Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=998340
images/icones/FleurDeLys.png  ( 998340 )Précisions sur le message de N-D de La Salette par Lys (2026-04-24 09:09:58) 

« Le 2 octobre 1999, les « secrets » révélés par la Vierge Marie aux deux bergers de La Salette, le 19 septembre 1846, ont été découverts, dans les archives de l’ex-Saint-Office, par l’abbé Michel Corteville. Les textes, rédigés par les deux voyants, Mélanie Calvat et Maximin Giraud, avaient été remis au pape Pie IX le 18 juillet 1851. Ils étaient considérés comme perdus.

Ces textes ont fait l’objet d’une thèse de doctorat en théologie qui a été soutenue par l’abbé Corteville en 2000 à l’Angelicum, l’université pontificale des Dominicains. Cette thèse a commencé à être publiée, dans son texte intégral, en 2001. Elle a été reprise, sous une forme plus accessible à un large public, dans un ouvrage publié par l’abbé Corteville et l’inévitable René Laurentin, Découverte du secret de La Salette (Fayard, 2002).

Cette découverte, inespérée, de 1999 est un événement considérable pour l’historiographie de La Salette. Les versions du secret révélé à Mélanie, qui avaient été publiées précédemment, notamment celle publiée en 1879, avec l’imprimatur de Mgr Zola, évêque de Lecce, s’en trouvent en partie confirmées et en partie rectifiées sur certains points importants.

Cette découverte est-elle aussi un événement considérable pour l’Eglise d’aujourd’hui, un événement qui vient à son heure pour aider et éclairer les fidèles d’aujourd’hui ?

On remarquera d’abord que cette découverte du texte original de La Salette n’a pas cassé les vieux réflexes des uns et des autres. En 1991, le P. Stern, considéré comme un des principaux spécialistes de La Salette, estimait, dans sa volumineuse trilogie sur le sujet, que le texte publié en 1879 était une extrapolation, autant dire un tissu d’affabulations pieuses. Selon lui, « les secrets entendus par Maximin et Mélanie le 19 septembre 1846 concernent les voyants eux-mêmes ».

Cette affirmation, pour le moins imprudente, date d’avant la découverte de 1999. Pourtant, en 2006 encore, le chapelain du sanctuaire Notre-Dame de La Salette, a publié un livre sur l’apparition de 1846 (Maurice Tochon, La Salette, Editions de Paris) où il ignore le texte authentique publié ou feint de l’ignorer. Il se contente de traiter par le mépris des « documents, présentés comme ”les secrets de La Salette” [qui] ne font guère que recopier des documents du même genre qui circulent depuis la restauration religieuse et politique. »

Inversement, nombre de ceux qui prennent au sérieux le « secret de La Salette » persistent à se référer, et à publier, le texte édité en 1879, alors qu’il n’est pas le texte authentique du secret révélé en 1846 et remis au Pape en 1851.

« Rome perdra la foi » ?

« Rome perdra la foi… elle deviendra le siège de l’antéchrist… Il y aura une éclipse de l’Eglise » : ces paroles que la Sainte Vierge aurait dites à Mélanie en 1846 sont reprises aujourd’hui, par certains, comme une prophétie décrivant la situation actuelle de l’Eglise, la crise qu’elle traverse et qui est loin d’être terminée.

Pourtant, aucune des paroles citées ci-dessus ne se trouve dans le texte authentique du secret révélé à Mélanie ; elles figurent dans le texte édité en 1879.

Dans le texte authentique du secret révélé à Mélanie, il y a des avertissements terribles et des prophéties. Certaines se sont réalisées : « Le pape sera persécuté de toutes parts : on lui tirera dessus, on voudra le mettre à mort, mais on ne lui pourra rien, le vicaire de Dieu triomphera encore cette fois » ; ou encore quand il est question des persécutions qui s’abattront sur le clergé et sa cohorte de martyres. D’autres prophéties ne se sont pas réalisées ou pas encore : « Paris […] périra infailliblement. Marseille sera détruite en peu de temps » ou « Un grand roi montera sur le trône, et régnera pendant quelques années ».

