Le Forum Catholique
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( 950127 )
Impostures historiques : un cas d'école, l'Espagne par Johanis (2022-07-26 07:04:46)
En 2003,un militant d'extrême-gauche espagnol, cofondateur du groupement maoiste GRAPO, ayant eu à ce titre accès à la documentation du parti socialo-communiste espagnol PSOE, jetait un pavé dans la mare en publiant en Espagne
Mythes de la guerre civile. S'appuyant sur cette documentation historique il y expose que "La guerre civile qui embrasa l'Espagne de 1936 à 1939 fut volontairement recherchée dès 1931 par la frange radicale de la gauche espagnole pour promouvoir la révolution." et "il en déduisait la responsabilité univoque et accablante de son propre camp dans le déclenchement de la guerre."
L'ouvrage qui s'est vendu à 300 000 exemplaires en Espagne où il a déclenché une sorte de tempête, est traduit en français depuis le mois de mars. Il y a un long article dans le dernier numéro du
Figaro histoire, retranscrit sur le site du Figaro.
L'auteur du livre dénonce en passant le rôle joué par d'éminents catholiques français pour diffuser la légende de la culpabiliité des "nationalistes" dans le déclenchement et la barbarie dans la guerre.
Extrait : "Quelques années plus tard, à l'approche de 1996, anniversaire du déclenchement de la guerre civile, je me suis mis à l'étudier de près, principalement dans les archives du PSOE. Il m'est alors apparu que la gauche avait organisé la guerre et que tout ce qui avait été écrit sur ce conflit était… faux.
Cette découverte a-t-elle représenté un choc ?
Assurément ! J'ai donc écrit Los orígenes de la Guerra Civil española (Les origines de la guerre civile espagnole). Je me suis rendu compte alors que la gauche était incapable de soutenir un débat sur ce thème. Sa politique consistait à la fois à ignorer les objections et à m'empêcher de parler, ce qui se traduisit plus généralement en 2007 par la « loi sur la mémoire historique ». Celle-ci établit que le Front populaire, c'est-à-dire l'alliance de la gauche, généralement favorable à Moscou, et des séparatistes catalans et basques, constitue le camp du bien, et que ses adversaires, les nationaux, et tout ce qui les représente (statues, inscriptions, souvenirs publics) doivent disparaître. Cette loi reprend exactement la propagande du Front populaire, qui fut à l'époque diffusée à l'étranger par la droite et par d'éminents catholiques comme Jacques Maritain ou Georges Bernanos. On parla ainsi de « camp républicain » pour désigner le Front populaire, affirmant de ce fait que la République avait disparu à la suite du coup d'État franquiste. En réalité, la République a été détruite par le Front populaire en deux étapes. D'abord lors de l'insurrection d'octobre 1934, ensuite par la falsification des élections de février 1936. Il s'agit de deux coups d'État qui ont conduit à la mise en place d'un régime de terreur."
On peut trouver dans
wikipedia un article exposant l'histoire de la parution de ce livre et les conséquences face à l'historiographie officielle.

( 950129 )
Très bon livre par Peregrinus (2022-07-26 07:44:41)
[en réponse à 950127]
J'ai pu lire récemment la traduction française des Mythes de la guerre d'Espagne de Pio Moa. C'est un très bon livre qui accomplit une œuvre éminemment nécessaire, et pas seulement pour l'Espagne et les Espagnols.
Il tend effectivement à montrer que la guerre d'Espagne est un véritable cas d'école, peut-être encore plus que la Révolution française : à peu près tout ce que l'on raconte ordinairement à son sujet (en cours d'histoire et en civilisation en cours d'espagnol dans le secondaire par exemple) est faux, des origines de la guerre, très largement provoquée par la gauche, qui la planifie dès la révolution manquée des Asturies en 1934, à son déroulement (l'auteur montre que le Front populaire a en réalité réussi à perdre une guerre imperdable sur le papier au vu de son écrasante supériorité matérielle en juillet 1936) et à son bilan humain absurdement surestimé.
L'auteur montre aussi très efficacement comment des universitaires éminents comme Paul Preston ou Angel Viñas se sont mis au service de cette imposture, parfois au prix d'affirmations plus ou moins absurdes ou de la reprise acritique de récits journalistiques manifestement élaborés à des fins de propagande, sur la répression aux arènes de Badajoz par exemple.
On est frappé surtout de lire à quel point le personnel du Front populaire espagnol est, de l'aveu même d'un certain nombre de personnalités républicaines, un ramas de personnages ineptes (Azaña), de crapules et de francs criminels (Largo Caballero, Prieto), tous animés par-delà leurs divergences d'une haine implacable de l'Espagne, de sa culture, de son histoire et surtout de l'Église, de la foi et de la morale chrétienne : les vrais modérés étaient, à tous points de vue, les partisans du camp national.
Peregrinus

( 950140 )
Un parallèle à faire avec l'Allemagne de Weimar par Athanase (2022-07-26 10:43:57)
[en réponse à 950127]
Comme le dit l'auteur, le coup d'Etat reproché aux généraux s'inscrit déjà dans une relégation de la légalité opérée par les républicains avant que Franco n'intervienne (il n'est d'ailleurs pas seul). En 1936, l'Espagne était déjà radicalisée. On peut faire un parallèle avec la République de Weimar: le IIIe Reich est arrivé dans un système qui s'était affaibli par des mises au pas et des atteintes à la légalité (comme la mise au pas de la Prusse par Von Papen en 1932). En soi, une dictature n'a pas remplacé une démocratie, mais un régime déjà affaibli où n'existait guère de conscience démocratique. Ce qui compliqua la tâche des conjurés du 20 juillet 1944: les oppositions à Hitler ne pouvaient revendiquer l'héritage d'un régime libéral et démocratique dans le sens d'un refus du totalitarisme.

