Le Forum Catholique

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images/icones/1j.gif  ( 990194 )Paul VI et le concile par Leopardi (2025-07-17 11:45:01) 

Je suis en train de lire le pavé "Vatican II, l'histoire qu'il fallait écrire".
Parmi mes nombreux effarements à la lecture de ce livre, j'apprends que Paul VI faisait clairement partie du groupe des progressistes qui ont oeuvré pour faire basculer le concile, et ce dès le début, alors qu'il était encore cardinal, à tel point que ce groupe s'était concerté par avance pour le faire élire pape.

Je pensais naïvement qu'il était juste plus ouvert que Pie XII et qu'il avait été dépassé par les événements. Que nenni! il en a bien été une cheville ouvrière décisive.

Ma question: comment a-t-il pu être canonisé après tant de magouilles? Je sais que la canonisation concerne l'héroïcité des vertus personnelles mais tout de même c'est aussi censé être un exemple dans la vie.
images/icones/carnet.gif  ( 990196 )Mais si! Vous avez raison Leopardi. Le regretté pape Paul VI était un exemple dans... la Vie par Hepzibah (2025-07-17 12:21:57) 
[en réponse à 990194]

La réponse est dans le titre.
On met juste une majuscule pour faire la différence.
Et 'regretté' est une antiphrase.
images/icones/idee.gif  ( 990203 )un raccourci un tantinet simpliste pour ne pas dire plus par Luc Perrin (2025-07-17 13:28:00) 
[en réponse à 990194]

Je n'ai pas lu encore la synthèse du Prof. Roberto de Mattei à laquelle vous faîtes allusion et votre post m'incite à l'ajouter à mes lectures estivales.

Toutefois pour corriger un peu votre jugement des plus abrupts, je précise ceci qui est d'ores et déjà archi connu, bien documenté dans des centaines d'ouvrages académiques :

- Montini un très proche de Pie XII est écarté au moment de l'épisode du hoquet en 1954 de la Curie romaine : il existe plusieurs études sur les circonstances et la lutte d'influence au sein de la Curie qui tient autant à des affaires politiques italiennes - Montini est lié à la démocratie-chrétienne depuis son enfance via son père - qu'ecclésiales.
Incontestablement il était une figure "progressiste" si vous voulez usez de ce mot bien que de façon très modérée par rapport à un Père Chenu ou d'autres. Il faudrait entrer dans moult nuances et personnellement je n'userais pas du mot pour Montini à cette date.
C'est plus un néo-thomiste "réformiste" lecteur de Jacques Maritain qui devient suspect à Rome dans les années 1950. Il est en contact avec le Mouvement missionnaire français et vers 1962 est ouvert à une réforme liturgique modérée - vernaculaire partiel - mais au-delà de ce que Jean XXIII imagine. Il n'est pas hostile au principe des prêtres-ouvriers et en reçoit certains à Milan.

- oui et c'est écrit partout le cardinal archevêque de Milan fait partie du groupe de cardinaux, très officiel rien de secret, que Jean XXIII consulte lors de la première période du Concile en 1962 pour déterminer l'agenda après la crise du rejet du schéma sur les deux sources de la Révélation et l'émergence de la "Majorité" et de la "Minorité" au grand jour. C'était visible mais pas public dans la Commission centrale préparatoire de 1961-1962.

- oui c'est aussi connu et évident que Montini qui est un des ténors de la Majorité en 1962 mais un peu en retrait à la façon de Prevost-Léon XIV par rapport aux cardinaux flamboyants (Suenens, Lercaro) surtout, était un papabile, LE papabile de 1963, à la façon de Pacelli en 1939. Il est clair que la Majorité cherchait un des leurs en 1963, que les papes étaient encore d'office italiens à cette date et que le pédigrée curial/épiscopal - pro-secrétaire d'État avant de partir à Milan 2e siège d'Italie après Rome en importance - et son engagement en 1962 faisait de Montini un candidat logique pour le conclave de 1963. L'archevêque de Gênes, le cardinal Siri, autre papabile s'était marqué comme soutien de la Minorité.

La genèse de l'élection de Léon XIV est bien plus mystérieuse - au plan de ce que l'on sait actuellement - que celle de Paul VI.

Rien de bizarre donc, rien de neuf et pas besoin de mettre du complot et des souterrains là où il n'y en a pas. Il y a bien des complots réels, je suis le premier à le dire et on l'a vu à diverses reprises dans les dernières années mais la présentation que vous faîtes de faits archi connus peut induire le lecteur en erreur, à mon humble avis. Et votre conclusion me paraît surréaliste sur la base des faits indiqués.

ps. concernant les béatifications/canonisations de papes contemporains à tout va, j'ai déjà exprimé mes grandes réserves. Elles me semblent précipitées et fondamentalement inopportunes la béatification de Pie IX exceptée puisqu'on a du recul avec lui.

images/icones/carnet.gif  ( 990204 )Pas vraiment de complot par Leopardi (2025-07-17 13:36:04) 
[en réponse à 990203]

mais de "crime en bande organisée". Apparemment dès les schémans anté-préparatoires, les progressistes se sont organisés (français, allemands et hollandais notamment) pour une action concertée de prise de contrôle des commissions via des interventions, des "claques" organisées lors des interventions et des requêtes pour modifier les quota des commissions lorqu'ils étaient en minorité, quitte à enfreidre les règlements, un peu à la manière des Jacobins.

Le coetus internationalis patrum ne s'est organisé que bien trop tardivement en réaction à cela.

Ce qui me surprend également c'est le rôle volontairement très discret du cardinal Siri dans l'affaire, lui qui était à l'époque l'un des plus brillants cardinaux conservateurs.
images/icones/carnet.gif  ( 990235 )le cardinal Siri par Réginald (2025-07-18 09:25:00) 
[en réponse à 990204]


Ce qui me surprend également c'est le rôle volontairement très discret du cardinal Siri dans l'affaire, lui qui était à l'époque l'un des plus brillants cardinaux conservateurs.



Le cardinal Siri, bien qu’en accord avec de nombreuses positions du Coetus Internationalis Patrum, choisit de ne pas s’y engager publiquement. Il suivait et soutenait discrètement ses travaux, mais refusait d’apparaître comme l’homme d’un clan. Cette discrétion était stratégique : en se tenant à l’écart des affrontements visibles, il préservait son image d’homme de gouvernement au-dessus des factions, dans l’optique probable d’un prochain conclave. Une posture comparable à celle de Montini, qui, lui aussi, évita les clivages trop nets pour ne pas compromettre son avenir.
images/icones/carnet.gif  ( 990237 )En outre par Regnum Galliae (2025-07-18 09:34:56) 
[en réponse à 990235]

D'après le père Malachi Martin, le cardinal Siri avait été élu au conclave de 1958 avant de se "dégonfler" et de faire profil bas par la suite.
Evidemment, nous n'en avons aucune preuve mais cela expliquerait beaucoup de choses.
images/icones/c_nul.gif  ( 990279 )Malachi Martin par Candidus (2025-07-18 22:38:47) 
[en réponse à 990237]

C'était un affabulateur et un opportuniste manipulateur qui cultivait le conspirationnisme. Il prétendait avoir lu le 3ème secret de Fatima mais sa version ne correspond pas à celle que nous connaissons désormais. Aucune crédibilité !
images/icones/1e.gif  ( 990386 )Vous ne croyez pas par Regnum Galliae (2025-07-21 13:35:25) 
[en réponse à 990279]

Vous ne croyez pas qu'il y a eu une messe noire juste avant le concile dans la chapelle Pauline pour introniser Satan au Vatican avec notamment le futur cardinal Suenens comme céroféraire ?
J'avoue que ça semble fantaisiste mais sur le cardinal Siri, c'est plausible et cela expliquerait le coup de la fumée blanche puis noire.
images/icones/carnet.gif  ( 990389 )La fumée par Candidus (2025-07-21 14:19:34) 
[en réponse à 990386]

Ce système de fumée blanche ou noire selon que l'on ajoutait ou non de la paille mouillée, était notoirement peu fiable ; c'est pour cela que l'on a fini par opter pour l'utilisation de fumigènes. Je pense qu'il ne faut pas aller chercher plus loin la raison de ce cafouillage en 1963.
images/icones/carnet.gif  ( 990239 )bof par Réginald (2025-07-18 09:50:04) 
[en réponse à 990235]

Malichi Martin navigue entre récits documentés, anecdotes invérifiables (non sourcées), et scènes romancées . Aucune source sérieuse ne confirme cette "élection avortée". Quant au principal intéressé, il s’est tjrs démarqué avec agacement lorsqu’on lui posait la question et s'est soumis à Jean XXIII et Paul VI. Seule hypothèse à laquelle accorder un peu de crédit : Siri obtient un score important càd la majorité simple mais pas les 2/3 requis.
images/icones/info2.gif  ( 990305 )pas crime du tout mais une concertation limitée au départ de plus en plus poussée par Luc Perrin (2025-07-19 10:49:43) 
[en réponse à 990204]

tardive cependant : les ténors de la future Majorité émergent dans l'année 1961-1962 particulièrement lors des réunions de la Commission centrale préparatoire qui ont fait l'objet d'une étude italienne détaillée et irréfutable.

Faut-il y voir du "crime organisé" ? Point du tout pour deux bonnes raisons que chacun comprend :
- avoir des points de vue convergents n'est pas un "crime" ni dans l'Église ni dans la société : il m'arrive très souvent sur le F.C. d'être en accord avec X Y ou Z que je n'ai jamais rencontré. Je ne suis sûrement pas le seul dans ce cas.
- il y a bien eu organisation, rudimentaire, mais elle fut très tardive, dans les quelques semaines qui précèdent l'ouverture du Concile par Jean XXIII.
L'incident Liénart a été préparé, il n'est pas spontané comme beaucoup l'ont cru. Les listes de candidats aux commissions conciliaires ont été élaborées peu avant l'ouverture par le quarteron Allemagne de l'Ouest - Belgique - Pays-Bas -France. Mgr Bernard, archevêque spiritain de Brazzaville, est contacté ayant été membre de la C.C.P. comme Mgr Lefebvre. Il en avertit son nouveau supérieur général.
Cela figure dans son journal. Visitant tel confrère, il voit étalées sur un lit diverses listes.
De même le "Message au monde" est lui aussi objet d'une manoeuvre en amont et sauf erreur l'idée de départ vient du Père Chenu op. et cela a été retravaillé par d'autres.

- On est encore avant le clash sur le schéma des deux sources dans une concertation limitée, beaucoup de Pères y compris majoritaires ne sont pas dans le jeu. Le cardinal Feltin, archevêque de Paris, part à Rome avec la conviction - son secrétaire me l'avait redit - que Vatican II sera bouclé avant Noël ... 1962 ! Or c'est une des têtes avec Liénart et Gerlier de l'épiscopat français.

On est loin du "crime organisé". Ce qui n'écarte pas les manoeuvres des lobbies en coulisse : notamment celui des Hollandais qui aboutira à la revue Concilium plus tard mais est déjà très actif en 1962. L'épiscopat allemand est vibrionnant très tôt - Mgr Elchinger le Coadjuteur bilingue de Strasbourg est l'agent de liaison avec les Français. La "squadra belga" ne se constitue vraiment qu'en 1963 et Congar va loger chez les Belges pour cette raison.

Les Italiens sont un peu en marge : Siri est lié à la Minorité chacun le sait en dépit des prudences diplomatiques du Génois qui ne trompent personne, en irritant un peu les membres du Coetus. Ils ont présenté leurs propres listes hors celles "centro-européennes".

La thèse de Philippe Roy-Lysencourt, après des études de Gomez de Arteche et votre serviteur, a clarifié avec minutie la genèse et le rôle du Coetus. C'est un travail en tout point exceptionnel.
Non le C.I.P. apparaît officiellement en 1963 pour la seconde période de Vatican II mais il est précédé dès 1962 par son embryon le "piccolo comitato" déjà actif lors de la première période. N'ayant pas l'appui des grosses structures épiscopales nationales, étant vraiment international et ramant à contre-courant de la Majorité, il n'était pas si simple à organiser et à simplement faire exister.

Mais la prise conscience est précoce pour la Minorité en construction.
Là encore, l'idée d'un concile assez long que la minorité radicale au sein de la Majorité veut prolonger en 1964-1965 contre Paul VI, cette idée n'est pas dans les têtes en 1962.
On oublie souvent que Jean XXIII lui-même lors de son message aux Pères de l'Épiphanie 1963 dit son espoir de pouvoir célébrer en même tant la clôture de Vatican II et ... la commémoration de celle du concile de Trente, concile qu'il connaissait si bien pour en avoir étudié la mise en oeuvre comme son hobby pendant 20 ans.

Inutile de dire que si Vatican II s'était achevé en 1963, la face de l'Église en eût été entièrement changée. Nous connaissons la suite de l'histoire, les protagonistes en 1962 eux ne la savent pas.

images/icones/iphone.jpg  ( 990381 )Oui le concile n’est pas un bloc par Signo (2025-07-21 10:24:16) 
[en réponse à 990305]

Ce que beaucoup ici et ailleurs ne veulent pas entendre.

L’ambiance en 1965 est très différente de celle de 1962. Elle sera encore tout autre en 1969.

On ne peut pas comprendre la complexité du concile si on ne comprend pas qu’il s’est tenu dans une décennie de bouleversements très rapides dans les sociétés occidentales et dans l’Eglise.

L’idée d’une parfaite solidarité et d’une parfaite harmonie entre Sacrosanctum Concilium (1963) et le missel de 1969 est un mythe historique, qu’essaient régulièrement de nous faire avaler lefebvristes durs et néo-bugninistes (toujours la même étrange convergence d’intérêts…). Ce mythe ne résiste pourtant pas à une analyse objective des faits et de la chronologie. Le cardinal Siri avait explicitement écrit en voyant le nouveau missel que ce dernier ne correspondait pas à ce qu’avait demandé le concile mais qu’il s’y soumettait par obéissance.
images/icones/neutre.gif  ( 990383 )Un mythe en chasse un autre par Chabert (2025-07-21 11:03:18) 
[en réponse à 990381]

Votre position est intenable sur le plan théologique. Le mythe de la messe de Paul VI qui aurait été créée en pure contradiction avec Sacrosanctum Concilium est une fable à la limite de la farce. Vous pouvez bien sûr ergoter sur chacun des termes utilisés par la constitution dogmatique pour tenter de sauver cette théorie. Il n'en demeure pas moins que le novus ordo correspond bien à l'économie générale, anthropologique, philosophique et théologique des textes conciliaires.

Sinon comment expliquez-vous qu'aucun pape depuis Paul VI n'ait célébré publiquement la messe traditionnelle ? Pourquoi le magistère contemporain râbache-t-il (jusqu'à Traditionis Custodes) que l'herméneutique de continuité ne peut prévaloir, que la nouvelle messe a été explicitement demandée par le Concile ?

Si vous vous soumettez à l'intégralité des textes conciliaires, il faudra vous soumettre à l'interprétation qui en est faite par le seul compétent en la matière : le magistère. Or, votre position théologique, bien qu'intéressante intellectuellement ne trouve aucun appui magistériel post-conciliaire.

Pour être tout à fait conséquent, il faut donc tenir que le Concile Vatican 2 contient, au moins dans ses ambiguités, tout le programme de la nouvelle messe. Il aurait pu ne pas le contenir, mais il est téméraire d'affirmer le contraire. Si au contraire, vous souhaitez à tout prix sauver la totalité des textes conciliaires, alors vous devez vous soumettre à l'autorité magistérielle qui est la seule à vous donner la bonne clé d'interprétation : la nouvelle messe est le choix positif de Vatican 2.

Du reste, il serait étonnant que tous les acteurs majeurs du dernier Concile, Benoit XVI en tête, n'aient rien fait en faveur de votre position théologique lorsqu'ils sont arrivés aux responsabilités.
images/icones/iphone.jpg  ( 990390 )Abstractions par Signo (2025-07-21 15:01:13) 
[en réponse à 990383]

Ce n’est pas parce que les gens disent que les choses sont, que les choses sont effectivement.

Je n’ai pas dit que la messe de Paul VI n’est que « pure contradiction » avec le Concile. J’ai dit qu’elle consistait en une réforme d’une radicalité qui va bien au delà de ce que le Concile avait demandé.

Et ce n’est même pas moi qui le dit, c’est le cardinal Siri lui-même qui l’a écrit (lisez la biographie de Bugnini écrite par Yves Chiron), et c’était aussi la conviction de Ratzinger, qui contrairement à ce que vous dites a bien célébré avant son élection l’ancien rite à plusieurs reprises. Et eux, contrairement à vous, ont participé au concile, ils sont donc mieux placés que vous pour savoir ce que le concile a voulu et n’a pas voulu.
Il y a aussi des choses qu’un cardinal peut se permettre d’écrire dans sa correspondance privée et ne peut pas se permettre de dire publiquement en tant que pape. C’est quelque chose que tout le monde peut comprendre.

Je note une fois de plus que vous faites totalement abstraction des éléments chronologiques qu’à la suite de Luc Perrin j’ai mentionnés, et qui sont pourtant des faits. Affirmer qu’il y a parfaite harmonie entre 1963 et 1969 relève purement et simplement d’une contre-vérité historique. La réalité est qu’entre les deux il y a un phénomène d’emballement révolutionnaire qui explique l’éloignement du nouveau missel des orientations somme toutes très mesurées et prudentes de SC. Orientations auxquelles Mgr Lefebvre lui-même n’avait rien trouvé à redire.


Et le magistère contemporain ne « rabâche » pas ce que vous dites, je vous rappelle que Summorum Pontificum fait partie du magistère. A moins que vous considériez Benoît XVI comme un anti pape?

Et ce n’est pas non plus vrai que Benoît XVI n’ait « rien fait », il n’a au contraire fait que rappeler cette herméneutique de continuité dans ses discours, il a publié SP, il a levé l’excommunication des évêques de la FSSPX… tout cela est-il « rien » à vos yeux?
images/icones/fleche2.gif  ( 990400 )Magistère par Chabert (2025-07-21 18:13:58) 
[en réponse à 990390]

Quand vous écrivez :

"J’ai dit qu’elle consistait en une réforme d’une radicalité qui va bien au delà de ce que le Concile avait demandé."


C'est possible. Mais cette radicalité était également permise par le Concile, y compris Sacrosanctum Concilium. Et ce n'est pas être "lefebvriste dur" ou progressiste que de le dire.

C'est précisément parce que les principaux auteurs du Concile sont parvenus aux responsabilités qu'ils avaient la possibilité de réformer à nouveau la réforme... Si ils ne l'ont pas fait, c'est qu'ils connaissaient justement la portée progressiste des textes conciliaires.

Sauf à prétendre que Benoit XVI était prisonnier des décisions de Paul VI, rien ne lui empêchait de réformer le nouveau missel dans un sens plus proche de la lettre de Sacrosanctum Concilium.
Il se trouve que Paul VI, et avec lui tous ses successeurs jusqu'à François, ont affirmé que le nouveau rite se substituait entièrement à l'ancien (avec des réserves pour Benoit XVI qui a prévu l'hypothèse d'une forme "extraordinaire" tout en affirmant que le contenu conciliaire n'était pas en cause).

