Le Forum Catholique
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( 999302 )
En guise de conclusion: La Liturgie romaine, la plus abimée par Ludwik (2026-05-18 05:48:45)
Destruction de l’organisation traditionnelle du sanctuaire, d’origine antique, et indirectement "apostolique" (au moins depuis la légalisation de l'Eglise dans l'empire romain).
Destruction des liturgies locales légitimes (notamment gallicanes en France).
Perte du sens cosmique de la liturgie et adaptation du sanctuaire à la pastorale.
« Invention » de la messe dite basse, etc.
Réforme du psautier par Pie X
Réforme de la semaine sainte
La liturgie romaine est incontestablement celle qui a le plus souffert, celle qui a été le plus réformée.
Si 1969 constitue une rupture — car c’en est bien une —, la perpétuelle évolution et modification du rite n’y sont pas pour rien.
La dérive du mouvement liturgique, était elle une simple dérive ? Ne portait elle pas en elle-même les germes de la rupture ?
En évitant un raisonnement théoléologique, il faudra quand même un jour répondre à cette question.
Le jacobinisme liturgique est l'un des pires maux imaginables.
Dans l’histoire d’un rite, il existe une époque où celui-ci atteint son épanouissement et ne devrait plus être touché. Le rite romain n’a cessé de souffrir de ces perpétuelles modifications.
Peut-être parce que, contrairement à l’ensemble des autres rites, la liturgie romaine n’est pas l’affaire des moines.
Et en dehors des monastères — et encore — l’influence du monde pénètre profondément l’Église à chaque époque.
Il n’empêche : comme cela est trop souvent oublié, Vatican II puis la réforme liturgique ne sont pas seulement des points de départ, mais surtout des conséquences et un aboutissement.
Y penser avec du recul donne le vertige : seuls deux évêques latins s’opposeront à la réforme liturgique.
Tous les évêques du concile célébraient quotidiennement la messe dite tridentine. Bien peu la comprenaient.
La forme était encore là ; l’esprit était déjà mort.
Les siècles précédents l’avaient tué.
La rupture de 1969 ne doit pas masquer la continuité profonde de ces évolutions, d’abord la continuité humaine. En 1970, ce ne sont pas de nouveaux évêques et prêtres qui surgissent : ce sont les mêmes qu’en 1962.
Paradoxalement, 1969 constitue aussi, d’une certaine manière, une sorte de coup d’arrêt à la perpétuelle modification du rite du coté des traditionalistes.
Combien de prêtres non tradis perçoivent encore la dimension cosmique de la liturgie ? Quasi aucun.
Combien de prêtres tradis la perçoivent ? Bien peu.
Combien se souviennent que la Liturgie n'est pas ancillaire de la pastorale, mais que cette derniére est au service de la Foi et de de Liturgie.
Adapter la liturgie à la pastorale, est une inversion des valeurs, un contre sens, mais aussi une apocalypse, c'est à dire une révélation; La révélation de la perte du sens de la Liturgie dans l'ensemble de l'Eglise latine.
PS :
- Intéressant de se rappeler que Mgr Lefebvre souhaitait une réforme liturgique, la conservation du latin uniquement pour le canon, etc. Mais la rupture créera comme un électrochoc.
- Intéressant aussi de constater que, sur le FC, des latins plutôt habitués à la messe romaine de 1962 ne comprennent pas l’importance de l’arcane, ne perçoivent pas l’importance de la rupture d’il y a 500 ans.
Les liturgies apostoliques dérivent toutes de la liturgie du Temple de Jérusalem. La séparation du Saint d’avec le Saint des Saints est un élément constitutif et majeur de la continuité entre l’Église de l’Ancien Testament et celle du Nouveau Testament.
==> Et pourtant, un fidèle de la FSSPX parle d’ésotérisme et de participation des fidèles.
La forme est là ; l’esprit est mort depuis bien longtemps.
- Je serais heureux si un Liturgiste, comme le cher abbé Barthe, me corrigeait. Ce texte est l'expression de mon malaise par rapport à la liturgie romaine: absence de jubé ? Micro partout ? Manque d'unité ? Sans dout quelque chose que je n'arrive pas à exprimer aussi.

( 999303 )
Ce post se voulait la suite par Ludwik (2026-05-18 05:51:07)
[en réponse à 999302]
de
cette discussion.
Milles excusses.
Ceci dit comme début d'une nouvelle discussion, ce n'est peût-être pas si mal.

