Le Forum Catholique
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( 998778 )
Réflexions (honnêtes) sur un dialogue de sourds par Ludwik (2026-05-06 18:36:00)
J'ai initialement écrit ce post en réponse
ce post ci, que je trouvais abscons.
Mais finalement mon propos étant tout autre, j'ouvre un nouveau fil.
Le post de l'individu a qui donc je voulais répondre initialement ne m'a guére étonné, il prend habituellement ses certitudes pour des vérités universelles et s'enthousiasmait récemment pour une éventuelle canonisation de Staline.
Sur le fond de ce débat, je pense qu’il faudrait
distinguer le contexte, qui est éminemment politique — et donc prier pour que Rome donne le mandat —, et
d’autre part la question en elle-même : peut-on sacrer des évêques contre la volonté du pape ?
Question qui présente un intérêt propre.
Pour répondre à cette question, intéressante d’un point de vue intellectuel, il faudrait que quelqu’un de motivé fasse le bilan des arguments.
1) Pour la FSSPX, l’argument est celui de la nécessité, liée à la crise, etc. Tout le monde aura compris.
Le deuxième argument, en réponse à l'accusation de geste schismatique, consiste à dire que les évêques n’auront pas de juridiction, et donc qu’il ne s’agit pas d’un acte schismatique. Simple.
2) Pour ceux à qui cette argumentation semble insuffisante, ce n’est pas la nécessité qui est en cause, mais la possibilité même de poser cet acte (le sacre contre la volonté du Pape), vu comme intrinsèquement mauvais, car enfreignant la constitution divine de l’Église. Simple également.
Les arguties sur le mandat n'étant guére intéressantes (le mandat n'étant que l'expression tardive, l'explicitation de quelque chose de bien plus ancien),
Et c’est là que, personnellement, je souris un peu — pour deux raisons.
==> Mgr Lefebvre était finalement un meilleur théologien que l’abbé Gleize. Il parlait de nécessité, bien sûr, mais il avait surtout compris que cela n’était pas possible, suite aux travaux de la commission instituée en 1983 par la FSSPX pour répondre à cette question.
Il s’en sortait, comme l’a rappelé Habie dans un précédent post, par ce raisonnement — je cite feu Son Excellence :
« Le problème de la situation des fidèles et de la situation de la papauté actuelle rend caduques les difficultés de juridiction, de désobéissance et d’apostolicité, parce que ces notions
supposent un pape catholique dans sa foi, dans son gouvernement. »
Autrement dit, par une forme de sédévacantisme pratique, fondée sur le constat de la non-catholicité du pape.
Ce sédévacantisme, je ne le juge pas en soi, même si je ne suis pas loin de le partager.
Or, c’est précisément ce que la FSSPX ne reprend pas actuellement. Pourquoi ?
Alors qu’en réalité, c’est le seul argument pleinement cohérent. Le reste relève de constructions destinées à éviter d’aller au bout du raisonnement et à ne pas heurter le fidèle traditionnel moyen. Bref, cela traduit une certaine forme de manque d’honnêteté intellectuelle.
J’ajoute que, dans la commission de 1983, il y avait notamment l’abbé Tissier de Mallerais. Et dans un numéro de Fideliter consacré aux dix ans des sacres, son interview est étonnamment claire.
Je laisse les amateurs retrouver le passage exact, mais, en substance, Mgr Tissier affirme : la seule solution pour que notre épiscopat soit catholique, c’est la vacance du siège.
L’interviewer, sans doute un peu étonné, lui répond : « Mais vous n’êtes pas sédévacantiste ? »
Réponse : « Non. »
Bref, tout est dit — et cela explique bien des choses.
==> Autre épisode tragi-comique : dans ce débat — ou plutôt ce dialogue de sourds —, on cherche des précédents.
Et il est assez révélateur de voir invoqué le cardinal Slipyi pour les sacres faits secrètement en 1977, à côté de Rome, souvent par des personnes n’ayant qu’une connaissance très approximative du contexte et des faits.
J’ai récemment écouté une conférence de l’abbé Chautard : il n'y connait visiblement rien, pas même les faits... mais il le cite; lamentable poudre aux yeux.
Bref, l’Église ukrainienne, si souvent méprisée par certains milieux autoproclamés « traditionnels », devient soudain objet d’attention (très orientée) — ce qui n’est pas sans une certaine ironie.

( 998780 )
Le cardinal Journet vous apporte deux réponses par Pétrarque (2026-05-06 19:27:22)
[en réponse à 998778]
1. "L'Église est le Corps mystique du Christ, elle n'est pas le corps mystique du Pape".
2. "Le Pape est le vicaire du Christ, il n'est pas son successeur".

( 998798 )
Cela avait sans doute échappé à Mgr Lefevre par Ludwik (2026-05-07 07:37:21)
[en réponse à 998780]
Si vous aviez pu alors lui apporter vos lumières !
Il n’aurait peut-être pas considéré cette objection comme infranchissable hors du cas de la vacance pratique du Siège apostolique, et n'aurait pas déclaré:
« Le problème de la situation des fidèles et de la situation de la papauté actuelle rend caduques les difficultés de juridiction, de désobéissance et d’apostolicité, parce que ces notions supposent un pape catholique dans sa foi, dans son gouvernement. »
Vous auriez aussi pu le souffler à Mgr Tissier, qui n’aurait alors pas eu besoin de dire :
« Mais il faut reconnaître que, si nous pouvions affirmer que, pour cause d’hérésie, de schisme ou de quelque vice d’élection secret, le pape n’était pas réellement pape, si nous pouvions prononcer un tel jugement, la réponse à la question délicate de notre légitimité serait évidente. »
Vite, un recueil des meilleures citations du cardinal Journet selon Pétrarque !

( 998782 )
Encore par Lenormand (2026-05-06 20:00:52)
[en réponse à 998778]
des galimatias pour justifier l'injustifiable.
Quand aurez vous fini avec toutes ces arguties ?
L'on peut-être pour ou contre la FSSPX et les sacres soit, mais cela regarde uniquement le droit canon et ses exécuteurs ! Le reste n'est que bla bla

( 998786 )
un aspect du contexte oublié dans le résumé (honnête) de Ludwik par Luc Perrin (2026-05-06 22:10:21)
[en réponse à 998778]
L'abbé Pagliarani a fait mention dans une interview du cas chinois, particulièrement depuis 2018.
Cet aspect "canonique" et "politique" à la fois entre en ligne de compte surtout dans le cadre plus général de "l'écoute" qui semble, pour les groupes de travail synodaux (cf. Rapport du cardinal Grech), présumer la bonne foi quand la demande est simplement faite.
Or la demande d'audience a été présentée en 2025 à plusieurs reprises, réitérée depuis en 2026 ; la demande des sacres a été présentée au cardinal Fernandez très officiellement.
Pour Lenormand, les fidèles ou "peuple de Dieu" (Vatican II) ne sont pas indifférents aux sacres et à la pérennité de la liturgie et de l'enseignement traditionnels, de la FSSPX et autres instituts etc. comme à T.C.
J'ai déjà renvoyé au canon 512.
Surtout les théologiens débattent ordinairement de la "réception" d'un concile et de décisions magistérielles. C'est une formulation savante pour indiquer la plus ou moins grande adhésion des baptisés à tel décret, telle décision. Pas dans le cadre d'un sondage évidemment, fort manipulable on le sait, mais dans l'application effective sur la longue durée.
Le concile oecuménique de Latran V, le dernier de la chrétienté latine unie avant la Réformation, n'a pas été reçu pour l'essentiel de ses décrets. Pour rappeler cet exemple.
Plus concrètement, sans les fidèles qui font les communautés, les financent aussi, il n'y aurait plus de Tradiland, sans même recourir à un motu proprio type T.C. Sans ses nombreux contributeurs, le F.C. serait réduit à un blog individuel au mieux.
L'attitude desdits baptisés est donc absolument essentielle : les canonistes et la Hiérarchie ne sont pas seuls dans cette affaire, loin de là. La Trinité sainte les regarde et nous regarde aussi.

