54:07) 
[en réponse à 999531]

et les sacrements sont choses trop sérieuses pour laisser persister le doute.
images/icones/carnet.gif  ( 999537 )c’est exactement ce que je dis par Réginald (2026-05-22 21:21:41) 
[en réponse à 999534]

Mais c’est exactement ce que je dis : dans les faits, la FSSPX finit par apparaître comme le seul lieu où les sacrements seraient moralement certains. Même les instituts Ecclesia Dei deviennent potentiellement douteux puisque leurs prêtres sont ordonnés par des évêques issus du nouveau rite. Avez-vous la certitude que ces évêques ne sont pas douteux ?

La logique du doute finit donc par s’étendre à toute la chaîne sacramentelle de l’Église postconciliaire.

Mais ne nous arrêtons pas là : avant que Rome ne vous accorde la juridiction pour les confessions et les mariages, aviez-vous vous-mêmes la certitude absolue que vos absolutions et vos mariages étaient valides ? Et si, après les futurs sacres, le Saint-Siège vous retirait de nouveau ces facultés, considéreriez-vous vraiment qu’aucun doute ne pourrait jamais exister ?

Donc le doute, il finit par être partout ????
images/icones/1e.gif  ( 999539 )Ben non par ptk (2026-05-22 21:37:23) 
[en réponse à 999537]

Dès lors que la matière, la forme et l'intention sont certains.
images/icones/carnet.gif  ( 999545 )vous vous contredisez par Réginald (2026-05-22 21:54:59) 
[en réponse à 999539]

cher ptk, vous êtes en train de vous contredire à une heure d’intervalle pour tenter de sauver votre position.

A 20h22, vous écriviez : « La matière quelquefois et la forme, souvent, ne sont pas celles que prescrit l’Église. »

Puis à 21h37, acculé par les conséquences de votre propre logique, vous faites machine arrière : « Ben non [le doute n’est pas partout], dès lors que la matière, la forme et l’intention sont certains. »

Alors mettons fin aux contorsions.

Si la matière et la forme du nouveau rite ne sont “souvent” pas celles de l’Église — votre thèse de 20h22 — alors la certitude sacramentelle devient pratiquement impossible et le doute finit effectivement par être partout et toujours. En effet, personne ne peut vérifier depuis 50 ans toute la lignée sacramentelle des êvêques ou des prêtres qui administrent les sacrements.

Et si au contraire la certitude est possible dès lors que matière, forme et intention sont objectivement présentes — votre thèse de 21h37 — alors vous revenez exactement à la position classique que je défends depuis le début : les sacrements conférés selon le rite de l’Église ne sont pas moralement douteux par principe.
images/icones/4b.gif  ( 999546 )Ben non par ptk (2026-05-22 22:39:40) 
[en réponse à 999545]

Je ne fais que répondre à votre objection sur la FSSPX.

Il n'y a, en ce qui la concerne, aucun doute.
images/icones/carnet.gif  ( 999551 )Dont acte par Réginald (2026-05-22 23:14:48) 
[en réponse à 999546]

Vous préférez le flou artistique à la formalisation de votre position. Mais chacun aura compris que hors de votre cercle, la certitude sacramentelle ordinaire apparaît profondément compromise.
Chacun jugera.

images/icones/pelerouin1.gif  ( 999503 )Quelques explications et exemples par Jean-Paul PARFU (2026-05-22 13:11:25) 
[en réponse à 999500]

1) Léon XIII affirme dans la Lettre apostolique "Apostolicae curae" du 13 septembre 1896 que le serment d'ordination historiquement prononcé par les Anglicans ne correspond pas à la définition de ce qu'est un prêtre. Ainsi, les Anglicans ont longtemps omis d'affirmer que le pouvoir sacerdotal est le pouvoir de « consacrer et d'offrir le Vrai Corps et le Vrai Sang du Seigneur ».

Selon le pape, les Anglicans ont préféré reléguer la célébration eucharistique sur le plan commémoratif pour se situer délibérément à distance de la doctrine traditionnelle de l'Église catholique.

Or, la critique formulée par Léon XIII pour déclarer invalides les ordinations anglicanes pourrait être, à bien dés égards, également formulée pour les ordinations dans le "NOM".

2) Il y a un doute sur le baptême car la forme doit être :

"Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !"

Or, cette forme, très simple, n'est pas toujours respectée, c'est le moins que le puisse dire.

3) Il y a un doute sur le sacrement de confirmation conféré dans le cadre "Nom", soit parce qu'il est souvent conféré par des prêtres alors que le ministre de ce sacrement est normalement l'évêque, soit à cause des paroles prononcées, soit à cause de l'huile utilisée.

