Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=934345
images/icones/bravo.gif  ( 934345 )Des membres de l'Académie Catholique remettent en cause le rapport Sauvé. par Polydamas (2021-11-26 18:18:15) 

C'est ici.

Quelques extraits.



Huit membres de l’Académie catholique de France ont mené une lecture critique du rapport de la Ciase, dénonçant des faiblesses méthodologiques, théologiques et juridiques. Un document sévère qui a été adressé au pape François.

(...)
La Croix a pu se procurer le texte d’une quinzaine de pages. C’est d’abord la médiatisation du rapport Sauvé qui est critiquée, notamment quant à l’estimation de quelque 330 000 victimes d’abus sexuels commis dans l’Église : « On est en droit de s’interroger sur la méthodologie de l’enquête quantitative qui a conduit à lancer à l’opinion le chiffre de 330 000 victimes, le seul chiffre retenu par les médias. »

S’ensuit un décryptage méthodique des chiffres figurant dans le rapport, opposant le nombre de témoignages reçus, à hauteur de 2 738, la démarche statistique de l’enquête d’opinion de l’Ifop de l’ordre de 330 000, et l’estimation de l’École pratique des hautes études (EPHE) à 27 808 personnes.

« La rigueur scientifique n’a pas présidé à ses travaux. (…) L’évaluation disproportionnée de ce fléau nourrit le discours d’un caractère “systémique” et fait le lit des propositions pour mettre à bas l’Église-institution », dénoncent les huit signataires, parmi lesquels le président de l’Académie catholique Hugues Portelli, mais aussi le père Jean-Robert Armogathe, le philosophe Pierre Manent ou encore le père Philippe Capelle-Dumont.



Suivent ensuite les critiques à portée théologique et juridique. Puis la conclusion.


« Le rapport de la Ciase est né d’une démarche courageuse et justifiée », concèdent les signataires qui, ayant dénoncé les faiblesses du document, relativisent la portée de ses conclusions : « Les recommandations d’une commission sans autorité ecclésiale ni civile ne peuvent être qu’indicatives pour guider l’action de l’Église et de ses fidèles. Certaines pourraient être ruineuses pour l’Église (…). D’autres remettent en cause la nature spirituelle et sacrée de l’Église. »



L'étude a été adressée à Mgr de Moulins-Beaufort.


Pour ceux qui, comme moi, seraient passés à côté de l'évaluation de l'EPHE de 27 808 victimes, il s'agit du nombre de prédateurs connus multiplié par les fourchettes hautes de nombre de victimes, répartis en nombre. Le résultat est de 27 808 personnes, nettement plus crédible que les 330.000.

Justification du calcul ici, p. 129.


Tout en gardant à l’esprit que les chiffres de la criminalité réelle ne peuvent être mesurés à partir d’un travail sur archives, nous pouvons avancer une fourchette large située entre 4832 (nombre de victimes dont l’identité est connue et/ou l’abus attesté) et 27808 personnes abusées. Ce dernier chiffre est obtenu à partir des pourcentages relevés dans le graphique 1 et de l’estimation haute du nombre d’abuseurs évoquée précédemment (3200)244. Pour autant, ce type de calcul nous paraît quelque peu aléatoire, d’autant qu’il n’historicise pas la question abusive. Il était à l’évidence plus aisé de récidiver au début de notre période d’étude que dans la société actuelle.

