Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=913407
images/icones/livre.gif  ( 913407 )Les canonisations du XIIIe et du XIVe siècle par Chicoutimi (2021-03-15 08:53:30) 

Au cours des siècles, le processus de canonisation a évolué. Différentes caractéristiques liées aux canonisations peuvent être relevées en fonction du siècle où elles ont été prononcées. Il s'agira donc ici de nous en tenir au XIIIe et au XIVe s.

Au XIIIe siècle, il y a eu 22 canonisations prononcées. Nous avons ajouté à ce nombre deux autres saints canonisés (marqués d'un astérisque *) à la toute fin du siècle précédent (en 1199 et 1200) par Innocent III dont le pontificat (1198-1216) est à la jonction entre le XIIe et le XIIIe siècle.

Voici donc la liste des canonisations, de la plus rapide (saint Pierre de Vérone) à la plus lente (saint Virgile de Salzbourg), en nous intéressant, encore une fois, au délai entre la mort du serviteur de Dieu et sa canonisation. Les canonisations sont regroupées par tranches de cinq ans. Cette liste exhaustive concerne toutes les canonisations du XIIIe siècle depuis Innocent III jusqu'à Boniface VIII.


Les données sont tirées de: A. Vauchez, La Sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Age. D'après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, Ecole Française de Rome, 1988, 783 pages, ICI.



I. Canonisations prononcées au XIIIe siècle :


5 ans et moins après le décès

1- Saint Pierre de Vérone (v. 1205-1252): Canonisé par Innocent IV en 1253 (moins d’un an après sa mort : 337 jours).

2- Saint Antoine de Padoue (1195-1231): Canonisé par Grégoire IX en 1232 (moins d’un an après sa mort : 352 jours).

*3- Saint Homebon (mort le 13 nov. 1197) : Canonisé par Innocent III le 12 janvier 1199 (un an et 2 mois après sa mort) *

4- Saint François d’Assise (v. 1181-1226): Canonisé par Grégoire IX en 1228 (un an et 9 mois après sa mort)

5- Sainte Claire d’Assise (1194-1253) : Canonisée par Alexandre IV en 1255 (2 ans après sa mort)

6- Sainte Élisabeth de Hongrie, ou de Thuringe (1207-1231): Canonisée par Grégoire IX en 1235 (3 ans et 6 mois après sa mort)


10 ans et moins après le décès

7- Saint Edmond d’Abingdon, ou de Canterbury (v. 1174-1240) : Canonisé par Innocent IV en 1247 (7 ans après sa mort)

8- Saint Richard de Chichester (1197-1253) : Canonisé par Urbain IV en 1262 (9 ans après sa mort)

9- Saint Guillaume de Bourges (1120-1209) : Canonisé par Honorius III en 1218 (9 ans après sa mort)


15 ans et moins après le décès

10- Saint Guillaume Pinchon (mort en 1234) : Canonisé par Innocent IV en 1247 (12 ans et 9 mois après sa mort)

11- Saint Dominique de Guzmán (v. 1170 – 1221) : Canonisé par Grégoire IX en 1234 (12 ans et 11 mois après sa mort)

12- Saint Gilbert de Sempringham (mort en 1189) : Canonisé par Innocent III en 1202 (13 ans après sa mort)


20 ans et moins après le décès

13- Saint Hugues d’Avalon, ou de Lincoln (1140-1200) : Canonisé par Honorius III en 1220 (19 ans et 3 mois après sa mort)


25 ans et moins après le décès

14- Saint Guillaume d’Eskill, ou de Paris (1105-1203) : Canonisé par Honorius III en 1224 (21 ans après sa mort)

15- Sainte Edwige de Silésie (1174-1243) : Canonisée par Clément IV en 1267 (24 ans après sa mort)


30 ans et moins après le décès

16- Saint Louis IX (1214-1270) : Canonisé par Boniface VIII en 1297 (27 ans après sa mort)


45 ans et moins après le décès

17- Saint Laurent O’Toole (1128-1181) : Canonisé par Honorius III en 1226 (45 ans après sa mort)


Plus de 70 ans après le décès

18- Saint Guillaume d’York (mort en 1154) : Canonisé par Honorius III en 1226 (72 ans après sa mort)

19- Saint Wulfstan (mort en 1095) : Canonisé par Innocent III en 1203 (108 ans après sa mort)

20- Saint Procope de Sázava (mort en 1053) : Canonisé par Innocent III en 1204 (151 ans après sa mort)

21- Sainte Marguerite d’Écosse (morte en 1093) : Canonisée par Innocent IV en 1250 (157 ans après sa mort)

*22- Sainte Cunégonde (morte en 1040) : Canonisée par Innocent III en 1200 (160 ans après sa mort) *