( 999304 )
Au-delà des clivages : la modernité invisible par Réginald (2026-05-18 06:59:28)
[en réponse à 999302]
Même si je ne partage pas entièrement le radicalisme de votre thèse, elle a néanmoins le mérite de montrer la complexité de l’histoire liturgique et le fait que la réforme de 1969 n’est pas sortie ex nihilo.
A partir du moment où l’on estime que le but de la messe est que le fidèle « comprenne tout immédiatement » et « participe visiblement » à chaque instant, le modèle médiéval du Saint des Saints tend inévitablement à s’effacer.
Il y a là une dynamique historique profonde, qui dépasse largement les clivages habituels entre progressistes et tradis. Ceux qui, aujourd’hui, mobilisent les outils les plus contemporains ( intelligence artificielle, communication événementielle, logiques de flux, bracelets connectés, écrans géants ou produits dérivés) pour organiser de grands rassemblements religieux sont, souvent malgré eux, eux aussi héritiers d’une modernité liturgique et pastorale centrée sur la visibilité, l’accessibilité et l’expérience collective immédiate.

( 999305 )
Il ne vous a pas échappé par Jean-Paul PARFU (2026-05-18 07:29:21)
[en réponse à 999302]
Que le rideau du Temple s'est déchiré, de haut en bas, au moment même de la mort de Jésus sur la Croix.
Le Saint des Saints ne fut donc plus, à partir de ce moment, la demeure de Dieu. Il ne vous a pas non plus échappé que le Temple de Jérusalem a été détruit par les Romains en l'An 70 de notre ère et il ne vous a pas enfin échappé que l'Ancienne Alliance est depuis lors caduque !
Dieu et le Ciel sont, a priori, désormais directement accessibles à tous les hommes, à condition qu'ils soient baptisés.
Enfin, cessez de personnaliser vos indignations en insistant lourdement sur la prétendue ignorance ou bêtise de vos contradicteurs.

( 999372 )
Ludwik a raison par Signo (2026-05-18 23:59:02)
[en réponse à 999305]
En Occident nous avons perdu le véritable sens du culte chrétien et peut-être même de la révélation chrétienne, depuis déjà plusieurs siècles.
M. Parfu, votre approche de la liturgie est potentiellement moderniste et proto-bugniniste. Vous confondez l’âge présent, qui est un âge intermédiaire, avec l’âge définitif de dévoilement total qui sera inauguré par la Parousie. Ainsi vous sapez les fondements mêmes de la liturgie chrétienne traditionnelle et vous préparez les esprits à la nouvelle liturgie.
Pourtant S. Paul est très clair:
Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu.
1 Cor. 13, 12

( 999373 )
Vous racontez n'importe quoi ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-19 05:23:46)
[en réponse à 999372]
Et cessez de traiter continuellement les uns et les autres, et moi en particulier, d'hérétiques, de schismatiques, de modernistes, etc...
Le texte de St Paul que vous citez concerne notre condition présente qui n'est pas celle du Ciel et de la vision béatifique.
Mais il vous a sans doute échappé que, contrairement aux juifs de l'Ancienne Alliance, nous pouvons tous entrer dans une église et nous recueillir devant le tabernacle, voire assister à la messe et, si nous sommes baptisés, avons fait notre première communion et sommes en état de grâce, communier !

( 999379 )
Oui par Signo (2026-05-19 07:14:47)
[en réponse à 999373]
Effectivement ont sent chez vous une certaine influence crypto-protestante. Ça se confirme…
Vous écrivez:
Le texte de St Paul que vous citez concerne notre condition présente qui n'est pas encore celle du Ciel et de la vision béatifique.
.
Effectivement, c’est ce que j’essaie de vous dire. Notre condition n’est pas celle du Ciel et de la vision béatifique. D’où la nécessité d’une arcane résiduelle même pour ceux qui ont reçu l’illumination baptismale.
Oui vous avez raison, nous pouvons tous entrer dans la nef qui est l’équivalent de l’intérieur du Temple, la partie autrefois réservée aux prêtres, car nous sommes tous prêtres par le baptême.
MAIS nous n’entrons pas encore dans le sanctuaire, c’est à dire dans le Saint des Saints, où le Christ seul et unique grand-prêtre est entré, nous obtenant la Rédemption. Et avec la communion, le gage de la Gloire future nous est donnée,
mais sous une forme voilée, sous les voiles des espèces sacramentelles.
Dans la liturgie chrétienne, le voile des espèces eucharistiques, les voiles du sanctuaire, les iconostases et chancels, les voiles du tabernacle, les règles restrictives d’accès au sanctuaire où se tient l’autel du sacrifice, tout cela constitue une arcane résiduelle, demeurant même pour les baptisés, et symbolise la condition inachevée et provisoire dans laquelle l’Eglise militante pèlerine à travers les vicissitudes de l’histoire, vers le Royaume céleste. C’est seulement dans celui-ci à la Parousie que nous verrons le Dieu vivant, face à face, sans voile ni barrières.
Cette
impatience, cette manière de se croire déjà arrivés à destination, de déjà voir Dieu face à face et sans voiles, est typiquement moderniste et protestante. Cette négation du caractère intermédiaire et provisoire de notre condition présente conduit purement et simplement à l’abolition de toute mystagogie liturgique chrétienne, et en définitive du culte chrétien lui-même.

