Le Forum Catholique

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images/icones/marie.gif  ( 894787 )08/05 Apparition de St Michel, archange par ami de la Miséricorde (2020-05-07 23:27:59) 

De la férie

Messe comme au dimanche précédent




Avant 1960 : Apparition de St Michel, archange, la Messe en est toujours permise, au pro aliquibus locis



L'APPARITION de SAINT MICHEL au Mont-Gargan (8 MAI)

(en 492)

Nous trouvons dans les histoires ecclésiastiques le récit de diverses apparitions de l'Archange saint Michel, et nous voyons, tant en Orient qu'en Occident, un certain nombre d'églises consacrées en son honneur.

Si Dieu veut que nous honorions tous les Anges, à plus forte raison est-ce Sa Volonté que nous rendions hommage à celui des Esprits célestes qui leva contre Lucifer et les mauvais Anges l'étendard du combat et de la victoire. Le nom de l'Archange Michel signifie: Qui est comme Dieu? C'est, en effet, le cri d'indignation par lequel il rallia autour de lui les Anges fidèles. On représente saint Michel comme un beau jeune homme, le pied levé sur la tête d'un dragon qu'il transperce de sa lance.

Parmi les faits merveilleux qui nous attestent la protection de saint Michel sur l'Église, il faut mentionner son apparition à Rome, où saint Grégoire le Grand l'aperçut dans les airs, remettant son glaive dans le fourreau pour marquer la cessation de la peste et l'apaisement de la colère de Dieu. Mais le 8 mai est destiné à rappeler une apparition non moins merveilleuse, sur le mont Gargan, dans le royaume de Naples.

En l'an 492, un homme, nommé Gargan, faisait paître dans la campagne ses nombreux troupeaux. Un jour, un taureau s'enfuit dans la montagne, où on le chercha d'abord vainement. On tira une flèche; mais cette flèche revint blesser celui qui l'avait tirée. Devant cette merveille, on crut devoir consulter l'évêque voisin. Le prélat ordonna trois jours de jeûne et de prières. Au bout des trois jours, l'Archange saint Michel apparut à l'évêque; il lui déclara que cette caverne où le taureau s'était retiré était sous sa protection, et que Dieu voulait qu'elle fût consacrée sous son nom et en l'honneur de tous les Anges. Accompagné de son clergé et de son peuple, le pontife se rend à cette caverne, qu'il trouve déjà disposée en forme d'église. On y célèbre les divins mystères, et bientôt, dans ce lieu même, s'élevait un temple magnifique où la Puissance divine a opéré de grands miracles.

De tout temps la sainte Église a eu la plus grande vénération pour le glorieux Archange, elle a favorisé son culte, établi des confréries en son honneur; elle nous le montre présentant à Dieu les âmes des justes trépassés et nous invite à l'invoquer pour obtenir, à l'heure de la mort, le dernier triomphe sur les esprits des ténèbres. Ses apparitions à sainte Jeanne d'Arc sont célèbres. Il est regardé comme l'un des grands protecteurs de l'Église et de la France.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


PREMIÈRE APPARITION DE SAINT MICHEL SUR LE MONT GARGAN

8 mai 490, dans les Pouilles en Italie


L’an 490 de l’ère chrétienne, la 17e année du règne de l’empereur Zénon, la 8e du pape saint Félix III, le 8 mai, eut lieu la mémorable apparition de saint Michel Archange sur le Mont Gargan. Un riche seigneur de Siponto, possesseur d’un important troupeau, pieux et charitable envers les pauvres, possédait une montagne distante de six milles de Siponto (aujourd’hui Manfredonia) sur laquelle il faisait paître ses bêtes.

Il avait un taureau féroce, énorme, méfiant, qui se sépara du reste du troupeau. On le chercha quelques jours inutilement; on le trouva enfin dans une caverne profonde, difficile à atteindre. Ne pouvant l’avoir vivant, il résolut de le tuer. Tirant son arc, il lâcha une flèche sur le taureau, mais la flèche, rejaillissant contre celui qui l’avait tirée, le blessa.

Gargan et ses compagnons, étonnés de cet accident et jugeant qu’il y avait là quelque chose de mystérieux, eurent recours à l’évêque de Siponto, pour apprendre de lui ce que ce pouvait être.

Déjà informé par la rumeur publique, l’évêque Lorenzo Maloriano, grec d’origine, citoyen de Constantinople et parent de l’empereur Zénon, eut recours à Dieu par la prière pour lui demander lumière et connaissance.