Le fidèle n’est pas tenu d’accorder foi à la littéralité de tels textes qui ne sont pas un complément à la Révélation de l’Evangile. Il serait téméraire, en revanche, d’en nier l’authenticité.

Les prophéties de La Salette, comme toutes les prophéties, sont conditionnelles (« s’ils ne se convertissent pas […] si la face de la terre ne change pas »). Saint Thomas, dans la Somme contre les Gentils (l. III, ch. 154), rappelle que la prophétie d’Isaïe sur la mort d’Ezéchias et celle de Jonas sur la destruction de Ninive ne se sont pas réalisées, « selon l’opération de Dieu qui libère et qui guérit ».

images/icones/carnet.gif  ( 998341 )Sujet controversé par lumineux (2026-04-24 09:42:49) 
[en réponse à 998340]

La phrase que vous citez à propos des apparitions de la Salette "Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist »
Cette phrase apparaît dans une version longue du secret publiée par Mélanie Calvat en 1879, bien après les faits.

L’Église catholique n’a jamais officiellement validé cette version longue.
images/icones/croix.gif  ( 998398 )Je ne suis pas l’auteur de ces lignes, par Lys (2026-04-25 00:43:38) 
[en réponse à 998341]

J’ai reproduit intégralement un article en omettant l’auteur !
Il s’agit de M Yves Chiron.

Pas un mot ou une virgule ne sont de Lys,
aucun ajout, aucune suppression,

Voilà, j’ai rendu à « césar » ce qui était à césar », si j’puis dire…
les travaux et documents sont bien sourcés dans l’article,
pour qui veut approfondir le sujet.

Bien cordialement,
LYS
images/icones/hein.gif  ( 998356 )Auriez-vous la délicatesse par XA (2026-04-24 14:15:34) 
[en réponse à 998340]

d'indiquer la source de ce texte ? Merci.
images/icones/croix.gif  ( 998397 )Oui, bien sûr : par Lys (2026-04-25 00:37:16) 
[en réponse à 998356]

Crise de l’Eglise et prophétie
Article d'Yves Chiron - Présent - 6 décembre 2008

(Je n’ai pas retrouvé la ou les revues qui ont publié cet article,
vous avez l’auteur et les sources des documents sont dans l’article lui-même,
Bien cordialement,
Lys)

images/icones/carnet.gif  ( 998405 )Lien vers un site qui a publié l’article : par Lys (2026-04-25 08:29:19) 
[en réponse à 998356]

https://www.google.com/url?q=https://archidiacre.wordpress.com/2020/07/10/rome-perdra-la-foi/&sa=U&ved=2ahUKEwjcmZjTrIiUAxXgUaQEHY4vHa8QFnoECAYQAg&usg=AOvVaw18RAwKLzJ-EoG4HNyeiz0S

Il s’agit du site « + Archidiacre + »

(désolé j’ai du mal à insérer le lien…problème technique de mon côté,
du coup il vous faudra de copier-coller dans le moteur de recherche, désolé.)

Catholiquement votre,
LYS
images/icones/marie.gif  ( 998416 )Un peu de mauvaises foi par Jean-Paul PARFU (2026-04-25 09:44:41) 
[en réponse à 998340]

Vous, et le site, présentez le secret publié par Mélanie en 1879 comme n'étant pas le message authentique, celui de 1851.

Cette façon de présenter les choses est fausse. Mélanie a simplement précisé ce qui lui avait été dit par la Très Sainte Vierge, comme le fera plus tard soeur Lucie, laquelle rédigera quatre premiers Mémoires, écrits entre 1935 et 1941, ils sont de loin les plus importants, et deux derniers rédigés en 1989 et en 1993.


En réalité, "en 1873 Mélanie Calvat met de nouveau par écrit son message personnel, avec l'imprimatur du cardinal Sforza, archevêque de Naples, et avec l'approbation de Pie IX.

Le message est officiellement publié par Mélanie Calvat elle-même, le 15 novembre 1879, sous le titre de "L'Apparition de la Sainte-Vierge sur la montagne de La Salette", et reçoit l'imprimatur de Salvatore Luigi Zola, évêque de Lecce près de Naples, qui dans son diocèse a protégé Mélanie et l'a aidée.