Le calcul opéré est le suivant : 57% des 3200 abuseurs ont violenté une victime, soit 1824 personnes abusées. 33% ont sévi auprès de 2 à 4 victimes. Nous cherchons ici à mesurer une fourchette haute. Nous retenons ainsi que 33% des 3200 abuseurs ont pu violenter 4 victimes maximum, soit 1056x4=4224 personnes abusées. 7% des 3200 agresseurs ont commis sur des abus sur 5 à 10 victimes. Comme précédemment, nous retenons le chiffre le plus élevé, soit 224x10=2240 personnes abusées. 2% des 3200 agresseurs ont fait entre 11 et 20 victimes. Nous obtenons une estimation haute pour cette catégorie de 640x20=12800. Enfin, 1% des 3200 abuseurs a fait plus de 20 victimes, soit 320x21=6720 personnes abusées. L’estimation haute du nombre de victimes établie à partir des dossiers d’archives ecclésiastiques et pénales s’élève donc à 27808 personnes abusées.

images/icones/1n.gif  ( 934346 )Hors de leur domaine de compétence... par Gaspard (2021-11-26 18:40:07) 
[en réponse à 934345]

et seulement "des membres" de telle institution et pas l'institution elle-même, ça veut tout dire : l'institution n'endosse pas ce rapport.

Mais surtout, pour remettre en cause de façon crédible le chiffrage de la CIASE, il faudrait des hommes - ou femmes ! - de l'art. Des théologiens pour parler de statistiques, bof.
images/icones/1v.gif  ( 934348 )J'ai choisi un extrait orienté sur les statistiques par Polydamas (2021-11-26 18:49:58) 
[en réponse à 934346]

... en vue du débat que nous avons ici mais il y a des critiques à portées théologiques et juridiques claires. Ces remarques peuvent facilement être la base d'un travail de spécialistes relisant les rapports de la CIASE, on est au courant qu'il faut passer par des spécialistes indépendants dans chaque domaine, merci.
images/icones/1w.gif  ( 934349 )un académicien est intelligent par jejomau (2021-11-26 19:05:14) 
[en réponse à 934346]

C'est le raisonnement propre à l'intelligence qui a prévalu ici
images/icones/neutre.gif  ( 934372 )Pas d'accord par Roger (2021-11-27 09:35:57) 
[en réponse à 934346]

Tout juriste vous dira qu on n instruit pas un procès sur la base d un sondage.

Combien de plaintes ? Quelles preuves ?Que disent les accusés pour se défendre ?

Voilà les questions légitimes !

images/icones/fleche3.gif  ( 934377 )Bien vu : important !... par Sacerdos simplex (2021-11-27 10:09:39) 
[en réponse à 934372]


Quelles preuves ?
Que disent les accusés pour se défendre ?


Rien. Ils ne disent rien. Tout juste : "nous sommes morts de honte".
Et ils veulent pomper les biens de l'Eglise - c'est-à-dire du Peuple de Dieu, de l'argent qui ne leur appartient pas, pour déverser des compensations.
C'est profondément injuste.
Ce sont les coupables qui doivent payer, et normalement en fonction d'une décision de justice.

Il faut aussi tenir compte de cette question d'anachronisme :
https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=933551

C'est pourquoi le projet de créer une association de juristes pour défendre les intérêts du Peuple de Dieu, mentionné dans la vidéo du Père Michel Viot, me paraît très important.
images/icones/mitre4.png  ( 934414 )Des comptables et des fiscalistes aussi ! par André (2021-11-27 18:46:15) 
[en réponse à 934377]

L'heure est grave, il faut absolument organiser l'insolvabilité. Les Légionnaires du Christ on trouvé la recette (cf. Pandora Papers), il suffit de faire comme eux. Il faut créer des trusts à l'étranger pour un fond de pension et faire en sorte que l'argent ne puisse en aucun cas en sortir, puis promptement faire un virement de plusieurs centaines de millions quand ça commence à sentir le roussi.
images/icones/3c.gif  ( 934470 )... pour les vautours à l'affût par Tryphène (2021-11-28 22:07:07) 
[en réponse à 934414]

qui tentent de profiter de la confusion générale entretenue par ce rapport à la méthodologie douteuse, effectivement ça sent le roussi
images/icones/bravo.gif  ( 934366 )Ils ont parfaitement le droit et pour une fois que cette "académie" par JVJ (2021-11-27 09:09:50) 
[en réponse à 934345]

sert à quelque chose...

