Les données sont tirées de: A. Vauchez, La Sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Age. D'après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, Ecole Française de Rome, 1988, 783 pages, ICI.
5 ans et moins après le décès
1- Saint Pierre de Vérone (v. 1205-1252): Canonisé par Innocent IV en 1253 (moins d’un an après sa mort : 337 jours).
2- Saint Antoine de Padoue (1195-1231): Canonisé par Grégoire IX en 1232 (moins d’un an après sa mort : 352 jours).
*3- Saint Homebon (mort le 13 nov. 1197) : Canonisé par Innocent III le 12 janvier 1199 (un an et 2 mois après sa mort) *
4- Saint François d’Assise (v. 1181-1226): Canonisé par Grégoire IX en 1228 (un an et 9 mois après sa mort)
5- Sainte Claire d’Assise (1194-1253) : Canonisée par Alexandre IV en 1255 (2 ans après sa mort)
6- Sainte Élisabeth de Hongrie, ou de Thuringe (1207-1231): Canonisée par Grégoire IX en 1235 (3 ans et 6 mois après sa mort)
10 ans et moins après le décès
7- Saint Edmond d’Abingdon, ou de Canterbury (v. 1174-1240) : Canonisé par Innocent IV en 1247 (7 ans après sa mort)
8- Saint Richard de Chichester (1197-1253) : Canonisé par Urbain IV en 1262 (9 ans après sa mort)
9- Saint Guillaume de Bourges (1120-1209) : Canonisé par Honorius III en 1218 (9 ans après sa mort)
15 ans et moins après le décès
10- Saint Guillaume Pinchon (mort en 1234) : Canonisé par Innocent IV en 1247 (12 ans et 9 mois après sa mort)
11- Saint Dominique de Guzmán (v. 1170 – 1221) : Canonisé par Grégoire IX en 1234 (12 ans et 11 mois après sa mort)
12- Saint Gilbert de Sempringham (mort en 1189) : Canonisé par Innocent III en 1202 (13 ans après sa mort)
20 ans et moins après le décès
13- Saint Hugues d’Avalon, ou de Lincoln (1140-1200) : Canonisé par Honorius III en 1220 (19 ans et 3 mois après sa mort)
25 ans et moins après le décès
14- Saint Guillaume d’Eskill, ou de Paris (1105-1203) : Canonisé par Honorius III en 1224 (21 ans après sa mort)
15- Sainte Edwige de Silésie (1174-1243) : Canonisée par Clément IV en 1267 (24 ans après sa mort)
30 ans et moins après le décès
16- Saint Louis IX (1214-1270) : Canonisé par Boniface VIII en 1297 (27 ans après sa mort)
45 ans et moins après le décès
17- Saint Laurent O’Toole (1128-1181) : Canonisé par Honorius III en 1226 (45 ans après sa mort)
Plus de 70 ans après le décès
18- Saint Guillaume d’York (mort en 1154) : Canonisé par Honorius III en 1226 (72 ans après sa mort)
19- Saint Wulfstan (mort en 1095) : Canonisé par Innocent III en 1203 (108 ans après sa mort)
20- Saint Procope de Sázava (mort en 1053) : Canonisé par Innocent III en 1204 (151 ans après sa mort)
21- Sainte Marguerite d’Écosse (morte en 1093) : Canonisée par Innocent IV en 1250 (157 ans après sa mort)
*22- Sainte Cunégonde (morte en 1040) : Canonisée par Innocent III en 1200 (160 ans après sa mort) *
23- Saint Stanislas de Szczepanów (mort en 1079) : Canonisé par Innocent IV en 1253 (174 ans après sa mort)
24- Saint Virgile de Salzbourg (v. 700-784) : Canonisé par Grégoire IX en 1233 (449 ans après sa mort)
20 ans et moins après le décès
1- Saint Célestin V (v. 1209-1296) : Canonisé par Clément V en 1313 (17 ans après sa mort)
*2- Sainte Brigitte de Suède (1303-1373) : - Canonisée par Boniface IX en 1391 (18 ans après sa mort): Voir
(et aussi canonisée par Jean XXIII en 1415 et de nouveau par Martin V en 1419: Voir) *
