Le Forum Catholique
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( 941292 )
FSSP : Décret du Pape François confirmant l’usage des livres liturgiques de 1962 par XA (2022-02-21 09:04:30)
Communiqué officiel de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre
Fribourg, le 21 février 2022
Le vendredi 4 février 2022, deux membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, les abbés Benoît Paul-Joseph, Supérieur du District de France, et Vincent Ribeton, Recteur du Séminaire Saint-Pierre de Wigratzbad, ont été reçus en audience privée par le Saint-Père, le Pape François, pendant presqu’une heure.
L’entretien s’est bien passé, dans un climat très cordial. À l’évocation de la naissance de la Fraternité en 1988, le Pape s’est dit très marqué par la démarche de ses fondateurs, leur volonté de rester fidèles au Pontife Romain et leur confiance en l’Église. Il a dit que ce geste devait être « préservé, protégé et encouragé ».
Lors de cette audience, le Pape a notamment tenu à préciser que les instituts comme la Fraternité Saint-Pierre n’étaient pas concernés par les dispositions générales du Motu Proprio Traditionis Custodes, l’usage des livres liturgiques anciens étant à l’origine de leur existence et prévu par leurs constitutions.
Le Saint-Père a par la suite envoyé un décret signé de sa main et daté du 11 février,
jour où la Fraternité a été solennellement consacrée au Cœur Immaculé de Marie, confirmant pour les membres de la Fraternité, le droit d’utiliser les livres liturgiques en vigueur en 1962, à savoir : le Missel, le Rituel, le Pontifical et le Bréviaire Romain.
Reconnaissants envers le Saint-Père, les membres de la Fraternité Saint-Pierre sont dans l’action de grâce pour cette confirmation de leur mission. Ils invitent tous les fidèles qui se sentent proches d’eux en tant que famille spirituelle à assister ou à s’unir par la prière à la Messe, demain, en la fête de la Chaire de saint Pierre, et à prier pour le Souverain Pontife.
Photo : Abbé Benoît Paul-Joseph (à gauche) et abbé Vincent Ribeton (à droite) avec le Pape François – © Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre
Décret du Pape François confirmant l’usage des livres liturgiques de 1962
Publié 11 février 2022
[Original :
latin et espagnol]
DÉCRET
Le Saint-Père François, concède à tous et à chacun des membres de la Société de vie apostolique « Fraternité Saint-Pierre », fondée le 18 juillet 1988 et déclarée « de droit pontifical » par le Saint-Siège, la faculté de célébrer le sacrifice de la Messe, d’administrer les sacrements et les autres rites sacrés, et de s’acquitter de l’Office Divin, selon les éditions typiques des livres liturgiques en vigueur en l’année 1962, c’est à dire le Missel, le Rituel, le Pontifical et le Bréviaire Romain.
Ils peuvent user de cette faculté dans les églises et oratoires propres ; partout ailleurs, ils n’en useront qu’avec le consentement de l’ordinaire du lieu, sauf pour la célébration de la Messe privée.
Sans préjudice de ce qui a été dit ci-dessus, le Saint-Père suggère que, dans la mesure du possible, les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes soient également prises en compte.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, de l’an 2022, neuvième année de mon pontificat.
François
Source : Site de la Fraternité Saint-Pierre :
www.fssp.org -
Site du District de France

( 941293 )
C'est marrant, par Justin Petipeu (2022-02-21 09:17:45)
[en réponse à 941292]
je ne comprends plus rien.

( 941294 )
En même temps ... par Johanis (2022-02-21 09:26:54)
[en réponse à 941292]
"Sans préjudice de ce qui a été dit ci-dessus, le Saint-Père suggère que, dans la mesure du possible, les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes soient également prises en compte."
Le Saint Père concède que la FSSP peut déroger au motu proprio, mais il suggère que, dans la mesure du possible, elle n'y déroge pas !
François va-t-il émettre un décret particulier pour chaque institut ex-ED ? Voilà bien sa façon erratique de gouverner.

( 941297 )
Ça va être le cirque par Ptitlu (2022-02-21 09:40:25)
[en réponse à 941294]
Et devrait inciter les "gestionnaires diocèsains" à la prudence (oui, ils gèrent le déclin, avant liquidation générale).
Franchement le renversement de logique, de juillet à février, est dingue. C'est comme le vaccin, en juillet on vaccine tout le monde, on ira même vacciner chez vous s'il le faut, en février Bill Gates "on a tout planté, laissez tomber, faudra être plus réactif la prochaine fois".
C'est qui le Bill derrière TC ?

( 941295 )
François met Traditionis custodes à la poubelle par Gaspard (2022-02-21 09:32:29)
[en réponse à 941292]
Ouf. On attend les criquètements du professeur Grillo, le mauvais génie qui a poussé François à signer le torchon Traditionis custodes. L'archevêque Roche peut également mettre dans la même poubelle les Responsa.

( 941299 )
Ca m'en a tout l'air. par Justin Petipeu (2022-02-21 09:44:36)
[en réponse à 941295]
François se serait-il fait doubler sur sa gauche et essaye-t-il de recoller les morceaux ? Mais alors pourquoi ces diatribes anti-tradis ? Est-ce juste une manœuvre de plus ?
Donc on publie un MP pour accuser les tradis d'être contre le concile et la messe de Paul VI et de se servir de la messe traditionnelle à cet effet. Les prêtres diocésains ne semblent donc pas concernés.
En fait, pas du tout. C'est l'inverse. A qui va s'adresser le MP sinon aux diocésains ? Je ne savais pas que les diocésains, qui sont bi ritualistes dans leur écrasante majorité étaient partis en croisade contre Vatican II et que ce sont eux les factieux. Toute cette histoire n'a plus aucun sens.
"Il faut que tout change pour que rien ne change".
Deo Gratias de toute manière !

( 941312 )
Non sens par Cléopas (2022-02-21 11:11:14)
[en réponse à 941299]
En effet, en relisant le Motu Proprio on en viendrait maintenant à conclure que ce sont des arguments doctrinaux quasi SedeVacantistes (même la FSSPX ne s'est jamais considérée comme "la vraie église") qui sont destinés à interdire aux prêtres diocésains de devenir bi ritualistes !

( 941352 )
interdit d'interdire l’interdiction interdite par Cléopas (2022-02-21 16:21:05)
[en réponse à 941312]
Février 2022 : annulation partielle par le pape François
de son annulation de juillet 2021
annulant pratiquement l’annulation par Benoît XVI
de la suppression par Paul VI...
de la liturgie autorisée
à perpétuité par St Pie V depuis le 14 juillet 1570 !

( 941300 )
Plus benne la vie ! par Ptitlu (2022-02-21 09:46:23)
[en réponse à 941295]
Ainsi que les évêques et archevêques qui ont persécuté leurs fidèles, en vrac Minnerath, Kerimel, Percerou, Aupetit (et Marsset qui continue), et dernièrement encore Mgr Ballot ?

( 941305 )
Pas complètement par Athanase (2022-02-21 10:30:08)
[en réponse à 941295]
Il y a aussi dans le décret de la Fraternité Saint-Pierre une manière de ménager a minima les tenants du Motu Proprio et - peut-être - les tenants de la concelebration diocésaine :
Sans préjudice de ce qui a été dit ci-dessus, le Saint-Père suggère que, dans la mesure du possible, les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes soient également prises en compte.
Cela veut dire que l’on maintient - mollement il est vrai avec la clause dans la clause « dans la mesure du possible » - la demande de concélébration ou l’exigence du biritualisme.