23- Saint Stanislas de Szczepanów (mort en 1079) : Canonisé par Innocent IV en 1253 (174 ans après sa mort)

24- Saint Virgile de Salzbourg (v. 700-784) : Canonisé par Grégoire IX en 1233 (449 ans après sa mort)




Au XIVe siècle, il y a eu 6 canonisations. Nous avons ajouté à ce nombre deux autres saints (marqués d'un astérisque *): sainte Brigitte de Suède (qui fut canonisée 3 fois, et dont la première canonisation fut prononcée au XIVe s.) et un autre saint (canonisé au tout début du siècle suivant, en 1401, par Boniface IX dont le pontificat (1389-1404) est à la jonction entre le XIVe et le XVe siècle). Cette liste exhaustive part donc de la plus rapide (saint Célestini V) à la plus lente (saint Thomas d'Aquin) en nous intéressant encore une fois au délai entre la mort du serviteur de Dieu et sa canonisation.


II. Canonisations prononcées au XIVe siècle :



20 ans et moins après le décès

1- Saint Célestin V (v. 1209-1296) : Canonisé par Clément V en 1313 (17 ans après sa mort)

*2- Sainte Brigitte de Suède (1303-1373) : - Canonisée par Boniface IX en 1391 (18 ans après sa mort): Voir
(et aussi canonisée par Jean XXIII en 1415 et de nouveau par Martin V en 1419: Voir) *

3- Saint Louis d’Anjou, ou de Toulouse (1274-1297) : Canonisé par Jean XXII en 1317 (20 ans après sa mort)


25 ans et moins après le décès

*4- Saint Jean de Bridlington (1319-1379) : Canonisé par Boniface IX en 1401 (22 ans après sa mort) *


40 ans et moins après le décès

5- Saint Thomas de Cantilupe (v. 1218-1282) : Canonisée par Jean XXII en 1320 (38 ans après sa mort)


45 ans et moins après le décès

6- Saint Yves de Tréguier (v. 1253-1303) : Canonisé par Clément VI en 1347 (44 ans après sa mort)


50 ans et moins après le décès

7- Saint Elzéar de Sabran (1295-1323): Canonisé par Urbain V en 1369 (46 ans après sa mort)

8- Saint Thomas d’Aquin (v. 1225-1274) : Canonisé par Jean XXII en 1323 (49 ans après sa mort)



Il y a eu pendant la période du XIII-XIVe siècle beaucoup de procès de canonisation qui n'ont pas abouti. Notons que, pour cette période, au moins 4 saints ont attendu plusieurs siècles pour que leur cause connaisse une issue favorable. Ce sont 4 papes contemporains (ayant tous, à un moment de leur vie, vécu pendant le XXe siècle) qui ont officiellement reconnu leur sainteté (la canonisation équipollente étant utilisée 3 fois sur 4).


III. Canonisations tardives liées au XIIIe et au XIVe s.:



Procès ouverts au XIIIe siècle:

1- Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) : procès ouvert en 1228. Canonisation équipollente par Benoît XVI en 2012 (833 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale Spiritum Sanctum: ICI (latin) et (français)

2- Sainte Marguerite de Hongrie (1242-1270) : procès ouvert en 1271. Canonisation équipollente par Pie XII en 1943 (673 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale Maxima inter munera: ICI (latin) et (français)


Décédé au XIIIe siècle:

3- Saint Albert le Grand (1200-1280): Béatifié par Grégoire XV en 1622. Canonisation équipollente par Pie XI en 1931 (651 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale In thesauris sapientiae ICI (latin/français)


Procès ouvert au XIVe siècle:

4- Sainte Claire de Montefalco (1268-1308) : procès ouvert en 1317. Canonisée par Léon XIII en 1881 (573 ans après sa mort)


Décédée au XIVe siècle:

5- Sainte Angèle de Foligno (1248-1309): Béatifiée par Clément XI en 1701. Canonisation équipollente par François en 2013 (704 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale Cum sanctus Franciscus : ICI (latin) et (italien)



Bref, nous voyons qu'au XIIIe siècle, la plupart des canonisations sont prononcées pour des contemporains. Le délai entre la mort et la canonisation est assez court, mais nous observons une tendance vers l'allongement du délai au XIVe siècle. Même chose concernant le délai entre l'ouverture de la cause et la canonisation:


''Il va devenir de plus en plus rare que ceux qui ont fait la demande de canonisation en voient l'issue: ''Le délai séparant la pétition - ou postulation - en faveur d'un saint de sa canonisation, qui était de deux ans en moyenne au temps d'Innocent III et de Grégoire IX, passe à dix ans à la fin du XIIIe siècle, à vingt au début du XIVe, et à plus de trente après l'installation de la papauté en Avignon.''
Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, page 68.