2) Dès le début, le message de 1873 est exploité par les anticléricaux et les francs-maçons français pour attaquer les catholiques dans le pays. La confusion qui en résulte atteint le prestige de La Salette relégué au rang de site mineur de pèlerinage catholique en demi-sommeil.

À la suite de cette publication, une dispute historique commence sur ce qui faisait partie du secret et ce qui y aurait été ajouté, et qui dure encore aujourd'hui.

En 1880, l'évêque de Troyes dénonce au Saint-Office le livre qui a reçu l'imprimatur à Lecce, et à son tour le cardinal Caterini, secrétaire de cette congrégation, lui répond publiquement ainsi qu'à l'évêque de Castellamare et aux autres membres de la hiérarchie que :

- Le Saint-Office est mécontent de la publication de ce livre. Sa volonté expresse est que chaque exemplaire qui a été mis en circulation soit, dans la mesure du possible, retiré des mains des fidèles.

Par la suite, le Vatican met ce livre à l'Index."

Le livre de Mélanie a été mis à l'Index, non parce qu'il serait faux ou contiendrait des hérésies ou serait immoral, mais parce que son contenu met en cause les hommes d'Eglise et la perte de la foi au sein de l'Eglise. Ce contenu était non seulement explosif, mais incompréhensible pour les autorités ecclésiastiques à l'époque.

Dans son livre sur La Salette de 2002, l'abbé Laurentin, s'agissant de l'expression : "prêtres cloaques d'impuretés", alors qu'il est favorable aux apparitions et à Mélanie, dit encore ne pas savoir à quoi elle fait allusion. C'est dire ! Depuis nous le savons !

C'est pour les mêmes raisons que le 3ème secret de Fatima n'a pas été publié par le St Siège !
images/icones/find.gif  ( 998417 )Comprenez ce qui est en jeu Lys par Jean-Paul PARFU (2026-04-25 10:01:37) 
[en réponse à 998416]

au lieu de défendre maladroitement les autorités en place, simplement parce qu'elle sont en place.

La crise de l'Eglise, ce sont des hommes d'Eglise qui enseignent l'erreur !

"Là où a été établi le Siège du bienheureux Pierre et la Chaire de la Vérité pour la lumière des nations, là ils ont posé le trône de l'abomination de leur impiété ; de sorte qu'en frappant le Pasteur, ils puissent aussi disperser le troupeau. » Petit exorcisme de Léon XIII.

La 2ème lettre de St Paul aux Thessaloniciens, le message de La Salette donc, le 3ème secret de Fatima nous préviennent de cette crise et ... Paul VI lui-même a parlé "d'autodestruction de l'Eglise" (7 décembre 1968) et "des fumées de Satan qui, par quelques fissures, sont entrées dans le Temple de Dieu" (Basilique St Pierre de Rome, 29 juin 1972).

Et je vous rappelle que c'est notre Seigneur Jésus-Christ qui dit à St Pierre : "Arrière de moi, Satan! Tu m'es en scandale, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes !" (St Matthieu 16-23).

Enfin, beaucoup d'anges ont suivi Satan parce qu'il était Lucifer, le porte lumière, celui par qui il recevait les lumières et les ordres du Très-Haut. Ils se sont eux-mêmes aveuglés !
images/icones/vatican.gif  ( 998418 )L' "autodestruction" par AVV-VVK (2026-04-25 10:54:49) 
[en réponse à 998417]

Une belle réflexion objective: https://www.france-catholique.fr/les-fumees-de-satan.html
L' erreur n' est-il pas enseigné par ceux qui voudraient nous en prévenir ?
images/icones/FleurDeLys.png  ( 998425 )Excellente intervention ! par Lys (2026-04-25 13:34:49) 
[en réponse à 998418]

Cet article résume exactement ma position, merci Monsieur.

