Le Forum Catholique

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images/icones/tele.gif  ( 948703 )Le Défroqué (1950) de Léo Joannon par Vexilla Galliae (2022-07-01 21:43:38) 

Une fois n’est pas coutume, permettez-moi de vous présenter un film français des années 1950 qui vaut le détour : Le Défroqué de Léo Joannon.

Le cinéma catholique de qualité a existé, ce film le prouve. Je dois avouer que je n’aurais pas cru que l’on puisse exprimer via le cinéma des réalités de la foi aussi profondes. Avouons encore que le cinéma « chrétien » récent fait pâle figure, même dans ses chefs-d’œuvre comme La Passion du Christ, comparé à ce film qui atteint un sommet peut-être inégalé.

L’histoire est simple : nous suivons la vie et l’amitié de deux hommes depuis les camps de prisonniers de Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 50. L’un est prêtre réduit à l’état laïc ; l’autre un anticlérical, qui, grâce au défroqué, va découvrir une vocation de prêtre et rentrer au séminaire.

Le film raconte le long combat spirituel pour obtenir la conversion du défroqué. Je n’en dirais pas plus sur l’intrigue…

Dans ce film, la théologie catholique classique et traditionnelle apparaît partout. La Messe de toujours y est souvent présente (la première scène est celle d’une Messe), et le travail de sanctification et de prières habilement exposé, sans aucune caricature ni exagération.

La « technique » cinématographique est mise au profit des vérités invisibles d’une façon vraiment exceptionnelle. Les acteurs semblent s’approprier leurs personnages comme jamais — on ne peut qu’imaginer qu’ils ont tous la foi. La finesse psychologique et humaine, d’un réalisme parfait, ajoute à la crédibilité de cette aventure dans la société encore chrétienne des années 1950.

Le sceau indélébile du sacerdoce et la question de la vocation sont bien mis en valeur, ainsi que les vertus de prudence et l’importance de la prière et de la pénitence dans le délicat travail de l’apostolat et du combat spirituel : avec, toujours, la main de Dieu qui pousse ici et là, qui suscite une vocation, un événement pour permettre à Ses sujets de faire Ses volontés.

Tout se résume toujours au Christ et à Sa Croix. Il n’existe pas de chemin facile. Il faut suivre celui-ci et prendre la Croix.

Je conseille absolument à tous nos lecteurs de visionner ce film, qui est aussi intéressant d’un point de vue historique, pour mesurer ce que nous avons perdu, et pour nous rendre compte que « le monde » est de tout temps.

Paul-Raymond du Lac

Pour Dieu, pour le Roi, pour la France !

--> Voir le film

--> Voir aussi Credo (1983), avec Jean-Louis Trintignant
images/icones/1f.gif  ( 948739 )Ah la qualité française... par Gereo (2022-07-02 13:11:34) 
[en réponse à 948703]

Le film est quand même rempli de scories d'un autre âge où le grotesque le dispute au sublime (et gagne). Du bon parfois, mais aussi du très mauvais. Une critique assez fine du Monde en 1954 :


Et les " scènes à faire " dont est semé le Défroqué passent sans peine, alors qu'on les eût crues insoutenables. Un exemple : Morand, ancien prêtre, professeur à la Sorbonne, rendu furieux par un pieux et maladroit stratagème d'un garçon qu'il a malgré lui poussé vers le séminaire, l'entraîne dans une boîte de nuit. Il vide une bouteille de blanc de blanc dans un seau à glace et, les mains étendues, prononce les paroles de la consécration. L'autre, pour éviter un possible sacrilège, boit à genoux jusqu'à la dernière goutte. Qu'une pareille péripétie non seulement ne choque pas mais souligne la grandeur et la pérennité du sacerdoce, n'est-ce pas une réussite ?



Beaucoup d'ironie, je pense, dans ce jugement. Pour moi ces scènes ne passent pas du tout : celle où le pauvre séminariste obligé de se faire vomir pour être à jeun avant de boire le calice jusqu'à la lie au milieu d'un concert d'enfer est assez foldingue. La copine du séminariste, qui lui glisse que cette consécration relève du jeu, a plus de bon sens et une meilleure théologie.


Dans le Journal d'un curé de campagne Bresson exprimait la violence d'un drame intérieur par les silences, le choix des images et leur rigoureux enchaînement. Dans le Défroqué rien de tel : point de plans " révolutionnaires ", une esthétique sans mystère. Un film d'acteurs.



J'applaudis des deux mains à ce jugement. Bresson a mille fois fait plus pour le cinéma catholique que ce genre de film qui n'est qu'un film de genre.

