Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=994020
images/icones/1g.gif  ( 994020 )Ordination des femmes, Rome ne dit toujours pas non clairement ! par Adso (2025-12-04 18:47:17) 

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/eglise-une-commission-du-vatican-refuse-pour-l-instant-l-ordination-des-femmes-diacres-20251204
images/icones/carnet.gif  ( 994022 )Ordinations Sacerdotalis par jejomau (2025-12-04 20:12:25) 
[en réponse à 994020]

[......]
"Bien que la doctrine sur l'ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l'Église et qu'elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l'Église de ne pas admettre les femmes à l'ordination sacerdotale.

C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute
sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église.

Priant pour vous, Vénérables Frères, et pour tout le peuple chrétien, afin que vous receviez constamment l'aide divine, j'accorde à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 22 mai 1994, solennité de la Pentecôte, en la seizième année de mon pontificat."

LIEN
images/icones/carnet.gif  ( 994025 )Ordination diaconale, pas sacerdotale par Marquandier (2025-12-04 21:08:23) 
[en réponse à 994022]

Il n’est pas question de remettre en question cette déclaration définitive qui ne mentionne pas l’ordination diaconale.
images/icones/fleche2.gif  ( 994027 )[réponse] par jejomau (2025-12-04 21:45:37) 
[en réponse à 994025]

Le diaconat (avec la prêtrise et l'épiscopat) est un sacrement de l'Ordre.

L’Eglise catholique confère le sacrement de l’Ordre seulement à des hommes (Catéchisme de l’Eglise Catholique – n° 1593).
images/icones/fleche2.gif  ( 994023 )Ça paraît tout de même clair par Ptitlu (2025-12-04 20:14:04) 
[en réponse à 994020]

Qu'il y a comme un blocage

"Dans sa lettre, le cardinal Petrocchi plaide pour une approche prudente sur ce sujet qui suscite un débat «intense», appelant à des études complémentaires"

La question c'est plutôt de savoir si c'est un os qu'on jette au Peuple de Dieu pour lui faire avaler le reste du boa synodal ou s'il y a réellement un point d'achoppement même chez les tenants du Vatican III synodal qui les conduit à abandonner un des points clés du chemin synodal (du moins de ce qui a été mis en avant).

Il est possible que la question de décider sur l'ordination des femmes soit un des sujets du prochain Consistoire, non ?
images/icones/iphone.jpg  ( 994029 )Problématique absurde par Signo (2025-12-04 22:06:33) 
[en réponse à 994020]

Certains groupes souhaitent que le diaconat féminin soit permis pour « promouvoir les femmes ». 

Outre le fait que les ministères dans l’Eglise catholique n’ont absolument pas pour vocation de promouvoir qui que ce soit, le feu vert donné au diaconat féminin, même selon la perspective féministe, ne règlerait pas le problème. Car un diacre s’inscrit dans une hiérarchie cléricale, dont il reste un des plus bas degrés, et reste subordonné à l’évêque. Si demain il y a des femmes diacres, les femmes seront toujours subordonnées à des hommes. L’objectif féministe ne serait toujours pas atteint.

Il est évident que cette question est aujourd’hui poussée par certains lobbies comme une étape transitoire et un cheval de Troie pour avoir, un jour, l’ordination des femmes au sacerdoce, puis à l’épiscopat, ce qui est bien évidemment le véritable objectif.

Pour faire passer cette nouveauté, ils vont d’abord mettre en avant le précédent antique des diaconesses, dont il est clairement établi qu’il n’a rien à voir avec le diaconat au sens actuel du terme, et relativiser ou mettre entre parenthèses le principe d’unité du sacrement de l’Ordre.

Et puis, quand ils auront obtenu le diaconat féminin, ils vont nous ressortir le principe de l’unité du sacrement de l’Ordre, pour réclamer l’élargissement de la possibilité au sacerdoce et donc à l’épiscopat.

Cette tactique dite « du saucisson », ou du « voleur chinois », nous est bien connue, c’est du classique. Dans la société civile, c’est ainsi qu’on a procédé pour l’avortement, le mariage homo, la PMA, demain la GPA et l’euthanasie. Dans l’Eglise, cette tactique fut employée pour la communion dans la main, la messe face au peuple, etc. D’abord une permission que l’on justifie par un « retour à l’antique » (quitte à tordre la réalité historique), une pratique qui se répand de manière massive sur le terrain, puis une officialisation normative dans un contexte dans lequel la nouveauté est déjà quasiment non seulement massive, mais de facto presque obligatoire. Et à chaque fois bien sûr, on jure au début la main sur le coeur que c’est l’objectif ultime, qu’on ira pas plus loin, etc.