J’ajoute que je continue de lire tout les commentaires sur le FC,
car je comprends vraiment les positions des uns et des autres,
et beaucoup ici sont capables de développer une réflexion en profondeur,
donc on apprends beaucoup, des angles d’approches variés etc…

C’est nourrissant, mais je demeure inflexible, la Foi l’emporte sur la Raison,
c’est inscrit dans mes veines, tout mon être « sait » que les sacres à venir sont une erreur,
que je ne ferai jamais parti de la fsspx, et tant d’autres choses…

Délors, inutile que je prenne part aux débats, je ne suis pas « convaincable »,
comme ma grand-mère qui répondait aux témoins de Jeovah en souriant :
« A mon âge ? Mafois, ma Foi est faite ! »

Bien cordialement,
LYS
images/icones/1v.gif  ( 998436 )[réponse] par jejomau (2026-04-25 16:25:56) 
[en réponse à 998425]

Vous préférez danser autour de la pachamama en suivant l'exemple donné d'en haut

Évident...
images/icones/nounours.gif  ( 998437 )Une erreur dans ce texte par Jean-Paul PARFU (2026-04-25 17:48:28) 
[en réponse à 998418]

Paul VI n'a pas dit que les fumées de Satan étaient entrées "dans le peuple de Dieu", mais "dans le Temple de Dieu". Ce n'est pas la même chose !

Pour le reste. bof !
images/icones/FleurDeLys.png  ( 998433 )La ruse du démon en 2 lignes : par Lys (2026-04-25 15:29:08) 
[en réponse à 998417]

Infiltration de l’esprit moderniste depuis plus d’un siècle DANS l’Eglise
(Notre-Dame de la Salette se plaignait déjà du clergé en 1846 !!!!)
puis
Exfiltration des traditionalistes depuis 1988 HORS de l’Eglise.

(C’est mon dernier mot Jean-Paul ! :) )

Je continue de tous vous lire,
et vous remercie de partager vos savoirs et opinions,
Le FC ? une superbe « open source »

Sincèrement,
LYS
images/icones/carnet.gif  ( 998487 )sur l'usage des prophéties par Réginald (2026-04-27 22:18:36) 
[en réponse à 998417]

1/ Vous persistez à tenir pour authentique la formule « Rome perdra la foi », alors même qu’elle appartient à une version du secret de La Salette explicitement condamnée par l’Église.

Je vous renvoie ici à l’analyse de l’abbé Jean-Michel Gleize, dont les positions sont plus proches des vôtres que des miennes, et qui rappelle des faits précis et documentés. Le texte du secret publié en 1879 n’a jamais été approuvé par l’Église, contrairement à l’apparition elle-même. Le Saint-Office en a interdit la diffusion dès 1915 sous peine de sanctions graves. Il en a ensuite interdit la possession et la lecture en 1923 par sa mise à l’Index. Enfin, une intervention de 1957 a explicitement confirmé que c’est bien ce texte qui était visé par la condamnation.

Ce texte ne bénéficie d’aucune approbation ecclésiale et a fait l’objet de mesures disciplinaires répétées. Continuer à s’y référer comme à une autorité revient donc, objectivement, à s’écarter du discernement de l’Église.

2/ Quant à la phrase tirée de l’exorcisme de Léon XIII, votre interprétation repose sur un contresens.

En isolant une phrase qui ne figure pas dans la version officielle de 1902 du Rituel romain, qui a retenu une forme abrégée de l’exorcisme, vous érigez une prière de circonstance en « super-prophétie », au prix d’une contradiction directe avec le dogme de l’indéfectibilité de l’Église.

Or le fait même que le Saint-Siège ait stabilisé le texte officiel sans reprendre cette formule manifeste clairement qu’il n’entend pas en cautionner une lecture catastrophiste. Autrement dit, vous faites dire au texte ce que l’autorité qui l’a promulgué puis révisé a précisément refusé d’y laisser entendre.

Il faut d’ailleurs rappeler que cet exorcisme s’inscrit dans le contexte du Risorgimento et de la disparition des États pontificaux en 1870. Il s’agit avant tout d’une prière de combat spirituel face à des forces historiques bien identifiées, et non d’une annonce prophétique d’une défaillance future du Siège de Pierre.

Au fond, votre lecture repose sur un même glissement dans les deux cas. Vous absolutisez des textes que l’Église a précisément encadrés, voire corrigés, et vous les retournez contre elle.
images/icones/nounours.gif  ( 998494 )Une fois de plus par Jean-Paul PARFU (2026-04-28 07:11:42) 
[en réponse à 998487]

Vous confondez "Rome" avec l'Eglise !