( 998787 )
Interview dans Fideliter par Halbie (2026-05-07 00:31:45)
[en réponse à 998778]
Serait-il possible d'avoir accès au texte complet ?

( 998788 )
Interview de Mgr Tissiers par Ludwik (2026-05-07 02:32:19)
[en réponse à 998787]
Je ne peux malheureusement pas charger un PDF complet ici.
Mais voici l’extrait crucial.
Il montre que le problème était tout à fait vu par la FSSPX, qui ne se réfugiait pas derrière Journet ou la réception de Latran V (autre problème passionnant d’ailleurs).
Voici :
"Votre sacre, Monseigneur, n’a donc pas créé de schisme ?
— Non, et en aucune manière. Mais une question plus délicate était agitée dès 1983, quand Monseigneur Lefebvre, face au nouveau droit canon publié par Jean-Paul II, commença à envisager sérieusement de sacrer un ou plusieurs évêques : ces évêques, non reconnus par le pape, seraient-ils légitimes ? Jouiraient-ils de la “succession apostolique formelle” ? Seraient-ils, en un mot, des évêques catholiques ?
— Et cela, dites-vous, c’est une question plus délicate ?
— Oui, parce qu’elle touche aussi la divine constitution de l’Église, telle que toute la Tradition l’enseigne : il ne peut y avoir d’évêque légitime sans le pape, sans l’accord au moins implicite du pape, chef de droit divin du corps épiscopal. Alors la réponse est moins évidente, et même elle n’est pas du tout évidente… à moins de supposer…
— Mais, Monseigneur, vous n’êtes pourtant pas sédévacantiste ?
— Non, en effet. Mais il faut reconnaître que, si nous pouvions affirmer que, pour cause d’hérésie, de schisme ou de quelque vice d’élection secret, le pape n’était pas réellement pape, si nous pouvions prononcer un tel jugement, la réponse à la question délicate de notre légitimité serait évidente. L’ennui, si je puis dire, est que ni Monseigneur Lefebvre, ni mes confrères, ni moi-même, n’étions et ne sommes sédévacantistes.
— Monseigneur Lefebvre a pourtant été très réservé sur la situation des papes Paul VI et Jean-Paul II.
— C’est exact. Monseigneur Lefebvre, dès 1976, à propos de Paul VI, et plus tard à propos de Jean-Paul II, après Assise en 1986, a dit plus d’une fois : “Je n’exclus pas que ces papes n’aient pas été papes ; l’Église devra nécessairement se pencher un jour sur leur situation ; un prochain pape, avec ses cardinaux, se prononcera peut-être, jugeant que ces papes n’avaient pas été papes. Mais moi, je préfère les considérer comme papes.” Cela suppose que Monseigneur Lefebvre ne se sentait ni les éléments suffisants ni le pouvoir requis pour porter un tel jugement. Ceci est capital à noter. (...)"
Cette interview est extraordinaire et extraordinairement honnête.
Mgr Tissier, et donc Mgr Lefebvre, sont d’accord avec l’argument donné par la commission de 1983, par la FSSP et repris par l’abbé Vernier en 2026.
En le contestant, l’abbé Gleize et d’autres renient ou contestent leur fondateur. Je recite Mgr Tissier : “il ne peut y avoir d’évêque légitime sans le pape, sans l’accord au moins implicite du pape, chef de droit divin du corps épiscopal”.
C’est dit, non ?
Un intervenant a dit : “On ne va pas refaire 88.” Certes, mais à condition de connaître 88 et de prendre en compte tous les éléments.
Amen.
P.s.: extrait du numéro 123 de Fidéliter (mai-juin 1998)

( 998789 )
autre pièce au débat par Réginald (2026-05-07 06:01:49)
[en réponse à 998788]
Je rajoute une pièce au débat en citant cet article de l’abbé Gérard Mura, professeur au séminaire de Zaitzkofen de la FSSPX :
« Pour qu’un sacre soit licite et catholique, la non-opposition du souverain pontife à la consécration n’est, en effet, pas suffisante à elle seule. Il faut, de plus, que le nouvel évêque soit agrégé au collège épiscopal et ainsi reçu en tant qu’évêque dans la communion ecclésiale sous l’autorité du pape.
[…] De plus, il est très important de noter que cette réception dans le collège épiscopal doit être obtenue sous l’autorité du pape actuel, en tant que chef de la hiérarchie ecclésiastique et dispensateur premier des biens du salut. Le recours à la “dimension invisible et spirituelle de l’Église”, à un “pape futur”, aux “papes traditionnels”, à la notion abstraite de “tradition”, n’a strictement aucune valeur en ce cas. »
(abbé Gérard Mura, Les sacres épiscopaux de 1988 – Étude théologique (IV), Le Sel de la terre, n° 8, p. 28-44)
Le point de départ est ici profondément catholique : l’épiscopat n’est pas une simple réalité sacramentelle. Un évêque n’est pleinement évêque catholique qu’en tant qu’il est reçu dans la communion hiérarchique sous l’autorité du pape actuel.
Mais, après ce rappel très juste, l’auteur développe une solution extrêmement capillotractée. Il transpose au domaine juridique et ecclésiologique une distinction issue de la psychologie morale : la volonté seconde et la volonté première.
En substance :
• par sa volonté seconde (actuelle et explicite), le Pape refuse les sacres ;
• mais par sa volonté première (plus profonde), il voudrait malgré tout assurer le salut des âmes, et approuverait donc implicitement ces mêmes sacres.
En d'autres termes : « Je n’obéis pas à ce que le pape dit explicitement, mais à ce que le pape devrait vouloir en tant que pape. »
On finit ainsi par opposer la volonté explicite du Pontife romain à une volonté pontificale supposée plus profonde, reconstruite par des tiers. L’ironie est que l’A. commence justement par rejeter tout recours à une « Église invisible », à un « pape futur » ou à une « tradition abstraite » contre le pape actuel… pour finalement reconstruire une forme de volonté implicite supérieure aux actes explicites du pape lui-même.

( 998790 )
Dont acte par Ludwik (2026-05-07 06:38:52)
[en réponse à 998789]
C est une variante de sedevacantisme ou de sedeprivationisme.
La reprise des thèses de Guérard, d'une certaine manière.
Encore une fois, c'est une opinion. Pourquoi pas.
Mais que cela soit dit.

( 998791 )
Et le sacre de Mgr Husar... par Pétrarque (2026-05-07 06:59:04)
[en réponse à 998790]
...par le cardinal Slipyj, en 1977, sans mandat apostolique et en opposition à l'Ostpolitik de Paul VI ?
Est-ce également guérardien ?

( 998793 )
[réponse] par Réginald (2026-05-07 07:20:04)
[en réponse à 998791]
Si l’on dit : “Je sacre par nécessité parce que le pape est inaccessible, et j’attends le jugement de Rome”, comme dans le cas de Mgr Slipyj, on reste encore dans le réel de la communion ecclésiale : l’acte peut être objectivement irrégulier, mais il ne prétend pas s’appuyer sur une volonté pontificale cachée contre les décisions explicites du pape.
Si, en revanche, on affirme : “Je sacre parce que le ‘Pape profond’ le veut alors que le pape réel l’interdit”, on entre dans une construction idéologique où l’on finit par se créer son propre pape : un pape virtuel, reconstruit à partir d’une interprétation supposée plus authentique que ses actes publics eux-mêmes.