3- Saint Louis d’Anjou, ou de Toulouse (1274-1297) : Canonisé par Jean XXII en 1317 (20 ans après sa mort)
25 ans et moins après le décès
*4- Saint Jean de Bridlington (1319-1379) : Canonisé par Boniface IX en 1401 (22 ans après sa mort) *
40 ans et moins après le décès
5- Saint Thomas de Cantilupe (v. 1218-1282) : Canonisée par Jean XXII en 1320 (38 ans après sa mort)
45 ans et moins après le décès
6- Saint Yves de Tréguier (v. 1253-1303) : Canonisé par Clément VI en 1347 (44 ans après sa mort)
50 ans et moins après le décès
7- Saint Elzéar de Sabran (1295-1323): Canonisé par Urbain V en 1369 (46 ans après sa mort)
8- Saint Thomas d’Aquin (v. 1225-1274) : Canonisé par Jean XXII en 1323 (49 ans après sa mort)
Procès ouverts au XIIIe siècle:
1- Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) : procès ouvert en 1228. Canonisation équipollente par Benoît XVI en 2012 (833 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale Spiritum Sanctum: ICI (latin) et LÀ (français)
2- Sainte Marguerite de Hongrie (1242-1270) : procès ouvert en 1271. Canonisation équipollente par Pie XII en 1943 (673 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale Maxima inter munera: ICI (latin) et LÀ (français)
Décédé au XIIIe siècle:
3- Saint Albert le Grand (1200-1280): Béatifié par Grégoire XV en 1622. Canonisation équipollente par Pie XI en 1931 (651 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale In thesauris sapientiae ICI (latin/français)
Procès ouvert au XIVe siècle:
4- Sainte Claire de Montefalco (1268-1308) : procès ouvert en 1317. Canonisée par Léon XIII en 1881 (573 ans après sa mort)
Décédée au XIVe siècle:
5- Sainte Angèle de Foligno (1248-1309): Béatifiée par Clément XI en 1701. Canonisation équipollente par François en 2013 (704 ans après sa mort) Voir la lettre décrétale Cum sanctus Franciscus : ICI (latin) et LÀ (italien)
''Il va devenir de plus en plus rare que ceux qui ont fait la demande de canonisation en voient l'issue: ''Le délai séparant la pétition - ou postulation - en faveur d'un saint de sa canonisation, qui était de deux ans en moyenne au temps d'Innocent III et de Grégoire IX, passe à dix ans à la fin du XIIIe siècle, à vingt au début du XIVe, et à plus de trente après l'installation de la papauté en Avignon.''
Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, page 68.
''Ce n'est guère que depuis le début du XVIe siècle qu'on peut être assuré que la liste ne contient pas de lacunes. Mais pour autant tous les saints n'y figurent pas.''
''Depuis 1634 la liste des saints et des bienheureux (distinction consacrée par la législation d'Urbain VIII) est relativement facile dresser.''
''Nous regrettons qu'une étude synthétique, envisageant le développement de l'enquête canonique depuis l'instauration de la réserve papale du droit de canonisation au XIIe siècle, jusqu'à la constitution apostolique Divinus perfectionis Magister promulguée le 25 janvier 1983 par Jean-Paul II, fasse encore défaut.''
I. Les causes du second millénaire qui sont antérieures à la consécration du principe de la réserve pontificale du droit de canonisation (de 993 à 1234)
Quelques dates:
- 993: Première canonisation papale (canonisation de saint Ulrich par Jean XV)
- XIIe siècle: Période de transition où la canonisation papale entra en concurrence avec la translation épiscopale et commença à la surclasser.
