Le Forum Catholique
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( 936598 )
Le mystère Benoît XVI par Leopardi (2021-12-22 11:03:59)
Cela restera un mystère pour moi.
Comment quelqu'un de sa trempe, qui je crois n'hésiterait pas à mourir pour sa foi, a-t-il pu laisser les commandes à un tel successeur.
Et à l'argument: "il ne savait pas": pouvait-il réellement tout ignorer des intentions du futur François et du cyclone dans lequel sa démission risquait de nous emporter?
Ou bien ya-t-il un autre dessein derrière? Car enfin, Benoît XVI est encore bien vivant, bien qu'étrangement silencieux depuis quelque temps...

( 936603 )
Ce mystère participe de la Passion de l'Église... par Pétrarque (2021-12-22 11:24:18)
[en réponse à 936598]
...cher Léopardi.
Lorsqu'il a été élu, Benoît a évoqué "la brebis au milieu des loups".
Il était très bien placé pour connaître l'état de l'Église, et pour savoir que, plus l'on monte dans la hiérarchie, plus le démon s'y déchaîne.
La mafia qui a achevé de s'emparer des leviers de commande en 2013 était connue de Benoît XVI et ses manœuvres n'étaient pas nouvelles.
Elle est d'ailleurs idéologiquement apparentée avec celle qui s'est emparée des leviers de commande du Concile Vatican II et qui a ourdi la révolution liturgique.
C'est devant cette mafia, qu'il a, je crois, reculé.
Il n'était pas de taille, humainement parlant, à affronter de telles gens, ni leurs méthodes.
Peut-être les avait-il sous-estimés.
Sans doute a-t-il cru que le temps était venu et que la possibilité existait de tenter d'opérer un compromis historique entre Tradition et révolution.
Force est de constater qu'il s'agit d'un échec.
Les réformes n'empêchent pas les révolutions. On l'a vu depuis 1962, on le voit encore mieux depuis le 16 juillet 2021.
Nous sommes dans des temps proprement apocalyptiques, et, pour cette raison même, il nous faut plus que jamais espérer.
Notre Dame de Fatima, priez pour nous.

( 936614 )
Il n'y a là aucun mystère, et il n'a pas eu le choix. par Scrutator Sapientiæ (2021-12-22 12:17:04)
[en réponse à 936598]
Bonjour Léopardi,
Il n'y a là aucun mystère, et Benoît XVI n'a pas eu le choix.
Souvenez-vous des pressions financières et judiciaires subies par le pape Benoît XVI, à partir du début des années 2010.
Souvenez-vous aussi du mémorandum des théologiens germanophones de début février 2011, et de la volonté de ces théologiens de réactiver l'esprit de la Déclaration de Cologne de janvier 1989.
Souvenez-vous également d'une expression assez étrange de Benoît XVI, dans une lettre écrite à propos d'Assise 2011, et dans laquelle il laisse entendre qu'il a accepté d'aller à Assise, en 2011, presque contraint et forcé.
Cette démission à révélé que Benoît XVI n'avait pas préparé sa succession, et c'est là son côté négatif, mais elle a aussi révélé ce qui arrive, quand on élit pape un cardinal qui ne se contente pas de la réconciliation conciliaire entre le catholicisme et la modernité, mais qui entend bien aller le plus loin possible, en direction de la subordination de l'Eglise catholique à la mondialisation et à la postmodernité, et c'est là, en un sens, son côté positif, car désormais chacun peut se positionner pour ou contre une "stratégie" qui, pour ainsi dire, est néo-catholique post-conciliaire d'une manière affichée, assumée et imposée avec un autoritarisme, une désinvolture, une hétérodoxie et un humanitarisme dignes d'un vicaire général des années 1960-1970.
Bonne journée.
Scrutator.