Bon, c'est un document d'époque, à prendre comme tel.

images/icones/bravo.gif  ( 948834 )Tout à fait. par Luc de Montalte (2022-07-03 21:32:53) 
[en réponse à 948739]

Cela fait bien dix ans que j'ai vu ce film, mais je suis amplement d'accord avec votre critique. Malgré une affiche attrayante (Fresnay notamment) et un jeu d’acteur plutôt bon (si mon souvenir n'est pas mauvais), le film est passablement ennuyeux et cherche trop visiblement le sublime pour ne pas tomber parfois quasiment dans le grotesque (la fin, trop attendue, laisse froid).

Pour ce qui est de la comparaison avec Bresson, ce n’est pas le même cinéma tout simplement. D’ailleurs Le Défroqué a mal vieilli, tandis que les films de Bresson n'ont pas pris une ride. Ils ne boxent pas dans la même catégorie !
images/icones/heho.gif  ( 948773 )Le Défroqué : une scène extraordinaire par Candidus (2022-07-02 21:14:01) 
[en réponse à 948703]

Je parle de la scène de la consécration du vin dans Le Défroqué.

Je me demande si la consécration d'un seau à champagne rempli de vin (à 1:10:10), effectuée par le prêtre défroqué, peut être considérée comme valide.

Il y a certes la forme et la matière, mais quid de l'intention d'un ancien prêtre qui a perdu la foi et qui agit par provocation ? Mais a-t-il vraiment perdu la foi ?

Peut-on soutenir que le défroqué voulant faire ce que fait l'Église (même si c'est par provocation), la consécration est valide comme l'est le baptême d'un enfant effectué par un Juif qui observe la forme et la matière du sacrement ?

Votre avis ?
images/icones/neutre.gif  ( 948774 )mais invraisemblable par Gereo (2022-07-02 21:28:07) 
[en réponse à 948773]

Je vous renvoie à la réponse de Meneau.
images/icones/neutre.gif  ( 948777 )et le fait qu'il agisse par provocation par Meneau (2022-07-02 22:56:24) 
[en réponse à 948774]

n'y change rien, comme l'affirme St Thomas :


1. Les sacrements sont ordonnés à quelque chose. Aussi y a-t-il dans les sacrements une double intention. L’une qui est ordonnée à l’accomplissement du sacrement : celle-ci est essentielle au sacrement ; si l’on omet celle-ci, il n’y a donc pas sacrement. L’autre qui est ordonnée à la fin du sacrement : celle-ci découle du sacrement, de sorte que le sacrement est néanmoins réalisé, que celle-ci soit présente ou omise. Par exemple, si on a l’intention de baptiser quelqu’un afin d’obtenir un profit temporel, le sacrement de baptême est vrai, car il est conforme à l’intention de l’Église selon la première intention, bien qu’il ne le soit pas selon la seconde. De même, dans ce sacrement, si un prêtre avait l’intention de [le] consacrer, non pas pour le prendre, mais pour l’utiliser comme un poison, ce serait le corps véritable du Christ. Même si un prêtre avait l’intention de consacrer une grande quantité de pain et de vin non pas pour l’usage des fidèles, mais par dérision, ils seraient consacrés.


Super Sent., lib. 4 d. 11 q. 2 a. 1 qc. 3 ad 1

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 948778 )et aussi par Meneau (2022-07-02 23:00:05) 
[en réponse à 948777]


2. Le pouvoir des ministres de l'Église est ordonné à deux fins : 1° à l'effet propre du sacrement; 2° à la fin de cet effet, et la seconde fin ne supprime pas la première. Donc si un prêtre a l'intention de consacrer le corps du Christ en vue d'une fin mauvaise, pour le tourner en dérision ou pour en confectionner un poison, il pèche parce que son intention vise une fin mauvaise. Néanmoins, à cause du pouvoir qui lui a été conféré, il consacre validement.


IIIa, q74, a2, ad2

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 948779 )La différence me paraît bien subtile par Gereo (2022-07-02 23:09:07) 
[en réponse à 948777]

S. Thomas : Même si un prêtre avait l’intention de consacrer une grande quantité de pain et de vin non pas pour l’usage des fidèles, mais par dérision, ils seraient consacrés.

Le missel de 1962 : Le défaut d’intention Si quelqu’un n’a pas l’intention de consacrer mais d’agir par jeu ; etc, dans ces cas il ne consacre pas, car l’intention manque.

Quelle différence y a-t-il entre agir par dérision (consécration selon S. Th) et agir par jeu (non consécration selon le missel) ? Pourquoi reconnaître une volonté de consacrer dans le 1er cas et l'exclure dans l'autre ?
images/icones/fleche3.gif  ( 948780 )La ''psychologisation'' de l'intention... par Chicoutimi (2022-07-03 00:10:42) 
[en réponse à 948779]

me paraît être un piège, car si ''l'intention de faire ce que fait l'Église'' se trouve entre les deux oreilles du ministre, je crois que nous nous trouvons devant un problème que l'Église a voulu résoudre en disant que les sacrements agissaient ex opere operato.

