Le Forum Catholique
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( 915870 )
Que penser d'un prêtre qui se fait incinérer ? par JVJ (2021-04-20 10:23:57)
Je sais que dans certains pays asiatiques, par faute de place (et nos cimetières de campagne autour des églises expédient les tombes à tour de bras, même après cinq ans...), obligent à l'incinération, quelle que soit la religion du mort.
Je sais que l'Eglise a autorisé et permet du moment que cela n'implique pas une négation de la Résurrection (mais on se souvient des sondages de La Croix disant que X % de catholiques ne croient pas en l'Incarnation, x % en la présence réelle, etc...).
Je regarde tous les matins les avis de décès d'un département : il y avait, disons il y a dix ans, une incinération, une inhumation civile et 8 cérémonies religieuses (dans un diocèse où deux évêques ont supprimé de facto la messe aux enterrements et aux mariages, seuls deux curés puis un - je crois - disent des messes s'il le juge opportun). Aujourd'hui, je vois, surtout à cause du covid qui n'a rien arrangé dans l'expédition des funérailles catholiques, désormais moitié d'obsèques dans l'intimité (l'évêque a mis les points sur les "i" en disant que les obsèques catholiques étaient publiques) et quelques jours, les incinérations dominent, comme les obsèques civiles.
Vous savez que l'histoire des obsèques m'est chère et que je suis atterré de voir des batteries de laïcs en mission qui "président" les obsèques, surtout quand un curé, encore jeune, pourrait les faire. Mais pas de messe, pas de sacrement, donc pas besoin de prêtres. Or l'Eglise qui pratique cela facture tout de même les obsèques pour une messe ultérieure ! Quand un député trépasse, on lui envoie un prêtre. Quand des grands dépravés meurent à Paris, ils ont droit au grand jeu et à des obsèques de première classe.
Depuis la sacro-saint concile, on ne devrait pas faire d'obsèques de classe. Or dans les diocèses où les laïcs sont enterrés à la va-vite (et dans vingt ans tout le monde s'en moquera, le problème sera réglé !), seuls les prêtres et l'évêque ont encore "droit" à la messe. Tiens, tiens !
Un ami prêtre très proche de la Tradition voulut ne pas avoir de messe par solidarité avec les laïcs empêchés. Naturellement ses volontés ne furent pas respectées. Celui qui prêcha, un nul qui n'était nullement son ami, a pu dire que la foi de ce prêtre était tourmentée (oui, et alors ?), et qu'il disait encore son bréviaire en latin. Dégoûtant.
Je reviens à ma question initiale.
Je lis ce matin dans le journal qu'un prêtre de 93 ans sera incinéré pour être inhumé, au lieu même où l'évêque (excellent et paternel au possible avec ses prêtres) viendra dire la messe des funérailles.
L'évêque n'est pas en cause, mais les volontés du défunt.
On les respecte dans ce cas, mais pas quand une pauvre paysanne demande une messe (alors qu'il y aura un prêtre à ses obsèques) ou le Magnificat quand le cercueil s'en va.
Si un théologien les deux pieds dans l'année 2021 (et pas 1930) pouvait répondre ?
Du moment que cela se pratique aux Philippines, pourquoi pas en France ?
Pour ma part, c'est non et lamentable.
Je considère aussi que l'incinération est un second traumatisme affligé aux survivants.
J'ai vu des familles (pas croyantes) ramener dans le coffre l'urne du père, avec les filles sur le siège arrière...
Cela posera aussi des questions dans les successions.
Jean d'Ormesson a eu un futur évêque (et un excellent évêque) pour officier à ses obsèques, mais ses cendres ont été dispersées à Venise. Il me semblait (mais je n'ai pas de texte devant les yeux), que l'Eglise autorisait la crémation à la condition de ne pas nier la Résurrection des corps (allez le demander au mort !!!) et que les cendres étaient ensuite enterrées. Je peux me tromper.
Cela ne m'amuse pas de marcher près des jardins du fameux souvenir. Encore une expression de novlangue bien à gauche.
Le prêtre en question est de la Mission de France, l'un des derniers... Il avait été à la pointe de la défense de Mgr Gaillot dans son diocèse. Mais je crains que l'incinération des prêtres ou de religieuses ne soit devenue une pratique qui relève du for interne, et que tout peut se faire de nos jours.
On a aussi nos farfelus et nos rouges hors de la Mission de France (qui veut évangéliser dans les banlieues au contact du prolétariat importé ?).