( 950143 )
précisions par Lycobates (2022-07-26 11:07:21)
[en réponse à 950140]
un parallèle avec la République de Weimar: le IIIe Reich est arrivé dans un système qui s'était affaibli par des mises au pas et des atteintes à la légalité (comme la mise au pas de la Prusse par Von Papen en 1932)
Formellement, la déposition du gouvernement social-démocrate de la Prusse en 1932 se justifiait par l'article 48 de la Constitution de Weimar de 1919. La "légalité" était donc formellement respectée.
Ce qui compliqua la tâche des conjurés du 20 juillet 1944: les oppositions à Hitler ne pouvaient revendiquer l'héritage d'un régime libéral et démocratique
Ils ne le voulaient pas. Les conjurés du 20 juillet 1944 voulaient revenir à la situation d'avant 1914-1918. Un régime libéral et démocratique n'était pas ce qu'ils envisageaient pour l'Allemagne après le renversement du régime national-socialiste. Ils préconisaient une restauration.

( 950152 )
Les conjurés ont évolué par Athanase (2022-07-26 11:43:28)
[en réponse à 950143]
Plus l'Allemagne perdait de territoires (ou risquait d'en perdre), plus les opposants admettaient une certaine ouverture à gauche. Ils comprenaient que l'assise de leur nouveau régime devait être plus large et ne pas se limiter à des militaires et à des hauts-fonctionnaires de droite dégoûtés du nazisme. Mais c'était assez confus. On pense que Gordeler avait le souci de se rapprocher des syndicalistes, etc.
Il est très difficile de savoir ce qu'ils envisagaient réellement à part l'objectif immédiat de l'élimination d'Hitler (priorité compréhensible). Il devenait difficile de restaurer l'Empire (celui du Kaiser), ni même l'Allemagne de Weimar, ces deux régimes en partie autoritaires. Les projets sont trop confus, même si on peut penser que l'Allemagne impériale restait en partie dans les cartons.
Mais il serait intéressant de voir à quoi cela aurait abouti si le coup d'Etat avait fonctionné: une sorte de régime mi autoritaire, mi libéral, un peu comme la Turquie et certaines dictatures militaires. On aurait pu imaginer une Allemagne avec une dénazification plus limitée. Comme au Japon après 1945, on aurait encore eu des célébrations des exploits militaires. Mais cela reste très hypothétique, car le 20 juillet fut un échec.
Si Hitler avait été éliminé en 1944, il est difficile de savoir ce qu'il en aurait été: les alliés étaient trop unis pour se diviser. Les occidentaux auraient-ils toléré un régime impérial et conservateur ? Il semble que l'amalgame entre Allemagne et nazisme était trop fort dans les chancelleries occidentales. On peut supposer que les alliés auraient demandé une capitulation sans condition et que les conjurés auraient fini par céder.

( 950146 )
Je ne vois pas de pertinence à ce parallèle par Johanis (2022-07-26 11:21:43)
[en réponse à 950140]
D'après ce que je comprends des deux situations historiques entre lesquelles vous faites un parallèle, je ne vois pas du tout la pertinence de ce parallèle. En Allemagne le troisième Reich succède à un régime Républicain de droite devenu particulièrement autoritaire. Toutefois il s'agissait là d'un régime de droite et je crois que les abu étaient très loin des abus criminels perpétrés par « les républicains espagnols» qui ont entraîné la rébellion militaire espagnole. Quand à comparer le régime franquiste au troisième Reich, ça me semble être tout à fait à côté de la plaque.
Bref cette comparaison me semble n'apporter aucune lumière sur le sujet des impostures historiques, et plutôt de nature à entraîner la confusion.
Cordialement,

( 950149 )
C'est un parallèle pas une identification par Athanase (2022-07-26 11:29:58)
[en réponse à 950146]
Un régime conservateur et dictatorial n'est pas un régime totalitaire. Le franquisme n'est pas le nazisme et entre le Franco de 1936 et celui de 1975, il y a beaucoup d'évolutions, de changements. A un moment, on se retrouve en Espagne en présence d'un régime plus technocratique (les années 60).
Il s'agissait juste de dire que dans les deux situations, on passe non d'un régime dit "libéral "à un régime musclé, mais d'un régime déjà fragile et avec des tendances autoritaires à un régime qui l'est encore plus, voire davantage. La République espagnole n'était pas aussi libérale qu'on a bien voulu dire et que le coup d'Etat de 1936 n'arrive pas comme un cheveu sur le soupe, mais comme une étape supplémentaire dans une situation qui se radicalise.
Les partisans de la démocratie dans les deux situations ont été confrontées à une absence de passé proche qui pouvait rappeler qu'une autre voie était possible. Il serait plus juste de dire que nous sommes en présence de systèmes fragiles qui se sont retrouvés avec des régimes plus radicaux.

( 950147 )
Les généraux du 18 juillet et la légalité par Peregrinus (2022-07-26 11:23:12)
[en réponse à 950140]
Pio Moa ne fait sur ce point que rappeler ce que beaucoup d'autres historiens de tous bords ont mis en évidence depuis longtemps, à savoir que Franco n'avait pas du tout un tempérament de putschiste, mais qu'il était au contraire très respectueux de la légalité : il a espéré jusqu'au bout qu'Azaña et Casares Quiroga feraient un geste en direction de ceux qui s'inquiétaient du chaos et de la dérive révolutionnaire ; il n'a pris la décision d'appuyer franchement les généraux conjurés qu'après l'assassinat de Calvo Sotelo par des socalistes proches de Prieto, et (c'est l'hypothèse de Moa) à l'instigation de ce dernier ; assassinat qui a convaincu non seulement Franco, mais plus généralement l'opinion de droite que la légalité avait définitivement disparu : l'intervention des militaires était dès lors une question de vie ou de mort, comme le disait le très modéré Gil-Robles ("La moitié de l'Espagne ne peut pas se résigner à mourir"). À cette époque les députés de droite aux Cortes faisaient régulièrement l'objet de menaces de mort lancées par les députés du PSOE et du PCE, Largo Caballero se vantait ouvertement de bolchéviser l'Espagne, pas un jour ne se passait sans assassinats (450 bien documentés de février à juillet 1936) et sans incendies d'églises, de couvents, d'écoles ou de bibliothèques, commis par les rouges dans la quasi indifférence des prétendus modérés de la Gauche républicaine qu'on nous donne aujourd'hui pour des modèles de vertu démocratique.
Peregrinus