( 998803 )
Il est patent que le sacre de Mgr Husar s'opposait à l'Ostpolitik... par Pétrarque (2026-05-07 07:52:12)
[en réponse à 998793]
...pratiquée par Paul VI, même si celui-ci n'a pas publiquement interdit à Mgr Slipyj de procéder au sacre, ni ne l'a excommunié ensuite.
Vous dites : “Je sacre par nécessité parce que le pape est inaccessible, et j’attends le jugement de Rome”
C'est typiquement la posture adoptée par Mgr Lefebvre en 1988, et, aujourd'hui, par ses successeurs.
Les papes depuis Vatican II sont doublement inaccessibles.
Premièrement parce que leur univers mental, empreint des erreurs conciliaires, les empêche manifestement de considérer l'ampleur du problème doctrinal, avec une petite nuance, peut-être, concernant Benoît XVI. L'inaction de Rome à l'égard des erreurs qui pullulent partout depuis 60 ans en est un reflet assez typique.
Secondement parce qu'il n'est manifestement pas permis - ni à Mgr Lefebvre ni à ses successeurs - de s'entretenir en direct avec eux sans l'entremise d'ennemis chevronnés de la Tradition, lorsqu'ils ne le sont pas eux-mêmes.
Quant au jugement de Rome, il viendra en son temps, puisque c'est Rome et nul autre qui a la solution de la crise, laquelle est le retour à la Tradition.

( 998804 )
[réponse] par Réginald (2026-05-07 08:03:06)
[en réponse à 998803]
pour justifier 1988, vous êtes conduit à transformer le pape concret en une autorité pratiquement empêchée ou égarée, dont les décisions explicites peuvent être neutralisées au nom d’une fidélité supérieure à la Tradition.
Ce n’est plus le réel ordinaire de la communion ecclésiale ; c’est une suspension pratique de la papauté au profit d’une papauté platonicienne, plus réelle que les actes du pape concret lui-même.

( 998807 )
Le réel ordinaire... par Pétrarque (2026-05-07 08:31:17)
[en réponse à 998804]
...oui.
Mais je crains que notre réel depuis 60 ans soit extraordinaire.
Je me permets de vous renvoyer à ce que je viens de répondre à Ludwik.

( 998794 )
C'est là où l'on comprend par Ludwik (2026-05-07 07:20:33)
[en réponse à 998791]
Que vous ne lisez pas, ou que vous ne comprenez pas ce que vous lisez.

( 998806 )
Je crois avoir compris, merci... par Pétrarque (2026-05-07 08:29:45)
[en réponse à 998794]
Il est certain que je n'ai pas vos connaissances sur l'Eglise ukrainienne.
Néanmoins, il serait bon que vous explicitiez en quoi le cas de Mgr Slipyj en 1977 serait définitivement hors de propos.
Pour ce qui est du sédévacantisme pratique que laisse déduire le propos de Mgr Tissier :
Mais il faut reconnaître que, si nous pouvions affirmer que, pour cause d’hérésie, de schisme ou de quelque vice d’élection secret, le pape n’était pas réellement pape, si nous pouvions prononcer un tel jugement, la réponse à la question délicate de notre légitimité serait évidente...
...il est clair que nous ne pouvons pas affirmer sans jugement téméraire que les papes depuis Vatican II sont hérétiques, schismatiques, ou invalidement élus.
Nous ne pouvons donc, en persistant à les juger catholiques au for interne, que déplorer qu'ils agissent trop souvent - et laissent agir la hiérarchie qui dépend d'eux - comme s'ils avaient
cessé de l'être, ou qu'ils l'étaient
par intermittences.
Nous ne pouvons que nous borner à constater que le néo-modernisme amène des papes nécessairement catholiques à tolérer et à encourager des choses que tous leurs prédécesseurs évidemment catholiques ont
condamnées,
interdites voire
anathématisées, et que, en allant vite et pour employer un lieu commun,
Rome n'est plus dans Rome.
C'est bien cela, c'est bien ce
mystère d'iniquité qui matérialise le fameux état de nécessité qui justifie des sacres sans mandat, mais sans épuiser ni évacuer bien sûr tous les problèmes théologiques que ceux-ci posent, en particulier le plein accord d'un pape - supposé ou matérialisé par un mandat apostolique - que tout épiscopat catholique
requiert.
Je ne nie pas, encore une fois, l'
extrême gravité d'un tel acte, tout comme Mgr Lefebvre ne l'a jamais nié, parlant même en 1976, de sa suspense comme de quelque chose d'
excessivement grave.
Douze ans avant des sacres, qui l'étaient évidemment encore bien davantage, notamment au vu des conclusions de la commission de 1983...
Il ne s'agirait certes pas, pour ceux qui défendent les sacres à venir, d'y aller le cœur léger et en affichant un triomphalisme de mauvais aloi.
La seule paix qui peut les habiter est proprement surnaturelle, et émane d'une
communion certaine, maintenue avec 260 papes et 2000 ans de Tradition, même si elle peut être
apparemment rompue avec leurs successeurs, qui demeurent pourtant, et de manière tout aussi
certaine, les chefs visibles de l'Eglise.
Personne ne peut être assuré de voir
parfaitement clair dans le brouillard qui recouvre l'Eglise depuis 60 ans, j'en suis entièrement d'accord avec vous.
Mais dans la mesure où il n'est pas possible que la même Eglise ait erré pendant 2000 ans, il est compréhensible de préférer ce qu'elle a toujours fait et cru, plutôt que ce à quoi elle a estimé nécessaire de se
convertir et qui la conduit manifestement à sa perte.
Prière et humilité, encore une fois.
Je ne crois pas que Mgr Strickland et Mgr Schneider, qui soutiennent la FSSPX et ne sont tout de même pas les premiers crétins venus, ne prennent pas la mesure de cette gravité.
Mais il connaissent suffisamment l'état de l'Eglise pour voir que la Loi est au service de la Foi, et pas l'inverse.

( 998811 )
Vous vous méprenez par Ludwik (2026-05-07 08:54:38)
[en réponse à 998806]
Sur les sacres de 1977
voir ici
Enfin, je suis pour ma part très heureux des sacres.
Mais je reste insatisfait du radotage sur la nécessité, qui ne répond en rien à l’argument portant sur la possibilité même de les accomplir.
Je suis en cela lefebvriste : seule la vacance du Siège (d’une manière ou d’une autre) peut lever cette objection, qui relève de la constitution divine de l’Église, comme le dit Mgr Tissier !
A une objection dirimante (et reconnue comme telle par Mgr Lefevre, la FSSPX en 83, et Mgr Tissier, il FAUT répondre)
Voici pourquoi, j'ai appelé le premier post: Dialogue de sourds.

( 998813 )
Certes, je le reconnais sans peine par Pétrarque (2026-05-07 08:59:54)
[en réponse à 998811]
L'exemple des sacres de Mgr Slipyj est sans rapport.
Je suis moi aussi favorable aux sacres, mais sans clairon ni trompettes.
J'ai l'intime conviction qu'ils sont nécessaires, pour l'Eglise en général et la Tradition en particulier, y compris les ex-ED.
Mais il est certes bien difficile de faire comme si tout cela se passait sans questions.