C'est le contexte qui manifeste ''l'intention de faire ce que fait l'Église''. Par exemple, des enfants qui, dans le cadre d'un jeu de rôle, baptisent un non-baptisé, ne réalisent pas le sacrement puisque le contexte est celui du jeu (et qu'il qu'il ne peut donc pas y avoir l'intention de baptiser). De même, un professeur de théologie qui, pour donner un exemple, prononce la formule d'absolution sur un étudiant dans le cadre d'un cours n'absout pas l'étudiant en question, le contexte étant celui d'un cours d'apprentissage (et qu'il ne peut donc pas y avoir l'intention d'absoudre). De la même manière, un prêtre qui arrive dans une boulangerie et, faisant une blague de mauvais goût, dirait en pointant le pain tout autour de lui: ''Ceci est mon corps'', ne réaliserait pas le sacrement de l'Eucharistie puisque le contexte est celui de la blague (et qu'il ne peut donc pas y avoir l'intention de consacrer).

Le terme de ''contexte'' n'est pas très thomiste, mais il en reflète quand même l'esprit (et l'on me corrigera si je me trompe). Certains auteurs font une distinction entre l'intention intérieure (ce qui se passe dans le coeur du ministre) et l'intention extérieure (correspondant à l'ensemble des circonstances extérieures dans lesquelles se déroule le sacrement). Et il semble que l'intention extérieure suffit.

Ainsi, un prêtre ayant une intention mauvaise (par exemple, consacrer le pain et le vin à des fins sacrilèges), ou encore un prêtre qui intérieurement se moquerait du sacrement, ou même un prêtre qui aurait totalement perdu la foi, réaliserait le sacrement de l'Eucharistie lorsqu'il célèbre la messe pour ses paroissiens (si l'intention intérieure n'est pas manifestée extérieurement) puisque le contexte est celui de l'usage du rite de l'Église (comprenant le respect de la matière et de la forme) dans des circonstances qui ne peuvent être que celles de la célébration du sacrement de l'Eucharistie.
images/icones/neutre.gif  ( 948781 )L'intention extérieure suffit effectivement par Gereo (2022-07-03 00:36:22) 
[en réponse à 948780]

mais dans le film, je ne suis pas sûr que le prêtre défroqué ait réellement l'intention de consacrer, il semble plutôt vouloir tourner en ridicule les convictions religieuses du séminariste. Vu ainsi, je doute que dans ce cas le simple fait de prononcer les paroles de la consécration sur du vin suffise. On tombe sinon dans la magie. Cela dit, il est possible d'avoir une autre interprétation de cette scène, qui n'est de toute façon que pure fiction.
images/icones/neutre.gif  ( 948782 )Mais justement la différence n'est pas là par Meneau (2022-07-03 00:36:38) 
[en réponse à 948779]

mais au niveau des passages mis en gras :

S. Thomas : Même si un prêtre avait l’intention de consacrer une grande quantité de pain et de vin non pas pour l’usage des fidèles, mais par dérision, ils seraient consacrés.

Le missel de 1962 : Le défaut d’intention Si quelqu’un n’a pas l’intention de consacrer mais d’agir par jeu ; etc, dans ces cas il ne consacre pas, car l’intention manque.

Dans le premier cas, le prêtre a bien l'intention de consacrer (faire ce que fait l'Eglise, réaliser le sacrement, ou selon les mots de St Thomas obtenir l'effet propre du sacrement), mais pour une fin mauvaise.

Dans le second cas, le prêtre n'a pas l'intention de consacrer mais de réaliser un simulacre du sacrement.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 948783 )Vos explications pour le coup me paraissent claires par Gereo (2022-07-03 00:44:38) 
[en réponse à 948782]

fin mauvaise contre simulacre de sacrement. Dans le film je vois plutôt un simulacre, comme je l'ai dit au-dessus, à moins que la fin mauvaise ne soit de piéger le séminariste en consacrant réellement. Cela tient malgré tout de l'intention subjective du personnage, non ?
images/icones/neutre.gif  ( 948784 )Oui, ça se discute par Meneau (2022-07-03 01:17:06) 
[en réponse à 948783]

mais à mon avis il a bel et bien l'intention de faire exactement ce que fait l'Eglise, puisqu'il prend la peine de souligner l'idonéité de la matière "du bon vin selon les canons de l'Eglise", ainsi que son idonéité propre "selon toi je suis toujours prêtre", de même qu'il décrit ce qu'il s’apprête à faire "ce blanc de blanc sera devant toi le sang du Christ" et qu'il joint le geste aux paroles correctes.

Et on peut même penser qu'il y met bien extérieurement cette intention, même si lui n'y croit pas, sans quoi ça ne saurait mettre le séminariste dans l'embarras. Il veut le piéger, lui "donner une leçon". En tout cas le séminariste n'a pas d'autre choix que de réagir comme il le fait (même s'il y a peut-être d'autres moyens de disposer des Saintes Espèces) car rien ne manifeste extérieurement un défaut d'intention.