( 941298 )
Deo gratias.. But wait and see par Savonarole (2022-02-21 09:44:21)
[en réponse à 941292]
En ces temps troublés il faut prendre les bonnes nouvelles comme elles viennent. Si des temps plus dur (annoncés pendant le carême) arrivaient, ce texte pourra servir à montrer notre juste cause au âmes les plus ouvertes à la Vérité.
J'ai peut de la méthode du Cardinal Bergoglio de dire en petit comité ce que les gens veulent entendre et de faire endosser le mauvais rôle à ses lieutenants.
Mais en attendant : "Deo gracias"

( 941303 )
Merci. Merci. Merci. TC est détruit, ne soyons pas ingrats par Gaspard (2022-02-21 10:02:48)
[en réponse à 941292]
N'oublions pas que pour les ennemis de la liturgie traditionnelle, la victoire était acquise avec Traditionis custodes et en particulier son article 1 qui affirmait que les livres liturgiques de Paul VI étaient "la seule expression" de la lex orandi de l'Église.
François détruit lui-même ce principe mortel.
Reste donc maintenant à remercier François réellement. C'est peut-être le but de la manœuvre, mais enfin nous ne pouvons pas nous y soustraire, François démontrant qu'il peut sans problème signer blanc ou noir à quelques mois d'intervalle.

( 941304 )
Et si vous pensiez par XA (2022-02-21 10:08:26)
[en réponse à 941303]
à peaufiner vos réactions au lieu de vous jeter tête baissée ? Deux réactions, c’est un peu beaucoup. La prochaine fois, faites une synthèse avec vous-même puis publiez quand vous êtes satisfait du résultat…

( 941306 )
Ne nous égarons pas par Leopardi (2022-02-21 10:35:08)
[en réponse à 941303]
Tout en reconnaissant qu'il s'agit d'une excellente nouvelle, n'allons pas aller jusqu'à remercier François d'avoir arrête de taper apres nous avoir donne une volée de bois vert. Tout ceci n'est que justice...pourvu que cela dure.

( 941326 )
Pas à la poubelle par Halbie (2022-02-21 12:54:12)
[en réponse à 941303]
Comme le rappelle fort justement Yves Daoudal sur son blog.

( 941331 )
La vipère Traditionis custodes a perdu ses crocs par Gaspard (2022-02-21 13:32:48)
[en réponse à 941326]
TC et les Responsa supprimaient la liturgie traditionnelle qui n'existait plus, aucun sacrement n'était plus reconnu sauf la messe le temps de procéder à l'exécution des fidèles et des prêtres, ce que certains évêques zélés avaient commencé à faire: Chambéry, Nantes, Paris... C'était aberrant et un abus de pouvoir manifeste.
Sept mois plus tard, demi-tour complet, François reconnaît désormais par décret la liturgie traditionnelle avec tous ses livres et donc désormais tous les sacrements : Rituel, Bréviaire, Pontifical, Missel et rend caduc de facto TC et les Responsa.
Il est vrai que même sans crocs une vipère peut impressionner un évêque, et que la mauvaise foi n'ayant pas de limites certains évêques pourraient continuer à commettre des abus de pouvoir au nom de TC - et du reste, les abus de pouvoir des évêques ne manquaient pas même avec Summorum pontificum et au nom de SP.
Mais quiconque ayant un bon sens minimum et un sens minimum de la cohérence voit que TC et les Responsa ont été de facto mis à la poubelle. Il faut le dire clairement, et c'est aux tradis de le dire - à moins de faire dans le masochisme.
Nous ne sommes évidemment pas à l'abri d'un énième revirement coup-de-sang du tyran de Sainte-Marthe. Raison pour laquelle il vaudrait mieux lui dire merci quand l'occasion se présente. Comme maintenant. Merci donc, Très Saint Père.

( 941307 )
Ordres + contre-ordres = Désordre ! par Pueri Dominum (2022-02-21 10:42:48)
[en réponse à 941292]
Tout est dans le titre !
Pueri Dominum.

( 941322 )
Non au contraire par Roger (2022-02-21 12:05:38)
[en réponse à 941307]
C est très cohérent
- pas de banalisation de la forme extraordinaire dans les paroisses et les séminaires
- tolérance à l égard de cette forme dans certaines communautés bien identifiées .
Il me semble avoir fait écho à cela depuis plusieurs jours.

( 941324 )
Sauf que par Justin Petipeu (2022-02-21 12:11:04)
[en réponse à 941322]
Le MP visait explicitement les communautés traditionnelles, suspectées à tort de vouloir créer des communautés parallèles. Ce qui n'a aucun sens pour les prêtres diocésains.
Ça tourne au grand guignol.

( 941310 )
un immense sentiment de honte ... par Cristo (2022-02-21 11:01:32)
[en réponse à 941292]
... en voyant comment les affaires de l'Eglise catholiques sont menées.
Un pur scandale !
Toute cette énergie, tout ce temps perdus autour de ce dossier, au détriment du salut des âmes, du développement des oeuvres d'Eglise, de la gloire de Dieu.
"Kyrie eleison !", comme dirait qui nous savons...

( 941313 )
Les instituts traditionnels sont bien implantés par Jean-Paul PARFU (2022-02-21 11:11:24)
[en réponse à 941292]
maintenant et la réaction moderniste, contre la Tradition, vient trop tardivement.
Le but du pape est aussi, s'il ne peut plus lutter contre les instituts traditionnels eux-mêmes, de mettre un terme à la contagion traditionaliste dans les séminaires et le clergé diocésains. Il prend acte de l'existence de ces instituts, mais souhaite les enfermer dans des réserves d'Indiens.
Vous remarquerez, enfin, que ce décret ne concerne que la FSSP, qui agi secrètement toujours assez habilement, et que le St Père est entouré de deux prêtres français de cette Fraternité et non de son Supérieur général.

( 941315 )
Je vous rejoins sur le fait... par Pueri Dominum (2022-02-21 11:26:22)
[en réponse à 941313]
...que ce décret ne concerne que la FSSP, mais je pense qu'il serait très compliqué pour François d'adopter une autre posture avec l'IBP ou l'ICRSP.... Je pense que cela donne lieu à une espèce de "jurisprudence" pour les autres instituts.
Je ne sais pas ce que vous en pensez ?
Pueri Dominum.

( 941317 )
Le pape par Jean-Paul PARFU (2022-02-21 11:41:31)
[en réponse à 941315]
veut montrer par là qu'il agit, au cas par cas, par voie d'exception.
Et je voulais écrire : "la FSSP qui agit ..."

( 941338 )
c'est exactement cela, on renverse la logique de Summorum Pontificum par Luc Perrin (2022-02-21 14:10:55)
[en réponse à 941317]
Ce qui était confirmé comme droit universel inaliénable par Benoît XVI ne persiste plus que comme droit particulier, en statut dérogatoire et par conséquent révocable à tout moment.
Le décret du 11 février 2022, dont je me réjouis bien évidemment, s'inscrit dans Traditionis custodes à ce titre d'abord : c'est une exception, un droit particulier qui pourra en principe s'étendre aux autres instituts, selon les propos du Pape rapportés au cours de l'audience, MAIS comme le souligne Me Parfu au cas par cas.
De quoi doucher un peu l'enthousiasme de Gaspard.
Loin d'être "à la poubelle", le mécanisme d'obrogation - progressif donc - de T.C. est explicitement confirmé dans le décret puisque la FSSP est invitée à entrer dans sa logique par un alinéa qui n'est pas décoratif :
"Sans préjudice de ce qui a été dit ci-dessus, le Saint-Père suggère que, dans la mesure du possible, les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes soient également prises en compte."
Traduction : la FSSP conserve son droit particulier pour le moment mais le Pape lui "suggère" de mettre en oeuvre T.C. et de se néo-liturgiser par étapes pour in fine devenir un institut ordinaire de rit romain ordinaire comme les autres.
Le décret continue T.C. et opte pour une assimilation plus lente des instituts traditionnels alors que pour les diocèses le rythme est plus soutenu.
La réserve d'Indiens ne doit pas s'étendre et doit même peu à peu disparaître en assimilant les Indiens complètement aux néo-catholiques vaxistes et environnementalistes, et acteurs de l'agenda 2030 du Forum économique mondial.
Le décret, c'est au fond la N.E.P. de Lénine à laquelle Staline mit fin par la dékoulakisation quelques années plus tard.
Mgr Bugnini pratiquait cette politique d'extinction progressive avec l'indult dit Agatha Christie destiné à la seule Angleterre - Pays de Galles, une donnée que Mgr Roche doit fort bien connaître.