( 999381 )
La cuistrerie personnifiée par Jean-Paul PARFU (2026-05-19 08:17:34)
[en réponse à 999379]
Qui nous apprend que nous ne sommes pas encore arrivés au Ciel. Le même qui nous expliquait ce qu'est la Tradition.

( 999401 )
Ah bon ? par Regnum Galliae (2026-05-19 12:43:48)
[en réponse à 999372]
Attention à ne pas entretenir de confusion avec le terme "occident". L'Eglise d'occident, la latine, est pure de toute tache et c'est elle qui est l'exemple à suivre. Et si le fait d'avoir tout figé au IVè siècle était justement l'eerreur à ne pas commettre ? Car enfin, à force de ne tolérer aucune modification, vos Orientaux ont fini par professer l'hérésie (refus du Filioque, des dogmes mariaux, etc.) à l'exception notable des catholiques de rite orientaux qui ne doivent leur
En parallèle, les sociétés occidentales se sont laïcisées et déchristianisées. En ce sens, elles ont perdu le sens du sacré. Mais la Tradition catholique latine continue d'offrir la plénitude de la grâce à qui veut la saisir. Pour preuve, le saint curé d'Ars ou le Padre Pio, pour ne prendre que ces exemples les plus connus, semblaient avoir le sens du culte chrétien. Etaient-ils simplement de bons acteurs ?
Moi aussi j'ai un côté romantique et je regrette l'époque où les églises étaient réellement orientées. Mais franchement, priez-vous mieux dans une église orientée que dans une église faisant face au sud ? 2000 ans après Notre Seigneur, avons-nous encore besoin de nous tourner vers le soleil levant pour nous figuer la gloire du Dieu qui vient ?

( 999405 )
Faut-il répondre ? par Ludwik (2026-05-19 13:12:03)
[en réponse à 999401]
Tout est confus dans votre message.
La liturgie byzantine n’est certainement pas figée depuis le IVe siècle ; elle continue d’évoluer jusqu’au XIVe siècle au moins.
Il n’y a par ailleurs aucun rapport ici avec le Filioque.
En quoi la tradition latine serait-elle « pure et sans tache » ?
Parlez-vous de la Tradition, avec un grand T — élément constitutif de la foi catholique et, par définition, partagée par tous les catholiques quel que soit leur rite — ou de traditions locales, et donc discutables ?
Pourquoi la tradition latine devrait-elle servir de norme universelle ? L’enseignement des papes vous contredit précisément sur ce point.
Ensuite, voir les Églises dites orthodoxes comme la continuité des Églises orientales d'avant le schime est une vision typiquement orthodoxe, mais nullement catholique.
Enfin, vous mélangez la perte de certains symboles (par exemple l’orientation liturgique) avec votre sensibilité ou avec une considération sur l'efficacité de la prière.
Quel rapport? Quitte à faire dans le sophisme, allons-y: « Dieu entend toutes les prières dans toutes les langues, donc pourquoi conserver des langues liturgiques ? »