Le seul moyen de couper l’herbe sous le pied de ce genre de revendication, serait à la rigueur de restaurer l’ordre antique des diaconesses comme une sorte de ministère institué comparable à celui de catéchiste, ce qui permettrait à des femmes d’occuper des postes de responsabilité administrative dans les diocèses, mais en précisant bien qu’elles devront porter une tenue liturgique distincte de celle des diacres (pas de dalmatique ni d’étole, éventuellement une aube et un voile blanc), rester dans la nef et surtout ne pas servir à l’autel.

Problème: sur ce dernier point, le cheval est déjà dans Troie, depuis que le précédent pape a ouvert la possibilité de conférer l’acolytat à des femmes, ce qui achève de ruiner le principe traditionnel réservant le service de l’autel aux hommes. Dès lors, on ne voit pas comment l’instauration d’un diaconat féminin ne se traduirait pas par des femmes en étole ou dalmatique officiant à l’autel. Quand on en sera là, le processus d’anglicanisation de l’Eglise catholique aura pris un tournant décisif…
images/icones/fleche3.gif  ( 994032 )Vous avez raison par Pétrarque (2025-12-05 07:08:27) 
[en réponse à 994029]

Et il faut qu'un pape, avec toute l'autorité nécessaire et en engageant explicitement l'infaillibilité, sonne la fin de la récréation en rappelant à ces dames la barrière du chœur, l'unité de l'Ordre et le caractère définitif de l'impossibilité.
images/icones/carnet.gif  ( 994038 )Le problème… par Signo (2025-12-05 09:42:07) 
[en réponse à 994032]

… est que le principe de l’accès au sanctuaire (et non pas au chœur, il y a une confusion courante sur ce point, j'en avais parlé ici) réservé aux hommes a déjà été ruiné par la décision de 2021 du précédent pape d’ouvrir officiellement l’accès des femmes à l’acolytat. Au nom du fameux « effet cliquet » qui caractérise l’ambiance progressiste dans lequel nous baignons, y compris dans l’Eglise, cette évolution est probablement irréversible. Je doute qu’un pape revienne un jour dessus. Or il s’agit d’une rupture grave (je parle bien de l’acolytat, l’ouverture du lectorat aux femmes ne pose aucun problème) avec un principe plus que millénaire, partagé par toutes les Eglises apostoliques.

Cette évolution désastreuse a été rendue possible par le renversement de sens opéré par Paul VI avec Ministeria Quaedam en 1972. Alors que dans la conception traditionnelle les ordres mineurs étaient conçus par rapport au sacerdoce ministériel, dont ils constituaient des degrés progressifs, le texte de Paul VI fonde désormais l’ensemble des ministères institués sur le sacerdoce baptismal.
Une évolution intelligente et respectueuse de la tradition aurait été de distinguer, dans l’ensemble des ministères institués, ceux qui relèvent du service de l’autel des autres. Les premiers auraient pu être envisagés comme des degrés vers le sacerdoce ministériel et les seconds comme relevant du sacerdoce baptismal, distinction qui n’a pas été faite. On aurait ainsi pu ouvrir le lectorat aux femmes tout en justifiant le maintien de l’acolytat pour les hommes uniquement (ce qui a été le cas jusqu’en 2021), puisque ordonné au sacerdoce ministériel.

Un dernier point : certains prêtres diocésains courageux, généralement jeunes, essaient dans les paroisses de résister et de conserver le principe du service d’autel réservé aux garçons en distinguant les servants d’autels des « servantes d’assemblée », une création hélas un peu bancale et qui de fait n’a jamais existé dans l’histoire de la liturgie, donc à la légitimité fragile. Or depuis 2021 ces prêtres subissent une forte pression pour abandonner cette distinction et admettre les filles au service de l’autel, et de fait, même quand ils tiennent bon, ils sont désormais en porte-à-faux vis-à-vis des règles officielles et ne peuvent plus s’appuyer sur le respect des normes en vigueur pour garder la tradition. On voit clairement qu’il va être de plus en plus difficile de défendre dans le contexte de la liturgie reformée une herméneutique de continuité. C'est un argument de plus pour garder la liturgie traditionnelle et toute la cohérence qu'elle suppose.