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. D'autant que si ces prophéties n'étaient pas compréhensibles au moment où elles furent dites, elles sont devenues parfaitement claires aujourd'hui !
images/icones/carnet.gif  ( 998495 ) Je note que par Réginald (2026-04-28 07:54:33) 
[en réponse à 998494]

vous ne répondez à aucun des faits que j’ai avancés : ni la condamnation du texte de 1879 par le Saint-Office, ni le fait que la phrase de l’exorcisme de Léon XIII ne figure pas dans la version officielle de 1902 du Rituel romain. Votre silence sur l’abbé Jean-Michel Gleize est révélateur : il est toujours plus commode d’ignorer un auteur de son propre camp lorsque ses conclusions contredisent vos présupposés.

Ensuite, soutenir que « Rome » pourrait perdre la foi revient à rendre caduque la promesse du Christ (Mt 16, 18), puisque l’Église est bâtie sur Pierre.

Enfin, votre argument est circulaire : vous partez de l’idée que « Rome dévie », puis vous relisez à la lumière de cette conviction des textes non approuvés ou écartés par l’Église, et vous utilisez ensuite ces mêmes textes pour confirmer votre point de départ.
images/icones/fleche2.gif  ( 998497 )Sur le contexte historique par Pétrarque (2026-04-28 08:58:43) 
[en réponse à 998487]


Il faut d’ailleurs rappeler que cet exorcisme s’inscrit dans le contexte du Risorgimento et de la disparition des États pontificaux en 1870. Il s’agit avant tout d’une prière de combat spirituel face à des forces historiques bien identifiées, et non d’une annonce prophétique d’une défaillance future du Siège de Pierre



Il est évident que cet exorcisme ne peut être ramené qu'au contexte historique du Risorgimento.

Ou alors, il faut le faire jusqu'au bout, et intégrer à ce contexte historique les menées subversives s'étendant jusqu'au coeur de l'Eglise, menées préparées et mises en oeuvre par ses ennemis, et dont les documents de la Haute Vente italienne, cités par Crétineau-Joly sous Pie IX, donnent un aperçu.

Il est manifeste que Léon XIII avait en vue, avec cet exorcisme, un combat bien loin d'être uniquement spirituel.

L'année même de la publication de l'exorcisme, Léon XIII publie la magistrale Humanum Genus, dont voici des extraits particulièrement intéressants :

A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s'être coalisés dans un immense effort, sous l'impulsion et avec l'aide d'une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des francs-maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d'audace entre eux contre l'auguste majesté de Dieu. C'est publiquement, à ciel ouvert, qu'ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise, afin d'arriver, si c'était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ.

On lit plus loin :

A l'égard du Siège apostolique et du Pontife romain, l'inimitié de ces sectaires a redoublé d'intensité. Après avoir, sous de faux prétextes, dépouillé le pape de sa souveraineté temporelle, nécessaire garantie de sa liberté et de ses droits, ils l'ont réduit à une situation tout à la fois inique et intolérable, jusqu'à ce qu'enfin, en ces derniers temps, les fauteurs de ces sectes en soient arrivés au point qui était depuis longtemps le but de leur secret dessein : à savoir, de proclamer que le moment est venu de supprimer la puissance sacrée des Pontifes romains et de détruire entièrement cette Papauté qui est d'institution divine. Pour mettre hors de doute l'existence d'un tel plan, à défaut d'autres preuves, il suffirait d'invoquer le témoignage d'hommes qui ont appartenu à la secte et dont la plupart, soit dans le passé, soit à une époque plus récente, ont attesté comme certaine la volonté où sont les francs-maçons de poursuivre le catholicisme d'une inimitié exclusive et implacable, avec leur ferme résolution de ne s'arrêter qu'après avoir ruiné de fond en comble toutes les institutions religieuses établies par les Papes.