( 941344 )
Ces quelques années plus tard par Ptitlu (2022-02-21 15:15:33)
[en réponse à 941338]
Sont du côté des tradis et non des modernes.
Bref, vive la FSSP !

( 941345 )
La tentative d'assassinat avec TC a échoué par Gaspard (2022-02-21 15:16:31)
[en réponse à 941338]
TC, la lettre du pape et les Responsa fin décembre prévoyaient l'extinction totale de la liturgie traditionnelle.
Ceux qui étaient dans le viseur étaient précisément d'abord et avant tout les Instituts Ecclesia Dei et non les prêtres diocésains, ces derniers étant très souvent biritualistes et toujours sous contrôle étroit de l'évêque.
Ce décret de François affirme que TC ne concerne pas les Instituts. La tentative d'assassinat a donc échoué. Deo gratias.
Bien entendu, malheureusement la situation change comme vous le soulignez, mais tout de même l'enseignement notable de ce décret est qu'il accorde la vie aux différents Instituts plutôt que la mort qui leur était promise.
Il y aura peut-être d'autres tentatives d'assassinat, mais celle-ci a échoué.

( 941379 )
Non, on est plus dans la sociologie des décisions par Athanase (2022-02-21 20:03:23)
[en réponse à 941338]
... que dans des stratégies étayées et intentionnelles. On est plus dans la navigation brouillonne, mais désastreuse, que dans une maneouvre échelonnée où tout serait construit et cohérent. Si François était aussi construit, pourquoi prendre le soin de ménager une très forte exception avec le risque d'installer - à terme - un système de dérogations. La logique "rochienne" eût été de continuer dans la logique non seulement du MP, mais des Dubia. Or le décret constitue une entaille, nonobstant le fait qu'il ne tienne qu'aux bonnes grâces du Pape. Au passage, l'exception accordée à la FSSP me rappelle le statut de la messe traditionnelle de 2002 dans l'administration apostolique de Campos avant le Motu Proprio de Benoît XVI de 2007: une exception plus large, car étendue à un groupe. C'est bien ce qui est arrivé à un institut traditionnel.
François établit une exception, une forte exception, à son interdiction parce qu'il sait qu'il déçoit et que son Motu Proprio a eu l'effet d'un coup de massue. C'est dans ce sens que son décret in favorem, dont on peut espérer qu'il sera étendu, doit être compris, mais pour rassurer les tenants du Motu Proprio qui, de fait, sont désavoués, il faut aussi les rassurer. D'où cette exception à l'exception, qui prend des mots prudents et qui emploie des termes ne suggérant pas d'obligation: "dans la mesure du possible" et "suggère". Il est rare que les décisions publiques politiques échappent à cette loi des impératifs contradictoires.
Le Pape est dans ces lignes de frontières, sismiques, mais il veut aussi rester celui qui n'est pas lié par un système, fût-il dans sa doxa. Ce système, c'est aussi le risque d'une "Eglise de la loi" et de l'auto-référentialité avec une orthodoxie bergoglienne qui risque de tomber dans les mêmes travers qu'elle dénonce: étroitesse, suspicion, esprit de cour, etc.
Dans cette navigation à vue, qui n'est pas pour autant dénuée d'intentions hostiles, il faut aussi raisonner en fonction des tendances qui pèsent à Rome, dans l'Eglise et qui forcément affectent le Pape. François est à l'intersection de ces lignes de fracture. Il n'est plus une personne individuelle, mais le réceptacle qui se fraye un chemin entre ces tendances contradictoires et certainement conflictuelles.

( 941399 )
oui et non Athanase, je ne crois pas à un pragmatisme erratique par Luc Perrin (2022-02-22 01:59:04)
[en réponse à 941379]
à Rome qui naviguerait à vue, sans idée préconçue.
Le Pape régnant a ses "vieilles idées" comme disait Charles X. Oui il est partisan d'un certain degré de pragmatisme, je vous rejoins sur ce point, mais c'est une mince marge qu'il se donne.
Vous oubliez les bons frères franciscains et les soeurs de l'Immaculée dont l'oppression façon Brejnev-Trudeau a commencé pratiquement avec le pontificat et avec le retrait imposé contre S.P. du droit à la messe traditionnelle. Nombreux en Italie (ex. Pr Mattei) et votre serviteur ici ont vu dans cette action brutale, dénuée de toute justification par ailleurs, un signe avant-coureur.
Les déclarations anti-Tradition du Pape pourraient être éditées dans un livre, tellement elles abondent. Sa référence à Walter Kasper comme son étoile en théologie est du tout début.
Non en aucune façon ce Pontife manque de ligne conductrice, son action est absolument systématique. Klaus Schwab est-il erratique et désordonné ? Non il suit sa ligne patiemment et ainsi du Pape.
Par ailleurs, il avait toléré des enclaves en Argentine, le décret relève de ce qu'il a toujours fait y compris avant 2013. Mais sa ligne c'est T.C. et il le redit clairement dans le décret.
C'est pourquoi j'ai comparé avec Lénine capable de faire une pause la N.E.P. sans pour autant renoncer à la collectivisation totale qui intervient quelques années après sa mort.
Lénine était un opportuniste capable de saisir les occasions mais le léninisme est un système de pensée qu'il a conservé sa vie durant et a pavé la voie au stalinisme.
Il est significatif que le décret soit explicitement conféré pour le moment à la seule FSSP, laissant dans le doute les autres instituts. Un peu comme une épée de Damoclès.

( 941318 )
Je ne crois pas par Leopardi (2022-02-21 11:54:32)
[en réponse à 941313]
Lors de cette audience, le Pape a notamment tenu à préciser que les instituts comme la Fraternité Saint-Pierre n’étaient pas concernés par les dispositions générales du Motu Proprio l’usage des livres liturgiques anciens étant à l’origine de leur existence et prévu par leurs constitutions.
Cette dernière phrase indique que tous les instituts qui ont pour origine le rite de 1962 ne sont pas concernés par TC.

( 941321 )
Oui... par Pueri Dominum (2022-02-21 12:03:49)
[en réponse à 941318]
... j'en arrive à la même conclusion.

( 941325 )
Sans doute par Jean-Paul PARFU (2022-02-21 12:24:03)
[en réponse à 941318]
Mais, vous remarquerez qu'il y a les déclarations du pape lors de l'audience d'un côté et le décret de l'autre qui ne concerne que la FSSP.
En tout état de cause, et là où je vous rejoins, c'est que les instituts traditionnels sont maintenant trop bien implantés et que le pape a compris qu'il était très difficile, sur le plan pratique, de s'en prendre à eux.