( 915874 )
Pitoyable par AVV-VVK (2021-04-20 10:41:47)
[en réponse à 915870]
Je lis de nombreux avis de décès qui mentionnent l' incinération de prêtres et de religieux ou religieuses, et évidemment de laïcs. Une pratique légitime mais déplorable. Mgr Léonard (B) a souligné jadis en vain la beauté de l' enterrement.
Un point "positif": l' interdiction de ramener l' urne chez soi. Mais la réalité est autre...

( 915880 )
Que voulez-vous savoir exactement ? par Meneau (2021-04-20 11:11:07)
[en réponse à 915870]
Si l'Eglise a interdit par le passé l'incinération, c'est effectivement parce qu'elle est susceptible d'émousser la croyance en la résurrection des corps et le "culte" (je fais court - prières pour les âmes du purgatoire, etc) des morts.
Mais il est égal pour Dieu de ressusciter un corps incinéré ou un corps mangé par les vers. Il est omnipotent.
Comme je ne suis pas uniquement "les 2 pieds en 1930" (la sacramentalité de l'épiscopat, c'est Vatican II

...), un texte officiel de 2016 de la CDF à ce sujet à lire
ICI.
Cordialement
Meneau

( 915884 )
En une phrase alors : par JVJ (2021-04-20 11:16:15)
[en réponse à 915880]
est-ce qu'un prêtre qui demande à se faire incinérer pour que son urne soit déposée sur une tombe (de sa mère en l'espèce) le fait légitimement ou pas ?
C'eut été impensable il y a même dix ou vingt ans, non ?
Je l'aurais bien vu à des réunions de crématistes qui remplacent le club tupperware ou les équipes du Rosaire pour des dames âgées qui s'ennuient.
Connaissez-vous un seul cas de prêtres traditionnels ou d'un pape qui se soit fait incinérer ?
Avec votre raisonnement, Dieu peut aussi ressusciter celui qui va se faire congeler, se faire disparaître sous l'eau en pression ou dans de l'acide...
L'urne ne doit-elle pas être par ailleurs enterrée et non scellée à la surface ?

( 915889 )
Réponse à votre "unique" question par Meneau (2021-04-20 11:31:52)
[en réponse à 915884]
Lisez le document de la CEF, vous y trouverez bon nombre de réponses.
est-ce qu'un prêtre qui demande à se faire incinérer pour que son urne soit déposée sur une tombe (de sa mère en l'espèce) le fait légitimement ou pas ?
Du moment que les cendres sont dans un cimetière, ce qui permet le culte des morts et la croyance en l'attente d'une résurrection, la CDF l'accepte, même si elle ne le recommande pas.
C'eut été impensable il y a même dix ou vingt ans, non ?
Certes
Connaissez-vous un seul cas de prêtres traditionnels ou d'un pape qui se soit fait incinérer ?
Non
Avec votre raisonnement, Dieu peut aussi ressusciter celui qui va se faire congeler, se faire disparaître sous l'eau en pression ou dans de l'acide...
Oui, Dieu peut tout. Dans le cas de la congélation, il faudrait néanmoins s'interroger sur l'intention qui préside : est-ce en tant que mort dans l'attente de la résurrection des corps, ou est-ce dans l'espoir d'une hypothétique "réanimation" dans le vie terrestre lorsque la science le permettra, auquel cas il y aurait un problème.
L'urne ne doit-elle pas être par ailleurs enterrée et non scellée à la surface ?
Pas de prescriptions en la matière. Tant que l'urne est inviolable, je ne vois pas le problème.
Cordialement
Meneau