Certes, au moment où il vit, Léon XIII ne semble pas imaginer que la subversion puisse gagner l'intérieur de l'Eglise ("On est venu à ce point qu'il y a lieu de concevoir pour l'avenir les craintes les plus sérieuses; non certes, en ce qui concerne l'Eglise, dont les solides fondements ne sauraient être ébranlés par les efforts des hommes, etc.") ; mais le Souverain Pontife ajoute plus loin : "Et plût à Dieu que tous, jugeant l'arbre par ses fruits, sussent reconnaître le germe et le principe des maux qui nous accablent, des dangers qui nous menacent. Nous avons affaire à un ennemi rusé et fécond en artifices."

Comment ne pas rapprocher ce contexte de celui qui, 23 ans plus tard, sera la toile de fond de l'encyclique Pascendi, dans laquelle le successeur de Léon XIII trace ces lignes :

"Ennemis de l'Eglise, certes ils [les modernistes] le sont, et à dire qu'elle n'en a pas de pires on ne s'écarte pas du vrai. Ce n'est pas du dehors, en effet, on l'a déjà noté, c'est du dedans qu'ils trament sa ruine; le danger est aujourd'hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l'Eglise; leurs coups sont d'autant plus sûrs qu'ils savent mieux où la frapper. Ajoutez que ce n'est point aux rameaux ou aux rejetons qu'ils ont mis la cognée, mais à la racine même, c'est-à-dire à la foi et à ses fibres les plus profondes. Puis, cette racine d'immortelle vie une fois tranchée, ils se donnent la tâche de faire circuler le virus par tout l'arbre: nulle partie de la foi catholique qui reste à l'abri de leur main, nulle qu'ils ne fassent tout pour corrompre. Et tandis qu'ils poursuivent par mille chemins leur dessein néfaste, rien de si insidieux, de si perfide que leur tactique: amalgamant en eux le rationaliste et le catholique, ils le font avec un tel raffinement d'habileté qu'ils abusent facilement les esprits mal avertis. D'ailleurs, consommés en témérité, il n'est sorte de conséquences qui les fasse reculer, ou plutôt qu'ils ne soutiennent hautement et opiniâtrement."


Lorsque Paul VI, après avoir aboli la récitation de l'exorcisme après la messe - et au moment où il s'apprête à supprimer le serment antimoderniste - déplorera 80 ans plus tard la pénétration des "fumées de Satan" à l'intérieur de l'Eglise, avec ou sans le concours de la Maçonnerie, tout cela ne résonne-t-il pas de manière troublante ?
images/icones/carnet.gif  ( 998528 )Vous élargissez le contexte, par Réginald (2026-04-28 18:27:06) 
[en réponse à 998497]

mais vous brouillez du coup la question. Que Léon XIII ait perçu des menaces graves contre l’Église, nul ne le conteste. L’encyclique Humanum Genus en témoigne. Que ces menaces aient pu ensuite prendre des formes internes, comme le montre Pascendi Dominici Gregis de Pie X, est également un fait.

Mais le texte invoqué dit simplement ceci :
« Là où fut institué le Siège du bienheureux Pierre et la chaire de la vérité […], là ils ont posé ( posuerunt) le trône de leur abomination […], afin que, le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. »

Le verbe est au passé. Il décrit une action déjà accomplie, non une prophétie. Dans l’esprit de Léon XIII, il s’agit de dénoncer une situation historique concrète, liée aux attaques du Risorgimento et à la perte des États pontificaux, non d’annoncer une défaillance doctrinale du Siège de Pierre.
images/icones/bible.gif  ( 998551 )Non ! par Jean-Paul PARFU (2026-04-29 07:45:09) 
[en réponse à 998528]

Il s'agit d'une remarque générale, hors contexte particulier.

En outre, le terme employé d'"abomination" est tiré des Saintes Ecritures et a clairement une connotation purement religieuse en relation même avec les Derniers Temps !
images/icones/carnet.gif  ( 998575 )contresens majeur par Réginald (2026-04-29 23:06:30) 
[en réponse à 998551]

La compréhension d’un texte repose sur quatre éléments indissociables : le contexte, le sens littéral, le genre littéraire et l’analogie de la foi.

Le contexte :Le contexte : la prière d’exorcisme de Léon XIII est composée en 1890, dans la suite du Risorgimento. Un an auparavant, en 1889, l’inauguration de la statue de l’apostat Giordano Bruno au Campo de' Fiori est vécue à Rome comme une provocation majeure. Léon XIII dénonce ce monument dans l’encyclique Quod Nuper comme une injure grave et publique à la religion.