Bref, cette liste de canonisations peut servir à avoir une vue d’ensemble des canonisations pendant le XIII-XIVe s. concernant certains saints qui nous sont très connus alors que d’autres sont à découvrir.

On peut également comparer avec les canonisations les plus rapides du XXe et du XXIe siècle ICI.

Pour consulter la liste des saints du XIIIe siècle, c'est ICI et les saints du XIVe siècle c'est

Puisque les délais - allant de la mort du serviteur de Dieu à sa canonisation - vont aller en s'allongeant, on peut dire que c'est au XXe siècle que la canonisation de saints contemporains reprendra une nouvelle vigueur.
images/icones/1n.gif  ( 913411 )Décompte anachronique par Luc de Montalte (2021-03-15 09:44:04) 
[en réponse à 913407]

Votre liste prétend à l'exhaustivité selon des critères qui n'avaient pas cours à l'époque et que vous n'explicitez pas trop. Il manque de nombreux saints à votre liste, donc.
images/icones/fleche2.gif  ( 913412 )Il s'agit... par Chicoutimi (2021-03-15 09:55:22) 
[en réponse à 913411]

non pas d'une liste de tous les saints du XIIIe et du XIVe siècle, mais d'une liste exhaustive des canonisations prononcées par les papes au cours de ces deux siècles.

Certes, bien que le XIIIe siècle voit se mettre en place le principe de la ''réserve papale'' de canoniser, on peut penser que ce principe pouvait coexister encore avec la coutume des translations opérées par les évêques (quoique, depuis Innocent III, la prérogative papale de la canonisation fut définitivement établie).

Mais, concernant les canonisations directement prononcées par un pape, la liste est ben et bien exhaustive.
images/icones/interdit.gif  ( 913521 )Entendu, mais... par Luc de Montalte (2021-03-16 10:06:35) 
[en réponse à 913412]

... du coup ce n'est pas vraiment comparable au nombre de canonisations du XVIIIe à de nos jours.
images/icones/neutre.gif  ( 913540 )Pour une fois que nous sommes d'accord par Vox clamantis (2021-03-16 12:08:17) 
[en réponse à 913521]

Faire des statistiques de canonisation par siècles, en enjambant allègrement la barrière temporelle tridentine, me semble courir un grand risque d'anachronisme. A fortiori si on compare l'époque pretridentine avec les 19e et surtout 20e siècles, période des missions et des martyrs de masse.


Et ces statistiques ne prennent pas du tout en compte le fait que même au fil des siècles ce qu'on appelle sainteté évolue (ce que d'ailleurs, si ma mémoire est bonne, Vauchez montre bien dans l'ouvrage cité par Chicoutimi pour ce qui concerne le Moyen Âge). Évidemment les fondamentaux sont les mêmes (proximité du Christ, vertus exceptionnelles...) Mais ils s'expriment de manière très différente au fil des siècles.

La canonisation de Thérèse de Lisieux aurait peut-être bien fait tomber du placard un théologien du 17e ou 18e siècle (d'ailleurs elle a fait tomber ses soeurs carmélites du placard !)

Je ne parle même pas de l'idée de béatifier et de canoniser des jeunes et des enfants morts naturellement, qui est assez récente (a priori je n'ai personne en tête avant Dominique Savio).

J'ajoute un élément très terre à terre : une béatification, une canonisation, ça coûte cher et c'est de la logistique. Je me demande si l'accroissement des procès en canonisation n'est pas lié à l'augmentation du volume des liquidités et à leur transmission plus facile ainsi qu'à la facilitation des voyages à partir du 19e siècle : un procès en canonisation quand il faut deux mois pour aller à Rome et que l'envoyé doit s'y nourrir de ce que vous pouvez lui donner au départ, ça n'est pas la même chose qu'un procès en canonisation quand le postulateur de la cause peut faire l'aller retour en avion et qu'il a un traitement régulier, voire des frais de mission, qui tombent par virement ! Je parle pour les diocèses, les congrégations qui ont une maison voire leur siège à Rome sont historiquement favorisées.

Il y a une raison pour laquelle il y a si peu de canonisations de chartreux, et ça n'est pas qu'on manquerait de candidats : c'est que le genre de travail nécessaire est assez contraire à la vocation cartusienne (on pourrait sous-traiter, mais le chartreux répugne en général à faire parler de lui ou de ses frères).
images/icones/fleche2.gif  ( 913605 )Concernant l'approche statistique par Chicoutimi (2021-03-17 07:49:24) 
[en réponse à 913540]

L'approche statistique a certes ses limites, je suis bien d'accord. Mais elle a aussi ses avantages: celle d'avoir une vue d'ensemble; celle d'être concise (car il y aurait bien des choses à dire sur la sainteté); et celle de permettre un début de réflexion. Ces listes avec statistiques sont un peu comme un squelette sur lequel il est possible d'y mettre de la chair au moyen de nos réflexions, comparaisons, interprétations et explications. En ce sens, votre message est le bienvenu.