Ce n'est pas de la magie, c'est le grand pouvoir qu'a reçu le prêtre à son ordination et le fait que les sacrements sont efficaces "ex opere operato".

Cela dit, le cas est effectivement tiré par les cheveux, et ce n'est que mon avis.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 948848 )une précision par Lycobates (2022-07-04 00:27:12) 
[en réponse à 948784]

Je suis globalement d'accord avec vos posts dans ce fil, cher Meneau, mais il y aurait encore deux points à souligner.

1. Est-ce que la consécration d'une seule matière (en l'occurrence du vin), à l'exclusion de l'autre, est-elle certainement valide ?
L'Eucharistie étant à la fois sacrement et sacrifice, indissociablement liés, est-ce que le sacrement est réalisé d'une telle façon ? est-ce que le sacrifice l'est ?
Gasparri écrit (Tractatus canonicus de sanctissima Eucharistia 1897, §53): "Sacrificium probabilius [la question n'est pas tranchée définitivement] non existit nisi consecratione utriusque speciei ... sacramentum existit consecratione unius tantum speciei". Le sacrifice n'existe probablement pas sans la consécration des deux espèces ; le sacrement existe par la consécration d'une seule espèce.
Il est donc clair que l'effet de la consécration est immédiat : en effet, on adore l'Hostie consacrée, même avant que la consécration du Calice ne soit parfaite. Parallèlement, si par un hasard, seulement la consécration du Calice était faite, la consécration se réaliserait aussitôt, elle aussi.
Mais qu'en est-il, si le célébrant exclut d'emblée et volontairement la consécration d'une des deux matières ?
S'il est vrai que le sacrement semblerait quand-même réalisé de cette manière, quoique illicitement et imparfaitement, sous une seule espèce, il est clair que le sacrifice ne l'est très probablement pas.
Et si cette chose était voulue explicitement, il subsisterait quand-même un doute quant à l'intention de faire ce que fait l'Église, notamment consacrer les deux espèces pour accomplir non seulement le sacrement, mais le sacrifice. "Haec quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis". La double consécration est de droit divin (requiritur ex praecepto divino, Aertnys-Damen, Theologia moralis II, n° 182, citant le pape Benoît XIV).

Notons aussi que le De Defectibus exige que si le célébrant se rend compte d'un défaut de matière de l'Hostie après la somption du Calice (où il n'y avait pas défaut de matière), qu'il doit non seulement reconsacrer, et après avoir d'abord refait l'oblation, une nouvelle Hostie, mais aussi un nouveau Calice, "ne sacramentum remaneat imperfectum, et ut debitus servetur ordo" (III.6): pour que le sacrement (!) ne demeure pas imparfait et l'ordre nécessaire (somption d'abord de l'Hostie, ensuite du Calice) soit respecté.

2. Pour qu'il y ait sacrifice, il faut que la matière éloignée, le pain et le vin, soit offerte et devienne matière proche: les oblats consécrables, l'Hostie immaculée et le Calice du salut, aptes à devenir le Corps et le Sang du Christ.
De façon générale il est requis pour la validité d'un sacrifice que la matière offerte soit détruite ou transformée (requiritur ut res oblata destruatur vel saltem immutetur, dit p. ex. Prümmer Manuale Theologiae moralis III n° 230). Dans la Messe, cette destruction ou transformation de la matière n'est pas physique, mais morale : auferendo illi usum suum nativum, en lui ôtant son usage naturel.
Il n'y a pas de sacrifice sans une pareille transformation de la matière, sans oblation préalable, saltem mente concepta, au moins tacite (il ne faut pas forcément une formulation), comme le prend soin à inculquer à répétition le De Defectibus; c'est-à-dire il n'y a pas de sacrifice sans que la matière du sacrifice ne soit transformée, soustraite à l'usage profane et mise à part. Est-ce le cas ici ? Ce n'est pas clair.
images/icones/neutre.gif  ( 948850 )Merci ... et question par Meneau (2022-07-04 00:55:43) 
[en réponse à 948848]

Pourquoi le droit canon de 1917 se contente du mot "nefas"


Nefas est, urgente etiam extrema necessitate, alteram materiam sine altera aut etiam utramque, extra Missae celebrationem, consecrare.



(le droit canon de 1983 disant pour sa part :

Qui est coupable de consécration à une fin sacrilège d’une seule matière ou des deux dans la célébration eucharistique, ou en dehors d’elle, sera puni suivant la gravité du délit, y compris par le renvoi de l’état clérical.

)

Dans les deux cas, cela laisse entendre qu'il peut bien y avoir consécration d'une seule matière, non ?

Cordialement
Meneau
images/icones/idee.gif  ( 948853 )"Nefas" par Lycobates (2022-07-04 01:40:21) 
[en réponse à 948850]

"nefas" est le terme le plus fort pour désigner un délit, qui va notamment à l'encontre du droit divin.
On peut traduire "il est absolument interdit".

