Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=970280

( 970280 )
Une attaque dans la presse contre l’Institut du Christ-Roi par Athanase (2023-09-29 16:07:33)
Cela commence à sortir dans la
presse.
Les chanoines de l’ICRSP seront-ils dans le collimateur ? Je m’aperçois que c’est la presse grand public qui s’y intéresse. Cela annonce-t-il de féroces attaques relayées par les autorités ecclésiales ?
Je ne suis pas parano, mais un article dans la presse a pu coûter la carrière à beaucoup…

( 970282 )
4 articles... par Herne (2023-09-29 16:36:10)
[en réponse à 970280]
Il s'agit d'une série d'articles dans lesquels témoignent d'anciens prêtres de l'ICRSP. Cette "attaque" est peut-être justifiée.

( 970297 )
Mentez Mentez par Pericles (2023-09-29 21:15:44)
[en réponse à 970282]
Mentez ,Mentez il en restera toujours quelque chose
Vous êtes naïf ou malveillant...

( 970283 )
Pénible par MG (2023-09-29 16:39:31)
[en réponse à 970280]
Pour ne pas dire plus !
Cet article est réservé aux abonnés. Pouvez-vous au moins le mentionner.
OU alors faites-nous un résumé.
Merci.

( 970284 )
L'ICRSP par Non volumus ignorare (2023-09-29 16:42:32)
[en réponse à 970283]
etait au courant de cette attaque car la semaine dernière deja, le site de l'Institution avertissait de cette parution...

( 970286 )
Y a il moyen par Non volumus ignorare (2023-09-29 17:02:33)
[en réponse à 970284]
d'avoir l'intégralité de ces articles ? abonnement complexe de Belgique.

( 970288 )
En lisant cela par Semper parati (2023-09-29 17:06:29)
[en réponse à 970286]
vous en saurez bien assez, à mon humble avis.
il fallait bien que le malin s'attaque à eux à un moment...
communiqué de l'ICRSP :
Nous vous serions très reconnaissants de bien prier saint François de Sales, patron des journalistes, pour notre cher Institut. En effet, des anciens de notre communauté – séminaristes ou membres de l’Institut qui nous ont quittés pour répondre à une autre vocation, religieuse ou matrimoniale – nous ont informés qu’un journaliste d’un quotidien national français les avait sollicités avec insistance leur posant des questions semble-t-il malveillantes. D’autre part, nous avons appris aussi que d’autres anciens séminaristes, souvent renvoyés pour des raisons bien graves, ont donné suite aux questions de ce journaliste dans un esprit de vengeance.
Nous confions cette intention à vos prières, que saint Michel archange nous protège du prince du mensonge et des ténèbres.
SOURCE

( 970289 )
En gros... par Athanase (2023-09-29 17:29:26)
[en réponse à 970283]
On peut lire les accusations avant que les lignes du début de l'article deviennent floues, mais voici que l'on y retrouve: le train de vie de leur patron, le côté "frou-frou" de cet institut (les majordomes et aussi "la dernière vraie cour d'Europe"), "les dérives sectaires de l'Institut du Christ Roi"... Les phrases entre guillemets sont du parisien.

( 970326 )
L'article en question, première partie par Dam (2023-09-30 14:11:12)
[en réponse à 970283]
Je n'ai pas mis les photos.
Plongée dans les dérives de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, « la dernière vraie cour d’Europe »
SÉRIE (1/4). Dépenses somptuaires, dénigrement du pape François, humiliations de prêtres… Pour la première fois, la parole de membres — anciens et actuels — de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre se libère. Ils dénoncent les pratiques des supérieurs de cette communauté internationale fondée et dirigée par deux abbés français.
Par Vincent Mongaillard, envoyé spécial à Sieci (Italie)
Le 29 septembre 2023 à 12h00, modifié le 30 septembre 2023 à 12h33
Notre série « Les dérives sectaires de l’Institut du Christ Roi »
1)L’Institut du Christ Roi, « la dernière cour d’Europe »
2)Cigares, champagne et majordomes… L’opulent train de vie de Mgr Wach
3)L’enfer du séminaire
4)L’Église de France saisit le Vatican
Sous les dorures, une centaine de séminaristes et chanoines, missel en main, enchaînent les cantiques en latin ce dimanche de septembre lors de la messe. Ils sont parfaitement alignés dans la petite chapelle baroque sur les hauteurs de Sieci, à 20 km de Florence (Italie). C’est ici, au cœur de la sublime campagne toscane, que l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre a érigé son QG et son école de formation à la prêtrise.
Fondée il y a trois décennies par deux abbés français, qui sont toujours aux commandes, cette communauté religieuse — plus précisément une société de vie apostolique — appartient à la mouvance traditionaliste. Elle est de droit pontifical, donc sous l’autorité du Vatican, à la différence de la Fraternité Saint-Pie X qui en a été exclue. Ce jour-là, une vingtaine de fidèles occupent les derniers rangs.
Les hommes se recueillent, pour la plupart, en costume-cravate. L’un se démarque avec un nœud papillon rouge vif. Une femme a la tête et les épaules recouvertes d’une mantille, léger voile d’un autre temps. Face à l’autel, les prêtres célébrants tournent le dos au peuple, conformément au rite tridentin d’avant le concile Vatican II, sorte de révolution des « cathos » dans les années 1960.
Les séminaristes portent un surplis blanc à dentelle et une soutane. Ils sont coiffés d’une barrette (chapeau de forme carrée) noire surplombée d’un pompon bleu. À l’issue de l’office, le portail du magnifique domaine se referme. Chargé de « répandre le règne du Christ », l’institut aux « plus de 130 prêtres » dans le monde, présent dans une quinzaine de pays dont la France, les États-Unis et le Gabon, tient à garder ses secrets.
Dans le viseur de la cellule « emprise et dérives sectaires » de l’Église de France
La sérénité affichée sur les visages rasés de très près n’est qu’une apparence. « Fare bella figura, comme on dit en Italie : toujours faire bonne figure », traduit un ancien de la maison qui s’est fait la malle. Depuis une dizaine d’années, pas moins de 25 départs de séminaristes, diacres prêtres mais aussi sœurs Adoratrices du Cœur royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre, branche féminine de l’institut, ont été enregistrés. Certains membres ont été progressivement poussés vers la sortie ou brutalement renvoyés, d’autres ont craqué et sont partis d’eux-mêmes. Un collectif de « présumées victimes » est né sous l’impulsion de deux frères, Sébastien et Frédéric Goupil, chanoines quadragénaires en conflit avec leur direction, et notamment le prieur général Mgr Wach, depuis qu’ils ont décidé de créer leur propre fondation.
Tous s’élèvent aujourd’hui contre des méthodes qu’ils ne jugent pas très catholiques. « Ils se sentent les plus forts, ils ont ruiné ma vie », accuse un ex-séminariste, trop blessé pour s’épancher davantage. Ces dissidents qui entendent « libérer la parole » sont considérés comme des félons par leurs coreligionnaires. « C’est honteux ! L’orgueil, ça blesse, ça pique », s’offense, en Toscane, un grand jeune homme au col romain avant de filer à l’office dominical. Et de minimiser : « Dans tous les ordres religieux, il y a des départs ! »
L’Institut du Christ Roi, qui compte une quarantaine de prêtres en France répartis dans environ 25 diocèses, est pourtant, comme nous le révélons, dans le viseur de la Conférence des évêques de France. Ou plus précisément de sa cellule « emprise et dérives sectaires », qui décèle dans cette puissante et influente communauté des « signes de dérives sectaires » et en appelle au Vatican.
« Des jugements sans nous connaître », balaie un chanoine avec des responsabilités. « L’institut fonctionne bien, cela suscite des jalousies. C’est une famille au sens positif, absolument pas une secte », s’insurgent des défenseurs de la structure.
Des séminaristes « habillés en gentilshommes » pour l’anniversaire du cardinal Burke
En Italie, si le cadre émerveille, l’envers du décor, lui, interroge, à en croire les témoignages de 17 membres (anciens ou actuels) de l’institut et de parents de prêtres récoltés au cours de notre enquête. Ils dénoncent des dépenses excessives à l’opposé de l’exigence de sobriété prônée par le pape François, des abus de pouvoir, une emprise spirituelle… On est loin de la devise latine maison, « Veritatem facientes in caritate », qui signifie « Confessant la vérité dans la charité ».
La communauté prend ses quartiers en 1991 dans la villa Martelli, récupérée auprès de moines bénédictins français qui, eux-mêmes, en avaient hérité d’une grande famille florentine. Il y règne une atmosphère de Renaissance italienne. « Au fil des années, les supérieurs se sont bâti une vie de palais », s’indigne un ex-diacre. « Avec la nostalgie de l’Ancien Régime et de ses privilèges », remarque un ancien séminariste. Selon un spécialiste du milieu « tradi », « l’Institut du Fric Roi Souverain Traître, comme on le surnomme, est la dernière vraie cour d’Europe, c’est vous dire la folie des grandeurs ! »
De grandes fêtes sont organisées dans ce décorum, notamment lors des ordinations sacerdotales qui donnent lieu à un dîner d’exception et un grand feu d’artifice sous l’œil de notables de Florence. En 2016, le fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen a pris part aux agapes lors de l’ordination de son filleul, fils de l’un de ses avocats.
L’institut met les petits plats dans les grands à chaque passage du cardinal américain ultraconservateur Raymond Burke. Cet ami de la maison, ennemi juré du pape François, peut débarquer avec sa cappa magna, grande traîne rouge de cardinal. « Pour son anniversaire, on avait habillé deux séminaristes en gentilshommes », dévoile un ancien prêtre tombé en dépression.
Aux banquets, nappes en dentelle, chandelles, argenterie, flûtes en cristal, vaisselle en porcelaine… en mettent plein la vue. « On nous fait croire que ce sont des sacrifices, que le plus petit détail, c’est pour le Bon Dieu, mais le Bon Dieu, il s’en fout royalement ! » dézingue ce même témoin. À Pâques, un œuf en chocolat géant frappé du blason de l’institut trône sur la table.
Luxe et apparat… financés par des dons
Les frais de bouche valent leur pesant d’or. Au menu, champagne, foie gras, langoustes, oursins, pâtes aux truffes, mignardises… Certains de nos témoins, même les plus gourmets, n’ont pas digéré ces fastes alors que l’institut n’a, selon eux, pas toujours réglé rubis sur ongles leurs cotisations sociales et leur traitement. « C’est un mode de vie absolument inadapté à notre époque », s’offusque un clerc passé par l’institut. Sœur Agnès (le prénom a été changé), religieuse mise à la porte, s’étonne qu’on puisse « dépenser l’argent des dons pour des choses peu utiles au lieu de s’en servir pour le bien des âmes ou pour la charité ». Les convives, eux, se régalent.
En matière d’excès, les supérieurs sont spécialement montrés du doigt. « Leur mot d’ordre, c’est : Rien n’est trop beau pour le Christ, mais faut pas nous oublier aussi ! » ironise le père d’un chanoine qui, lui, « vit chichement » dans une antenne de l’institut hors d’Italie. Grands seigneurs, les responsables sont très généreux en cadeaux quand il faut gâter un VIP, par exemple un « évêque de passage » qui se voit offrir « une magnifique mitre ». Pour un fidèle italien de l’institut, ce goût du luxe tient, en partie, à l’esprit très français qui anime cette communauté. « Historiquement, les clercs en France ont toujours été plus proches du roi que du pape », avance-t-il.
Pour alimenter son train de vie, l’institut peut compter sur de très riches bienfaiteurs italiens ou allemands. « Il sait s’attirer les grandes fortunes. On les met au premier rang à la villa Martelli, on leur vend ainsi une pseudo-gloire contre de l’argent », s’irrite un ex-fidèle. Il hérite ainsi de jolies demeures, notamment en France. « On accompagnait parfois jusqu’à la mort pour obtenir un legs », confesse un ancien membre.
Des relais dans l’extrême droite catholique
Des campagnes de dons sont régulièrement adressées aux fidèles. Les Américains mettent facilement la main à la poche. Mais visiblement, ça ne suffit pas. Selon un ex-séminariste, « les responsables se plaignaient tout le temps de ne pas avoir d’argent ! »
Un constat visiblement partagé par les parents de deux prêtres « heureux » au sein de la communauté. « C’est un institut pauvre qui ne vit que de dons. Si la charité disparaît, il est mort », défendent-ils. Les dépenses d’apparat ne les choquent pas car « il faut que ça soit beau » : « Ce n’est pas jeter de l’argent par les fenêtres, c’est faire preuve d’une générosité incroyable ! »
L’Institut du Christ Roi peut compter sur le soutien de milliers de sympathisants dans le monde. Il entretient des liens avec l’organisation internationale TFP (Tradition, famille, propriété), qui promeut « les valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne » et combat « la révolution culturelle, athée, immorale et socialiste ».
Pour faire parler de lui, il a les faveurs éditoriales des sites français de « réinformation » le Salon beige et Riposte catholique, qui ont une certaine audience dans les milieux d’extrême droite catholique. À une époque, il avait également de bonnes relations avec feu le quotidien d’extrême droite « Présent ».
« Tout est fait pour fliquer, isoler, déplacer, réduire au silence ceux qui osent critiquer »
À l’institut, les dérives ne touchent pas seulement aux finances. Elles sont aussi humaines. Les prêtres qui ne figurent pas dans les petits papiers des supérieurs se voient « traités d’imbéciles devant tout le monde », s’offense le père d’un chanoine. Les dirigeants exigent une obéissance aveugle. « À longueur de retraites et de lectures, on répète que l’on doit tout aux supérieurs. Remettre en cause un ordre, même stupide, est vu comme crime de lèse-majesté », alerte le chanoine Sébastien Goupil.
Les récalcitrants doivent rentrer dans le rang au risque sinon d’être ostracisés, voire exclus. « Tout est fait pour fliquer, isoler, déplacer, réduire au silence ceux qui osent critiquer le mode de gouvernement inadapté du prieur général », observe un abbé passé par l’institut. Ce climat de tension favorise l’émergence, selon lui, d’un « petit cercle de courtisans » aussi intraitables que les patrons. « C’est une logique de cour. Quand on est proche du soleil, on en arrive à se croire tout permis », rappelle une autorité ecclésiastique française.
Pour Clément (le prénom a été changé), prêtre de l’institut défroqué, « on se croirait dans le film Ridicule ». « Ils cherchaient à être méchants par l’esprit », se souvient-il. Une ambiance qui terrorisait Benoît (le prénom a été changé), ex-séminariste, lui aussi désormais très loin de l’institut. « Ce qui m’a le plus choqué chez les prêtres, c’est le manque de compassion, de miséricorde, les jugements systématiques et quotidiens impitoyables sur ceux qui souffrent, divorcent, avortent, échouent, sur les homosexuels, les non-croyants, les étrangers, les chômeurs, les pauvres… » égraine-t-il.
Culte du secret et critiques envers le pape François
Selon des témoins, l’emprise est particulièrement marquée sur les religieuses de l’institut, « corvéables à merci ». Plusieurs d’entre elles, en désaccord, ont jeté l’éponge ou ont été exclues. Sollicitée pour témoigner, une mère supérieure qui a été renvoyée a décliné, se « sentant encore trop meurtrie ».
La plupart du temps, les départs s’organisent en catimini. Ne surtout pas l’ébruiter ! Le « culte du secret » érigé par les supérieurs est pointé du doigt par les rebelles, surtout quand il s’agit des scandales sexuels. Selon nos informations, au moins deux prêtres de l’institut ont été condamnés pour pédophilie, l’un aux États-Unis, l’autre en France. « À chaque affaire de mœurs, c’est l’omerta, on ne sait rien », relate un ancien membre.
Les supérieurs semblent plus bavards quand il s’agit d’exprimer leur « défiance à l’égard de l’Église institutionnelle ». Selon plusieurs sources, il est courant, à table, de taper sur le pape François ou de « tourner en ridicule » des prêtres diocésains et des évêques qui pratiquent la messe selon les rites du concile Vatican II. « Dans ce contexte, il est très difficile pour des jeunes prêtres de s’épanouir et de vivre leur sacerdoce sereinement dans la paix et dans la joie », signale un abbé accueilli désormais dans un diocèse en France.
Monseigneur Wach loue le travail de son institut, ses détracteurs réclament une enquête
« Mais que fait le Vatican ? » s’interrogent les membres du collectif de victimes présumées. L’Institut du Christ Roi a déjà été l’objet d’une visite de contrôle dite « canonique » lancée en 2014 par le Saint-Siège, mais celui-ci n’a rien trouvé à redire. Plusieurs prêtres interrogés à l’époque nous ont affirmé avoir été contraints par leur direction de mentir sur leur situation. « C’était une enquête de complaisance, une scandaleuse mascarade », s’insurge le collectif, qui demande une nouvelle inspection réalisée par « un visiteur incorruptible ».
Sollicité par courriel et par WhatsApp, le cardinal et archevêque brésilien Joao Braz de Aviz, actuel préfet au Vatican de la congrégation dont dépend l’institut, est resté indifférent à nos messages. La nonciature apostolique en France, représentation officielle du Saint-Siège à Paris, nous a orientés vers le dicastère (organisme de la curie) pour le clergé à Rome, qui n’a pas donné suite.
Quant au prieur général, Monseigneur Wach, il a refusé de répondre à nos nombreuses questions adressées par mail, regrettant un « parti pris » de notre part. En revanche, il a longuement détaillé les réalisations de son « modeste institut » qui « ouvre chaque année des apostolats en France et dans le monde à la demande des évêques, et a la joie d’ordonner chaque année plusieurs prêtres pour le service de la sainte Église ».
Il se déclare fier de la « belle vocation de nos Sœurs Adoratrices », se félicite du « bon travail » des chanoines qui ont « le soin des plus pauvres qu’ils rejoignent lors de maraudes » et se dit admiratif de les voir aux côtés « des plus démunis et des affamés », « des orphelins », des « malades de la lèpre » en Afrique, au Gabon.
Ce pays n’échappe pourtant pas à la démesure de l’institut, qui y a édifié une église avec une façade ornée d’azulejos, ces carreaux de faïence fabriqués de manière artisanale au Portugal. Une décoration à plusieurs dizaines de milliers d’euros… « pour la gloire de Dieu ».

( 970327 )
Source par Dam (2023-09-30 14:12:08)
[en réponse à 970326]
Source : https://www.leparisien.fr/societe/religions/plongee-dans-les-derives-de-linstitut-du-christ-roi-souverain-pretre-la-derniere-vraie-cour-deurope-29-09-2023-EEIDMNP3BVFPNKHWBDWUXMHSPE.php

( 970329 )
Partie 2) Cigares, champagne et majordomes… L’opulent train de vie de Monseigneur Wach, fondateur de l’Institut du Christ Roi par Dam (2023-09-30 14:48:16)
[en réponse à 970326]
SÉRIE (2/4). Depuis plus de trois décennies, Mgr Wach, prieur général de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, règne en maître sur sa communauté religieuse. D’anciens et d’actuels membres, réunis en un « collectif de victimes », dénoncent son goût immodéré pour le luxe et sa gouvernance sans partage.
Par Vincent Mongaillard, envoyé spécial à Florence (Italie)
Le 29 septembre 2023 à 12h05, modifié le 30 septembre 2023 à 12h35
Avant d’aller s’agenouiller dans la chapelle de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre en Toscane, un fidèle italien tient à tresser des lauriers au maître des lieux. « Il est formidable, tout le monde aime Mgr Wach », encense-t-il. Tout le monde ? De nombreux témoins — anciens séminaristes, diacres et prêtres de la maison, mais aussi des chanoines encore en fonction — que nous avons interrogés sont beaucoup plus critiques. Ils le présentent sans détour comme « un ecclésiastique machiavélique », « irascible », « omnipotent »… À 66 ans, ce clerc français, fondateur il y a trente-trois ans de cette communauté religieuse, règne sur son fief. « L’institut, c’est Mgr Wach, et Mgr Wach, c’est l’institut », a coutume de rappeler un sous-chef de l’institut lors des discours aux ordinations.
De sa demeure en Toscane, il a une vue imprenable sur les oliviers, les vignes et le séminaire de son institut. « Il vit comme un prince de l’Église », résume un prêtre entré en rébellion. « Et dire qu’il a le culot de se référer au pauvre curé d’Ars ! » maugrée le père d’un chanoine. Le prieur général n’est pas issu de la noblesse, plutôt des classes moyennes. Ce fils d’un comptable a découvert, enfant, la foi dans l’Aube. « Ses parents étaient des gens très simples, charmants », salue un prêtre qui les a bien connus car ils ont fini leurs jours à l’institut, en Toscane. Ils reposent même dans la chapelle.
Le jeune Gilles Wach effectue l’essentiel de son séminaire loin de Troyes, en Italie, à Gênes. Il est ordonné prêtre en 1979 à Saint-Pierre de Rome par… le pape Jean-Paul II. « Il s’est construit une légende à partir de cette ordination prestigieuse », analyse une spécialiste des dérives sectaires au sein de l’Église de France. Il signe une thèse en théologie, « Pédagogie de l’amour : l’Éducation de la charité chez saint François de Sales ».
« La Providence, c’est moi ! »
Au sein de la curie, l’abbé Wach tisse son réseau, grenouillant à la Congrégation pour les évêques, approchant des cardinaux influents, notamment italiens. « Il savait tout sur les évêques et leurs secrets, ce qui lui a donné et lui donne toujours beaucoup de pouvoir », décrypte un homme qui l’a rencontré à plusieurs reprises et dont les enfants étaient scolarisés dans les établissements hors contrat de l’institut en France.
En 1989, il s’envole vers le Gabon, nommé troisième vicaire général d’un diocèse minuscule comptant une dizaine de prêtres. Grâce à un évêque local, il fonde, en Afrique, son institut un an plus tard avant de l’installer à Sieci, à 20 km de Florence (Italie). Il gouverne avec son bras droit, l’abbé Philipe Mora, à la tête, lui, du séminaire. « Mora est dans l’ombre de Wach, il a un côté taciturne, austère quand l’autre est extraverti », compare le père Didier (le prénom a été changé), ancien membre de l’institut.
Le portrait officiel de Mgr Wach, tel un souverain assis sur son trône, s’affiche désormais dans toutes les maisons de sa communauté, présente sur plusieurs continents. Les clichés pompeux à sa gloire inondent le site Internet de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP).
« Mgr Wach est obsédé par les photos », commente un ancien séminariste. Sébastien Goupil, chanoine en conflit avec Mgr Wach, dénonce cette « obsession de l’apparence ». Pour son frère Frédéric Goupil, lui aussi prêtre en dissidence, le prieur général se prend carrément pour le Sauveur. « Un jour, il m’a dit : La Providence, c’est moi ! »
Un royaliste dédaigneux des pauvres
Le dignitaire religieux aime soigner son image baroque. « Il admire le Grand Siècle, celui du règne de Louis XIV », résume un ancien séminariste féru d’histoire. Il ne cache d’ailleurs pas ses sympathies royalistes. Dans un sermon donné le 21 janvier 2021 à l’occasion de la messe de requiem pour la mort de Louis XVI, il honore « notre bon roi ». « Il fut la victime de cette grande tourmente révolutionnaire, et après sa mort, rien ne fut jamais semblable sur la terre des hommes. L’armée de Satan avait remporté une grande victoire », s’attriste-t-il.
Mais propager ses réflexions ne semble pas être sa priorité. « Ce maître tout-puissant n’a pas publié de livre. Il en impose plus par son côté somptuaire que par une pensée forte », observe un expert de l’association Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (Avref). « J’ai voyagé en voiture avec lui, il n’avait pas de conversation sur la politique, sur la théologie, j’avais l’impression de quelqu’un de vide à l’intérieur », balance, de son côté, Cyril (le prénom a été changé), un ancien diacre de l’ICRSP.
Les pauvres ne lui inspirent que peu de compassion. « Un jour à Bruxelles, il a lancé d’un ton dédaigneux à une dame qui faisait la manche : Vous n’avez qu’à travailler ! Quand on sait que c’est quelqu’un qui a la charité plein les sermons », se désole un témoin de la scène. Dans une missive adressée à ses chanoines le 12 novembre 2022, le sexagénaire rappelle pourtant qu’il « est important de cultiver la vertu de modestie ». « Vous êtes prêtres et devez renoncer aux mondanités. Cela vous gardera de bien des fautes. » Un précepte qui s’applique surtout aux autres, car l’ecclésiastique raffole des bonnes tables.
Champagne et restaurants étoilés
« Il faut que ce soient des restos avec une nappe », détaille un prêtre de la maison. Ses péchés mignons ? Les plateaux de fruits de mer et les babas au rhum. « Ses manières à table trahissent le nouveau riche et le Bourgeois gentilhomme de Molière », lit-on dans le rapport rédigé par un groupe d’anciens et actuels membres dissidents, qui s’est baptisé le « collectif des présumées victimes de l’abbé Wach et des dérives sectaires dans l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre ».
Il peut se montrer plutôt fine gueule. « Lorsqu’il était venu nous voir dans la villa de l’institut à Montpellier, j’avais servi en dessert un millefeuille acheté dans une boulangerie. Il m’avait dit : Mais c’est scandaleux, il me faut un millefeuille d’une grande pâtisserie ! Il se prend pour qui ? Pour le pape ? » s’indigne Patrice (le prénom a été changé), un ex-membre de l’ICRSP.
De passage à Rome, Paris, Bruxelles ou Neufchâtel, il déjeune et dîne parfois dans des restaurants convertis à la bistronomie, des brasseries chics ou des établissements étoilés. « Lui était toujours accompagné par du beau monde. Mais nous, le petit personnel, on allait dans un boui-boui », grimace un ancien membre de l’Institut qui a officié à Bruxelles dans l’une des « succursales ».
À écouter ceux qui l’ont côtoyé, le clerc à la croix pectorale en or et à la mosette (cape) bleue, peut aussi se montrer très généreux avec son entourage, notamment avec ses « chers chanoines ». Un ex-séminariste se souvient d’avoir été invité par « Wach » dans « un grand resto parisien » juste avant qu’il n’intègre l’institut, car « ça commence toujours par une opération séduction ». « Le sommelier est arrivé et a lancé : Champagne offert par la maison ! Quand on vous dit ça, c’est qu’on ne vient pas pour la première fois », en déduit-il.
Des séminaristes lui servent de majordome
Le prieur général sait également recevoir dans son royaume lors de festins qui s’achèvent parfois par un gros cigare. « Il est fort dans l’hospitalité. Durant le repas, les autorités se dérident, même quand elles sont hostiles au départ », observe le chanoine Frédéric Goupil. Lors de ses multiples séjours de travail en Italie et ailleurs, il lui arrive de dormir dans des hôtels de prestige. À une époque, le globe-trotteur faisait une halte dans un établissement Relais & Châteaux dans le Lot. Dans l’une des maisons de l’institut en France, la « chambre rouge », avec tapisserie et rideaux de cette couleur, lui est attribuée quand il est de passage, comme pour tous les autres hôtes de marque. Le supérieur général aime les parfums baignant dans des flacons XXL. En matière d’effluves, il a une préférence pour Habit Rouge, de Guerlain.
Des séminaristes sont à ses petits soins. Ils font office de chauffeur, de préparateur de valises, de porteur de bagages. Un « majordome » lui a déjà ouvert son lit. Un linger personnel chassait le moindre pli de ses vêtements à une époque. « Tout devait être repassé, jusqu’à ses slips », se remémore un ancien séminariste. Avec l’abbé Wach, il y a du boulot, lui qui accumule les couches d’habits provenant, notamment, de la maison romaine Gammarelli, spécialiste des vêtements ecclésiastiques et tailleur des papes depuis des générations. « Ses dépenses sont toujours justifiées pour la plus grande gloire de Dieu. En soi, je suis tout à fait d’accord en tant que catholique mais le seul problème est que, souvent, c’est plutôt pour la plus grande gloire de Wach », peste un « tradi » d’une autre communauté.
Sa garde-robe est composée d’une sacrée collection de soutanes et surplis. Le bleu domine, ce qui lui vaut d’être rebaptisé le Grand Schtroumpf par ses rivaux moqueurs d’autres organisations traditionalistes. Mgr Wach a les chaussures ecclésiastiques qui brillent, étoffées de bijoux sur les boucles. « Comme je cirais bien mes souliers en première année, j’avais été choisi. Wach me disait parfois devant les autres séminaristes : Venez accomplir votre petit service. C’était à la fois humiliant et vécu comme un honneur », se rappelle le préposé.
« Il joue au bon père avec ceux qui le servent. Mais dès qu’il a le moindre soupçon, il les abat », signale un ancien proche. Ses colères peuvent faire trembler les murs jaunes à l’enduit impeccable de l’institut. « Il est capable de hurler parce qu’un séminariste tient mal son flambeau quand un cardinal quitte le domaine. Il a une obsession malsaine de la perfection », reproche un séminariste qui a pris ses cliques et ses claques. « Quand il débarquait, il fallait toujours avoir l’air occupé », frissonne un autre. Celui-ci n’a plus croisé depuis une bonne décennie le prieur général mais il hante toujours ses nuits. « Je cauchemarde encore de Wach, j’ai des angoisses, j’ai été suivi par un psychologue… » Il n’a pas tenu le choc, il a changé de vie.
« Il a des appuis aux bons endroits »
Mgr Wach, « modérateur suprême » est, lui, toujours là, indéboulonnable, élu tous les six ans par un conseil tout acquis à sa cause. L’abbé Didier (le prénom a été changé) ne croit pas à son départ : « Ça fait trente ans qu’on dit qu’il va tomber… On a l’impression que rien n’en viendra à bout. » D’autres ennemis le décrivent comme « un excellent manœuvrier ».
« Mgr Wach a l’art de neutraliser ses adversaires, c’est un manipulateur », s’exaspère le père d’un chanoine inquiet pour son fiston enrôlé. « Il a fait de cet institut sa forteresse, où il se sent et se croit intouchable, où il peut tout se permettre, à la fois quant au train de vie et quant aux pires coups bas. Dans les milieux ecclésiastiques, il a des capacités hors pair pour se protéger », analyse un connaisseur des arcanes des milieux tradis. Un archevêque français, qui tient également à son anonymat, confirme : « Pour que ça perdure jusqu’à aujourd’hui, c’est qu’il a des appuis aux bons endroits, c’est un homme malin. » Et d’ajouter : « Pour moi en tout cas, il n’est pas fiable, je n’ai pas confiance en lui. »
L’intéressé ne dissimule pas ses excellentes relations au Vatican. Dans une lettre aux chanoines du 15 mars dernier, il s’enorgueillit d’avoir rencontré, « fin janvier », « une haute autorité romaine qui souhaite nous aider à poursuivre notre ministère ».
Un rappel à l’ordre en 2005 pour avoir usurpé le titre de « monseigneur »
Il est en odeur de sainteté auprès de certains prélats conservateurs, notamment italiens. À une époque, il s’est fait passer pour ce qu’il n’était pas en usurpant un titre pontifical, portant celui de « monseigneur » alors qu’il n’en avait pas le droit. Il s’affichait même parfois avec le mantelet violet ou la ceinture en soie violette, attributs réservés aux évêques. Il a été rappelé à l’ordre le 18 novembre 2005 dans un courrier signé de Mgr Nesti, archevêque secrétaire de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Il lui était reproché d’user de « façon inappropriée » de ce titre.
Mais depuis 2008, le prieur général est en règle, canoniquement autorisé à se donner du « monseigneur » conformément aux constitutions de l’institut validées par le Vatican. Pour ne plus être accusé d’imposture, il a opté pour la couleur bleue de ses habits, non utilisée par la hiérarchie catholique, inspirée de la tenue de saint François de Sales, évêque du début du XVIIe siècle proche des indigents, vivant lui-même dans la pauvreté.
« Monseigneur » apprécie les honneurs qui, comme l’argent, n’ont pas d’odeur. Il a été décoré par deux présidents de la République… du Gabon, pays d’Afrique de l’Ouest où est né son institut. Il a multiplié les audiences avec « son excellence » Omar Bongo, qui a régné de 1967 à 2009, puis avec son fils Ali Bongo Odimba, renversé par un coup d’État militaire le 30 août dernier. Un clan dont les biens mal acquis en France intéressent la justice française mais qui n’ont jamais dérangé l’ecclésiastique, qui prenait plaisir à poser pour la photo souvenir aux côtés de ces chefs d’État dans leur palais.
Mgr Wach n’a pas souhaité répondre à nos questions le concernant. Dans son courriel, il a tout de même envoyé indirectement un message à ses détracteurs. « Je souffre lorsque j’assiste à des infidélités dans les engagements pris auprès du Seigneur ou auprès de l’institut. Le manque d’honnêteté avec l’Église pour servir des fins personnelles ou politiques me blesse profondément », écrit-il. Il peut encore compter sur le soutien d’une grande partie de ses ouailles. « C’est un vrai chef ! » applaudit un couple de paroissiens de Port-Marly (Yvelines) où l’institut est en mission. « Un homme d’une grande bonté qui fait très attention à ses prêtres, il n’y a pas meilleure personne que lui », confirment les parents de deux chanoines.

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Partie 3) Le séminaire de l’Institut du Christ Roi, « exigeante vie de charité » ou lieu de « terreur » ? par Dam (2023-09-30 14:54:44)
[en réponse à 970326]
SÉRIE (3/4). Lectures interdites, correspondances privées filtrées, humiliations publiques… D’anciens membres de la communauté traditionnaliste de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, fondée par deux Français, dénoncent l’infantilisation subie lors de leur formation au séminaire, en Toscane.
Par Vincent Mongaillard, envoyé spécial en Toscane (Italie)
Le 30 septembre 2023 à 12h00, modifié le 30 septembre 2023 à 12h39
Le soleil de Toscane tape fort, ce dimanche après-midi de septembre, sur l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP), près de Florence (Italie). Le mercure flirte avec les 40 °C à l’ombre. Un séminariste s’aventure dans une balade digestive et méditative entre les boules de buis et les cyprès parfaitement taillés du jardin à la française. Sous le cagnard, il garde sa soutane noire à boutons et sa chemise blanche. Ici, les nouveaux venus qui se préparent au sacerdoce sont des durs à cuire, prêts, en entrant, à se plier à une discipline de fer.
Mais certains, virés en cours de route, ou partis après avoir été ordonnés prêtre, en gardent des séquelles. Sous couvert d’anonymat, ils dénoncent l’emprise des supérieurs, leur autoritarisme, leurs humiliations… au sein du séminaire international dirigé par un jeune septuagénaire français, l’abbé Philippe Mora, cofondateur de l’Institut avec un autre ecclésiastique français, Monseigneur Wach.
« Ils nous inspiraient une crainte révérencielle. L’atmosphère était si pesante qu’on finissait par tout faire pour leur plaire. On est tous éduqués à cette révérence aux supérieurs qui, disent-ils, ont beaucoup souffert pour nous. Mais c’est le Christ qui a souffert pour nous, pas eux ! » rappelle Gaël (le prénom a été changé), qui a passé quatre ans en Toscane avant de changer de voie. « Un système paternaliste peut très vite, en cas d’abus de pouvoir, virer au despotisme total. C’est ce qu’on a vécu », alerte un ancien camarade aujourd’hui prêtre dans un diocèse hexagonal. Un fidèle italien croisé ici à la messe dominicale l’admet à demi-mot, un sourire en coin : « C’est une académie religieuse, pas une académie militaire, même si ça s’en rapproche… »
« Il est très mal vu de poser des questions critiques »
En trois décennies, des dizaines de jeunes croyants traditionalistes du monde entier, dont de nombreux Français, ont été formés ici lors d’un cursus de sept ans dans la langue de Molière. Près d’une centaine y font actuellement leurs classes. Les cours sont distillés par des enseignants « tout-puissants ». « À l’Institut, on n’aime pas les séminaristes trop intellectuels, parce que ça pense, et penser, c’est commencer à désobéir », constate le clerc d’une paroisse française qui a fait ses classes en Italie. « Il est très mal vu de poser des questions critiques à un professeur. Dès qu’on conteste, on est taxé de mauvais esprit, c’est le péché capital. Alors on est formatés, il n’y a plus de sincérité », résume l’ancien élève Gaël.
Une appréciation sur une copie d’examen de doctrine l’a marqué à jamais. « J’avais eu une note correcte de 14-15. Mais le supérieur avait écrit : Pas assez pour que notre Seigneur soit content. Cette phrase résonnera toujours dans ma tête, elle me met en défiance par rapport au Seigneur », s’indigne-t-il. Un excellent devoir ne garantit pas des félicitations. « Je me suis fait gronder pour des examens où j’avais obtenu des 18 ou 19/20 », s’étonne un autre ex-séminariste.
Pour l’association d’Aide aux victimes de dérives dans les mouvements religieux en Europe et à leurs familles (Avref), « on fait revivre à ces jeunes enrégimentés le grand séminaire du milieu du XIXe siècle en plein XXIe siècle ». « C’est surréaliste ! » s’étrangle l’un de ses porte-voix, évoquant un « système de pensée unique ».
Certaines lectures sont proscrites. « On m’a confisqué un livre sur la raison », se remémore Gaël. « J’ai été convoqué à cause d’un roman », témoigne Stéphane (le prénom a été changé), également passé par ce séminaire. Selon le règlement intérieur, « l’utilisation des liseuses de livres numériques type Kindle peut être autorisée sur demande, uniquement pour la lecture en chambre et sous condition de contrôle du contenu ». « L’usage de la radio » est, lui, « interdit », tout comme « Facebook et autres systèmes semblables », prohibés dans les murs du séminaire mais aussi « pendant les vacances et en stage ».
« Les mails sont lus avant d’être transmis à leurs destinataires »
Le « téléphone portable personnel » doit être « remis au secrétariat de M. le supérieur » et est rendu lors des vacances. « On vous fait passer ça pour une forme de détachement, on spiritualise la chose et nous, on y croit », confie un prêtre « lucide » mais toujours rattaché à l’Institut. Celui qui ne respecte pas cette injonction s’expose à « une sanction grave ».
À certains moments de la semaine, les étudiants ont accès aux « ordinateurs communautaires installés dans la salle de photocopies » pour y envoyer des mails en « utilisant une adresse unique » destinée à toute la collectivité. Les réponses aux courriels sont imprimées puis déposées dans les casiers. Plusieurs ex-séminaristes dénoncent une violation du secret de la correspondance. « Il n’y a plus de confidentialité. Les mails sont lus avant d’être transmis à leurs destinataires. Même les courriers postaux, on m’avait remis une enveloppe qui avait été ouverte puis refermée avec du scotch ! » assure Gaël.
Les sorties, hors vacances, sont limitées au mercredi après-midi. « Il est permis de prendre occasionnellement une consommation non alcoolisée dans un bar, mais on ne s’installera ni à la terrasse ni au salon », stipule le règlement maison. Une soirée cinéma est programmée une fois par semaine, avec « un film toujours très prude » dixit un abbé en disgrâce auprès de sa hiérarchie. Dans le passé ont été diffusés les… dessins animés « Fantasia » et « Bernard et Bianca ». « Ceux qui se dispensent de la séance sont considérés comme faisant du mauvais esprit, puisque c’est critiquer le choix du supérieur du séminaire », lit-on dans le rapport du collectif des victimes des dérives sectaires dans l’ICRSP qui a été transmis au Vatican. « Mais quand le supérieur n’était pas là, on regardait Rambo ! » rembobine un rebelle qui a gardé la soutane.
« Entre nous, on appelait le séminaire l’école d’hôtellerie »
Les contrevenants au règlement intérieur risquent d’abord un blâme puis, au bout de trois blâmes, un avertissement. Des sanctions qui peuvent tomber pour avoir oublié de fermer à clé la porte de la chapelle ou parlé dans les couloirs durant le temps de silence et qui sont systématiquement assorties d’une « punition » comme « la privation de sortie ». « Vous pouvez aussi être contraint de ramasser les mauvaises herbes dans le jardin ou laver les voitures du séminaire », répertorie un ancien. Les blâmes sont affichés publiquement sur un tableau.
Celui qui brise malencontreusement une assiette ou un « objet à l’usage de la communauté » écope d’une amende. Une « pénitence » spéciale est prévue pour les « réfectoriers » (séminaristes ayant une charge dans le réfectoire) qui, « au cours du service, laisseraient tomber un couvert ou feraient un bruit notoire » : ils sont condamnés à se mettre « à genoux du côté de la desserte de la table des supérieurs » et à réciter à voix basse un « Ave Maria ».
Les anciens séminaristes aujourd’hui en colère ont souvent eu l’amère impression d’être les « laquais » de leurs aînés ordonnés. « J’étais une bonniche, je nettoyais le séminaire de fond en comble et passais l’aspirateur, j’étais épuisé. Le prieur général m’avait dit pour se moquer : Vous, vous voulez absolument briller ! » se rappelle Benoit (le prénom a été changé), séminariste durant les années 2000 avant d’être mis sur la touche. Le règlement des séminaristes en mission dans une antenne de l’Institut en Italie ou à l’étranger, notamment en France, rappelle que « lorsqu’un chanoine reçoit pour un repas, les séminaristes n’y participeront pas sauf circonstance exceptionnelle » mais « resteront disponibles pour le service, en observant la discrétion d’usage ».
« Entre nous, on appelait le séminaire l’école d’hôtellerie », lâche un ancien. Une fois dans l’année, les rôles sont inversés. Les supérieurs attachent leur tablier blanc et servent le repas le Vendredi saint aux séminaristes. « Ça, c’est juste pour la photo diffusée sur le site Internet de l’Institut », fustige un indésirable.
Frais de pension élevés, cadeaux et délation encouragés
D’anciens étudiants désireux de briser l’omerta dénoncent également les « dépenses exagérées dans l’entretien d’un faste tout sauf évangélique ». « Le recteur du séminaire, avec son train de vie luxueux, me semblait plus passionné par l’achat immodéré de porcelaines que pour le sacerdoce », ironise, dans un témoignage transmis au Vatican, un abbé qui a pris ses distances avec l’Institut. Certains acceptent d’autant moins ces excès qu’ils ont dû s’acquitter de frais de pension élevés : 750 euros par mois aujourd’hui. Parmi les séminaires « tradi », l’ICRSP est de ceux qui ponctionnent le plus ses apprentis. Dans un séminaire classique diocésain, les prétendants au sacerdoce perçoivent, à l’inverse, un « pécule » de quelques centaines d’euros. « La question financière est parfois un vrai problème. On nous demande de trouver des bienfaiteurs », explique Gaël. Ceux qui ont peu de ressources sont néanmoins autorisés à régler l’addition avec « leurs moyens ».
La très grande majorité des élèves s’habituent à ce régime d’asservissement, surtout ceux qui sont dans les petits papiers des chefs. « Le prieur général sait se montrer généreux avec ceux qui le servent », constate un ex-séminariste. « Au moment de Noël, on passait un à un dans son bureau. En guise de cadeau, l’un pouvait recevoir un surplis neuf et le suivant, un simple paquet de biscuit », se souvient un confrère des années 1990.
Les séminaristes sont aussi parfois invités à couvrir de présents leur hiérarchie en signe de reconnaissance de sa « bonté ». Un plateau en argent massif valant 600 euros a ainsi été offert à un supérieur pour le remercier d’avoir piloté un pèlerinage. Ceux qui donnent le minimum sont mal vus. Les délateurs, eux, bénéficient d’un traitement de faveur. « Le préfet des études nous invitait à la délation tout en nous précisant que ce n’est pas une dénonciation mais bien au contraire faire la lumière du Seigneur », rapporte Benoit, un banni de l’Institut.
Les éléments dans le collimateur des supérieurs jettent parfois l’éponge, s’échappant de ce qu’ils appellent une « prison dorée ». « À mon époque, ils pouvaient partir à la sauvette en pleine nuit pour ne jamais revenir », raconte un ancien qui a fréquenté l’école il y a deux décennies. Les frondeurs, eux, sont exclus manu militari ou presque. Certains ont été « virés avant l’aube » pour qu’ils ne puissent pas dialoguer une dernière fois avec leurs camarades.
Martial (le prénom a été changé) se souvient avoir été convoqué dans le bureau du responsable du séminaire un matin « alors que les cloches sonnaient pour les laudes ». « Il m’a reçu deux minutes, le temps de me dire que ma présence au séminaire était trop dangereuse pour les autres et qu’il me renvoyait chez moi illico. J’ai juste eu le temps de remplir un sac avec un maximum d’effets personnels puis je fus conduit à l’aéroport, tout cela en quinze minutes car il ne fallait surtout pas que je puisse parler avec les autres séminaristes qui étaient à l’office », témoigne-t-il.
« Tant que l’on n’est pas sorti du système, il est impossible de réaliser »
Dans ce climat de « terreur », les plus fragiles deviennent « paranoïaques » et craquent. « J’ai croisé des personnes détruites. Après avoir quitté le séminaire, elles ont abandonné la foi catholique, fini en hôpital psychiatrique ou alcoolique », recense un clerc qui s’est émancipé de l’Institut. Dans un document remis au Vatican, un ex-diacre tire la sonnette d’alarme : « Beaucoup de jeunes entrent à l’ICRSP et nombreux sont malheureusement en grande souffrance tôt ou tard, les uns et les autres subiront le même traitement. »
Le maître des lieux, le prieur général Mgr Wach, s’inscrit vigoureusement en faux contre ces témoignages. Dans le mail qu’il nous a adressé, il se dit « bien admiratif » du « bon travail des formateurs ». Il rappelle que le séminaire où est enseignée « l’exigeante vie de charité » est un « lieu de discernement » pour ces jeunes « que la providence nous envoie », et que « tous ne persévèrent pas ». « Ce qui ne signifie pas que leur départ coïncide avec brimade et vexations ou encore parce que certains sont renvoyés pour des raisons qu’il serait bien gênant d’avouer », précise-t-il.
Pour le père de deux prêtres de l’Institut formés en Toscane, « il y a une discipline qui est normale ». « Sans être une secte, un institut comme celui-là a besoin d’obéissance. C’est dur, le séminaire ! », martèle-t-il. Quasiment tous ceux qui ont les deux pieds dans l’Institut sont sur la même longueur d’onde. « Tant que l’on n’est pas sorti du système, il est impossible de réaliser. Pourtant, ça paraît très clair une fois dehors », avance Bruno (le prénom a été changé), un ancien de la maison.
Clément (le prénom a été changé), ex-séminariste et ancien prêtre, n’a pas attendu de faire ses adieux à l’Institut pour se rendre compte qu’il n’était pas à sa place. Il estime avoir vécu « l’enfer » au séminaire. « J’ai été harcelé psychologiquement, insulté quand j’étais en première année par des aînés. Même à la Légion étrangère, on ne se fait pas traiter de la sorte », compare-t-il. Il se souvient d’avoir grelotté en plein hiver dans sa chambre qui n’était chauffée qu’à certaines heures. « On se douchait la fenêtre ouverte à cause de l’humidité ! »
Quand il a intégré l’institut, il a fait part de son homosexualité. « L’un des responsables m’a répondu : C’est une inclination, si vous ne pratiquez pas, il n’y a pas de problème », relate-t-il. À la demande de son directeur spirituel qui pense que « l’homosexualité est une maladie que l’on peut guérir », il a entrepris deux « thérapies de conversion » avec des psychiatres hors d’Italie, des pratiques interdites en France depuis 2022. Aujourd’hui, il a changé radicalement de voie et peut vivre librement son orientation sexuelle.

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Ceci est plus grave par Luc de Montalte (2023-09-30 15:12:51)
[en réponse à 970330]
Quand il a intégré l’institut, il a fait part de son homosexualité. « L’un des responsables m’a répondu : C’est une inclination, si vous ne pratiquez pas, il n’y a pas de problème », relate-t-il. À la demande de son directeur spirituel qui pense que « l’homosexualité est une maladie que l’on peut guérir », il a entrepris deux « thérapies de conversion » avec des psychiatres hors d’Italie, des pratiques interdites en France depuis 2022. Aujourd’hui, il a changé radicalement de voie et peut vivre librement son orientation sexuelle.
Cela va directement contre les recommandations de Benoît XVI.

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Partie 4) « Il y a des signes de dérives sectaires » à l’Institut du Christ Roi : l’alerte de Mgr Brunin, évêque du Havre par Dam (2023-09-30 15:00:09)
[en réponse à 970326]
SÉRIE (4/4). L’Église de France s’inquiète depuis des années auprès du Vatican des dysfonctionnements de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Parallèlement, de nombreux diocèses hexagonaux renouvellent les conventions avec cette communauté religieuse pour accueillir des chanoines traditionalistes dans leurs paroisses.
Par Vincent Mongaillard
Le 30 septembre 2023 à 12h05
Mgr Jean-Luc Brunin a une double casquette, ou plutôt une double mitre. Il est évêque du Havre, connu pour ses positions progressistes mais aussi lanceur d’alerte de par ses fonctions de président de la cellule « Emprise et dérives sectaires » rattachée à la Conférence des évêques de France (CEF). À ses yeux, l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) constitue « un dossier lourd » avec de « nombreux dysfonctionnements ». Alors, depuis plus de deux ans, l’ex-prêtre en monde ouvrier envoie régulièrement des signalements visant cette communauté religieuse « tradi » à la nonciature apostolique en France. Cette ambassade du Saint-Siège à Paris transmet ensuite, via la valise diplomatique, les documents aux congrégations concernées au Vatican.
Le prélat de 72 ans s’apprête à adresser un nouveau témoignage, celui d’un couple de fidèles qui était en mission auprès de l’Institut au Gabon et qui se montre très critique. Un de plus. Mais toujours pas de fumée blanche ! « Pour l’instant, il n’y a aucun retour de Rome », commence à se désespérer l’ecclésiastique. Parallèlement, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a écrit, en juin, au Vatican, précisément au préfet de la congrégation dont dépend l’Institut. Selon nos informations, il a demandé l’organisation d’une visite canonique, une sorte d’inspection générale.
Un premier rapport d’alerte rédigé en 2014
Les deux calottes violettes de l’Hexagone n’ont pas d’autre solution que de passer par les voies officielles vaticanes, l’Institut du Christ Roi étant, depuis 2008, de droit pontifical, et relevant donc de l’autorité du Saint-Siège. Voilà presque une décennie que cette société de vie apostolique, dont le siège est en Italie et qui a été créée par deux abbés français, se trouve dans le viseur de l’Église de France. Un rapport datant de février 2014, rédigé par sœur Chantal-Marie Sorlin, membre du bureau en charge de lutter contre les dérives sectaires, en dressait déjà un tableau très sombre. Recensant de nombreux témoignages, ce document de 19 pages que nous dévoilons dénonçait « le culte du fondateur », « le dénigrement de l’Église », « la coupure avec l’extérieur » ou « la vie évangéliquement incohérente des chefs ».
Depuis, le dossier s’étoffe chaque année. Aux manettes de la cellule depuis 2021, Mgr Brunin a été alerté par d’anciens séminaristes, des chanoines limogés ou partis d’eux-mêmes, des religieuses « brisées » mais aussi des familles dont les enfants, prêtres à l’Institut, ont rompu les liens avec elles. « Il faut écouter les victimes et travailler avec elles pour les aider à se reconstruire », souffle-t-il en nous recevant chez lui, au Havre. Il observe dans cette communauté des « phénomènes d’emprise spirituelle », « d’attaques à la liberté de conscience », de « manipulation », « une défiance vis-à-vis à de l’Église institutionnelle », « une mise en garde contre l’extérieur », une gouvernance qui considère ses prêtres comme des « pions » ou encore « une culture du secret ».
Des signalements aux pouvoirs publics en France et en Belgique
Il s’étonne aussi du « train de vie du supérieur général », qui « joue au grand personnage », alors que les chanoines sous ses ordres vivent de « façon très modeste ». « C’est ce que le pape François appelle la mondanisation de l’Église. Notre référence, c’est quand même Jésus de Nazareth ! », rappelle-t-il, avec une liberté de parole qui tranche avec l’habituelle prudence des prélats.
Selon lui, les cols romains de l’Institut qui émettent « des critiques » sont sanctionnés d’un « décret d’exclusion » et plongent alors parfois « dans une situation de précarité ». « Il y a des signes, des indices de dérives sectaires », synthétise celui qui appelle ses confrères à « la vigilance ». « Dans les assemblées d’évêques, on signale qu’il y a des soucis avec cet institut », précise-t-il.
Sa cellule n’est pas la seule à s’inquiéter. L’association Aide aux victimes de dérives dans les mouvements religieux en Europe et à leurs familles (Avref) tire, elle aussi, la sonnette d’alarme depuis une dizaine d’années. Elle dénonce, pêle-mêle, un « goût du luxe » et le « faste d’un autre âge », « une sorte de cour autour du prieur », une « communauté repliée sur elle-même »…
De son côté, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), organisme étatique, « confirme avoir reçu des signalements » concernant l’ICRSP. En Belgique également, le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) affirme avoir « déjà été interrogé à plusieurs reprises » au sujet de cette communauté.
Le besoin criant de prêtres en France conforte la place de l’Institut
Pourtant, malgré tous ces avertissements, des diocèses en France continuent, régulièrement, de signer des conventions avec la direction de l’ICRSP, l’autorisant à propager la foi de ses missionnaires dans des maisons appelées « apostolats ». « Les évêques manquent de prêtres, alors ils sont prêts à accueillir n’importe qui sur leur territoire », explique une spécialiste des phénomènes d’emprise dans les communautés religieuses catholiques. « C’est une solution pour satisfaire les fidèles attachés bec et ongles au rite ancien », décode l’intellectuel Yves Hamant, engagé depuis une décennie dans la lutte contre les dérives sectaires au sein de l’Église. Selon plusieurs anciens membres de l’Institut que nous avons interrogés, des évêques ont parfois été destinataires de cadeaux (bonne bouteille de vin, caisse de champagne mais aussi croix pectorale) afin de tenter de les séduire, de les convaincre ou de les remercier d’avoir été bienveillants.
L’ICRSP est, avec une quarantaine de prêtres, présent dans quelque 25 diocèses en France, soit un quart des diocèses de notre pays. Aux évêques qui en font la demande, il met à disposition des chanoines. Les ecclésiastiques envoyés peuvent officier dans des paroisses, cohabitent parfois avec le curé diocésain, ont des créneaux pour assurer la messe en latin ou disposent de leur propre chapelle. L’Institut pilote également des établissements scolaires hors contrat, notamment dans le Loiret, le Nord et l’Hérault. Le plus souvent, les chanoines sont rémunérés par le diocèse où ils sont affectés, recevant un traitement mensuel qui varie selon les services rendus. La majorité empoche une indemnité de base d’environ 400 euros.
Dans un mail qu’il nous a adressé, Mgr Wach, supérieur général de l’Institut, se félicite d’ouvrir « chaque année des apostolats en France et dans le monde à la demande des évêques ». Selon nos informations, plusieurs évêques français ont été, par le passé, reçus en grande pompe au siège, en Toscane. Le patron au col romain tient à souligner « les bonnes relations entretenues avec les évêques, spécialement en France, et y compris avec le président des évêques de France, dans le diocèse duquel nous avons un apostolat confié par lui », en l’occurrence celui de Reims. Dans l’entourage du président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, on tient à préciser que « Mgr Wach n’est pas un proche ».
L’attitude ambivalente des diocèses
Il y a assurément un décalage entre les actes de certains diocèses qui tendent la main à ces chanoines « tradi » et le message d’alerte de la cellule de la CEF. « Ça se passe bien dans certains diocèses, il ne faut pas diaboliser les chanoines de l’Institut qui ont une pastorale humanisante », nuance Mgr Brunin, qui cible surtout la hiérarchie. Même son de cloche du côté du père Ange-Côme, curé d’une paroisse, à Rennes, qui abrite une chapelle dans laquelle s’investit un prêtre de l’Institut. « Il a un bon esprit d’écoute, on travaille en bonne intelligence », loue-t-il tout en reconnaissant être au courant des « signalements » et des « dérives » à la tête de l’Institut.
Mais pour Sébastien Goupil, chanoine en conflit avec sa direction, « le système de gouvernance de l’abbé Wach est scrupuleusement reproduit » dans les antennes hexagonales, avec « un supérieur de maison tout puissant » et « une opacité financière ». « Les supérieurs exigent des prêtres de parcourir des milliers de kilomètres sans aucun souci de leur état de fatigue ni des frais occasionnés. Je parcourais chaque semaine un millier de kilomètres pour desservir mes apostolats répartis sur trois diocèses différents. Cela explique les nombreux burn-out et même dépressions qui frappent les jeunes prêtres de l’Institut qui ont à peine 30 ans », avance-t-il. Il confesse aussi avoir été aumônier clandestin dans une école hors contrat sans que l’évêque du diocèse ne le sache, ce qui était clairement une violation de la convention.
Visiblement gênés aux entournures, de nombreux diocèses ayant signé une convention avec l’ICRSP n’ont pas donné suite à nos sollicitations. « Nous estimons que votre demande relève d’une enquête de police et que nous ne pourrons répondre que lorsqu’une demande officielle venant d’une gendarmerie sera effectuée », évacue-t-on à celui de Montpellier. Ceux qui ont répondu ont, pour la plupart, éludé les questions relatives aux soupçons de dérives sectaires, préférant mettre l’accent sur les bonnes relations avec ces chanoines qui « participent à la vie diocésaine » et « acceptent de concélébrer » la messe avec leurs prêtres. « S’ils acceptent de concélébrer, c’est pour avoir la paix, pour s’infiltrer, ils ne le font pas de gaieté de cœur et d’esprit », estime un ancien fidèle de l’Institut qui a pris ses distances.
Des diocèses nous ont assuré ne pas être au courant des alertes de la cellule « dérives sectaires ». Celui de Versailles indique, lui, n’avoir « reçu aucune alerte du dicastère romain compétent dont dépend l’Institut du Christ Roi » tout en restant « très attentif à l’évolution » de cette communauté. Dans celui de Nîmes, une nouvelle convention a été signée l’année dernière avec un prêtre de l’Institut qui célèbre la messe une fois par semaine. « Il n’a pas la mission de faire la catéchèse », mentionne-t-il, ajoutant « qu’à ce jour » il n’a « pas d’éléments susceptibles d’interdire au prêtre qui dessert cette chapelle de le faire ».
Des évêques « attentifs » et sur leurs gardes
Deux évêques nous ont fait part de certaines réserves. « J’ai depuis longtemps un doute sur la formation donnée aux membres de cet Institut », note Mgr Rivière, évêque d’Autun. Il s’interroge, notamment, sur cette « attention trop prononcée accordée aux vêtements liturgiques leur conférant une attitude un peu triste qui semblerait ainsi les mettre à distance des fidèles ».
Mgr Hérouard, archevêque de Dijon, est aussi sur ses gardes, jugeant la formation à l’ICRSP « beaucoup axée sur la piété, la morale et peu sur la théologie ». « Mais dans cet Institut, il y a aussi des gens bien, qui rendent de grands services à l’Église », reconnaît-il. Il accueille dans son diocèse un chanoine de « bonne volonté » qu’il a tout de même dû recadrer quand il a voulu baptiser, à Pâques, des catéchumènes (adultes) selon le rite ancien, en langue latine, ce qui est interdit. « J’ai tenu bon », assure-t-il.
Pas simple, pour les prélats, de monter au créneau. Car, un peu partout en France, les messes dites par des prêtres de l’Institut affichent souvent complet, preuve que le rite « tradi » a le vent en poupe. Ce vendredi de juin en l’église Saint-Louis du Port-Marly (Yvelines), ils sont environ 130 fidèles à recevoir la communion à genoux, l’hostie déposée sur leur langue par les célébrants. Parmi eux, des scouts d’Europe en rangers, bermuda et chemise pleine d’écussons. Sept enfants de chœur au surplis blanc à dentelles et en soutanelle bleue servent la messe.
« Être de bons chrétiens, c’est sans cesse louer le Seigneur. Est-ce que vous louez suffisamment Dieu ? », sermonne le chanoine. Un bébé en pleurs est conduit vers la sortie par son père en polo blanc. À l’entrée de l’édifice, des jeunes pénitents attendent leur tour avant d’entrer dans le confessionnal. Parmi eux peut-être, de futurs séminaristes à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

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Article orienté par Chris (2023-09-30 16:17:24)
[en réponse à 970326]
J'aime pas le ton de ces articles
Ça fait procès sous régime communiste
L'ICRSP fait du bon travail: regardez par ex leurs œuvres au Gabon, c'est public rien de secret
Critique du Pape: malvenu dans un séminaire mais ils ont raison car le pontificat de François est un désastre
Ils ont le droit de bien recevoir, par ex pour un Cardinal "ami" de l'Institut
Mgr Wach: j'ai toute confiance en lui
Néanmoins, ils en font probablement trop
Un peu d'humilité et peut être davantage donner pour les pauvres
Ps qui est l'abbé Goupil, un dissident?

( 970338 )
Oui par Dam (2023-09-30 17:35:01)
[en réponse à 970335]
Je suis d'accord avec vous. J'éprouve une certaine sympathie pour l'ICRSP. Je me suis permis de publier les articles puisqu'on les demandait en lecture non payante...

( 970339 )
Et d'ailleurs par Non volumus ignorare (2023-09-30 18:34:29)
[en réponse à 970338]
merci à vous pour cette publication. On ne peut bien se défendre que lorsque l'on connait ce qui est reproché.

( 970370 )
« À Pâques, un œuf en chocolat géant trône sur la table » par Gaspard (2023-10-02 11:17:29)
[en réponse à 970326]
Je savais bien que l'ICRSP n'était pas très net, mais là je tombe des nues. J'espère que l'année prochaine la taille de l'œuf ne dépassera pas un centimètre.
Autre chose horrible :
les visages rasés de très près
Il y a même
De grandes fêtes notamment lors des ordinations sacerdotales qui donnent lieu à un dîner d’exception et un grand feu d’artifice
Encore plus horrible, le financement de ces festivités d'exception
de très riches bienfaiteurs italiens ou allemands.
Moi qui croyait que le champagne pour fêter Pâques ou les ordinations était payé par les les petits dons des précaires et chômeurs qui prélèvent sur leur nécessaire pour donner à la quête.
Parce qu'être financé par un milliardaire, c'est horrible, et le journaliste du Parisien en sait quelque chose: son grand boss, Bernard Arnault, est la première fortune du monde avec plus de 200 milliards d'euros.
Osera-t-il un prochain article sur les dérives sectaires de LVMH, avec un Conseil d'administration peuplé de gens bien habillés, bien rasés, bien alignés dans les réunions ?
L'accusation sérieuse de "dérive sectaire" n'est qu'une accusation sans aucun élément venant l'étayer. Il n'y a même aucune procédure judiciaire. Le journaliste du Parisien peut faire le même article sur LVMH en prenant comme témoin un sous-chef de la CGT et 25 personnes qui ont été licenciées. Le journaliste du Parisien peut faire le même article sur les études de médecine, les prépas ou le doctorat, il trouvera sans difficulté un mélenchoniste et 25 étudiants pour qui cela ne convenait pas du tout, qui ont été réellement traumatisés psychologiquement et qui n'ont pas été admis à poursuivre leurs études ou qui sont partis d'eux-mêmes.
Cela étant ce genre d'article a quand même un mérite, c'est d'attirer l'attention sur ce qui effectivement peut être un problème.

( 970290 )
Les chiens aboient, la caravane passe par JFB33 (2023-09-29 18:20:48)
[en réponse à 970280]
Et l'ICRSP continue son excellent travail d'apostolat.
Saluons d'ailleurs la belle moisson de séminaristes cette année.
UDP+
Signé un fidèle de la FSSPX.

( 970292 )
Oui par Athanase (2023-09-29 18:25:39)
[en réponse à 970290]
Ils font du bon travail, mais la loi des médias, des caisses de résonnance des réseaux sociaux fait quand même assez mal. Après, comme dirait Chirac, les choses font "pschitt" car elles se dégonflent.
Après, je serai curieux de voir comment ils se défendront.
En union de prières !

( 970293 )
Ben par Bénigne (2023-09-29 18:59:38)
[en réponse à 970280]
Tout ce qu’un reproche au cher Institut est son goût de style baroque, sa discipline classique et la consommation de cigares du supérieur? Ca n’a pas l’air d’aller loin. Oremus

( 970305 )
Une attaque abjecte, mais... par Candidus (2023-09-30 07:30:48)
[en réponse à 970280]
Il faut bien reconnaître que l'ICRSP constitue une cible facile en raison d'une certaine hubris baroque qui est un peu leur marque de fabrique. N'en font-ils pas un peu trop ?

( 970314 )
N'oublions pas par Lenormand (2023-09-30 10:04:11)
[en réponse à 970305]
que nous sommes en Italie et que le faste (baroque) est beaucoup plus développé qu'en France. Cette attaque est creuse et ne repose sur presque rien, des broutilles. Nous sommes loin des fastes "actuels" de Versailles.
Fumer un cigare n'a jamais été un péché, ni boire un peu de vin ou de liqueur lors de certaines fêtes !
Rien n'est trop beau pour Dieu, même le comportement de ses représentants. S'ils trouvent que certains ecclésiastiques sont indécents en fumant, qu'ils se tournent vers les moines...
Je vous rappelle que l'ICRSP est sous la houlette de l'évêque du lieu, donc de Florence qui vient souvent faire des visites à Gricigliano et y fume peut-être le cigare !!!

( 970318 )
Même parmi les saints par Bénigne (2023-09-30 12:09:29)
[en réponse à 970314]

( 970321 )
argument ... fumeux ! par Cristo (2023-09-30 12:44:30)
[en réponse à 970318]
Je plaisante.
Qui nous ressort le cas de saint Pie X, SVP ?

( 970333 )
[réponse] par Bénigne (2023-09-30 16:15:15)
[en réponse à 970321]
Le cas de st Jean XXIII passe sans doute mieux chez les idolâtres de 2CV. St Pie X n’en était pas illuminé

( 970322 )
Cynisme d'un évêque par Goupillon (2023-09-30 12:46:38)
[en réponse à 970280]
Je m’aperçois que c’est la presse grand public qui s’y intéresse. Cela annonce-t-il de féroces attaques relayées par les autorités ecclésiales ?
1. La presse nationale grand public n'a aucune raison de s'intéresser à l'ICRSP. Cette congrégation est méconnue, voire complètement ignorée, dans le monde médiatique du Paris qui chante et qui danse. Elle ne fait pas parler d'elle plus que cela.
2. Les informations obtenues émanent de certains évêques français, dont M. Brunin, évêque du Havre, qui accorde un entretien au Parisien dans l'un des quatre articles à charge.
Il apparaît clairement que les attaques sont lancées par « les autorités ecclésiales » et qu'elles sont relayées par la presse d'État affiliée à des obédiences qui doivent être les mêmes que lesdites « autorités ».
On relèvera au passage le cynisme de M. Brunin : il dénonce des « dérives sectaires » à la presse, mais s'il y a réellement des dérives sectaires, ce n'est pas auprès d'un journaliste qu'il faut dénoncer les faits ou apporter des informations, c'est à l'institution judiciaire ou auprès de MIVILUDES qu'il conviendrait de s'adresser, ou bien encore aux autorités romaines. Si cela n'a pas été fait, ou si cela a été fait et que cela reste sans suite, cela démontre en creux qu'il n'y a rien, sauf un désir de nuire ou de se venger.
Effet pélé de Chartres, toujours pas avalé par des ordinaires rageux ?

( 970324 )
Rien à attendre de Mgr Brunin par Meneau (2023-09-30 13:10:43)
[en réponse à 970322]
Ultraprogressiste, cassant tout ce qui ne pense pas comme lui. Rien d'étonnant à son épanchement hypocrite dans les media. Il veut simplement nuire à l'ICRSP. C'est lamentable.
Cherchez "les casseroles du diocèse du havre" sur Google.
Cordialement
Meneau

( 970334 )
La trahison des « chanoines » Goupil par Nemo (2023-09-30 16:16:22)
[en réponse à 970280]
Je remarque surtout l’acte incompréhensible des « chanoines » Goupil dont Vexilla Galliae nous avait fait l’éloge, ainsi que celle du frère Maximilien du Sacré-Coeur, bref les membres du flamboyant et délirant chapitre royal de Saint-Rémi.
Ces deux clercs font vraiment pitié quand ils diffament l’Institut dont ils sont issus en l’accusant de vices dont ils sont les premiers à être affligés, et publiquement !

( 970346 )
Effectivement par Geraldus (2023-10-01 08:16:33)
[en réponse à 970334]
Même si la pique, gratuite, contre le frère Maximilien, n'a pas lieu d'être car il n'est pas membre de l'ICRSP et ne s'attaque pas dans ses écrits audit Institut.
Il est quand même surprenant, très surprenant que deux prêtres, frères en plus de cela, s'attaquent à leurs supérieurs légitimes avec des termes qui font penser à Caliméro qui pleure sous sa coquille...
Ayant lu ces articles les attaques contre l'Institut sont surtout sur sa "baroquitude" et sur quelques pratiques vieillottes de l'obéissance. Je ne sais pas si cela aura grand effet et cela semble un peu désespéré de la part de Mgr Brunin de vouloir faire un scandale médiatique! (Peut être veut-il faire une sorte de Mgr Aupetit bis!)
Les Goupil en revanche sont eux bien morts désormais. Je doute que les Supérieurs ou Rome apprécie particulièrement que deux prêtres de l'institut raconte avec tant de véhémence leurs différents sur la place publique (ils ne doivent pas connaître l'expression "laver son linge sale en famille!)... surtout durant la situation actuelle qui est farouchement anti tradi...
Nous verrons si c'est articles ont de l'effet mais j'en doute...
Oremus

( 970348 )
Les frères Goupil par MG (2023-10-01 15:26:53)
[en réponse à 970346]
Il est quand même surprenant, très surprenant que deux prêtres, frères en plus de cela, s'attaquent à leurs supérieurs légitimes avec des termes qui font penser à Caliméro qui pleure sous sa coquille...
Ces messieurs ne sont plus membres de l'ICRSP.

( 970350 )
Les deux frères par Geraldus (2023-10-01 17:02:55)
[en réponse à 970348]
Sont toujours incardinés au sein de l'ICRSP, selon les informations que j'ai pu obtenir.
Ils n'étaient soumis qu'à une convention entre l'évêque de Toulon et l'ICRSP d'une durée de 3 ans (convention qui ne fut pas renouvelée) au terme de laquelle ils auraient du retourner à l'ICRSP ce qui ne fut pas le cas.
Depuis le Prieur tente de les renvoyer mais, de ce que j'ai compris, les Goupil font appel à Rome pour faire bloquer leur renvoi. Pourquoi s'acharner à rester dans l'Institut sur lequel on crache, cela me dépasse...

( 970390 )
Pas faux pour les dentelles et la moire par ptk (2023-10-02 20:14:50)
[en réponse à 970334]
désolé, je n'ai pas su réduire la photo.

( 970336 )
Je ne peux me défaire de par AVV-VVK (2023-09-30 16:32:32)
[en réponse à 970280]
l' impression qu' en général un vent anti-clérical se lève, aussi en Flandre, surtout de la part des (ex-) catholiques.
L' intention pour se faire débaptiser est encouragée, approuvée.
L' affaire compliquée des "crimes sexuels" perpétrés par des écclesiastiques (et des religieuses) est exploitée par assez de médias.

( 970340 )
AVV-VVK par MG (2023-09-30 18:36:52)
[en réponse à 970336]
C'est incroyable !
Vous êtes naïf ?
Provocateur ?
Ou méchant parce que vous insinuez des éléments qui n'ont pas été évoqués ?

( 970345 )
Attaques imméritée certes par Signo (2023-09-30 23:46:29)
[en réponse à 970280]
Les déviances de l’ICRSP décrites ne méritaient certainement pas une telle campagne de presse. C’est leur donner par ailleurs beaucoup trop d’importance…
Néanmoins cela fait longtemps que j’estimais que cette communauté avait un rapport malsain à la liturgie et que cela finirait par leur revenir à la figure comme un boomerang.

( 970347 )
Fine bouche par Bénigne (2023-10-01 10:41:28)
[en réponse à 970345]
En France on souvent a le luxe de choisir entre les “communautés” qui diffèrent d’un epsilon de notes esthétiques - dans le reste du monde on a de la chance si une messe traditionnelle reste accessible à moins de 100 km de route. Que ce soit fssp(x), icrsp, diocèse x etc on s’y adapte pour avoir les sacrements catholiques sans odeur de protestantisme. Sinon même avec

( 970349 )
Pas toujours par JFB33 (2023-10-01 15:28:57)
[en réponse à 970347]
Et malheureusement le cas de Libreville au Gabon avec l'ICRSP est justement un contre exemple.

( 970355 )
Et la bicschool ? par Quelconque (2023-10-01 19:32:14)
[en réponse à 970347]
A en croire des amis qui ont résidé à Bruxelles, l'école de l'ICRSP y enseigne auprès de plus de 600 élèves. Les belges sont-ils aussi tradis pour avoir ce nombre impressionnant d'élèves ? Il suffit de voir le site de l'école pour se rendre compte que les frais d'inscription sont de 17. 400 € par an. Cet établissement est-il réservé à une élite ?
Site de l'école ici

( 970371 )
modèle français pour l'école et modèles étrangers par Luc Perrin (2023-10-02 11:39:20)
[en réponse à 970355]
Je ne suis pas assez savant en étude comparative des systèmes d'éducation publics/privés entre les différents pays du monde mais je sais qu'il y a de très grosses différences d'un pays à l'autre.
Aux États-Unis, en Angleterre, il y a des différences internes au Royaume-Uni l'Écosse étant moins coûteuse, les frais de scolarité sont élevés parfois très élevés.
La question des prêts étudiants et surtout de leur remboursement anime le débat politique américain depuis au moins les mandats Obama et J. Biden a tenté plusieurs formules d'aides ou même "d'amnistie" bancaire qui se heurtent aux règles constitutionnelles et cette politique de faire payer aux classes populaires les études de plus en plus frelatées de la couche étudiante est source de vive colère.
Vous trouverez des systèmes similaires à frais de scolarité élevés par rapport au niveau de vie dans beaucoup de pays africains où les meilleures écoles (secondaires) sont des pensionnats privés.
Au Japon, les frais de scolarité pour des écoles privées convoitées sont très élevés et la sélection à l'entrée très forte. Idem aux USA pour la sélection des futurs élèves puis des étudiants et ce à tous les niveaux.
Qu'en est-il du système belge et suivant les déclinaisons dans les 3 grandes régions politiques du royaume fédéral ?
Je ne sais pas et s'il est des lisureurs belges, qu'ils nous éclairent. Les frais de cette école sont-ils exorbitants dans le cadre belge et bruxellois ou sont-ils dans la norme des établissements privés du pays et de la région ?
Le système français d'école assez subventionnée et pour une éducation qui fut de grande qualité et qui l'est de moins en moins n'est pas universel.
La dégradation des systèmes scolaires dans l'empire américain et ses colonies OTAN-UE en revanche est une tendance de fond qui s'accélère tragiquement avec le formatage wokiste. Aux USA, on fait le procès des mathématiques comme "racistes" ...
Si les écoles catholiques traditionnelles peuvent garder une haute exigence de formation dans les humanités et de manière plus large selon ce qui fit pour le coup, la (bonne) réputation des collèges jésuites, tant mieux pour les enfants/jeunes et leurs familles.

( 970373 )
OK, mais ... par Quelconque (2023-10-02 12:24:37)
[en réponse à 970371]
Je ne connais pas les systèmes de scolarisation étrangers. Je m'étonne simplement du nombre, normalement tradi puisque messe traditionnelle et et prêtres tradis, d'élèves issus, j'imagine, de familles tradi ayant les moyens de scolariser leurs enfants à ce tarif.
On ne cesse de dire que la Belgique est totalement déchristianisée, allez comprendre.
Manifestement les employeurs interviennent dans les frais d'inscription; ce doit être le royaume du bonheur.

( 970375 )
Tout à fait normal par JFB33 (2023-10-02 13:44:17)
[en réponse à 970355]
Le prix moyen d'une école privée en Belgique tourne autour de 16.000€ et même 20.000€ pour Bruxelles.
Concernant Bricschool je ne crois pas qu'il y ait essentiellement l'ICRSP

( 970356 )
[réponse] par FGVJ (2023-10-01 19:32:33)
[en réponse à 970280]
Question à Monseigneur l’Ordinaire (le Havre) ayant déclenché cette polémique : Ne devons-nous pas préférer être proche des prétendues “dérives sectaires” de l’ICRSP, que des dérives avérées de la secte des pedophiles diocésains français et autres lobby des désordres des mœurs ?????????????

( 970360 )
Communiqué de l'ICRSP par Jeanne Smits (2023-10-01 23:18:57)
[en réponse à 970280]
C'est sur la page Facebook de l'Institut ; il n'y aura pas d'autre réponse de ce dernier, précise le communiqué. Je le copie-colle ci-dessous.
Amitiés
Jeanne Smits
Chers amis,
Vous avez eu la bonté de répondre nombreux à notre demande de prière de jeudi dernier.
À ceux qui ont fait l’effort de lire jusqu’au bout les articles laborieux de Vincent Mongaillard, fondés sur une méconnaissance totale de l’histoire de l’Église, de ses règles et de sa liturgie, sur une ignorance du vrai fonctionnement de l’ICRSP, sur une confusion entre un séminaire destiné à former de bons prêtres pour l’éternité et un centre de formation de gentils organisateurs pour club de vacances, sur des propos de « témoins » courageusement anonymes et de deux chanoines en délicatesse avec les règles canoniques, vous trouverez le message adressé par Mgr Wach le 15 juin dernier au dit journaliste.
Ce sera notre seule réponse à Vincent Mongaillard.
Que Saint François de Sales, patron des journalistes, intercède pour nous.
Monsieur,
J’ai bien reçu votre courriel du 6 juin 2023.
J’avais pensé qu’un journaliste qui poursuit le but légitime d’informer ses lecteurs devait mener une enquête de qualité, tenir des propos mesurés et prudents et ne pas faire preuve d’animosité personnelle.
Telle n’est pas votre façon de faire à travers les multiples questions que vous me posez, qui tiennent plus d’un pamphlet copié-collé que de l’enquête sérieuse.
Puisque vous enquêtez sur notre institut, pourquoi ne pas avoir commencé par consulter notre site internet, librement accessible, qui contient des archives de toutes natures depuis 2008 ? Vous auriez pu découvrir l’histoire de notre modeste institut, son lien avec les autorités romaines depuis son origine et le rôle de plusieurs cardinaux dans sa fondation. Vous y auriez trouvé des informations détaillées sur notre réalité ecclésiale et donc des réponses à bien de vos questions.
Si vous aviez consulté nos calendriers annuels, partout diffusés dans nos apostolats, vous auriez pu y voir les bonnes relations entretenues avec les évêques, spécialement en France, et y compris avec le président des évêques de France dans le diocèse duquel nous avons un apostolat confié par lui.
Vous auriez pu y découvrir que notre institut, qui accueille chaque année de nombreux séminaristes que la Providence nous envoie, ouvre chaque année des apostolats en France et dans le monde à la demande des évêques, et a la joie d’ordonner chaque année plusieurs prêtres pour le service de la sainte Église.
Vous auriez pu y découvrir la formation dispensée au séminaire, la formation doctrinale à l’école de saint Thomas d’Aquin, la formation communautaire et liturgique à l’école de saint Benoît, et l’exigeante vie de charité à l’école de saint François de Sales. Vous auriez pu y lire que le séminaire est un lieu de discernement, et que tous ne persévèrent pas ce qui ne signifie pas que leur départ coïncide avec brimade et vexations ou encore parce que certains sont renvoyés pour des raisons qu’il serait bien gênant d’avouer. Vous auriez pu y découvrir le bon travail des formateurs du séminaire dont je suis bien admiratif, et que je constate à chaque passage à Gricigliano étant moi-même les neuf dixièmes de l’année à l’extérieur pour les besoins de l’Institut.
Vous auriez pu découvrir la belle vocation de nos Sœurs Adoratrices, consacrées à Dieu par la prière pour le sacerdoce, qui sont appelées régulièrement par des évêques pour ouvrir des maisons. J’admire en elles l’humilité et la prière continuelle au service de l’Église.
Vous auriez pu découvrir la réalité missionnaire de notre institut, et le travail apostolique de plusieurs de nos prêtres en Afrique et au Gabon et nos liens d’amitié avec les autorités ecclésiastiques et civiles locales. Vous auriez vu le bon travail qu’ils font dans des conditions difficiles auprès des plus démunis et des affamés, auprès des malades de la lèpre, auprès des orphelins.
Vous auriez pu voir le travail de nos prêtres dans le monde qui ont le soin des plus pauvres qu’ils rejoignent lors de maraudes, des visites des malades et des personnes âgées auxquels ils vont rendre visite dans leurs missions d’aumôniers d’hôpitaux ou de maisons de retraite. Vous auriez pu voir le travail réalisé dans les prisons par nos prêtres qui ont reçu mission de l’évêque pour accompagner les personnes incarcérées.
Vous auriez également découvert le bon travail de nos prêtres auprès des évêques dans les officialités, les chancelleries, les archives diocésaines, ainsi qu’auprès des autorités romaines.
Vous auriez pu y voir le grand investissement de nos prêtres dans les écoles que nous avons sur deux continents (Afrique et Europe), dans lesquelles, au milieu de tant de sacrifices, nous voyons les fruits de l’action de la grâce dans la formation de la jeunesse, et dont nous avons eu un éloquent exemple récent (Henri d’Anselme).
Vous auriez pu y voir et y lire que nous accueillons tous les fidèles que le Bon Dieu nous envoie, quel que soit leur passé et quelle que soit leur histoire, car c’est bien la mission de l’Église et des hommes de l’Église de faire bon accueil à ceux qui lui sont envoyés pour essayer de les guider vers Dieu.
Je regrette ce parti pris, de même que je souffre lorsque j’assiste à des infidélités dans les engagements pris auprès du Seigneur ou auprès de l’Institut. Le manque d’honnêteté avec l’Église pour servir des fins personnelles ou politiques me blesse profondément.
Je me console en voyant les beaux fruits des ministères de nos prêtres, parfois fragilisés par un monde en manque de repères, mais confiant en la formation qu’ils ont reçue au séminaire.
Telles sont les réponses que j’entends faire, indissociables les unes des autres.
Salutations distinguées,
Mgr Gilles Wach

( 970374 )
Un article en demi-teinte sur fond de règlement de comptes par Mandrier (2023-10-02 13:39:02)
[en réponse à 970280]
Franchement cette série d'articles ne casse vraiment pas trois pattes à un canard. Qu'y apprend-t-on réellement ? À l'exception d'un certain goût pour le faste c'est plutôt vide sur quatre épisodes. Tous les témoins cités le sont anonymement (à l'exception des frères Goupil) pour des témoignages franchement en demi-teinte et qui partent dans tous les sens. L'article part même dans le grotesque. On demande aux séminaristes de ne pas se saoûler en terrasse au bar... On projette des films "très prudes" aux séminaristes qui se vengent en regardant Rambo ? C'est franchement absurde. Quant au désamour supposé vis à vis du pape régnant c'est sensé être surprenant ?
On atteint même le sommet du travail journalistique lorsque "l'expert" spécialiste dans la chose tradi parle de "l'Institut du Fric Roi Souverain Prêtre"...
Je ne pense pas qu'un article aussi pauvre aurait eu même la moyenne dans une école de journalisme.
Le seul témoignage avéré finalement vient des frères Goupil décidément bien nommés. Mais là c'est vraiment l'hôpital qui se fiche de la charité. Ils reprochent le côté faste et suranné de l'Institution. Quid du chapitre saint Remi : et de ses chanoines qui semblent avoir importé de l’ICRSP les dentelles qu’ils critiquent ici. Cela sans parler des chimères invraisemblables qui ont contribué à mettre en difficulté Mgr Rey, l’évêque qui les avait accueilli, avant de se mettre sous la responsabilité de « Monseigneur Maximilien de Sozan, prince-abbé nullius de l’abbaye territoriale Saint-Michel-Archange de Sozan » en Ukraine actuelle, ce qui en dit long sur l’équilibre au moins canonique desdits chanoines.
Il aurait suffit à l’auteur d’aller consulter les articles sur les supposées « dérives » du diocèse de Toulon pour se rendre compte que ses seules vraies sources sont elles-même bien suspectes.
Nom du lien

( 970398 )
Des chanoines vagi dans la mouvance d'un mythomane par Candidus (2023-10-02 22:32:15)
[en réponse à 970374]
On apprend dans
cet article que ce fumeux "Monseigneur Maximilien de Sozan, prince-abbé nullius de l’abbaye territoriale Saint-Michel-Archange de Sozan" serait l'unique survivant d'une "abbaye nullius" qui aurait constitué une "principauté indépendante" à une époque ancienne.
L'article prétend que les "conditions d'extinction" n'ayant pas été remplie,
"même s’il ne subsiste plus qu’un seul membre de la personne juridique collégiale [...] l’exercice de tous les droits de l’ensemble revient à ce seul membre" (can. 120 §). Aussi l'actuel abbé de Sozań depuis 1995, Maximilien de Sozan, a-t-il reconstitué son chapitre en 2009."
C'est du grand n'importe quoi. Et c'est sous l'autorité de cet olibrius mythomane que les frères Goupil se seraient placés ! Quelle crédibilité leur reste-t-il ?

( 970422 )
Ce prétendu abbé... par Luc de Montalte (2023-10-03 12:05:34)
[en réponse à 970398]
... a déjà été évoqué
dans ce précédent fil comme "inconnu à France comme à Rome" dans un article de La Croix. En tout cas, son abbaye n'en est plus une.

( 970433 )
L'abbaye du "Prince-Abbé"... est un hôpital psychiatrique par Candidus (2023-10-03 14:24:06)
[en réponse à 970422]
Le hasard n'existe pas, la Providence nous fait un clin d'oeil.

( 970434 )
On peut même se demander... par Luc de Montalte (2023-10-03 14:25:55)
[en réponse à 970433]
... si ce prince-abbé existe vraiment ou n'est qu'un Caligari destiné à justifier leur chapitre imaginaire.

( 970383 )
A quoi sert un séminaire ? par PEB (2023-10-02 18:12:28)
[en réponse à 970280]
Le but de la formation initiale des clercs séculiers est de donner aux Peuple de Dieu des hommes capables de l'enseigner, de le gouverner et de le sanctifier. Il faut prendre soin de ces personnalités généreuses tout en en éprouvant les aptitudes et motivations qui forment la base de la vocation.
De ce fait, la vie commune est ordonnée au développement de l'indépendance personnelle, intellectuelle et spirituelle du futur prêtre. Il en va de la liberté d'exercice d'une charge complexe. Je trouve dangereux l'installation d'une ambiance ramenant le candidat à sa propre insuffisance et indignité présumée. Les fidèles demandent des hommes debout, fiers de leurs capacités, confiants envers leurs ouailles et dignes de leurs confiance (chèrement acquise !).
Au contraire, il est prudent de développer un sens des responsabilités de ces (plus ou moins jeunes) adultes : qui passe par le respect de l'intimité (secret de la correspondance) et du for interne. Plutôt que d'interdire une lecture, il vaut mieux discuter et proposer d'en faire une restitution en classe. Bref, il convient de développer l'esprit critique et les compétences de prise de parole en acceptant le risque de l'erreur.
Le but n'est pas de fabriquer des "parfaits" mais des Cléophas sur la route d'Emmaüs.
PS : Un bon séminaire est capable de recevoir des adultes de tout âge. De vieux impétrants expérimentés dans la vie ont tant à offrir, mais on ne leur fait pas avaler n'importe quelle couleuvre !

( 970386 )
Et qui vous dit ? par Meneau (2023-10-02 18:55:22)
[en réponse à 970383]
Que ceci :
Au contraire, il est prudent de développer un sens des responsabilités de ces (plus ou moins jeunes) adultes : qui passe par le respect de l'intimité (secret de la correspondance) et du for interne. Plutôt que d'interdire une lecture, il vaut mieux discuter et proposer d'en faire une restitution en classe. Bref, il convient de développer l'esprit critique et les compétences de prise de parole en acceptant le risque de l'erreur.
n'est pas justement ce qui est enseigné
et que cela :
Je trouve dangereux l'installation d'une ambiance ramenant le candidat à sa propre insuffisance et indignité présumée. Les fidèles demandent des hommes debout, fiers de leurs capacités, confiants envers leurs ouailles et dignes de leurs confiance (chèrement acquise !).
est vraiment une dérive installée dans l'institut ?
Les aigris Goupil en délicatesse avec ledit institut aussi bien qu'avec les autorités canoniques ?
Cordialement
Meneau

( 970387 )
L'un des problèmes avec les séminaires contemporains... par Signo (2023-10-02 19:01:11)
[en réponse à 970383]
... et surtout les séminaires tradis, c'est qu'ils sont incapables de fabriquer autre chose que des clones, c'est à dire non pas des personnalités libres et affirmées, mais des individus formatés dont on attend un certain comportement estampillé, une certaine manière de penser et d'appréhender la réalité. Dans ce genre de maisons, on aime pas les personnalités trop fortes, trop affirmées, qui ont un esprit critique et des convictions personnelles. On attend du séminariste, non pas qu'il acquiert une large et solide culture théologique susceptible de nourrir sa vie spirituelle et son action pastorale, mais qu'il adhère à la doctrine du Parti (que cette doctrine ne soit pas tout à fait, voire pas du tout, celle de l'Eglise, leur importe peu).
Du reste, on a le même phénomène dans les grandes écoles qui forment l'élite du pays (ENA, etc). Avec les mêmes résultats, c'est à dire que l'on abouti à des élites, ou à un clergé tellement formaté et hors sol qu'il se retrouve incapable de répéter autre chose que des slogans rédigés par d'autres et des idées "prêtes-à-penser".
Très désagréable aussi la tendance de certaines communautés à imposer leur "style", -celui de la boutique-, plutôt que de s'inscrire sereinement dans la grande Tradition de l'Eglise. Tout cela sont des phénomènes typiquement post-modernes.

( 970389 )
Jugement à l'emporte-pièce par Meneau (2023-10-02 20:14:28)
[en réponse à 970387]
Je connais bon nombre de prêtres de la FSSPX ou issus de ses séminaires qui ont une personnalité bien affirmée et des convictions personnelles. S'ils ont, certes, des visions communes sur le Concile et autres, ça n'en fait pas pour autant des clones dépourvus de tout jugement.
Prenons un exemple : tenez-vous l'abbé Philippe Laguérie pour un "clone formaté, au comportement estampillé" ? Et si on reparlait de Mgr Williamson ?
Bref, votre appréciation me semble peu fondée à la lumière de ma propre expérience, ou serait au moins à nuancer.
Cordialement
Meneau

( 970393 )
Justement, c'est un phénomène récent par Signo (2023-10-02 21:23:44)
[en réponse à 970389]
C'est pour cela que je l'ai qualifié de post-moderne.
Vos exemples sont très intéressants parce que justement je pense que la FSSPX aujourd'hui n'est plus exactement celle du temps de Mgr Lefebvre.
Dans les années 1980, Mgr Lefebvre rassemblait presque tous les catholiques du monde francophone européen qui voulaient résister au déferlement progressiste qui ravageait les diocèses. La FSSPX était la structure qui peu ou prou rassemblait tout ce monde là, c'était donc une communauté composée de personnalités très diverses avec souvent un caractère assez trempé et de fortes convictions personnelles. Il y avait aussi des prêtres qui avaient eu une vie sacerdotale dans les diocèses avant de rejoindre la Fraternité. A l'époque c'était une "mouvance" large, militante mais encore relativement souple et ouverte sur le reste de l'Eglise. Aux débuts, malgré l'attachement à la liturgie traditionnelle, pas de modèle uniforme et rigide: dans bien des communautés traditionalistes, les fidèles chantaient le Pater avec le célébrant (ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui). Ce n'est que plus tard que le missel de 1962 va s'imposer partout, imposant ainsi une uniformité que le mouvement traditionaliste n,'avait pas à ses débuts.
Quand on pense que Mgr Lefebvre a été publiquement soutenu par des personnalités comme le grand écrivain Julien Green, ou par l'académicien Jean Guitton, ami de Paul VI; que l'immense théologien Charles Journet a rendu visite à Dom Gérard durant ses premières années de résistance monastique... on est aujourd'hui bien loin de la situation d'alors!
Par ailleurs le prestige et le charisme de Mgr Lefebvre a longtemps permis d'agglomérer toutes ces personnalités diverses. Je pense que les choses se sont dégradées progressivement, mais surtout à partir des sacres de 1988. A ce moment, une partie non négligeable de prêtres quittent la FSSPX pour fonder la FSSP (d'où sont sortis l'abbé Loiseau pour fonder les MMD), puis plus tard l'IBP. En fait tous ces ralliements, au delà des questions canoniques, s'expliquent souvent par des fortes personnalités qui sont expulsées de leur communauté d'origine, ou bien qui on l'impression d'y étouffer et donc la quittent d'eux-mêmes (c'est le cas de l'abbé Laguérie par rapport à la FSSPX, l'abbé Loiseau par rapport à la FSSP). Parallèlement à cela, les supérieurs des séminaires tolèrent de moins en moins les fortes personnalités justement pour maintenir leur unité interne. Certains sont exclus des séminaires pour cette raison.
Comme dans la société post-moderne c'est le grand vide qui règne sur le plan identitaire, les communautés ont tendance à insister de plus en plus sur l'identité de leur communauté, hélas souvent au détriment d'une saine insertion dans la Tradition de l'Eglise dont d'ailleurs ils n'ont plus une conscience très vive. Je me souviens d'un liseur sur ce forum qui se plaignait du fait que la FSSP par exemple, lorsqu'elle recevait la charge d'une paroisse, avait tendance à imposer son style et son "logo" propre au détriment de l'histoire propre de la paroisse. Il y a ainsi une tendance à remplacer les identités naturelles et historiques par des identités artificielles.
Les exemples que vous donnez confortent ma thèse puisque tous les deux ont justement quitté leur communauté, pour des raisons bien différentes certes mais tout de même...

( 970391 )
Votre problème par Nemo (2023-10-02 20:58:09)
[en réponse à 970387]
Ces prêtres clonés selon vous attirent au moins des vocations et leur apostolat est en croissance.
Voyez-vous, nous sommes nombreux à préférer les prêtres qui préfèrent s’identifier au Christ plutôt que de manifester leur propre personnalité.
Nous aimons nous retrouver dans des églises où les liturgies n’apportent aucune surprise et où la doctrine passe avant les opinions personnelles.
Clairement ce n’est pas sur ce forum que vous allez nous convaincre de l’utilité des prêtres à la personnalité exacerbée. On préfère qu’ils brillent par la sainteté.

( 970395 )
Hélas vous êtes hors sujet par Signo (2023-10-02 21:36:04)
[en réponse à 970391]
Je ne parle évidemment pas du nécessaire effacement du célébrant derrière la figure du Christ lorsqu'il accomplit sa fonction sacerdotale, notamment dans le cadre de la liturgie sacrée.
Je parle de culture théologique et liturgique, je parle de capacité à penser par soi-même et non à adopter docilement les idées toutes faites des autres ou de la «tribu» (idées qui, quand on les regarde de près, ne sont que rarement, et le plus souvent jamais, en harmonie avec la vraie Tradition de l'Eglise). Je parle aussi et surtout d'esprit critique (au bon sens du terme, c'est à dire ce qui aide à progresser). Bref, tout ce qui fait que l'Eglise catholique est l'Eglise catholique et non pas une secte.
Les communautés traditionalistes ont des vocations et je m'en félicite. Etant moi-même pratiquant dans la liturgie traditionnelle, j'ai envie d'avoir accès aux sacrements, à la liturgie, à une catéchèse claire et non pas édulcorée. Ce n'est évidemment pas cela que je critique. Après, avoir des vocations n'est pas en soi la preuve absolue qu'on est dans le droit chemin. Les légionnaires du Christ du temps de Maciel attiraient énormément de vocations aussi.
C'est en tout cas intéressant de constater que vous semblez faire partie de ceux qui ne supportent pas que l'on critique leur "clan", leur parti. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, étant donné que sauf erreur, je n'ai tenu aucun propos contraire à la foi catholique.

( 970396 )
Vous me faites de la peine par Nemo (2023-10-02 22:06:30)
[en réponse à 970395]
Ceux qui me connaissent n’ignorent pas mes excentricités, mes engagements dans des milieux fortement gauchistes, mon goût pour la techno, pour le remblais, mon immaturité et mon côté rebelle. Je ne pense pas vraiment être formaté même si vous le pensez. Et contrairement à vous je ne crache pas dans la soupe en allant chercher les sacrements chez les tradis, en me baladant sur un forum tradi, tout en critiquant régulièrement. Vous êtes, contrairement à moi, totalement prévisible. C’est mon appréciation personnelle sur vous et, sincèrement, je vous plains. Y a-t-il des communautés où vous vous sentez à l’aise et où vous l’exprimez ? Préconisez-vous un solution à des problèmes que vous voyez ?

( 970402 )
Je ne comprends pas vos propos par Signo (2023-10-02 22:38:16)
[en réponse à 970396]
On a l'impression que pour vous, être catholique et adhérer au Parti communiste de l'Union soviétique, c'est le même type de démarche.
Non, "je ne vais pas chercher les sacrements chez les tradis". Ce ne sont pas "vos" sacrements, et ce ne sont pas des "sacrements tradis". Ce sont ceux de l'Eglise, ou plutôt ceux que le Christ lui a confiés.
Non, "je ne crache pas dans la soupe". C'est par la critique que l'on progresse, pour peu qu'elle soit constructive et argumentée, jamais par la pensée unique ou par le conformisme social, qu'il soit de droite ou de gauche, tradi ou progresso. Mais une fois de plus je constate cette réalité glaçante: les "cathos", qu'ils soient tradis, conservateurs ou progressistes, n'aiment pas la vérité. Elle leur fait sans doute trop peur. Je saurai en tirer les conclusions en ce qui me concerne.
Quand au "forum tradi", ne vous inquiétez pas, je ne vous embêterai plus désormais. Je sentais bien que revenir troubler l'entre-soi de certains micro-milieux qui se prennent pour et s'appellent eux mêmes "la Tradition", ne pouvait qu'être une erreur. Votre message vient de m'ouvrir les yeux.
Je vous souhaite une agréable soirée et une bonne continuation.

( 970427 )
"La" Vérité ??? par Meneau (2023-10-03 13:14:56)
[en réponse à 970402]
les "cathos", qu'ils soient tradis, conservateurs ou progressistes, n'aiment pas la vérité
La vérité, ou l'idée que vous vous en faites à partir de la connaissance parcellaire (j'allais même dire partisane) que vous en avez ?
Cordialement
Meneau

( 970449 )
Plusieurs choses par Peregrinus (2023-10-03 21:16:36)
[en réponse à 970402]
L’assertion selon laquelle les séminaires traditionnels formeraient des clones formatés incapables d’un raisonnement personnel ne tient pas compte d’un fait massif, à savoir que ceux qui raisonnent de façon personnelle sont bien rares, particulièrement de nos jours. L’on n’a pas besoin d’avoir été formaté par quelque séminaire que ce soit pour penser par slogans ou pour prendre quelques éléments de langage pour le dernier mot sur la réalité du monde : c’est ainsi que raisonne le grand nombre des hommes.
Je ne vois pas non plus que leurs études aient annihilé la physionomie intellectuelle et morale des jeunes prêtres ou séminaristes de la FSSPX ou des instituts ED que je connais. Il me semble que votre conclusion découle de votre parti pris, savoir, que les décrets de réformation du concile de Trente sont contraires à la Tradition et à l’esprit de l’Église. Le problème est que vous tendez souvent à confondre la Réforme tridentine et l’ultramontanisme du XIXe siècle, ou plutôt une caricature monstrueuse de ce dernier, qui néglige aussi bien les circonstances qui lui ont donné naissance que les mérites de certains de ses représentants ; tout cela au profit d’une sorte de rêverie néo-romane ou pseudo-orientalisante qui tient plus du mauvais romantisme que d’une réflexion solide sur l’histoire de l’Église, de la théologie et de la liturgie.
Le séminaire, du reste, n’a pas pour fin principale de former des penseurs originaux, mais des prêtres pieux, réguliers, aptes à exercer le saint ministère, ce qui exige, bien sûr, une instruction philosophique et théologique, mais pas nécessairement des réflexions ébouriffantes.
Personne ne veut vous empêcher d’écrire ; en revanche, je pense que vous n’êtes pas conscient de l’agacement bien compréhensible que vous suscitez du fait des affirmations péremptoires que vous assénez sans vraiment vous soucier de les étayer solidement, en prenant souvent vos contradicteurs pour des ignorants, ou alors en ne tenant absolument aucun compte ni de leurs réponses, ni de leurs compétences ou de leur personnalité, en inventant en guise d’épouvantail des contradicteurs traditionalistes souvent obtus et toujours caricaturaux. D’autres liseurs ont des idées proches des vôtres, et d’ailleurs ne les dissimulent pas, sans qu’on leur en tienne rigueur, parce qu’ils n’adoptent pas un ton de spécialiste sur des matières qu’ils ignorent et se gardent de prêter constamment à leurs contradicteurs des idées ou des attitudes qui ne sont pas les leurs : faire de Nemo un tenant d'une adhésion stalinienne au Parti est tout de même un peu fort.
Je pense qu’au fond, nous sommes tous les deux des esprits à théories : c’est ce qui explique sans doute que j’éprouve au fond beaucoup de sympathie pour vous, et que j’espère que vous resterez sur le Forum. Mais il y a les théories, et il y a l’Église réelle, et pour ma part je ne me permets pas de lui en vouloir si elle ne partage pas mes élucubrations.
Peregrinus

( 970450 )
Personne n'aime la Vérité par Vox clamantis (2023-10-03 21:54:23)
[en réponse à 970402]
ou presque. C'est une des conséquences du péché originel : rappelez-vous Adam caché dans le jardin !
Les catholiques de toutes les espèces sous le ciel ne font pas exception en la matière. Il est triste de le constater, mais cela ne devrait pas surprendre.
Cela étant dit... je ne suis pas d'accord avec vous.
Il y a, et il y a toujours eu, un peu de "formatage" au séminaire. Est-ce un mal ? Tant que cela reste dans une certaine mesure, dans la transmission d'une certaine "couleur locale", pas forcément. Cela peut le devenir si on entre dans la négation des personnalités, dans le mélange des fors, bref dans l'abus de conscience. Rien dans l'article du Parisien ne permet de voir qu'on aille là, malgré les insinuations qui y sont faites.
De fait, les jeunes prêtres, quel que soit le séminaire d'ailleurs (je l'ai plutôt constaté au diocèse de Paris...) sont un peu conformistes. Mais il y a un effet d'âge : on a rarement à 28 ou 33 ans le caractère et la force d'affirmation d'un homme d'âge mûr.
Mais je ne crois pas que le séminaire soit un lieu qui serve à former l'originalité de pensée. Le message de Peregrinus contient des éléments importants et, me semble-t-il, très justes : on demande au séminaire de prendre un groupe et d'en faire de bons prêtres, pieux, ayant la science nécessaire. On ne demande pas au séminaire d'être une pépinière de grands théologiens ou de pasteurs aux initiatives pastorales brillantes. Pour le premier cas, il y a des universités à Rome où envoyer les sujets qui ont du potentiel. Pour le second, seule l'expérience et des compagnonnages avec prêtres plus expérimentés et ayant eux-mêmes des bonnes intuitions dans ce domaine pourra porter du fruit.
Mais le séminaire, comme toute formation de groupe, n'est pas un lieu pour former des individualités brillantes. Il est là pour donner à tous un bagage commun et déceler les potentialités que les supérieurs devront développer par la suite.

( 970415 )
Allons ! par Gaspard (2023-10-03 09:51:22)
[en réponse à 970395]
je parle de capacité à penser par soi-même et non à adopter docilement les idées toutes faites des autres ou de la «tribu» (idées qui, quand on les regarde de près, ne sont que rarement, et le plus souvent jamais, en harmonie avec la vraie Tradition de l'Eglise).
Et quelles sont-elles, ces idées toutes faites qui ne sont jamais en harmonie avec "la vraie Tradition" ? Et la "vraie Tradition", qu'est-ce que c'est ? Une façon de vous autodésigner ?
Ne prenez quand même pas autrui pour un imbécile par principe.

( 970394 )
Simplification ridicule par Roger (2023-10-02 21:28:59)
[en réponse à 970387]
Sur quelles bases osez vous parler de l'Ena, école où vous n'avez probablement jamais mis les pieds ?
Les séminaires traditionnels sont souvent cosmopolites...et donc inévitablement plus ouverts que vous ne le prétendez !

( 970418 )
à partir de mon expérience, voici ma contribution aux questions raides de Signo par Luc Perrin (2023-10-03 10:16:45)
[en réponse à 970387]
Tout d'abord, le séminaire "tradi" - j'ai enseigné dans deux - n'est guère différent du séminaire diocésain ordinaire. On y porte la soutane et/ou un habit religieux quand il dépend d'un institut, on y observe la coutume des lectures à table sauf Deo gratias accordé (assez régulièrement), les horaires communautaires y sont plus tenus qu'ailleurs (à vérifier) comme le silence après complies.
Pour avoir séjourné quelques jours à Solesmes pour le besoin de mes recherches et dans une société de prêtres bretons, c'était à peu près identique.
Pour la FSSP, les sorties libres existent une fois par semaine et lors de deux grands week-ends dans l'année et ce depuis pas loin de 20 ans.
Le public des séminaristes, venant d'horizons divers en effet tant par le pays que les parcours, n'est pas inerte. Ils posent moult questions plus que mes étudiants laïques d'université en fait et la discussion se poursuit à chacune des nombreuses pauses.
Je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir affaire à des robots formatés et débitant un discours officiel : non les séminaires tradis ne sont ni TF1, France Télévision ni BFM-TV et moins encore LCI ou la communication experte en mensonges du ministère de la "Santé" français etc.
Pour preuve, il y a un "turn over" : comme ailleurs, certains ne restent pas ou changent pour un autre institut ou pour du clergé NOM ou pour la vie laïque. On m'a indiqué que c'était identique à la FSSPX. J'ai personnellement connu des cas de partants, de leur plein gré.
Bien sûr si on postule pour être franciscain, c'est qu'on a une inclination spéciale pour saint François et la spiritualité franciscaine, idem pour une vocation diocésaine où le candidat a une attache particulière pour le lieu etc. Rien de très surprenant qu'un fidèle tradi qui se sente une vocation se tourne vers ces séminaires.
Globalement, pour ce que je sais d'expérience, les séminaires tradis sont sûrement plus souples que leurs devanciers d'avant la crise de l'Église à partir de 1960 en Occident. Ils me paraissent très proches des séminaires diocésains africains contemporains que j'ai pu voir quant au style de vie et de formation.
Bref dans des régions du globe où les vocations, sans être parfaites il y a des écueils, sont néanmoins plus vivaces et solides que celles qui restent en Occident, en fort déclin.
Est-ce à l'équipe qui perd tout, vocations crédibilité sociale foi, la très décadente Église catholique occidentale "ordinaire" de s'ériger en donneuse de leçon pour l'univers ?
Peut-être serait-il plus sage de se tourner vers les équipes qui gagnent ne pensez-vous pas ?
Quant à la question de l'âge, les séminaires d'aînés ont existé dans l'Église pour les "VT" vocations tardives. Il n'y en a pas, à ma connaissance, dans le petit monde tradi du fait de l'abondance des vocations à l'âge traditionnel <30-35 ans. C'est sans doute une lacune qu'il faudrait combler.
On comprend toutefois assez aisément que la cohabitation dans un lieu de jeunes de la vingtaine avec des hommes mûrs ayant déjà une vie professionnelle et sociale assez longue de 50, 60 ans voire au-delà ne va pas de soi. Cela imposerait des maisons de formation séparées.
Enfin, c'est très pragmatique, on meurt plus vite à 60-65 ans qu'à 28-30 ans. On est moins résistant au plan physique pour des apostolats situés un peu partout dans le monde, on est plus facilement malade avec ou sans injection-poison.
L'investissement fait pour une formation longue et exigeante demande à être "rentabilisé", vilain mot je sais. Ceci dit, sans doute cette question des VT se posera dans un avenir proche du fait du vieillissement de la population occidentale vivier des vocations, que les apports de "clandestins" encouragés dans l'empire OTAN-UE, peu catholiques en général, ne résoudront pas.

( 970406 )
le journaliste Montgaillard bien connu du FC par Cristo (2023-10-02 23:47:01)
[en réponse à 970280]