( 915894 )
Même si Meneau ne voit pas le problème d'une urne par JVJ (2021-04-20 11:58:03)
[en réponse à 915889]
scellée...
Fichtre.
Alors que la mise en terre ou dans un mur est... traditionnel !
Je sais parfaitement que nos cimetières n'ont pas toujours existé, n'ayez crainte, comme leur dimension sacrée. Mais à tout déconstruire, on ne sait plus où l'on est.
Je dois être encore plus tradi et borné que vous, finalement.
Boniface VIII a interdit la dilaceratio corporis, mais donna des autorisations. Les autres papes l'autorisaient, le coeur ici, le corps-là. Un évêque d'Avranche en 1520 fit même couper sa tête ! Saint Louis a été bouilli dans du vin à Tunis pour récupérer uniquement les os, les intestins sont moins importants...
Je connais cela par coeur et plus rien ne me choque.
Ce qu'un pape autorise, un autre peut le défaire.
Otto de Habsbourg a demandé que son coeur soit, dans la grande tradition des sépultures multiples des Grands, déposé dans une abbaye hongroise, pendant que le corps allait dans la crypte des Capucins.
Des Capucins en Italie faisaient défiler les gens, pour méditer sur la mort, dans leurs cryptes où l'on voyait des crânes, des corps d'enfants embaumés...
Nos sensibilités changent...
Je suis un vieux c... alors de penser que c'est une misère de voir un prêtre se faire incinérer. Tout n'est pas dans le catéchisme ou les instructions romaines. Forma mentis, subjectivité de nos tempéraments... Je plaide coupable. On a bien avalé la sécularisation de nos cimetières en 1905.
Un jour, Meneau me dira qu'un prêtre a bien le droit d'être inhumé au-dessus de sa maîtresse ou dans le carré musulman (belle atteinte aux cimetières sécularisés !), car cela ne s'oppose pas à la Résurrection.
Comme Charasse refusa d'entrer dans les églises, je n'irai jamais dans un crematorium ou des obsèques civiles. Les obsèques présidées par des laïcs dans les églises me posent un vrai cas de conscience, surtout quand cela concernera de grands amis ou des parents proches. On ne m'imposerait pas cela pour moi ou les miens. Plutôt des obsèques civiles. Mais nous sommes beaucoup ici à avoir des amis prêtres prêts à faire 400 km pour nous enterrer, à condition aussi que le curé ou l'évêque du coin acceptent leur présence, une messe etc.
On fera cela dans une grange s'il le faut ou dans un champ s'il y a du monde et s'il fait beau.
Le tradi qui a sa chapelle en ville ne se pose pas ces questions, et devrait penser aux pieux chrétiens qui n'auront pas le choix. Pensez aux vieux dont les enfants, mécréants, refusent même de demander des obsèques chrétiennes. Cela existe.

( 915897 )
Ouais... passons... par Meneau (2021-04-20 12:11:30)
[en réponse à 915894]
Je dois être encore plus tradi et borné que vous, finalement.
A voir... Et surtout s'interroger sur les raisons...
alors de penser que c'est une misère de voir un prêtre se faire incinérer.
Je partage, c'est une misère !
Un jour, Meneau me dira qu'un prêtre a bien le droit d'être inhumé au-dessus de sa maîtresse ou dans le carré musulman (belle atteinte aux cimetières sécularisés !), car cela ne s'oppose pas à la Résurrection.
Eh non, jamais je ne dirai ça. Vous extrapolez un peu vite.
Cordialement
Meneau

( 915888 )
Merci, j'avais oublié que j'avais lu ce texte... par JVJ (2021-04-20 11:28:58)
[en réponse à 915880]
Je l'ai relu grâce à vous et c'est clair.
On peut tout donc faire, mais pas comme Jean d'Ormesson (allô Mgr de Nanterre ?!) et Jean Gabin, nourrir les petits poissons.
Cela dit, un admirateur de ""Mgr"" Guérard des Lauriers produira un bouquin de 400 pages pour prouver le contraire, que ce texte ne dit pas ce qu'il dit... Et expliquera que les prêtres ne sont pas "totalement" inclus dans l'expression "les chrétiens", et que dès lors etc.
Et qu'enfin, cette instruction n'a aucune valeur, que saint Pie X ne l'a pas signée, que le cardinal Pie avait dit le contraire en prêchant dans l'église de Trupou, que ce cardinal a été créé par un antipape et qu'il est donc anticardinal, etc.
J'attends de voir la première incinération d'un pape ou d'un évêque...
A Orléans on a eu droit aux obsèques inter-religieuses du "Père" de Givenchy dans l'église... Ste-Jeanne d'Arc (béton, consacrée par Riobé au milieu des quartiers qui aujourd'hui hum hum). L'évêque d'alors qui est toujours le même eut dans sa sagesse (enregistrez bien cette phrase...) la prudence de ne pas y assister.
Ce prêtre avait une foi unitarienne. Cherchez sur google, vous verrez.
Le sénateur socialiste (qui veut légiférer justement sur les cimetières et les cérémonies civiles à faire dans des salles), catholique selon ses dires, était ami avec ce prêtre, évidemment.
Il logeait dans le presbytère qui jouxte l'église traditionnelle. Le dimanche on pouvait voir des filles voilées suivre des cours de je ne sais quoi en sortant de la messe. A part cela, tout va bien.
Mgr Fort, ami de la Tradition, n'a jamais embêté ledit Givenchy ni demandé des comptes sur sa foi hérétique (négation de la Trinité, tout de même). Et un autre évêque cherchera des poux à des prêtres qui font ceci ou cela, parfaitement en conformité avec les usages et la foi de l'Eglise...