Le terme n'est utilisé que cinq fois dans le droit canon: ici (can. 817), dans le cas de prêtres orientaux qui confirment abusivement des enfants baptisés dans le rit latin (can. 782-§5), dans le cas d'une coercition de quelqu'un aux ordres (can. 971), l'utilisation pour le culte d'une église violée, non réconciliée (can. 1173-§1), la vente de reliques (can. 1289-§1).

Le terme positif "fas" sans ou même avec negation revient plus souvent, mais il est beaucoup moins fort. Le choix de "nefas" n'est sûrement pas anodin.
images/icones/neutre.gif  ( 948906 )Transformation de la matière ? par Regnum Galliae (2022-07-04 23:09:49) 
[en réponse à 948848]

Le mot "transformation" n'est-il pas impropre, quoique le sens qu'il ait pris dans le langage courant lui donne une certaine légitimité ? C'est en effet la substance et non la forme qui change. A moins ce considérer que le changement de substance du pain vers la chair de Notre Seigneur est simultanément accompagné d'un changement de forme inverse, permettant de conserver l'apparence du pain. Est-ce ce que vous voulez dire ?
images/icones/neutre.gif  ( 948909 )Il ne parle pas ici par Meneau (2022-07-04 23:38:14) 
[en réponse à 948906]

de la transsubstantiation mais de l'oblation préalable.

Cordialement
Meneau
images/icones/idee.gif  ( 948910 )transformation > modification par Lycobates (2022-07-04 23:53:34) 
[en réponse à 948906]

Au second point, je parlais de oblation de la matière, pas de la transsubstantiation des oblats (= de la matière déjà offerte) qui s'effectue par les paroles du Sauveur, comme l'enseigne le Concile de Florence.

Le pain et le vin sont la matière éloignée du sacrifice ; mais cela ne suffit pas. Pour les rendre aptes à être consacrés il faut qu'ils deviennent d'abord matière proche: qu'ils deviennent les oblats, ôtés de leur usage naturel, profane, assimilés, par anticipation, au sacrifice du Christ, le seul sacrifice de la Nouvelle Alliance agréable à Dieu. Pour ce faire il faut faire l'oblation du pain et du vin, au moins tacitement, dans le meilleur des cas par des paroles et/ou des gestes signifiant cet acte.
La "transformation" en question (peut-être le terme choisi par moi n'est pas très heureux, j'ai tenté de traduire le immutare de Prümmer, cité comme exemple, "modifier" serait mieux) n'est donc pas encore la transsubstantiation (qu'effectue seule la consécration sur les oblats, pas sur du pain et du vin profanes), mais le passage de pain et de vin profanes à l'Hostie immaculée et au Calice du salut, comme l'expriment aptement les prières de l'offertoire dans l'ordo Missae de 1570 (qui sont d'origine carolingienne, mais qui rejoignent la teneur des Secrètes, clôturant l'offertoire, prières d'origine léonienne).
images/icones/neutre.gif  ( 948873 )Comment comprenez-vous cette phrase par Gereo (2022-07-04 13:37:48) 
[en réponse à 948784]

de S. Bonaventure citée par Bernard Bartmann dans son Précis de Théologie Dogmatique :

De même on s'est demandé si le prêtre pourrait consacrer n'importe quelle quantité de pain et de vin. S. Bonaventure répond que le consécrateur est lié à l'intention du Christ, laquelle est toute sagesse et toute dignité. Dieu ne donne pas sa puissance sans but.
images/icones/neutre.gif  ( 948891 )St Bonaventure par Meneau (2022-07-04 18:54:27) 
[en réponse à 948873]

pensait montrer ainsi qu'on ne devait ou pouvait consacrer que la quantité nécessaire aux fidèles, et donc ne pouvait pas consacrer tout le pain d'une boulangerie.

St Thomas a rejeté cette opinion :


Certains ont dit qu'un prêtre ne peut consacrer une quantité illimitée de pain ou de vin : par exemple tout le pain qui se vend au marché ou tout le vin qui est dans le tonneau. Mais cela ne semble pas vrai. Car, dans tous les êtres qui comportent une matière, la mesure qui détermine la matière se prend par relation à la fin. C'est ainsi qu'on fait une scie avec du fer, pour que cette scie soit capable de couper. Or la fin de ce sacrement, c'est l'usage qu'en font les fidèles. Ainsi faut-il que la quantité de matière, dans ce sacrement, soit déterminée par rapport à l'usage des fidèles. Mais il est impossible de le déterminer par rapport à l'usage des fidèles qui se présentent maintenant. Autrement, un prêtre ayant peu de paroissiens ne pourrait pas consacrer beaucoup d'hosties. Il s'ensuit donc que la matière de ce sacrement se détermine par rapport à l'usage des fidèles, sans aucune autre considération. Or le nombre des fidèles n'est pas mesuré. Aussi ne peut-on dire que la quantité de matière, dans ce sacrement, est déterminée.