( 999410 )
Précisions par Signo (2026-05-19 15:11:36)
[en réponse à 999401]
Personnellement je considère la liturgie latine traditionnelle comme ma « langue maternelle » et le seul cadre liturgique dans lequel je me sens chez moi.
Je considère également que lorsqu’elle n’est pas célébrée de manière déformée, elle n’a rien à envier aux différents rites orientaux. Et tout compte fait, je préfère la sobriété et la concision latines à la luxuriance orientale. Mais toutes ces traditions prises en elles-mêmes sont égales en dignité et en profondeur spirituelle.
Le problème précisément, c’est qu’elle est généralement comprise et donc mal célébrée depuis plusieurs siècles déjà. C’est d’ailleurs ce qui explique la révolution liturgique des années 1960: aurait-on jeté aux oubliettes une liturgie aussi sublime si on en avait pas complètement perdu le sens profond?
Cette perte du sens profond ne se retrouve pas de manière aussi dramatique dans les Églises orientales, qui dans l’ensemble sont restées plus proches de l’esprit originel du culte chrétien. Tout cela n’a d’ailleurs rien à voir avec les questions dogmatiques que vous évoquez.
Pour le reste Ludwik vous a bien répondu. Les rites orientaux ont bien sûr une histoire et ont beaucoup évolué à travers les siècles.
En fait je considère que le rite romain tout comme les rites orientaux est arrivé à maturité à la fin du Moyen Âge (XIVe siècle environ). Après ce stade de maturité tout l’enjeu est de conserver l’essentiel du rite, et ne procéder qu’à des modifications mineures. C’est ce que n’ont pas compris les réformateurs des années 1960, qui ont prétendu retrouver artificiellement une hypothétique « pureté antique » que la piété médiévale serait venu corrompre.

( 999419 )
Je me permets de relever... par Pétrarque (2026-05-19 18:37:58)
[en réponse à 999410]
...cette phrase de votre réponse, cher Signo, car elle me paraît discutable :
Le problème précisément, c’est qu’elle est généralement comprise et donc mal célébrée depuis plusieurs siècles déjà. C’est d’ailleurs ce qui explique la révolution liturgique des années 1960: aurait-on jeté aux oubliettes une liturgie aussi sublime si on en avait pas complètement perdu le sens profond ?
Il faut, je crois, grandement nuancer cela.
Il y a certes un éloignement du sens liturgique de beaucoup de fidèles au milieu du XXe siècle, mais on voit parallèlement beaucoup de paroisses maintenir une éducation à ce sens parmi leurs ouailles, en particulier dans le sillage du premier mouvement liturgique et des encouragements de saint Pie X concernant le chant grégorien.
Il n'est que de voir les tirages et les ventes d'ouvrages spécialisés de l'époque, chez Desclée, chez Vitte, chez Mame, chez Oudin... qui furent lus, relus et parfois annotés jusque dans des paroisses de campagne, et qui remplissent aujourd'hui les brocantes ou les bouquineries.
Des paroisses fort modestes bénéficient ainsi parfois à cette époque de chantres très compétents, qui connaissent très bien le grégorien et possèdent leur 800, et ce même dans des milieux parfois très modestes.
L'écart se creuse dans les années 30, où certaines paroisses sont déjà touchées par le second mouvement liturgique, marqué par des intentions clairement novatrices sous couvert de retour aux origines, et loin d'être exempt de visées oecuménistes.
Sans parler de la force d'entraînement formidable de la bourgeoisie catholique, souvent piquée de libéralisme, et qui a bien souvent reproduit les travers de sa devancière, avant 1789...
Couplé au néo-modernisme en théologie, encouragé dans un nombre croissant de séminaires et de communautés religieuses (les dominicains en France, entre autres) c'est précisément cet esprit qui va s'enhardir à la fin du pontificat de Pie XII et triompher au moment de Vatican II.
Pourquoi les fidèles ont-ils suivi ?
Je crois que c'est exactement pour les mêmes raisons que celles qui ont poussé leurs évêques, pourtant majoritairement bien formés, à suivre le sens du vent.
L'air du temps, la facilité, le climat croissant de contestation, le respect humain et un état d'esprit quelque peu moutonnier...
Je l'ai clairement compris en discutant avec des gens de la génération de mes grands-parents, qui avaient la quarantaine au moment du Concile, et qui, pourtant bien formés et aimant la messe traditionnelle - dont ils avaient parfois une compréhension très profonde - ont tout lâché en quelques années parce qu'il fallait bien "obéir aux évêques et aux curés"...
Il y a certes eu pour beaucoup un déficit de formation liturgique, mais il y a surtout eu un formidable mouvement de subversion, qui, comme d'habitude, a fait tout son profit des faibles et des timorés.