Cette rupture des femmes ayant désormais officiellement accès au sanctuaire, s’inscrit dans un contexte plus long de désacralisation progressive de l’espace liturgique en Occident, qui avait commence des la période de la Contre-Réforme, voire dès la fin du Moyen-Age : abandon progressif de la discipline de l’arcane et de la théologie du mystère qu’elle suppose, idéologie du « vouloir voir », effacement progressif de la distinction entre le chœur et le sanctuaire, etc. Les racines de cette rupture sont anciennes en Occident.
images/icones/fleche2.gif  ( 994040 )Position du cardinal J.-Cl. Hollerich, S.J. par AVV-VVK (2025-12-05 10:55:28) 
[en réponse à 994038]

L’acolytat, même pour les adultes, est ouvert aux femmes et aux hommes. Alors, je pense qu'il n'y a pas lieu d'exclure les filles du service d'autel. Elles sont les bienvenues. C'est leur place et elles exercent ainsi leur dignité de baptisée.

De plus, les servantes d’autel sont importantes parce que nous voyons ce qui touche leur cœur, quels gestes les touchent, et ce que la catéchèse doit encore fournir comme explication. Mais ce n'est pas une explication de la tête, c'est une explication mystagogique qui se fait dans la liturgie. C'est vraiment une introduction au christianisme pour les jeunes.

Source: Cathobel (30.07.2024)
images/icones/2a.gif  ( 994046 )Position de Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque d'Evreux par Regnum Galliae (2025-12-05 16:11:29) 
[en réponse à 994040]


"On ne peut plus exclure les femmes. De plus, il me semblerait meilleur pour le fonctionnement de l'Église qu'on ait la liberté de se marier. Ça me paraîtrait plus sain."

images/icones/1v.gif  ( 994056 )Laxisme doctrinal par jejomau (2025-12-05 18:20:26) 
[en réponse à 994040]

Laxisme des mœurs ? A l'instar de Mgr Gaillot
images/icones/carnet.gif  ( 994041 )Ministeria Quaedam par Signo (2025-12-05 11:56:06) 
[en réponse à 994038]

Je cite la lettre apostolique:


IV. Les ministères qui doivent être maintenus dans toute l'Église latine, d'une manière adaptée aux nécessités d'aujourd'hui, sont au nombre de deux : celui du Lecteur et celui de l'Acolyte. Les fonctions qui étaient jusqu'à présent attribuées au sous-diacre sont confiées au lecteur et à l'acolyte et par suite, dans l'Église latine, l'ordre majeur du sous-diaconat n'existe plus. Rien n'empêche cependant qu'au jugement des Conférences épiscopales, l'acolyte puisse, en certains lieux, porter le nom de sous-diacre.
[...]
VI. L'acolyte est institué pour aider le diacre et servir de ministre au prêtre. Il lui revient donc de s'occuper du service de l'autel, d'aider le diacre et le prêtre dans les fonctions liturgiques et principalement dans la célébration de la Messe ; il lui appartient en outre de distribuer la sainte Communion, en tant que ministre extraordinaire, chaque fois que les ministres dont il est question au canon 845 du Code de Droit canonique manquent ou en sont empêchés en raison de leur état de santé, de leur âge avancé ou de leur ministère pastoral, ou encore chaque fois que le nombre des fidèles qui s'approchent de la sainte table est tellement important que la célébration de la Messe en serait prolongée. Dans les mêmes cas extraordinaires, on pourra lui confier le soin d'exposer publiquement le Saint-Sacrement à l'adoration des fidèles et de le reposer ensuite, mais non de donner la bénédiction au peuple. Il pourra aussi, s'il en est besoin, veiller à la préparation des autres fidèles qui seraient occasionnellement appelés à aider le prêtre ou le diacre dans les fonctions liturgiques, en portant le missel, la croix, les cierges, etc., ou en exerçant d'autres charges de ce genre. Il remplira ces fonctions avec plus de dignité s'il participe à la Sainte Eucharistie avec une piété chaque jour plus grande, s'en nourrit et en acquiert une connaissance plus élevée.

L'acolyte, destiné particulièrement au service de l'autel, doit s'initier à tout ce qui se rapporte au culte public de Dieu et s'appliquer à en pénétrer le sens intime et spirituel : il pourra ainsi s'offrir chaque jour tout entier à Dieu et être pour tous, dans la maison de Dieu, un exemple de dignité et de respect ; il doit enfin porter un amour sincère au Corps mystique du Christ, c'est-à-dire au peuple de Dieu, et particulièrement aux faibles et aux malades.


VII. Etre institué lecteur et acolyte, conformément à la vénérable tradition de l'Église, est réservé aux hommes.



Mon commentaire:

1. MQ évoque encore en 1972 la « vénérable tradition de l’Eglise »… avec laquelle François a donc rompu, probablement de manière irréversible, en 2021.