Le prélat ordonna un jeûne de trois jours et exhorta les fidèles à prier de leur côté pour obtenir de Dieu la signification de ce fait étrange. Au bout de 3 jours, saint Michel lui apparut et lui déclara que cette caverne, où le taureau s’était retiré, était sous sa protection et désormais son domaine, et que Dieu voulait qu’elle fut consacrée sous son nom, en l’honneur de tous les Anges. Puis l’Archange disparut.

Grande et indicible fut la joie du saint évêque, qui convoqua aussitôt le peuple. Il se rendit en procession à la grotte, accompagné du clergé et des fidèles, pour la reconnaître et la trouver déjà toute disposée en forme d’église. Taillée dans la pierre, assez profonde, d’accès facile : ce qui combla le peuple d’admiration et de crainte, surtout lorsque, du fond de la grotte retentirent les voix angéliques « Ici Dieu est adoré. Ici, le Seigneur est honoré. Ici le Très-Haut est glorifié. »

L’évêque commença à y célébrer les divins offices. L’événement fut connu de l’Italie et de toute l’Europe; et la dévotion à saint Michel et aux saints Anges alla se développant. On y vint aussi de toutes les parties de l’Europe; des papes, des rois, des empereurs, des chefs d’état, des évêques, des pèlerins innombrables se firent un honneur et un devoir de visiter et de prier dans la grotte sacrée.

Les croisés, allant en Terre sainte, s’y arrêtaient et se vouaient à saint Michel.

Beaucoup de grâces de toutes sortes y furent obtenues; de nombreux miracles y furent opérés.

Tiré de : Les Grandeurs de Saint Michel Archange, D. Nicola Ricci; traduction : l’abbé Marcel Bouzon.






images/icones/marie.gif  ( 894791 )8 mai à 12h Supplique à la Reine du Rosaire de Pompéi par ami de la Miséricorde (2020-05-07 23:37:36) 
[en réponse à 894787]



8 mai : Supplique à la Reine du Rosaire de Pompéi :

Prière à faire à 12h localement

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.


Ô Auguste Reine des Victoires, ô Souveraine du Ciel et de la Terre, à ton nom se réjouissent les cieux et tremblent les abysses, ô Reine glorieuse du Rosaire, nous, tes fils dévoués, réunis dans ton Temple de Pompéi en ce jour solennel, nous épanchons les affections de notre cœur et avec une confiance toute filiale, nous t’exprimons nos misères. Du Trône de clémence, où tu es assise en Reine, tourne, ô Marie, ton regard compatissant sur nous, sur nos familles, sur l’Italie, sur l’Europe, sur le monde. Aie compassion des angoisses et des tourments qui assombrissent notre vie. Vois, ô Mère, combien de dangers dans l’âme et dans le corps, combien de calamités et d’afflictions nous oppressent. Ô Mère, implore pour nous la miséricorde de ton divin Fils et vaincs, par la clémence, le cœur des pécheurs. Ce sont nos frères et tes fils qui coûtent tant de sang à ton doux Jésus et qui contristent ton Cœur très sensible. Montre-toi à tous telle que tu es, Reine de paix et de pardon.

Je vous salue Marie

Il est vrai que nous, en premiers, bien que nous soyons tes fils, par nos péchés, nous crucifions de nouveau en notre cœur Jésus et nous transperçons encore une fois ton Cœur. Nous le confessons: nous méritons les plus durs châtiments, mais tu, rappelle-toi que sur Golgotha, tu as recueilli, avec le Sang divin, le testament du Rédempteur moribond qui t’a désignée comme notre Mère, Mère des pécheurs. Comme notre Mère, tu es donc notre Avocate, notre espérance. Et nous, en gémissant, nous étendons nos mains suppliantes vers toi, et crions: Miséricorde! Ô Mère de bonté, aie pitié de nous, de nos âmes, de nos familles, de nos parents, de nos amis, de nos défunts, et surtout de nos ennemis et de tous ceux qui se disent chrétiens et qui pourtant offensent le Cœur aimable de ton Fils. Nous implorons aujourd’hui pitié pour les Nations dévoyées, pour toute l’Europe, pour le monde entier, afin que, repenti, il retourne à ton Cœur. Miséricorde pour tous, ô Mère de Miséricorde!