Ce que vous présentez comme des faits chronologiques est à nuancer. Le Concile s'est ouvert avec les discussions sur le schéma préparatoire sur la liturgie. Lorsque vous lisez les interventions des Pères Conciliaires, vous verrez que le langage et l'intention réformatrice de 1969 sont déjà en germe en 1963. C'est ce qui explique sans doute pourquoi Paul VI n'a eu aucune difficulté à présenter le nouveau missel comme le résultat des choix conciliaires.

Enfin, je vous rappelle que Benoit XVI n'a jamais promu une herméneutique de la continuité mais une "herméneutique de la réforme dans la continuité". C'est une nuance qui a son importance. Bien sûr que son apport a été déterminant à cet égard, mais tout de même insuffisant.
images/icones/iphone.jpg  ( 990408 )Je ne partage pas… par Signo (2025-07-21 19:22:49) 
[en réponse à 990400]

… cette interprétation.

Bien sûr la réforme a été l’une des interprétations possibles de SC. Mais ça je ne le conteste pas. Ce que je conteste, c’est l’idée que SC devait nécessairement déboucher sur le NOM, et que la majorité des Pères conciliaires avaient dès 1963 en tête une réforme de ce niveau de radicalité.

Mais surtout, il faut aussi bien comprendre qu’il y avait au début du Concile une unanimité, donc y compris chez les conservateurs comme Mgr Lefebvre, sur le fait qu’une réforme importante était nécessaire, car la liturgie telle qu’elle était célébrée à l’époque posait de nombreux problèmes (dissociation entre communion et messe, décalage entre action du prêtre et action des fidèles, rigidité sur la question de la langue latine, etc).

Mon objectif ici n’est pas du tout d’affirmer que la réforme n’a rien à voir avec le concile, mais surtout de montrer que la liturgie traditionnelle n’est pas en elle-même incompatible avec certaines bonnes intuitions de SC. Une messe traditionnelle avec certains aménagements (chant du Pater par les fidèles, clergé chantant les pièces de l’ordinaire dès la liturgie des catéchumènes avec les fidèles et donc restant debout, lectures en vernaculaire, etc) est parfaitement compatible avec l’essentiel de SC. Au contraire les bugninistes affirment que liturgie ancienne et prise en compte du concile sont incompatibles, ce qui est stupide.
Par ailleurs, en actant l’abandon du grégorien par exemple, ce qui est loin d’être un détail, ou en procédant à des suppressions dont on perçoit mal l’intérêt pastoral, il est clair que le NOM rompt avec les équilibres de SC rendant acceptables les changements demandés.

Quand a s’imaginer que Benoît XVI aurait pu réparer les dégâts causés par la réforme en promouvant un nouveau missel, c’est vraiment faire totalement abstraction du contexte dans lequel il était placé. D’abord je vous rappelle que la dernière édition du missel datait de 2002, c’est à dire moins de trois années seulement avant son élection. Il ne pouvait donc pas publier un nouveau missel si peu temps après l’édition précédente. Mais surtout, en tant que pape il devait tenir compte de son aile gauche et réintroduire officiellement certains éléments de l’ancien missel (ce qui eût supposé une énième réforme liturgique) aurait prêté le flanc à l’accusation de « revenir en arrière ». Sa stratégie a été d’inciter, d’encourager, de laisser-faire (d’où SP) et surtout de montrer l’exemple par les célébrations pontificales, en espérant que petit à petit, la pratique du NOM’se rapproche du VOM. Autrement dit, il faut se défaire de l’idée qu’un pape est tout-puissant, en réalité sa marge de manœuvre est très limitée par de nombreux facteurs.
images/icones/idee.gif  ( 990479 )entièrement d'accord avec Signo, le déterminisme anhistorique de Chabert par Luc Perrin (2025-07-22 21:03:17) 
[en réponse à 990408]

ne tient pas.

Il a déjà été démontré, cher Chabert et votre mémoire est bien faible, plus encore que la mienne, sur le F.C. et dans moult études et ouvrages que NON et NON, le missel révolutionnaire de Paul VI en 1969 n'est pas rigoureusement conforme au texte de la constitution conciliaire, qu'il n'est pas non plus conforme à la majorité des interventions in aula ou par écrit.
Il n'est pas en stricte continuité avec celle-ci : sur la langue vernaculaire devenue quasi exclusive alors que S.C. énonce le principe exactement inverse, sur le chant grégorien, surtout sur l'économie générale posée par S.C. d'une révision a minima, en stricte continuité de forme avec le rit romain tel qu'il résulte de l'histoire. Il suffit de rappeler pour qui ici ne le saurait pas encore - il y a des petits nouveaux et nouvelles mais Chabert vous n'êtes de ce groupe -, que le rit romain n'a qu'une prière eucharistique, le - singulier - Canon romain. En avoir aujourd'hui plus de 40 n'est pas conforme à S.C., c'est même une trahison manifeste du texte conciliaire.

Si vous aviez lu simplement les mémoires de Louis Bouyer, un contributeur du N.O.M., vous ne pourriez pas soutenir cette théorie imaginaire de l'absolue conformité. Il n'est pas trop tard pour réparer cette lacune, le livre n'est pas très gros.

Chabert pose cependant la question du Magistère qui, dit-il, n'aurait pas réagi face à ces multiples abus.
D'une part il y a eu de nombreuses réactions, faibles, insuffisantes, dès Paul VI qui voulait limiter l'anarchie des prières eucharistiques à quatre, qui voulait rappeler le rôle du latin et du grégorien ; de Jean Paul II qui a combattu certains abus marginaux enfin avec Benoît XVI qui a échoué à modifier le rit moderne mais avait lutté sur les traductions dites inclusives et divers gestes.

Pourquoi cette faiblesse romaine sur laquelle on tombe d'accord ?
C'est qu'il n'y a aucun déterminisme, il n'y a pas de "germe" et c'est une notion anhistorique qui fait abstraction du contexte.
- Les réformes de Pie XII, que certains ont vivement critiquées et avec des raisons valables non farfelues, sont arrivées dans un contexte ecclésial donné sans chaos ni anarchie. Il n'y a pas d'insurrection populaire anti-réforme dans les années 1950-1962. Des voix critiques isolées.
- la révolution néo-liturgique entre 1964 et 1970 et après tombe en plein chaos, où toute autorité est rejetée, mise à bas. On ne peut pas effacer le Monde, les sociétés occidentales, la génération des "boomers" et des soixante-huitards comme si un texte et une commission un pape sont dans une bulle pure hors de notre planète.

Bref n'oubliez pas que des textes sont rendus effectifs par des humains et que ces humains sont comme vous, comme moi et nous tous soumis aux circonstances changeantes, aux rapports de force, à la faiblesse de caractère.
Voyez que face à la plandémie, bien peu ont résisté à l'horreur vaxiste, à l'idiotie des masques et des confinements ; face à la folie belliciste otano-bruxelloise fort peu résistent aussi. Pour prendre des ex. que chacun peut comprendre.

L'Église romaine a certes un secours divin mais Judas était un apôtre, Pierre a renié le Christ face au danger et n'a assumé le martyre que plus tard. On ne peut passer sous silence l'Incarnation et la faiblesse humaine. Les héros et héroïnes de la foi sont une minorité, il en va de même pour une institution comme l'Église et cela vaut pour toutes les Églises chrétiennes et au-delà.
Le frêle cardinal Ratzinger puis Benoît XVI a bien essayé de ramer à contre-courant et il a tenté de redresser la trajectoire de la barque liturgique romaine avec mollesse mais même le peu qu'il a accompli a suscité des forces obscures, forces qui sont plus puissantes encore de nos jours.




images/icones/hein.gif  ( 990495 )A minima ? par Ion (2025-07-23 10:05:12) 
[en réponse à 990479]

Ou plutôt "générale" ?


SC 21 Pour que le peuple chrétien bénéficie plus sûrement des grâces abondantes dans la liturgie, la sainte Mère l’Église veut travailler sérieusement à la restauration générale de la liturgie elle-même

images/icones/iphone.jpg  ( 990499 )« Générale » signifie… par Signo (2025-07-23 11:07:39) 
[en réponse à 990495]

… que l’on va réviser l’ensemble des livres liturgiques.

Cela ne signifie pas que l’on va tous les refondre entièrement et radicalement.

Autrement dit, ce terme désigne une étendue, pas nécessairement une profondeur.
images/icones/info2.gif  ( 990503 )générale mais bien a minima article 23 par Luc Perrin (2025-07-23 11:54:44) 
[en réponse à 990495]

cher Ion, je salue votre dévouement à la cause perdue du néo-liturgisme, cause pour laquelle vous trouvez toujours des astuces rhétoriques et les pirouettes les plus audacieuses.

Ce n'est pas l'article 21 qui donne les règles à suivre quant à la réforme liturgique mais l'article 23 de S.C.
Vous le savez bien mais je précise pour celles et ceux moins érudits que vous en la matière.

"23. Tradition et progrès

Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, il faudra toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique, pastorale. En outre, on prendra en considération aussi bien les lois générales de la structure et de l’esprit de la liturgie que l’expérience qui découle de la récente restauration liturgique et des indults accordés en divers endroits.

Enfin, on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique.

On veillera enfin, dans la mesure du possible, à ce qu’il n’y ait pas de notables différences rituelles entre des régions limitrophes."


Je cite l'article dans son intégralité.
- maintenir la saine tradition est indiqué en premier : l'ordre a son importance ; on retrouve cela dans "les lois générales de la structure et de l'esprit de la liturgie"
- légitime est restrictif de "progrès". Tout progrès prétendu n'est pas "légitime".
- La phrase mise en gras est TOUTE de restriction : "ne que" est restrictif, exige vraiment et certainement 3 restrictions à la file, enfin la restriction la plus forte relative au développement organique.

Tout l'article 23 vise donc à restreindre la réforme future au strict nécessaire et à imposer que la fantaisie, l'innovation pour le plaisir d'innover soient proscrites absolument.

Il est des batailles perdues d'avance : celle de la stricte conformité du Novus Ordo avec Sacrosanctum concilium est l'une d'elles.

images/icones/carnet.gif  ( 990205 )Comment a-t-il pu être canonisé ? dites-vous ! par jl dAndré (2025-07-17 14:29:45) 
[en réponse à 990194]

Très facile ! En changeant les règles de canonisation.
Pour simplifier, les théologiens ne sont unanimes pour enseigner l'infaillibilité des canonisations qu'à partir du XII° siècle. Auparavant, les avis divergeaient. Cela est dû au fait, estimait Benoit XIV, qu'auparavant, une seule enquête de canonisation était menée par l'évêque, le souverain pontife se contentant de valider la décision épiscopale.
En revanche, la réforme du XII° siècle instaurait une double enquête épiscopale puis pontificale, cette dernière reprenant toute l'enquête à zéro, comme s'il n'y avait pas eu d'enquête épiscopale qui était maintenue comme "filtre".
La réforme instaurée par Paul VI et amplifiée par Jean-Paul II consistait à revenir à l'unique enquête épiscopale antérieure au XII° siècle, afin que les nouvelles canonisations ne soit plus limitées par leur infaillibilité.
Et bien entendu Jean-Paul II puis Paul VI furent parmi les premiers bénéficiaires de cette astucieuse réforme.
images/icones/carnet.gif  ( 990208 )de canonisations bien infaillibles par Réginald (2025-07-17 14:59:27) 
[en réponse à 990205]

Votre message repose sur une lecture très orientée des réformes introduites par Paul VI et Jean-Paul II. Il est inexact de dire que celles-ci auraient affaibli l’autorité des canonisations : elles ont certes simplifié certaines procédures, mais l’acte pontifical reste un jugement solennel de l’Église universelle.

1. Une réforme des procédures, non de la nature doctrinale
La constitution Divinus perfectionis Magister (Jean-Paul II, 1983) n’a pas supprimé le rôle décisif du Saint-Siège dans les canonisations. La Congrégation pour les causes des saints instruit toujours les dossiers, et le jugement final demeure un acte propre du Pontife romain, pris au nom de son autorité apostolique. Il ne s’agit donc nullement d’un simple retour à l’enquête épiscopale antérieure au XIIe siècle.

2. La formule de canonisation comporte tous les signes de l’infaillibilité
Prenons un exemple clair, celui du décret de canonisation de sainte Hildegarde de Bingen par Benoît XVI :

« C’est pourquoi, en vertu du pouvoir de notre autorité apostolique, pour l’honneur de Dieu, l’augmentation de la foi et la croissance de la vie chrétienne, nous déclarons que Hildegarde de Bingen, moniale de l’Ordre de Saint-Benoît, est sainte, qu’elle doit être inscrite dans le catalogue des saints et qu’elle peut être pieusement vénérée et invoquée parmi les saints de l’Église universelle. […] Nous déclarons notre décision ferme, définitive et irrévocable ; nous souhaitons que les pasteurs de l’Église ainsi que les fidèles la reçoivent avec joie et reconnaissance. »


Cette formule satisfait aux trois critères classiques de l’infaillibilité définie par Pastor Aeternus (Vatican I) :
• le pape parle comme docteur universel ;
• il se fonde sur son autorité apostolique ;
• il exprime une volonté ferme, définitive et irrévocable.

3. La nature doctrinale de cet assentiment a été précisée par Ad tuendam fidem (1998)

Le motu proprio de Jean-Paul II distingue deux types de vérités proposées de manière infaillible :
• celles révélées par Dieu (de fide divina),
• celles en lien nécessaire avec la Révélation, proposées à croire de fide ecclesiastica.
Les canonisations relèvent de cette seconde catégorie : elles n’affirment pas une vérité révélée, mais engagent l’autorité de l’Église à proposer un modèle de sainteté sans risque d’erreur, pour l’édification de tous.
Il est bien entendu que l’infaillibilité du jugement pontifical en matière de canonisation ne porte pas sur tous les éléments de la biographie du saint. Comme le précise le Dictionnaire Apologétique de la Foi Catholique :

« Le Pape est infaillible dans la canonisation des Saints. Mais cette exemption d’erreur ne porte que sur le fait de la sainteté du personnage canonisé et sur la gloire dont il jouit au ciel ; quant aux détails des dates, des fonctions, des miracles, ils ne sont compris par personne dans les matières auxquelles s’étend l’infaillibilité pontificale. […] Il était infaillible seulement en définissant que la personne honorée en Bohême sous le nom de saint Jean Népomucène a été vraiment sainte et qu’elle jouit de la gloire au ciel. » (DAFC, t. II, p. 1211-1212).


Ce texte classique permet donc de bien situer l’objet de l’acte infaillible : l’Église ne peut pas proposer à la vénération universelle un modèle de sainteté qui ne serait pas véritablement dans la gloire du ciel. Cette garantie touche l’objet proprement théologique de l’acte, non la véracité absolue de tous les éléments historiques.

Suggérer que les réformes visent à contourner l’infaillibilité des canonisations pour des raisons opportunistes est à la fois historiquement discutable et théologiquement infondé. L’Église ne peut pas se tromper en canonisant, car cela engagerait son autorité au service de l’erreur dans la vénération publique des fidèles. Et cela, personne ne peut le soutenir sans miner la confiance même dans le magistère.

images/icones/carnet.gif  ( 990209 )point un mal exprimé par Réginald (2025-07-17 15:05:46) 
[en réponse à 990208]

1° Le Pape définit bien un point concernant la foi et les mœurs dans la mesure la définition a pour but « l’honneur de Dieu, l’augmentation de la foi et la croissance de la vie chrétienne »
2° Le Pape parle bien en tant que Docteur suprême de tous les chrétiens et non en tant que docteur privé, ni comme évêque et ordinaire de quelque diocèse car il déclare se prononcer « en vertu du pouvoir de notre autorité apostolique ».
3° Le Pape définit bien une doctrine à tenir définitivement par toute l’Eglise : « Nous déclarons notre décision ferme, définitive et irrévocable »
images/icones/carnet.gif  ( 990249 )Et que penser de la canonisation de Grégoire de Narek par Regnum Galliae (2025-07-18 12:07:14) 
[en réponse à 990209]

Lequel a même été déclaré docteur de l'Eglise alors qu'il faisait partie d'une Eglise des Trois-Conciles, c'est-à-dire monophysite.
Canonisation infaillible ?
images/icones/carnet.gif  ( 990252 ) Grégoire de Narek / saint Cyrille : un doctorat n’efface pas les ambiguïtés par Réginald (2025-07-18 12:53:05) 
[en réponse à 990249]

e constate que certains prétendent défendre la rigueur doctrinale, mais évitent soigneusement les textes fondamentaux. Où sont les réponses à Benoît XIV, qui affirme que la canonisation engage l’infaillibilité, puisqu’elle concerne le culte universel rendu à un saint ? Où est l’analyse de saint Thomas (Quodlibet IX, q. 8), qui admet la possibilité d’erreur dans un jugement humain, mais l’exclut dans une canonisation authentique de l’Église ? Et que dire de la formule liturgique utilisée lors de la canonisation de Jean-Paul II, qui revendique explicitement un jugement définitif et irrévocable ?

Or dans le cas de Grégoire de Narek, rien de tout cela :
– pas de canonisation au sens strict,
– pas de liturgie romaine de canonisation,
– pas de définition ex cathedra,
mais simplement la reconnaissance de son titre de Docteur de l’Église, par un décret signé par le cardinal Roche, relevant du magistère ordinaire, donc non garanti par l’infaillibilité.

Quant au titre de Docteur de l’Église, il n’équivaut en rien à un brevet d’orthodoxie intégrale. L’exemple de saint Cyrille d’Alexandrie est éloquent : il promut la célèbre formule μία φύσις τοῦ θεοῦ λόγου σεσαρκωμένη (« une seule est la nature incarnée du Verbe de Dieu »), dirigée contre les Nestoriens, mais reprise par les miaphysites pour nier la distinction réelle et durable des deux natures dans le Christ.