( 999477 )
Effectivement par Signo (2026-05-21 02:13:43)
[en réponse à 999419]
Il faudrait nuancer et faire des distinctions.
Je pense qu’il faut notamment distinguer entre les régions « riches » sur le plan catholique et les régions « pauvres ».
Par régions « riches » j’entends des régions avec une forte pratique religieuse (l’Ouest, le Nord, l’Est etc), qui sont aussi les régions les plus fortement impliquées dans le mouvement liturgique. Ces régions connaissent un affrontement plus fort au moment des années 1960 avec des clercs attachés au mouvement liturgique classique s’opposant aux nouveautés que veulent imposer les clercs gagnés à la mouvance la plus pastoraliste et moderniste du mouvement liturgique.
Par exemple en Alsace, région très pratiquante avant le Concile et avec une forte tradition chorale, encore dans les années 1970 on trouve des curés ayant adopté la réforme mais ayant conservé de nombreux aspects de la liturgie préconciiliaire (Septuagésime, manipule, procession de la Fête Dieu, vêpres grégoriennes du dimanche avec Salut, ordinaire et au moins une partie du propre grégorien pour la messe…). Ce sont souvent des curés engagés ou adhérent aux idées du mouvement liturgique tendance classique (Saint Pie X, Parsch, dom Lefebvre). Mgr Lefebvre lui-même provient d’un milieu fortement gagné au mouvement liturgique. En général ces curés seront forcés d’adopter la pastorale progressiste au bout de quelques années ou de démissionner.
Dans les régions pauvres (pratique faible, pas de tradition chorale forte,etc), les idées progressistes ne trouvent aucune résistance solide et s’imposent donc sans difficulté.
Et bien évidement, une conception viciée de l’obéissance et une docilité routinière chez beaucoup de fidèles est l’un des facteurs majeurs expliquant l’étonnante facilité avec laquelle la révolution liturgique a été acceptée par la majorité des fidèles.

( 999417 )
Également par Signo (2026-05-19 17:05:43)
[en réponse à 999401]
À propos de l’orientation, vous écrivez:
Moi aussi j'ai un côté romantique et je regrette l'époque où les églises étaient réellement orientées. Mais franchement, priez-vous mieux dans une église orientée que dans une église faisant face au sud ? 2000 ans après Notre Seigneur, avons-nous encore besoin de nous tourner vers le soleil levant pour nous figuer la gloire du Dieu qui vient ?
La question de l’orientation du culte et donc des édifices chrétiens n’a strictement rien à voir avec un quelconque romantisme. C’est une question absolument fondamentale de symbolisme cosmique et naturel mis au service des plus hautes réalités théologiques. Pour le comprendre il faut écouter ce qu’en dit
Marcel Pérès avec une clarté remarquable.
Le romantisme est par nature psychique et artificiel. Une spiritualité fondée sur l’objectivité d’un symbolisme cosmique prend appui sur l’expérience corporelle et psychique pour élever l’homme tout entier vers la Vérité spirituelle et métaphysique.
Oui je prie mieux dans une église orientée, et oui parce que nous sommes des êtres incarnés nous avons besoin de ce symbolisme élémentaire. Car la lumière matinale qui illumine le sanctuaire par la fenêtre absidiale, chassant les ténèbres au moment des laudes, puis, rayonnant avec encore plus de splendeur, transfigure la croix d’autel durant la célébration du sacrifice eucharistique vers la troisième heure, est le plus puissant symbole qui soit exprimant et rendant présent le mystère pascal: la Croix transfigurée par la Résurrection, la victoire de l’Agneau immolé mais vivant rendu présent sur nos autels.
Le symbolisme du soleil levant n’est pas lié à une époque où à un contexte donné. C’est un symbolisme universel, valable à toutes les époques, parce que correspondant à une expérience fondamentale et permanente de l’existence humaine. Ce n’est que parce que nous vivons coupés de la nature et de ses rythmes depuis quelques siècles que nous n’en saisissons plus l’importance.