D'autre part, je m'intéresse aux canonisations prononcées pendant tous les siècles, en particulier du XIIIe jusqu'au XXIe siècle. Or, il est impossible de mettre dans un seul post les statistiques couvrant toute cette période. Le XIIIe et le XIVe est une période qui représente un début; l'ouvrage d'A. Vauchez rendant cela possible. Mais, j'aimerais bien pouvoir faire de même, dans le futur, pour les XVe et XVIe siècle, les XVIIe et XVIIIe siècle, de même que pour le XIXe siècle.

Mais, actuellement, le problème est le suivant. Si Vauchez va jusqu'à la fin du Moyen-Âge, couvrant ainsi une partie du début du XVe siècle, je n'ai pas trouvé d'ouvrages traitant de la question pour la deuxième partie du XVe, idem pour la première moitié du XVIe siècle. Pour ce qui est de la seconde partie du XVIe siècle jusqu'à aujourd'hui, il est possible de trouver du matériel à ce sujet. Comme le dit P. Delooz:


''Ce n'est guère que depuis le début du XVIe siècle qu'on peut être assuré que la liste ne contient pas de lacunes. Mais pour autant tous les saints n'y figurent pas.''



Par contre, il ajoute:


''Depuis 1634 la liste des saints et des bienheureux (distinction consacrée par la législation d'Urbain VIII) est relativement facile dresser.''



Il y a peut-être des ouvrages consacrées à cela, mais peut-être pas non plus. Je cherche toujours. Éric Suire affirme ceci:


''Nous regrettons qu'une étude synthétique, envisageant le développement de l'enquête canonique depuis l'instauration de la réserve papale du droit de canonisation au XIIe siècle, jusqu'à la constitution apostolique Divinus perfectionis Magister promulguée le 25 janvier 1983 par Jean-Paul II, fasse encore défaut.''



Bref, il est difficile d'aborder toute cette période de plusieurs siècles (où il y aurait tant de choses à dire, et où il y a également un manque de données à l'heure actuelle pour les XVe et XVIe siècle). C'est pourquoi, mon intention n'était pas ''d'enjamber allègrement la barrière temporelle'', mais de faire un premier pas en abordant uniquement les XIIIe et XIVe siècle, en attendant d'avoir des informations me permettant de faire un petit résumé statistique lorsqu'une certaine exhaustivité sera possible pour les siècles suivants.

Enfin, j'aime bien que vous parliez du risque d'anachronisme. En effet, une liste de statistiques n'est pas anachronique en soi, mais il y a le risque d'y verser dans l'interprétation de ces données si nous les lisons avec nos lunettes du XXe et du XXIe siècle. Sur cette question de l'anachronisme, j'ai aussi donné une réponse développée à Luc de Montalte ICI.

Je conclus en profitant de l'occasion pour vous remercier, non seulement pour votre message dans ce fil mais pour toutes vos contributions sur ce FC, lesquelles sont toujours très réfléchies, développées et bien écrites.

Cordialement.
images/icones/info2.gif  ( 913601 )Pour éviter l'anachronisme, concernant les canonisations... par Chicoutimi (2021-03-17 05:30:41) 
[en réponse à 913521]

je vous accorde qu'il importe de situer ces canonisations du XIIIe et du XIVe siècle dans leur contexte historique. Car même s'il s'agit bel et bien de canonisations prononcées par des papes, la procédure de l'époque n'était pas la même qu'aujourd'hui.

Je n'avais pas abordé cet aspect parce que mon post était déjà assez long, et même assez demandant à écrire. Mais il est clair que les procédures du XIIIe ne sont pas les mêmes que celles du XXe siècle.

Les canonisations du XIIIe et du XIVe siècle font partie de ces canonisations qui, de 1234 à 1634, ont été prononcées par le Saint-Siège selon l'ancien droit (c'est-à-dire celui qui est antérieur aux décrets d'Urbain VIII). À cela s'ajoute le fait que quelques canonisations de cette liste - celles prononcées entre 1200 et 1234 - font partie de la catégorie de celles qui ont été prononcées - entre 993 et 1234 - par un pape mais avant la consécration du principe de la réserve papale du droit de canoniser.

Je donne donc ici, en premier lieu, un bref aperçu qui résume les 4 grandes périodes des principales évolutions de la procédure de canonisation (à partir des écrits d'A. Vauchez et d'Y. Chiron) puis, en second lieu, je donnerai d'autres précisions à partir d'un écrit de P. Delooz.


I. Les causes du second millénaire qui sont antérieures à la consécration du principe de la réserve pontificale du droit de canonisation (de 993 à 1234)

Quelques dates:

- 993: Première canonisation papale (canonisation de saint Ulrich par Jean XV)

- XIIe siècle: Période de transition où la canonisation papale entra en concurrence avec la translation épiscopale et commença à la surclasser.