C'est la raison pour laquelle Mgr Lefebvre reconfirmait sous condition, comme je l'ai été moi-même par lui en 1986.
images/icones/carnet.gif  ( 999505 )Merci pour votre intervention par Réginald (2026-05-22 13:21:51) 
[en réponse à 999503]

qui confirme précisément le problème soulevé plus haut : on est bien dans une logique de doute sacramentel généralisé touchant la vie ordinaire de l’Église depuis la réforme.

Car enfin, si l’on estime que la théologie de l’ordination du Novus Ordo est suffisamment déficiente pour être rapprochée du cas anglican étudié par Léon XIII ; si l’on estime que les baptêmes célébrés dans l’Église postconciliaire sont suffisamment incertains pour susciter un doute prudentiel fréquent ; si l’on estime que les confirmations du nouveau rite sont elles-mêmes douteuses au point de devoir être systématiquement réitérées sous condition ; alors il faut reconnaître explicitement que le problème posé dépasse très largement quelques rares abus.

Et dès lors, l’argument de l’état de nécessité apparaît comme la conséquence logique de cette analyse. Ce serait bien de le reconnaître clairement.
images/icones/2b.gif  ( 999509 )Confirmations? Code de 1917! par abbé F.H. (2026-05-22 14:22:00) 
[en réponse à 999503]

Can. 782 § 2 Le ministre extraordinaire est le prêtre à qui cette faculté a été concédée en vertu du droit commun ou d’un indult particulier du Saint-Siège.
Can. 784 Il est permis au prêtre également, s’il est muni d’un privilège local, de confirmer dans le territoire qui lui est désigné même les étrangers, à moins que les Ordinaires de ceux-ci le défendent expressément.

D'ailleurs, puisque vous êtes en "état de nécessité", tous les prêtres de la FSSPX ont le droit de confirmer! Pas besoin d'évêques!

Quant au reste, pour les ordinations: "ad sacrificium Deo offerendum"... "Accipe oblationem plebis sanctae Deo offerendam"...

Comme d'habitude, vous racontez n'importe quoi, puisque vous êtes nourri à une seule littérature!
images/icones/iphone.jpg  ( 999512 )Vous êtes impayable par Signo (2026-05-22 17:18:06) 
[en réponse à 999503]

À chaque fois que vous vous exprimez, vous donnez des bâtons pour vous faire battre. On dirait que vous le faites exprès…

Vous donnez comme motif d’invalidité des confirmations le fait qu’il peut être conféré par un prêtre, alors même que c’est une pratique courante dans l’Orient chrétien depuis des siècles, et que même en Occident le code de droit canonique de 1917 le permet sous conditions. Mais je parie une bouteille de champagne que vous n’aurez même pas l’humilité de reconnaître votre erreur pourtant factuelle. Il me semble que c’est pourtant un sujet grave qui appelle un minimum de sérieux.

Par ailleurs vous ne semblez pas faire la différence entre un doute ponctuel motivé par le non respect des critères objectifs de validité donnés par l’Eglise (et toujours en vigueur dans l’Eglise d’aujourd’hui), doute que tout le monde peut avoir, et un doute permanent sur l’ensemble des sacrements conférés dans les nouveaux rites, même si tous les critères sont respectés, ce qui malgré les abus de masse que l’on a pu voir ces cinquante dernières années, reste tout de même la norme majoritaire.

Vous ne nous avez toujours pas dit combien Roche et Grillo vous payent pour décrédibiliser le milieu traditionaliste, avec vos gros sabots d’une théologie aberrante.
images/icones/mitre4.png  ( 999518 )Le ministre de la confirmation par Jean-Paul PARFU (2026-05-22 18:40:29) 
[en réponse à 999512]

Canon 782 (1917)

§ 1. Le ministre ordinaire de la confirmation est seulement l’évêque.

§ 2. Le ministre extraordinaire est le prêtre à qui cette faculté a été concédée en vertu du droit commun ou d’un indult particulier du Saint-Siège.


"Selon la sententia certa, un prêtre simplement délégué par l'évêque n'est pas le debitus minister, et il ne confirmera donc pas validement, en dehors des cas prévus par le droit (curé confirmant son propre paroissien en danger de mort, etc.).

Pour confirmer validement un prêtre a besoin d'une délégation pontificale, donc du Pape lui-même.

Le Concile de Trente, sans se prononcer sur les modalités de la délégation, a anathématisé l'opinion qui maintient que tout prêtre peut confirmer comme ministre ordinaire de la confirmation.