( 998792 )
C’est exactement cela par Réginald (2026-05-07 07:10:09)
[en réponse à 998790]
la légitimité ne procède plus de l’acte juridique visible, c’est-à-dire du mandat romain, mais d’une conformité supposée à l’essence profonde de la fonction pontificale.
Le danger est que ce “principe profond”, par définition, demeure muet. Dès lors, c’est celui-là même qui désobéit aux actes explicites de l’autorité visible qui prétend en interpréter la volonté authentique afin de se légitimer lui-même.
On en vient presque à une forme de “gnose” juridique : le pape empirique, qui refuse, condamne ou excommunie, est relativisé comme expression inadéquate de la véritable réalité ecclésiale, tandis que le “véritable” principe pontifical, supposé consentir implicitement, ne serait accessible qu’à ceux qui possèdent la clé interprétative de la “crise de l’Église”

( 998795 )
Les Néo-modernistes en place à Rome par Jean-Paul PARFU (2026-05-07 07:21:16)
[en réponse à 998792]
n'ont aucune raison d'interdire le sacre d'évêques dans le rite et pour le rite bimillénaire de l'Eglise latine.
Dès lors, l'organisme qu'est l'Eglise, le Corps mystique, prend les mesures nécessaires pour la sauvegarde, du rite et du discours qui va avec, contre l'impiété et l'arbitraire !
C'est aussi simple que cela.

( 998796 )
vous transformez par Réginald (2026-05-07 07:26:27)
[en réponse à 998795]
la papauté en Idée platonicienne : le pape concret n’est plus que l’ombre imparfaite d’un “Pape profond” dont vous prétendez connaître la véritable volonté contre ses actes explicites.

( 998797 )
Mais ses actes sont parfaitement explicites par Jean-Paul PARFU (2026-05-07 07:35:56)
[en réponse à 998796]
Il ne permet pas, il interdit même, le sacre d'évêques dans et pour le rite bimillénaire de l'Eglise latine.
C'est votre légalisme qui est totalement hors sol. C'est vous qui transformez, pour justifier ce légalisme, le pape en idée platonicienne ! C'est vous qui créez un "pape profond".
Je me demande vraiment ce que vous auriez fait si vous aviez été membre du Sanhédrin en l'An 33 ?

( 998799 )
Je suis tout à fait d'accord avec vous par Ludwik (2026-05-07 07:41:56)
[en réponse à 998797]
Il faut donc reconnaitre que la FSSPX agit de facto comme si le Siége apostolique était d'une manière ou d'une autre vacant (ou non catholique ce qui revient au même).
Encore une fois cette position ne me gêne pas, mais j'aime la clarté.

( 998800 )
Non pas ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-07 07:47:27)
[en réponse à 998799]
Pas de siège vacant, mais des autorités qui vacillent au temps de la Grande Apostasie. C'est d'ailleurs le contenu très probable du 3ème secret de Fatima ! Pierre resta Pierre après son reniement !

( 998802 )
Vous êtes donc en désaccord avec Mgr Lefevre par Ludwik (2026-05-07 07:50:45)
[en réponse à 998800]
Qui disait : « Le problème de la situation des fidèles et de la situation de la papauté actuelle rend caduques les difficultés de juridiction, de désobéissance et d’apostolicité, parce que ces notions supposent un pape catholique dans sa foi, dans son gouvernement. »
Seule manière de sortir de l'impossibilité du sacre contre la volonté du Pape. Impossibilité qu il reconnaissait, comme plus tard Mgr Tissier.

( 998885 )
Et comme Mgr de Castro-Mayer... par Candidus (2026-05-07 19:26:47)
[en réponse à 998802]
... qui lors de son arrivée à Ecône, en juin 1988, avait suscité un certain émoi en tenant des propos explicitement sédévacantistes pour justifier les consécrations qui étaient sur le point d'avoir lieu. J'y étais et je me souviens très bien du malaise qui régnait au séminaire, on a demandé à Mgr de Castro-Mayer de modifier l'intervention qu'il avait prévu de faire durant la cérémonie de consécration, mais quelque temps plus tard, de retour au Brésil, il ne s'est pas gêné pour réitérer ses propos sur la vacance du Siège.

( 998801 )
votre réponse montre par Réginald (2026-05-07 07:49:44)
[en réponse à 998797]
justement que vous refusez en réalité la théorie de l’abbé Mura.
Le problème est alors qu’il faut expliquer ce que l’abbé Mura, lui, reconnaît explicitement comme une difficulté réelle : la nécessité pour un évêque d’être « agrégé au collège épiscopal et ainsi reçu en tant qu’évêque dans la communion ecclésiale sous l’autorité du pape », et le fait que cette agrégation doive être « obtenue sous l’autorité du pape actuel ».
L’abbé Mura, au moins, examine cette difficulté ecclésiologique. Vous, vous l’évacuez entièrement.

( 998805 )
Le droit canonique n'est pas un suicide pour l'Église par lumineux (2026-05-07 08:12:10)
[en réponse à 998801]
La nécessité des sacres ne vise pas à créer une hiérarchie parallèle, mais à assurer la continuité de la vie sacramentelle de l'Église. L'exigence d'une agrégation formelle, bien que normale en temps de paix ecclésiastique, devient une impossibilité pratique lorsque la structure hiérarchique elle-même est défaillante dans sa mission de transmettre la foi. Le droit canonique n'est pas un suicide pour l'Église ; il est là pour servir le salut des âmes. En l'absence de moyens ordinaires, l'Église, par le principe de suppléance, permet ce qui est nécessaire pour que le troupeau ne soit pas privé de ses pasteurs et du Saint Sacrifice de la Messe.
Plutôt que de déplorer ces sacres, certains instituts ne devraient-ils pas plutôt s'associer à la demande légitime de mandats ?
Ces instituts souhaitent-ils réeelement que la FSSPX obtiennent les mandats ?

( 998808 )
La difficulté soulevée demeure entière par Réginald (2026-05-07 08:39:47)
[en réponse à 998805]
La difficulté soulevée par l’abbé Mura demeure entière : comment un évêque est-il agrégé au collège épiscopal et reçu dans la communion ecclésiale sous l’autorité du pape lorsque le pape refuse explicitement cette agrégation ?
Dire que la crise rend cette agrégation “pratiquement impossible” ne résout pas la question ; cela revient au contraire à soutenir que cette agrégation peut devenir facultative, alors même qu’elle appartient à la constitution divine de l’Église.
Au fond, le raisonnement devient alors simple :
« Si le pape est d’accord, on reçoit son mandat.
S’il ne l’est pas, on s’en passe au nom de la nécessité. »
Mais dans ce cas, le pape ne gouverne plus réellement : il ne fait plus que ratifier, lorsqu’il y consent, des décisions déjà prises indépendamment de lui.
Si le pape concret dit “A”, mais que l’on affirme que la fonction pontificale veut en réalité “B”, alors l’autorité devient totalement virtuelle.

( 998818 )
L'agrégation, en tant que procédure juridique, n'est pas de droit divin, par lumineux (2026-05-07 09:28:17)
[en réponse à 998808]
mais elle est le canal par lequel la hiérarchie exerce sa mission.
Si le Pape refuse cette agrégation, il exerce son autorité suprême pour empêcher un évêque d'exercer une juridiction. Si cet évêque, malgré le refus, prétend exercer son ministère, il se place en dehors de la discipline ecclésiastique. Dans des cas extrêmes, un évêque peut agir sans cette agrégation formelle pour le salut des âmes Cela relève de la théologie de l'état de nécessité, mais cela ne signifie pas que l'agrégation elle-même soit une simple formalité optionnelle : elle est la garantie normale et voulue par l'Église pour assurer l'unité du corps mystique sous son chef visible.