( 915891 )
Bon... par Meneau (2021-04-20 11:36:46)
[en réponse à 915888]
Là, vous divaguez (au sens où vous partez dans toutes les directions). On est d'accord ?
(je n'ai pas besoin de de Google pour savoir ce qu'est un unitarien)
Quant à attendre l'incinération d'un évêque ou d'un pape, j'ose espérer que ce n'est pas pour demain et qu'ils continueront à se plier à ce que recommande l'Eglise. Mais bon, avec François, on est à l'abri d'une bonne surprise...
Cordialement
Meneau

( 915882 )
L’Église n’arrête pas de descendre ! par Athanase (2021-04-20 11:12:51)
[en réponse à 915870]
Tout est dans le titre.

( 915890 )
Si c’est dans le journal par XA (2021-04-20 11:35:57)
[en réponse à 915870]
Pourquoi ne pas citer la source, le prêtre concerné... et l’évêque, si bon et merveilleux?
XA

( 915893 )
Parce que c'est un exemple qui tombe par JVJ (2021-04-20 11:47:18)
[en réponse à 915890]
et qui a de toute évidence des précédents.
L'évêque est très bien, oui, oui. Je n'ai pas envie qu'il reçoive des mails ou des courriers incendiaires ou injustes de tradis qui vivent dans les marges des diocèses.
XA comprendra donc quelque discrétion.
J'en profite pour rappeler aux admirateurs du Père Guérard des Lauriers qu'il faudra se soucier de sa concession, parce que les concessions perpétuelles disparaissent ou seront supprimées, et la mairie cherchera des parents ou mettra un piquet informatif au pied de la tombe.
Le prêtre n'est par ailleurs pas encore brûlé, puisqu'il ne sera pas enterré...
Ceux qui me connaissent savent tout de suite de quel département je pourrais lire chaque matin le journal, comme je l'ai écrit.
Je posais la question, car c'est la première fois qu'en France j'entends parler d'une incinération d'un prêtre. Je connaissais le don du corps à la science.
Et si cela se trouve, grâce au lien de Meneau, il n'y a aucun problème, seulement une rupture dans nos pratiques. Il y a bien des prêtres et des évêques, et même des papes, qui ont un compte tweeter, ce que la Tradition n'avait jamais préparé à faire, ou qui passent un temps fou sur internet...
Tout arrivera, donc.

( 915960 )
Si la CEF l'autorise, il n'y a donc pas de problème... par Ptitlu (2021-04-20 21:47:25)
[en réponse à 915890]
A dire qu'il s'agit de :
LOUVEMONT
Victor VAMPOUILLE ;
Et toute notre famille,
vous font part du décès survenu à l'hôpital de Saint-Dizier, dans la nuit du 17 avril, dans sa 93e année du
Père
Jean VAMPOUILLE
Prêtre de la Mission de France
Ses obsèques religieuses seront célébrées mercredi 21 avril 2021, à 10 h 30, en l'église de Louvemont, par une messe présidée par le Père Joseph De METZ NOBLAT, Évêque de Langres.
L'urne contenant les cendres de Jean sera scellée sur la tombe de sa maman, mercredi 21 avril, à 18 h, au cimetière de Louvemont.
P.F. VUILLAUME "Le Choix Funéraire"
Fleurs naturelles
Funérarium de Wassy
https://www.dansnoscoeurs.fr/jean-vampouille/3357909