- 1170: Alexandre III fait prévaloir l'idée déjà répandue que ''le pape devait être consulté et qu'il lui appartenait d'exercer un certain contrôle sur les canonisations'' (Vauchez, p. 30).

- 1198-1216: ''Un certain nombre de déclarations solennelles d'Innocent III confirment que, dès cette époque, la papauté était sûre de détenir le privilège de canoniser les saints.'' (Vauchez, p. 31).

II. Les causes qui relèvent de l'ancien droit suite à la consécration du principe de la réserve papale (de 1234 à 1634)

- 1234: Consécration du principe de la réserve papale par Grégoire IX. En effet, ''à partir de 1234, date de l'insertion du bref Audivimus dans les Décrétales de Grégoire IX, la période de flottement et d'imprécision juridique qui avait caractérisé les décennies précédentes est définitivement close. Désormais la réserve pontificale du droit de canoniser les saints est inscrite dans la législation de l'Église...'' (Vauchez, pages 34-35).

1588: Création de la Sacrée Congrégation des Rites par Sixte V

III. Les causes qui ont eu lieu selon le nouveau droit issue des décrets d'Urbain VIII (procédure classique de 1634 jusqu'à 1969)

1634: Urbain VIII publie la Constitution apostolique Caelestis Hierusalem cives par laquelle ''la procédure de canonisation était désormais fixée et resta quasiment intangible jusqu'à la réforme de ces dernières décennies'' (Y. Chiron, p. 71 et 74).

1734-1738: Publication du traité De Servorum Dei beatificatione et de beatum canonizatione par le cardinal Prosper Lambertini (qui deviendra le pape Benoît XIV). Par ce traité, il ''n'y définissait pas de doctrine nouvelle en matière de canonisation, mais (...) exposait avec clarté, et de très nombreux exemple, la procédure à suivre...'' (Y. Chiron, p. 74)

1917- La procédure classique est inscrite dans le code de droit canonique pio-bénédictin.

- Pie XI (1922-1939): Création de la section historique (1930) et publication de normes en 1939.

IV. Les causes contemporaines postérieures à la réforme de Paul VI en 1969, et surtout de Jean-Paul II (1983).

-1969: Publication du Motu Proprio Sanctitatis clarior par Paul VI.

-1983: Publication de la Constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister, et des normes qui en découlent, par Jean-Paul II.

-2007: Publication de l'Instruction Sanctorum Mater approuvée par Benoît XVI.




Ceci étant dit, il y a des distinctions à faire, et il est très intéressant de prendre en considération celles faites par Pierre Delooz en 1962 (j'ai mis en caractère gras les catégories de causes qui regardent la liste des canonisations du XIIIe et du XIVe s.):


''Il importe de distinguer parmi les saints au minimum les huit catégories suivantes:

1- ceux qui ont été désignés au cours du premier millénaire par une Église particulière;

2- ceux qui ont été désignés par le pape de 993 à 1234;

3- ceux qui de 993 à 1234 ont été désignés par des Églises particulières sans intervention pontificale;

4- ceux qui de 1234 à 1634 ont été désignés et canonisés par le Saint-Siège selon l'ancien droit;

5- ceux qui de 1234 à 1634 ont été désignés par des Églises particulières en dépit de la réservation pontificale;

6- ceux qui à partir de 1634 ont été canonisés selon le nouveau droit;

7- ceux qui à partir de 1634 ont été seulement béatifiés;

8- ceux qui ont été désignés par des Églises particulières entre 1159 et 1634 et dont le culte été ratifié par le Saint-Siège selon le nouveau droit.''



Comme ces distinctions datent de 1962, nous pourrions donc ajouter, au minimum, la catégorie des saints qui ont été canonisés après la réforme de Jean-Paul II en 1983.

Cela étant dit, je maintiens qu'il est possible de faire des comparaisons, restant sauf l'importance de maintenir les différences liées aux époques et aux procédures qui en découlent. Pour ne donner qu'un exemple, il va de soi que les saints canonisés au XIIIe-XIVe s. n'ont pas eu à passer par le stade de la béatification avant d'accéder au statut de saint, contrairement à la procédure moderne.

Mais il n'en reste pas moins que nous sommes, dans les deux cas, face à des canonisations prononcées par le chef visible de l'Église. Une certaine comparaison doit être possible, même si cela doit être manié avec soin.

Enfin, mon intérêt dans ce dossier est plus particulièrement la canonisation de la sainteté contemporaine. Cela est un phénomène que l'on retrouve peu - voire pas - suite aux décrets d'Urbain VIII. Il s'agit donc d'un phénomène qu'ont en commun la période du XIIIe-XIVe et la période du XXe-XXIe, d'où mon angle d'approche qui consiste à mettre l'accent sur le délai qui existe entre la mort du Serviteur de Dieu et sa canonisation.