- 1170: Alexandre III fait prévaloir l'idée déjà répandue que ''le pape devait être consulté et qu'il lui appartenait d'exercer un certain contrôle sur les canonisations'' (Vauchez, p. 30).
- 1198-1216: ''Un certain nombre de déclarations solennelles d'Innocent III confirment que, dès cette époque, la papauté était sûre de détenir le privilège de canoniser les saints.'' (Vauchez, p. 31).
II. Les causes qui relèvent de l'ancien droit suite à la consécration du principe de la réserve papale (de 1234 à 1634)
- 1234: Consécration du principe de la réserve papale par Grégoire IX. En effet, ''à partir de 1234, date de l'insertion du bref Audivimus dans les Décrétales de Grégoire IX, la période de flottement et d'imprécision juridique qui avait caractérisé les décennies précédentes est définitivement close. Désormais la réserve pontificale du droit de canoniser les saints est inscrite dans la législation de l'Église...'' (Vauchez, pages 34-35).
1588: Création de la Sacrée Congrégation des Rites par Sixte V
III. Les causes qui ont eu lieu selon le nouveau droit issue des décrets d'Urbain VIII (procédure classique de 1634 jusqu'à 1969)
1634: Urbain VIII publie la Constitution apostolique Caelestis Hierusalem cives par laquelle ''la procédure de canonisation était désormais fixée et resta quasiment intangible jusqu'à la réforme de ces dernières décennies'' (Y. Chiron, p. 71 et 74).
1734-1738: Publication du traité De Servorum Dei beatificatione et de beatum canonizatione par le cardinal Prosper Lambertini (qui deviendra le pape Benoît XIV). Par ce traité, il ''n'y définissait pas de doctrine nouvelle en matière de canonisation, mais (...) exposait avec clarté, et de très nombreux exemple, la procédure à suivre...'' (Y. Chiron, p. 74)
1917- La procédure classique est inscrite dans le code de droit canonique pio-bénédictin.
- Pie XI (1922-1939): Création de la section historique (1930) et publication de normes en 1939.
IV. Les causes contemporaines postérieures à la réforme de Paul VI en 1969, et surtout de Jean-Paul II (1983).
-1969: Publication du Motu Proprio Sanctitatis clarior par Paul VI.
-1983: Publication de la Constitution apostolique Divinus Perfectionis Magister, et des normes qui en découlent, par Jean-Paul II.
-2007: Publication de l'Instruction Sanctorum Mater approuvée par Benoît XVI.
''Il importe de distinguer parmi les saints au minimum les huit catégories suivantes:
1- ceux qui ont été désignés au cours du premier millénaire par une Église particulière;
2- ceux qui ont été désignés par le pape de 993 à 1234;
3- ceux qui de 993 à 1234 ont été désignés par des Églises particulières sans intervention pontificale;
4- ceux qui de 1234 à 1634 ont été désignés et canonisés par le Saint-Siège selon l'ancien droit;
5- ceux qui de 1234 à 1634 ont été désignés par des Églises particulières en dépit de la réservation pontificale;
6- ceux qui à partir de 1634 ont été canonisés selon le nouveau droit;
7- ceux qui à partir de 1634 ont été seulement béatifiés;
8- ceux qui ont été désignés par des Églises particulières entre 1159 et 1634 et dont le culte été ratifié par le Saint-Siège selon le nouveau droit.''
Source: Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, page 68.
- XVIe siècle: 1
- XVIIe siècle: 24
- XVIIIe siècle: 29
- XIXe siècle: 80
- XXe siècle: 423 (décompte arrêté en 1997)
Source: Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, p. 87
''La première canonisation qui fut prononcée suite à un procès de canonisation mené par la nouvelle congrégation [la Sacré Congrégation des Rites fondée par Sixte V en 1588] fut celle du dominicain polonais Hyacinthe Odrowaz, canonisation prononcée le 17 avril 1594 par le pape Clément VIII.''