( 915962 )
[liens avec Mgr Gaillot] par Ptitlu (2021-04-20 21:51:29)
[en réponse à 915960]

( 915986 )
Le journal rappelle ce jour que ce prêtre par JVJ (2021-04-21 11:28:45)
[en réponse à 915870]
fut, à supposer que le journal dise vrai..., président de la ligue départementale des droits de l'homme, membre du parti socialiste et candidat aux cantonales en 1985.
L'article est élogieux, en page 2, car l'ancien patron du journal lui demandait de dire la messe annuelle à une sauterie nationale des chasseurs, soutenue par ce journal, avant la bénédiction des chiens. Pourquoi pas pour cette messe, d'ailleurs. D'ordinaire, le prêtre mort a droit à un article à l'endroit où il résidait ou il sera enterré.
Un journal, censé représenter une opinion qui au demeurant n'existe pas, serait moins melliflu si un prêtre avait adhéré à un autre parti, j'en suis certain. Et je croyais que les prêtres ne pouvaient plus faire de politique ? (je sais que des moines siègent au conseil municipal, par exemple à Fontgombault)
Quand un prêtre en vient à adhérer à la ligue des droits de l'homme au lieu de rester dans son créneau. Il était un grand défenseur de l'ancien vicaire général né à St-Dizier près de chez lui, Jacques Gaillot. On peut comprendre l'amitié, mais de là ensuite à s'en prendre à Jean-Paul II et au cardinal noir (je l'ai lu dans leurs tracts pour parler du cardinal Gantin). Certaines messes étaient introduites par la lecture de ces tracts. Gaillot grenouillait avec des gens très très loin de l'Eglise et en devenait l'instrument utile.
On a eu aussi des prêtres de la Mission, membres de la CGT et du PC.
J'ai lu, sur la recommandation ici de Luc Perrin, le livre de Cesbron nous parlant de ces prêtres, qui, de fait, ont eu leur mérite et leur raison d'être. Les taudis de nos villes d'après-guerre devaient aussi être évangélisées et l'Eglise se devait d'être cet hôpital de campagne, d'accord.
Ce prêtre est resté prêtre, d'autres sont partis. Mais le cocktail est vraiment douteux, à moins que l'on tolère des prêtres adhérents à des partis symétriquement opposés au PS et au PC, des prêtres qui président les amis de Maurras ou de Sixte-Henri de Bourbon-Parme...
Quand un évêque appelle - comme si on allait lui obéir ! - à voter Macron plutôt que Le Pen, c'est le même engagement politique déplacé. On va encore rire l'an prochain. Fillon / Le Pen, certains évêques ou journaux dits catholiques n'auraient pas osé choisir...
J'ai une amie âgée, très conservatrice et catholique observante, qui fut incinérée à sa demande. Nous sommes tombés de haut et je trouve qu'il y a tout de même quelque chose de vicié dans cette demande qui n'aurait eu aucun sens il y a 20 ans. Il y a comme une peur de la putréfaction et une volonté de maîtriser le sort de son cadavre après sa propre mort.
Ptilu : je ne vous demande pas de faire des recherches. Cet exemple peut servir pour d'autres.

( 915999 )
Des liens de Mgr Gaillot avec des gens très éloignés de l'Eglise par Ptitlu (2021-04-21 16:40:45)
[en réponse à 915986]

( 916016 )
Le feu par Rothomagus (2021-04-21 20:36:31)
[en réponse à 915870]
Traditionnellement, le bûcher est pour les hérétiques et les sorcières !
Avant goût des flammes de l'enfer, peut-être.
L'idée qu'on puisse brûler un prêtre défunt est abominable, encore plus que pour un simple fidèle.
Quant à la CEF, c'est toujours le même problème. Ils courent après les modes du temps. Ceux qui font ça sont rarement prescripteurs de modes ou de normes sûres.
De bergers, nos pasteurs deviennent brebis grégaires. Certaines sont égarées, mais là c'est un troupeau entier qui dévale la montagne vers le précipice...
Ils agissent dans un esprit de rupture, et de moins en moins dans un esprit de transmission, de tradition. En conséquence à chaque fois la légitimité et la crédibilité de l'Eglise est entachée par leurs actes :
si une règle ou une norme d'hier était bonne, et qu'elle devient proscrite aujourd'hui, ou encore si ce qui était mauvais hier devient permis... alors la règle est aléatoire, c'est l'anarchie de la norme de l'Eglise et de la morale. On peut bien faire ce que l'on veut puisque tout change tout le temps ! C'est comme ça qu'on met en grave péril l'âme du catholique.
Voilà aussi pourquoi (parce qu'il s'agit d'une digue supplémentaire qui saute) la crémation ne peut être approuvée.
Quant à la description de votre campagne, ce diocèse semble en bien piteux état. Il serait grand temps qu'une mission de la FSSPX vienne remonter tout ça, et du moins créer une concurrence solide qui tirera un peu tout le monde vers le haut.