Faut-il en conclure que l’Église avalise rétroactivement cette ambiguïté ? Bien sûr que non.
images/icones/heho.gif  ( 990244 )Deux questions ! par jl dAndré (2025-07-18 10:50:26) 
[en réponse à 990208]

Le concile Vatican I qui seul a précisé les conditions de l'infaillibilité pontificale ne parle que de la définition d'une doctrine, ce qui n'est pas le cas des canonisations. Pour l'infaillibilité des canonisations on ne peut s'appuyer que sur l'unanimité des théologiens qui n'a été acquise avec certitude qus par uns seconde enquête complète menée par le saint siège et redevient donc douteuse avec la suppression de celle-ci.
Mais je reconnais que votre position se défend aussi, de la procédure de de la procédure puisque nous sommes dans un domaine ouvert à la libre discussion.
Il reste deux questions à se poser.
- Si ce ne serait pas pour ouvrir le champs des canonisations sans être limité par la barrière de l'infaillibilité pontificale, quel est le but de cette réforme de la procédure des canonisation, supprimant l'enquête pontificale complète pourtant garante de l'infaillibilité. Qui ne voit en effet qu'une telle réforme ne présente que des inconvénients puisqu'elle jette un doute sur toutes les canonisations postérieures.
- Puisque vous refusez mon explication, quelle réponse apportez-vous à la si pertinente question posée par Leopardi : "comment a-t-il pu être canonisé après tant de magouilles?"
images/icones/carnet.gif  ( 990247 )Faut-il décanoniser saint Augustin ? par Réginald (2025-07-18 11:48:52) 
[en réponse à 990244]

Ce n’est pas la procédure, fût-elle minutieuse, fondée sur les témoignages humains, qui garantit l’infaillibilité d’une canonisation.
C’est l’assistance du Saint-Esprit dans l’acte solennel du pontife.

Comme le rappelle saint Thomas d’Aquin (Quodlibet IX, q. 8, ad 2) :

« La providence divine, qui gouverne son Église par le Saint-Esprit, l’empêche de se tromper en pareilles matières, même si le moyen humain (le témoignage) est faillible. »

Autrement dit : la réforme de la procédure n’affecte en rien l’infaillibilité de l’acte, pourvu que celui-ci remplisse les conditions requises (autorité suprême, intention de lier l’Église, et culte universel).

Par ailleurs, comme je l'ai déjà expliqué, la procédure a changé plusieurs fois au cours de l"histoire Par ailleurs — comme je l’ai déjà expliqué — la procédure de canonisation a changé plusieurs fois dans l’histoire de l’Église, sans que cela n’altère la valeur des canonisations précédentes ni leur caractère définitif. Au début, les saints étaient simplement reconnus par le culte local, confirmé parfois par un évêque. Ensuite, l’intervention du pape s’est imposée comme norme, mais sans procédure formalisée. Ce n’est qu’au XIIIᵉ siècle que le procès canonique devient rigoureux et centralisé.

Notez bien : si l’on devait conclure que seules les canonisations postérieures à cette époque sont fiables, il faudrait alors retirer saint Ignace d’Antioche, saint Irénée, sainte Perpétue, saint Benoît, saint Augustin, et bien d’autres encore, du Martyrologe. Fort heureusement, l’Esprit Saint n’a pas attendu l’invention des procédures que vous réclamez pour sanctifier l’Église et la préserver de l’erreur.
images/icones/carnet.gif  ( 990246 )[réponse] par Réginald (2025-07-18 10:54:20) 
[en réponse à 990208]

Majeure :
L’infaillibilité pontificale s’étend non seulement aux doctrines révélées, mais aussi aux faits dogmatiques nécessaires à la sécurité de la foi (cf. théologiens classiques et enseignement constant de l’Église).


Mineure :
La canonisation d’un saint est un fait dogmatique, car elle affirme que cette personne est dans la gloire du Ciel et peut être proposée comme modèle universel à l’ensemble des fidèles.

C’est l’enseignement de La Congrégation de la doctrine de la Foi :

« Eu égard aux vérités liées à la Révélation par nécessité historique, qu'on doit tenir pour définitives, mais qui ne pourront pas être déclarées comme divinement révélées, on peut indiquer comme exemples la légitimité de l'élection du Souverain Pontife ou de la célébration d'un concile œcuménique, la canonisation des saints (faits dogmatiques), la déclaration de Léon XIII dans la lettre apostolique Apostolicae Curae sur l'invalidité des ordinations anglicanes. »

Conclusion :
Donc, la canonisation d’un saint relève de l’infaillibilité pontificale.
images/icones/carnet.gif  ( 990258 )Les canonisations sont infaillibles par Halbie (2025-07-18 13:53:26) 
[en réponse à 990208]

Et c'est peut-être un des meilleurs arguments en faveur du sédévacantisme. La canonisation de presque tous les papes conciliaires est tellement grossière, tellement scandaleuse qu'on ne peut qu'être tenté par l'hypothèse de la vacance. Canoniser un démolisseur comme Paul VI !
images/icones/carnet.gif  ( 990259 )Premisse admise, conclusion rejetée par Réginald (2025-07-18 14:26:20) 
[en réponse à 990258]

Vous venez d’illustrer une incohérence fondamentale.

– Vous affirmez que les canonisations sont infaillibles.
– Vous affirmez que Paul VI a été canonisé.
– Mais vous refusez d’en conclure qu’il est saint, parce que votre jugement personnel le juge indigne.

Autrement dit : vous tenez votre propre appréciation historique pour plus fiable que l’acte solennel de l’Église universelle, exercé par le Pape, en pleine conscience, avec la prière explicite que le Christ ne permette pas l’erreur.

Et plutôt que de remettre en question votre lecture idéologique du concile, vous préférez soupçonner que l’Église ne serait plus l’Église.
images/icones/carnet.gif  ( 990260 )En effet par Halbie (2025-07-18 14:34:39) 
[en réponse à 990259]

Le catholicisme n'est pas contraire à la raison ! Nous n'avons pas à faire un acte de volontarisme pour accepter une canonisation.
images/icones/carnet.gif  ( 990261 )[réponse] par Réginald (2025-07-18 14:47:10) 
[en réponse à 990260]

En d'autres termes : vous ne niez plus que la canonisation engage l’autorité de l’Église, mais vous entendez vous réserver le droit de ne pas y adhérer personnellement, au nom de la raison, sans vous apercevoir que votre position revient à nier implicitement ce que vous affirmez explicitement.

C’est là une posture qui contredit la logique et qui ressemble fort à celle du protestantisme : l’autorité de l’Église est reconnue en théorie, mais subordonnée à un jugement privé. Autrement dit, acceptée jusqu’à ce qu’on ne soit plus d’accord.

Et si, au lieu de soupçonner l’Église, vous faisiez enfin l’effort de lire le Concile non dans une herméneutique de rupture, mais de continuité, comme l’a si clairement rappelé Benoît XVI ?

Ce serait peut-être là l’acte de raison véritablement catholique.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 990262 )Les canonisations sont-elles infaillibles ? par Jean-Paul PARFU (2025-07-18 15:07:26) 
[en réponse à 990261]

Vous pouvez lire, ci-joint, un article intéressant ici
images/icones/carnet.gif  ( 990264 )[réponse] par Réginald (2025-07-18 15:16:19) 
[en réponse à 990262]

Merci pour ce lien , mais les objections qu’il contient ont déjà été examinées plus haut. Je note d’ailleurs qu’aucune de celles que j’ai formulées ici n’y est réellement prise en compte.

Le débat gagnerait à rester centré sur les arguments déjà présents dans ce fil, plutôt que de s’en remettre à un texte extérieur. Mais l’essentiel a sans doute été dit. Chacun pourra désormais se faire sa propre opinion.
images/icones/carnet.gif  ( 990268 )Justement par Regnum Galliae (2025-07-18 17:19:23) 
[en réponse à 990261]

Ce concile pastoral est aujourd'hui daté et s'il peut effectivement être compris en ligne avec la Tradition, il peut aussi l'être en sens contraire et il l'a été. Cette ambigüité n'a-t-elle pas été recherchée pour installer au cœur de l'Eglise le projet moderniste tout en contournant la barrière de l'infaillibilité ?
Car au final, presque toutes les forces de l'Eglise se sont soumises au monde et appeler à une lecture traditionnelle d'un concile vieux de 60 ans ne sert plus à rien. Tout le monde s'en fiche, le mal est fait.
En tant qu'Eglise enseignée, il me semble que nous devons modestement continuer à croire ce que l'Eglise a toujours enseigné, prier pour que la vérité soit de nouveau annoncée à temps et à contretemps et, par prudence, ne pas se couper des hommes qui détiennent l'autorité de l'Eglise sans pour autant les suivre s'ils prêchent des doctrines ou pratiques contraires à l'enseignement d'avant le concile.
Ne trouvez-vous pas ?
images/icones/fleur.gif  ( 990280 )Attitude sage par ptk (2025-07-18 23:00:58) 
[en réponse à 990268]

et pleine de prudence.
images/icones/barbu2.gif  ( 990267 )Et en cas de contradition entre deux enseignements infaillibles ? par Regnum Galliae (2025-07-18 17:08:23) 
[en réponse à 990259]

Reconnaissez tout de même que la question de l'infaillibilité n'est pas facile à appréhender. Ainsi, comment devons-nous considérer un enseignement pontifical qui remplirait les critères de l'infaillibilité et qui serait incompatible avec un enseignement pontifical antérieur de même autorité ?

Par exemple, le numéro 2267 du Catéchisme de l'Eglise catholique disait en 1992 :


2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.
Mais si des moyens (...)



Et maintenant :


2267. Pendant longtemps le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.
Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves.
(...)
C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne »[1] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.


images/icones/livre.gif  ( 990273 )Très bon exemple par Jean-Paul PARFU (2025-07-18 18:10:59) 
[en réponse à 990267]

"La révolution en tiare et en chape" voulue par les Loges, et qui a finalement abouti, joue sur l'infaillibilité et les canonisations pour tromper les fidèles issus des milieux traditionnels. Les autres, soit ignorent plus ou moins ces notions, soit s'en moquent éperdument.


- A) je pense que les canonisations ne sont pas infaillibles. Elles ne pouvaient l'être avant les réformes de Benoît XIV. Or, soit elles le sont, soit elles ne le sont pas. On ne peut pas dire qu'avant l'introduction de telle procédure, elles ne l'étaient pas et qu'après elles le sont devenues. On peut simplement dire qu'avant ces procédures, elles étaient moins sûres et que tant qu'on a suivi la procédure introduite par Benoît XIV, elles étaient plus fiables. Point ! On peut ajouter que les canonisations, même si elles revêtent un aspect très solennel, portent sur le comportement et les dires de personnes et non sur la loi morale elle-même ou sur la foi qui, selon moi, peuvent seules faire l'objet de déclarations infaillibles. Et le concept de faits dogmatiques est, il me semble, assez contestable.

- B) pour Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes, depuis 1870, « l’infaillibilité pontificale n’a été mise en œuvre qu’une seule fois [en 1950]: pour la définition de l’Assomption de la Vierge Marie ».

On pourrait en déceler une deuxième dans la déclaration du pape Jean-Paul II "Ordinatio sacerdotalis" du 22 mai 1994 au sujet de l’impossibilité aux femmes d’accéder au sacerdoce.

Le 28 octobre 1995, dans sa « Réponse à un doute », la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) a précisé que le caractère infaillible de cette déclaration repose sur le Magistère universel ordinaire de l’Eglise.

- C) Selon Roberto de Mattei, "on assiste malheureusement aujourd’hui à une « papolatrie », qui voit dans le pape non le Vicaire du Christ sur terre, dont le devoir est de transmettre la doctrine qu’il a reçue intègre et pure, mais un successeur du Christ qui perfectionne la doctrine de ses prédécesseurs, en l’adaptant aux changements du monde. La doctrine de l’Evangile est en perpétuelle évolution, parce qu’elle coïncide avec le magistère du Pontife régnant. On substitue alors au magistère pérenne le magistère « vivant », exprimé par un enseignement pastoral, qui chaque jour se transforme et dont la regula fidei réside dans le sujet de l’autorité et non plus dans l’objet de la vérité transmise...".

Il continue sur les récentes canonisations, mais sa démonstration vaut pour d'autres sujets.

"Il suffit d’observer que, si l’infaillibilité des canonisations n’est pas un dogme de foi, l’impossibilité d’une contradiction entre la foi et la raison est par contre un dogme de foi. Si j’acceptais, par foi, un fait qui contredise la raison de manière évidente, comme c’est le cas de l’inexistante sainteté de Paul VI, je tomberais dans le fidéisme absolu. Il faudrait dès lors que je renonce à la possibilité de toute démonstration apologétique fondée sur la raison, comme par exemple l’existence de Dieu, parce que j’aurais détruit le principe de rationalité sur laquelle se fonde ma foi.

La foi dépasse la raison et l’élève, mais ne la contredit pas, parce que Dieu, la Vérité par essence, ne peut être contradictoire. Nous pouvons donc, en conscience, maintenir toutes nos réserves sur ces canonisations. Il est frappant de constater, en outre, qu’on propose à la canonisation tous les papes d’après Vatican II et non ceux qui l’ont précédé. Il semble que l’objectif soit de rendre rétroactivement infaillibles chacune de leurs paroles et chaque acte de leur gouvernement"
images/icones/carnet.gif  ( 990282 )réponse détaillée par Réginald (2025-07-19 00:12:57) 
[en réponse à 990273]

Avant de répondre point par point aux objections soulevées, je signale simplement que ce « tir groupé » est survenu précisément au moment où ma limite quotidienne de messages était atteinte. Ce n’est donc pas l’argument qui m’a fait défaut, mais le nombre de messages disponibles. Je reprends ici l’ensemble des objections avec la rigueur nécessaire.

A. « Les canonisations ne peuvent être infaillibles que depuis Benoît XIV »

Si les canonisations n’étaient infaillibles que depuis les réformes procédurales de Benoît XIV (XVIIIe siècle), il faudrait alors expliquer d’où saint Thomas d’Aquin tirait sa doctrine, bien antérieure. Dans le Quodlibet IX, q. 8, il affirme qu’il faut croire que l’Église ne se trompe pas lorsqu’elle canonise un saint. Or cette confiance ne repose pas sur une procédure juridique donnée, mais sur l’assistance divine promise à l’Église dans ses jugements solennels.

Saint Thomas prend d’ailleurs explicitement en compte l’objection selon laquelle la procédure canonique repose sur des témoignages humains faillibles (et donc une enquête bâclée) :

Objection 2 : Tout jugement qui s’appuie sur un moyen faillible peut être erroné. Or, dans la canonisation des saints, l’Église s’appuie sur le témoignage humain, puisqu’elle enquête sur la vie et les miracles. Donc elle peut se tromper.
Réponse : La providence divine préserve l’Église de se tromper en ces matières, malgré le caractère faillible du témoignage humain.



Autrement dit, ce n’est pas la rigueur procédurale qui garantit la vérité du jugement, mais la grâce d’état et l’assistance du Saint-Esprit dans un acte solennel du Magistère suprême.

Il faut d’ailleurs souligner que même si Jean-Paul II avait conservé strictement toutes les étapes anciennes, y compris le rôle actif du promoteur de la foi, et n’avait introduit aucune simplification dans la procédure, cela n’aurait sans doute rien changé à la posture de certains opposants du forum. Car leur remise en cause ne repose pas tant sur les détails de la procédure que sur une suspicion a priori envers l’autorité romaine, perçue comme acquise au modernisme depuis le concile. On voit ici les limites d’un débat fondé non sur des critères objectifs, mais sur un soupçon généralisé qui rend toute confiance impossible, même lorsque les garanties sont encore en place : pour eux quoi que Rome fasse, c’est toujours suspect.

B. « L’infaillibilité n’a été exercée qu’une seule fois » (Mgr Perrier)

Il est paradoxal d’invoquer l’autorité d’un évêque tout en contestant habituellement par ailleurs la légitimité de son magistère. Surtout, cette affirmation épiscopale est imprécise. Si l’Assomption de Marie est le seul cas récent d’une définition ex cathedra d’une vérité révélée, cela ne signifie pas que l’infaillibilité soit inopérante en dehors de ce cas unique. Le Magistère infaillible peut aussi s’exercer sur les faits dogmatiques, les définitions solennelles de canonisation, ou les vérités connexes à la foi révélée.

La liturgie de canonisation elle-même témoigne de cette conscience d’un acte définitif et protégé de l’erreur. Ains lors d’une canonisation le pape invoque l’Esprit Saint :

« Spiritum vivificantem, igitur, invocemus, ut mentem nostram illuminet atque Christus Dominus ne permittat errare Ecclesiam suam in tanto negotio. »
« Invoquons donc l’Esprit vivifiant, afin qu’il éclaire notre esprit, et que le Christ Seigneur n’autorise pas son Église à se tromper dans une affaire d’une telle importance. »
Et le cardinal préfet déclare ensuite :
« Sancta Ecclesia, Domini promisso nixa Spiritum Veritatis in se mittendi, qui omni tempore supremum Magisterium erroris expertem reddit, instantissime supplicat… »
« La Sainte Église, s’appuyant sur la promesse du Seigneur d’envoyer en elle l’Esprit de Vérité, qui rend son suprême Magistère exempt d’erreur en tout temps, vous supplie… »



Autrement dit, l’Église professe explicitement sa conviction que le jugement de canonisation est un acte solennel exempt d’erreur.

C. « Croire à la sainteté de Paul VI est fidéiste » (Roberto de Mattei)

Roberto de Mattei confond ici fidéisme et foi ecclésiastique. Le fidéisme est une erreur condamnée par l’Église, qui consiste à refuser la médiation de la raison et à fonder l’adhésion à des vérités naturelles ou morales uniquement sur la foi. Mais croire que telle personne est sainte n’est pas une vérité accessible à la raison naturelle : c’est un acte de foi fondé sur l’autorité divinement assistée de l’Église, selon la promesse du Christ : « Qui vous écoute, m’écoute » (Lc 10, 16).

Pour être précis il s’agit d’une vérité connexe à la foi, qui relève de ce qu’on appelle la fides ecclesiastica (foi ecclésiastique). Cette foi porte sur des vérités que l’Église enseigne infailliblement en vertu de sa mission divine, même si elles ne sont pas contenues formellement dans le dépôt révélé. Elle est fondée sur la promesse divine d’assistance, et non sur une simple opinion humaine ou sur un sentiment de piété.

Enfin, chacun aura noté la phrase suivante, extraite du texte de de Mattei :

« Il semble que l’objectif soit de rendre rétroactivement infaillibles chacune de leurs paroles et chaque acte de leur gouvernement. »

Cette affirmation ne relève pas de l’argumentation théologique, mais de la caricature polémique. Elle suppose une stratégie absurde (conférer rétroactivement l’infaillibilité à tous les actes d’un pontificat), que personne ne soutient sérieusement. Ce genre d’excès discrédite plus l’auteur qu’il ne sert la vérité, et détourne d’un débat théologique rigoureux.

images/icones/carnet.gif  ( 990285 )peine de mort par Réginald (2025-07-19 08:30:47) 
[en réponse à 990267]

Il faut aborder cette question à la lumière de précédents historiques, comme celui de l’esclavage. Celui-ci a longtemps été considéré comme moralement admissible sous certaines formes – notamment dans la bulle Dum Diversas de Nicolas V (1452), qui autorisait la réduction en servitude perpétuelle de certains peuples. Même au XIXe siècle, une instruction du Saint-Office, datée de 1866 sous le pontificat de Pie IX, affirmait encore :

« L'esclavage, en lui-même, n'est dans sa nature essentielle pas du tout contraire au droit naturel et divin, et il peut y avoir plusieurs raisons justes d'esclavage. »

Et pourtant, quelques décennies plus tard, Léon XIII condamnait vigoureusement l’esclavage dans In plurimis (1888), en y voyant une atteinte à la dignité de la personne humaine. Ce développement doctrinal n’a pas consisté à nier les principes moraux précédemment posés, mais à les appliquer de manière plus rigoureuse à la lumière d’une conscience plus aiguë de cette dignité.