Source: Yves Chiron, Enquête sur les béatifications et les canonisations, Éditions Perrin, Collection Tempus, 2011, page 70.
''Le XVIe fut une période peu propice à l'éclosion de la sainteté. La canonisation traversa alors la plus grave crise de son histoire, aucun saint n'étant élevé sur les autels entre 1523 et 1588. (...) Le Saint-Siège continua toutefois à accorder des autorisations de culte, à un rythme normal jusqu'en 1542.''
Source: Éric Suire, La Sainteté française de la Réforme catholique (XVIe-XVIIIe siècles) d'après les textes hagiographiques et les procès de canonisation, Presses Universitaires de Bordeaux, 2001, page 370.
- Saint François de Paule: Canonisé par Léon X en 1519.
- Saint Casimir: Canonisé par Adrien VI en 1522
- Saint Diego d'Alcalá: Canonisé par Sixte V en 1588.
Pie X: 4
Benoît XV: 3
Pie XI: 34
Pie XII: 33
Jean XXIII: 10
Total: 84
Paul VI: 82
Jean-Paul II: 482
Benoît XVI: 45
François: 899
''Le premier exemple connu est celui de Guillaume de Malavalle (t 1157). Lorsqu'en 1202, l'évêque de Grosseto lui demanda de canoniser cet ermite toscan, Innocent III se contenta de confirmer l'autorisation de lui rendre un culte dans le diocèse, qu'avait déjà accordée Alexandre III (...) (page 81).
''Intéressant témoignage à ce sujet dans la lettre du clerc Vital d'Auch à l'archevêque de cette ville, après son voyage infructueux à Rome pour obtenir la canonisation de S. Bertrand de Comminges (entre 1161 et 1170), éd. par M. J. Contrasty, dans la Revue Historique de Toulouse, 30, 1943, p. 100. Sur cet épisode, voir E. Delaruelle et Ch. Higounet, Réformes prégrégoriennes en Comminges et canonisation de S. Bertrand, dans Annales du Midi, 61, 1948, p. 152-157, où il est démontré que S.Bertrand de Comminges (t 1123) ne fut pas canonisé dans les années 1165-1170, comme l'avait affirmé Kemp, mais au plus tôt après 1218, si tant est qu'il le fût jamais.'' (page 41)
''Au XIVe siècle, on connaît quelques autres cas d'autorisation de translation, mais ils concernent en général des saints anciens : l'une fut accordée par Clément V pour S. Bertrand de Comminges (d. 1123) (...) l'autre par Clément VI pour S. Robert de la Chaise-Dieu (d. 1067) (...)'' (page 81)
''Robert de Molesme (d. 1110) : l'enquête prescrite à son sujet par Honorius III ayant abouti à des résultats décevants, ce dernier permit aux moines de Molesme de le vénérer comme un saint dans leur église.'' (page 81)
'' Dans les Flores Historiarum, éd. R. H. Luard, cit., ce personnage est mentionné à deux reprises (...) où il est question d'une canonisation de ce saint en 1256 par Alexandre IV, qui n'est attestée par aucun autre document.'' (page 176)
''Ainsi le seul texte contemporain qui nous parle du culte de Guillaume de Rochester, pèlerin assassiné en Angleterre autour de 1201, sont les Flores Historiarum, chronique monastique composée à Westminster au début du XIVe siècle, éd. par R H. Luard, Londres, 1890, p. 124 et 41.'' (page 168)
''J. Van der Straeten, Robert de la Chaise-Dieu, sa canonisation, dans Anal. Boli, 82, 1964, p. 37-56, a bien montré que le saint fondateur de l'abbaye de la Chaise-Dieu (d. 1067) n'avait pas été canonisé par Clément VI. La lettre que ce dernier envoya à l'évêque du Puy (...) est une bulle d'inauguration de la nouvelle église de la Chaise-Dieu récemment reconstruite, et non de canonisation de S. Robert.'' (page 376)