( 950154 )
Prudence aussi de l'Eglise en juillet 1936 par Athanase (2022-07-26 11:53:49)
[en réponse à 950147]
Contrairement à la légende, l'Eglise ne s'engouffre pas avec les putschistes. Elle n'invoque nullement la défense de la civilisation chrétienne, du moins dans un premier temps. Mais les exactions ont rappelé aux chrétiens qu'ils ne pouvaient être soutenus que par un camp et que la persécution est un principe de réalité.
Quant à Franco, il n'était pas seul et la disparition des généraux Mola et Sanjurjo ont créé une situation de "principat". Il ne semble pas que les militaires aient aspiré à un régime précis. Là aussi, l'improvisation et le temps ont conduit à un régime centré sur Franco, même si une dictature comme toute démocratie se prête à une situation de "polycratie". Ce qui signifie des courants différents et des tendances dominantes ou faibles selon les moments.

( 950174 )
Franco laïcard et républicain par JVJ (2022-07-26 12:39:07)
[en réponse à 950154]
Avant de comprendre l'intérêt qu'il y aurait à soutenir les catholiques (cela me rappelle quelqu'un qui fut ambassadeur en Espagne...).
Ceux qui veulent à tout prix prendre la défense d'un camp ne sont plus dans l'Histoire.
Caudillo par la grâce de Dieu...
Si Guy Hermet est sérieux (si...)...
"Pendant ses longs séjours au Maroc, Franco a joué les laïcistes et affectionné la devise "ni messe ni femmes". Apprenant qu'Alphonse XIII s'était prosterné aux pieds du pape, il avait déclaré : "Je ne comprends pas comment un roi d'Espagne a pu s'humilier au point de baiser la main sale d'un vieillard". Mais peut-être ne s'agissait-il là que de boutades dictées par l'ambiance profane des mess de la Légion étrangère. Plus exacte, probablement, est l'image d'indifférence religieuse..." (p. 196).
Les républicains basques ont protégé le clergé local, pas seulement pour complaire aux carlistes.
Hermet ne cache pas les 6000 morts dans le clergé, les exactions en tous genres, les divisions des républicains avant 36, les anarchistes qui tuent autant de communistes que de nationaliste ou de gens sans parti, le POUM et Moscou, le mythomane de Malraux, les carlistes qui tirent la bourre aux autres monarchistes (curieusement noyés dans la masse)... Bref, on n'a pas attendu votre coco pour ouvrir les yeux de manière posée. On croirait assister à la publication du livre de Lady Diana ou d'un Goering qui se serait repenti de croyances de jeunesse...
Pour lire quelque chose d'apaisé sur cette guerre, mieux vaut ne pas avoir son cv. Lirez-vous les ouvrages de Nicolas Offenstadt sur la DDR ?
J'entends bien que l'Histoire à coup de citations n'est pas de l'Histoire.
Je suis le premier à me lamenter de voir les lycéens gloser sur Guernica, et pas sur les listes des morts innocents portant l'habit religieux et la soutane...
Pour revenir à votre communiste, j'ai les mémoires d'un ancien résistant du Loir-et-Cher, fils justement de républicain espagnol. Comme il a été viré du PCF pour entrer dans un groupuscule marxiste-léniniste, on ne fait pas plus adorateur de De Gaulle que lui sous la Ve République et plus contempteur de Moscou.
Il faut le savoir avant de perdre des dizaines d'heures à lire le bouquin.
C'est du billard à trois bandes, comme apparemment votre bouquin sensationnel qui prétend défoncer des portes largement ouvertes par la recherche.
Plus personne à l'Université ne croit que les inquisiteurs dominicains du XIIIe s. étaient des abrutis et des criminels, sauf dans certains rangs de l'Eglise... J'ajoute à ces Jean-Michel-à-peu-près ceux qui, suivez mon regard, sont persuadés que saint Dominique fonda l'Inquisition... Une archive du XVIIe s. dit même qu'il l'a fondée en récitant son rosaire...
Quand on ose faire un état d'un article tout chaud et sans précédent faisant état de l'invention de la pale, par endroits, au XIVe s., on reçoit un silence poli et suspect.
- oui, ben on l'savait déjà !
Quand on vous dit que le prêtre cartusien n'élevait pas l'hostie encore en 1300, on est prêt à croire au complot. Mince ! Cela ne rentre pas dans la doxa des dernières personnes à s'intéresser à cela. Pourtant je l'ai lu dans une archive... Du moins dans l'édition des statuta. "La" messe, cela n'existe pas.
Une hostie a saigné, c'est écrit dans l'archive !
Manque de chance, tel évêque a interdit qu'on la vénère et qu'on y croit. L'hyper-réalisme eucharistique n'était pas partagé par tous...
J'ai aussi quelques archives "prouvant" que des statues volaient dans le ciel... Tel évêque a fait détruire la statue et a interdit à ce couvent dominicain de continuer à répandre cette bêtise pour attirer à eux l'attention et abuser de la crédulité des gens. Vilain évêque qui ne croyait à rien.
Si des jeunes gens me lisent et si jamais ils ne lisent pas de romans du XIXe s., permettez-moi de vous donner ce conseil méthodologique : si quelqu'un vous écrit noir sur blanc qu'il vous "aime" (même sur vos maudits textos), ne prenez pas cela pour une garantie éternelle sous le prétexte que vous avez ce texte dans vos archives... Et essayez de ne pas abuser vous-mêmes de ce verbe.
Je t'aime, j'aime la cancoillotte, j'aime les cerises à l'eau de vie.
Disposer d'une charte de profession perpétuelle posée sur un autel (archive !) ne signifie pas que l'impétrante est mort moniale. Il y a des étoiles sur ma carte d'identité avec "république française" sur icelle. Dans deux cents ans, j'espère qu'on ne dira pas que j'étais nécessairement ex scriptis européiste et républicain.