De même, la peine de mort n’a jamais été déclarée en soi immorale par le magistère – au contraire, l’Église a constamment enseigné qu’elle pouvait, dans certaines circonstances bien précises, être légitimement infligée par l’autorité publique. Il n’est donc pas possible de soutenir aujourd’hui qu’elle serait intrinsèquement mauvaise, sans rompre avec cet enseignement antérieur. C’est pourquoi la Congrégation pour la Doctrine de la Foi affirme :
« La nouvelle formulation du n. 2267 du Catéchisme de l’Église catholique [...] s’inscrit dans un développement authentique de la doctrine, qui ne contredit pas les enseignements antérieurs du Magistère. » (Lettre du 1er août 2018, §8)

La peine capitale est désormais qualifiée d’« inadmissible », non parce qu’elle aurait changé de nature morale, mais, selon les termes mêmes du document, « parce qu’elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne », dans un contexte où « la société moderne a les moyens de se protéger efficacement » sans y recourir (§6 et §7).
Il ne s’agit donc pas d’un renversement doctrinal, mais d’un discernement prudentiel, au sens défini par saint Thomas d’Aquin : « prudentia est recta ratio agibilium » (IIa-IIae, q. 47, a. 2). Il s’agit de l’évaluation, à la lumière des circonstances concrètes, de ce qu’il convient de faire ici et maintenant pour le bien commun.

Une analogie peut éclairer cette démarche : dire la vérité est, en soi, un acte moralement bon. Mais il arrive que la dire, à tel moment, à telle personne, dans tel contexte, soit imprudent, voire nuisible, et donc « inadmissible » en ce lieu et à cette heure. Un médecin ou un proche peut ainsi différer une vérité difficile, non parce qu’elle serait mauvaise en soi, mais parce qu’elle serait mal transmise ou prématurée. De même, la peine de mort n’est pas, sur le plan doctrinal, une action intrinsèquement mauvaise ; mais son usage devient problématique dans les conditions actuelles, au regard de la finalité propre des peines dans la société.

Ce discernement s’inscrit dans un contexte nouveau, que Jean-Paul II décrivait en ces termes dans Evangelium Vitae :
« Un signe d’espérance est constitué par l’aversion toujours plus répandue de l’opinion publique envers la peine de mort, même si on la considère seulement comme un moyen de “légitime défense” de la société, en raison des possibilités dont dispose une société moderne de réprimer efficacement le crime de sorte que, tout en rendant inoffensif celui qui l’a commis, on ne lui ôte pas définitivement la possibilité de se racheter. »
(EV, §27, cité dans la Lettre du 1er août 2018, §3)

Ce passage montre clairement que l’évolution de la position de l’Église relève d’un jugement prudentiel, et non d’une modification doctrinale. Jean-Paul II lui-même reconnaissait encore la légitimité de la peine capitale dans certains cas : il ne changeait donc pas la doctrine, mais réévaluait son application à la lumière des circonstances nouvelles.

Ce développement doctrinal est reconnu comme cohérent avec la tradition, et non comme une rupture. La Congrégation le résume ainsi :
« Les enseignements antérieurs [...] peuvent s’expliquer à la lumière de la grave responsabilité des pouvoirs publics quant à la sauvegarde du bien commun, dans un contexte social où les sanctions pénales étaient comprises de manière différente. »
(Lettre du 1er août 2018, §8)

On peut naturellement discuter ce discernement prudentiel, ou même ne pas le partager (c’est d’ailleurs mon cas ; et à titre personnel, je n’aurais pas écrit « inadmissible », mais plutôt : « aujourd’hui inappropriée en raison des conditions concrètes », ce qui exprimerait le même jugement sans laisser croire à une condamnation doctrinale de principe). Mais ce que l’on ne peut pas faire honnêtement, c’est prétendre qu’il s’agirait d’une altération du contenu doctrinal de la foi.

Cela étant dit, on comprend que ce choix de vocabulaire s’inscrit dans une logique pastorale plus large : il vise à rendre plus lisible et plus cohérente l’opposition de l’Église à toutes les atteintes à la vie humaine, en particulier à l’avortement et à l’euthanasie, en insistant sur l’inviolabilité de toute vie, même fautive.
L’Église ne dit pas :
« Ce qui était bien hier est mal aujourd’hui. »
Elle dit :
« Ce qui était légitime hier dans un certain contexte ne l’est plus dans les conditions concrètes d’aujourd’hui. »

images/icones/hein.gif  ( 990286 )Au risque d'apparaitre par ptk (2025-07-19 08:42:27) 
[en réponse à 990285]

indiscret, ....

seriez vous dominicain ?
images/icones/carnet.gif  ( 990287 )[réponse] par Réginald (2025-07-19 08:50:49) 
[en réponse à 990286]

Je ne suis pas dominicain. Simplement un lecteur assidu, formé dans des cercles où l’on attend de connaître un texte avant d’en parler, et de le lire dans sa langue si possible. Cela laisse parfois des traces dans l’écriture.
Disons que j’ai suivi une route assez classique, à la française… ceux qui connaissent le système comprendront.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 990290 )Et j'ajouterai Réginald par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 09:59:08) 
[en réponse à 990287]

- On sent notamment avec cette histoire de la peine de mort l'idée générale selon laquelle : "Avant c'était la nuit et aujourd'hui, c'est la lumière !"

- Ce n'est pas chrétien de vouloir, par principe, justifier tout ce que fait, dit ou écrit l'autorité !
images/icones/fleur.gif  ( 990297 )Merci de votre réponse par ptk (2025-07-19 10:30:13) 
[en réponse à 990287]

Vous me rappeliez dans vos écritures un père dominicain que je connaissais autrefois.
images/icones/fleche2.gif  ( 990288 )Sur les canonisations et la peine de mort par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 09:16:39) 
[en réponse à 990285]

1) Sur les canonisations, je n'ai pas écrit qu'elles seraient infaillibles à partir de Benoît XIV.

J'ai dit que non infaillibles avant les réformes de Benoît XIV, elles ne pouvaient le devenir après.

D'ailleurs, si Benoît XIV a éprouvé le besoin de réformer la procédure de canonisation, c'est qu'il estimait que cette procédure n'était pas satisfaisante et donc qu'elle n'était pas infaillible.

Enfin, contrairement à ce que vous dites, je ne conteste pas a priori tout ce que font ou disent les évêques actuels.

2) Sur la peine de mort, on ne peut affirmer, pendant deux mille ans, qu'elle peut être, puis, ces dernières années, affirmer qu'elle est inadmissible. Cela sent la grosse démagogie et affaiblit la voix de l'Eglise !

D'autant que l'Ecriture elle-même légitime la peine de mort. "Le Bon Larron" de l'Evangile affirme que ce qui lui arrive à lui, et à l'autre larron, est juste, contrairement à la Crucifixion de Jésus, parce que Lui, Jésus, n'a rien fait. Et tout l'Ancien Testament rappelle, comme après lui St Paul, que le salaire du péché, c'est la mort !

En outre, lorsqu'on parle, chez nous, de la peine de mort, on parle de la peine de mort dans des cas particuliers, ceux de monstres ou de terroristes. St Thomas d'Aquin écrira même que dans certains cas la peine de mort est un acte de charité.

Enfin, la suppression de la peine de mort pour les coupables, ne l'a pas supprimée pour les innocents dont nous apprenons chaque jour, aux infos, qu'ils ont été assassinés, notamment par avortements, ou pour des coupables par "règlements de comptes" à Marseille ou ailleurs. Pas un jour ou presque sans l'assassinat d'une jeune fille. La suppression de la peine de mort pour les coupables s'accompagne donc d'une démultiplication de la peine de mort pour les innocents ou pour les autres.

La suppression de la peine de mort encourage aussi parfois les forces de l'ordre à en finir rapidement avec les délinquants et elle pose un problème d'application de la loi pénale dans son ensemble. Que fait-on des monstres ? Finit-on par les relâcher ou doit-on les enfermer vraiment à vie ?
images/icones/carnet.gif  ( 990289 )Avant, ce n’était pas fiable. Après non plus. Donc… par Réginald (2025-07-19 09:55:57) 
[en réponse à 990288]


J'ai dit que non infaillibles avant les réformes de Benoît XIV, elles ne pouvaient le devenir après.



Il faut reconnaître une certaine incohérence logique dans l’idée selon laquelle les canonisations ne pouvaient être infaillibles ni avant Benoît XIV, ni après.

C’est une position curieuse : avant, ce n’était pas fiable ; après, ce ne l’est pas davantage. En somme, tout changement devient une preuve que rien ne vaut, et la seule posture sûre serait de ne rien faire, jamais.

Saint Thomas, lui, ne tournait pas ainsi en rond : bien avant Benoît XIV, il écrivait qu’il faut croire que l’Église ne se trompe pas lorsqu’elle canonise, parce que, je cite, « commune iudicium Ecclesiae erroneum esse non potest », c’est-à-dire : « le jugement commun de l’Église ne peut être erroné ».
images/icones/find.gif  ( 990292 )St Thomas par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 10:11:50) 
[en réponse à 990289]

n'écrivait pas lors de la crise de l'Eglise !

La plupart des canonisations ne pose(nt) aucun problème.

Certaines n'auraient simplement pas eu lieu il y a encore 60 ans, ce qui ne signifie pas que la personne en question n'est pas au Ciel, mais signifie que l'Eglise ne l'aurait pas portée sur les autels parce que non-exemplaire.

Enfin, certaines canonisations posent problème, surtout lorsqu'on s'aperçoit que tous les papes du Concile ou de l'Après-Concile sont béatifiés, canonisés ou en voie de l'être, tandis par exemple que leurs prédécesseurs sont relégués dans les ténèbres extérieurs. On sent une instrumentalisation de la procédure de canonisation qui affaiblit la canonisation.
images/icones/carnet.gif  ( 990293 )[réponse] par Réginald (2025-07-19 10:22:16) 
[en réponse à 990292]

Il est remarquable que la citation de saint Thomas ( « commune iudicium Ecclesiae erroneum esse non potest ») soit restée sans réponse.
On comprend : y répondre supposerait soit de reconnaître qu’il a raison (ce qui serait embarrassant), soit d’affirmer qu’il se trompe (ce qui serait plus embarrassant encore).
Vous me direz peut-être que « cela dépend des circonstances » mais dans ce cas, vous tombez dans ce que vous dénoncez habituellement : le relativisme.
images/icones/find.gif  ( 990298 )L'Eglise à la fin des temps par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 10:30:38) 
[en réponse à 990293]

Je vous renvoie notamment à ce post ici
images/icones/bravo.gif  ( 990296 )Absolument par Luc de Montalte (2025-07-19 10:28:41) 
[en réponse à 990292]

Comme expliqué plus bas, saint Thomas ne dit absolument pas qu'une canonisation est infaillible, mais uniquement qu'il faut croire pieusement que la personne canonisée est bien sauvée car il est déraisonnable de penser que l'Église propose au culte un damné. Comme vous le notez c'est très différent.

De fait on voit mal en quoi Paul VI a été un pape exemplaire vu le bilan de son règne.
images/icones/carnet.gif  ( 990299 )donc ? par Réginald (2025-07-19 10:32:27) 
[en réponse à 990296]

Donc, pour être clair : vous reconnaissez avec certitude que Paul VI est au ciel, ?
Ou bien considérez-vous possible que l’Église ait proposé à la vénération liturgique universelle un damné ?
images/icones/4b.gif  ( 990300 )Alternative réductrice par ptk (2025-07-19 10:36:42) 
[en réponse à 990299]

Paul VI peut être au Ciel sans que ses mérites et vertus méritent d'être proposés en exemple au peuple fidèle.
images/icones/carnet.gif  ( 990301 )bancal par Réginald (2025-07-19 10:38:54) 
[en réponse à 990300]

La question n'est pas s'il peut y être, mais s'il y est avec certitude.
images/icones/1f.gif  ( 990307 )La canonisation par ptk (2025-07-19 10:51:26) 
[en réponse à 990301]

n'est pas seulement l'affirmation par l'église de l'entrée d'un chrétien en Paradis, elle est aussi la proposition comme exemple de ses vertus et mérites et l'autorisation de lui rendre le culte de dulie.

L'église conciliaire peut mettre qui elle veut sur les autels, je n'aurais pas la présomption de juger du salut de qui que ce soit.

En revanche, je n'ai aucune envie de suivre certains "exemples", ni de rendre quelque culte que ce soit à certains personnages.
images/icones/fleche2.gif  ( 990302 )Déjà répondu par Luc de Montalte (2025-07-19 10:41:00) 
[en réponse à 990299]

Avec saint Thomas d'Aquin, il faut pieusement croire que Paul VI se trouve au nombre des rachetés. Cela ne signifie pas pour autant qu'il soit interdit de trouver sa canonisation justifiée. C'est simple.

D'ailleurs à mon avis il n'est pas déraisonnable de penser qu'un grand nombre de papes se trouvent au Ciel, et pourtant avant Vatican II très peu étaient canonisés.
images/icones/fleche2.gif  ( 990303 )Erratum par Luc de Montalte (2025-07-19 10:41:49) 
[en réponse à 990302]

Injustifiée, évidemment.
images/icones/carnet.gif  ( 990304 )[réponse] par Réginald (2025-07-19 10:43:37) 
[en réponse à 990302]

Vous tentez d’échapper à la force du raisonnement. La question est simple : Avez-vous la certitude que Paul VI est au Ciel, oui ou non ?
images/icones/1g.gif  ( 990308 )De qui vous moquez-vous ? par Luc de Montalte (2025-07-19 10:54:29) 
[en réponse à 990304]

Je ne vais pas me répéter 36 fois :



il faut pieusement croire que Paul VI se trouve au nombre des rachetés



Et transférer la discussion sur un plan personnel pour ne pas répondre sur le fond est franchement détestable.
images/icones/carnet.gif  ( 990310 )Oui ou non par Réginald (2025-07-19 11:00:00) 
[en réponse à 990308]

Je n’ai jamais déplacé la discussion sur un plan personnel.
Je vous ai simplement posé une question claire, relative à la nature d’un acte ecclésial solennel : Avez-vous, avec l’Église, la certitude que Paul VI est au Ciel ? Oui ou non.

Je vous demande de répondre sans détour ni formulation ambiguë. Merci.
images/icones/1e.gif  ( 990316 )Mais ! par Luc de Montalte (2025-07-19 11:32:23) 
[en réponse à 990310]

La formulation de saint Thomas est très claire, qui êtes-vous pour me dire d'en changer. Je n'ai fait que paraphraser. Je ne suis pas sédévacantiste donc le raisonnement s'applique aussi à Paul VI.
images/icones/carnet.gif  ( 990319 )tout est désormais clair par Réginald (2025-07-19 11:39:06) 
[en réponse à 990316]

Je crois que tout est désormais clair.

Depuis plusieurs échanges, j’ai posé une question très simple, en lien direct avec une canonisation solennelle de l’Église : Avez-vous, avec certitude, la foi que Paul VI est au Ciel, comme l’Église le proclame ?

Vous avez préféré répondre par allusions, circonlocutions, précautions oratoires. Vous avez évoqué saint Thomas, la prudence, votre non-appartenance au sédévacantisme mais vous n’avez jamais pu dire simplement : oui.
images/icones/fleche2.gif  ( 990323 )Je le crois pieusement par Luc de Montalte (2025-07-19 11:59:31) 
[en réponse à 990319]

... avec saint Thomas d'Aquin. Vous êtes ridicule à tourner en rond sur ce fil au point d'user vos 15 messages quotidiens et d'attendre minuit 5 pour repartir du départ sans avancer d'un iota.
images/icones/carnet.gif  ( 990324 )Je constate que par Réginald (2025-07-19 12:03:14) 
[en réponse à 990323]

Je constate que même la simple question de la certitude du salut dans une canonisation ne reçoit ici que des réponses vagues, irritées ou ambiguës.
Je me retire donc ici : ce débat a eu son utilité. Il aura révélé le profond inconfort doctrinal de ceux qui prétendent défendre la Tradition.
images/icones/1d.gif  ( 990326 )Vos certitudes par ptk (2025-07-19 12:40:47) 
[en réponse à 990324]

sont certes respectables mais imprègnent un peu trop vos participations. Vous annoncez assez dès l'abord ce que sont vos objectifs et seront vos conclusions.

Sans vouloir parler pour autrui et au risque de répéter ce que je vous ai déjà écrit, les positions actuelles prises par l'église conciliaire en de nombreuses matières (moeurs, accès à la communion, liberté religieuse, oecuménisme, liturgie), ses pratiques (mensonges, persécution des fidèles, intrigues de Cour, violations de divers commandements, contradiuctions dans l'enseignement), ses affirmations autoréférentielles qui ne sont plus fondées sur la révélation et quelquefois même la contredisent, justifient pour tout chrétien fidèle d'en rester au magistère antérieur aux années soixante. La raison et la prudence le commandent.

Pour le reste, le Pape est le Pape, il est infaillible dans tout ce qu'il fait, même lorsqu'il fulmine que ses pâtes ne sont pas assez salées, et nous ne pouvons que regretter que l'abandon de la sedia et des flabella ne l'offrent pas assez à l'adoration des catholiques, s'il en reste.
images/icones/1e.gif  ( 990327 )Je vous remercie par Luc de Montalte (2025-07-19 12:46:59) 
[en réponse à 990324]

... de tant de sollicitude mais si je suis "vague", saint Thomas d'Aquin aussi puisque je le paraphrase. Tout le monde ne peut pas être à votre niveau que voulez-vous !

Je note en tt cas que vous avez laissé sans réponse mes objections, vous concentrant sur un ad hominem que vous croyez démonstratif. Grand bien vous en fasse.
images/icones/1e.gif  ( 990352 )Le grand miracle de Paul VI.. par Halbie (2025-07-19 19:15:20) 
[en réponse à 990324]

images/icones/carnet.gif  ( 990359 )non par Réginald (2025-07-20 00:07:47) 
[en réponse à 990352]

Son plus grand miracle, c'est que sa messe est valide. :-)
images/icones/1f.gif  ( 990309 )Sans en avoir la certitude par ptk (2025-07-19 10:55:29) 
[en réponse à 990304]

il est possible néanmoins d'y croire puisque l'église le dit et que cela n'a aucune conséquence pour moi.

Ni la raison ni la prudence ne justifie donc que je refuse d'y croire, alors que l'affirmation de l'église vaut présomption de certitude.
images/icones/carnet.gif  ( 990311 )merci par Réginald (2025-07-19 11:04:46) 
[en réponse à 990309]

Merci pour votre réponse. Elle confirme ce qui était perceptible : vous reconnaissez que vous n’avez pas la certitude que Paul VI est au Ciel, alors même que l’Église l’enseigne solennellement par une canonisation.
Or, ne pas avoir cette certitude, c’est ne pas exclure qu’il ne s’y trouve pas. Autrement dit, laisser ouverte la possibilité qu’il soit damné, malgré la déclaration publique de l’Église.