Quant aux Orientaux unis au Siège de Rome, leurs confirmations conférées par des prêtres (un abus, et un départ de la pratique apostolique, longtemps institutionalisé) ne sont valides que moyennant cette même délégation.

Pour les Orientaux elle n'est pas nominative, ou liée à des cas de figure spécifiques, mais octroyée à certaines communautés en tant que telles.

Elle n'a pas été octroyée à toutes les communautés orientales, et à certaines (Bulgarie, Chypre, Italie et ses îles, les Maronites du Liban) la délégation a même été expressément révoquée. Dans ces cas les confirmations, aussi d'enfants baptisés dans le rite oriental par un prêtre oriental, sont invalides. Ce n'est donc pas automatique.

Pour les Latins il est impératif de reconfirmer sous condition tous les confirmands ayant été confirmés par un simple prêtre depuis les années 60 (même en supposant par ailleurs matière valide et ordres validement reçus ce qui est une autre question).

C'est la pratique chez nous, et aussi chez la FSSPX, et c'est très bien ainsi." ici

Il y a par ailleurs, le problème de l'huile et du baume utilisés pour confirmer et celui des paroles prononcées par l'évêque lorsqu'il administre le sacrement.
images/icones/carnet.gif  ( 999519 )Ceci dit par Halbie (2026-05-22 18:43:35) 
[en réponse à 999518]

Les prêtres de la FSSPX confirment en cas de danger de mort. Ils n'en ont pas le droit.
images/icones/carnet.gif  ( 999523 )Spiritus Sancti munera par Meneau (2026-05-22 19:21:15) 
[en réponse à 999519]

Ce décret de Congrégation des rites du 14 Septembre 1946 autorise les prêtres à donner le sacrement en cas de danger de mort.

C'est cependant assorti de restrictions, et c'est peut-être ce que vous vouliez dire ?

En effet, les seuls prêtres qui sont normalement autorisés sont :

Les curés de paroisse (les pasteurs propres du territoire).
Les vicaires
Les administrateurs paroissiaux (paroisses vacantes)
Les prêtres ayant la charge d'un territoire assimilé à une paroisse (comme les préfets ou vicaires apostoliques)


Donc en gros, les prêtres sur leur territoire de juridiction.

Mais compte-tenu de ce décret, et en raison du principe d'épikie fondé sur un état de nécessité, les prêtres de la FSSPX donnent effectivement la confirmation en danger de mort, et je pense que c'est tout à fait défendable.

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 999524 )Article de l'abbé Belmont par Halbie (2026-05-22 19:26:51) 
[en réponse à 999523]

Il existe un article à ce sujet dans le sixième numéro des Cahiers de Cassiciacum.
images/icones/carnet.gif  ( 999525 )Oui l'abbé Belmont ... par Meneau (2026-05-22 19:39:57) 
[en réponse à 999524]

conclut "ni au titre d'une délégation canonique, ni au titre d'une suppléance".

Mais quid de la combinaison des deux ? Délégation aux prêtres ayant juridiction, et suppléance de juridiction en cas de nécessité.

Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 999527 )Je ne sais pas par Halbie (2026-05-22 19:57:20) 
[en réponse à 999525]

Mais ce n'est pas inutile de l'évoquer.
images/icones/carnet.gif  ( 999529 )Souvenir lointain par Candidus (2026-05-22 20:19:07) 
[en réponse à 999518]

Dans les débuts de la FSSPX, il est arrivé que Mgr Lefebvre désigne un simple prêtre pour conférer la confirmation à sa place. Cela lui a d'ailleurs été reproché par certains puristes.
images/icones/mitre4.png  ( 999532 )La confirmation par Jean-Paul PARFU (2026-05-22 20:39:38) 
[en réponse à 999518]

"en Occident, demeura un ministère propre­ment épiscopal, jusqu’en 1946 où le pape Pie XII autorisa les prêtres à donner exceptionnellement ce sacrement en cas de danger de mort. Allant plus loin, la réforme conciliaire autorise les évêques à déléguer des prêtres à sa distribution dans les paroisses. Facilités regrettables qui font rapidement disparaître le rapport intime de ce sacrement avec le ministère épiscopal, et la distribution des “ charismes ” de l’Esprit-Saint selon les besoins du corps ecclésial, selon le bien du diocèse.