Plus encore, dans l’allocution QUOD NUPER (1889), le pape emploie lui-même l'expression scripturaire en déclarant : « Huc Nos traxere tempora, ut abominationem desolationis videremus in loco sancto » (« Les temps nous ont amenés à voir l’abomination de la désolation dans le lieu saint »).

Autrement dit, pour Léon XIII, « l’abomination » n’est pas une réalité eschatologique future, mais une qualification théologique d’une situation contemporaine bien identifiée : la profanation symbolique de Rome et l’hostilité militante envers l’Église.

Le sens littéral :
la grammaire est décisive. Le texte dit posuerunt (« ils ont posé »). Il décrit une action accomplie, non un événement futur. Léon XIII, fin latiniste, aurait-il oublié la valeur des temps verbaux au point de confondre un passé et un futur ?

Le genre littéraire : il s’agit d’une prière d’exorcisme, non d’une prophétie. L’expression « trône de leur abomination » relève d’un usage accommodatice : une image biblique appliquée à une situation contemporaine.

L'analogie de la foi : tout comme pour l'étude d'un passage biblique, nous devons confronter un texte avec l'ensemble de la doctrine et des Écritures sur le même sujet. On ne peut isoler une phrase pour lui faire dire que la « Chaire de la Vérité » pourrait devenir le « Trône de l'Abomination » (l'erreur doctrinale), car cela contredirait les promesses formelles du Christ sur l'indéfectibilité de Pierre.

Vouloir transformer cette accommodation liée à une spoliation temporelle en une prophétie de corruption de la foi est un contresens majeur.
images/icones/1v.gif  ( 998578 )Que Nenni ! par Jean-Paul PARFU (2026-04-30 07:18:03) 
[en réponse à 998575]

Vous écrivez : "L’abomination » n’est pas une réalité eschatologique future, mais une qualification théologique d’une situation contemporaine bien identifiée : la profanation symbolique de Rome et l’hostilité militante envers l’Église."

Le Pape Léon XIII constate, comme le fera plus tard Ste Pie X, qu'il y a des signes qui annoncent "la grande Apostasie" (St Paul) des derniers temps.

Cette apostasie concerne la société ("Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc...", donc pas partout) et ne pourra pas en outre épargner les hommes d'Eglise eux-mêmes ("les fumées de Satan sont entrées par quelques fissures dans le Temple de Dieu").
images/icones/carnet.gif  ( 998580 )deux questions simples par Réginald (2026-04-30 07:36:35) 
[en réponse à 998578]

Voici le texte de Léon XIII dans Quod Nuper :

« Une entreprise si funeste a été préparée de longue main et exécutée non seulement avec la connaissance des autorités publiques, mais aussi avec leur faveur et leur encouragement explicite. Il est profondément douloureux, et presque monstrueux, que de cette auguste Cité, où Dieu a établi le siège de son Vicaire, s’élève la proclamation d’une raison humaine révoltée contre Dieu ; et que dans le lieu même d’où le monde a coutume de recevoir l’enseignement incorrompu de l’Évangile et les conseils du salut, les choses étant injustement renversées, on inaugure impunément des monuments consacrés à des erreurs néfastes et à l’hérésie elle-même. Les temps nous ont conduits à voir l’abomination de la désolation dans le lieu saint. »

Question simple : que désigne concrètement Léon XIII dans ce passage lorsqu’il parle de “l’abomination de la désolation dans le lieu saint” ? S’agit-il d’une réalité qu’il constate à son époque, ou d’un événement futur ?

Et dans l’exorcisme du même pape :

« Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre […] là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété. »

Question tout aussi simple : le verbe “ils ont posé” est-il au présent, au futur… ou au passé ?
images/icones/carnet.gif  ( 998432 )Merci et bravo pour ces informations ! par lumineux (2026-04-25 15:04:43) 
[en réponse à 998416]

Vos contributions précises, rigoureuses, et factuels apportent beaucoup dans ce cher forum. Je ne connaissais pas tous ces éléments du secret de la Salette et le parallèle que vous faites avec les révélations de soeur Lucie est intéressant.