( 941328 )
Questions par Bénigne (2022-02-21 12:58:44)
[en réponse à 941292]
La première bonne nouvelle venant du Vatican, depuis TC... toutefois, à moins que les "responsae" peuvent être ignorés, qu'en est il des sacrements en dehors de l'eucharistie - permis aux seul prêtres de la FSSP ? Ces prêtres pourront baptiser etc. suivant les livres traditionels, mais les diocésains non? Aussi, les confirmations ne sont pas conférées (normalement) par les simples prêtres, et la FSSP n'a aucun évêque. Les évêques pourront donc confirmer selon la tradition, après tout? Seulement dans la présence de la FSSP?
Pourquoi ce chatiment des prêtres diocésains, birituels et tout?
On va vers l'absurde.
Bénigne

( 941330 )
Enfin quelqu'un qui a compris par jejomau (2022-02-21 13:28:54)
[en réponse à 941328]
Ce que j'ai compris : à savoir que TC reste en vigueur sauf que la FSSP a droit à une dérogation qui la concerne, elle et seulement elle pour:
- la célébration de la Sainte Messe
- les sacrements
- l' Office Divin

( 941329 )
Double jeu ? par Meneau (2022-02-21 13:11:11)
[en réponse à 941292]
Je m'interroge.
Le pape publie ce décret, mais certains évêques ne l'ont pas attendu pour interpréter TC et restreindre de façon drastique (voire ayatollesque) la possibilité de célébrer selon le VOM.
Donc, d'une part le pape concède la célébration du VOM aux instituts traditionnels, d'autre par les évêques ne donnent et ne donneront (et ne peuvent donner selon TC) aucun nouveau ministère.
Doivent-ils se restreindre à un ghetto ? Ca sert à quoi d'avoir une autorisation quand on ne peut plus avoir aucun ministère ?
Cordialement
Meneau

( 941332 )
la réponse ici peut-être par jejomau (2022-02-21 13:33:16)
[en réponse à 941329]
Dans cette petite phrase :
le Pape s’est dit très marqué par la démarche de ses fondateurs, leur volonté de rester fidèles au Pontife Romain et leur confiance en l’Église.
Propos stupéfiants qui en disent beaucoup....
Il ne savait rien ?

( 941333 )
Oui : François 85 ans, malade, manipulé par Grillo et consorts ? par Gaspard (2022-02-21 13:41:05)
[en réponse à 941332]
C'est effectivement une hypothèse. Le lobby de Saint-Anselme a pu montrer des horreurs à François ne correspondant en rien à la réalité du monde tradi, et François découvrir après avoir signé le motu proprio exterminateur une histoire et une réalité qu'il ignorait totalement.
C'est d'autant plus crédible que l'ignorance crasse était la situation de beaucoup d'évêques français en 2007, et encore aujourd'hui d'ailleurs comme Mgr de Kérimel qui paraît ne rien connaître du sujet mais qui croit dur comme fer que sa crosse sert à crosser qui bon lui semble.

( 941336 )
Plus probable par Roger (2022-02-21 14:01:52)
[en réponse à 941333]
Que le saint père soit âgé et peu informé de ce qui se passe en France 3st quasiment certain.
Des amis romains me disent aussi que
- le pape n' est pas hostile par principe à la survie du rite traditionnel dans un cadre très limité (un peu comme pour les orientaux)
- il ne peut cependant pas accepter des communautés qui rejettent formellement Vatican II
- il ne veut pas que soit banalisée la forme extraordinaire dans les paroisses et les séminaires (notamment en Italie où elle susciterait un intérêt tout nouveau mais très fort)
- il tient à cultiver son image d homme tranquille et bienveillant...

( 941347 )
Plus simple à mon sens par Etienne (2022-02-21 15:52:40)
[en réponse à 941336]
Le pape tolère les périphéries. Il tolère le mode de vie de deux ou trois tribus indiennes, en prenant bien soin qu’elles ne s’étendent pas, et qu’on grignote petit à petit ses terres. Pas de guerre ouverte mais une extinction à moyen terme, en comptant sur le zèle de nos chers évêques à appliquer scrupuleusement le Motu Proprio. On tolère l’existence de la FSSP mais on limite dans la pratique son apostolat. Un peu furbo, mais diaboliquement efficace.

( 941335 )
L’abbé Paul-Joseph répond aux questions d’Anne Le Pape par XA (2022-02-21 13:58:21)
[en réponse à 941292]
— Monsieur l’abbé, quel est l’historique de votre récente entrevue avec le Saint-Père ?
— Avec l’abbé Ribeton, recteur du séminaire européen de notre Fraternité, nous avons écrit directement au pape le 28 décembre dernier, pour exprimer notre désarroi, notre incompréhension, à la suite de la parution de Traditionis custodes et des responsa, faisant appel avec confiance à sa sollicitude. Il nous a répondu de sa main dès le lendemain (tout s’est passé par scan mais la lettre était bien de sa main), nous rassurant et nous invitant à venir le rencontrer pour nous expliquer. Nous avons donc pris contact avec son secrétariat et la date du 4 février 2022 a été arrêtée, date à laquelle nous nous sommes rendus à Rome, l’abbé Ribeton et moi-même.
Nous avons été reçus à la Maison Sainte-Marthe, pendant près d’une heure. Le pape a été très bienveillant pendant tout l’entretien, faisant preuve d’une vraie sollicitude. Il nous a confirmé oralement ce qu’il nous avait laissé entendre par écrit, à savoir qu’il distinguait vraiment notre situation de celle des prêtres non membres des communautés ex-Ecclesia Dei et que, dans notre cas particulier, notre Institut ayant pour spécificité l’utilisation des livres liturgiques anciens, ce document ne nous était pas destiné.
— Vous avez donc été rassurés immédiatement ?
— Effectivement, oui. Le pape nous a d’ailleurs fait remarquer que dans le motu proprio, quand on parle des instituts ex-Ecclesia Dei on indique qu’ils relèveront désormais d’un nouveau dicastère, celui pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, et que c’était à dessein qu’il n’était pas question de nous directement dans ce document, puisque nous allions dépendre d’une nouvelle juridiction. « Vous n’êtes pas concernés par ces restrictions, nous a-t-il dit, mais vous conservez votre droit propre, accordé à votre fondation en 1988. » Le pape a vraiment été touché par l’histoire de notre Fraternité, l’acte de nos fondateurs d’aller vers le Saint-Père en 1988 pour exprimer leur désarroi, un peu comme nous l’avons fait là ; il a trouvé que c’était un acte de foi qui méritait d’être honoré et encouragé. Il nous a assuré que nous gardions l’usage de tous les livres liturgiques, dont le pontifical pour les ordinations.
— Vous avez donc désormais toutes les garanties ?
— Nous lui avons demandé respectueusement si tout cela pouvait être formalisé. Nous avons reçu l’écrit hier, samedi 19 février, c’est la raison pour laquelle nous ne voulions pas en parler publiquement avant. Il s’agit d’un décret qui reprend celui de la commission Ecclesia Dei de septembre 1988, confirmant l’usage pour notre Fraternité des livres liturgiques de 1962, décret signé cette fois de la main du pape (celui de 1988 l’était par la commission Ecclesia Dei).
— Votre position est donc confirmée vis-à-vis des évêques ?
— Les évêques restent libres de nous accepter ou pas dans leur diocèse, mais, à partir du moment où nous exerçons un apostolat dans un diocèse, on ne peut pas nous demander, en arguant de l’obéissance au successeur de Pierre ou au dernier document, d’utiliser les livres liturgiques actuels, notre droit propre étant préservé par une exemption de fait.
— Et pour les ordinations ?
— Il reste une petite zone d’ombre : les évêques, eux, ne sont pas membres de la Fraternité Saint-Pierre. Or il a été dit récemment qu’ils n’avaient plus le droit d’utiliser le pontifical ancien, et cela peut en faire hésiter certains. Mais le pape nous a entendus avec joie évoquer nos futures ordinations, et la position est claire de ce côté.
— Savez-vous si d’autres instituts auront le même sort que vous ou il n’en a pas été question lors de cette visite ?
— Oralement, lors de l’audience, le pape parlait, au pluriel, pour « les instituts » anciennement Ecclesia Dei. Je ne peux pas être plus catégorique, mais c’est bien ce qui ressortait de la discussion. •
Propos recueillis par Anne Le Pape
Source :
Présent