( 950145 )
"Historien autodidacte" que dit wikipedia par JVJ (2022-07-26 11:20:25)
[en réponse à 950127]
Et depuis quand un tradi conservateur se fie à des ouvrages pondus par un tel bonhomme, qui a des comptes à régler parmi tout le nuancier des extrêmes gauches et des gauches espagnoles ?! Moscou était derrière les communistes, le POUM, les républicains basques pouvaient être catholiques et protéger leurs curés, des carlistes ont pu s'allier aux républicains pour lutter contre les monarchistes... Un joyeux cirque et aucune approche binaire n'est pertinente.
Vous me citerez les revues historiques françaises à comité de lecture qui en parlent. (Le Figaro histoire est très bien, je la reçois et c'est très agréable, même pour un collégien curieux et cultivé, mais les auteurs sont ipso facto suspects. J'ai eu JL Voisin comme professeur d'histoire romaine, qui se moquait des cirques dans les synagogues et les premières communautés chrétiennes, par une approche venant du GRECE... c'était drôle, mais bon... Il écrit aussi sous pseudo dans Val'Ac'...).
C'est un peu comme s'il fallait citer Bardèche pour condamner la collaboration tiédasse d'un Céline.
Que la propagande existe un peu partout, c'est évident, et j'insiste, dans tous les rangs.
On n'a pas attendu ce bonhomme pour avoir une approche mesurée sur la guerre civile.
Je pense à Guy Hermet. Les profs d'espagnol du secondaire ne lisent pas les historiens, mais ont une opinion sur cette période. Il suffit de leur demander par exemple quel âge avait la république en 1936... et par quel moyen elle est arrivée au pouvoir. Et là ! Souvent, pas de réponse.
Ici j'ai loué les livres de Bernanos, qui fut témoin des massacres nationalistes bénis par les curés.
Ce n'est pas parce qu'on est catholique et qu'on déplore les prêtres massacrés et religieuses violées, les églises brûlées, qu'il faut taire et ne pas voir les exactions d'un camp.
L'argument des ventes n'est pas pertinent. Des auteurs vendent beaucoup, sans que cela soit pour autant de la littérature.
En poche, cet ouvrage d'un historien qui n'est pas un militant, avec une approche très nuancée.
Bartolome Bennassar a aussi recadré les choses. On ne peut pas vanter un livre sous le prétexte qu'il vient du supposé autre bord (infiniment divers).
Un vrai royaliste catholique peut dans son salon de 2022 dire merci à Franco (qui était républicain), mais après, ceux qui se déguisent chez en eux en culotte de cuir ne sont pas obligés de vouloir avaler tout en bloc, messe latine dans les stades de foot comprise...
On peut rappeler au bon souvenir des communistes les meurtres de masse contre les Juifs par Lénine et Staline, sans pour autant taire les pogroms et l'antisémitisme sous l'empire russe... Tout respectueux de la sainte famille impériale que je suis.
Utiliser un livre à des fins apologétiques est très mal parti. Si on veut lire de l'Histoire... Sinon on est dans un meeting politique ou à civitas.
Bien placé pour le savoir, je suis très pessimiste sur tout enseignement de l'Histoire, sachant que la recherche évolue aussi par nature. Cela supposerait aussi qu'il y a des professeurs, à tous les niveaux, qui savent et que d'autres ne savent pas. C'est vicié dès le début. En Histoire, pas de posture dogmatique en principe comme on réciterait son cahier de notes pris sur le cardinal Pie...
Que les professeurs et les étudiants aient une approche républicaine téléologique de 1789, c'est évident (en principe 1789-1815 du point de vue politique se traite en 6 h en première générale, sous l'angle de la Nation. Comment est-ce possible avec l'inculture et la fainéantise générale ?!!). 1917, Mao... Hitler n'intéresse pas plus que Staline, mais il y a toujours le vieux fond de sauce faisant une hiérarchie dans l'horreur en faveur du premier. La guerre d'Algérie et celle d'Espagne sont des morceaux irrécupérables. Je tente à mon niveau de montrer la complexité et le poids historiographie jusque dans les consciences des plus incultes, mais c'est dangereux et cela n'entre dans le cerveau que de trois à cinq élèves sur 36 (à condition que les autres n'aient pas un parent prof ou à la CGT...). Certains députés LFI sont de parfaits exemples de ces étudiants en histoire "formés" à Paris, qui recrachent leur daube et leur propagande.
Orwell était au POUM à Barcelone, il est bon de le rappeler quand on loue ses livres anti-totalitaires. Mais tout est vain. Un prof ne peut pas tout lire, tout savoir, être familier avec toutes les périodes. C'est dire si des personnes qui n'ont jamais eu la moindre formation historique sont à des années-Lumière - parfois - d'en être conscients. On ne peut pas connaître De Gaulle en lisant seulement les mémoires de son fils... ou le livre de D. Venner !
J'aimerais être certain qu'à l'opposé, on ne parle pas avec nostalgie du Maréchal ou de l'Algérie française... Dans les deux cas, ce n'est pas de l'Histoire. C'est du catéchisme.
Dans l'Eglise, 90 % du clergé sont persuadés qu'avant le concile, c'était pô bien, en vrac. Le malheur est que d'autres affirment que tout y était parfait et saint...
Ces gens devraient être informaticiens : 1 ou 0 sont les seules réponses possibles.
On ne peut pas ignorer Bernanos, qui n'était pas un gauchiste et un républicain. Et j'aimerais qu'on n'en pense pas quelque chose sans l'avoir lu...