Je vous salue Marie

Daigne, bienveillamment, ô Marie, nous exaucer! Jésus a remis dans tes mains tous les trésors de ses grâces et de ses miséricordes. Tu es assise, couronnée Reine, à la droite de ton Fils, resplendissante de gloire immortelle sur tous les Chœurs des Anges. Tu étends ta domination sur toute l’étendue des cieux et la terre et toutes les créatures sont soumises à toi. Tu es la toute-puissante par grâce, tu peux donc nous aider. Et si tu ne voulais pas nous aider, parce que nous sommes des fils ingrats et indignes de ta protection, nous ne saurions à qui nous adresser. Ton cœur de Mère ne permettra pas de voir, nous, tes fils, perdus. L’Enfant que nous voyons sur tes genoux et la Couronne mystique que nous admirons dans ta main, nous inspirent confiance que nous serons exaucés. Et nous, nous avons pleine confiance en toi, nous nous abandonnons comme de faibles fils entre les bras de la plus tendre des mères, et, aujourd’hui même, nous attendons de toi les grâces tant désirées.

Je vous salue Marie

Demandons la bénédiction à Marie


Une dernière grâce, nous te demandons maintenant, ô Reine, et tu ne peux pas nous la refuser en ce jour très solennel. Accorde-nous, à tous, ton amour fidèle et d’une façon spéciale, ta bénédiction maternelle. Nous ne nous détacherons pas de toi, jusqu’à ce que tu nous auras bénis. Bénis, ô Marie, en ce moment, le Souverain Pontife. Aux splendeurs antiques de ta Couronne, aux triomphes de ton Rosaire, pour lesquels tu es appelée Reine des Victoires, ajoute encore ceci, ô Mère: accorde le triomphe à la religion et la paix à la Société humaine. Bénis nos Évêques, nos prêtres et particulièrement tous ceux qui se dévouent pour l’honneur de ton Sanctuaire. Bénis enfin tous les associés à ton Temple de Pompéi et tous ceux qui cultivent et diffusent la dévotion au Saint Rosaire. Ô Rosaire béni de Marie, douce Chaîne qui nous relie à Dieu, lien d’amour qui nous unit aux Anges, tour de salut contre les assauts de l’enfer, port sûr dans le naufrage commun, nous ne te lâcherons jamais plus. Tu seras notre réconfort à l’heure de l’agonie, à toi le dernier baiser de la vie qui s’éteint. Et le dernier accent sur nos lèvres sera ton nom suave, ô Reine du Rosaire de Pompéi, ô notre Mère très chère, ô Refuge des pécheurs, ô Souveraine consolatrice des affligés. Sois partout bénie, aujourd’hui et toujours, sur la terre et dans le ciel. Amen.

Salut, ô Reine

(1) Seulement le 8 mai et le premier dimanche d'octobre.
images/icones/marie.gif  ( 894792 )La Prééminence de saint Joseph sur tout autre saint de Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-05-07 23:39:49) 
[en réponse à 894791]

« Qui minor est inter vos, hic major est :
Celui d'entre vous qui est le petit, c'est celui-là qui est le plus grand. »
(Luc., ix, 48.)

LES VERTUS SURNATURELLES ET LES DONS DE SAINT JOSEPH


Déjà la persécution commence. Hérode cherche à faire mourir le Messie. Le chef de la sainte Famille, averti par un ange, est contraint de fuir en Égypte avec Marie et l'enfant Jésus.

Pauvre artisan, sans autre ressource que son travail, il part pour ce pays lointain, où nul ne le connaît ; il part, fort de sa foi en la parole de Dieu transmise par l'ange.

C'est là sa mission : il doit cacher Notre Seigneur, le soustraire aux persécuteurs, et il ne reviendra à Nazareth que lorsque le danger aura disparu.

Joseph est le ministre et le protecteur de la vie cachée de Jésus, comme les apôtres sont les ministres de sa vie publique.

En cette vie cachée, au milieu même des épreuves, la nuit obscure de la foi s'éclaire à la lumière toujours plus radieuse et plus douce, qui vient de la sainte âme du Verbe fait chair.

De retour à Nazareth, pendant les années qu'y vécut la sainte Famille, le recueillement et le silence ont régné dans la petite maison du charpentier, véritable sanctuaire, plus sacré que le saint des saints du temple de Jérusalem.

C'était un silence plein de douceur, la contemplation toute aimante du mystère infini de Dieu venu parmi nous et encore ignoré de tous.

De temps en temps quelques paroles traduisaient l'état profond des âmes ; mais dans cette atmosphère d'innocence et d'amour les âmes étaient transparentes l'une à l'autre et se comprenaient d'un regard sans avoir besoin de paroles.