C’est précisément ce que condamne Benoît XIV, lorsqu’il écrit que quiconque oserait affirmer qu’un canonisé ne doit pas être honoré, ou que le pape s’est trompé en le canonisant, doit être considéré, au minimum, comme téméraire, scandaleux, injurieux pour les saints et sentant l’hérésie.
images/icones/nounours.gif  ( 990312 )Les actuelles canonisations par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 11:21:05) 
[en réponse à 990311]

Celles en particulier des derniers papes, n'ont pas la signification que l'Eglise donnait autrefois aux canonisations. C'est ce que vous explique aussi un article de la FSSPX que j'ai mis en ligne et c'est ce que vous ne voulez pas comprendre.
images/icones/carnet.gif  ( 990313 )merci par Réginald (2025-07-19 11:26:00) 
[en réponse à 990312]

Merci de cette clarification. Donc, pour vous, quand l’Église canonise un saint aujourd’hui, cela ne signifie plus avec certitude qu’il est au Ciel.

images/icones/1n.gif  ( 990317 )Décidément par Luc de Montalte (2025-07-19 11:36:33) 
[en réponse à 990313]

Avant de vous lancer dans des raisonnements théologiques faits maison il faudrait être au point sur le catéchisme de base : l'Église ne canonise pas pour attester qu'un tel ou un autre est au Ciel, mais pour proposer le saint en question en exemple et le vénérer. Personne ici ne prétend que l'Église honorerait un damné, ce serait évidemment contraire aux promesses faites par N-S.

Il faut arrêter de faire les questions et les réponses.
images/icones/carnet.gif  ( 990320 )Je prends bonne note de votre phrase : par Réginald (2025-07-19 11:44:52) 
[en réponse à 990317]

Je prends bonne note de votre phrase : « L’Église ne peut honorer un damné, ce serait contraire aux promesses faites par Notre-Seigneur. »

Cela signifie donc que chaque canonisation atteste avec certitude le salut du saint canonisé. C’est précisément ce que je dis depuis le début.

Qu’on puisse discuter, avec prudence, de la pertinence de tel ou tel aspect du modèle proposé, c’est une autre question.

Mais ce qui ne peut faire l’objet d’aucun doute, c’est que le canonisé est au Ciel et digne d’un culte public. Autrement, on nie la nature même de l’acte de canonisation.
images/icones/4a.gif  ( 990321 )Ce n'est pas nous par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 11:49:00) 
[en réponse à 990320]

qui nions l'acte de canonisation, mais les nouvelles règles de canonisation qui en ont changé la signification et ces canonisations qui sont des instrumentalisations de l'acte de canonisation pour installer le Modernisme dans l'Eglise.
images/icones/c_nul.gif  ( 990322 )Non par Luc de Montalte (2025-07-19 11:56:35) 
[en réponse à 990320]

Sinon on canoniserait tous les enfants morts en bas-âge.

Au lieu de jouer les enquêteurs du dimanche à me faire dire ce que je ne dis pas, lisez le catéchisme.
images/icones/1n.gif  ( 990328 )Erreur de raisonnement par Marchenoir (2025-07-19 13:05:40) 
[en réponse à 990322]

Réginald affirme, à la suite de l'Eglise, que tout canonisé est au Ciel. Vous repondez comme s'il avait affirmé la réciproque.
Il serait intéressant de savoir ce que signifie, selon vous ou Maître Parfu, la canonisation dans le Novus Ordo.
images/icones/2a.gif  ( 990325 )Vos conclusions par ptk (2025-07-19 12:22:14) 
[en réponse à 990311]

sur mon message manquent un peu de rigueur.

La binarité et l'alternative sont parfois argument simpliste et inadapté.
images/icones/1e.gif  ( 990331 )non infaillibles avant les réformes de Benoît XIV? par abbé F.H. (2025-07-19 13:14:00) 
[en réponse à 990288]

Merci

je vais pouvoir continuer et amplifier mes critiques sur ce fameux capétien "Louis IX" canonisé par action politique et simonie!
images/icones/fleche2.gif  ( 990343 )Une précision Monsieur l'abbé par Jean-Paul PARFU (2025-07-19 16:30:23) 
[en réponse à 990331]

Pour bien nous faire comprendre.

Pas infaillible ne veut pas dire faux. Pas infaillible signifie ici simplement : qui ne relève pas du dogme de l'infaillibilité. au sens de "Pastor aeternus" (Vatican I, 18 juillet 1870), C'est tout !

Relève du dogme de l'infaillibilité pontificale, par exemple, la proclamation du dogme de l'Assomption en 1950.
images/icones/abbe1.gif  ( 990346 )Donc, réflechissons! par abbé F.H. (2025-07-19 18:11:01) 
[en réponse à 990343]

Pas infaillible ne veut pas dire faux.


Vous refusez les canonisations de Paul VI et Jean-Paul II, car non infaillibles, donc vous les considérez comme fausses.

Mais quand je parle de Louis IX,

J'ai dit que non infaillibles avant les réformes de Benoît XIV, elles ne pouvaient le devenir après.


Vous me rétorquez "ne veut pas dire faux".

Seulement, si je reconnais pas la sainteté de Louis IX, que pouvez-vous me reprocher?

Rien, absolument rien!

images/icones/hein.gif  ( 990341 )Sophisme? par Regnum Galliae (2025-07-19 15:03:25) 
[en réponse à 990285]

Vous écrivez

La peine capitale est désormais qualifiée d’« inadmissible », non parce qu’elle aurait changé de nature morale, mais, selon les termes mêmes du document, « parce qu’elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne », dans un contexte où « la société moderne a les moyens de se protéger efficacement » sans y recourir (§6 et §7).



La dignité de la personne humaine aurait donc changé depuis 1992 ? Je ne vois pas pourquoi la dignité de l'homme ne permet plus jamais la peine de mort aujourd'hui alors qu'elle la permettait hier. Si la nouveauté est un contexte pénal qui ne la rendrait plus nécessaire, alors l'ancienne formulation convenait car elle laissait la discussion ouverte sur un point qui n'est pas dans la compétence de l'Eglise, à savoir l'étude des systèmes pénaux du monde entier. La nouvelle formulation suggère clairement que la peine de mort n'est jamais acceptable quelles que soient les circonstances, comme l'avortement par exemple, pour le coup à juste titre.
La peine de mort est donc devenue une pratique intrinsèquement mauvaise. Vous ne pouvez pas le nier.
images/icones/carnet.gif  ( 990358 ) La peine de mort est-elle devenue un mal en soi ? Réflexions sur une objection récurrente par Réginald (2025-07-20 00:02:41) 
[en réponse à 990341]

Votre raisonnement repose sur une confusion. Vous semblez croire que le changement d’évaluation morale des circonstances impliquerait un changement dans l’évaluation de l’objet moral lui-même. Or, ce sont au contraire les principes constants de la morale qui, appliqués avec une conscience accrue aux réalités concrètes, conduisent à rejeter ce qui avait pu, dans d’autres circonstances, être admis.

L’Église n’enseigne pas que la dignité humaine aurait changé, mais qu’elle en a progressivement affiné la perception, de même qu’elle a reconnu, au fil du temps, l’incompatibilité de l’esclavage avec cette dignité. Ce tournant doctrinal, opéré sous Léon XIII, semble pourtant décisif et ne saurait être écarté.

Le jugement ne porte donc pas sur la nature intrinsèque de la peine de mort, mais sur sa légitimité concrète dans un contexte donné. Il ne s’agit pas d’affirmer qu’elle serait devenue intrinsèquement mauvaise — comme le sont, par exemple, l’avortement ou l’euthanasie —, mais de reconnaître qu’elle n’est plus aujourd’hui moralement admissible, et cela pour trois raisons cumulatives :

1. D’abord, en raison d’une perception plus approfondie de la dignité humaine, ainsi que d’une répugnance croissante à l’égard de la violence exercée par l’autorité publique, dans des sociétés devenues plus attentives aux droits des personnes. C’est pour cette même raison que la torture n’est plus tolérée lors des interrogatoires judiciaires, alors qu’elle fut autrefois admise.

2. Ensuite, parce qu’il n’apparaît plus comme nécessaire, dans nos systèmes pénaux modernes, de mettre physiquement un coupable hors d’état de nuire pour assurer la justice et protéger la société. C’est précisément sur ce critère de nécessité que saint Thomas d’Aquin justifiait la peine capitale : « Si un homme est dangereux pour la société, on le met justement à mort pour la sauvegarde du bien commun » (IIa-IIae, q. 64, a. 2). Or, dès lors que ce bien commun peut être préservé par d’autres moyens, la légitimité de la peine de mort s’efface. Cette considération est sans doute la plus décisive : tant que l’on estimait, avec saint Thomas, que l’exécution du coupable était indispensable à la protection de la société, elle pouvait être moralement défendable. Mais si cette nécessité ne s’impose plus, l’argument classique perd sa force propre. Ce n’est pas le principe qui change, mais les circonstances qui en manifestent désormais les limites.

3. Enfin, parce que nos sociétés sécularisées ont perdu la conscience du lien entre la peine de mort et l’amendement moral en vue du salut éternel. Pour la plupart de nos contemporains, la mort apparaît comme le terme absolu de l’existence, alors qu’une société chrétienne croit qu’elle ouvre sur l’éternité. L’histoire de Jacques Fesch a un sens pour un chrétien ; elle n’en a plus pour beaucoup de nos semblables aujourd’hui.

Il va de soi que ces trois raisons, bien que convergentes, peuvent apparaître avec des degrés d’évidence différents selon les sensibilités. Ainsi, la seconde, fondée sur l’évolution des systèmes pénaux, pourra susciter des discussions, mais elle demeure, à bien des égards, la plus décisive, en ce qu’elle touche à la justification même de la peine capitale. Cette diversité de perception n’en invalide pas pour autant la pertinence, mais rappelle que l’application des principes constants de la morale suppose un discernement éclairé, attentif à la complexité de ce que la tradition appelle les circonstances.

Un raisonnement analogue vaut pour la torture : si elle est aujourd’hui universellement rejetée, ce n’est pas parce que la loi morale aurait changé, mais parce que les conditions concrètes ont évolué, notamment avec l’apparition de méthodes modernes d’enquête, qui rendent un tel recours à la violence à la fois inutile et moralement inacceptable.

On pourrait en dire autant du prêt à intérêt, encore formellement condamné par Benoît XIV dans l’encyclique Vix pervenit, mais dont la rigueur doctrinale a été assouplie, non par changement de principe, mais par une meilleure compréhension des mécanismes d’un système économique profondément transformé.

Pour conclure, je vous invite à réfléchir sereinement aux analogies proposées.

Faut-il en conclure que Léon XIII se serait trompé en condamnant l’esclavage ?
Ou que l’Église aurait dû maintenir la permission morale de la torture, au seul motif qu’elle fut longtemps admise ?

Chacun pourra se représenter le type de société qu’impliquerait une telle logique. Et jugera s’il faut y revenir.
images/icones/fleche2.gif  ( 990493 )Permettez-moi de maintenir mes propos par Regnum Galliae (2025-07-23 09:45:17) 
[en réponse à 990358]

Vous écrivez

Vous semblez croire que le changement d’évaluation morale des circonstances impliquerait un changement dans l’évaluation de l’objet moral lui-même.


Cette analyse serait adaptée au catéchisme de 1992. Or aujourd'hui, le catéchisme dit

l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne »


Il n'est plus question de circonstance mais de dignité humaine qui serait incompatible avec la peine de mort. La dignité de l'homme est quelque chose qui ne dépend pas des circonstances (si ce n'est qu'elle peut justement être perdue par le crime) ! Devons-nous comprendre que pendant 2000 ans, l'Eglise a cautionné et même appliqué des pratiques contraires à la dignité humaine ?

Quant aux analogies que vous proposez, elles ne me semblent pas pertinentes :
- pouvez-vous me citer un acte du magistère de l'Eglise qui ait justifié l'esclavage et qui serait donc contredit par Léon XIII ?
- le prêt à intérêt n'a jamais été condamné en soi, seulement son abus, ce qui n'a pas changé depuis.
images/icones/carnet.gif  ( 990494 )Deux objections traitées, une esquivée par Réginald (2025-07-23 10:03:39) 
[en réponse à 990493]

1/ Le Catéchisme ne dit pas que la peine de mort est intrinsèquement mauvaise, mais qu’elle est désormais inadmissible, c’est-à-dire non recevable dans les conditions actuelles. Ce jugement repose sur une prise de conscience accrue de la dignité humaine, et non sur une rupture doctrinale. La dignité humaine ne change pas, mais la perception que nous en avons peut s’approfondir. Ce type de développement n’est ni inédit ni problématique en soi.

2/ Vous me demandez si l’Église a jamais justifié l’esclavage. La réponse est oui, dans certaines circonstances historiques. Par exemple, dans la bulle Romanus Pontifex de Nicolas V (1455), on peut lire :

«Nous, pesant toutes choses avec la réflexion appropriée, et notant que depuis que nous avions autrefois, par des lettres précédentes de notre part, concédé au Roi Alphonse et à ses successeurs, entre autres choses, la pleine et entière faculté d'attaquer, de rechercher, de capturer, de vaincre, de soumettre tous les Sarrasins et les Païens et les autres ennemis où qu'ils se trouvent […] et de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle [illorumque personnas in perpetuam servitudinem redigendi] [illorumque personas in perpetuam servitudinem redigendi] »

Ce texte autorise explicitement la réduction en esclavage de non-chrétiens, dans un contexte de croisade et d’expansion coloniale. Il s’agit bien d’une approbation positive, non d’une simple tolérance.

3/ Enfin, vous affirmez que le prêt à intérêt n’a jamais été condamné en soi. Or, l’encyclique Vix pervenit (Benoît XIV, 1745) est très claire :

« L’espèce de péché appelée usure et dont le lieu propre est le contrat de prêt – dont la nature demande qu’il soit rendu autant seulement que ce qui a été reçu – consiste pour le prêteur à exiger – au nom même de ce contrat – qu’il lui soit rendu davantage que ce qui a été reçu et, par conséquence, à affirmer que le seul prêt donne droit à un profit, en plus du capital prêté. Pour cette raison, tout profit de cette sorte qui excède le capital est illicite et usuraire. II. Personne ne pourra être préservé de la souillure du péché d’usure en arguant du fait que ce profit n’est pas excessif ou inconsidéré mais modeste, qu’il n’est pas grand mais petit. »

Cette condamnation vise donc tout intérêt exigé du seul fait du prêt, même minime. Ce n’est que plus tard, avec l’évolution des pratiques économiques et juridiques, que l’Église a reconsidéré certains profits licites liés à l’usage du capital, mais non au prêt comme tel.

4/ Enfin Vous avez pris soin de répondre sur l’esclavage et le prêt à intérêt. J’observe cependant que vous avez laissé de côté la question de la torture. Ce seul fait suffit à montrer que la perception morale peut évoluer dans la continuité du même principe fondamental.
images/icones/nounours.gif  ( 990516 )Sur le prêt à intérêt et l'Eglise par Jean-Paul PARFU (2025-07-23 15:25:26) 
[en réponse à 990494]

On peut lire un article très intéressant ici
images/icones/carnet.gif  ( 990513 )réponse plus précise sur l'esclavage par Réginald (2025-07-23 14:25:03) 
[en réponse à 990493]

Dès le XIIIe siècle, saint Thomas d’Aquin avait tenté de concilier les titres romains de propriété sur les esclaves avec la tradition patristique chrétienne. Acceptant l’idée aristotélicienne selon laquelle certains hommes seraient « esclaves par nature », il soutenait que cette condition n’appartient pas à l’intention première de la nature mais à une « seconde intention », survenue à la suite du péché originel. L’esclavage est ainsi considéré comme une conséquence pénale du péché, non comme un ordre voulu par Dieu dès l’origine. Saint Thomas admettait que, dans certaines circonstances, une relation maître-esclave pouvait être mutuellement bénéfique, à condition d’être réglée selon la justice. Cette tentative de justification doctrinale se retrouvera chez plusieurs auteurs scolastiques, au moins jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Ainsi certains auteurs ont tenté de justifier l’esclavage en recourant à la notion d’« esclavage volontaire », par analogie avec le travail salarié à long terme ou les contrats de service. Ainsi, le cardinal de Lugo écrivait :
Certains auteurs scolastiques ont tenté de justifier l’esclavage en recourant à la notion d’« esclavage volontaire », par analogie avec le travail salarié à long terme ou les contrats de service.
Ainsi le cardinal de Lugo écrivait :

« L’esclavage consiste en ceci : un homme est obligé, pour toute sa vie, de consacrer son travail et ses services à un maître. Or, puisque chacun peut justement s’engager, en vue d’un avantage anticipé, à fournir tous ses services à un maître pendant un an — et qu’il serait, en justice, tenu d’honorer ce contrat — pourquoi ne pourrait-il pas s’engager de la même manière pour une période plus longue, voire pour toute sa vie ? Une telle obligation constituerait précisément l’esclavage. »
(De Iustitia et Iure, disp. VI, sec. 2, n°14)

De même, le Saint-Office affirmait encore, dans une réponse du 20 juin 1866 :
« L'esclavage, en lui-même, n'est dans sa nature essentielle pas du tout contraire au droit naturel et divin, et il peut y avoir plusieurs raisons justes d'esclavage. »

Ainsi la traite négrière, bien que largement pratiquée au XVIIIe siècle, n’a pas été explicitement dénoncée par le Magistère, qui n’en percevait pas encore pleinement l’incompatibilité avec la dignité humaine.


Cette construction juridique reposait sur l’idée qu’un homme pouvait, en vue d’un bien supérieur (protection, subsistance, rémission de dettes), se lier à perpétuité au service d’un autre. Mais dans la réalité historique, cet esclavage « volontaire » relevait bien souvent d’une fiction morale. Il ne correspondait que très rarement à un consentement libre et éclairé : dans l’immense majorité des cas, il s’agissait de formes de domination imposées par la force, la misère ou la naissance, dans un cadre légal qui privait l’individu de toute autonomie réelle.