( 999426 )
Il y a quand même besoin de quelques prérequis par Balthazar (2026-05-19 19:19:14)
[en réponse à 999401]
Moi aussi j'ai un côté romantique et je regrette l'époque où les églises étaient réellement orientées. Mais franchement, priez-vous mieux dans une église orientée que dans une église faisant face au sud ? 2000 ans après Notre Seigneur, avons-nous encore besoin de nous tourner vers le soleil levant pour nous figuer la gloire du Dieu qui vient ?
Ça n'a strictement rien à voir avec du romantisme mais tout avec une ambiance calée, construite, voulue, pensée au service de la messe et de la transsubstantiation. Ce n'est pas du romantisme du tout, mais des techniques spirituelles que d'autres traditions dans le monde ont gardées et que nous avons inscrites dans nos vieilles cathédrales et sur nos chemins de pèlerinage.
Ensuite, évidemment que le Padre Pio et le Curé d'Ars sont d'immenses saints, mais je me permets de signaler qu'il suffirait de pas grand chose pour que les prêtres soient davantage habités par la "Personne du Christ" à la messe. Or, force est de constater que les prêtres savent peu faire.

( 999316 )
Approche des sujets par Adso (2026-05-18 10:49:16)
[en réponse à 999302]
visiblement, je ne suis pas le seul à le remarquer, vous avez une approche des sujets qui est assez étrange, empreinte de suffisance...(encore que le mot ne soit pas complètement approprié, mais je n'en vois pas d'autre, désolé !) cela ne donne pas envie d'aller au bout de ce que vous écrivez
C'est dommage...

( 999361 )
Marketing agressif par Ludwik (2026-05-18 20:05:35)
[en réponse à 999316]
Nécessaire pour déclencher avec les Français des confrontations intéressantes.
Des confrontations naissent des idées intéressantes.
De mon expérience personnelle sur ce forum, j’ai retenu qu’aborder un sujet avec prudence et modération ne suscite guère de réactions.
Par exemple, parler d’un martyr crucifié par le NKVD sur le mur de sa prison fera au maximum 200 lectures, quand les commentaires sur le décès de BB en font dix fois plus.
J’en ai tiré plusieurs conclusions : ce qui intéresse ici, c’est le débat.
Mais attention : le débat à la française — agressivité, personnalisation, style cassant.
Dont acte.
Grâce à cela, le fil sur l’arcane m’a appris bien des choses et m’a permis d’affiner ma compréhension.
Et avouez que je ne tape pas bas.
Ma remarque sur les démocrates-chrétiens avec un QI à deux chiffres ne visait personne en particulier, puisqu’elle ne constituait pas une réponse à quelqu’un, mais figurait dans le post initial.
PS:
— Merci à MG, qui s’est prêté de bonne grâce à l’exercice ; sans lui, le fil n’aurait jamais pris.
— Merci à JP Parfu, qui s’est également prêté malgré lui à l’exercice. Vous restez, cher Maître, mon meilleur « sparring partner ».
— Je remercie également Reginald, Luc Perrin et Signo (ainsi que tous les autres) ; leurs posts m’ont beaucoup intéressé.

( 999374 )
Non Ludwik ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-19 05:36:49)
[en réponse à 999361]
Ce marketing agressif que vous vantez, est dans votre nature et est présent dès vos premiers messages sur le Forum. Et il n'est pas chrétien !

( 999376 )
Grâce à vous par Ludwik (2026-05-19 06:32:42)
[en réponse à 999374]
J'ai retrouvé ce fil et ce post que j'avais oublié, fil que j'ai relu avec intérêt.
Il abordait d'une autre maniére le théme de l'arcane.
ici

( 999375 )
Au delà des mots par Ludwik (2026-05-19 06:18:38)
[en réponse à 999361]
et de ma nature est peu chrétienne. Si vous relisez mes messages de 2022, ainsi que ceux consacrés à l’Église ukrainienne, je doute que vous y trouviez beaucoup d’agressivité, autre que défensive.
Mais depuis que l’on m’a doctement exposé que la valeur d’un martyr était dépendante du contexte du moment, et que la canonisation de Joseph Staline serait bienvenue — pour citer quelques exemples de l’hostilité permanente qui enveloppe l’Église ukrainienne —, je fais un effort pour être le plus piquant possible.
Et cela fonctionne. Marketing agressif, vous dis-je.
Pour ce qui est de l’Ancienne Alliance, qui est caduque, elle l’est précisément parce que l’Église de l’Ancien Testament se poursuit dans celle du Nouveau.
Si le voile du Temple de Jérusalem se déchire, c’est parce qu’à la mort du Christ, le Saint des Saints du Temple de Jérusalem n’est plus. Car désormais, c’est le corps du Christ lui-même qui est le véritable Temple — celui dont Jean l'Évangéliste rapporte la parole :
« Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19).
Lui succède, sans interruption, l’Église du Nouveau Testament — héritière de la même Alliance, accomplie et non abolie, selon la parole du Seigneur :
« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17).
Aussi, la reprise de l’organisation du Temple par l’architecture chrétienne est normale, légitime, et montre bien la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

( 999377 )
Ouille ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-19 06:55:51)
[en réponse à 999375]
Expliquez-nous ce que signifie l'expression : "l'Eglise de l'Ancien Testament" ?