2. Paul VI ne distingue pas suffisamment l’acolytat du lectorat en rappelant cette vénérable tradition et ne dit pas en quoi cette tradition serait vénérable. En effet ce qui est traditionnel c’est de réserver aux hommes le service de l’autel.
Les lectures quant-a elles, dans la tradition chrétienne, sont proclamées depuis le chœur, voire depuis la nef (la bema antique, toujours utilisée en Orient), lieux dont les femmes ne sont pas rigoureusement exclues. Même dans les communautés attachées à la liturgie traditionnelle il peut arriver que des femmes exercent la fonction de lecteur : par exemple pour les leçons de matines dans les abbayes bénédictines féminines. François n’a fait que reprendre ce manque de distinction entre les deux ministères en mélangeant tout, sans distinction.

3. Etant donné que MQ aboli le sous-diaconat d’une part (qui est pourtant très ancien et qui existe toujours dans la plupart des Eglises apostoliques), et que d’autre part les fonctions du sous-diacre sont reprises par l’acolyte, cela signifie que si les communautés traditionnelles s’inscrivent dans le cadre de MQ, la fonction de sous-diacre dans la messe solennelle selon le missel ancien pourrait, selon le droit actuel, être assurée aujourd’hui… par une femme !

On voit bien que ces questions apparemment anodines ont en fait des conséquences en série. D’où la nécessité d’un ordinariat qui serait officiellement dispensé de MQ et qui se verrait officiellement reconnu le droit de conserver les anciens ordres mineurs, donc l’ancien Pontifical, etc.
 ( 994034 )Félicitations cher Signo par Roger (2025-12-05 07:40:37) 
[en réponse à 994029]

Pour votre démonstration imparable !
images/icones/bravo.gif  ( 994036 )merci ! par jejomau (2025-12-05 09:39:54) 
[en réponse à 994029]

Brillant !

Ces modernes infiltrés nous les Bri...nt ! Mais vous le dites bien mieux que moi
images/icones/union-jack.png  ( 994043 )le néo-catholicisme bergoglien est en effet une "anglicisation" par Luc Perrin (2025-12-05 13:07:02) 
[en réponse à 994029]

C'est le processus amorcé par Vatican II de manière insidieuse mais comme par effraction tant il y a de verrous dans le corpus conciliaire qui permettent à un Magistère conscient de la Tradition et plus généralement de la Révélation de stopper cette dérive.
Merci à la Minorité et à la formation néo-thomiste reçue par l'immense majorité des Pères du Concile et à Paul VI qui a soutenu plusieurs des verrous. On se souviendra que les tentatives de mariage des prêtres de cette époque ont toutes été repoussées. On n'osait pas encore à l'époque imaginer une subversion majeure du sacerdoce telle que celle qui est tentée au XXIe siècle. Mais depuis 1965 et 1967 l'encyclique de Paul VI, la fumée de Satan n'a fait que polluer davantage l'air dans le Temple comme on sait.

Le néo-catholicisme, forme actuelle du catholicisme libéral et moderniste, cède aux sirènes du Monde en croyant qu'avec une cuillère un peu longue on peut manger la soupe servie par le prince de ce Monde à savoir Satan. Erreur bien connue depuis Judas et tant d'autres dans l'Écriture.

J'avais rapproché le bergoglianisme de l'anglicanisme ici même il y a dix ans. Tout s'est confirmé par la suite et on le voit toujours à l'oeuvre aujourd'hui. L'Église anglicane (Angleterre) avait "ordonné" une femme diacre en 1987. Le reste a suivi par étapes et suivant les provinces de la Désunion anglicane, la discipline varie beaucoup.
Certains Anglicans ont quitté cette Désunion à la suite de ce processus comme la T.A.C. qui, un temps, avait songé rallier Rome sous Benoît XVI.
En 2019, les diacres féminins sont majoritaires dans l'Église établie d'Angleterre qui aura à un moment plus de ministres que de ... fidèles au rythme où ses paroisses se dépeuplent.

Ce n'est pas la première fois que le sujet du diaconat féminin, qui existe dans la Bible mais jamais équiparé au diaconat masculin - les diaconesses sont en fait l'équivalent des ... religieuses apostoliques et elles existent donc depuis au moins le XVIe siècle dans l'Église romaine - est abordé et rejeté. La revendication actuelle s'appuie selon la tactique moderniste habituelle sur la confusion des mots et du sens des mots. On fait comme si "diaconesse" = "diacre".