Sur le peu de sérieux qui établit les 300 000 victimes, c'est l'évidence.
Je n'ai pas lu leur texte. J'espère qu'il est aussi question des gens consultés, des sociologues douteux et qui étaient des gauchistes pour certains fort hostiles à l'Eglise.

Je n'ai entendu aucun évêque remettre en cause ce chiffre, sauf erreur (et pour cause, si j'ose dire, car tout évêque est solidaire du monstre créé pour suppléer le laxisme ecclésial depuis des décennies).

Je me suis toujours interrogé sur cette "académie" qui sert un peu à meubler de temps à autre les Bernardins.
Qui a entendu ces derniers temps l'académicien Dagens ? C'est bien la peine d'être bardé de diplômes, d'avoir rédigé un rapport qui se voulait prophétique et d'avoir coulé un diocèse...

Il se trouve dans cette "académie" des gens de grande valeur, qui ne lisent pas uniquement La Croix ou qui ne sont pas des adorateurs de François. Je crains qu'ils ne soient pas dupes de la capacité papale à enrayer la politique erratique et défensive de la CEF.
images/icones/livre.gif  ( 934467 )Publié ici par la Nef par Tryphène (2021-11-28 22:01:21) 
[en réponse à 934345]

« Huit membres éminents de l’Académie catholique de France ont envoyé au nonce apostolique et aux évêques de France une analyse critique du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE). Ce texte n’était pas destiné à la publication, mais La Croix et Le Monde en ont présenté un compte rendu qui le rend de facto public. Afin que chacun puisse se faire une opinion et juger sur pièce, nous publions intégralement cette analyse qui nous semble de première importance.»Académie catholique de France
images/icones/fleche2.gif  ( 934490 )C'est quoi un membre "éminent" ? par André (2021-11-29 01:01:31) 
[en réponse à 934467]

Jean-Marc Sauvé est également membre de l'Académie catholique, mais sans doute pas assez éminent pour que les vrais éminents aient un débat avec lui sur les conclusions de son rapport ; la façon de faire avec un pas-éminent est apparemment de torpiller dans son dos sa visite à Rome en passant par le nonce. Ce document n'engage donc que les huit éminents. Quant aux démissionnaires, leur geste prouve a posteriori, si besoin était, qu'ils n'étaient pas éminents. Fastoche.

Sinon, les vautours à l'affût dont vous parlez, je suis curieux. Ce serait les dangereux psychopathes sur cette photo ?
images/icones/mitre4.png  ( 934573 )Mgr de Moulins-Beaufort répond aux critiques par Polydamas (2021-11-29 19:57:00) 
[en réponse à 934345]

... dans une tribune. On comprend bien, vu le silence et les couvertures qui ont eu lieu dans l'Eglise, qu'il ne peut pas dire autre chose, sous peine de voir les victimes l'attaquer avec violence. Cependant, il est quand même possible de lui dire que l'aspect systémique et institutionnel est tout de même bien différent si on parle de 330 000 victimes, 28 000 ou 5 300.
Cela dit, les critiques ne sont nullement obligées de se sentir contraintes par ces faits et peuvent tout à fait discuter la cohérence des chiffres sans être accusé de faire le jeu des pédocriminels.

Quant à la dimension systémique, on ne voit pas bien en quoi elle serait indispensable pour comprendre ce qui s'est passé, quand l'Irlande et les Etats Unis ont très bien pu indemniser les victimes sans utiliser ce concept venu de l'extrême gauche.



La discussion que suscite l’analyse critique du rapport de la Ciase rédigée par un groupe de travail de l’Académie catholique de France en est malheureusement le signe. Le plus triste est que les premières personnes qui risquent d’en être atteintes sont les personnes victimes. C’est à elles que je pense en rédigeant ce texte, comme au « petit enfant qui pleure silencieusement dans une église ».