( 950148 )
Merci de trancher avec votre autorité infaillible par Johanis (2022-07-26 11:26:10)
[en réponse à 950145]
Je n'en attendais pas moins de vous. Mais je crois que la comparaison des exposés de cet auteur et de votre prose si vagabonde, et à mon avis si peu scientifique, ne laisse guère de doute sur le sérieux de l'un et de l'autre.

( 950150 )
Encore une fois par Peregrinus (2022-07-26 11:33:17)
[en réponse à 950145]
L'histoire n'est pas une discipline ésotérique et sa méthode relève d'abord du gros bon sens. Lorsqu'on a suffisamment travaillé, on peut donc très bien être autodidacte et parvenir à des résultats satisfaisants (surtout lorsqu'on traite des quelques questions où se sont imposés, par les mécanismes propres de la recherche universitaire, de faux consensus). Pio Moa a vu les archives et il connaît la bibliographie. Dès lors, il mérite d'être discuté comme historien.
En tout état de cause, ce qu'il dit est infiniment moins grotesque que ce qu'écrivent des historiens professionnels installés comme Paul Preston ou Angel Viñas, entre autres. Ses conclusions vont tout à fait dans le sens de ce qu'écrit par ailleurs Stanley Payne, par exemple, qui est un historien de métier dont la carrière académique est au-dessus de tout soupçon, ou encore des travaux du chanoine Angel David Martin Rubio, doyen du chapitre cathédral de Coria.
Et pour ma part, je ne louerai jamais Bernanos pour ses prises de position de fait en faveur des rouges qui ont commencé à assassiner, à incendier et à torturer bien avant le 18 juillet 1936. Ortega y Gasset, qui n'était pourtant pas un fanatique de Franco, n'avait d'ailleurs pas de mots assez durs pour ces intellectuels étrangers qui pontifiaient en faveur du Front populaire et contre le camp national.
Peregrinus

( 950159 )
"A vu les archives" ! Quel mythe ! par JVJ (2022-07-26 12:03:30)
[en réponse à 950150]
La Croix avait cru dire des choses intéressantes en disant que les archives de Pie XII étaient ouvertes ! C'était déjà le cas, et même publiées !
Il-a-vu-les-archives, ouah !
Une archive ne dit pas tout, doit s'approcher avec un esprit critique et peut être lue par deux personnes de manière très différente.
Des archives peuvent avoir disparu. Et des archives n'indiquent pas : M. Sanchez certifie avoir violé deux religieuses et égorgés trois enfants.
Comme si tout était dans "les" archives...
Ce bonhomme est manifestement un militant. J'espère que vous n'êtes pas un tenant de la censure dans le domaine théologique...
Quand on est trop militant, on se casse les dents et on n'est pas plus crédible que les autres propagandistes. On le sait pour certain historien des guerres de Vendée (hélas pour lui, je dirais). Imaginez Isabelle de G* écrire une histoire de l'Eglise de France depuis trente ans : à peine l'encre serait-elle sèche, que ce bouquin serait déjà un objet historiographique avant même d'avoir été un objet d'Histoire ! Et elle aurait vu les archives !!!!!!!!!!!! Y Chiron se fait mousser en disant qu'il a vu "les" archives de la province dominicaine de France, "les" archives de et de. Le dossier de tel prêtre dans tel évêché. Impossible ou alors connivence.
Il est plaisant de voir des tradis se servir de Martel, du moment que cela va dans leur sens...
L'ouvrage que vous citez entre dans l'historiographie de la guerre d'Espagne, rien de plus. C'est la langroise Louise Michel qui attaque les républicains de la IIIe !
Pour connaître la vie religieuse de Marie-Thérèse de France de 1795 à 1814, vous avez beaucoup d'archives ?
Je m'incline devant un contradicteur qui pourrait m'indiquer son numéro aux AN et dans une dizaine de dépôts d'archives départementales, puisqu'on a à faire à de fins connaisseurs des zarchives (contemporaines).
En système soviétique, nazi ou de guerre, il vaut mieux ne pas trop se fier seulement aux archives. Une absence d'archives prouverait donc que tel massacre de villages est venu par l'opération du Saint-Esprit...
Longtemps les anticléricaux ont fantasmé sur les archives secrètes du Vatican, faute de parler italien...
Vous êtes buté en dénonçant Bernanos qui a fait d'un roman, ce qu'il a vu de ses yeux. Les crimes dans les îles n'ont jamais eu lieu. Un historien ne s'interdit aucune source. Vous ne voulez pas connaître avec modestie, mais défendre une thèse. C'est du révisionnisme à l'envers qui ne tiendra pas et qui est malhonnête. On ne peut pas prétendre remplacer une propagande par une autre. C'est pourquoi, si vous réfléchissez deux secondes, faire un manuel d'histoire est impossible.
On peut faire une histoire de 1812 sans jamais parler des morts en Russie, pour ne louer que l'épopée napoléonienne...
Je suis d'accord sur le côté iconique de cette guerre, comme pour 1789, 1936, 1968... J'en mange régulièrement et je suis archi-minoritaire. Mais ce type ne donne pas du tout envie d'être lu. Je ne lirai pas davantage Martel ou un végétarien au sujet de l'histoire de la cuisine française.
Il ajoute une couche au mille-feuilles historiographique.
Il faut lire Stéphane Courtois, non pas parce qu'il fut ancien mao, mais parce que c'est un historien (libre).
J'espère que tout le monde connaît en ligne l'émission Historiquement show (visible sur youtube), qui présente l'actualité des livres et des expositions en Histoire. Même les gauchistes y vont ! Cette émission fut même animée par Michel Field qui était très honnête. Son patron fut longtemps l'excellent Patrick Buisson.
Promis, dès qu'un militant trans publie une histoire du mariage catholique, je l'achète !
J'ai longtemps pensé que des puristes ne liraient jamais des ouvrages venant d'extrémistes (de gauche)... Tout arrive. Rome n'est plus dans Rome.