J'espère que cette réponse convient. Sinon, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

Sources:

1- André Vauchez, La Sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Age : D'après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, École Française de Rome, 1988, 783 pages ICI

2- Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, 346 pages.

3- Pierre Delooz, Pour une étude sociologique de la sainteté canonisée, Archives de sociologie des religions, n°13, 1962. pp. 17-43 ICI

4- Éric Suire, La Sainteté française de la Réforme catholique (XVIe-XVIIIe siècles) d'après les textes hagiographiques et les procès de canonisation, Presses Universitaires de Bordeaux, 2001, 507 pages.
images/icones/hein.gif  ( 913604 )C'est surtout... par Luc de Montalte (2021-03-17 07:40:43) 
[en réponse à 913601]

... que je ne vois pas bien où vous voulez en venir avec ce décompte. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il y ait "plus" de canonisations papales au fur et à mesure qu'elles deviennent un privilège exclusivement papal. Votre analyse montre bien clairement d'ailleurs que ce n'est pas vraiment comparable avant et après grosso modo le XVIIIe, en cela c'est assez intéressant.

C'est aussi la raison de certaines décanonisations en 1969 ou avant, et dont on peut parfois regretter la pertinence.
images/icones/iphone.jpg  ( 953027 )Une question par Athanase (2022-09-23 20:09:34) 
[en réponse à 913601]

Avez-vous des exemples de saints relevant du cas numéro 5 , c’est-à-dire ceux ceux « qui de 1234 à 1634 ont été désignés par des Églises particulières en dépit de la réservation pontificale » ? Cela vise-t-il les saints canonisés par des antipapes ? J’attends avec impatience votre réponse.

C’est intéressant !
images/icones/livre.gif  ( 913414 )Concernant le nombre des canonisations au cours des siècles par Chicoutimi (2021-03-15 10:32:23) 
[en réponse à 913411]

Ma source est Y. Chiron:

Au XIIIe siècle, il y a eu 23 canonisations pour 47 procès ouverts
Au XIVe siècle, il y a eu 6 canonisations pour 12 procès ouverts.


Source: Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, page 68.



Pour le nombre de canonisations au cours des autres siècles:


- XVIe siècle: 1
- XVIIe siècle: 24
- XVIIIe siècle: 29
- XIXe siècle: 80
- XXe siècle: 423 (décompte arrêté en 1997)

Source: Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, p. 87





Ce que je n'ai pas encore trouvé, c'est le nombre de canonisations pour le XVe siècle.
images/icones/hein.gif  ( 913504 )Une seule canonisation au XVIE ? par Ptitlu (2021-03-16 02:07:13) 
[en réponse à 913414]

Qui est ce ?

Et comment se fait il aussi que le compteur est "debridé" autant au XXe ?
images/icones/fleche2.gif  ( 913507 )Il s'agit de saint Hyacinthe de Cracovie, mais... par Chicoutimi (2021-03-16 03:59:38) 
[en réponse à 913504]

Il faut porter attention à certaines choses.

Tout d'abord, Yves Chiron mentionne ceci:


''La première canonisation qui fut prononcée suite à un procès de canonisation mené par la nouvelle congrégation [la Sacré Congrégation des Rites fondée par Sixte V en 1588] fut celle du dominicain polonais Hyacinthe Odrowaz, canonisation prononcée le 17 avril 1594 par le pape Clément VIII.''

Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, page 70.



Mais, Éric Suire apporte cette précision:


''Le XVIe fut une période peu propice à l'éclosion de la sainteté. La canonisation traversa alors la plus grave crise de son histoire, aucun saint n'étant élevé sur les autels entre 1523 et 1588. (...) Le Saint-Siège continua toutefois à accorder des autorisations de culte, à un rythme normal jusqu'en 1542.''

Source: Éric Suire, La Sainteté française de la Réforme catholique (XVIe-XVIIIe siècles) d'après les textes hagiographiques et les procès de canonisation, Presses Universitaires de Bordeaux, 2001, page 370.



Donc, trois choses découlent de ces informations:

1- Le chiffre 1 qui vient d'Yves Chiron doit donc être interprété comme faisant référence à la seule canonisation formelle prononcée suite à la mise en place des nouvelles procédures de la Congrégation des Rites.

2- L'absence de canonisations se situe entre les années 1523 et 1587 inclusivement, et non pour tout le XVIe siècle, même si ce siècle a connu une crise des canonisations.