Certes, la confirmation a pour premier effet la sanctification individuelle des fidèles qui la reçoivent. Par là, elle prend place, dans “ l’initiation chrétienne ”, entre le baptême qui l’inaugure et l’Eucharistie qui la parfait. Mais si nous méditons sur ses effets visibles, extraordinaires,“ charismatiques ”, dans les premiers temps de l’Église, d’après les Actes et les Épîtres des saints Apôtres, l’Onction du Saint-Esprit nous paraît beaucoup plus orientée vers les services multiples et divers de la communauté ...

« Tout le montre dans ses rites, c’est son aspect social qui donne à la confirmation son caractère vrai­ment original. Ce qui est alors conféré, c’est l’Esprit des lois, c’est l’Esprit de corps, c’est l’Esprit de l’Église... Tout parle ici de vocation active, de fonction dans l’Église, de mission commandée par le Pasteur du diocèse au chrétien aguerri. Ce don vient épanouir la vocation sociale du chrétien. » Tel est le changement, telle est la promotion du chrétien qui arrive à l’âge des choix et des responsabilités. Nourri, éduqué, protégé par l’Église depuis son baptême, il est temps qu’à son tour il la serve en répandant sa doctrine, en se dévouant à ses œuvres, en combattant ses ennemis, en témoignant de sa foi, fût-ce jusqu’au martyre.

Saint Thomas d'Aquin explique : « Dans le baptême, l’homme reçoit le pouvoir de faire ce qui concerne son propre salut, en tant qu’il vit pour lui-même ; mais dans la confirmation, il reçoit le pouvoir de faire ce qui concerne la lutte spirituelle contre les ennemis de la foi. » Et encore : « La confirmation arme et équipe ceux qui sont conservés en vie pour les luttes et les combats de ce monde. Bien que le baptisé soit devenu membre de l’Église, il n’est pas encore enrôlé dans la milice chrétienne. C’est pourquoi il doit être présenté à l’évêque, comme au chef de cette armée, par un autre qui est déjà enrôlé dans la milice chrétienne, son parrain. » (Sum. theol., IIIa, quest. 72). ici

Ce rapport entre l'évêque et le confirmand était symbolisé dans certaines régions, notamment en Italie, par le port du "chrémeau" par les confirmands comme pour les prêtres sacrés évêques.


images/icones/fleche3.gif  ( 999553 )Objection par Candidus (2026-05-22 23:20:36) 
[en réponse à 999518]

Dans un acte daté du 1er mai 1980, Mgr Lefebvre a accordé aux assistants, aux deux fonctionnaires généraux, aux Supérieurs de districts, de Maisons autonomes et de séminaires, le pouvoir "d'administrer le Sacrement de confirmation en l'absence et en cas d'empêchement de l'Évêque, tout en observant le rite indiqué dans le Rituel Romain" (Ordonnances concernant les Pouvoirs et facultés dont jouissent les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, p.16, n°35).
images/icones/fleche3.gif  ( 999555 )Document confidentiel à l'origine par Candidus (2026-05-22 23:43:25) 
[en réponse à 999553]

L'existence de ce document interne qui n'était pas destiné à être diffusé, a été révélée au mois de mai 1981 par l'abbé Bernard Lucien. La FSSPX n'a jamais démenti son authenticité.
images/icones/carnet.gif  ( 999556 )L'abbé Belmont par Halbie (2026-05-22 23:59:12) 
[en réponse à 999553]

Démontre justement que Mgr Lefebvre n'avait pas le droit de procéder à cette délégation.
images/icones/croix_byzantine.png  ( 999521 )Pourquoi avoir changer la formule de la confirmation ? par lumineux (2026-05-22 18:53:20) 
[en réponse à 999512]

Dans la formule traditionnelle, le ministre affirme explicitement son rôle : *"confirmo te"* (je te confirme). Dans la nouvelle formule, le ministre ne fait que prononcer une invocation ou une salutation ("Reçois..."). La théologie scolastique enseigne que le sacrement doit être posé par le ministre en tant qu'instrument du Christ ; l'absence d'une forme verbale exprimant l'action sacramentelle du ministre est discutable....
images/icones/pelerouin1.gif  ( 999522 )La pensée de Mgr Lefebvre par Jean-Paul PARFU (2026-05-22 19:11:02) 
[en réponse à 999521]

Voici quelques affirmations de Mgr Lefebvre sur la validité de la confirmation dans le nouveau rite.