( 950177 )
Cher Monsieur par Peregrinus (2022-07-26 12:40:33)
[en réponse à 950159]
Ou plutôt cher collègue, devrais-je écrire,
Je m'attendais à vos amabilités.
Mais comme il semble que vous n'avez toujours pas compris, je remets les choses au point.
Je suis normalien et diplômé de l'ENS, agrégé d'histoire, docteur en histoire contemporaine, qualifié CNU, auteur d'une thèse primée en cours de publication. Tous les diplômes et toutes les qualités que vous pouvez avoir, je les ai aussi. Je n'ai pas la sottise de croire que cela me confère quelque infaillibilité, ni même quelque supériorité que ce soit sur qui que ce soit. Je ne me permets de rappeler mes titres que pour vous faire comprendre, s'il est possible, que je sais aussi bien que vous ce qu'est la recherche historique et par conséquent que vos forfanteries sans queue ni tête, quoique assénées avec l'aplomb et la morgue convenables, ne sont pas propres à m'impressionner, mais seulement à m'agacer parfois, et à me faire rire souvent.
Pio Moa a dépouillé les archives de la Fondation Pablo Iglesias. Cela, c'est un fait. Je ne fantasme pas sur les archives, puisque je sais très bien ce que c'est. Je ne prétends pas qu'il a vu des archives que les autres n'ont pas vues : je dis qu'il a fait un travail d'archives qu'il traite en historien ; rien de plus.
Pour le reste, comme vous me prêtez des actes ou des opinions auxquels je suis plus ou moins étranger, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de répondre.
Peregrinus

( 950182 )
Je pensais le savoir vaguement vous concernant par JVJ (2022-07-26 13:00:29)
[en réponse à 950177]
Mais quand on vous lit sans le savoir, on peut penser que gisaient des sources qui permettent enfin de Savoir grâce à cette fondation machin chose.
1. Je m'incline devant le normalien non-gauchiste et pas même centriste
2. Tout le monde peut être qualifié par la CNU
On attend l'ouverture de la fondation Thorez pour savoir qu'en réalité le PCF était anti-nazi dès 39... On peut compter sur les sources communistes...
Je souhaiterais prendre connaissance d'un compte rendu, d'une revue sérieuse, me disant en quoi votre livre a apporté des considérations que nous ne savions déjà.
On peut attendre un nouveau livre sur le fonds de tel évêché ou de tel Etat, pour éclairer le pontificat de Pie XII... Il y a des silences archivistiques évidents, qui échappent à ceux qui aiment se faire l'Eglise... Je sais qu'on rêve de trouver un jour une correspondance intime entre le Chancelier et Pie XII. Le P. Blet par exemple a fait le tour de la question, pour quelques années. Mais pour vendre, un historien dira qu'il a lu le fonds de la fondation truc...
Les contemporanéistes pensent parfois qu'un fonds est suffisant. Quand bien même aurait-on accès au fonds détenant les secrets de l'Eglise, le regard de celui qui écrit sur eux peut changer du tout au tout. Je ne le dis pas pour, mais pour ceux qui s'abreuvent d'Histoire par wikipedia ou Franck Ferrand (qui m'est très sympathique, royaliste et Val'Ac' alors...).
L'historiographie n'a pas attendu ce Monsieur pour dire que la menace rouge était très sérieuse (chose impossible à concevoir pour bien des profs aujourd'hui et encore moins à des lycéens...).
Mon Guy Hermet le dit en long et large depuis 1989, pour ne parler que de lui.
Anna Maria Hidalgo (qui a francisé son prénom, Z pourrait s'en servir...) a essayé de faire croire au passé résistant de ses parents. Manque de chance quand on débarque en France dans les années 60.
Valls était le petit-fils je crois d'un homme de presse bien droitier de Catalogne.
Je suis le premier à être fatigué de la propagande républicaine, mais je n'apprécie pas davantage l'autre, opposée, qui regarde Franco avec les yeux de Chimène et les messes traditionnelles dans les stades de foot...
J'ai suivi en direct le coup d'Etat barcelonais il y a quelques années sur la TVE et les chaînes françaises un dimanche soir. Heureusement que se trouvaient l'ambassadeur d'Espagne et Benoît Pellistrandi pour calmer les intervenants partisans des plateaux...
Quand je serai au pouvoir, plus aucun drapeau de la CNT dans les U. et les rues. Et pourtant, on les voit.
Je sais qu'il existe quelque part le plus important fonds concernant le comte de Chambord (avis aux gens riches, je peux les mettre en relation...). Pensez-vous qu'on ne sache pas largement ce qu'il faut savoir sur le brave homme ? Pour vendre un futur bouquin issu de ce fonds, on cherchera du sensationnel et quelques opposants farouches. Si on trouve une correspondance amoureuse avec une autre femme que la sienne et des bâtards, je corrigerai mon opinion...