C’est pourquoi, à mesure que l’Église progressait dans une meilleure compréhension concrète de la condition humaine et de ses atteintes, certains enseignements plus explicites ont pu être formulés. Ainsi, Léon XIII, dans In plurimis (1888), s’écartant nettement des justifications antérieures, affirme avec force :

« Devant tant de misère, la condition d’esclavage, dans laquelle une partie considérable de la grande famille humaine a été plongée dans l’affliction pendant de nombreux siècles, est profondément déplorable ; car ce système est en tout point opposé à ce que Dieu et la nature ont originellement ordonné. Le Souverain Auteur de toutes choses a ainsi décrété que l’homme exercerait une sorte de domination royale sur les bêtes, les troupeaux, les poissons et les oiseaux, mais jamais que des hommes exerçaient une telle domination sur leurs semblables. »

Ce jugement plus net ne constitue pas une rupture avec l’enseignement antérieur, mais marque un approfondissement doctrinal : à la lumière de l’Évangile, le magistère catholique reconnaît progressivement que toute forme d’asservissement, même juridiquement encadrée, porte atteinte à la dignité inaliénable de la personne humaine.
images/icones/carnet.gif  ( 990524 )l'analogie avec la torture par Réginald (2025-07-24 09:10:12) 
[en réponse à 990493]

Il me semble utile, à propos de la torture comme de l’esclavage, de rappeler que l’Église n’a pas toujours perçu immédiatement toutes les implications de la dignité humaine. Voici comment, sans changer de doctrine, elle a progressivement clarifié sa position.

1. Une tolérance initiales

A l’époque médiévale, dans un contexte d’unité entre pouvoir civil et autorité ecclésiastique, l’Église a pu tolérer, voire encadrer juridiquement, l’usage de la torture comme moyen d’enquête dans les procès d’hérésie. C’est ce que manifeste la bulle Ad extirpanda, promulguée par le pape Innocent IV le 15 mai 1252, peu après l’assassinat de l’inquisiteur Pierre de Vérone par des cathares. Ce texte autorise explicitement l’emploi de la torture par l’Inquisition, sous certaines conditions précises.
La bulle interdit que la torture mette en péril la vie ou l’intégrité physique de l’accusé, mais elle reconnaît néanmoins la légitimité d’un traitement coercitif visant à obtenir des aveux. Au nom de la défense de la foi, l’Église admet donc — dans un cadre juridique strict — une atteinte grave à la personne humaine. Il convient toutefois de noter qu’il ne s’agissait pas là d’une doctrine affirmée comme telle, mais d’une mesure disciplinaire adaptée à un contexte historique donné, marqué par l’influence du droit romain et par une conception alors plus rudimentaire des droits de la personne.

2. Une remise en cause progressive

A mesure que mûrissaient la conscience morale chrétienne et la réflexion sur la dignité humaine, l’Église a commencé à remettre en cause la légitimité de la torture. Ce processus d’évolution se manifeste concrètement dès l’époque moderne, notamment sous le pontificat de Pie VII. Dans son motu proprio Quando per ammirabile disposizione (6 juillet 1816), le pape abolit officiellement l’usage de la torture dans les États pontificaux, y compris la peine dite « de la corde » (suspension par les bras liés derrière le dos). L’article 96 du texte déclare :
« L’usage des tourments, et la peine de la corde, tous deux déjà interdits, sont désormais abolis de manière perpétuelle ; et à cette dernière est substituée la peine d’un an de travaux. »
Ce geste marque un tournant décisif. Il ne s’agit plus d’une simple réforme disciplinaire ou d’un adoucissement pragmatique : l’abolition perpétuelle témoigne d’une volonté explicite de rompre avec une pratique jugée désormais incompatible avec une justice respectueuse de la personne humaine.

3. Une condamnation explicite par le magistère du XXe siècle

Ce mouvement de clarification se poursuit au XXe siècle. Dans un discours adressé le 3 octobre 1953 au VIe Congrès international de droit pénal, le pape Pie XII condamne sans ambiguïté la torture physique et psychique. Il déclare notamment :
« L'instruction judiciaire doit exclure la torture physique et psychique et la narco-analyse, d'abord parce qu'elles lèsent un droit naturel, même si l'accusé est réellement coupable, et ensuite parce que trop souvent elles donnent des résultats erronés. »

Par ces paroles fortes, Pie XII fait de l'interdiction de la torture non seulement une exigence morale mais aussi une obligation fondée sur le droit naturel. Il souligne en outre que la torture engendre fréquemment de faux aveux, obtenus non par reconnaissance de culpabilité mais par épuisement physique ou psychique.

De la tolérance médiévale à la condamnation explicite du XXe siècle, l’évolution de la position de l’Église sur la torture suit une dynamique analogue à celle observée pour l’esclavage. Elle ne marque pas un reniement doctrinal, mais une mise en œuvre plus fidèle, plus lucide et plus profonde de l’Évangile. Cette évolution témoigne d’une maturation progressive de l’intelligence chrétienne du droit naturel et du respect dû à la dignité de la personne humaine.

Faut-il en conclure que Pie VII et Pie XII se sont trompés ? Ou bien reconnaître que la vérité peut se déployer progressivement, sans trahir sa source ?

images/icones/bravo.gif  ( 991262 )Merci par abbé F.H. (2025-08-23 17:03:53) 
[en réponse à 990524]

encore une fois!
images/icones/1v.gif  ( 990210 )une vraie figure préfigurative par jejomau (2025-07-17 15:30:58) 
[en réponse à 990194]

annonciatrice de la venue de François donc ! Lequel finira canonisé ?

images/icones/livre.gif  ( 990211 )Le Rhin se jette dans le Tibre par Jean-Paul PARFU (2025-07-17 16:08:32) 
[en réponse à 990194]

A lire aussi sur le concile Vatican II le grand classique du Père Ralf M WILTGEN.

Première édition française : Éditions du Cèdre, 1973. 6e tirage (2022). La meilleure étude sur le concile Vatican II et ses conséquences. Le livre de référence que tout le monde devrait avoir lu pour comprendre le Concile et son influence.




"Chronique complète et impartiale du IIe concile du Vatican, ce livre doit son titre à Juvénal. Il y a deux mille ans le grand satiriste déplorait que la culture syrienne imprègne celle de Rome - que l'Oronte se jette dans le Tibre.

Au Concile, les cardinaux, les évêques et les théologiens des pays que traverse le Rhin ont eu une influence dominante : les eaux du Rhin ont coulé dans le Tibre.

Ce livre ne met pas seulement en lumière le rôle considérable qu'a joué cette alliance rhénane, mais aussi l'action souvent efficace des groupes minoritaires qui se constituèrent afin de la contrebalancer, et l'importance déterminante des interventions personnelles du pape Paul VI.

Plus d'un quart de siècle après la clôture du Concile, ce livre qui a été publié en quatre langues, demeure l'une des rares fenêtres ouvertes sur le "concile inconnu".

Le R. P. Ralph M. Wiltgen appartient à la Société du Verbe divin. Fondateur et directeur d'une agence de presse du Concile, indépendante et multilingue, il s'est attaché à faire connaître les points de vue divers des Pères conciliaires ou des groupes qui les rassemblaient, sans jamais intervenir pour les interpréter. Le Père Wiltgen est également l'auteur d'une monumentale Histoire de la fondation de l'Eglise en Océanie."
images/icones/pelerouin1.gif  ( 990215 )Ce qui vous étonne Léopardi par Jean-Paul PARFU (2025-07-17 19:37:11) 
[en réponse à 990194]

S'agissant de Paul VI et du concile Vatican II, c'est, je vous le rappelle, ce que dit la FSSPX depuis plus de 50 ans.

Quant aux canonisations, et celle de Paul VI en particulier, vous pouvez lire ceci
images/icones/carnet.gif  ( 990216 )Le pape Benoît XIV par Réginald (2025-07-17 19:56:39) 
[en réponse à 990215]

Le pape Benoît XIV, dans son œuvre monumentale De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, enseigne ce qui suit :

« Quiconque oserait prétendre que le Pape s’est trompé dans telle ou telle canonisation, ou que tel ou tel Saint canonisé par le Pape ne doit pas être vénéré par un culte de dulie, celui-là, disons-nous, s’il n’est hérétique [comme le pense Benoît XIV],doit être considéré comme un téméraire qui scandalise toute l’Église, outrage les Saints, favorise les hérétiques qui nient l’autorité de l’Église dans la canonisation des Saints, sent l’hérésie en ce qu’il donne aux incrédules occasion de se moquer des fidèles, soutient une proposition erronée et mérite les plus graves censures. » Livre I, chap. 45, n° 2


Quant à Saint Thomas voilà ce qu'il enseigne (Quodlibet IX, q. 8) :

Question : Tous les saints canonisés par l’Église sont-ils dans la gloire, ou bien certains d’entre eux pourraient-ils être en enfer ?

Objection 1 : Il semble que certains de ceux qui sont canonisés par l’Église peuvent être en enfer.
En effet, nul ne peut être certain de l’état d’une personne, pas même de soi-même : car « ce qui est de l’homme, nul ne le connaît, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui », comme il est dit en 1 Co 2,11.
Mais un homme ne peut pas être certain de lui-même, s’il est en état de salut ; car il est écrit en Ecclésiaste 9,1 : « Nul ne sait s’il est digne de haine ou d’amour. »
Donc, à plus forte raison, le pape ne le sait pas : il peut donc se tromper en canonisant.

Objection 2 : De plus, quiconque, en jugeant, s’appuie sur un moyen faillible, peut se tromper.
Or, l’Église, en canonisant les saints, s’appuie sur le témoignage humain, puisqu’elle enquête par des témoins sur la vie et les miracles.
Donc, puisque le témoignage des hommes est faillible, il semble que l’Église peut se tromper dans la canonisation des saints.

Au contraire :

1. Dans l’Église, il ne peut y avoir d’erreur condamnable.
Or ce serait une erreur condamnable de vénérer comme saint un pécheur, car certains, connaissant ses péchés, penseraient que cela est faux, et pourraient ainsi être conduits à l’erreur.
Donc l’Église ne peut se tromper en de telles matières.

2. En outre, Augustin dit dans une lettre à Jérôme que, si l’on admet un mensonge dans l’Écriture canonique, notre foi, qui repose sur elle, chancelle.
Or, de même que nous sommes tenus de croire ce qui est dans l’Écriture, de même nous sommes tenus de croire ce qui est communément défini par l’Église ; c’est pourquoi celui qui pense contre les décisions des conciles est jugé hérétique.
Donc le jugement commun de l’Église ne peut être erroné.

Réponse :

Je réponds qu’une chose peut être jugée possible si on la considère en elle-même, mais impossible lorsqu’on la rapporte à quelque chose d’extérieur.
Je dis donc que le jugement de ceux qui président à l’Église pourrait se tromper sur n’importe quoi, si l’on ne considérait que leur personne.
Mais si l’on considère la providence divine, qui dirige son Église par l’Esprit Saint afin qu’elle ne se trompe pas — comme lui-même l’a promis en Jean 16, que l’Esprit enseignerait toute vérité, c’est-à-dire ce qui est nécessaire au salut —, alors il est certain que le jugement de l’Église universelle sur les choses touchant à la foi ne peut se tromper.
C’est pourquoi il faut s’en tenir à la sentence du pape — à qui revient de déterminer ce qui relève de la foi — plus qu’à l’opinion de n’importe quel savant sur l’Écriture ; de même que Caïphe, bien qu’impie, parce qu’il était grand prêtre, a prophétisé sans le savoir (Jn 11,51).
Concernant les autres jugements qui portent sur des faits particuliers — comme les possessions, les crimes, etc. — le jugement de l’Église peut se tromper, en raison de faux témoins.
Mais la canonisation des saints est intermédiaire entre les deux : pourtant, puisque l’honneur rendu aux saints est une profession de foi, par laquelle nous croyons à leur gloire, il faut pieusement croire que, même en cela, le jugement de l’Église ne peut se tromper.

Réponse aux objections :

Ad 1 :
Le pontife, auquel revient la canonisation des saints, peut être certain de l’état de quelqu’un par l’enquête sur sa vie et l’attestation des miracles, et surtout par l’inspiration de l’Esprit Saint, qui sonde tout, même les profondeurs de Dieu.

Ad 2 :
La providence divine préserve l’Église de se tromper en de telles matières, malgré le caractère faillible du témoignage humain.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 990220 )La crise de l'Eglise par Jean-Paul PARFU (2025-07-17 21:26:32) 
[en réponse à 990216]

Les changements de procédures intervenus depuis Benoît XIV et la volonté de canoniser tous les papes depuis Vatican II ne sont jamais pris en compte par vous.

Je vous invite à lire ceci
images/icones/carnet.gif  ( 990221 ) Le syllogisme qui fait tomber le masque par Réginald (2025-07-17 21:45:40) 
[en réponse à 990220]

I/ Il va falloir que vous réfutiez alors le syllogisme suivant :

Majeure :
Si les canonisations sont infaillibles, alors aucune canonisation ne peut être fausse, y compris celle de Paul VI et de Jean-Paul II.

Mineure :
Mais celui qui dit : « Les canonisations sont infaillibles sauf celle de Paul VI » affirme qu’au moins une canonisation est fausse.

Conclusion :
Donc il nie en réalité l’infaillibilité des canonisations, malgré sa prétention à la maintenir.

II/ Quant à vos arguments sur les changements de procédure, ils ne tiennent pas.

En effet :

1/ La procédure n’est pas la garantie de l’infaillibilité. L’infaillibilité ne repose ni sur la longueur de l’enquête, ni sur la complexité de la procédure, mais sur l’acte solennel du pape, qui engage l’autorité du magistère suprême. Saint Thomas dans le texte que j'ai cité plus haut vous a répondu lui-même :


« Le pontife, auquel revient la canonisation des saints, peut être certain de l’état de quelqu’un par l’enquête sur sa vie et l’attestation des miracles, et surtout par l’inspiration de l’Esprit Saint, qui sonde tout, même les profondeurs de Dieu. »



2/ L’Église a toujours modifié ses procédures sans affecter la nature des actes. Les procédures de canonisation ont varié au fil des siècles : au début, il n’y avait aucune procédure formalisée ; les saints étaient reconnus par culte local, puis par intervention pontificale. Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que l’enquête devient centralisée à Rome. Le rôle du promoteur de la foi n’est apparu qu’au XVIe siècle, puis supprimé par Jean-Paul II en 1983 dans un souci pastoral et pratique.

3/ Le Magistère récent a explicitement confirmé l’intention d’engager son autorité.

C’est l’enseignement de La Congrégation de la doctrine de la Foi :

« Eu égard aux vérités liées à la Révélation par nécessité historique, qu'on doit tenir pour définitives, mais qui ne pourront pas être déclarées comme divinement révélées, on peut indiquer comme exemples la légitimité de l'élection du Souverain Pontife ou de la célébration d'un concile œcuménique, la canonisation des saints (faits dogmatiques), la déclaration de Léon XIII dans la lettre apostolique Apostolicae Curae sur l'invalidité des ordinations anglicanes. »



4/ Votre argument est arbitraire et subjectif. Où placer la frontière entre une procédure « assez sérieuse » et une procédure « trop légère » ? Sur quels critères ? Et qui en décide ?
images/icones/fleche2.gif  ( 990240 )Nuançons par Regnum Galliae (2025-07-18 09:53:58) 
[en réponse à 990221]

Le décret sur la canonisation de Paul VI ne respectent pas du tout les mêmes critères que ceux que vous avez relevés pour Sainte Hildegarde. Ce n'est même pas le pape qui l'a signé ! On pourrait peut-être dire que certaines canonisations sont infaillibles et d'autres non.
images/icones/carnet.gif  ( 990241 )formule rigoureusement identique par Réginald (2025-07-18 10:28:02) 
[en réponse à 990240]

Voilà la formule de canonisation. Contrairement à ce que vous racontez c'est exactement la même.

Ad honorem Sanctae et Individuae Trinitatis,
ad exaltationem fidei catholicae et vitae christianae incrementum,
auctoritate Domini nostri Iesu Christi, beatorum Apostolorum Petri et Pauli ac Nostra,
matura deliberatione praehabita et divina ope saepius implorata,
ac de plurimorum Fratrum Nostrorum consilio,
Beatos Paulum VI, Oscarem Arnulfo Romero Galdámez, Franciscum Spinelli, Vincentium Roman, Mariam Catharinam Kasper et Nazariam a Sancta Teresia a Iesu sanctos esse decernimus et definimus, ac Sanctorum Catalogo adscribimus, statuentes eos in universa Ecclesia inter Sanctos pia devotione recoli debere. In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.
In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.
℟. Amen.


Pour l'honneur de la Sainte et Indivisible Trinité,
pour l'exaltation de la foi catholique et le progrès de la vie chrétienne,
par l'autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et la Nôtre,
après mûre délibération et après avoir souvent imploré l'aide divine,
et sur le conseil de nombreux de Nos Frères,
nous décidons et définissons que les bienheureux Paul VI, Óscar Arnulfo Romero Galdámez, François Spinelli, Vincent Romain, Marie-Catherine Kasper et Nazaria de Sainte Thérèse de Jésus
sont saints,
et nous les inscrivons au Catalogue des Saints,
décrétant qu’ils doivent être vénérés dans toute l’Église parmi les Saints avec pieuse dévotion.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.



On y retrouve bien les trois conditions :
– une autorité suprême explicitement engagée (par l'autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre),
– une définition solennelle et irrévocable , (decernimus et definimus)
– une obligation de culte universel dans l’Église (debere).

Le Vatican a dû oublier de modifier la formule pour Paul VI…
Ou alors… elle n’a tout simplement jamais changé.
images/icones/carnet.gif  ( 990243 )encore plus explicite pour Jean Paul II par Réginald (2025-07-18 10:48:20) 
[en réponse à 990241]

Voir le livret de Jean XXIII et Jean Paul II

Le pape François répond, en latin solennel :

« Spiritum vivificantem, igitur, invocemus, ut mentem nostram illuminet atque Christus Dominus ne permittat errare Ecclesiam suam in tanto negotio. »

« Invoquons donc l’Esprit vivifiant, afin qu’il éclaire notre esprit,
et que le Christ‑Seigneur n’autorise pas son Église à se tromper dans une affaire d’une telle importance. »

Et juste après, le Cardinal-Préfet déclare :

« Beatissime Pater,
Sancta Ecclesia, Domini promisso nixa Spiritum Veritatis in se mittendi, qui omni tempore supremum Magisterium erroris expertem reddit, instantissime supplicat Sanctitatem Vestram ut hos ipsius electos in Sanctorum Catalogum referat. »

Très Saint Père,
la Sainte Église, s’appuyant sur la promesse du Seigneur d’envoyer en elle l’Esprit de Vérité,
lequel rend son suprême Magistère exempt d’erreur en tout temps,
vous supplie instamment d’inscrire ces élus dans le catalogue des saints.
images/icones/idee.gif  ( 990245 )Envoyez une lettre à Rome par Luc de Montalte (2025-07-18 10:52:47) 
[en réponse à 990221]

Il va falloir les prévenir que les modifications du martyrologe sont impossibles puisque les canonisations sont infaillibles du moment qu'elles sont approuvées par un pape.
images/icones/carnet.gif  ( 990248 )Justement par Regnum Galliae (2025-07-18 11:56:41) 
[en réponse à 990245]

N'y a-t-il pas eu une épuration dans le martyrologe aux environs de mai 68 ?
images/icones/carnet.gif  ( 990250 )martyrologe par Réginald (2025-07-18 12:12:07) 
[en réponse à 990248]

Vous semblez confondre deux réalités très différentes : le Martyrologe romain et l’acte pontifical de canonisation.