( 916017 )
ce n'est pas la CEF, mais Rome qui a donné une instruction ! par JVJ (2021-04-21 20:43:07)
[en réponse à 916016]
Je ne connais pas de diocèse qui aille bien, peut-être Toulon-Fréjus ?
Je suis très oecuménique et estime que mes plus proches frères chrétiens sont ceux de la FSSPX !... Ils ont la jeunesse dans le grade des séparations et je le dis sans animosité aucune.
Je ne suis pas certain que c'est en donnant des paroisses à des instituts traditionnalistes exclusifs que les choses iront de mieux en mieux. Ce serait beau d'y croire, mais la réalité est là.
Le clergé séculier est d'un courage phénoménal et se tue à la tache pour des profits fort modestes. Je pense aux prêtres solides, les autres ne croient plus en leur Sacerdoce et parmi eux, quelques évêques depuis les années 70, surtout en France, en Belgique, même en Allemagne.

( 916018 )
En parlant d'oecumenisme... par Rothomagus (2021-04-21 20:59:45)
[en réponse à 916017]
On pourrait dire aussi, qu'avec cette tolérance de l'incinération, l'Eglise catholique tend à piétiner les voies de rapprochement avec l'orthodoxie. Et, qu'en ce sens, ses représentants sur Terre n'adaptent pas leurs actes à leurs paroles. L'incinération est anti-oecuménique, il n'y a donc aucune raison que même nos modernistes la soutiennent !

( 916020 )
Vous savez qu'aux Philippines je crois par JVJ (2021-04-21 21:08:47)
[en réponse à 916018]
l'incinération dans les villes est une obligation en raison du manque de places. Les pauvres squattent dans les cimetières.
On se rapproche plus des courants libéraux des protestants que des orthodoxes (les vrais détestent Rome, soit dit en passant...).
Vous savez que le célibat de nos prêtres interroge les orthodoxes les plus ouverts...
Les séminaristes attendent de se marier avant de recevoir l'ordination.
J'aime et connais bien Rouen, et y habitent de grands amis, dont le plus grand spécialiste des chanoines et des évêques des XIIIe-XVe s. (qui a fait sa thèse sur le chapitre de Rouen d'ailleurs...). Le directeur-adjoint des archives départementales vient de partir pour... Monaco. Changement de climat et de salaire.