( 998820 )
la boîte de Pandore par Réginald (2026-05-07 09:55:39)
[en réponse à 998818]
L’état de nécessité est, par définition, provisoire et exceptionnel.
S’il dure quarante, soixante ou quatre-vingts ans, il cesse progressivement d’être une simple “suppléance” pour devenir un véritable modèle ecclésiologique.
Concrètement, lorsqu’une génération entière de fidèles et de prêtres ne connaît qu’un épiscopat fonctionnant sans mandat romain, l’agrégation au pape n’est plus vécue comme une nécessité constitutive de la vie hiérarchique de l’Église, mais comme quelque chose de facultatif.
La structure visible du gouvernement ecclésial se trouve alors déjà transformée de fait : on passe d’une logique monarchique et hiérarchique à une logique pratiquement autocéphale.
Et c’est ainsi que l’on ouvre la boîte de Pandore : le cas de Mgr Williamson l’a montré. Une logique de suppléance durable tend à se reproduire à l’intérieur même des groupes qui l’ont invoquée.
Si Mgr Lefebvre a pu juger de la nécessité contre le pape, alors Mgr Williamson a pu juger à son tour de la nécessité contre la FSSPX.

( 998823 )
Sacre de Mgr Faure par Halbie (2026-05-07 10:01:49)
[en réponse à 998820]
Et la condamnation du sacre de Mgr Faure apparaît d'autant plus hypocrite.

( 998824 )
Personne ne prétend le contraire par Pétrarque (2026-05-07 10:05:07)
[en réponse à 998820]
Mgr Lefebvre lui-même a adjuré les évêques qu'il a sacrés en 1988 de toujours rester unis au siège de Pierre, ce dont témoignent les contacts qu'ils n'ont pas cessé de maintenir - fut-ce discrètement - avec Rome, et jusque dans la problématique actuelle des sacres à venir.
Sans beaucoup de succès visible jusqu'à présent...
L'Eglise étant constituée de faibles humains, les dérapages à la Mgr Williamson sont, bien sûr, malheureusement toujours possibles.
Il y a donc bien, oui, une boîte de Pandore.
Mais ce n'est pas Mgr Lefebvre qui l'a ouverte.
C'est un concile oecuménique, qui, pour la première fois depuis 20 siècles, a soudainement voulu devenir oecuméniste.

( 998841 )
Merci Pétrarque par Capucin (2026-05-07 11:18:43)
[en réponse à 998824]
de montrer d'OU est venue l'erreur.
A force de pérorer, on entre dans un effet tunnel et on en vient carrément à ne plus prendre de la hauteur et oublier de quoi l'on parle et dans quel contexte.

( 998830 )
Deux failles par Signo (2026-05-07 10:42:55)
[en réponse à 998808]
À votre argumentaire.
Vous écrivez:
Dire que la crise rend cette agrégation “pratiquement impossible” ne résout pas la question ; cela revient au contraire à soutenir que cette agrégation peut devenir facultative, alors même qu’elle appartient à la constitution divine de l’Église.
Le raisonnement n’est pas bon. Quand des pompiers au cours d’une intervention urgente, girophares allumés brûlent des feux rouges et franchissent des lignes continues pour porter secours à des victimes enfermés dans une maison ravagée dans un incendie, cela ne rend pas pour autant le respect du code de la route facultatif, y compris pour les pompiers. Ce sont les
circonstances qui font que les pompiers ne seront pas poursuivis pour infraction au code de la route. Le respect du code de la route n’en est pas moins obligatoire pour tous, y compris pour les pompiers.
Par ailleurs:
Si le pape concret dit “A”, mais que l’on affirme que la fonction pontificale veut en réalité “B”, alors l’autorité devient totalement virtuelle.
Lorsque le pape
déclare publiquement lors d’un voyage officiel en Indonésie que toutes les religions mènent à Dieu, ou bien lorsqu’il signe un document officiel affirmant que Dieu veut la diversité des religions, on est bien dans un cas de figure dans lequel le pape concret dit « A » alors que la fonction pontificale veut « B » (c’est à dire que l’Eglise catholique est l’unique vraie religion et le Christ l’unique Sauveur).

( 998837 )
rapidement par Réginald (2026-05-07 11:10:30)
[en réponse à 998830]
Je vous réponds rapidement car mon devoir d’état m’appelle.
1/ Votre analogie du pompier illustre bien la dimension morale de l’urgence, mais elle évacue la dimension sacramentelle et hiérarchique. Le pompier qui brûle un feu rouge ne modifie pas la structure de l’État. Un épiscopat fonctionnant durablement sans mandat romain modifie, de fait, la structure visible du gouvernement ecclésial.
2/ Discuter certains propos ou actes non définitifs d’un pape est une chose. Neutraliser durablement l’exercice concret du gouvernement visible de l’Église au nom d’une interprétation supposée plus authentique de la fonction pétrinienne au point d'agir en permanence comme s'il n’existait plus réellement en est une autre.
Si la “fonction” peut ainsi neutraliser durablement le “titulaire”, alors l’Église n’a plus réellement de tête visible exerçant concrètement son autorité. Elle risque alors de devenir non plus une société hiérarchique vivante, mais un espace où chaque groupe finit par déterminer lui-même quand le chef est “dans sa fonction” et quand il ne l’est plus.

( 998843 )
[réponse] par Signo (2026-05-07 11:34:44)
[en réponse à 998837]
Je constate que le sujet du débat a glissé: il ne s’agit plus de la possibilité d’un sacre épiscopal contre la volonté de Rome, mais « d’un épiscopat fonctionnant durablement sans mandat romain », ce qui n’est pas la même chose. La possibilité théorique d’un sacre ponctuel contre la volonté romaine semble donc acquise.
Ce qui est donc problématique avec la FSSPX, ce n’est pas forcément le sacre contre la volonté romaine, dont la légitimité se discute mais dépend surtout du contexte et des circonstances (donc pas d’illégitimité intrinsèque), mais le caractère durable voire permanent d’une désobéissance s’installant en séparatisme de fait.

( 998844 )
oui par Réginald (2026-05-07 11:47:16)
[en réponse à 998843]
je crois en effet que c’est là que se situe le vrai point de difficulté ecclésiologique : non pas seulement l’hypothèse d’un acte exceptionnel dans une situation extrême, mais la transformation inéluctable de l’exception en mode durable de gouvernement ecclésial.

( 998850 )
non par Regnum Galliae (2026-05-07 12:46:07)
[en réponse à 998844]
Si des circonstances extrêmes justifient un tel acte exceptionnel, et que ces circonstances extrêmes s'installent dans la durée, comment déplorer que cette situation d'exception se maintienne elle aussi dans le temps ? Soit elle n'est pas légitime dès le début, soit elle l'est encore aujourd'hui, mais la durée n'est pas en soi un sujet.

( 998855 )
[réponse] par Réginald (2026-05-07 13:47:57)
[en réponse à 998850]
Je pense en l’occurrence que les circonstances invoquées ne suffisaient déjà pas à justifier une telle rupture dans l’ordre hiérarchique normal de l’Église, car les moyens de salut continuent d’être offerts dans l’Église unie au pape.
Mais même en admettant, par hypothèse, la possibilité d’une exception tragique et ponctuelle, la question de la durée demeure entière : une suppléance prolongée finit inévitablement par produire un mode autonome de fonctionnement ecclésial.
On pourrait comparer cela à l’état d’urgence dans un État. Qu’un gouvernement prenne ponctuellement des mesures extraordinaires face à une crise grave peut se concevoir. Mais si l’état d’urgence dure cinquante ans, il cesse d’être une exception : il devient progressivement le mode normal de gouvernement et finit par transformer la nature même du régime.

( 998857 )
Bien vu par Regnum Galliae (2026-05-07 14:17:13)
[en réponse à 998855]
Sauf que là, ce sont les autorités d'Église qui s'installent durablement dans une situation intenable. Les sympathiques années 60 ne sont qu'un lointain souvenir et les lendemains qui chantent ne se sont jamais matérialisés. On continue pourtant à publier des textes ou à approuver des comportements qui auraient valu l'excommunication à leurs auteurs il y a cent ans ! Cela ne vous fait-il rien ?