Ce n’est pas le Martyrologe en tant que tel qui est couvert par l’infaillibilité. C'’est la définition solennelle du Pape, lorsqu’il proclame qu’un fidèle est dans la gloire céleste et peut être proposé à la vénération de toute l’Église. Cet acte engage le magistère suprême.

Le Martyrologe, lui, n’est pas couvert par infaillibilité . C' est un recueil liturgique, une compilation classée au gré des fêtes et non un décret doctrinal.Il peut être modifié, enrichi, corrigé : on peut y ajouter ou retirer des notices sans que cela n’implique une remise en cause doctrinale. Il reflète des réalités diverses : canonisations solennelles, béatifications, ou traditions locales.

En revanche, on ne peut pas "décanoniser" un saint canonisé ex cathedra, sauf à supposer que le Christ se soit trompé en assistant son Église.
images/icones/fleche2.gif  ( 990265 )QEA par Luc de Montalte (2025-07-18 16:46:54) 
[en réponse à 990250]

Je sais bien cela mais votre interprétation maximaliste de l'infaillibilité qui serait notamment "indépendante de la procédure" est bien en contradiction avec les modifications successives du martyrologe. Des papes ont célébré la mémoire de saints qui ont ensuité été écartés par d'autres, Benoît XIV compris.

C'est saint Thomas d'Aquin qui donne la clef en affirmant à raison qu'il "faut pieusement croire que l'Église ne se trompe pas". Et il se base pour dire cela sur le culte que l'Église leur rend et non sur une définition ex cathedra par le pape, vous faites un curieux mélange avec Pastor Aeternus qui ne traite aucunement des canonisations:



Canonizatio vero sanctorum medium est inter haec duo; quia tamen honor quem sanctis exhibemus quaedam professio fidei est, qua sanctorum gloriam credimus, pie credendum est quod nec etiam in his iudicium Ecclesiae errare possit.

https://aquinas.cc/la/en/~QIX.Q8.A1.C



En outre, il y a un monde entre dire qu'une canonisation est une bonne décision et que l'Église n'encourage jamais le culte d'un damné. Raison pour laquelle les révisions du martyrologe ne posent en réalité aucun problème de cohérence sur le plan de la foi, qu'il s'agisse de saints à l'authenticité ou l'existence douteuse (Benoît XIV aussi en a "supprimé") ou devenus politiquement incorrect (p. ex. un saint Simon de Trente, dont on est certain qu'il est au paradis de toute manière vu le jeune âge auquel il a été assassiné selon certains historiens ou martyrisés selon les trois procès ayant eu lieu à l'époque des faits).

Et donc, quant au sujet du fil, s'il est téméraire de penser que Paul VI est damné, il n'est pas interdit pour autant de critiquer sa canonisation.

PS - J'ai tapé ce message un peu vite, si ce n'est pas clair je reprendrai. La discussion a été si souvent abordée.
PPS - Quant aux "faits dogmatiques" rappelons que ce n'est jamais qu'une nouveauté introduite par Fénelon et d'autres dans un contexte bien différent.
images/icones/nounours.gif  ( 990270 )anglicisme en me relisant par hasard par Luc de Montalte (2025-07-18 17:23:32) 
[en réponse à 990265]

"se fonde" et non "se base"

Mea culpa.
images/icones/carnet.gif  ( 990281 )réponse détaillée par Réginald (2025-07-19 00:05:37) 
[en réponse à 990265]

Il faut reconnaître que c’est la première objection vraiment sérieuse formulée dans ce fil, et elle mérite donc d’être traitée avec précision.

Lorsque saint Thomas, notamment dans le Quodlibet IX, q. 8, affirme qu’il faut « pie credendum » ( il faut croire pieusement) que les canonisations pontificales ne peuvent contenir d’erreur, il n’utilise pas encore le langage technique qui sera systématisé après Vatican I. Il exprime cependant une adhésion que la théologie postérieure qualifiera de fides ecclesiastica.

L’expression « croire pieusement » ne désigne nullement une foi dévote et sucrée au sens de crédulité mièvre, mais une adhésion fondée sur la piété filiale envers l’Église : une confiance pleine dans son jugement doctrinal, même lorsqu’il ne porte pas sur une vérité directement révélée. C’est l’attitude du fils de l’Église, qui reconnaît dans ce jugement une expression authentique de son magistère infailliblement assisté, même si l’objet de ce jugement n’est pas explicitement contenu dans le dépôt de la Révélation.

Les manuels de théologie distinguent classiquement deux types de vérités infailliblement enseignées :

1. Celles qui doivent être crues (credenda) de manière irrévocable, parce qu’elles sont révélées par Dieu et proposées comme telles par l’Église ; elles relèvent alors de la fides divina et catholica.
2. Celles qui doivent être tenues fermement (tenenda), bien qu’elles ne soient pas directement révélées, mais nécessairement connexes à la Révélation — par exemple les faits dogmatiques : la légitimité d’un concile ou d’un pape, ou encore l’infaillibilité des canonisations. Elles requièrent alors l’assensus fidei ecclesiasticae.
Cette foi ecclésiastique se distingue de la foi divine tant matériellement (l’objet n’est pas révélé en soi, mais lié à la Révélation) que formellement (l’autorité sur laquelle elle repose n’est pas Dieu révélant, mais l’Église infailliblement assistée). Il ne s’agit donc pas d’un assentiment théologal au sens strict, mais d’un acte de foi fondé sur l’indéfectibilité de l’Église dans sa mission doctrinale.

Cela implique que :

1. L’infaillibilité des canonisations n’est pas un dogme de foi au sens strict, c’est-à-dire une vérité révélée explicitement dans le dépôt de la Révélation ;

2. Elle relève néanmoins d’un jugement infaillible de l’Église, auquel il est requis d’adhérer, en raison :
o de l’assistance divine garantie à l’Église dans l’exercice de son autorité suprême ;
o du scandale qu’impliquerait une erreur (proposer au culte de dulie un damné) ;
o et de la finalité même de la canonisation, qui est d’offrir à toute l’Église un modèle sûr de sainteté et un intercesseur fiable.
Comme le souligne Cartechini, nier que saint Louis de Gonzague est au Paradis, ou refuser l’infaillibilité pontificale dans les canonisations, constitue une proposition “proche de l’hérésie” (proxima haeresi), (De valore notarum theologicorum et de criteriis ad eas dignoscendas, Rome, 1951, p. 77). En effet un tel refus ne relève donc pas d’un simple désaccord personnel : il compromet la confiance que l’Église exige dans ses jugements solennels, car il implique, au moins implicitement, la négation de l’infaillibilité doctrinale de l’Église, qui est elle-même une vérité révélée.
Ce type d’adhésion est du même ordre que celui par lequel un catholique reconnaît que Pie XII fut légitimement élu pape : il ne s’agit pas d’un article de foi révélé, mais d’un fait dogmatique, dont la négation ébranlerait l’indéfectibilité de l’Église et rendrait inopérante la Bulle de proclamation de l’Assomption.

PS1 : Il est inexact de prétendre que la notion de fait dogmatique serait une « nouveauté introduite par Fénelon ». Cette distinction est bien antérieure à lui et s’enracine sur un principe déjà explicite chez saint Thomas d’Aquin, qui écrit :
« Une chose se rapporte à la foi de deux manières : directement et à titre principal, comme les articles de la foi ; ou bien indirectement, comme ce qui entraîne la corruption d’un article. » (IIa-IIae, q. 11, a. 2)
Ce principe fonde la capacité de l’Église à enseigner infailliblement non seulement les vérités révélées en elles-mêmes, mais aussi celles qui leur sont nécessairement connexes, et dont la négation compromettrait l’intégrité du dépôt révélé. C’est précisément ce que la théologie appellera par la suite des faits dogmatiques.

PS2 : Les modifications du Martyrologe ne sont pas des décanonisations, ce qui serait théologiquement impossible. Il s’agit simplement de retraits ou de "toilettages" motivés par des raisons historiques, critiques ou pastorales (incertitude sur les sources, culte local tombé en désuétude, polémiques avec le judaïsme, etc.). Ces suppressions ne remettent jamais en cause une canonisation solennelle, qui, elle, engage l’autorité infaillible de l’Église. Beaucoup ici confondent le fait qu’un saint soit honoré liturgiquement avec une canonisation au sens technique.

Un exemple éclairant est celui de sainte Philomène : très vénérée au XIXᵉ siècle, notamment grâce au curé d’Ars, son culte se diffusa largement. Le pape Grégoire XVI autorisa le culte in honorem S. Philumenæ virginis et martyris, après avoir fait conduire des enquêtes prudentes sur les faits. Toutefois, elle ne fut jamais canonisée solennellement.

En 1961, son nom fut retiré du Martyrologe romain par la Congrégation des Rites, en raison de doutes historiques sérieux concernant son existence et les circonstances de son martyre. Cette décision liturgique ne tranche pas la question historique, mais la laisse ouverte, dans l’attente d’études plus complètes. Les restes retrouvés à Rome en 1802 peuvent très bien être ceux d’une authentique élue, quels que soient son nom, sa vie ou les modalités de sa mort. Il ne s’agit nullement d’une « décanonisation », mais d’une rectification prudente dans un catalogue disciplinaire non infaillible.

Enfin, pour les lecteurs inquiets, ils devraient garder à l’esprit la suggestive comparaison de l’abbé A. Michel, publiée dans la Revue de toutes les sciences ecclésiastiques :
« C’est un peu comme l’hommage rendu au Soldat inconnu de l’Arc de triomphe. Ce soldat a peut-être été un poltron. Qu’importe ! Il représente à lui seul l’héroïsme de tous, et c’est cet héroïsme, derrière lequel se profile l’amour de la patrie, que l’on honore en lui et par lui. Que quelque saint plus ou moins légendaire soit le “saint inconnu”, qu’importe ! En l’honorant, nous honorons par lui Dieu, et par lui, nous demandons à Dieu de nous exaucer. »
images/icones/fleche2.gif  ( 990294 )Non par Luc de Montalte (2025-07-19 10:24:26) 
[en réponse à 990281]

Vous répondez à côté, je reformule donc, je n'ai pas dû être clair.

1. Déjà canoniser ne se résume pas à constater qu'une personne décédée n'est pas en enfer mais au paradis, sinon tous les enfants baptisés morts en bas-âge seraient canonisés. Vous avez lu trop vite la question à laquelle saint Thomas d'Aquin : "Utrum omnes sancti qui sunt per Ecclesiam canonizati sint in gloria vel aliqui eorum sint in inferno". Sa réponse, fondée sur le fait qu'ils sont fêtés liturgiquement et sur les promesses faites par Jésus-Christ à son Église, est qu'il faut croire pieusement qu'elle ne se trompe pas, en dépit du témoignage faillible des hommes.

2. Là-dedans aucune référence à une canonisation ex cathedra que vous inventez de toute pièce. D'ailleurs vous notez vous-même l'absurdité de votre raisonnement avec votre deuxième point : "du scandale qu’impliquerait une erreur (proposer au culte de dulie un damné)". Ergo dans votre paradigme, l'inscription au martyrologe est tout aussi infaillible. QEA puisque de nombreux papes l'ont remanié et ont écarté des noms (et pas seulement pour des doutes historiques, cf. Message précédent).

3. Il n'est pas étonnant que vous finissiez par les faits dogmatiques cette invention du XVIIe finissant pour contrer la distinction classique du droit et du fait. Reprise par la suite par les ultramontains radicaux. Le concile Vatican I dans sa sagesse a fixé les limites de l'infaillibilité pontificale, ces inventions modernes n'ont plus de sens aujourd'hui. Surtout quand on voit à quoi a abouti l'extension sans limite du pouvoir papal. Bon et nulle part saint Thomas ne parle de faits dogmatiques, la notion n'existait pas.

Et est du reste assez absurde, on nous explique que le fait dogmatique atteste de l'autorité d'un pape. Mais quelle autorité atteste de la validité du fait dogmatique ? C'est l'oeuf et la poule. Une notion qui n'a plus d'intérêt qu'historique.

PS : Quant à dire qu'un retrait du martyrologe n'est pas une "décanonisation", théoriquement oui. Mais en pratique lorsque saint Simon de Trente a été décanonisé, ils ont aussi détruit ses autels. Je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus. Et dans son cas pourtant quelle que soit sa mort on sait qu'il est au Ciel puisqu'il avait cinq ans.
images/icones/2a.gif  ( 990251 )Le Souverain a le pouvoir de battre monnaie par ptk (2025-07-18 12:52:31) 
[en réponse à 990221]

mais il peut battre bonne ou mauvaise monnaie, monnaie d'or ou de cuivre.

C'est toujours de la monnaie, mais la valeur en est inégale.

Que l'église conciliaire crée autant de saints qu'elle le veut.
Nul n'est tenu de les prier.

Quand à savoir si le Pontife romain est toujours en communication avec le Saint Esprit ......
images/icones/carnet.gif  ( 990253 )Monnaie admise, syllogisme validé par Réginald (2025-07-18 13:06:34) 
[en réponse à 990251]

Merci pour cette réponse : vous venez d’avaliser mon syllogisme, sans même vous en rendre compte.

Vous affirmez que l’Église canonise parfois de la « monnaie de cuivre », parfois de l’« or », mais que, je vous cite, « c’est toujours de la monnaie ». Autrement dit, vous reconnaissez que l’acte de canonisation demeure formellement valide, même si vous en contestez la « valeur » subjective.

Mais dans ce cas, le débat est clos : vous admettez que la canonisation engage l’autorité de l’Église, et que cette autorité demeure en jeu même pour les saints que vous estimez "moins nobles".

Et puisque, selon vos propres mots, « c’est toujours de la monnaie », alors on peut payer avec. De même, si c’est un saint, on peut le prier. On ne peut pas reconnaître la validité de la monnaie tout en en interdisant l’usage.

Fin de chantier.


images/icones/1e.gif  ( 990254 )Pourquoi par ptk (2025-07-18 13:18:45) 
[en réponse à 990253]

présumer ainsi que je serais inconscient de ce que j'écris ?
images/icones/carnet.gif  ( 990255 )Je n’ai jamais dit par Réginald (2025-07-18 13:24:12) 
[en réponse à 990254]

que vous étiez inconscient. Au contraire : je vous tiens pour assez intelligent pour comprendre que « monnaie » implique validité, et que « saint canonisé » implique culte. Si vous le savez, alors vous avez tout admis.
images/icones/4b.gif  ( 990256 )J'aurais donc mal compris par ptk (2025-07-18 13:26:26) 
[en réponse à 990255]

lorsque vous me remerciiez d'avaliser votre syllogisme "sans même [m]'en rendre compte".
images/icones/carnet.gif  ( 990257 )Je vois par Réginald (2025-07-18 13:28:21) 
[en réponse à 990256]

le problème ne serait donc pas le syllogisme… mais la manière dont je vous ai remercié de l’avoir validé. Dont acte.
images/icones/1e.gif  ( 990269 )La mauvaise monnaie chasse la bonne par Regnum Galliae (2025-07-18 17:21:49) 
[en réponse à 990253]

C'est la loi de Gresham au XVIè siècle et cela s'est vérifié un nombre incalculable de fois depuis.
images/icones/radioactif.gif  ( 990263 )"Nul n'est tenu de les prier." par Athanasios D. (2025-07-18 15:11:23) 
[en réponse à 990251]

Certes, mais je doute qu'il soit permis de les mépriser sans blasphémer.

Ath
images/icones/carnet.gif  ( 990232 )achat de lunettes par Réginald (2025-07-18 01:15:08) 
[en réponse à 990220]

Dans votre texte, que j’ai pris la peine de lire avec des lunettes, l’abbé Patrick de La Rocque écrit :

«

Si le pape donne en exemple la vie d’un fidèle défunt qui n’a pas pratiqué les vertus héroïques, ou s’il les présente dans une optique nouvelle, inspirée davantage par la dignité de la nature humaine que par l’action surnaturelle du Saint-Esprit, on ne voit pas en quoi cet acte pourrait être une canonisation. Changer l’objet, c’est changer l’acte.
Ce changement d’optique apparaît dans la nouvelle théologie et dans le magistère post-conciliaire. On y passe sous silence la distinction entre une sainteté commune et une sainteté héroïque dans laquelle consiste la sainteté : le terme même de “vertu héroïque” n’apparaît nulle part dans les textes de Vatican II. »



Mais le Catéchisme de l’Église catholique (§828) affirme sans ambiguïté :


« En canonisant certains fidèles, c’est-à-dire en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu, l’Église reconnaît la puissance de l’Esprit de sainteté qui est en elle et elle soutient l’espérance des fidèles en les leur donnant comme modèles et intercesseurs. […] “La sainteté est la source secrète et la mesure infaillible de son activité apostolique et de son élan missionnaire.” »



Conclusion : Que ce soit pour corriger une déficience visuelle, prévenir la fatigue oculaire, améliorer la qualité de vie au quotidien — ou tout simplement lire le Catéchisme —, l’achat de lunettes n’est pas un luxe, mais une véritable nécessité.
images/icones/carnet.gif  ( 990411 )Très bonne référence ! par jl dAndré (2025-07-21 20:14:36) 
[en réponse à 990216]

Mais n'oublions pas que ce maître ouvrage de Benoît XIV a été publié avant son élection au souverain pontificat. Ce n'est donc pas un acte du magistère mais l'enseignement d'un docteur privé, ainsi que Benoît XIV l'a confirmé lui-même lorsque la question lui a été posée.
La citation de saint Thomas est fort intéressante, mais vous constaterez qu'il ne traite pas de l'infaillibilité des canonisations, mais d'un problème connexe : "un canonisé peut-il être en enfer ?". Ce n'est pas tout à fait la même chose, en effet qui a eu une vie particulièrement scandaleuse, mais s'en est repenti avant sa mort sans autre témoin que le prêtre qui l'a confessé ne sera pas en enfer sans que sa vie puisse être citée en exemple.
Bien des théologiens que Benoît XIV compte parmi les partisans de l'infaillibilité des canonisations ont en effet traité seulement comme saint Thomas ce problème connexe.
images/icones/carnet.gif  ( 990421 )3 questions par Réginald (2025-07-21 22:56:54) 
[en réponse à 990411]

Je ne pensais pas que le débat serait relancé. Puisqu’il l’est, permettez-moi de ne pas repartir dans une longue démonstration, mais de vous poser simplement trois questions, qui me semblent éclairantes.

1. Connaissez-vous un seul docteur de l’Église ou théologien catholique de premier rang qui ait jamais enseigné explicitement que les canonisations ne sont pas infaillibles ?

2. Avez-vous la certitude que sainte Thérèse de Lisieux est actuellement dans la gloire du ciel ? Oui ou non ?
Si oui, cette certitude repose-t-elle sur votre opinion personnelle, ou sur le jugement solennel de l’Église en sa faveur ?