La doctrine de l’Église condamne ces actes

Il importe de comprendre que ce n’est pas tant face aux chiffres accablants établis par la Ciase et que discutent certains que les évêques se sont décidés à assumer la responsabilité institutionnelle de l’Église et à parler de dimension systémique. Ces chiffres ont été pour nous une indication. C’est en écoutant les personnes victimes, celles dont la Ciase a recueilli le témoignage, celles que nous rencontrons, les uns et les autres, depuis des années, que nous avons avancé. C’est en nous plaçant devant le Seigneur.

Des prêtres ont commis des actes de violence et d’agression sexuelle contre des mineurs, des prêtres se sont rendus coupables d’actes d’emprise spirituelle, en trop grand nombre pour que nous puissions considérer cela comme un phénomène marginal. Bien sûr, l’Église n’a jamais fait la promotion de tels actes ni de tels comportements. Sa doctrine les condamne fermement.

(...)

Une reconnaissance sans précaution juridique ou économique

Mais nous nous sommes décidés comme pasteurs, responsables de l’Église et de sa mission reçue du Christ, à reconnaître sans précaution juridique ou économique la responsabilité de l’Église, parce que du mal a été commis par des ministres du Christ et que des êtres humains en ont été affectés dans la profondeur de leur corps, de leur âme et de leur esprit.

Ce mal, de plus, a été redoublé par l’incapacité globale du corps ecclésial ou de la société ecclésiale de le repérer, de le comprendre, d’y prêter attention, de le dénoncer. Il y a eu une faillite de l’institution dans l’écoute, l’accompagnement, la protection des plus petits et des personnes victimes. Or, le Christ n’a pas fondé l’Église pour qu’elle soit une institution de plus, soucieuse de se protéger elle-même au détriment de celles et ceux qui pourraient souffrir.

Le Seigneur a fondé l’Église pour que la vie soit donnée aux humains, la vie en abondance. Nous, évêques, à travers les décisions prises à Lourdes et par la mise en place de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, avons fait le choix de servir la vie.

Nous l’avons fait, c’est indéniable, en ressentant la forte attente qui pesait sur nous, de la part des fidèles et de la part de la société, mais nous l’avons fait surtout devant le Seigneur et pour lui, pour celles et ceux qui souffrent à cause du dévoiement de ce qu’il a remis entre nos mains et pour tous les fidèles, inquiets de voir leur Église passer pour une institution sans cœur ni Esprit.

Un travail que nous devons prendre au sérieux

D’autre part, si des experts et des scientifiques peuvent toujours discuter de leurs méthodes et de leurs résultats, nous, évêques, avons reçu les conclusions de la Ciase pour ce qu’elles sont : un travail que nous devons prendre au sérieux et qui désigne des chemins de renouvellement possibles pour notre Église. M. Sauvé avait conclu sa présentation du 5 octobre par le mot « espérance ». Nous sommes heureux, comme pasteurs, d’emprunter ces chemins qui répondent aussi à l’appel du Saint-Père à mettre en œuvre de manière résolue la dimension synodale consubstantielle à l’Église.
(...)

images/icones/ancre2.gif  ( 934584 )Mauvais vocabulaire ! par Paterculus (2021-11-29 21:18:29) 
[en réponse à 934573]

Monseigneur de Moulins-Beaufort parle de chiffres établis par la CIASE. Or il s'agit d'estimations. Ils sont avancés, proposés, mais certainement pas établis.

En plus comment parler d'un problème systémique, quand plus de 97 % des prêtres n'ont rien à voir avec le problème ? Le problème est un problème de l'épiscopat, qui à partir d'un certain moment n'a pas nommé des prêtres vraiment aptes au discernement dans les séminaires, ont laissé enseigner que la morale traditionnelle devait être reconsidérée, et a renoncé à punir les fautifs.

Enfin pourquoi dire "des prêtres se sont rendus coupables d’actes d’emprise spirituelle" comme si aucun évêque ne l'avait fait ? J'y ai déjà fait allusion.

Votre dévoué Paterculus