( 916025 )
Justement par Rothomagus (2021-04-22 00:32:26)
[en réponse à 916020]
Même si les temps ont changé partout, l'archidiocèse de Rouen a, de mon point de vue, moins souffert que les autres quant à la déliquescence générale du clergé, aussi dans les campagnes, cela tient beaucoup à une certaine sagesse des évêques successifs, dont la bonhomie l'a emporté sur le dogmatisme conciliaire. Notamment dans les campagnes assez réfractaires au changement, du moins à ce moment-là. Et nous avons encore quelques gardes suisses, oui !
J'y vais souvent encore mais n'y vis plus depuis quelques années, me voici sans évêque dans l'Orne. Dans une campagne catholique qui sait encore ouvrir ses églises et s'est fait depuis longtemps au manque de prêtres. Cette année, le maire d'une petite commune entretenant son église scrupuleusement a réclamé une Messe mensuelle. Un professeur de musique nouvellement arrivé jouera de l'orgue. Difficile à accorder semble-t-il pour des curés un peu débordés.
La seule situation réellement mauvaise en Normandie c'est Evreux et l'oppression systématique de toutes les poches d'un catholicisme rural traditionnel. Pourtant, ils n'avaient pas de quoi se le permettre.
Pour revenir au sujet, on savait enterrer une masse de morts autrefois dans des villes aux cimetières restreints. Je me souviens avoir lu que le niveau du sol de tel cimetière avant la Révolution, clos de murs, était très supérieur au niveau de la rue, du fait des enterrements successifs au fil des siècles !
Quant à la multiplication des incinérations, l'offre a un peu créé le besoin. Et la radinerie de certaines familles a fait le reste. Longtemps, à part le crématorium du Père Lachaise, il n'y avait strictement aucune possibilité d'incinérer. Puis lorsqu'une grosse entreprise commerciale de pompes funèbres a commencé à multiplier les sites ces dernières années, mécaniquement la sauce prend. C'est comme les funérarium ou chambres funéraires, encore rares il y a peu.
L'autre frein d'alors : les cimetières et leurs règlements. Rien n'était prévu. Ils ont fait une politique de démarchage discrète mais efficace pour aider à les modifier, et proposer des aménagements de sites (columbarium, jardins du souvenir etc) jusque dans les campagnes désormais. Ca marche semble-t-il.
A mon sens, le nombre de crémations devrait stagner un jour prochain. Tous ceux qui y ont déjà assisté une fois ne veulent pas y passer aux mêmes. La question du bruit du four crématoire (oui, ça s'appelle comme ça techniquement) n'est pas encore complètement réglée, ça peut créer un certain traumatisme.
Enfin, rassurez-vous ,tout le monde n'a pas accepté la mixité dans les cimetières. Surtout ceux enclosant des églises, mais nous devons le supporter hélas. Et là, l'Eglise n'y est pour rien, c'est la loi de l'Etat qui l'emporte.

( 916036 )
Avez-vous connu le dernier curé d'Ecouis ? par JVJ (2021-04-22 10:10:25)
[en réponse à 916025]
J'avais signalé ici sa mort et la tenue de sa collégiale. On pouvait manger par terre. Il est mort dans sa sacristie où il faisait le catéchisme. Un curé charmant, solide, joyeux, col romain et chemise noire. Il m'avait dit que Mgr Gaillot le laissait tranquille et était plutôt souple. J'ai eu aussi d'autres échos de mon compatriote langrois. Cet évêque se f... des positions des uns et des autres, se prenait pour un évêque des Français, ne chantait pas avec le choeur pour reprendre Mgr Duval. Il était certainement plus affable que bien d'autres. J'ai assisté à un baptême qu'il fait dans la commune de Fabius. Au repas, il avait des ballons sur la tête et faisait le service... J'ai connu le vicaire de son enfance à qui il servait la messe et il en disait beaucoup de bien, très pieux, observant, bien éduqué par sa maman à St-Dizier.
Nos anciens cimetières arrivaient à "tourner", car il y avait peu de tombes en dur ! Les plus riches avaient une dalle, mais c'était rare avant 1800 dans le cimetière. Du coup, on virait les croix de bois ou de fer, et les os se mélangeaient. On ne faisait pas de caveaux (belle illusion de croire que les corps seront respectés dans un siècle...).
Les concessions perpétuelles sont interdites (sauf peut-être les cimetières militaires...).
Il y a des livres passionnants sur les cimetières depuis deux siècles.
Graham Greene fait incinérer son personnage converti au catholicisme à Londres, dans "The end of the affair". Je n'ai pas compris pourquoi.
Ne me dites pas que l'ancien archevêque de Rouen était intéressant. Transparent, oui.

( 916062 )
Hélas non par Rothomagus (2021-04-22 23:28:16)
[en réponse à 916036]
encore un bon prêtre qui est parti, à vous lire. J'ai su qu'il avait inhumé une grand-tante qui vivait là-bas, mais ça remonte trop loin pour que j'en garde un souvenir bien marquant.
C'est une génération et toute une époque qui est désormais partie. Ca devait être du temps où l'abbé Montgomery, du côté de Broglie, était encore vivant. Monseigneur Lefebvre peut-être aussi, par ailleurs.
L'Eglise de France était agitée par ces résistances. Avant qu'elle ne sombre dans l'indifférence de la population.
Au Nord de la Seine (du bon côté de l'eau), nous avions encore des prêtres et mêmes des chanoines du chapitre de la cathédrale qui n'ont jamais lâché leur soutane, ce même jusqu'après le départ de Mgr Duval. Je pense bien qu'ils sont tous morts aujourd'hui. Les derniers ayant dû partir au tournant des années 2010.
On tiendra bien, et il y aura encore de bons prêtres, mais il faut bien se dire que ce ne sera plus ceux d'avant.
Bon, je vais lire un article sur le virus chinois, ce sera toujours moins déprimant que de comparer le passé à l'avenir !

