CHAPITRE IV
(SUITE DU PRÉCÉDENT)
Avec une mauvaise foi et une opiniâtreté dont on ne trouve la raison d’être que dans l’inspiration satanique, ils attaquent hautement, de vive voix et par écrit, la divinité du Saint-Esprit, triomphalement défendue par les docteurs catholiques.
Mais, quand la passion argumente, la raison n’est jamais sûre de vaincre. Les erreurs sur le Saint-Esprit gagnent comme un cancer, jusqu’à Macédonius qui en fait une lèpre, presque aussi étendue que l’arianisme. Quel fut cet homme, dont le nom, accolé à celui d’Arius, rappelle si tristement un des plus fameux hérésiarques de la primitive Église ? Macédonius était patriarche de Constantinople.
Élevé à cette dignité, en 354, par les Ariens dont il partageait les erreurs, il exerça contre les Novatiens et les catholiques des violences qui le rendirent odieux, même à l’empereur Constance, son protecteur. Dans un conciliabule tenu à Constantinople, en 360, et présidé par Acace et Eutrope, les Ariens le déposèrent et le firent exiler de la capitale. Rétabli sur son siège par ordre de l’empereur, il se montra l’ennemi juré des catholiques et des Ariens.
Contre ces derniers, il soutint la divinité de Notre-Seigneur, et contre les premiers, il nia la divinité du Saint-Esprit, dont il fit une simple créature, plus parfaite que les autres. Un an après, en 361, l’hérésiarque, dépouillé une seconde fois de sa dignité, mourut, comme Arius, misérablement.
Cependant la zizanie de ses erreurs était tombée dans beaucoup de têtes séditieuses. Riches de faconde, d’artifice et de scélératesse, les macédoniens formèrent une secte si nombreuse, que l’Église eut peine à l’extirper (Battaglini, Ist. univ. di tutti i concil., p. 135, ed. in-fol).
es principaux furent Marathon, évêque de Nicomédie ; Éleusius de Cyzique, ordonnés par Macédonius ; Sophrone, évêque de Pompéopolis, dans la Paphlagonie, et Eustase de Sébaste, en Arménie. Comme tous les novateurs, les macédoniens, appelés aussi Pneumatomaques, c’est-à-dire ennemis du Saint-Esprit, ou Marathoniens, du nom de l’évêque de Nicomédie, affectaient un extérieur grave et des mœurs austères. Grâce à cet artifice, ils séduisaient le peuple et les moines, parmi lesquels ils s’attachaient à semer leurs erreurs.
Malgré les efforts de l’Église d’Orient, l’hérésie, loin d’être étouffée, étendait ses ravages. Vingt ans de luttes inutiles firent comprendre à Théodose la nécessité d’un concile général. De concert avec le pape saint Damase, le pieux empereur convoqua l’auguste assemblée, à Constantinople, pour le mois de mai de l’an 381 (Vid. Baron., an. 381, n. 19).
Elle se trouva composée de cent cinquante évêques. A leur tête, on voyait saint Grégoire de Nazianze, saint Cyrille de Jérusalem, saint Grégoire de Nysse, frère de saint Basile ;Mélèce, évêque d’Antioche ; Ascolius de Thessalonique, et, en dehors de l’ordre des évêques, l’illustre docteur saint Jérôme.
Afin d’ôter tout prétexte, soit de nullité du concile, soit de jugement rendu sans avoir ouï les parties, l’empereur demanda que les macédoniens fussent convoqués avec les catholiques. Ils y furent, en effet, représentés par trente-six évêques, dont les deux principaux étaient : Éleusius de Cyzique et Marianus de Lampsaque.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde