Le Forum Catholique
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( 962695 )
La Semaine Sainte réformée : cheval de Troie dans la liturgie traditionnelle par Vexilla Galliae (2023-03-29 19:15:10)
« En mars 2011, l’excellent site
Liturgia de la Schola Sainte Cécile, commençait la publication d’une
série d’excellents articles consacrés à l’étude de la réforme liturgique de la Semaine Sainte accomplie dans les dernières années du pontificat de Pie XII. L’article d’introduction à cette étude commençait ainsi :
« Tous ceux qui s’intéressent aux antécédents de la réforme liturgique de 1969 ne manquent pas de s’intéresser aux deux grandes réformes qu’à connu le XXème siècle, à savoir la réforme du bréviaire conduite sous saint Pie X en 1911 et celle de la Semaine Sainte menée sous le Pape Pie XII en 1955, quelques années avant le Concile Vatican II.
A l’approche de la Semaine Sainte, il parait intéressant d’examiner le détail de ce qui a été modifié lors de la réforme de 1955. Si dans le monde traditionnel, beaucoup savent confusément qu’une réforme de la Semaine Sainte a eu lieu en 1955, peu connaissent ce qui a exactement été réformé et comment. Promulguée par le décret Maxima redemptionis nostrae mysteria de la Sacrée Congrégation des Rites le 16 novembre 1955, la Semaine Sainte réformée témoigne de l’activité de réforme liturgique qui précéda immédiatement le concile et engendra le rit de 1969. »
Nous ne pouvons qu’encourager avec force les amoureux de la liturgie authentiquement catholique et de la vérité historique à lire et à approfondir ces articles.
Pour ceux qui souhaiteraient au préalable avoir un aperçu plus concis des tenants et aboutissants de cette réforme liturgique qui prépara celle qui suivi le concile vaticandeux et la ruine de la Sainte Messe catholique dans les paroisses, il existe un tout petit livre (à peine 75 pages) publié par Monsieur l’Abbé Olivier Rioult (prêtre ordonné dans la Fraternité Saint Pie X mais qui n’en fait plus partie aujourd’hui) aux éditions Saint Agobard qu’il a fondées et dirige. Si toutes les publications de ce prêtre ne sont pas également recommandables, cet opuscule, lui, est particulièrement intéressant et digne d’attention. Ce pourquoi nous nous permettons d’en faire la promotion ici.
En effet, la réforme des rites de la Semaine Sainte sous le pontificat de Pie XII avait déjà pour artisan le Révérend Père Annibale Bugnini de sulfureuse mémoire, si bien que, dans le missel de 1962, utilisé dans la plupart des chapelles et églises où est pratiquée la liturgie antéconciliaire, la célébration de la Semaine Sainte selon ces nouveaux rites promulgués en 1956 (et que beaucoup imaginent être traditionnels) fait véritablement figure d’un cheval de Troie dans la liturgie authentiquement traditionnelle.
En 2018, de manière discrète et parcimonieuse, le Saint Siège [avait] autorisé « expérimentalement » la reprise des rites millénaires antérieurs à cette réforme de la Semaine Sainte, qui a été fallacieusement qualifiée de « restauration ».
Peut-être vous souvenez-vous que justement nos avons publié dans les pages de ce blogue plusieurs « reportages » sur cette célébration de la Semaine Sainte selon les rites authentiquement traditionnels : il vous est toujours loisible de vous y reporter.
http://leblogdumesnil.unblog.fr/2021/03/27/2021-23-nous-avons-lu-et-nous-avons-aime-la-semaine-sainte-reformee-sous-pie-xii-bref-examen-critique-examen-critique/
Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

( 962696 )
Intéressant mais... par Christiank (2023-03-29 20:17:15)
[en réponse à 962695]
Je crois qu'il y a peut-être un danger de confondre toute réforme avec réforme mal menée. Pour revenir à mon exemple fétiche, la réforme de 1955 n'a rien à avoir avec la messe western, est totalement incompatible avec celle-ci. Pas le cas du novus ordo.
Alors il semble qu'il faille éviter de se braquer contre toute réforme quelle qu'elle soit, ca mine la crédibilité.
Mgr Lefebvre a dit d'ailleurs que lui-même n'était pas opposé à toute réforme liturgique.

( 962700 )
Merci par Regnum Galliae (2023-03-29 20:38:03)
[en réponse à 962695]
Je vais m'y plonger car cette réforme m'intrigue. En effet, lorsque j'assiste aux offices de la semaine sainte selon le missel de 1962, mon Dom Lefebvre des années 40 ne semble pas dépaysé. De mémoire, les textes semblent globalement les mêmes. D'où ma curiosité d'en savoir plus.

( 962701 )
oui, très juste par Christiank (2023-03-29 21:02:08)
[en réponse à 962700]
Il y a réforme et réforme. Supposons qu'une réforme abolit le deernier évangile de 1962. Pas de problème pour moi, on est à des années lumières de la messe western, de la pastorale cuculisée liée à la théologie "positive", qui , trop répétée, vire à l'"hérésie cryptogrammique" selon K. Rahner (enfer censuré etec etc)

( 962706 )
Les messes western par AVV-VVK (2023-03-29 21:25:24)
[en réponse à 962701]
sont des profanations dès la première minute.

( 962753 )
Plus compliqué par Christiank (2023-03-30 17:48:55)
[en réponse à 962706]
Subjectivement, les auteurs n'ont aucune intention profanatoire.
Etymologiquement oui, c'est du profane assez vulgaire dans le choeur.
Alors il est difficile d'évaluer si c'est une profanation au sens du péché, qui nécessite intention etc.
Le novus ordo n'est pas profanatoire dans l'intention. Or la messe western est novus ordo, ca semble difficile voire impossible à contester (C'est le point empirique si important)

( 962714 )
cryptogrammique ? par Lycobates (2023-03-29 23:02:11)
[en réponse à 962701]
cryptogamique
Mais je ne vous critique pas, personne ne comprend le malheureux père Rahner, qui lui certes savait dont il parlait, ni ses disciples et admirateurs nébuleux et soyeux (dont un baroqueux bavarois devenu plus tard à notoriété mondiale), et c'était fait pour.

( 962716 )
M'est avis par Meneau (2023-03-30 00:25:55)
[en réponse à 962714]
que vous avez besoin d'un peu de sommeil, mon cher Lycobates. Votre syntaxe française "lässt nach"
Cordialement
Meneau

( 962752 )
Cryptogrammique par Christiank (2023-03-30 17:42:44)
[en réponse à 962714]
Le texte de Madiran a mal recopié, d'après citation de Hildebrand, La vigne dévastée, c'est cryptogrammique et c'est plus vraisemblable pour signifier hérésie cryptée (par le silence, la censure).

( 962762 )
"kryptogame Häresie" par Lycobates (2023-03-30 22:41:20)
[en réponse à 962752]
Le P. Rahner forgea ce terme repris de la botanique dans Was ist Häresie?, un article de 1961, pour signifier une hérésie non manifestée, non thématisée, non explicitée, non saisissable conceptuellement, qui se reproduit et se diffuse de façon non manifeste, cachée ou peu apparente, pour infester tout l'organisme.
J'ignore ce qu'en ont fait imitateurs ou traducteurs, mais c'est le terme original.

( 962776 )
Ok, merci par Christiank (2023-03-31 16:58:59)
[en réponse à 962762]
pour la correction . C'est donc D. von Hildebrand qui a mal copié, ou ses traducteurs anglais. Le suffixe "game" réfère donc à l'idée de reproduction (comme dans gamète), plutôt que gramme qui aurait connoté l'idée de chiffrage.

( 962781 )
Favorisant l'hérésie par Christiank (2023-03-31 18:40:43)
[en réponse à 962776]
Il est intéressant de noter que le terme de Rahner implique l'idée de reproduction secrète ou invisible, qui peut se rapprocher de la notion de Mgr Lefebvre "favorisant l'hérésie"

( 962717 )
C'était l'idée initiale de Jean XXIII par Candidus (2023-03-30 03:13:45)
[en réponse à 962701]
Au témoignage de Mgr Léon-Arthur Elchinger, Jean XXIII lui avait confié en 1962 que la suppression du dernier Evangile était sans doute à quoi se limiterait la "réforme liturgique" qu'il envisageait (cf. L'âme de l'Alsace mémoires de l'ancien évêque de Strasbourg).

( 962719 )
Au vu du schéma sur la liturgie,... par Athanasios D. (2023-03-30 09:13:26)
[en réponse à 962717]
... que saint Jean XXIII connaissait, ce témoignage me paraît plus que douteux. Ou alors le pape disait cela pour rassurer les plus réticents.
Ath

( 962722 )
Si le témoignage date de 1962... par Candidus (2023-03-30 09:37:16)
[en réponse à 962719]
... le schéma sur la liturgie existait-il sous la forme que lui nous connaissons ?

( 962725 )
En tous cas,... par Athanasios D. (2023-03-30 10:17:00)
[en réponse à 962722]
... il a été examiné au Concile du vivant de Jean XXIII, sans cependant être approuvé par un vote. Ce schéma avait par ailleurs attiré les louanges du P. Schillebeeckx (!).
Ath

( 962739 )
le témoignage de Mgr Elchinger et le schéma préparatoire par Luc Perrin (2023-03-30 13:05:06)
[en réponse à 962725]
Mgr Elchinger rend bien visite au pape Jean XXIII, la légende de la photo indique 1961 et le texte page 246 dit "trois mois avant l'ouverture" de Vatican II donc à l'été 1962. Petite différence : en 1961 le schéma est avancé mais pas finalisé par la Commission centrale préparatoire, été 1962 il est prêt mais avec les légères retouches réclamées par le nouveau préfet de la S.C. des Rites qui est associé au Coetus par la suite (cardinal espagnol Larraona).
On sait que le cardinal Gaetano Cicognani, décédé en février 1962, hésitait à signer ce schéma.
Elchinger rapporte les réticences de Jean XXIII encore à la veille du Concile, son témoignage est corroboré par le "Journal de l'âme", le diaire personnel de Roncalli : il indique qu'en matière de liturgie, il faut aller "pede lente", à pas lent.
La froideur de G. Cicognani, les critiques de Larraona, le fait qui a crucifié l'intéressé que Bugnini ne soit pas désigné pour la Commission conciliaire de liturgie, un désaveu cinglant, - c'est Mgr Martimort qui a joué en 1962-1963 le premier rôle -, tous ces faits tendent à conforter le témoignage de l'alors évêque-coadjuteur de Strasbourg.
Le décès brutal du Père Loew, un liturgiste réformiste prudent bien qu'autrichien, en 1962 a pesé sur le destin du schéma et de la Constitution. Il avait été en première ligne dans le Mouvement liturgique sous Pie XII et le principal rédacteur du fameux Mémoire sur le réforme liturgique qui a posé les bases de la Commission pacellienne et de son oeuvre.
Son rôle est trop souvent ignoré du fait de sa disparition just avant la grande bataille. C'est indubitablement, au sein des réformateurs, un anti-Bugnini.
Mgr Elchinger était marqué par les néo-liturges allemands et emporté par son caractère volontiers bravache et provocateur (qui pouvait jouer dans des sens opposés) : son intervention sur la liturgie en 1962 fit grand scandale dans l'aula.
Il accentue, à mon sens, le contraste dans sa mémoire de l'entrevue entre un Jean XXIII très prudent en effet, sur la ligne pacellienne-Loew, et lui-même qui est plus sur celle de Bugnini et des Allemands comme Mgr Wagner de Trêves, qu'il connaît bien.

( 962748 )
Un narratif à revoir par Candidus (2023-03-30 15:35:29)
[en réponse à 962739]
A vous lire je me dis que nous sommes bien loin du simplisme avec lequel certains traditionalistes expliquent la réforme liturgique. Selon leur narratif, un groupe de prélats francs-maçons, dont Mgr Bugnini était le maître d'oeuvre, se sont introduits dans l'Église. Ils ont commencé par circonvenir le benêt Pie XII en le convaincant de réformer la Semaine Sainte, ont fait élire le FM rosi-crucien Roncalli qui a convoqué un concile pour réaliser la protestantisation de l'Église et la destruction de sa liturgie.
En fait nous constatons que du début à l'aboutissement de la réforme liturgique, toutes sortes d'événements absolument imprévisibles se sont succédés, notamment le décès de liturges conservateurs qui auraient dû conduire cette réforme.
Quoi de plus contre-intuitif aussi dans le cadre du scénario complotiste que la promotion de Bugnini par Pie XII et sa démotion par Jean XXIII ?
J'ai cité dans un post de ce fil la présentation par Bugnini de la réforme de 1965. Il est clair que cette réforme est présentée par lui comme un aboutissement et la mise en oeuvre définitive de Sacrosanctum Concilium. Pourquoi Bugnini aurait-il écrit cela en 1964 s'il n'en avait pas été intimement convaincu ? La présentation qu'il fait de cette réforme limitée n'exigeait aucunement un tel mensonge. N'aurait-il pas dû craindre que ses nombreux ennemis l'accusent ensuite d'hypocrisie et de dissimulation ?
La vérité est qu'entre la présentation en 1964 de cette première réforme et son application en 1965, Bugnini lui-même n'avait pas une vue claire de la suite des événements.
La réforme liturgique a été une dynamique dans laquelle deux éléments moteurs ont joué un rôle essentiel :
I- Le contexte socio-culturel utopique et révolutionnaire de l'époque qui remettait tout en question et se diffusait dans l'Église.
II- La volonté de Paul VI de prendre de vitesse les réformistes iconoclastes. Face au délitement de la liturgie et à une situation qui lui échappait complètement, Paul VI a tenté d'assagir, de canaliser les novateurs les plus virulents, en proposant une réforme qui leur donnait en partie satisfaction, tout en préservant, à ses yeux, l'essentiel. Cette statégie a été très claire pour ce qui est de l'introduction des 3 nouvelles prières eucharistiques, le 15 août 1968 ; celles-ci étaient une réponse aux centaines de prières eucharistiques alors en circulation, notamment aux Pays-Bas. Quelle piteuse vision réformatrice ! Comment s'étonner du résultat ?

( 962754 )
Vraisemblable par Christiank (2023-03-30 17:59:37)
[en réponse à 962748]
Le drame c'est l'atmosphère postconciliaire locale 1966-1970, puis la volonté de Paul VI de ne pas déplaire, de limiter les dégats, en accord avec son caractère.

( 962757 )
j'évite autant que possible le narratif "simpliste" comme vous savez par Luc Perrin (2023-03-30 19:02:26)
[en réponse à 962748]
Pour préciser encore un peu plus.
La thèse du complot franc-maçon est à revoir mais pas non plus à écarter, comme j'avais tendance à le faire un peu trop vite il y a 15 ou 20 ans. Bien sûr elle n'explique pas un phénomène horriblement complexe et ramifié comme le Mouvement liturgique et son évolution.
A cet égard, la thèse d'histoire soutenue en 2022 par l'abbé Balthazard à Strasbourg permet de bien mesurer cette complexité à partir du cas du Mouvement dans l'espace germanique depuis le début du XXe siècle.
Ce segment du Mouvement liturgique - Allemagne, Autriche, Suisse allemande - amorce un pivotement vers du pré-Vatican II dans la période 1920-1950 soit bien avant le "gros de la troupe" ... et on se rappelle la bonne formule du P. Wiltgen "le Rhin se jette dans le Tibre". En liturgie aussi. [il faudrait vraiment qu'elle soit publiée !]
La proximité intellectuelle et physique d'Elchinger avec ce monde germanique explique beaucoup de ses choix ; à Paris le P. Connan dans la paroisse pilote Saint-Séverin était un germanophone accompli et un admirateur éperdu de Pius Parsch.
Mais les événements depuis 2020 nous ont montré à quel point les "complotistes" avaient eu raison avant tout le monde en matière de plandémie (l'OMS vient tout juste de reconnaître l'évidence que la vax ne sert à rien au mieux, et désastreuse parfois pour les enfants et jeunes adultes). Le pangolin fait sourire ... face au solide laboratoire P4 de Wuhan, le Grand Reset est un programme publié dont on voit sous nos yeux l'application (démoniaque à mon sens) ...
Comme la sagesse populaire l'énonce : pas de fumée sans feu.
Y-a-t-il eu des affaires maçonniques très troubles et criminelles au Saint-Siège ? C'est établi via Mgr Marcinkus et l'IOR, un suicide de banquier et le cas de la loge P2 de Licio Gelli.
Martel a soulevé le voile sur des réseaux de nature sexuelle très bien enracinés dans la hiérarchie.
Dès le roman, fiction, Il Santo du sénateur catholique moderniste Fogazzaro paru en 1905 et vite mis à l'Index, ce livre pas très gros est à lire : toute la méthode de l'entrisme/infiltration des cercles modernistes, cachés derrière un brave benêt Benedetto, est exposée. Il y a un chapitre où une réforme liturgique avec le vernaculaire est indiquée ... En 1905 ! Antonio Fogazzaro est un classique de la littérature italienne du XIX-XXe, il a eu des lecteurs/lectrices en nombre. A lire cette fiction et constater ce qui se passe ensuite, on est troublé moi le premier quand on m'a fait lire l'ouvrage.
La disgrâce frappante d'Annibale B., le lazariste infâme, est un fait indéniable : expédié comme Nonce à Téhéran. Bien des rumeurs ont circulé. La version officieuse alternative du P. Gy op était - à ce qu'il m'a confié lui-même - que Bugnini aurait été convaincu de duplicité par Mgr Benelli qui devenait le "Maradiaga" de Paul VI vers 1974. Les mémoires de Louis Bouyer qualifient Annibale de canaille et de fourbe y compris envers le pape avant 1974 et cela tend à accréditer la version du P. Gy.
Impossible faute de documents de savoir si Bugnini a été mêlé à l'affaire Gelli et s'il était de mèche avec Marcinkus ou d'autres réseaux souterrains au Vatican.
Un chercheur méticuleux ne peut plus simplement fermer les yeux sur cette hypothèse qui s'ajoute aux autres éléments établis. Mon sentiment demeure que ces aspects obscurs voire occultes n'ont pas été décisifs, sauf peut-être pour créer des solidarités entre certains acteurs à certains moments.
Le Mouvement liturgique est une énorme machine avec de multiples rouages qui s'inscrit dans la durée et les données locales - ainsi de l'espace germanique - ont aussi leur poids pas uniquement le secret des bureaux et des commissions romaines au plus haut niveau.

( 962767 )
Merci pour vos messages ! par Fenestri (2023-03-31 11:31:47)
[en réponse à 962757]
Quelle hauteur de vue ! Un régal, qui permet de mieux saisir le cours des choses.

( 962724 )
Le vrai rite conciliaire est celui de 1965 par Regnum Galliae (2023-03-30 10:12:33)
[en réponse à 962717]
Avec entre autres, la suppression du dernier Evangile.
Ce fut néanmoins un rite de transition vers la liturgie Paul VI, comme cela est bien expliqué
ici. A lire pour ceux qui pensent que ce rite est acceptable. En revanche, ce serait une bonne transition en sens contraire.
Passons maintenant aux réformes mises en œuvre dans le rite de 1965[25].
1) Dans l’Ordo de la messe en général :
- Suppression du psaume Judica me au début de la messe.
- Le dernier Evangile est supprimé.
- Les prières récitées ou chantées par la schola ou le peuple ne sont plus dites par le célébrant en particulier.
- Introduction de la prière universelle au début de l’offertoire.
- A la messe solennelle, le sous-diacre ne tient pas la patène mais celle-ci reste sur l’autel. Il n’utilise donc plus le voile huméral pour emmener le calice de la crédence à l’autel au début de l’offertoire. Le sous-diacre ne portant plus la patène lors du Canon, il encense l’hostie et le calice à l’élévation comme aux messes de Requiem.
- L’encensement du clergé est simplifié : tous les ordres, à l’exception de l’ordre épiscopal, sont confondus et encensés en une seule fois pour chaque côté du chœur.
- Le célébrant n’est plus encensé par le diacre après l’Evangile.
- On ne génuflecte plus dans le Credo à « Et incarnatus est … et homo factus est ».
- On chante la secrète à la messe chantée, et dans les autres messes, on la dit à haute voix.
- La doxologie à la fin du Canon est chantée ou dite à voix haute, les signes de croix sont supprimés et à la fin, le prêtre ne fait la génuflexion qu’après l’Amen du peuple.
- Le Pater peut être récité ou chanté par le peuple avec le célébrant [26].
- Le Liberas nos après le Pater est dit à voix haute.
- En distribuant la sainte communion, on emploie la formule brève Corpus Christi. Puis le célébrant donne la communion sans faire le signe de croix avec l’hostie.
- Il est permis de célébrer la messe chantée avec l’assistance du seul diacre, sans sous-diacre.
- Il est permis aux évêques de célébrer la messe chantée à la manière des simples prêtres.
- Le prêtre ne se signe plus que trois fois, car les signations suivantes ont été supprimées : Adjutorium nostrum, Introït, fin du Gloria, fin du Credo, Sanctus et Libera nos.
- Le célébrant quelle que soit la messe (chantée, solennelle, basse), préside à son siège « la liturgie de la parole » comme le fait l’évêque lorsqu’il célèbre pontificalement au trône. Après l’encensement du début de la messe, il ne revient à l’autel qu’à l’offertoire.
- Les baisers liturgiques ont été supprimés par l’Instruction Inter Oecumenici.
- Du fait également de l’Instruction Inter Oecumenici, la messe peut être dite face au peuple[27].
- Aux deux élévations le servant de messe ne soulève plus la chasuble du célébrant.
- Le servant ne sonne plus la cloche au Sanctus et au Per ipsum.
- La communion sous les deux espèces ayant été introduite, les fidèles peuvent désormais communier debout [28].
- Le prêtre lit ou chante l’oraison de postcommunion au milieu de l’autel avec le missel à sa gauche (le missel est à cette place depuis le début de l’offertoire et y reste jusqu’à la fin de la messe).
2) Les lectures et les chants entre les lectures :
- Aux messes célébrées avec peuple (lues, chantées ou solennelles), on ne récite ni ne chante l’Epître vers l’autel et l’Evangile vers le nord, mais on les récite vers le peuple à partir de l’ambon ou de la grille du chœur [29].
- Aux messes non solennelles célébrées avec peuple, les leçons et l’Epître, avec les chants entre les lectures, peuvent être lus par un lecteur capable ou un servant, tandis que le célébrant restera assis et l’écoutera.
- Le prêtre reste à la banquette pendant toutes les lectures. Il y bénit le sous-diacre et le diacre ; il y impose l’encens et le bénit en restant assis. Il entonne de la banquette le Gloria et le Credo. Il préside enfin la prière universelle à partir de la banquette, à moins qu’il ne le fasse de l’ambon ou bien de la grille du chœur.
3) Le rôle accordé au vernaculaire dans la messe :
- Dans les messes soit chantées, soit lues, les leçons, l’Epître, l’Evangile et la prière universelle doivent être lues en vernaculaire.
- Le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l’Agnus Dei peuvent être récités ou chantés dans la langue du pays.
- Tout le propre de la messe peut être récité ou chanté en vernaculaire : l’antienne d’entrée (Introït), l’oraison de la collecte, le graduel, l’Alleluia et son verset, le trait, la séquence, l’antienne d’offertoire, la secrète, l’antienne de communion et l’oraison de postcommunion.
- Ce qu’il reste des prières au bas de l’autel peut être dit en vernaculaire: Confiteor, Misereatur, Indulgentiam etc.
- En outre les acclamations, les salutations et les formules de dialogue comme la préface peuvent être dites en vernaculaire (Dominus vobiscum remplacé par « Le Seigneur soit avec vous », l’Oremus par « Prions le Seigneur » etc.)[30] .
- Le Pater et le Libera nos peuvent être récités ou chantés en vernaculaire par tout le peuple[31].
- Le « Domine non sum dignus » peut être dit en vernaculaire.

( 962728 )
Rite de transition ? par Candidus (2023-03-30 10:45:08)
[en réponse à 962724]
Il n'est pas sûr que le caractère transitionnel de la réforme de 1965 ait été aussi évident lors de sa promulgation.
Dans sa lettre de présentation de la réforme, Mgr Bugnini écrit au sujet de la présence du verset "Introibo ad altare Dei" dans les prières au bas de l'autel : "il serait vraiment déplaisant que dans la restauration FINALE cette petite perle ait disparu de l’Ordo Missæ" (D. C. 1964, n. 1435, col. 1367.).
Quelques lignes plus loin il semble indiquer qu'avec cette réforme nous sommes parvenus à l'aboutissement final de l'oeuvre conciliaire dans le domaine liturgique : "TOUT a été examiné délicatement et attentivement, avec le cœur plus qu’avec l’esprit, pour harmoniser le rite avec les règles, sages et précises, tracées par les documents conciliaires." (ibid.)

( 962715 )
On en a parlé à plusieurs reprises ici par Lycobates (2023-03-29 23:15:55)
[en réponse à 962695]
p.ex.
ICI
Il faut un peu chercher.

( 962740 )
la Fédération internationale Una Voce il me semble par Luc Perrin (2023-03-30 13:51:40)
[en réponse à 962715]
avait aussi publié une série d'articles sur ce sujet et je les avais critiqués, du point de vue historique, sur le F.C.
L'erreur la plus courante, ce n'est pas facile de s'en défaire j'en conviens, quand on écrit l'histoire est de présumer que la suite des événements - l'historien et ses lecteurs la connaissent - est déterminée au moment du dossier qu'on examine.
Le théorème 1951-1955 implique ipso facto 1969 n'est ainsi pas démontré et ne pourra jamais l'être car la situation de l'Église dans les années 1950 n'a rien à voir avec celle qui prévaut dans la phase 1964-1969 où le N.O.M. est élaboré.
Quand bien même les acteurs sont largement identiques au sommet entre les deux décennies : le rapport des forces au sein du Mouvement liturgique a changé, le clan bugniniste domine alors qu'il était en retrait auparavant, l'anarchie totale s'est installé dans tout l'Occident alors que la discipline prévalait encore largement dans les années Pie XII et même sous Jean XXIII jusqu'en 1962.
La dynamique socio-historique, en dehors des mesures prises une à une, est différente.
Je concède volontiers que les grands traits du Mouvement liturgique depuis Pie X demeurent et ce jusqu'à nos jours. Il n'y a pas débat là-dessus.
Le dosage et où on place le curseur font toute la différence entre un missel dit de Jean XXIII, retenu par Mgr Lefebvre en 1971 et à sa suite par la plus large partie des traditionalistes, et les célébrations les plus anarchiques qui ont été observées depuis la clôture de Vatican II avant même la promulgation du N.O.M. dont l'objet était, pour Paul VI, de contenir les expérimentations en tout sens.

( 962720 )
Encore des considérations par AVV-VVK (2023-03-30 09:30:16)
[en réponse à 962695]
mais je crains d' un prêtre
sédévacantiste:
ici

( 962751 )
Missel de la Quinzaine de Pâques par Anne Charlotte Lundi (2023-03-30 17:13:23)
[en réponse à 962695]
Rubriques de Saint Pie X (Imprimatur 1949)
Toutes les cérémonies et offices de la Quinzaine de Pâques
Tous les textes latins avec leur traduction française
L’ensemble des partitions grégoriennes (notation carrée)
Ordinaire de la messe et kyriale, exercices et chants divers
Cet ouvrage très complet contient également les rubriques propres aux cérémonies solennelles et chantées, ainsi que quelques indications pastorales édictées par le Saint-Siège.
Procession et messe des Rameaux ; Ténèbres, offices solennels et petites heures des trois Jours Saints ; Messe, Vêpres, Salut et Complies du dimanche de la Résurrection ; Messe, Vêpres du lundi au Vendredi de Pâques et Messe, Vêpres et Complies du Samedi in Albis au Dimanche de Quasimodo.
Vient tout juste de paraître. Une belle édition reliée...
A découvrir sur
Livres en Famille

( 963367 )
Quinzaine de Pâques, meilleure réédition par Nemo (2023-04-19 09:14:41)
[en réponse à 962751]
Ce livre est arrivé chez moi, ironie du sort, le jeudi saint alors que je venais de partir pour dix jours…
Format parfait, belle reproduction (pas un mauvais scan).
Il y a presque tout, musique et traduction.
Je recommande vivement.
Quelques petites remarques :
Trois signets auraient été mieux qu’un.
Pour les paresseux il aurait été bon de mettre une psalmodie pour le trait des Rameaux.
Les quatre passions sont données en version bilingue mais sans le chant. On aurait pu insérer le chant de la canaille qui est traditionnellement exécuté par les chantres en France.
Peu de chants pour les saluts, un peu décevant, mais présence du chemin de croix.
La messe royale de Dumont qu’on peut chanter le jour de Pâques est donnée dans sa bonne version avec les altérations. C’est en notes rondes, j’aurais préféré l’édition originale mais c’est mieux que l’infâme bricolage de Solesmes.
Le volume fait 538 pages donc il eût été difficile d’y ajouter les tons spéciaux des lamentations et leçons.
En tous cas pour 25 euros c’est le livre à avoir pour être totalement équipé pour une quinzaine de Pâques traditionnelle.

( 963368 )
Parfait. par Archange (2023-04-19 10:28:09)
[en réponse à 962751]
Très pratique tout y est pour suivre la Semaine Sainte. Et comme d’habitude expédition rapide.

( 963445 )
Intéressante parution par Luc de Montalte (2023-04-22 00:43:01)
[en réponse à 962751]
Merci, on m'avait justement récemment demandé où trouver une bonne édition de la quinzaine de Pâques et à part acheter une édition d'occasion je n'avais trop su que répondre. Je transmets donc.