( 950200 )
Certes, et ? par Peregrinus (2022-07-26 20:48:15)
[en réponse à 950182]
Je ne vois pas où vous voulez en venir, car comme souvent votre message se disperse en tous sens. Que viennent faire Franck Ferrand, Anne Hidalgo, Manuel Valls et le comte de Chambord dans cette discussion ?
Pio Moa émet plusieurs hypothèses qui lui sont propres, notamment à propos du rôle de Prieto dans l'assassinat de Calvo Sotelo. Dans Les mythes de la guerre d'Espagne, il propose également une synthèse efficace, car très habilement menée, sur les principaux mythes de ce conflit, dont découle une interprétation plus générale de cette période qui rejoint globalement celle de Stanley Payne notamment : il ne prétend pas faire autre chose. Il cite d'ailleurs abondamment les travaux des autres auteurs qu'il reprend souvent explicitement. Libre à vous de préférer d'autres auteurs ; ce n'est pas une raison pour le prendre de haut comme vous le faites.
Je ne sais pas si mes collègues contemporanéistes en général pensent que l'on peut se contenter d'un seul fonds, même si j'ai déjà rencontré hélas un énergumène (et titulaire, de surcroît) qui se vantait de n'avoir jamais fait de dépouillements hors de Paris, les archives départementales étant à ses yeux destinées aux ploucs. Je sais en revanche que ce n'est pas mon cas.
Peregrinus

( 951142 )
À propos de Stanley Payne par Peregrinus (2022-08-17 09:12:26)
[en réponse à 950200]
L'historien américain a donné relativement récemment cet
entretien (en espagnol).
On peut noter d'ailleurs que Stanley Payne, en faisant l'éloge de Pio Moa, déplore le "crédentialisme" qui sévit à l'Université et conforte les pseudo-consensus. Il ne me semble pas cependant que ce soit une spécificité espagnole.
Si l'on compare
Les mythes de la guerre d'Espagne de P. Moa et l'ouvrage correspondant de S. Payne (
La guerre d'Espagne. L'histoire face à la confusion mémorielle), il apparaît que les deux livres se recoupent largement, à quelques nuances près. Le plan du livre de Moa accorde une place plus importante aux soubresauts de la vie politique de la République et aux représentations des futurs acteurs de la guerre civile. Pour Moa, la révolution asturienne de 1934 marque déjà le basculement dans une situation de guerre civile, tandis que Payne ne va pas jusque-là. Moa évalue plus positivement que Payne l'action de la CEDA.
Il semble par ailleurs que les ouvrages de P. Moa ont contribué à faire évoluer les positions de S. Payne, ce qui tend à montrer qu'ils ne sont pas totalement négligeables.
Peregrinus

( 950271 )
Chambord ? par Roger (2022-07-28 14:07:29)
[en réponse à 950182]
Cher Jvj
Vous avez écrit
"Je sais qu'il existe quelque part le plus important fonds concernant le comte de Chambord (avis aux gens riches, je peux les mettre en relation...). "
Merci de préciser le lien entre cette phrase et l ensemble de votre propos...car j ai eu du mal à suivre !

( 950166 )
Cas d'école ! Pour qui ? Pour quoi ? par jl dAndré (2022-07-26 12:17:58)
[en réponse à 950127]
Est-ce que (par hasard) vous feriez allusion à l'actuelle guerre en Ukraine ?

( 950181 )
l'iinformation sur des évènements en cours n'est pas histoire par Johanis (2022-07-26 12:50:16)
[en réponse à 950166]
Il y a par exemple la vision historique qu'on a donné du moyen-âge, et qui a aujourd'hui un peu évolué, celle de la révolution française bien sûr, qu'un François Furet a aussi aidé à rectifier, l'histoire du communisme en Russie, etc.
Quant à la guerre en Ukraine on ne peut parler d'imposture historique car on n'est pas aujourd'hui dans un regard historique, et s'il y a imposture ce serait une imposture d'information.
Il s'agit d'un cas d'école dans le domaine de la discipline historique, et dans la mesure où on peut parler de cas frèquents de visions historiques "officielles" biaisées, sous l'influence de parti pris idéologique. Sans nier la difficulté et les limites d'une histoire objective.
L'histoire "officielle" pèse lourd dans les options culturelles des sociétés, et l'enjeu n'est donc pas seulement un enjeu de connaissance authentique.

( 950183 )
Merci d'écrire correctement "Moyen Âge" par JVJ (2022-07-26 13:12:08)
[en réponse à 950181]
François Furet avait le droit, car un ancien communiste devenu libéral est cru comme du bon pain. S'il n'avait pas été communiste, on n'oserait pas même le citer...
Il a écrit des choses sur la Révolution à présent bien périmée.
Vous entrez dans le raisonnement de vos adversaires, en leur donnant le droit de dire qui a le droit de dire ou de ne pas dire.
Je comprends mieux parfois pourquoi YC reçoit les honneurs en certains milieux et en certaines revues fort sérieuses. De tradi maurrassien, il est enfin passé à une position plus centriste avec un livre élogieux sur François. Même cursus honorum que La Nef...
Bien joué !
Bientôt une rubrique dans La Croix.
Si YC était resté maurrassien et tradi, il serait moins lu et pas du tout pris au sérieux...
C'est un recentrage éditorial qui permet d'ouvrir quelques portes et de se racheter une conduite.
Comme les universitaires sont généralement peu courageux et tenus par une sociabilité de gauche, j'attends encore un compte rendu dans une revue à comité de lecture de la biographie de Mgr Lefebvre par feu Levillain. On n'en lira pas... Quand c'est mauvais, on ne commente pas s'il s'agit d'un ponte. Connivence partout et manque de courage. On devrait faire lire à l'aveugle...
Dans l'histoire religieuse contemporaine, il est de bon ton de louer Yann R. du Cl. Gare à celui qui débusquera une approche sociologique des choses (et pas du tout historique) ou des partis pris patents (à condition de connaître les Dominicains par exemple...).
Pour dézinguer un historien récemment, rien de tel que de rappeler, dans un compte rendu d'une revue très sérieuse, qu'il appartient à telle société de prêtre... J'avais déjà pointé chez le recenseur une manière très curieuse de présenter R. de Mattei.