( 941337 )
La Croix du jour sur le sujet par Cristo (2022-02-21 14:07:44)
[en réponse à 941292]

( 941350 )
L'article en question par Candidus (2022-02-21 16:01:51)
[en réponse à 941337]
Le pape permet à la Fraternité Saint-Pierre de célébrer largement selon la forme préconciliaire
Les faits
Un décret du pape François, dévoilé lundi 21 février, confirme le droit des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre à recourir à l’ensemble des livres liturgiques préconciliaires. Il s’agit d’une dérogation à une mesure prise en juillet 2021 par le pape pour restreindre sévèrement la liturgie préconciliaire.
Un « grand soulagement ». C’est ainsi que l’abbé Benoît Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), décrit le décret signé par le pape François le 11 février et publié lundi 21 février par la Fraternité sur son site Internet. Par cet acte, le pape confirme l’autorisation pour les prêtres de la FSSP de recourir aux livres liturgiques préconciliaires, au cœur de l’existence même de leur institut.
Les membres de la FSSP, indique ainsi le décret, ont «la faculté de célébrer le sacrifice de la messe, d’administrer les sacrements et les autres rites sacrés, et de s’acquitter de l’office divin, selon les éditions typiques des livres liturgiques en vigueur en l’année 1962, c’est-à-dire le missel, le rituel, le pontifical et le bréviaire romain ».
Avec ce décret papal, les prêtres de la FSSP pourront donc continuer à suivre l’ensemble de la liturgie préconciliaire « dans les églises et oratoires propres » et pour la « messe privée » – dans les autres cas, ils devront obtenir l’autorisation de l’évêque du lieu. Cela signifie notamment que les sacrements pourront être célébrés selon la forme en vigueur avant le concile Vatican II.
« Nous avons notre place dans l’Église »
Il s’agit donc d’une dérogation aux mesures décidées par le même pape François en juillet 2021 dans son motu proprio Traditionis custodes, qui restreint très largement le recours à la liturgie dite « tridentine », ne permettant – et encore, sous conditions – que la célébration de la messe sous cette forme. Si ce motu proprio avait dû s’appliquer à la FSSP, assure l’abbé Paul-Joseph à La Croix, « cela aurait été la négation pure et simple de ce que nous sommes et il aurait été difficile d’envisager la suite de notre existence ». A contrario, avec ce décret, « le Saint-Père estime que nous avons notre place dans l’Église tels que nous sommes, en apportant ce que nous pouvons ».
Le décret du pape intervient après un courrier envoyé en décembre à la FSSP et à une audience à Rome, le 4 février, accordée à l’abbé Paul-Joseph et à l’abbé Vincent Ribeton, recteur du séminaire historique de la fraternité. Au cours de la rencontre du 4 février, le pape aurait assuré que les instituts spécifiquement créés pour la célébration selon la liturgie tridentine n’étaient pas concernés par Traditionis custodes – ce qui signifie que d’autres dérogations pourraient être accordées.
Une « politisation » de la liturgie tridentine
Sont au contraire ciblés, a expliqué le pape, des prêtres – plutôt sur le continent américain – se « saisissant » de la liturgie préconciliaire pour « manifester une opposition », opérant donc une « politisation » de cette forme liturgique. Ces précisions viennent compléter la lettre aux évêques qui accompagnait la publication de Traditionis custodes, dans laquelle le pape déplorait que la liturgie tridentine puisse être « utilisée pour augmenter les distances, durcir les différences, construire des oppositions qui blessent l’Église et en entravent la progression, en l’exposant au risque de divisions ».
La FSSP est née en 1988, après le départ de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X de prêtres ne voulant pas la suivre dans la rupture avec Rome, à la suite de l’ordination épiscopale sans mandat de trois évêques par son fondateur Mgr Marcel Lefebvre. Pour permettre l’accueil de ces prêtres, le pape Jean-Paul II avait signé le motu proprio Ecclesia Dei, exigeant que soient prises « des mesures nécessaires pour garantir le respect de leurs aspirations ». Alors que Traditionis custodes semblait revenir sur ces garanties, le décret de François vient les rétablir – du moins pour la FSSP.

( 941357 )
Et bien sûr ? par
Un modérateur (2022-02-21 18:12:54)
[en réponse à 941350]
Vous avez obtenu préalablement l'accord du quotidien concerné pour publier ici l'intégralité d'un article normalement réservé aux abonnés, accord que la modération pourra opposer à tout réclamation dudit quotidien ?
Bien à vous
Un modérateur

( 941362 )
Vu le contexte par Ptitlu (2022-02-21 18:54:24)
[en réponse à 941357]
Le droit à l'information prime.
Du reste, au vu des aides publiques à la presse en général et son positionnement comme journal catholique de référence, le paywall de la Croix est un scandale.
Est ce que les églises ne sont ouvertes qu'à ceux qui paient le denier du culte ?
Ben voyons ...

( 941364 )
Je suis intéressé par XA (2022-02-21 18:59:53)
[en réponse à 941362]
Vous avez la référence de la jurisprudence concernée ? Merci par avance.
XA

( 941367 )
Ce qui compte, c'est l'intérêt général par Ptitlu (2022-02-21 19:14:34)
[en réponse à 941364]
Et nous sommes clairement dans ce cas.
Par ailleurs si la (fausse) Croix ou d'autres attaquaient tous ceux qui publient leurs articles sur le web, ils feraient rapidement faillite.
Ils n'attaquent même pas, c'est dire, les internautes qui mettent en ligne carrément le pdf du journal, ce qui est pour le coup illégal.
Mais bien pratique.
Vu ce que la (fausse) Croix dégobille au quotidien sur les catholiques qui persistent à l'être encore malgré certains de nos évêques et d'autres responsables, je ne me vois pas donner ne serait ce qu'un euro à cette publication...qui se sert déjà largement dans les impôts et le denier, via les abonnements des diocèses, paroisses etc.

( 941370 )
"Ce qui compte" par Meneau (2022-02-21 19:19:09)
[en réponse à 941367]
Rassurez-moi, vous ne parlez là ni de ce qui compte du point de vue de la moralité ni de ce qui compte du point de vue de la loi ou de la jurisprudence, on est bien d'accord ?
Cordialement
Meneau

( 941365 )
Vu le contexte par
Un modérateur (2022-02-21 19:00:57)
[en réponse à 941362]
La Croix sera sûrement d'accord, n'est-ce pas ? L'avenir nous le dira.
Quant au paywall en général, je suis assez d'accord avec vous. Cependant, ça n'autorise pas pour autant à s'asseoir sur la loi. Se faire justice soi-même n'a jamais été un principe chrétien.
Bien à vous
Un modérateur

( 941369 )
Empêcher qu'une injustice soit commise, si par Ptitlu (2022-02-21 19:19:05)
[en réponse à 941365]
Et résister à l'injustice tout autant.
Quand la loi est l'injustice (ou quelle tend à prendre ce parti), la réponse appartient à chacun...