Après la contemplation de la bienheureuse Vierge, y en eut-il ici-bas de plus simple et de plus aimante que celle de l'humble charpentier, lorsqu'il regardait Jésus ?

Par grâce il avait reçu pour lui les sentiments du père protecteur le plus dévoué et le plus délicat, et il était aimé par Jésus, enfant et adolescent, avec une tendresse, une reconnaissance et une force qui ne se peuvent trouver que dans le cœur même de Dieu.

Un regard de Joseph sur Jésus rappelait à l'humble artisan le mystère de Bethléem, l'exil d'Égypte, le grand mystère du salut du monde.

L'action incessante du Verbe de Dieu fait chair sur Joseph était l'action créatrice, qui conserve la vie après l'avoir donnée : « amor Dei infundens et creans bonitatem in rebus », l'action surnaturelle, féconde en grâces toujours nouvelles.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/1b.gif  ( 894794 )En St Luc et St Matthieu par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 00:09:46) 
[en réponse à 894792]

St Luc 3-28 et St Matthieu 11-11 :

"Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'y en a point de plus grand que Jean (le Baptiste)."
images/icones/livre.gif  ( 894798 )Il faut savoir interpréter ces paroles... par Chicoutimi (2020-05-08 01:02:37) 
[en réponse à 894794]

comme le démontre ces quelques extraits:


''Nous ne pouvons embrasser une interprétation qui n’a aucun fondement solide dans la doctrine des Pères. Et, quand S. Thomas, Suarez, Benoît XIV, etc., nous disent que N.-S. n’a pas entendu déclarer Jean-Baptiste le plus grand de tous les saints, il nous est permis en toute sûreté de nous fier à leur parole.

(…) Certains auteurs qui abordent ce sujet mêlent tout : ils veulent prouver que, d’après l’oracle divin, Jean-Baptiste a été déclaré le plus grand saint, et bientôt oublieux du texte évangélique, dont ils ne peuvent rien tirer, ils font valoir les prérogatives, le ministère du S. Précurseur. (…)

Les paroles si flatteuses de N.-S. ne comparent pas Jean-Baptiste à tous les hommes, bien moins encore sous le rapport de la sainteté; elles le préfèrent seulement aux Patriarches et aux Prophètes de l’Ancien Testament. Elles ne peuvent donc pas s’opposer à la prééminence de S. Joseph, qui, comme le dit Suarez, n’appartient ni à l’Ancien ni au Nouveau Testament, mais à l’Auteur de l’un et de l’autre. (…) Donc encore de ce côté nul obstacle à la supériorité de S. Joseph. (…)

Suarez traitant le même sujet nous fournit un principe qui trouve ici son application. « Il faut, dit-il, entendre une proposition dans son sens naturel; or, le sens naturel de la proposition du Sauveur, même dans la supposition qu’il ait déclaré Jean le plus grand de tous, exige que de la comparaison soient exclus ceux qui de droit, comme la T. S. Vierge (et, devons-nous ajouter, S. Joseph). » En effet, dans la supposition que N.-S. ait déclaré S. Jean le plus grand de tous, cette proposition prise dans sa rigueur mettrait S. Jean au-dessus de la Mère de Dieu. (…)''



Source: Primauté de Saint Joseph: d'après l'épiscopat Catholique et la théologie (1897) ICI
images/icones/bible.gif  ( 894799 )Mais il n'a jamais été dit par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 02:11:16) 
[en réponse à 894798]

De St Joseph qu'il était plein de grâce, que le Seigneur était avec lui, qu'il était béni plus que tout autre, ni qu'à sa voix St Jean-Baptiste tressaillit d'allégresse dans le sein de sa mère.

La Sainte Vierge est la mère de Dieu !

En un mot, il ne faut pas écrire d'évangile apocryphe sentimental, il faut s'en tenir à l'écriture sainte et selon cette écriture, et hormis la Très Sainte Vierge qui a une place à part, St Jean-Baptiste est bien le plus grand !
images/icones/fleur.gif  ( 894802 )Et il n'a jamais été dit... par Chicoutimi (2020-05-08 03:03:28) 
[en réponse à 894799]

de saint Jean-Baptiste que Notre-Seigneur lui était soumis,
ni qu'il avait été accordé en mariage à la Mère Dieu,
ni qu'il avait sauvé Jésus et Marie en les amenant en Égypte.

Saint Joseph est le père putatif du Fils de Dieu !