3- Une rapide recherche sur internet permet de retracer quelques saints ayant été canonisés au XVIe siècle (mais ce n'est pas une liste exhaustive):


- Saint François de Paule: Canonisé par Léon X en 1519.
- Saint Casimir: Canonisé par Adrien VI en 1522
- Saint Diego d'Alcalá: Canonisé par Sixte V en 1588.



En somme, il y a encore matière à la recherche pour le XVe et le XVIe siècle, puisque le XIIIe et le XIVe semblent avoir été suffisamment étudiés (réf: André Vauchez), et que les canonisations qui ont été prononcées suite à la mise sur pied de la Congrégation des Rites sont plus aisément retraçables. Je pense donc que contrairement aux chiffres donnés pour les autres siècles, le record d'une seule canonisation prononcée au XVIe siècle est à prendre avec précaution et uniquement dans le sens de canonisation prononcée suite à la nouvelle procédure de l'époque. Et il faudrait voir pourquoi celle de saint Diego d'Alcalá (qui la précède) n'est pas mentionnée (alors que son cas est mentionné dans une étude ICI.
images/icones/find.gif  ( 913508 )Pour ce qui est du XXe siècle... par Chicoutimi (2021-03-16 04:54:48) 
[en réponse à 913504]

Il est connu que le rythme des canonisations s'est accéléré depuis Léon XIII.

En faisant le décompte des canonisations prononcées par les papes du XXe siècle qui ont précédés les réformes de Vatican II - à l'exclusion de Léon XIII dont le pontificat est à la jonction entre le XIXe et le XXe siècle - on a déjà un nombre de canonisations supérieures aux 80 prononcées au XIXe siècle:


Pie X: 4
Benoît XV: 3
Pie XI: 34
Pie XII: 33
Jean XXIII: 10

Total: 84



Par la suite, il y a une augmentation significative:


Paul VI: 82



Et enfin, une augmentation très significative:


Jean-Paul II: 482



Pour les nombreuses canonisations de Jean-Paul II, il faut aussi considérer le fait qu'il a canonisé des groupes de martyrs: les 120 martyr de Chine, les 101 martyrs de Corée, les 117 martyrs du Viêt-Nam, les 25 martyrs mexicains, les 17 martyrs philippins, les 9 martyrs de Turón, les 5 martyrs du Paraguay, et les 3 martyrs de Slovaquie.

Au XXIe siècle:


Benoît XVI: 45

François: 899



Pour ce qui est des canonisations prononcées par François, le chiffre est très élevé en raison de la canonisation de deux groupes de martyrs: les 813 martyr d'Otrante et les 30 martyrs du Brésil. Si l'on considérait chacun de ces groupes comme une seule personne, le nombre de personnes canonisées serait de 57.

Certes, les groupes de martyrs n'expliquent pas tout, mais c'est l'un des éléments à ne pas négliger lorsqu'il est question du nombre des canonisations au XXe et au XXIe siècle.

N'oublions pas également que les canonisations ne sont prononcées qu'à la suite d'un processus qui s'échelonne sur plusieurs années. Un pape comme Jean-Paul II n'aurait donc pas pu prononcer un très grand nombre de canonisations sans qu'il y ait beaucoup de causes préparées bien avant son pontificat.
images/icones/carnet.gif  ( 913502 )Précision concernant l'exhaustivité de la liste... par Chicoutimi (2021-03-16 01:23:53) 
[en réponse à 913411]

des canonisations liées au XIIIe siècle.

Je parle d'exhaustivité dans le sens où je me base sur les données recueillies par l'historien André Vauchez (sur qui s'appui également Yves Chiron) qui a écrit La Sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Age : D'après les procès de canonisation et les documents hagiographiques (Voir). Évidemment, il est possible de trouver des désaccords entre les historiens, mais je crois qu'A. Vauchez a raison concernant la liste qu'il a établie.

À titre d'exemple, comparons avec le site Hagiography Circle qui a établi une liste de saints ICI à partir des données de Giuseppe Löw dans son article “Canonizzazione” [Enciclopedia Cattolica (Vatican City: 1949-54)] et de celles de Pierre Delooz dans son livre Sociologie et Canonisation (Liège: Faculté de droit, 1969).

Pour la période du XIIIe siècle, ce site en arrive à 28 canonisations (au lieu de 24). Voici donc les 4 ajouts:

1- Saint Guillaume de Malavalle (William of Maleval)

Ce saint est mentionné par A. Vauchez qui ne l'a pas mis dans la liste des saints puisqu'il s'agit ici d'une confirmation de culte local:


''Le premier exemple connu est celui de Guillaume de Malavalle (t 1157). Lorsqu'en 1202, l'évêque de Grosseto lui demanda de canoniser cet ermite toscan, Innocent III se contenta de confirmer l'autorisation de lui rendre un culte dans le diocèse, qu'avait déjà accordée Alexandre III (...) (page 81).