( 941371 )
Ah... par Meneau (2022-02-21 19:21:27)
[en réponse à 941369]
Sur quel enseignement théologique vous appuyez-vous ? Que ce soit le Magistère ou un quelconque théologien reconnu ?
Cordialement
Meneau

( 941382 )
Péage, par Yves Daoudal (2022-02-21 20:28:50)
[en réponse à 941362]
c'est un gros mot ?

( 941373 )
N'importe qui peut avoir accès à cet article par Candidus (2022-02-21 19:35:43)
[en réponse à 941357]
Il suffit de faire un copier-coller rapide sur leur site...
Si la Croix met un texte en ligne, ne serait-ce qu'une ou deux secondes, peut-elle nous reprocher d'en faciliter la lecture à ceux qui n'ont pas le don de la lecture rapide ou l'habilité digitale de faire la manip ? N'est-ce pas une forme de discrimination ?

( 941374 )
Et donc ? par
Un modérateur (2022-02-21 19:44:46)
[en réponse à 941373]
C'est pour vous l'intention (en fait) cachée dudit site ?
Bien à vous
Un modérateur

( 941383 )
Utilisez plutôt par Adso (2022-02-21 20:37:42)
[en réponse à 941373]
la citation courte : Code de la propriété intellectuelle (L.122-5 et L.211-3)
Cela permet de reproduire quelques lignes d’un ou plusieurs articles ou même de livres.

( 941358 )
Deo gratias ! par Paterculus (2022-02-21 18:13:24)
[en réponse à 941292]
Il s'agit bien d'une marche arrière.
Car si cette interprétation actuelle de Traditionis Custodes (à savoir que les instituts Ecclesia Dei n'étaient pas concernés) avait été la bonne dès le départ, elle aurait dû être soit explicitement incluse dans le motu proprio lui-même, soit au moins présentée dès les premières réactions.
La position exprimée par les Pères de Saint Vincent Ferrier, qu'en tant que religieux ils n'étaient pas concernés, se trouve donc confortée. Et le fait de l'avoir exprimée est à mettre en lien avec la présente interprétation : soit ils savaient que le Pape allait dans ce sens, soit ils ont contribué à ce qu'il y aille.
On exprime des doutes sur la possibilité pour des évêques de donner les sacrements de l'ordre ou de la confirmation aux fidèles attachés à ces instituts. L'esprit du nouveau document ne permet pas qu'on en doute, et d'ailleurs si ces fidèles peuvent jouir des anciens livres, cela implique que les évêques peuvent les utiliser pour eux.
Paradoxalement, la position des instituts ex-ED va s'en trouver renforcée. Ce n'est vraisemblablement pas le but recherché, mais puisqu'on ne peut plus, pour utiliser les anciens livres, s'adresser au clergé diocésain de droit commun, on ira vers ces communautés. Et je me demande ce qui se passerait si un prêtre diocésain de droit commun venait à demander son rattachement à l'une de ces communautés...
Par conséquent il sera facile de revenir aussi sur le reste de Traditionis Custodes, en prenant argument de ce fait que les gens affluent vers les lieux où ces livres sont utilisés.
On peut noter aussi que la question de la concélébration n'est pas mise à nouveau sur le tapis. Sans doute beaucoup de gens, en haut lieu, ont enfin compris qu'il ne peut y avoir ni droit à concélébrer, ni obligation de le faire.
Le Souverain Pontife ne peut donc plus être accusé de parjure par rapport aux engagements de Saint Jean-Paul II en 1988.
Votre dévoué Paterculus,
heureux de cette embellie dans le ciel ingrat de ces temps-ci.

( 941380 )
Dijon avec Monseigneur MINNERATH ? par Cavipo (2022-02-21 20:21:32)
[en réponse à 941292]
Dijon est à revoir? ?
ici

( 941396 )
reportage de KTO sur le sujet par Cristo (2022-02-21 22:55:41)
[en réponse à 941292]

( 941397 )
Je voudrais exprimer à la fssp par Marco Antonio (2022-02-21 23:35:21)
[en réponse à 941292]
Je voudrais simplement exprimer à la fssp, aux abbés Benoît Paul-Joseph et Vincent Ribeton en tant que représentants de celle-ci, tout mon dégoût pour ses compromis.

( 941400 )
Facile à dire par Justin Petipeu (2022-02-22 08:39:59)
[en réponse à 941397]
quand on est derrière un micro, à Londres.

( 941402 )
Valeur ajoutée par Nemo (2022-02-22 08:48:16)
[en réponse à 941400]
Je me suis surtout posé la question de savoir quelle était la valeur ajoutée de ce message qui n’exprime que du mépris et ne repose sur aucun fait.
A la première lecture j’ai été indigné mais en fait je plains l’auteur qui doit avoir un problème quelque part.

( 941404 )
qu'appelez-vous "ses compromis" dans le cas présent ? par Cristo (2022-02-22 09:35:01)
[en réponse à 941397]
Pouvez-vous développer, SVP ?
Ou avez-vous une position générale opposée à la FSSP ? Cela peut s'entendre à certains égards (vis-à-vis de toute la mouvance ED d'ailleurs) mais dans les derniers événements, je ne vois pas de compromis.
Merci de votre éclairage.

( 941408 )
Compromis par Meneau (2022-02-22 09:53:26)
[en réponse à 941404]
Il s'en est déjà expliqué à plusieurs reprises (p.ex.
ICI ou
ICI), je ne pense pas qu'il soit nécessaire de recommencer. De toute façon, pour lui il y aura toujours compromission tant qu'on ne vire pas sédévacantiste.
Cordialement
Meneau

( 941458 )
Ah, c'est une position NUCléaire par Ptitlu (2022-02-22 16:16:10)
[en réponse à 941408]
On peut le dire, c'est de la bombe... attention à bien mettre le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge...
Cela dit, pour la pêche c'est pratique. Un trou d'eau, et plouf. Ne pas oublier le carrelet derrière un blindé en guise d'épuisette.

( 941461 )
Merci Monsieur par Marco Antonio (2022-02-22 17:41:44)
[en réponse à 941408]
Il s'en est déjà expliqué à plusieurs reprises (p.ex. ICI ou ICI), je ne pense pas qu'il soit nécessaire de recommencer. De toute façon, pour lui il y aura toujours compromission tant qu'on ne vire pas sédévacantiste.
Cordialement
Meneau
Merci Monsieur de votre, habituelle, ponctualité.
Comment dit-on en français quand ceux qui, vue imposer à tout le monde une loi qu'eux-mêmes n'auraient jamais imposée, vont chez leur législateur et acceptent cette loi à condition qu'elle ne leur est pas appliquée? On n'utilise pas le mot
compromis?
Ou, peut-être, à votre avis, ont-ils purément
voulu savoir du législateur, même après les Responsa et face à la situation catastrophique de l'Église, quelle était son
interprétation authentique, prêt à accepter n'importe quelle loi, même impéditive (pour eux aussi) de la célébration de la messe ?
Merci d'avance.

( 941457 )
Réaction indigne, vive la FSSP ! par Ptitlu (2022-02-22 16:12:39)
[en réponse à 941397]
Et merci pour ces avancées considérables.

( 941528 )
Je voudrais exprimer à Marco Antonio par Vincent F (2022-02-23 10:33:59)
[en réponse à 941397]
Mon mépris pour sa lâcheté de sédévacantiste qui n’a même pas le courage de ses opinions.