( 998859 )
L'état de nécessité par Halbie (2026-05-07 14:41:22)
[en réponse à 998855]
De manière concrète, il concerne d'abord la messe et les sacrements. Si le Novus Ordo est un rite catholique et donc bon, il n'y a pas d'état de nécessité et les autorités sont libres de réglementer l'accès à la liturgie traditionnelle. S'il est mauvais, alors ce sont d'autres questions ecclésiologiques qui se posent.

( 998861 )
Non par Pétrarque (2026-05-07 14:53:01)
[en réponse à 998859]
Si le Novus Ordo est un rite catholique et donc bon, il n'y a pas d'état de nécessité
Le novus ordo, rite fabriqué dans une visée oecuméniste, et non issu d'un développement organique de la messe traditionnelle, peut être dit catholiquement, mais il peut aussi ne pas l'être.
Donc il est équivoque.
Cela ne le rend pas acatholique en lui-même, mais il est ambigu, donc déficient et potentiellement dangereux pour la foi, et cela justifie que l'on s'en tienne éloigné.
les autorités sont libres de réglementer l'accès à la liturgie traditionnelle
Non, pour la raison précédemment évoquée.
Aucune autorité ne peut interdire un rite millénaire qui fut celui de toute l'Eglise pendant des siècles, à plus forte raison pour imposer à tous ses fidèles une fabrication défaillante, fut-elle promulguée solennellement et adoptée avec formes et force de loi.
Donc il y a un état de nécessité qui touche au maintien de la foi et au salut des âmes, qui sont la loi suprême de l'Eglise.

( 998864 )
Exactement par Ion (2026-05-07 15:08:16)
[en réponse à 998859]
C'est aussi simple que cela

( 998826 )
Et pourtant par Signo (2026-05-07 10:21:46)
[en réponse à 998792]
Vous dites que le « principe profond » est une notion gnostique et qu’il demeure muet.
Mais ce « principe profond » a une existence officielle, doctrinale… et liturgique officielle: cela s’appelle « la Chaire de Pierre », célébrée liturgiquement le 18 janvier jusqu’en 1960.
Ce principe est par ailleurs tout sauf muet: il s’est exprimé pendant des siècles, condamnant des erreurs qui semblent à bien des fidèles de bonne foi aujourd’hui admises et même enseignées par leurs successeurs. Par exemple Mortalium animos, dans lequel Pie XI condamne un certain œcuménisme libéral que tous ses successeurs post-conciliaires professent pourtant ouvertement.
Lorsque vous déniez à certains écrits, propos ou actes scandaleux du pape François ou d’autres papes leur caractère magistériel, vous distinguez bien entre la personne du pape, et la fonction pétrinienne s’exprimant ex cathedra.
Donc on peut contester l’argumentaire de la FSSPX, mais pas en se basant sur un refus de distinguer des errements des papes et la plénitude de l’exercice du magistère authentique. L’idée selon laquelle tout acte du pape n’engage pas le magistère pétrinien n’est pas une idée gnostique, mais une idée pleinement catholique que vous utilisez vous-même.

( 998828 )
Je suis d’accord sur le principe par Réginald (2026-05-07 10:27:42)
[en réponse à 998826]
: distinguer entre la personne du pape, ses actes prudentiels, les différents degrés du magistère et l’exercice plénier du munus pétrinien est parfaitement catholique.
Mais la difficulté que je soulevais est plus précise : à partir de quel moment cette distinction conduit-elle non plus simplement à discuter certains actes non définitifs, mais à neutraliser durablement l’exercice concret du gouvernement visible de l’Église au nom d’une interprétation supposée plus authentique de la fonction pétrinienne ?

( 998833 )
C’est la limite par Signo (2026-05-07 10:56:18)
[en réponse à 998828]
De la position de la FSSPX. On peut justifier un acte ponctuel désobéissance, au cas par cas, y compris concernant des sacres épiscopaux, mais pas s’installer dans un séparatisme durable de fait.
Sauf si les conditions posées par l’autorité rendent de fait impossible tout retour dans l’obéissance canonique. Or la question de ce cas de figure se
pose aujourd’hui.
Par ailleurs le problème est que certains sont tellement aveuglés par leur rapport quasi idolâtrique à l’autorité qu’ils n’admettent la possibilité d’aucune résistance,
même ponctuelle.

( 998839 )
[réponse] par Réginald (2026-05-07 11:14:50)
[en réponse à 998828]
Dre que l’autorité rend l’obéissance « impossible » est une pétition de principe. En réalité, l’obéissance n’est pas impossible, elle est coûteuse. Elle demanderait de renoncer à une autonomie de gouvernement à laquelle quarante ans de « nécessité » ont fini par habituer les esprits. Le drame de la situation actuelle est précisément là : à force de transformer toute résistance en système, on finit par ne plus voir que deux options : l’idolâtrie servile ou l’autonomie de fait. Je refuse cette alternative.

( 998845 )
L’obéissance est coûteuse par Signo (2026-05-07 11:52:34)
[en réponse à 998839]
Mais dans le contexte actuel son prix est exorbitant. Elle suppose en effet pour la FSSPX (ou certains de ses membres qui souhaiteraient revenir dans le giron romain):
- l’abandon à terme de la messe traditionnelle et le ralliement de force à la nouvelle liturgie, puisque son usage actuel ne relève que d’une concession temporaire afin « de pourvoir au bien de ceux qui sont enracinés dans la forme de célébration précédente et ont besoin de temps pour revenir au Rite romain promulgué par les saints Paul VI et Jean-Paul II » (cf. Pape François, lettre accompagnant le motu proprio Traditionis Custodes);
- le ralliement pur et simple à de nombreuses doctrines qu’ils perçoivent, à tort ou à raison, comme contraires à la tradition, ce qui suppose un reniement de leur conscience et de leur foi;
- la soumission à un épiscopat qui a largement démontré le peu de souci qu’il avait de la préservation de l’orthodoxie de la foi, de la dignité du culte et même du simple bon sens pastoral.
Il s’agit donc dans le contexte actuel de bien plus que de renoncer à simplement une « autonomie de gouvernement ».
La vraie question est: qu’est ce que l’Eglise a à offrir à ceux qui, parmi la mouvance FSSX, voudraient rentrer dans la régularité canonique, à part un statut précaire de dhimmis entièrement tributaire de dérogations provisoires?

( 998851 )
La FSSP n'obéit pas plus par Regnum Galliae (2026-05-07 12:49:51)
[en réponse à 998845]
La FSSP refuse toujours de célébrer le rite de Paul VI, pourtant décrété unique lex orandi de l'Eglise.
La FSSP n'a toujours pas béni de couple de même sexe ou dispensé des sacrements à des divorcés-remariés obstinés dans leur situation.
La FSSP n'a pas accepté de retirer à Notre Dame sa qualité de médiatrice de toutes grâces.
C'est comme dans la parabole des deux fils : l'important n'est pas la réponse que l'on donne mais l'acte que l'on pose. Or je ne vois pas de différence entre la FSSP et la FSSPX, si ce n'est un coup de tampon.

( 998887 )
Certes mais par Capucin (2026-05-07 19:45:04)
[en réponse à 998851]
À ce jour, sauf erreur de ma part, la FSSP s’est abstenue de tout commentaire sur tous les 2 derniers points que vous évoquez. C’est donc un argument qui peut être retourné à leur charge.
Encore une fois, le peuple catholique a besoin de messages clairs tant que possible, pas de louvoiement. Se taire en public face à des scandales publics quand on a une voix qui porte et que l’on prétend à des responsabilités est peccamineux. Pourtant ce n’est pas l’envie qui manquerait à beaucoup de leurs prêtres.
J’ai beaucoup de sympathie pour les prêtres de la FSSP mais prétendre qu’il n’y a pas de différence avec les prêtres de la FSSPX à part un coup de tampon est faux. Si la liberté de parole n’est rien pour vous…

( 998856 )
Merci par Pétrarque (2026-05-07 13:54:35)
[en réponse à 998845]
Si vous n'avez pas tout dit, vous en avez dit beaucoup.