2- Saint Bertrand de Comminges

Il en est question également dans le livre d'A. Vauchez avec la mention d'un procès ouvert en 1218; mais aucune mention d'une canonisation. Il s'agit d'un cas d'autorisation de translation.

Plus encore, deux notes de bas de page précisent ceci:


''Intéressant témoignage à ce sujet dans la lettre du clerc Vital d'Auch à l'archevêque de cette ville, après son voyage infructueux à Rome pour obtenir la canonisation de S. Bertrand de Comminges (entre 1161 et 1170), éd. par M. J. Contrasty, dans la Revue Historique de Toulouse, 30, 1943, p. 100. Sur cet épisode, voir E. Delaruelle et Ch. Higounet, Réformes prégrégoriennes en Comminges et canonisation de S. Bertrand, dans Annales du Midi, 61, 1948, p. 152-157, où il est démontré que S.Bertrand de Comminges (t 1123) ne fut pas canonisé dans les années 1165-1170, comme l'avait affirmé Kemp, mais au plus tôt après 1218, si tant est qu'il le fût jamais.'' (page 41)




''Au XIVe siècle, on connaît quelques autres cas d'autorisation de translation, mais ils concernent en général des saints anciens : l'une fut accordée par Clément V pour S. Bertrand de Comminges (d. 1123) (...) l'autre par Clément VI pour S. Robert de la Chaise-Dieu (d. 1067) (...)'' (page 81)




3- Saint Robert de Molesme

Il en est question dans le livre d'A. Vauchez avec la mention d'un procès ouvert en 1221 et la spécification suivante: ''Simple autorisation de culte local en 1221''.

Une note de bas de page à son sujet dit ceci:


''Robert de Molesme (d. 1110) : l'enquête prescrite à son sujet par Honorius III ayant abouti à des résultats décevants, ce dernier permit aux moines de Molesme de le vénérer comme un saint dans leur église.'' (page 81)



4- Saint Guillaume de Rochester, ou de Perth (William of Rochester)

A. Vauchez le nomme dans son livre (page 176) dans la section des ''hommes assassinés'' (et il y a aussi une section ''femmes assasssinées'' ainsi qu'une section ''enfants et adolescents victimes des Juifs'') avec les deux mentions suivantes en notes de bas de page:


'' Dans les Flores Historiarum, éd. R. H. Luard, cit., ce personnage est mentionné à deux reprises (...) où il est question d'une canonisation de ce saint en 1256 par Alexandre IV, qui n'est attestée par aucun autre document.'' (page 176)




''Ainsi le seul texte contemporain qui nous parle du culte de Guillaume de Rochester, pèlerin assassiné en Angleterre autour de 1201, sont les Flores Historiarum, chronique monastique composée à Westminster au début du XIVe siècle, éd. par R H. Luard, Londres, 1890, p. 124 et 41.'' (page 168)



Pour le XIVe siècle, la liste de Hagiography Circle mentionne un saint supplémentaire:

1- Saint Robert de la Chaise-Dieu, ou de Turlande
(la date de canonisation sur Wikipedia semble montrer que celle-ci est problématique: en français on parle de 1070; en anglais on parle de 1531; en espagnol et en italien on parle de 1351 (Voir)

A. Vauchez en parle également:


''J. Van der Straeten, Robert de la Chaise-Dieu, sa canonisation, dans Anal. Boli, 82, 1964, p. 37-56, a bien montré que le saint fondateur de l'abbaye de la Chaise-Dieu (d. 1067) n'avait pas été canonisé par Clément VI. La lettre que ce dernier envoya à l'évêque du Puy (...) est une bulle d'inauguration de la nouvelle église de la Chaise-Dieu récemment reconstruite, et non de canonisation de S. Robert.'' (page 376)



Bref, je crois que l'historien A. Vauchez a fait un travail remarquable sur lequel on peut se baser et prétendre à une certaine exhaustivité, restant sauf les surprises que l'histoire peut toujours nous réserver.
images/icones/fleche3.gif  ( 913413 )Corrigendum... par Chicoutimi (2021-03-15 10:02:50) 
[en réponse à 913407]

À la section des canonisations tardives, il faut lire:

- non pas 4 mais 5 saints ''qui ont attendu plusieurs siècles pour que leur cause connaisse une issue favorable'': Hildegarde de Bingen, Marguerite de Hongrie, Albert le Grand, Claire de Montefalco et Angèle de Foligno.

- non pas 4 mais 5 papes qui ont officiellement reconnu leur sainteté: Benoît XVI, Pie XII, Pie XI, Léon XIII et François.

- la canonisation équipollente a donc été utilisée dans ces cas-là non pas 3 fois sur 4 mais bien 4 fois sur 5.

L'erreur vient de ce que j'ai ajouté à la dernière minute un 5e saint, sans en changer le texte.