( 941409 )
Rendons grâce par Le Cap (2022-02-22 10:08:44)
[en réponse à 941292]
pour ce décret et remercions le pape pour ce "gel" temporaire de TC! Toutes les prières et neuvaines ont été entendues. Il appelle cependant deux remarques à mon sens. Or celles-ci tout d'abord, on peut imaginer que les autres instituts traditionnels devraient légitimement bénéficier de cette exception. Ma première observation est que ce décret fixe, d'une certaine manière, la ligne de front en cessant les hostilités frontales à l'égard de la FSSP (élargie) dans un premier temps. En gros, ce qui existe est maintenu. Mais qu'en est-il du développement des apostolats? Ensuite, les diocésains qui arrivaient avant la publication du funeste motu proprio TC à célébrer une part importante des messes traditionnelles chaque dimanche en France, sans compter les messes de semaines, restent eux, dans l'interdit et le bon vouloir de leurs évêques. Ces prêtres diocésains ne sont pas protégés du tout par ce décret. On assiste donc bien là à une légalisation supplémentaire du reflux traditionaliste au sein de l'Eglise.
Ensuite, le diable se cache dans les détails. Dans le décret, la cachette n'est pas bien compliquée à découvrir! La dernière phrase ,"Sans préjudice de ce qui a été dit ci-dessus, le Saint-Père suggère que, dans la mesure du possible, les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes soient également prises en compte" va permettre tout un tas de pressions et donner lieu à des interprétations douteuses de la part de certains évêques. Où s'arrête "la mesure du possible"?
Quoiqu'il en soit, savourons ce moment de répit dont Dieu seul connaît la durée et rendons grâce. Il éloigne déjà pour quelques temps des perspectives inquiétantes pour ceux qui étaient passés au travers des mailles du premier filet, et permettra sans doute d'attendre le retour de vents plus favorables…

( 941410 )
Et les fidèles diocésains ? par Fenestri (2022-02-22 10:27:37)
[en réponse à 941292]
Cette nouvelle est certes une bonne nouvelle pour les fidèles de la FSSP (et par extension, selon l'interview de l'abbé Joseph dans Présent, pour les autres instituts ex-ED), une nouvelle au-delà de toute espérance pour les séminaristes, cela ne change rien aux prêtres et aux fidèles diocésains qui, eux, sont toujours sous la loi de TC.
Il me semble donc pour le moins audacieux de dire que le texte a perdu de sa portée, ou qu'il est moins contraignant, puisqu'il semblait viser avant tout la "contagion diocésaine".

( 941411 )
Parce que par Meneau (2022-02-22 10:44:41)
[en réponse à 941410]
les fidèles de la FSSP ne sont pas des fidèles diocésains à part entière ?
Blague à part, je comprends ce que vous voulez dire : vous parlez des prêtres non-ED qui célèbraient selon le VOM.
Par ailleurs, beaucoup de restrictions de TC demeurent, même pour les instituts ED. TC qu'il faut, selon le décret, appliquer "dans la mesure du possible". Peuvent-ils par exemple ouvrir de nouveaux apostolats sans respecter les règles de TC ?
Cordialement
Meneau

( 941424 )
Merci de la précision ! par Fenestri (2022-02-22 11:20:17)
[en réponse à 941411]
Effectivement, je voulais parler, pour être concret, des fidèles allant dans des églises de quartier pour assister aux messes célébrées par des prêtres diocésains.
Quant à la seconde partie du message, on est dans le flou total, puisque "dans la mesure du possible" peut aussi bien être interprété de manière laxiste que plus forcenée. Car, s'il faut agir "dans la mesure du possible" et que l'évêque est "gardien de la Tradition", alors la "mesure" de la possibilité est totale...
Enfin j'imagine !

( 941437 )
Une petite victoire est toujours une victoire. par Halbie (2022-02-22 14:10:24)
[en réponse à 941292]
Et c'est une grande victoire dans le contexte actuel. Je note la proximité avec la consécration au Coeur Immaculée de la FSSP (quelques jours après seulement).

( 941443 )
qu'est-ce que le Pape et le supérieur de la FSSPX se sont dits ? par Cristo (2022-02-22 14:24:15)
[en réponse à 941292]
Je suis encore plus impatient d'en savoir plus sur leur entrevue récente à l'aune de cette libéralisation ...

( 941477 )
Enfin ! par JFB33 (2022-02-22 20:11:09)
[en réponse à 941292]
Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour contredire les absurdités de certains ici, notamment le fait qu'il y avait un complot de François pour rameuter les fidèles vers la FSSPX...
Au moins c'est clair et tant mieux ! D'un côté ceux qui ne veulent pas de compromissions dues au Concile et d'un autre ceux qui essaient la stratégie.

( 941524 )
Fraternité Saint-Pierre: feu vert pour l' usage par AVV-VVK (2022-02-23 09:43:14)
[en réponse à 941292]