Quant au passage de l'Écriture que vous mentionnez, il est dit également que ''cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.'' Au moment où le Christ dit ces paroles, lors de son ministère public, saint Joseph est déjà mort et fait déjà partie de ceux qui, dans le Royaume de Dieu, sont plus grands que saint Jean-Baptiste.

Enfin, vous dites qu'il faut ''s'en tenir à l'écriture sainte'', mais sur ce point il faut savoir que nous, les catholiques, on ne s'en remet pas seulement à l'Écriture (comme font les protestants) mais aussi à la Tradition. Or, il y a de nombreux auteurs faisant autorité au sein de la Tradition qui nous confirment que saint Joseph est plus grand que saint Jean-Baptiste.
images/icones/rose.gif  ( 894804 )Il me semle par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 07:04:11) 
[en réponse à 894802]

Que vous croyez aussi que St Joseph est ressuscité et est au Ciel avec son corps. Votre dévotion québécoise vous égare quelque peu.

La suite des paroles selon lesquelles celui qui est au Ciel est plus grand que St Jean-Baptiste vaut pour le temps où St Jean-Baptiste est en vie, n'est pas encore lui-même au Ciel et a fortiori pour tous les autres hommes. En effet, le plus grand saint sur Terre ne voit pas encore Dieu comme le plus petit saint le voit au Ciel. Si l'on vous suivait, ce texte signifierait presque que St Jean-Baptiste est le plus petit saint, ce qui est absurde !

La Tradition ne contredit pas des textes explicites de l'Ecriture sainte, d'autant que l'Ecriture est aussi le reflet de la Tradition apostolique.

Il ne faut pas confondre la Tradition avec des croyances locales ou des évangiles apocryphes sentimentaux.

Il n'y a pas de fête liturgique de St Joseph équivalente à celle de la St Jean le 24 juin, 6 mois avant Noël et St Joseph n'est pas cité comme l'est St Jean-Baptiste au canon de la messe.

St Jean-Baptiste a été sanctifié dès le sein de sa mère, il est plus qu'un prophète, selon les paroles de Jésus Lui-même, car annoncé par les prophètes, il est le Précurseur, il a baptisé le Christ, il a prêché, a donné au Christ un certain nombre de ses apôtres et est mort martyr.
images/icones/1b.gif  ( 894807 )Suite et effet de la dévotion mariale. par Marquandier (2020-05-08 07:28:27) 
[en réponse à 894804]

Je ne vais pas vous apprendre que la Fête-Dieu, l’adoration eucharistique moderne, le Sacré-Cœur et le Christ-Roi sont aussi des dévotions plus ou moins récentes (tout est relatif).

Beaucoup de cathédrales étaient dédiées à Saint-Étienne, le premier martyr, avant qu’il soit d’usage de les dédier à Notre-Dame !

Mais que disent les Écritures sur l’antichrist, la création des espèces, les géants etc. ? Scripto-traditionalisme à la carte ? Il y aurait le bon et le mauvais progrès, et Maître Parfu en serait le juge ?
images/icones/fleche2.gif  ( 894808 )Trois choses... par Chicoutimi (2020-05-08 07:50:30) 
[en réponse à 894804]

1- Oui, je crois en l'Assomption de saint Joseph car c'est une légitime croyance qui s'appuie sur de bons arguments (nous en avons déjà discuté à quelques reprises sur ce forum) mais je respecte le fait que vous n'êtes pas obligé d'y croire puisque cela n'a pas été définit comme un dogme.

Cependant, il ne s'agit pas d'une ''dévotion québécoise'' mais bien plutôt d'une dévotion française (plus précisément savoyarde) - mais pas que - parce que saint François de Sales est l'un de ceux qui ont prêché cette croyance.

2- Pour ce qui est de la grandeur de saint Jean baptiste, à la lumière de l'Écriture et de la Tradition, je suis bien d'accord pour dire qu'il fut le plus grand des prophètes. Mais cela ne signifie pas le plus grand saint.

Certes, l'Évangile de Matthieu et certaines traductions modernes de Luc omettent le mot ''prophète'' mais dans la Bible de Crampon on lit bien: ''Je vous le dis en effet, parmi les enfants des femmes, il n'y a pas de prophète plus grand que Jean-Baptiste'' (Lc 7, 28). Ainsi, Jean est le plus grand des prophètes, mais pas le plus grand saint après la Mère de Dieu.