C'est un évident "cheval de Troie" ainsi que le souligne Signo. Comme tout ce qu'a accompli le regrettable François.
images/icones/tao.gif  ( 994045 )Pas sûr que ce soit une bonne idée par Regnum Galliae (2025-12-05 16:08:21) 
[en réponse à 994029]

- Les féministes ne se satisferont pas d'un statut de diaconesse tel que vous le décrivez
- Ce ne serait qu'une tranche de saucisson en plus
- Ce serait même un précédent, ou un cliquet, sur lequel s'appuieraient nos adversaires pour aller plus loin
- Enfin, si l'Eglise a dans sa grande sagesse supprimé la fonction de diaconesse, ce n'est pas pour rien. Peut-être induisait-elle déjà une confusion avec le sacerdoce, ou du moins une ambigüité. C'est comme pour la communion dans la main qui aurait existé à l'époque antique : si on l'a interdite, c'est sans doute parce que cette pratique devait contribuer à affaiblir la foi en la Présence Réelle, comme elle le fait à notre époque. Il ne faut donc pas s'appuyer sur des pratiques disparues mais plutôt sur le fait qu'elles ont disparu !
images/icones/iphone.jpg  ( 994051 )C’est plus compliqué que ça par Signo (2025-12-05 17:23:36) 
[en réponse à 994045]

Ce n’est pas parce qu’une réalité ou pratique ecclésiale a disparu qu’elle l’a été pour de bonnes raisons, ni qu’il faille forcément s’abstenir de la rétablir. Sans quoi on s’interdit par avance de répondre à certains enjeux nouveaux en puisant dans le riche, vaste et divers patrimoine de la tradition de l’Eglise. Il faut traiter ces questions au cas par cas.

Et puis en deux mille ans de christianisme, beaucoup de choses ont disparu et ont été rétablis, ou méritent de l’être.
Par exemple le rite de consécration des vierges, inaugurant une forme de vie religieuse féminine diocésaine courante dans l’Antiquité chrétienne et disparue par la suite… avant d’être rétablie par Dom Guéranger au XIXe siècle dans le cadre monastique, puis rétablie pleinement dans son cadre diocésain après Vatican II. Voilà une forme de vie qui méritait d’être redécouverte.
A noter ce passage intéressant :

La consécration des vierges remonte aux temps antiques du IVe siècle. D’abord pour toute religieuse dans le monde, la cérémonie fut ensuite réservée aux soeurs cloîtrées, mais finit par être abandonnée au XII° siècle, au temps de sainte Gertrude, sauf chez les cisterciennes et les chartreuses. Dom Guéranger devait restaurer cette consécration au XIXe siècle […]. Les religieuses étant assimilées à des diacres, la consécration se place au cœur de la messe entre le graduel et l’alléluia.



De même que le baptême des adultes par immersion ainsi que la communion sous les deux espèces mériteraient également d’être remis à l’honneur, y compris dans le cadre de la liturgie traditionnelle.

Concernant la question du diaconat, le véritable problème est que la nature de ce ministère souffre d’un certain flou. Au fond, à quoi sert un diacre? Dans les Actes des apôtres (Ac 6), le diaconat semble avoir été institué « pour le service des tables », et soulager le travail des apôtres. En dehors de la fonction strictement liturgique, à quoi cela peut-il correspondre aujourd’hui ? Il y a sans doute des choses à réinventer.

Toutefois je suis favorable aux ministères permanents, qui permettent d’inscrire la vie communautaire dans la stabilité et même une forme de professionnalisme : diacres permanents, mais aussi pourquoi pas sous-diacres permanents, acolytes permanents, lecteurs permanents, etc. Chanter une épître à la messe (pour le sous-diacre), chanter une lecture (à l’office, ou bien lors d’une messe de Carême ou de Quatre-Temps), supposent une vraie compétence, donc une vraie formation sanctionnée par la réception par l’évêque d’un ordre mineur (ou ministère) avec cérémonie publique. Et je ne vois pas pourquoi on ne conférerait pas ces ministères à des fidèles, même mariés, engagés de manière stable dans une vie paroissiale. Il en va de même du nouveau ministère de catéchiste, dont la création récente est une excellente chose.

Ceci dit il est effectivement probable qu’un ministère institué de diaconesse sans fonction liturgique à l’autel ne satisferait sans doute pas les progressistes.

En tout cas, La Vie vient de publier un article montrant bien que l’on s’oriente tout de même nettement vers un avis négatif. On est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise mais je doute que Léon XIV, qui est dans une logique d’unité et d’apaisement, franchisse le rubicon sur ce sujet, courant ainsi le risque de divisions voire de schisme (car ce serait l’essence d’un sacrement qui serait attaqué). Mais le néo-catholicisme s’étant enfermé dans de telles contradictions, surtout depuis Francois, que le sujet risque de revenir encore et encore sur la table, et pour les progressistes ce n’est que partie remise…