( 999396 )
Les actes des apôtres : ouille ! par Ludwik (2026-05-19 11:30:00)
[en réponse à 999377]
Actes 7, 38 :
Texte grec :
οὗτός ἐστιν ὁ γενόμενος ἐν τῇ ἐκκλησίᾳ ἐν τῇ ἐρήμῳ μετὰ τοῦ ἀγγέλου τοῦ λαλοῦντος αὐτῷ ἐν τῷ ὄρει Σινᾶ καὶ τῶν πατέρων ἡμῶν, ὃς ἐδέξατο λόγια ζῶντα δοῦναι ἡμῖν.
Texte latin (Vulgate) :
Hic est qui fuit in ecclesia in deserto cum angelo qui loquebatur ei in monte Sina et cum patribus nostris, qui accepit verba vitae dare nobis.
L’Église (= assemblée) du désert est cette « Église de l’Ancien Testament ».
Le mot ecclesiae est utilisé à plusieurs reprises dans l'ancien testament (Septante). Bien sur l'identité philologique n'est pas celle du concept, mais je vous ferais remarquer que l'emploi de cette formule n'est pas en soi problématique.
Cette Église du désert est une préfiguration de celle du Nouveau Testament, avec un sacerdoce, des prescriptions légales et morales (saint Thomas d'Aquin parle de préfiguration des sacrements).
Mon coté taquin, vous fera remarquer que vous avez probablement trop lu le catéchisme de la crise et pas assez les Actes des Apôtres.
Vous devriez éviter de faire comme Ludwik et prendre vos interlocuteurs pour des faibles d’esprit !
Ceci dit, si je souligne ici la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament, ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas aussi rupture.
Les prescriptions de l’ancienne Loi ne donnant pas la grâce.
Mais plusieurs thèses n’épuiseraient pas le sujet.
Je m’arrête donc là.

( 999380 )
Relire les Ecritures par Jean-Paul PARFU (2026-05-19 07:36:54)
[en réponse à 999375]
Le voile déchiré de haut en bas est un fait historique. La signification profonde de cet événement est expliquée dans l’Épître aux Hébreux. Les choses du Temple étaient l’ombre des choses à venir. Par la mort de Jésus, les fidèles ont maintenant un libre accès à Dieu.
Le voile du Temple était un rappel constant que le péché sépare l’humanité de la présence de Dieu. Le fait qu’un sacrifice était offert tous les ans pour le péché et que d’innombrables autres sacrifices étaient répétés quotidiennement montre clairement que les sacrifices d’animaux étaient insuffisants pour expier le péché. Jésus-Christ, par sa mort, a renversé la barrière entre Dieu et l’homme, si bien que maintenant, nous pouvons nous approcher de Lui avec assurance et hardiesse (Hébreux 4.14-16).

( 999384 )
vous confondez par Réginald (2026-05-19 09:30:42)
[en réponse à 999380]
l'ordre du Salut (l'accès invisible à la Grâce par le Baptême) et l'ordre de la Liturgie terrestre (qui reste une médiation sacramentelle).
Si votre lecture hyper-littérale de l'Épître aux Hébreux était exacte — à savoir que le sacrifice du Christ abolit ipso facto toute distance sacrale, tout besoin de médiation et toute économie du mystère dans le culte —, alors le sacerdoce catholique lui-même n'a plus de raison d'être. Si l'accès est désormais "direct, sans écran et sans barrière", pourquoi un autel séparé ? Pourquoi un chœur ? Pourquoi un prêtre ordonné agissant in persona Christi ? Un simple pasteur ou un président de table suffiraient.
L'Église catholique a toujours professé que si le voile est déchiré au Ciel, la liturgie sur terre reste le lieu du mystère voilé, précisément parce que nous ne sommes pas encore dans la vision béatifique. Les faits historiques et la pratique constante de la Tradition restent têtus, n'en déplaise à votre exégèse de circonstance.