IIIa, q74, a2

(je n'ai pas trouvé le passage que vous citez dans le document que vous avez mis en lien, mais j'ai peut-être survolé trop vite. On ne peut pas faire de recherche dans le pdf numérisé)

Cordialement
Meneau

images/icones/neutre.gif  ( 948892 )Pour info par Gereo (2022-07-04 19:35:00) 
[en réponse à 948891]

c'est tout au début, première page, 2ème paragraphe.

De même on s'est demandé si le prêtre pourrait consacrer n'importe quelle quantité de pain et de vin. S. Bonaventure répond que le consécrateur est lié à l'intention du Christ, laquelle est toute sagesse et toute dignité. Dieu ne donne pas sa puissance sans but.

Je comprends ce que dit S. Bonaventure de la façon suivante : le consécrateur ne dispose pas à sa guise du pouvoir qui lui est donné par son sacerdoce, ce pouvoir est subordonné à la puissance et à la sagesse de Dieu. Dit plus simplement, la consécration n'est pas automatique, car la sagesse de Dieu ne s'accorde pas avec l'idée que tout le pain d'une boulangerie soit consacré, pas plus que le vin d'une cuve ou d'un seau à champagne dans un bar à hôtesses. Il me faudrait lire tout ce que dit S. Thomas sur le sujet, mais à l'évidence les opinions des deux docteurs de l'Eglise ne coïncident pas.
images/icones/neutre.gif  ( 948901 )Pour info par Meneau (2022-07-04 20:46:38) 
[en réponse à 948892]

St Bonaventure dans le texte, sur la question : ICI p.232

Pour lui il est probable que le pouvoir des mots [de la consécration] ne peut s'étendre en quantité de matière au-delà de l'usage des fidèles.

On note au passage que St Bonaventure ne fait pas non plus la distinction des fins que fait St Thomas. Et il appuie tout son raisonnement sur l'intention de l'Eglise et de NSJC dans l'institution du sacrement qui est de consacrer à l'usage des fidèles.

Ce n'est pas dit tout à fait comme le rapporte Bartmann : le "Dieu ne donne pas sa puissance sans but" n'est pas dans le texte.


Cordialement
Meneau
images/icones/livre.gif  ( 948785 )Pour poursuivre la réflexion... par Chicoutimi (2022-07-03 04:50:26) 
[en réponse à 948783]

Dans son Dictionnaire des Harmonies de la Raison et de la Foi (1856), l'abbé Lenoir explique très bien ce qu'est l'intention de faire ce que fait l'Église ainsi que la distinction entre intention intérieure et intention extérieure. Ce texte donne des éléments de réflexion sans pour autant trancher le cas dont il est ici question dans ce fil (comme le dit Meneau, ça se discute):


''Le concile de Trente a déclaré que, pour qu'un sacrement soit validement administré, il est nécessaire que celui qui l'administre ait l'intention de faire ce que fait l'Église. Le concile n'a pas dit qu'il faut avoir l’intention qu’a l’Église, mais seulement la volonté de faire l’acte sacramentel que fait l’Église, ce qui est très-différent. Pour avoir cette intention, il n'importe en rien qu'on ait la foi et encore moins qu'on soit en état de justice. On conçoit très-bien que celui qui ne croit pas à la religion chrétienne administre cependant un sacrement en voulant simplement, soit par complaisance ou par tout autre motif, faire ce que fait l’Église chrétienne, sans s’occuper du reste, et même en disant que, pour ce qui le concerne, il regarde la cérémonie comme indifférente. De l’aveu de tous les théologiens, cette volonté sérieuse, sans la foi, de faire ce que fait l’Église, suffit pour constituer l’administrateur vrai ministre de l’Église dans le moment où il accomplit l’acte sacramentel, et, par suite, pour la validité du sacrement.

D’un autre côté, on s’accorde également pour reconnaître qu’il n’y a pas intention de faire ce que fait l’Église, lorsque l’acte n'est pas un acte humain, moral et sérieux extérieurement ; par exemple, lorsque c'est un idiot, un somnambule, en un mot, un homme privé actuellement de l'usage de sa raison qui administre, et encore lorsque l’ensemble des circonstances visibles annonce un jeu, une dérision, une bouffonnerie, comme cela pourrait avoir lieu sur un théâtre, dans une orgie, dans une mascarade, etc.

Mais on a poussé plus loin la question ; et on s'est demandé si le sacrement serait valide dans le cas où le ministre ferait l'acte et prononcerait les paroles avec le sérieux extérieur qu'y met l'Église, tout en se moquant intérieurement de ce qu'il fait, et disant dans son âme, au moment où il agit, qu'il ne veut rien faire de sérieux, qu'il veut seulement se moquer et feindre, bien qu'au dehors la feinte soit complète et annonce, par l'ensemble des circonstances, l'administration d’un sacrement.