( 936622 )
Soyez prudent par Jean-Paul PARFU (2021-12-22 13:23:14)
[en réponse à 936598]
Lorsque vous abordez ce thème. J'avais, en son temps, regretté cette démission et mes propos avaient déclenché une avalanche de "posts" plus ou moins scandalisés. Le seul, à l'époque, à avoir pris ma défense avait été Luc Perrin. Et je lui en sais encore gré !
Vous pouvez lire l'un des ces "posts" assassins
ici

( 936642 )
Ou alors Benoît XVI par Raoul (2021-12-22 14:50:16)
[en réponse à 936598]
Est moderniste et cette situation lui convient finalement très bien.
Ce qui est sur est qu'il est difficile de parler du martyr a ses fidèles lorsque soit même on préfère démissionner que de lutter.

( 936685 )
Comment par Leopardi (2021-12-22 19:43:12)
[en réponse à 936642]
celui qui a parlé de l'apparition de d'Akita comme étant l'équivalent du message que celui de Fatima (non révélé et apocalyptique) pouvait-il ne pas savoir dans quels temps nous étions et comment a-t-il pu reculer?
On a toujours le choix, quitte à le payer très cher.
C'est vraiment un mystère pour moi.

( 936742 )
Benoît XVI n'a pas vu venir François ! par Jean-Paul PARFU (2021-12-23 11:04:21)
[en réponse à 936685]
Il pensait naïvement que, battu par lui lors du conclave de 2005, le cardinal Bergoglio n'avait plus aucune chance.
Il s'était rendu à Milan, peu avant de démissionner, pour introniser, en quelque sorte, celui qu'il voyait comme son successeur naturel : le cardinal Scola !
Enfin, il ne faut confondre "les conciliaires conservateurs" comme Benoît XVI ou Jean Paul II et "les Progressistes enragés" comme François et Cie !
Cependant, l'histoire du phénomène révolutionnaire nous enseigne que les premiers se font toujours dévorer par les seconds !

( 936744 )
Et le vieux réflexe de S. Pierre ?... par Sacerdos simplex (2021-12-23 11:19:48)
[en réponse à 936742]
Jésus annonce sa Passion et sa Mort :
"A Dieu ne plaise, Seigneur, ça ne t'arrivera pas !..."
S. Pierre ne peut pas imaginer que la Providence abandonne les justes.
Et Benoît XVI se disait sans doute que la Providence tirerait son Eglise de cette Passion.
Mais les plans de Dieu sur son Eglise sont autres. Le Corps mystique du Christ doit passer par toutes les phases de la vie du Maître, y compris la Passion.

( 936736 )
Détrompez-vous sur au moins un point. par Scrutator Sapientiæ (2021-12-23 10:45:39)
[en réponse à 936642]
Bonjour Raoul,
Détrompez-vous sur au moins un point : on peut très bien être moderniste ou, en tout cas, plus partisan qu'opposé au neo-modernisme apparu dès les années 1930, et, "en même temps", déplorer les conséquences du déferlement de ce neo-modernisme au-delà des limites à l'intérieur desquelles on a cru et espéré qu'il était possible de le maintenir régulé.
Balthasar, de Lubac, Maritain, Paul VI étaient, incontestablement, des neo-modernistes, en ce qu'ils étaient bien plus pour que contre l'affranchissement de la philosophie d'inspiration chrétienne et de la théologie catholique, à l'égard de l'aristotélico-thomisme (cf. Garrigou-Lagrange), mais cela ne les a nullement empêchés de déplorer certains abus ou excès néo-catholiques post-conciliaires, dès l'année 1965.
S'ils l'ont fait plus souvent en privé qu'en public, ou s'ils ne l'ont pas fait davantage, cela a été par crainte des conséquences, par crainte de donner des arguments aux adversaires de la réconciliation du catholicisme avec la modernité, ou par crainte de porter atteinte à l'unité de l'Eglise, mais cela ne signifie en aucun cas que la dégradation de la situation, à partir de 1965, leur a donné satisfaction.
Par ailleurs, je suis de ceux qui maintiennent que Benoît XVI n'a pas eu le choix, mais a commis la grave erreur, amplement antérieure à sa démission, de n'avoir pas préparé sa succession.
Bonne journée.
Scrutator.

( 936764 )
Très juste par Roger (2021-12-23 17:05:33)
[en réponse à 936736]
Cher Scrutator