( 941606 )
avis d'un prêtre de la FSSPX (ex-dominicain d'Avrillé) par Cristo (2022-02-25 09:28:51)
[en réponse à 941292]
un peu condescendant, un peu approximatif parfois, mais bon, rien de nouveau et pas bien méchant au final : que chacun poursuive dans son couloir, les âmes s'y retrouvent et c'est bien le principal !
L’un des effets du motu proprio Traditionis custodes a été de produire de la part des sociétés Ecclesia Dei un concert d’adhésion au concile Vatican II et une reconnaissance de la bonté du novus ordo. Cette approbation fragilise encore davantage la situation de ces sociétés.
Créée en 1988 par le pape Jean-Paul II à la suite du sacre de quatre évêques par Mgr Lefebvre, la Commission Ecclesia Dei avait pour mission officielle de « faciliter la pleine communion ecclésiale » de ceux qui se séparaient alors de la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre, tout en « conservant leurs traditions spirituelles et liturgiques ».
Sa mission officieuse, Mgr Lefebvre l’avait dévoilée : la Commission Ecclesia Dei, avait-il expliqué avec clairvoyance, « est chargée de la récupération des traditionalistes pour les soumettre au Concile »[1]. Le temps lui a donné amplement raison.
Pour obtenir la reconnaissance canonique de l’Eglise conciliaire, les communautés Ecclesia Dei ont accepté de se taire sur les erreurs et scandales doctrinaux de la hiérarchie ecclésiastique, voire de les justifier. Elles ne dénoncent pas la nocivité de la nouvelle messe, du nouveau code de droit canonique, du dialogue interreligieux, de la liberté religieuse, etc., et leur contradiction avec l’enseignement traditionnel de l’Eglise. Ce silence est le prix à payer pour être reconnues officiellement et pouvoir exercer un ministère dans les diocèses.
En privé, certains membres de ces communautés reconnaissent les ravages du modernisme triomphant dans l’Eglise. Mais en public, ils sont muets sur les causes de la destruction de la foi dans les âmes, qu’ils ont pourtant comme tout prêtre le devoir de dénoncer et de combattre.
Mgr Lefebvre le prédisait déjà : « Quand ils disent qu’ils n’ont rien lâché, c’est faux. Ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire. Ils doivent se taire étant donné les faveurs qui leur ont été accordées. Il leur est maintenant impossible de dénoncer les erreurs de l’Eglise conciliaire »[2].
« S’ils n’ont pas dit explicitement : nous acceptons le Concile et tout ce que Rome professe actuellement, implicitement ils le font. En se mettant entièrement dans les mains de l’autorité de Rome et des évêques, ils seront pratiquement obligés d’en arriver à être d’accord avec eux »[3].
Le mécanisme de la dérive
Quand on donne un enseignement qui, sans positivement approuver les erreurs modernistes, ne les condamne plus, petit à petit le jugement sur la crise de l’Eglise dégénère. Cette compromission amène inévitablement à relativiser la portée des erreurs modernistes, à ne plus bien distinguer l’erreur et le mal.
Dom Gérard, supérieur du monastère du Barroux, avait déclaré que la reconnaissance de son monastère par Rome n’était accompagnée « d’aucune contrepartie doctrinale ou liturgique », et que « nul silence ne serait imposé à sa prédication antimoderniste »[4]. Las ! La chute fut rapide. Quelques années plus tard, le monastère du Barroux se faisait le défenseur du concile Vatican II et de la liberté religieuse. Il publiait en 1993 un ouvrage Oui ! le Catéchisme de l’Eglise catholique est catholique ! en réponse à la Fraternité Saint-Pie X qui voyait en lui l’exposé de la foi de l’Eglise conciliaire. Et dom Gérard devait déclarer : « Nous acceptons tout le Magistère de l’Eglise, d’hier, d’aujourd’hui et de demain »[5].
C’est qu’il est très difficile de demeurer intègre dans un milieu contaminé. L’homme est influencé profondément par le milieu dans lequel il vit. Il y a là une loi inscrite au plus profond de la nature humaine, l’homme étant fait pour vivre en société.
Les prêtres spécialement sont réduits au silence par les rouages de la machinerie ecclésiastique. Le prêtre rallié est tiraillé entre son désir de bien faire, et son obéissance à l’évêque du lieu et au pape. Ses sermons s’en ressentent obligatoirement. La table de presse, les revues aussi. Par sa soumission publique à la hiérarchie, il trompe les âmes en faisant croire que la situation de l’Eglise est normale ; il ne dit pas publiquement que l’Eglise conciliaire met la foi des fidèles en danger ; il ne prêche pas que la nouvelle messe est mauvaise, dangereuse pour la foi. De fait, ces sociétés préfèrent la messe traditionnelle, mais pas pour des motifs de foi ; elles admettent la légitimité du nouveau rite, et que la vraie messe soit la forme « extraordinaire » du rite romain.
« Tels que nous sommes »
Le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre en France déclarait il y a quelques années : « Quel encouragement de nous voir ainsi acceptés par l’Eglise, par la bouche du Souverain Pontife, tels que nous sommes, tels que nous avons été fondés, tels que nous avons été reconnus lorsque le Saint-Siège nous a érigés comme société de vie apostolique de droit pontifical »[6].
« Acceptés tels que nous sommes » : c’est ce qu’il veut croire, mais dès le départ ils ont été acceptés tels que Rome espérait qu’ils allaient devenir à la longue.
Dès 1988 le cardinal Decourtray, président de la Conférence des évêques de France, déclarait devant tous ses collègues : « Il est clair qu’ils doivent progresser sur le chemin de l’adhésion véritable au Concile dans sa totalité »[7].
Rome est patiente, elle a pris son temps, celui d’une génération. Là encore Mgr Lefebvre l’avait dit : « Ils iront doucement, lentement, mais sûrement »[8].
En 2021, une nouvelle étape
Dans un article précédent, nous avons vu la décision prise par le pape François en juillet dernier[9] de restreindre et marginaliser au maximum la célébration de la messe traditionnelle.
François rappelle que la célébration du rite ancien est subordonnée à l’adhésion pleine et entière au concile Vatican II et à tout le magistère post-conciliaire, qui est un impératif pour tous. Les évêques devront veiller à ce que les groupes qui seront encore autorisés à utiliser l’ancien rite « n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des dispositions du Concile Vatican II et du Magistère des Souverains Pontifes »[10]. Les prêtres et les sociétés qui, par concession, gardent encore la messe traditionnelle, doivent donner des marques tangibles d’alignement, par exemple en prenant part aux offices avec la nouvelle messe.
Le pape Benoît XVI l’avait déjà dit clairement : « Pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté »[11]. La différence avec François est que celui-ci est autoritaire et prend les moyens d’être obéi.
Quant aux évêques, ils veulent que ces communautés soient plus « solubles » dans la réalité et la vie des diocèses.
La réaction des sociétés concernées
L’un des effets produits par le motu proprio, et qui était certainement visé, a été de produire de la part des sociétés Ecclesia Dei un concert d’adhésion au concile Vatican II et une reconnaissance, non seulement de la validité, mais aussi de la bonté du novus ordo. Cette approbation fragilise encore davantage la situation de ces sociétés, et rend de plus en plus difficile toute critique du Concile, ou encore leur refus de célébrer ou de concélébrer de temps à autre la nouvelle messe.
La situation vécue par la Fraternité Saint-Pierre à Dijon, où l’exigence de la concélébration a été brandie par l’évêque, Mgr Roland Minnerath, pour justifier l’exclusion de la société du diocèse, risque de se reproduire.
Un diocèse regardé en France avec attention, celui de Paris, a tracé sa ligne de conduite. Par une lettre du 8 septembre, l’archevêque Mgr Michel Aupetit a fixé les règles d’application du motu proprio Traditionis custodes dans son diocèse. Il réduit de façon drastique le nombre de sanctuaires dans lesquels la messe traditionnelle pourra désormais être célébrée : seulement cinq églises de la capitale, quand jusqu’ici elle était célébrée dans une quinzaine de lieux. « Pourront y célébrer selon l’ancienne forme, les prêtres qui en ont reçu la mission écrite de ma part. » Et il ajoute : « Je souhaite, pour favoriser davantage la communion, que les prêtres appelés soient ouverts aux deux missels ». En clair, cela signifie la célébration, au moins occasionnelle, de la nouvelle messe.
Quel sera le sort des communautés Ecclesia Dei ?
Les « ecclésiadéistes » ont eu beau donner quantité de signes de soumission, allant jusqu’à justifier la liberté religieuse ou la réunion d’Assise, louant « saint » Jean-Paul II… : rien n’y fait. Quels que soient les concessions qu’on fait à la Révolution, les gages qu’on lui apporte, celle-ci n’est jamais satisfaite. Elle en veut toujours plus, et broie ceux qui pensent pouvoir collaborer avec elle, montrant leur méconnaissance des processus révolutionnaires.
Voyant que le piège se referme, les Instituts Ecclesia Dei vont-ils se ressaisir ? Ou bien, pour sauver leur tête, vont-ils courber un peu plus l’échine ? Malheureusement leur attitude depuis trente ans laisse peu d’espoir.
Réunis le 31 août dernier, douze supérieurs de ces Instituts installés en France ont signé une lettre commune dans laquelle ils font part de leur réaction au motu proprio Traditionis custodes du pape François.
Ils protestent de leur adhésion au Magistère de Vatican II et d’après, et se tournent vers les évêques de France, dans un langage pathétique et larmoyant, afin d’implorer leur compréhension et leur miséricorde. « Pas un mot sur la nocivité foncière de la nouvelle messe de Paul VI. Pas un mot sur les fruits amers du Concile. Pas un mot sur l’accélération consternante de la crise de l’Eglise sous le pape François »[12].
Pour conserver la messe traditionnelle, les douze supérieurs revendiquent le « charisme » propre de leurs sociétés, qui les autorise à faire exception. Mais si nous voulons la messe traditionnelle, ce n’est pas égoïstement pour nous, c’est pour toute l’Eglise ! Et nous ne luttons pas seulement pour la messe traditionnelle, mais pour la foi catholique, la doctrine immuable, la morale et les sacrements de toujours, et donc contre les erreurs qui s’y opposent.
La situation présente nous montre une nouvelle fois que la seule position vraie et solide est celle de la Fraternité Saint-Pie X. Une position qui ne varie pas, c’est ce qui lui donne sa crédibilité.
Source : La Couronne de Marie n°103
https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/ecclesiadeisme/les-societes-ecclesia-dei-trente-ans-apres