On a appelé cette intention, intention extérieure, par opposition à l'intention intérieure de celui qui, tout en ne croyant pas, dit en lui-même : Je veux faire ce que fait l'Église; je fais abstraction de ma manière de voir, et je veux tout ce qu’elle veut, quoique, à mon avis, ce soit comme si je ne faisais rien. Ces mots intention extérieure pourraient paraître, au premier abord, contradictoires; toute intention, en effet, est intérieure ou n’est pas intention : mais il faut observer que ce n’est qu’un terme de convention pour nommer, préciser et fixer la distinction très-réelle que nous venons d’exposer.

Dans le cas qu’on nomme celui de l’intention extérieure, il reste, malgré l’état moral intérieur qu’on suppose, une véritable intention intérieure qui a pour objet l’acte sérieux extérieurement et fait dans toutes les conditions apparentes que l’Église exige, puisqu’on suppose un homme raisonnable, agissant librement, et faisant la chose dans toutes ces conditions; il est évident que s’il ne voulait pas la faire ainsi, il ne la ferait pas, et que, quoi qu’il dise dans sa pensée, il veut encore faire ce que fait l’Église par l’hypothèse même qu’il le fait librement, volontairement, humainement. La seule chose qui le distingue du premier, c’est qu’il ne s’unit pas, ne serait-ce que par complaisance, d’intention à l’Église; il ne veut avoir, d’aucune manière, l’intention, le but, la volonté qu’a l’Église, mais il veut faire, tout en s’en moquant dans son âme, d’une manière sérieuse et complète à l’extérieur, ce que fait l’Église, puisque c’est ce qu’il fait.

Cette volonté suffit-elle? Un très-grand nombre de théologiens répondent qu’elle suffit et en apportent de nombreuses raisons, dont la principale est que, si l’on exigeait l’intention intérieure au sens susdit, tout serait incertain, dans l’Église, sur la validité des sacrements, puisqu’on ne peut connaître cette intention, tandis qu’on connaît l’autre par l’acte lui-même.

Nous sommes complètement de cet avis, et il nous semble que le Concile de Trente résout suffisamment la question en n’exigeant que l’intention de faire l’acte que fait l’Église, et nullement l’intention qu’a l’Église.''


Source: Abbé Lenoir, Dictionnaire des Harmonies de la Raison et de la Foi, ou Exposition des Rapports de Concorde et de Mutuel Secours entre le Développement Catholique, Doctrinal et Pratique, du Christianisme et toutes les Manifestations Rationnelles, Philosophiques, Scientifiques, Littéraires, Artistiques et Industrielles de la Nature Humaine Individuelle et Sociale, 1856, pages 1492-1494: ICI
images/icones/attention.gif  ( 948900 )En pratique... par Sacerdos simplex (2022-07-04 19:58:37) 
[en réponse à 948777]

Si une scène aussi invraisemblable se produisait, on peut faire tous les raisonnement humains qu'on veut, on n'aura jamais une certitude à 100 %.
Même si on avait une certitude à 99,9 %, on ne peut pas courir le risque de profaner les Saintes Espèces.
Il faudrait alors trouver une solution en fonction du contexte.
Par exemple, si c'est une grande quantité de vin, on le met dans une bouteille, on rince le seau à glace et on boit l'eau de rinçage, et on met en sûreté la bouteille, que l'on consommera peu à peu, respectueusement.

images/icones/1b.gif  ( 948904 )Effectivement par Lycobates (2022-07-04 22:13:32) 
[en réponse à 948900]

Je suis d'accord avec vous.

Même si, pour disposer saintement du contenu d'une bouteille entière de Blanc de Blanc douteusement consacrée, il faudrait, pas un petit séminariste égaré dans une boîte de nuit, mais un solide curé assez inamovibile ...
images/icones/neutre.gif  ( 948907 )[réponse] par Regnum Galliae (2022-07-04 23:11:24) 
[en réponse à 948900]

Dans ce cas, ne serait-il pas permis de diluer le vin consacré dans une grande quantité d'eau pour lui faire perdre sa substance, et donc son caractère sacré ?
images/icones/fleche2.gif  ( 948911 )Non par Lycobates (2022-07-05 00:00:41) 
[en réponse à 948907]

La plus infime goutte de l'espèce consacrée est le Sang du Christ, comme toute et chaque particule de l'Hostie consacrée est le Corps du Christ, dans chacun des cas tout le Christ, corps et âme, dans son humanité et sa divinité.
Diluer ne sert donc à rien.
images/icones/hein.gif  ( 948916 )Je n'en suis pas si sûr par Candidus (2022-07-05 08:59:39) 
[en réponse à 948911]

Si on laisse des hosties consacrées se détériorer avec le temps, la présence réelle cesse à partir du moment où la matière sacramentelle ne manifeste plus les accidents du pain. Lorsque les accidents disparaissent, à partir d'un certain degré de moisissure, c'est aussi le support de la présence substantielle du Seigneur qui disparaît.