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Ah ? par Jean-Paul PARFU (2026-05-19 10:38:23)
[en réponse à 999384]
Nous n'avons pas encore la vision béatifique ? Ah ben ça alors, Heureusement que vous êtes là pour me rappeler à l'ordre.
En réalité, c'est Signo qui confond l'ordre du salut et la liturgie terrestre. Comme nous appréhendons le Ciel au travers de la foi, des sacrements, de la grâce, il prétend que le voile de la foi peut être assimilé au voile du Temple de Jérusalem.
C'est ne rien comprendre à ce qu'a apporté le Sacrifice du Christ et c'est ne rien comprendre aux différences entre l'Ancienne Alliance et l'Alliance Nouvelle et éternelle !

( 999395 )
Le voile déchiré signifie par Réginald (2026-05-19 10:52:06)
[en réponse à 999394]
que le Ciel est ouvert et que l’homme peut désormais accéder au salut par le Christ.
Il ne signifie pas que la liturgie terrestre doive devenir pure transparence immédiate. Tant que l’homme demeure en pèlerinage ici-bas et non dans la vision béatifique il a encore besoin d’une médiation sacramentelle et d’un langage symbolique pour entrer dans le mystère divin.
C’est pourquoi le christianisme a toujours conservé des formes de sacralité liturgique : silence, orientation, hiérarchie des espaces, rideaux, iconostases, etc . Non pour recréer l’ancienne exclusion du Temple, mais pour signifier que Dieu demeure toujours le Mystère transcendant que nous ne possédons pas encore dans la pleine vision.

( 999425 )
Sens cosmique de la liturgie ? par Balthazar (2026-05-19 19:13:11)
[en réponse à 999302]
Je ne peux qu'être d'accord avec vous, mais sur ce point, il faut faire appel à des connaissances parallèles avec lesquelles, nous les catholiques, ne sommes pas familiers. Les orthodoxes le sont davantage, car toute leur théologie, celle des énergies divines, de St Grégoire de Palamas est centré sur ce domaine.
Après, attention, néanmoins, en ce domaine dit du "cosmique", ou du "tellurique", les choses évoluent plus qu'on ne le croit ce qui peut justifier des changements de configuration dans l'église, etc.
Attention également, ces configurations sont certes importantes d'un point de vue spirituel, mais en fait, plus importante encore est la disposition intérieure du prêtre. Or, que ce soit chez les tradis ou les non-tradis, nos prêtres sont trop cérébraux, trop attentifs, pas assez méditatifs profonds, comme chez les orthodoxes par exemple et donc ne laissent pas suffisamment passer à travers leur corps la personne du Christ.
Je vous invite à faire une recherche sur mon pseudo dans le moteur de recherche, vous verrez que je connais un peu le sujet.

( 999481 )
Bien des remarques justes, intéressantes ... "Quaerite et invenietis" par Glycéra (2026-05-21 10:14:44)
[en réponse à 999302]
Sieur Ludwik,
"Quaerite et invenietis"
en cherchant, promet Jésus, nous trouverons.
Car, si les choses sont voilées dans notre vie terrestre, elles sont faites pour un jour être dévoilées.Toutes. Au Jour de la Vraie Vie, quand Dieu nous aura accueilli dans Sa Maison, dans une de Ses demeures.
Oui, les choses sont ancrées dans la Tradition.
Celle née avec la Création.
Celle que les Caïn ont tué par colère jalouse.
Voir, voir l'invisible ? Oui, à travers le visible qui est donné pour qu'on le regarde et dévoile l'invisible que Dieu y a mis.
Le signe : de l'orientation des églises, des gestes, du nombre de répétitions, des mots à multiples acceptions, des analogies, métaphores, ressemblances ou dissemblances entre chose et concept ...
Le signe est don, cadeau divin, pour nous mettre à voir ce qui encore voilé maintenant.
Une église ?
"C'est un écrin de pierre et de verre, qui danse et chante,
autour d'une Miette de Pain."
C'est un exemple de formulation que j'aime à savourer.
Pour remettre l'église au milieu du village, terrestre.
Merci de vos remarques.
J'aime regarder ces sujets.
Ceux qui donnent de voir ce qui est "In principio", même si nous n'avons pas les mots ou les logiques intellectuelles capables de les transmettre.
En vous souhaitant un bel approfondissement.
La longueur du chemin fait souvent meilleure réception de la beauté du pays parcouru !
Avec mes reconnaissantes salutations
Glycéra