( 916067 )
Abbé Jacques, mort en décembre 2018 par JVJ (2021-04-23 09:59:30)
[en réponse à 916062]
FC
Je ne dirais pas sérieusement en théologien apprenti que Dieu a voulu que ce curé trépasse dans sa sacristie alors que ses paroissiens l'attendaient dans la nef.
Mais l'apprenti poète lecteur de Barbey d'Aurevilly se plaît à le croire.
Formidable rencontre avec ce curé, découvert par hasard, car il habitait dans son presbytère. Nous revenions de Rouen...

( 916068 )
Et video sur la collégiale d'Ecouis que je signalais déjà par JVJ (2021-04-23 10:02:22)
[en réponse à 916062]

( 916029 )
J'allais le dire par Gaius (2021-04-22 07:01:37)
[en réponse à 916016]
Traditionnellement, le bûcher est pour les hérétiques et les sorcières !
Preuve que la crémation a été pratiquée à large échelle dans les pays chrétiens, y compris pour les hérétiques convertis et les sorcières innocentes. Le cas de ce prêtre, brûlé post mortem est-il plus triste que celui d'Urbain Grandier brûlé vif?

( 916022 )
C'est triste par Candidus (2021-04-21 21:25:07)
[en réponse à 915870]
C'est déplacé, mais il y a des choses plus graves et, de ce que cela indique de ce prêtre, je ne pense pas que nous perdrons des reliques de 1ère classe.

( 916060 )
Ce que j'en pense... par Sacerdos simplex (2021-04-22 21:57:56)
[en réponse à 915870]
Déjà, la question "Que penser d'un prêtre qui..." gagnerait à être précisée :
il s'agit plutôt de "que faut-il penser de la décision de ce prêtre...".
On ne juge pas le prêtre, mais ses actions, décisions etc.
Nous serons jugés comme nous aurons jugé les autres : "Ne jugez pas et vous ne etc...".
Vous serez traités comme vous aurez traité les autres.
"Père, pardonne-leur, car..." : non seulement Jésus ne les critique pas et ne se plaint pas, non seulement il prie pour eux, mais il plaide les circonstances atténuantes !...
Bref, je me garde bien de juger les défunts, je me contente de prier pour eux, et de chercher les circonstances atténuantes.
Ceci pour les personnes.
Pour les actes :
Certes, il semble que l'Eglise, et le Ciel, soient contre l'incinération (rebaptisée pudiquement crémation ou même crématisation par les pompes funèbres). Mais elle est tolérée, pourvu que... :
Can. 1176 – § 3. L’Église recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit pas l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne.
Bref, la crémation est plutôt, ou même carrément, déconseillée.
Sed contra : Certains la choisissent pour des motifs qui ne sont pas totalement absurdes. Par exemple, je connais un parent - par alliance - qui l'a choisie. Je suppose qu'il était écoeuré par les conflits entre héritiers. Par exemple, ma famille paternelle a été décimée par les épidémies des temps passés : nous nous retrouvons avec des multitudes de tombes de nos ancêtres, éparpillées et/ou pillées, que nous ne visitons jamais, et arriver à se mettre d'accord pour les réfections est toute une aventure. Sans parler du coût, dans un contexte économique où tout le monde est plus ou moins smicardisé ou chômeur.
Je suppose que c'est ce risque de voir des conflits entre héritiers qui avait conduit ce parent à cette décision.
Pour prêtre, qui n'a pas de descendants, s'il ne souhaite pas être enterré dans une sépulture du diocèse ou de sa congrégation, on comprend qu'il hésite à imposer une telle charge aux petits-enfants de ses neveux.
D'autres se font incinérer pour d'impérieuses raisons de coût.
Ou d'écologie.
Ne soyons donc pas trop radicaux dans nos jugements, et prions pour nos - pour les - défunts et pour l'humanité.