Saint Thomas et avec lui toute la Tradition scolastique enseignent que la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie demeure aussi longtemps que celle-ci conserve les formes « accidentelles » du pain et du vin.

Saint Thomas enseigne aussi que si le pain consacré se trouve réduit à « de fines particules », la présence réelle cesse d’être effective (Summa Theologica, III, Q. 77, Art. 4).

St Thomas ne disposait pas de microscope, on peut donc penser que lorsqu’il parle de “fines particules” il envisage des particules “visibles” qui ont perdu l’aspect accidentel du pain nécessaire à la permanence de la présence réelle.

Si l'on dilue du vin consacré, à partir d'un certain degré de dilution le vin cesse d'être du vin pour devenir de l'eau aromatisée au vin. Les accidents du vin disparaissent et je pense que l'on peut considérer alors qu'il n'y a plus de présence réelle parce que le support de cette présence fait défaut. Le même résultat adviendrait si on laissait du vin consacré se transformer en vinaigre ou geler.

On pourrait certes objecter le cas de l'eau bénite qui, lorsqu'on ajoute une quantité d'eau non bénite inférieure à la moitié de la quantité d'eau originelle, demeure bénite, quel que soit le nombre de fois où l'opération est renouvelée.

Je ne pense pas que ce soit une bonne comparaison parce que dans ce dernier cas, la matière ajoutée possède les mêmes accidents que la matière originelle. Ce n'est pas le cas de l'eau ajoutée à du vin, ou du vin qui tourne en vinaigre ou qui gèle. Dans ces cas, le vin est dénaturé et s'il n'y a plus de vin, il n'y a plus de support pour la présence réelle.

Lorsque le prêtre renverse accidentellement du vin consacré sur la nappe d'autel, il lui est demandé de tremper ensuite la nappe dans une bassine d'eau. Pourquoi ? Pour que le vin consacré séché (donc déjà dénaturé) retourne à l'état liquide (se réhydrate) et puisse être ensuite jeté dans la terre. Ce n'est pas du vin consacré que le prêtre jette alors dans la terre.

En serait-il autrement si l'on ajoutait du vin non consacré à du vin consacré dans une quantité inférieure à la moitié ? Là, je ne me prononcerais pas.
images/icones/idee.gif  ( 948918 )Conclusion de Su.Th., III, Q. 77, Art. 4 par Candidus (2022-07-05 09:52:56) 
[en réponse à 948916]

"... comme le corps et le sang du Christ remplacent dans ce sacrement la substance du pain et du vin, s'il se produisait une modification telle, du côté des accidents, qu'elle ne suffirait pas à la dissolution du pain et du vin, une telle modification ne fait pas disparaître de ce sacrement le corps et le sang du Christ. Soit que la modification se fasse du côté de la qualité, par exemple lorsque la couleur ou la saveur du pain ou du vin est légèrement modifiée; ou bien du côté de la quantité, comme lorsqu'on divise le pain ou le vin de telle façon que la nature du pain ou du vin peut être sauvegardée dans les parties qui résultent de cette division. Mais, si la modification était telle que la substance du pain et du vin en auraient été dissoutes, le corps et le sang du Christ ne subsistent pas sous ce sacrement. Et cela aussi bien du côté des qualités, comme lorsque la couleur, la saveur et les autres qualités du pain ou du vin sont tellement modifiées que la nature du pain ou du vin ne peut d'aucune manière subsister après cette modification ; soit encore du côté de la quantité, par exemple si le pain est réduit en poussière, ou le vin divisé en parties si petites que désormais les espèces du pain et du vin ne subsistent plus."
images/icones/bible.gif  ( 948921 )Application liturgique pratique par Rémi (2022-07-05 11:34:25) 
[en réponse à 948918]

De defectibus X-6, par exemple, en tenant compte de l'importante note 32.
images/icones/1a.gif  ( 948920 )D'accord par Lycobates (2022-07-05 11:21:34) 
[en réponse à 948916]

Vous avez bien sûr raison.

J'avais en tête la vérité que même sous une quantité infime des espèces, toute la présence réelle est maintenue.
Mais il va de soi que cela n'est le cas que si, et aussi longtemps que, les accidents de la matière subsistent de façon perceptible et réelle.

Maintenant, j'ignore combien d'eau il faudrait ajouter pour qu'une bouteille entière de matière consacrée ne présente plus les accidents du vin.

Merci en tout cas d'avoir précisé/corrigé mon propos !
images/icones/coeur.gif  ( 948956 )Merci ! par Athanasios D. (2022-07-05 23:03:37) 
[en réponse à 948703]

Je viens de le finir. Merci pour ce film que je ne connaissais pas.

Ath