– Sermon lors d’une cérémonie de confirmations à Écône, le 2 juin 1974 :

Je n’irai pas jusqu’à dire que le sacrement de confirmation donné aujourd’hui ne serait pas valide. Il pourrait se faire que le sacrement ne soit pas valide, en tout cas, il peut se faire que le sacrement soit douteusement valide. C’est-à-dire qu’il soit douteux car le saint chrême est la matière du sacrement de confirmation. Et aujourd’hui, malheureusement, on entend dire que le saint chrême est fait, parfois, avec des huiles dont l’origine est douteuse. D’après ce que nous ont appris les auteurs de théologie – ce ne sont pas des sentiments personnels- ces matières seraient douteuses. On nous a toujours dit cela, que l’on ne pouvait pas employer n’importe quelle huile pour faire le saint chrême.

– Sermon lors d’une cérémonie de confirmations à Écône, le 22 mai 1988 :

Ce n’est pas un secret de vous dire que ce matin s’est présentée une famille venant des États-Unis. Je vous félicite d’avoir cette conviction qu’il faut que les enfants reçoivent les grâces par les sacrements dont les rites sont sûrs ; dont les rites sont certains et certainement valides. On ne peut pas aller dans les églises et recevoir des sacrements dont on se demande s’ils sont valides ou pas valides. Parce que les rites ont été changés, les traductions sont nouvelles, la traduction du sacrement, des formules. Et puis même si c’est le cas du sacrement de confirmation, on ne sait pas avec quelle huile le sacrement est conféré.

– Dans le Bulletin Officiel du District de France de la Fraternité Saint-Pie X du mois de mai 1989, l’abbé Pivert a publié une photocopie d’une lettre manuscrite de Mgr Lefebvre, dont voici la teneur :

+ Ecône, le 25 avril 1988

Cher Monsieur l’abbé Pivert,

En effet, le sacrement de la Confirmation est peut-être celui qui pose le plus de problèmes actuellement, en ce qui concerne sa validité.

A Rome on nous reproche les confirmations sous condition, ce à quoi nous répondons que nous comprenons les doutes des parents :

1° pour la validité douteuse de la traduction de la forme nouvelle latine qui est « accipe sigillum Spiritus Sancti ». Ce qui importe, c’est le « sigillum ». Comment est-il traduit ? Est-il toujours traduit ? « Reçois la marque » serait plus clair que « sois marqué ». Mais il arrive qu’il est tout simplement dit : « Reçois le Saint-Esprit », ce qui est certainement invalide.

Si « sigillum » est bien traduit, il n’y aurait pas de doute sur la forme. Autrement il y a doute.

Il y a aussi désormais l’intention. Mgr Bontemps [14] a affirmé dans sa Semaine religieuse de Chambéry : « La confirmation ne donne pas le Saint-Esprit, mais fait prendre conscience du Saint-Esprit reçu au baptême. »

Ses confirmations ne sont pas valides.

Sont-ils nombreux à penser cela désormais ?



2° La matière est aussi un sujet d’inquiétude. La tradition de l’huile d’olive est telle qu’on peut vraiment douter de la validité d’une autre huile végétale.

Vingt siècles d’usage – les réprimandes de Rome contre les autres huiles – les prières de la consécration toutes rédigées pour l’huile d’olive, le consensus général des moralistes, du Catéchisme du concile de Trente – nous obligent à penser que cette matière est d’intention divine et fait partie de la substance du sacrement.

Il est possible, mais non certain, que beaucoup d’évêques utilisent de l’huile d’olive, surtout dans les pays où pousse l’olivier.

Voilà bien des sujets de doute et difficilement contrôlables, sauf à écrire aux évêchés pour demander quelle est la forme et quelle est la matière du sacrement de confirmation.

C’est pourquoi je n’hésite pas à confirmer sous condition lorsqu’on me le demande. Le sacrement est trop important, aujourd’hui surtout, pour qu’on le néglige.

Ce serait aux parents d’écrire éventuellement aux évêchés.

J’espère vous avoir répondu suffisamment.

Bien vôtre in Christo et Maria,

+ Marcel Lefebvre.
images/icones/iphone.jpg  ( 999547 )Le seul argument valable par Signo (2026-05-22 22:48:35) 
[en réponse à 999522]

Est celui de l’huile utilisée. Il est étrange et paradoxal que ce soit précisément à l’époque où il n’a jamais été aussi facile de trouver de l’huile d’olive à n’importe quel endroit de la planète que l’on décide d’admettre la possibilité d’utiliser d’autres huiles.

Mais pour le reste il n’y a pas de raison sérieuse de remettre en doute la validité des sacrements conférés. Une remise en cause générale, en plus d’être indéfendable à l’analyse remet en cause l’indéfectibilité de l’Eglise. C’est donc une position non-catholique.