( 950187 )
Certains écrivent moyen âge avec un trait d'union par Meneau (2022-07-26 13:30:44)
[en réponse à 950183]
d'autres écrivent que la Révolution est périmée... Chacun son truc !
Cordialement
Meneau

( 950191 )
La Révolution de Furet est périmée par JVJ (2022-07-26 14:22:30)
[en réponse à 950187]
et même très ennuyeuse.
Plus personne, sauf les quelques membres des sociétés d'études ad hoc, ne se soucie de répondre aux lectures marxistes de la Révolution.
Moins les philosophes, les politiques et les théologiens s'intéresseront à l'Histoire, mieux celle-ci se portera.
Je sais bien que certaines personnes adorent être prises en main et dirigées de la naissance (et même avant...) à la mort (et même après...). En philosophie politique, c'est le propre des régimes totalitaires. Les saoudiens, au moins, assument. Dire que Franco aurait pu y arriver aussi... Et quatre années n'auront pas suffi non plus en France...
Ne me dites que le pape s'occupe de la consommation de viande et qu'un évêque pique une crise lorsqu'il voit des assiettes en plastique dans une réunion !?
Et si Greta disait au Très Saint Père que son avion pollue ?
Un enfant biberonné au médiévalisme moyenâgeux du moyen-âge de civ** ou des Ben-Uhr des calvaires :


( 950201 )
Lectures marxistes de la Révolution par Peregrinus (2022-07-26 20:54:45)
[en réponse à 950191]
Plus personne, sauf les quelques membres des sociétés d'études ad hoc, ne se soucie de répondre aux lectures marxistes de la Révolution.
Malheureusement, les membres des sociétés d'études ad hoc ne répondent guère aux lectures marxistes de la Révolution, puisqu'en général ils y adhèrent à des degrés divers : tout au plus les revisitent-ils en fonction des modes du moment.
Je dirais d'ailleurs que l'histoire politique de la Révolution telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui est pire que ce qu'elle était il y a quelques décennies, en partie d'ailleurs parce qu'elle n'est plus contestée. Hier, les jacobins et jacobino-marxistes défendaient la théorie des circonstances pour excuser la Terreur, aujourd'hui ils prétendent tout uniment qu'il n'y a jamais eu de Terreur, qu'il s'agit purement et simplement d'un terme de propagande inventé rétrospectivement par les thermidoriens. C'est ce qui s'enseigne aujourd'hui dans une grande université parisienne.
Peregrinus

( 950192 )
Les mythes de la Guerre d'Espagne, un ouvrage décisif par Anne Charlotte Lundi (2022-07-26 15:25:16)
[en réponse à 950127]
Dès la fin des hostilités, la guerre civile espagnole a été décrite et expliquée par l'immense majorité des historiens comme l'aboutissement d'une agression sanglante commise par les militaires franquistes contre la jeune république du Front populaire. Le récit officiel avant établi une fois pour toutes que la coalition de gauche défendait la légalité, la liberté et l'épanouissement des travailleurs.
Jusqu'à la parution de ce livre de Pio Moa.
Issu de la gauche radicale, ardent militaire anti-franquiste, Moa ne reprend pas les préjugés du régime de Franco pour mener sa grande enquête sur les origines et le déroulement de la guerre. Au contraire, il se plonge dans la documentation historique des mouvements de gauche et en particulier dans l'étude complète et minutieuse des archives socialistes de la Fondation Pablo Iglesias. IL y découvre des sources majeures qui font radicalement évoluer son analyse et le poussent à mettre en lumière pour la première fois l'écrasante responsabilité de la gauche. C'est bien le mouvement révolutionnaire et l'effondrement de l'Etat qui ont entraîné le soulèvement de juillet 1936 et non l'inverse.
Dans ce livre-événement, il dissèque un par un les grands mythes de la période, ces vérités construites pour rester intouchables : "héros " politiques, bataille de Madrid, massacres de Badjoz, Brigades internationales, siège de l'Alcazar de Tolède, soutiens fascistes et soviétique, etc... tous les récits officiels y sont méthodiquement confrontés au réel, à l'examen logique et sourcé des faits.
A la fin de cette étude magistrale, le lecteur a le sentiment d'avoir enfin levé une partie du voile qui obscurcit depuis tant de décennies la compréhension de cette épouvantable hécatombe.
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( 950194 )
La Gauche "institutionnelle" assume très mal son passé... par vistemboir2 (2022-07-26 16:31:31)
[en réponse à 950192]
Elle ne reconnaît jamais ses erreurs et ses crimes, comme sa connivence avec le communisme, on le voit aujourd'hui : si elle accable Poutine de sa vindicte, ce n'est pas tant parce qu'il fait la guerre a l'Ukraine que parce qu'il est non-communiste. Elle était beaucoup plus discrète en 1953, quand Staline brisait une révolte d'ouvriers à Posdam, en 1956 quand les tanks de Kroutchev écrasaient les pauvres Hongrois à Budapest, et en 1968 quand Brejnev envoyait ses chars à Prague pour montrer au Tchècoslovaque sa conception de la liberté des peuples... Et bien sûr, pour elle, en 1974, Pol Pot libéra les Cambodgiens de la tyrannie (cf. L'Immonde) et Fidel Castro fit de Cuba le paradis des Caraïbes.

( 951176 )
Pour information par Luc de Montalte (2022-08-18 11:59:29)
[en réponse à 950194]
… un Mélenchon a toujours soutenu Poutine, allant jusque insulter ses opposants assassinés ou non (par exemple Nemtsov, un « libéral fanatique », qui préparait d'ailleurs un dossier sur l'invasion de l'Ukraine en 2015 lorsqu'il fut assassiné), donc dire que « la gauche poursuit Poutine de sa vindicte » est tout à fait erroné.
Je l'ai pourtant déjà évoqué
ici et à de multiples reprises à l'époque où le sujet n'était pas tabou. Il faut lire l'excellente enquête de Cécile Vaissié,
les Réseaux du Kremlin en France.
Bien cordialement.