( 998821 )
Merci par Halbie (2026-05-07 09:55:44)
[en réponse à 998788]
Je ne comprends pas le raisonnement de Mgr Tissier de Mallerais. Il me semble que même en cas de vacance du Siège, leur épiscopat ne serait pas catholique. Les évêques sédévacantistes n'ont d'ailleurs pas cette prétention.

( 998827 )
notez également par jejomau (2026-05-07 10:24:37)
[en réponse à 998788]
Que Mgr Fellay avait demandé à plusieurs reprises la levée des excommunications (ce qui a été fait par Benoit XVI). Or qui a ce pouvoir d'excommunier ou de le lever l'excommunication sinon le pape ? Implicitement, la demande de Mgr Fellay était une reconnaissance de facto de la primauté de l'évêque de Rome

( 998829 )
Dans le même temps par Réginald (2026-05-07 10:29:39)
[en réponse à 998827]
les mêmes qui ont demandé la levée de l’excommunication avaient expliqué au moment de sa notification qu'elle était nulle et non avenue. Comprenne qui pourra !

( 998831 )
La démarche de demande de levée : Une prudence pastorale par lumineux (2026-05-07 10:46:59)
[en réponse à 998829]
### 1. La position théologique : La nullité des sanctions
La Fraternité a toujours soutenu que les excommunications prononcées en 1988 étaient frappées de nullité, et ce pour deux raisons principales fondées sur le Droit Canonique :
* L'état de nécessité : Selon le droit de l'Église, nul ne peut être puni pour avoir agi par nécessité grave. La Fraternité a soutenu que les sacres épiscopaux étaient nécessaires pour assurer la survie de la foi catholique et la transmission du sacerdoce face à une crise sans précédent dans l'Église .
* L'absence de délit : Puisque l'acte de sacrer des évêques visait à préserver le bien de l'Église, il ne pouvait constituer un délit au sens strict du droit pénal ecclésiastique, car la loi est faite pour le salut des âmes (*Salus animarum suprema lex*) .
### 2. La démarche de demande de levée : Une prudence pastorale
Si la Fraternité considérait ces sanctions comme nulles, pourquoi en avoir demandé la levée ? Cette démarche, initiée notamment par Mgr Fellay, répond à une logique de charité et de prudence :
* Le désir de lever l'obstacle au dialogue : Bien que la Fraternité jugeât les sanctions injustes, elles constituaient un obstacle juridique et psychologique majeur pour les fidèles et pour une partie de la hiérarchie. En demandant la levée, la Fraternité a cherché à « déblayer le terrain » pour permettre une discussion doctrinale sereine sur les erreurs issues du concile Vatican II.
* L'obéissance filiale : En s'adressant au Pape, la Fraternité a manifesté son désir de ne pas rompre le lien avec le Siège Apostolique. Il s'agissait de montrer que la résistance n'est pas une rébellion contre l'autorité papale en soi, mais une opposition à des orientations pastorales et doctrinales qui s'écartent de la Tradition .
* La distinction entre la vérité et la juridiction : Dans la pensée de la Tradition, on peut reconnaître l'autorité d'un Pape tout en refusant de se soumettre à des mesures disciplinaires que l'on juge injustes ou destructrices pour la foi. La demande de levée était donc un acte de déférence visant à régulariser une situation canonique sans pour autant renier la légitimité de l'acte de 1988.
### 3. La perspective de la Tradition
Il est essentiel de comprendre que pour la Fraternité, la levée des excommunications par le décret *Remissum est* en 2009 n'a pas été perçue comme une « absolution » d'un péché, mais comme un acte de justice reconnaissant que la situation de la Fraternité ne devait pas être traitée comme un schisme.
Comme l'enseignait le Pape Léon XIII, l'unité de l'Église repose avant tout sur l'unité de la foi . La démarche de la Fraternité s'inscrit dans cette volonté de maintenir l'unité dans la foi catholique intégrale, tout en cherchant à résoudre les tensions juridiques avec Rome, sous l'autorité du Souverain Pontife, le Pape Léon XIV.
En conclusion, la demande de levée n'était pas un aveu de culpabilité, mais un geste diplomatique visant à faciliter la mission de la Fraternité : la défense de la messe traditionnelle et de l'enseignement doctrinal immuable de l'Église, sans les entraves d'une situation canonique irrégulière.

( 998835 )
un aveu implicite ? par jejomau (2026-05-07 11:04:22)
[en réponse à 998831]
Avec cette petite phrase, beaucoup est dit, non (?):
L'obéissance filiale : En s'adressant au Pape, la Fraternité a manifesté son désir de ne pas rompre le lien avec le Siège Apostolique

( 998840 )
Ce qui dit cette phrase : par lumineux (2026-05-07 11:16:36)
[en réponse à 998835]
cette phrase est le rempart contre l'accusation de schisme : elle prouve que la Fraternité, tout en étant dans une situation canonique irrégulière, demeure dans le corps mystique du Christ par son attachement indéfectible à la foi de toujours et à la hiérarchie légitime, représentée aujourd'hui par le Pape Léon XIV.

( 998838 )
IA par Ludwik (2026-05-07 11:12:29)
[en réponse à 998831]
Texte mise en forme, au minimum, par chatGPT ou analogue.
Que c'est désagréable à lire !

( 998842 )
Il y a un troisième argment canonique à la nullité de l'excommunication dans ce cas par Regnum Galliae (2026-05-07 11:31:52)
[en réponse à 998831]
Can. 1323 - N’est punissable d’aucune peine la personne qui, lorsqu’elle a violé une loi ou un précepte :
1° n’avait pas encore seize ans accomplis ;
2° ignorait, sans faute de sa part, qu’elle violait une loi ou un précepte ; quant à l’inadvertance et l’erreur, elles sont équiparées à l’ignorance ;
3° a agi sous la contrainte d’une violence physique ou à la suite d’une circonstance fortuite qu’elle n’a pas pu prévoir, ou bien, si elle l’a prévue, à laquelle elle n’a pas pu s’opposer ;
4° a agi forcée par une crainte grave, même si elle ne l’était que relativement, ou bien poussée par la nécessité, ou pour éviter un grave inconvénient, à moins cependant que l’acte ne soit intrinsèquement mauvais ou qu’il ne porte préjudice aux âmes ;
5° a agi en état de légitime défense contre un agresseur qui l’attaquait injustement, elle-même ou une autre personne, tout en gardant la modération requise ;
6° était privée de l’usage de la raison, restant sauves les dispositions des cann. 1324, § 1, n. 2, et 1326, § 1, n. 4 ;
7° a cru que se présentait une des circonstances prévues aux nn. 4 ou 5.

( 998846 )
intéressant cet article 4 par jejomau (2026-05-07 12:19:40)
[en réponse à 998842]
Quelle différence faire alors entre :
- celui qui agit de la sorte "par une crainte grave, même si elle ne l’était que relativement"
- et celui qui perd momentanément la foi ou se met à douter fortement posant alors cet acte grave ?