3. Si l’Église peut se tromper dans une canonisation, pensez-vous qu’il soit possible — même de façon infime — que saint Jean-Paul II ne soit pas au ciel, et donc qu’il soit damné ? Oui ou non ?

Ces trois questions ne nécessitent aucun long discours. Mais les réponses qu’on y apporterait diraient beaucoup.
images/icones/heho.gif  ( 990429 )Volontiers ! par jl dAndré (2025-07-22 09:21:34) 
[en réponse à 990421]

Pour la première question, reportez vous au maître ouvrage de Benoît XIV que vous avez vous même cité et qui en donne la liste exhaustive.

Pour la seconde question, bien sûr que j'ai la certitude que sainte Thérèse de Lisieux est actuellement dans la gloire du ciel. Et bien sûr que cette certitude repose sur le jugement solennel de l’Église en sa faveur. Aucun doute n'est possible puisqu'elle a été canonisée bien avant la réforme des procédures de canonisations.

Pour la troisième question, J'ignore bien évidemment si Jean-Paul II est au ciel. En revanche, il est tout à fait possible qu'il ne soit pas en enfer. Il y a, certes, le scandale de ses énormes péchés contre le premier commandement de Dieu (la réunion interconfessionnelle d'Assise, le baiser au Coran, la marque de Shiva dans la forêt du Togo, pour ne citer que les plus connus) et dont il ne s'est jamais publiquement repenti. Mais, comme je l'ai dit dans mon précédent post, il a très bien pu s'en repentir au dernier moment, sans autre témoin que le prêtre qui aurait reçu sa confession et qui est bien évidemment tenu par le secret de la confession. Il ne serait donc pas en enfer, mais aurait assurément un long purgatoire à assumer pour expier de tels scandales. Prions pour lui.
images/icones/carnet.gif  ( 990430 )Canonisations opinions ? par Réginald (2025-07-22 09:40:22) 
[en réponse à 990429]

Merci pour votre réponse. Elle éclaire utilement votre position.

Ad 1, vous renvoyez à l’ouvrage de Benoît XIV sans citer un seul nom. Vous éludez ainsi la demande précise : indiquer un docteur de l’Église ou une théologien de renom ayant nié l’infaillibilité des canonisations. Ce silence est, en soi, significatif.

Ad 2, vous affirmez avec raison votre certitude quant à la gloire céleste de sainte Thérèse, en vous fondant sur le jugement solennel de l’Église. Vous reconnaissez donc implicitement que ce jugement engage l’infaillibilité

Ad 3, Vous refusez de dire clairement si Jean-Paul II est au ciel, tout en jugeant « tout à fait possible qu’il ne soit pas en enfer ». Vous ouvrez donc la possibilité qu’il le soit. Ce faisant, vous réduisez l’acte de canonisation à un jugement faillible d’apparence, subordonné à votre propre appréciation morale, sans expliquer comment une telle remise en cause serait compatible avec l’enseignement de saint Thomas d’Aquin, qui affirme ceci :

« Si l’on considère la providence divine, qui dirige son Église par l’Esprit Saint afin qu’elle ne se trompe pas — comme le Christ l’a promis en Jean 16, que l’Esprit enseignerait toute vérité, c’est-à-dire ce qui est nécessaire au salut —, alors il est certain que le jugement de l’Église universelle sur les choses touchant à la foi ne peut se tromper.
C’est pourquoi il faut s’en tenir à la sentence du pape, à qui revient de déterminer ce qui relève de la foi, plus qu’à l’opinion de n’importe quel savant sur l’Écriture ; de même que Caïphe, bien qu’impie, a prophétisé sans le savoir parce qu’il était grand prêtre. » (In Ioannem, 11, 51)


Ce texte mérite réflexion. Car ce que vous exprimez, au fond, c’est que l’Église canoniserait des personnes dont vous jugez vous-même qu’il est possible qu’elles soient damnées. C’est une position que chacun appréciera à sa mesure.
images/icones/abbe1.gif  ( 990446 )Le problème avec les positions par abbé F.H. (2025-07-22 11:21:31) 
[en réponse à 990430]

de certains fidèles, c'est leur incohérence logique.

Ils ne poussent jamais leur raisonnement jusqu'au bout, se maintenant le derrière entre deux chaises.

Alors que les sédévacantistes sont, eux, vraiment logiques avec la conclusion de leurs raisonnements.
images/icones/carnet.gif  ( 990449 )C'est pourtant très cohérent par Leopardi (2025-07-22 13:24:08) 
[en réponse à 990446]

Son raisonnement consiste à dire "les canonisations ayant eu lieu avant la réforme sont infaillibles, celles après sont incertaines"
images/icones/carnet.gif  ( 990450 )triple incohérence par Réginald (2025-07-22 14:18:15) 
[en réponse à 990449]

L’auteur du message se trouve pris dans une triple incohérence, alors même qu’il avait répondu « Volontiers ! » — avec point d’exclamation — à ma demande de clarification. Reprenons point par point :


Ad 1. Il affirme que Benoît XIV s’exprime en théologien privé et que les canonisations ne seraient donc pas infaillibles. Pour appuyer cette thèse, il évoque de prétendus opposants mentionnés dans l’ouvrage, mais sans en citer un seul.

Ad 2. Tout venant de dire que les canonisations pourraient ne pas être infaillibles, le revoilà infallibiliste lorsqu’il s’agit de sainte Thérèse de Lisieux : il affirme avoir la certitude qu’elle est au ciel, en s’appuyant précisément sur le jugement solennel de l’Église.

Ad 3. La thèse infaillibiliste disparaît aussitôt dès qu’il est question de Jean-Paul II : il devient alors « tout à fait possible qu’il ne soit pas en enfer ». On notera la formulation alambiquée, à la forme négative, qui cherche à faire passer une suspicion grave sous un voile de prudence syntaxique. Mais du point de vue logique, cette phrase revient exactement à dire que Jean-Paul II peut être en enfer — c’est-à-dire que l’Église aurait canonisé un damné.

Il faut choisir : ou l’on fait confiance à l’Église, ou l’on s’en remet à ses soupçons privés. Mais on ne peut pas faire les deux à la fois.
images/icones/c_nul.gif  ( 990459 )Bien sûr que je n'ai pas répondu à votre première question ! par jl dAndré (2025-07-22 15:51:36) 
[en réponse à 990430]

Mais je vous ai fourni la référence pour y répondre vous-même et il n'y a aucune raison pour que je fasse le travail à votre place.
D'autant plus que vous-même n'avez pas répondu à mes deux questions autrement pertinentes, plus haut dans ce même fil.
images/icones/carnet.gif  ( 990462 )Benoît XIV vous répond par Réginald (2025-07-22 16:02:40) 
[en réponse à 990459]

Certains, pour rejeter l’infaillibilité des canonisations, s’appuient sur le fait que le Martyrologe romain a pu contenir des erreurs historiques, ou mentionner des figures dont la sainteté semble douteuse. Cet argument, classique, repose sur une confusion fondamentale entre la simple mention liturgique ou hagiographique d’un nom, et l’acte solennel de canonisation accompli par le pape au nom de l’Église universelle.

Cette distinction a été clairement établie par le pape Benoît XIV dans son œuvre monumentale De servorum Dei beatificatione et Beatorum canonizatione, rédigée avant son élection au pontificat mais constamment citée ensuite comme référence. En voici un extrait synthétisé par le P. Emmanuel de Azevedo S.J., consulteur des Sacra Rituum Congregatio, dans une synopse publiée à Bruxelles en 1840, qui expose les quatre fondements majeurs de l’infaillibilité des canonisations et réfute expressément la confusion avec le Martyrologe :

« Chapitre XLIII — Du jugement ecclésiastique qui intervient dans la canonisation des saints, et s’il est infaillible


Quant à moi, je suis saint Thomas (lib. 9, q. 7), ainsi que la majorité des canonistes et des théologiens, qu’ils soient thomistes, scotistes ou néo-thomistes, qui défendent l’infaillibilité pontificale dans les canonisations.

Voici les quatre fondements principaux de cette position :

Premier fondement : Le Pontife ne peut induire l’Église universelle en erreur en matière de mœurs ; or, cela arriverait s’il pouvait se tromper en canonisant quelqu’un, comme le soutiennent saint Thomas et Cano (De locis theologicis, L. 5, c. 5, concl. 3). Cette raison ne vaut pas pour la béatification, car celle-ci ne concerne pas toute l’Église et n’implique pas un précepte accompagné du jugement suprême du Législateur.

Deuxième fondement : L’assistance du Saint-Esprit et la Providence divine spéciale qui guide l’Église dans de tels jugements.

Troisième fondement : La canonisation implique une profession de foi : le culte rendu aux saints est une forme d’acte de foi. Saint Thomas insiste sur ce point. On ne peut répondre que cette foi pourrait être sujette à erreur comme peuvent l’être d’autres actes vertueux tournés vers Dieu — qui sont aussi des protestations de foi selon saint Thomas (IIa IIae, q. 124). Car le même Docteur enseigne que dans le culte des saints, l’Église professe comme vraie, d’un point de vue spéculatif, la gloire céleste du canonisé — une vérité spéculative qui n’est pas toujours requise dans d’autres actes de foi.

Il existe en effet plusieurs degrés de piété dans la foi. Certains objets conviennent à la religion, sans que leur négation soit nécessairement coupable ; d’autres sont tels qu’on ne peut les nier sans arrogance coupable. Dans ces deux cas, une vérité pratique, fondée sur la prudence, suffit.

Mais il existe un degré supérieur : celui des choses que l’Église tient pour certaines et obligatoires, telles que les vérités définies par le Pape par un jugement définitif pour le gouvernement de l’Église universelle. La canonisation appartient à ce degré. C’est ce que saint Thomas indique au même endroit (loc. cit.).

Quatrième fondement : L’histoire montre qu’il y a eu des erreurs dans des cultes rendus à de faux bienheureux par jugement de certains évêques, mais aucune erreur de ce type n’a été constatée dans les canonisations accomplies par les pontifes romains jusqu’à ce jour.
On peut donc conclure, par induction a posteriori, à leur infaillibilité, comme le font Ceparius et d’autres.

Ce raisonnement n’est pas invalidé par l’existence possible d’erreurs dans le Martyrologe romain, car si erreurs il y a, elles ne concernent ni des personnes canonisées ni béatifiées par les papes, mais d’autres figures.
En outre, l’inscription dans le Martyrologe n’équivaut pas à une canonisation formelle ni équivalente
(aequipollens). »

(Benedictus XIV, Doctrina de servorum Dei beatificatione et Beatorum canonizatione in synopsi redacta, auctore Emmanuele de Azevedo S.J., consultore Sacrorum Rituum, Bruxelles, 1840, p. 40
images/icones/carnet.gif  ( 990463 )[réponse] par Réginald (2025-07-22 16:24:53) 
[en réponse à 990459]

Il ne s’agissait pas de « vous faire travailler à ma place », mais de vérifier si cette opposition à Benoît XIV, que vous évoquiez pour affaiblir sa thèse, repose sur un véritable courant doctrinal identifié.

Or, votre refus de citer le moindre nom ou texte théologique contraire laisse entendre que cette opposition est tout au plus marginale, ou instrumentalisée a posteriori. Dans un débat doctrinal, ce type de recul n’est pas anodin : il affaiblit sérieusement votre point.

Pour ma part, j’ai précisément cité et traduit les arguments de saint Thomas et de Benoît XIV, et rappelé les fondements théologiques de l’infaillibilité des canonisations.
images/icones/carnet.gif  ( 990488 )Je me suis plié à l’exercice par Réginald (2025-07-22 23:16:16) 
[en réponse à 990459]

Je me suis plié à l’exercice, et j’ai lu le chapitre LXV du De servorum Dei beatificatione. Je comprends mieux, à présent, pourquoi vous m’avez renvoyé à la source sans la commenter vous-même : ce que dit Benoît XIV est tout sauf commode pour votre thèse.
Voici ce qu’on y lit :

« CHAPITRE LXV
La question est de savoir s’il est de foi que le Souverain Pontife ne peut errer dans la canonisation des saints ; et s’il est également de foi que la personne canonisée est réellement sainte.

1. etc. Cela est nié par Jean de Saint-Thomas (dans II-II, disp. 9, art. 2), Théophile Raynaud (Heteroclita spiritualia, section 3, point 1, tome 15), et plusieurs autres auteurs de grand renom. Cela est affirmé par Verricellus (Quaestiones morales et legales, traité 8, question 24), Riccioli (cité) et d’autres docteurs de moindre renom.

22.23. La première opinion (celle qui nie que ce soit de foi) s’appuie sur l’autorité de saint Thomas d’Aquin, qui enseigne (dans livre 9, question 7, article 16) que la canonisation est quelque chose d’intermédiaire entre les vérités de foi et les faits particuliers : la foi repose sur des révélations divines faites aux Apôtres, aux Prophètes, et sur des choses semblables ; de là, les partisans de cette opinion concluent que l’infaillibilité du Pape dans la canonisation, et la sainteté du canonisé, ne relèvent de la foi qu’au sens réductif, puisque la gloire du canonisé n’a pas été révélée, ni ne se trouve dans les Écritures ou la Tradition ; c’est pourquoi ils affirment que celui qui nie cela n’est pas formellement hérétique, mais mérite une censure théologique.

Cela concorde avec le texte du chapitre Super quibusdam, dans De signis, et ailleurs. Ils ajoutent que de telles choses ne peuvent être mises parmi les dogmes de foi par l’Église ; ce qui n’a pas été révélé, même de façon implicite ou virtuelle, comme la sainteté particulière d’un homme, ne peut être considéré comme tel. Pourtant, le culte rendu à un canonisé ne peut pas être nié impunément, tout comme on ne peut refuser la vénération de l’hostie exposée, même si l’on ne croit pas de foi qu’elle soit consacrée. De même, toutes les choses déclarées par le Souverain Pontife, sous l’inspiration du Saint-Esprit, en matière de foi, ne sont pas forcément des articles de foi, même si elles sont infaillibles ; et celui qui en nie certaines ne tombe pas nécessairement dans l’hérésie, comme il est clair avec certaines propositions condamnées ; car est hérétique celui qui, professant la foi, persiste dans une erreur contraire à une vérité catholique certaine. »
Benedictus XIV, Doctrina de servorum Dei beatificatione et Beatorum canonizatione in synopsi redacta, auctore Emmanuele de Azevedo S.J., consultore Sacrorum Rituum, Bruxelles, 1840, pp 42 et 43.

Commentaire : Ces auteurs ne nient l’infaillibilité pontificale en elle-même, mais ils font une distinction importante : l’acte de canonisation est infaillible en ce sens qu’il ne peut contenir d’erreur, mais il ne relève pas de la foi révélée (Scripture/Tradition), donc il n’est pas un dogme, et son rejet n’est pas formellement hérétique.

Autrement dit :
• Il y a bien une controverse sur le statut de foi des canonisations, mais pas sur leur infaillibilité pratique, qui est largement reconnue ;
• Le refus d’adhérer à une canonisation expose à la censure, même s’il n’est pas formellement hérétique ;
• Et l’infaillibilité pontificale ne se limite pas aux seuls dogmes de foi, mais s’étend aussi aux jugements ex cathedra sur des objets connexes à la foi – comme les canonisations.

En somme, vous m’invitiez à faire le travail que vous ne souhaitiez pas faire. Je l’ai fait. Mais il s’avère qu’il ne vous sert guère.
Je vous remercie néanmoins pour la référence : elle éclaire utilement le débat.
images/icones/carnet.gif  ( 990489 )référence par Réginald (2025-07-22 23:19:18) 
[en réponse à 990488]

La référence à st Thomas est : quodlibet 9 , quaest. 7 , art. 16
images/icones/heho.gif  ( 990497 )Encore un petit effort ! par jl dAndré (2025-07-23 10:57:34) 
[en réponse à 990488]

Les auteurs que vous citez, Jean de Saint-Thomas, Théophile Raynaud sont tous du XVII° siècle, donc très postérieurs au XII° siècle à partir duquel ce même Benoît XIV estime qu'il y a unanimité des théologiens en faveur de l'infaillibilité des canonisations. Que leur négation n'en soit pas vraiment une n'a donc rien d'étonnant.
images/icones/carnet.gif  ( 990500 )A moi de prouver votre thèse ? par Réginald (2025-07-23 11:12:31) 
[en réponse à 990497]

Vous me reprochez de citer des auteurs postérieurs au XIIe siècle, alors même que je m’appuie sur le texte de Benoît XIV que vous m’aviez vous-même recommandé. Que cherchez-vous à prouver exactement ?

Jean de Saint-Thomas, justement, n’affirme pas que les canonisations ne sont pas infaillibles ce qui est précisément la thèse que vous refusez. Il soutient que cette infaillibilité ne relève pas de la foi révélée, et il ajoute que refuser d’honorer un saint canonisé revient à refuser d’adorer une hostie consacrée pendant la messe.

Il me semble paradoxal que vous contestiez la portée des textes que j’ai pris soin de citer, tout en refusant de produire vous-même le moindre élément textuel propre à votre position. Si vous estimez que ma lecture est erronée, ce n’est pas à moi de vous fournir les sources qui la réfuteraient.
images/icones/iphone.jpg  ( 990345 )Le fait que le cardinal Montini ait été « in origine » par Franciscus (2025-07-19 17:27:26) 
[en réponse à 990194]

un modéré se lit dans sa réponse aux vota de la Commission antépréparatoire ou préparatoire (je ne sais plus) et qui se trouve dans les acta synodalia : sur le vernaculaire, il est partisan de ne l’introduire qu’en partie, par exemple. Bonne soirée, F.
images/icones/iphone.jpg  ( 990361 )Oui comme Mgr Lefebvre par Signo (2025-07-20 06:52:33) 
[en réponse à 990345]

Mgr Lefebvre était partisan d’une ouverture plus large au vernaculaire dans la liturgie, notamment pour la messe des catéchumènes. Il l’a dit à plusieurs reprises, et même après le Concile.

Sur ce point il ne se différenciait pas tellement de l’opinion majoritaire dans l’Eglise et ce dès le début des années 1960.
images/icones/abbe1.gif  ( 990349 )Avez-vous par abbé F.H. (2025-07-19 18:30:10) 
[en réponse à 990194]

écrit à mon évêque, comme je vous le suggérais?

ici
images/icones/computer.gif  ( 990353 )Amusante coincidence + question par Luc de Montalte (2025-07-19 19:29:29) 
[en réponse à 990194]

Vu aujourd'hui :



Un liseur saura-t-il trouver où est cet autel ?
images/icones/iphone.jpg  ( 990369 )C’est plutôt un monument par Franciscus (2025-07-20 16:49:20) 
[en réponse à 990353]

à la mémoire de Paul VI dans le Duomo nuovo de Brescia, F.
images/icones/bravo.gif  ( 990379 )Oui pardon par Luc de Montalte (2025-07-21 00:54:57) 
[en réponse à 990369]

Et en effet !