( 998847 )
Conclusion par Signo (2026-05-07 12:21:40)
[en réponse à 998842]
Quelque soit l’évaluation morale que l’on peut faire des sacres, la FSSPX, et notamment ses évêques consécrateurs, ne sont punissables d’aucune peine.
C’est le droit canon qui le dit…

( 998848 )
Pas tout à fait par Regnum Galliae (2026-05-07 12:30:46)
[en réponse à 998847]
Ce n'est pas "quelle que soit l'évaluation morale que l'on peut faire des sacres" puisque le texte dit "à moins cependant que l’acte ne soit intrinsèquement mauvais ou qu’il ne porte préjudice aux âmes".
Je suppose que cette incise permet par exemple de toujours condamner un avortement même si l'on pense bien faire.
En revanche, sacrer un évêque n'est pas intrinsèquement mauvais et il ne porte pas non plus préjudice aux âmes. Je dirais donc que cela permet d'exclure ces actes de la censure prévue car il n'y a aucune raison de douter de la bonne volonté des clercs concernés.
Après, je ne suis pas canoniste et je serais intéressé de connaître la valeur de cet artile 1323 si mon interprétation est erronée.

( 998852 )
[réponse] par Signo (2026-05-07 12:56:55)
[en réponse à 998848]
Il était évident pour moi que par « actes intrinsèquement mauvais », on entend des péchés (avortement, idolâtrie, blasphème, sacrilège, meurtre etc) et non pas les sacres.
Le caractère bon ou mauvais d’un sacre épiscopal dépend de l’intention et du contexte. Il ne peut donc pas par définition appartenir à la liste des « actes intrinsèquement mauvais ».
Par évaluation morale concernant les sacres, je parlais de leur légitimité sur le plan moral et canonique.

( 998858 )
La désobéisance participe ici au mal moral par Ion (2026-05-07 14:30:23)
[en réponse à 998848]
Bien sûr qu'ordonner un évêque n'est pas un acte intrinsèquement mauvais. C'est le fait de désobéir à la demande légitime du pape de ne pas ordonner qui est l'acte mauvais.
Dans le 4) du Canon 1323 "a agi forcée par une crainte grave, même si elle ne l’était que relativement, ou bien poussée par la nécessité, ou pour éviter un grave inconvénient, à moins cependant que l’acte ne soit intrinsèquement mauvais ou qu’il ne porte préjudice aux âmes", c'est l'action de désobéir qui est ici à juger, pas l'ordination épiscopale. Et cette action de désobéir est intrinsèquement mauvaise.
Et pour se référer au 2) du même canon, l'évêque qui agit ne peut, sans faute de sa part, ignorer qu'en désobéissant au Pape, dans une matière aussi grave, il viole un précepte ou une loi divine, celle qui institue l'Eglise en communion avec Pierre.

( 998860 )
La prévarication est un mal plus grand que la désobéissance... par Pétrarque (2026-05-07 14:42:51)
[en réponse à 998858]
...et, au plan moral, le défaut d'autorité des autorités suprêmes de la hiérarchie et leur tolérance de l'erreur qui confine à la complicité est un mal plus grand que la désobéissance d'un membre de cette hiérarchie.

( 998863 )
Réponse par Ion (2026-05-07 15:06:42)
[en réponse à 998860]
- Ni vous ni la toute petite minorité de "tradis" ne pouvez en aucun cas être juge de cette éventuelle prévarication de l'autorité suprême, il faudrait pour cela le sensus fidei (ou sensus fidelium) et une intervention de l'Esprit Saint
- Quant à la désobéissance concernée ici ce n'est pas n'importe quelle désobéissance mais une désobéissance frappée d'excommunication, donc en terme de gravité, je n'ai pas besoin d'insister

( 998868 )
Réponse aussi par Pétrarque (2026-05-07 16:14:01)
[en réponse à 998863]
N'importe quel fidèle est juge d'une prévarication qui ronge l'Eglise depuis des décennies et qui voit, pêle-mêle, des papes donner leur anneau pastoral à des schismatiques et en recevoir des bénédictions, embrasser le Coran, promouvoir la Déesse Terre et déclarer publiquement que toutes les religions sont voulues par Dieu.
N'importe quel fidèle est juge d'une prévarication qui ronge l'Eglise depuis des décennies et qui voit une hiérarchie errer à bien des niveaux, et persécuter ceux qui veulent rester fidèles en promouvant dans le même temps ce que l'Eglise a toujours condamné et combattu.
N'importe quel fidèle est juge d'une prévarication qui ronge l'Eglise depuis des décennies et qui a littéralement saccagé le catholicisme en vidant les églises après les avoir défigurées de son impiété et de sa pseudo liturgie néo-moderniste.
Bref, n'importe quel fidèle est juge de cette prévarication dès lors qu'il connaît son catéchisme, qu'il use, comme vous dites, du sensus fidei, et qu'il se confronte à une réalité brute, certes difficile à saisir dans le confort bourgeois d'une paroisse favorisée.
Quant à la gravité d'une peine d'excommunication, valide ou pas, il va sans dire que personne ici n'a besoin de vous pour en être juge.

( 998865 )
Désobéir n'a jamais été un acte intrinsèquement mauvais par Regnum Galliae (2026-05-07 15:22:40)
[en réponse à 998858]
C'est même parfois un devoir.
Si vous commencez à ajouter des adjectifs qualificatifs, compléments et conditions, nous ne sommes plus dans "l'intrinsèquement".
Par exemple, voler est permis en cas de nécessité vitale. Voler n'est donc pas intrinsèquement mauvais. Si vous commencez à dire que "voler sans nécessité vitale" est intrinsèquement mauvais, vous videz l'adverbe "intrinsèquement" de toute valeur sémantique.
Vous ne pouvez donc pas dire que "désobéir à une demande du pape" est intrinsèquement mauvais parce que 1/ l'adverbe n'a rien à faire dans cette phrase et 2/ le code prévoit justement des cas où la désobéissance n'est pas punissable.
D'ailleurs nous ne sommes pas dans le champ de l'infaillibilité pontificale. Si c'était le cas je comprendrais votre propos mais ce n'est pas le cas.

( 998867 )
Aucun adverbe ni adjectif qualificatif dans l'acte décrit par Ion (2026-05-07 15:49:35)
[en réponse à 998865]
Avec l'acte intrinsèquement mauvais (du fait qu'il brise la communion) qui est de "désobéir à cette interdiction légitime du pape" je prends justement bien soin de ne pas vider le terme intrinsèquement de sa valeur sémantique. Je souligne que l'acte auquel se réfère le canon 1323 n°4 n'est pas l'ordination mais cette désobéissance.

( 998874 )
En droit, il faut être précis par Regnum Galliae (2026-05-07 18:43:54)
[en réponse à 998867]
Ce n’est pas la désobéissance qui est cause d’excommunication, mais le sacre sans mandat. C’est cet acte-là qu’il faut juger à l’aine d’une malice intrinsèque. Or, sacrer un évêque n’est pas un acte intrinsèquement mauvais. Si les intentions sont bonnes et répondent aux critères du canon que j’ai cité, je ne vois pas ce qui ne rentre pas dans les cases.

( 998881 )
Oui, il faut être précis par Ion (2026-05-07 19:08:29)
[en réponse à 998874]
N'est-on pas (et Mgr L n'était-il pas) très exactement dans le cas suivant ?
Can. 1371 - § 1. Qui, n’obéit pas au Siège Apostolique, à l’Ordinaire ou au Supérieur, lorsque légitimement il donne un ordre ou porte une défense et qui, après monition, persiste dans la désobéissance, sera puni, selon la gravité du cas, d’une censure ou de la privation de l’office ou d’autres peines, dont il est question au can. 1336, §§ 2-4.
Et parmi les censures, l'excommunication ...

( 998889 )
Pourtant par Meneau (2026-05-07 20:04:05)
[en réponse à 998881]
ce n'est pas sur la base du Canon 1371 que l'excommunication des 6 évêques a été déclarée en 1988 mais sur la base du canon 1364 § 1, et du canon 1382.
Le décret ne mentionne même pas le canon 1371. La monition préalable non plus. Et jamais le Varican n'a invoqué le canon 1371 contre la FSSPX il me semble.
Cordialement
Meneau