3- S'il est vrai que saint Joseph n'a été que très récemment inséré dans le Canon romain, il est faux de dire qu'il n'est pas dans le canon comme l'est saint Jean-Baptiste. Saint Joseph est cité immédiatement après son épouse dans le Canon romain du Missel de 1962.

Bref, ce que vous dites de saint Jean-Baptiste montre qu'il fut le plus grand des prophètes, mais ne prouve pas qu'il est plus grand que saint Joseph. Par contre, les extraits du père Garrigou-Lagrange publiés par ''ami de la miséricorde'' démontrent aisément que saint Joseph a la prééminence sur tout autre saint.
images/icones/bible.gif  ( 894828 )Trois choses par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 10:06:53) 
[en réponse à 894808]

1) Personne ne nie que St Joseph soit un grand saint. Ce n'est pas le débat. Ce qu'on vous dit, c'est que St Jean-Baptiste est le plus grand saint après la Très Sainte Vierge, laquelle a une place à part. Elle fait l'objet d'un culte d'hyperdulie et non de dulie comme les autres saints et le premier d'entre eux.

2) St Jean-Baptiste est le seul saint dont la conception et la naissance est mise en parallèle avec celle de Jésus :

- l'ange Gabriel apparaît à Zacharie, le père de Jean le Baptiste, dans le Temple pour lui annoncer sa conception miraculeuse et sa naissance ;

- l'ange Gabriel annonce aussi cette naissance à la Très Sainte Vierge, laquelle se rend en grande hâte chez sa cousine et Jésus, déjà conçu mais encore non-né, sanctifie St Jean-Baptiste par Marie dès le sein de sa mère ;

- Le Benedictus (ou cantique de Zacharie) fait écho au Magnificat et fait l'éloge de St Jean-Baptise et l'associe à Jésus ...

Benoît XVI avant l’angélus, le 24 juin 2012 :

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, 24 juin, nous célébrons la solennelle Nativité de saint Jean-Baptiste. A part la Vierge Marie, le Baptiste est le seul saint dont la liturgie célèbre la naissance, et elle le fait parce que celle-ci est étroitement liée au mystère de l’incarnation du Fils de Dieu. Depuis le sein maternel, en effet, Jean est le précurseur de Jésus : sa conception prodigieuse est annoncée par l’ange à Marie, comme le signe que « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37), six mois avant le grand prodige qui nous donne le salut, l’union de Dieu avec l’homme par l’action du Saint-Esprit.

Les quatre évangiles donnent une grande importance à la figure de Jean-Baptiste en tant que prophète qui conclut l’Ancien Testament, et inaugure le Nouveau, indiquant en Jésus de Nazareth le Messie, le Consacré du Seigneur.

De fait, Jésus lui-même parlera de Jean en ces termes : « Il est celui dont il est écrit : Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui » (Mt 11,10-11).

Le père de Jean, Zacharie, mari d’Elisabeth, parente de Marie, était un prêtre du culte juif. Il n’a pas cru tout de suite à l’annonce d’une paternité qu’il n’espérait plus désormais, et c’est pour cette raison qu’il demeura muet jusqu’au jour de la circoncision de l’enfant auquel lui et sa femme donnèrent le nom indiqué par Dieu, c’est-à-dire « Jean », ce qui signifie : « Le Seigneur fait grâce ». Animé par l’Esprit Saint, Zacharie parla ainsi de la mission de son fils : « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés » (Lc 1,76-77).

Tout ceci se manifesta trente ans après, quand Jean se mit à baptiser dans le fleuve du Jourdain, en appelant les gens à se préparer, par ce geste de pénitence, à la venue imminente du Messie que Dieu lui avait rélévée durant son séjour dans le désert de Judée. C’est pourquoi on l’appela « le Baptiste », c’est-à-dire le « Baptiseur » (cf. Mt 3,1-6).

Lorsqu’un jour, de Nazareth, Jésus lui-mêrme vint se faire baptiser, Jean tout d’abord refusa, mais il consentit ensuite, et il vit l’Esprit Saint se poser sur Jésus et il entendit la voix du Père céleste qui l’appelait son Fils (cf. Mt 3,13- 17).

Mais sa mission n’était pas encore achevée : peu après, il lui fut demandé de précéder Jésus aussi dans la mort violente. Jean fut décapité dans la prison du roi Hérode, et il rendit ainsi pleinement témoignage à l’Agneau de Dieu qu’il avait été le premier à connaître et à désigner publiquement.

Chers amis, la Vierge Marie a aidé sa parente âgée, Elisabeth, à porter à son terme sa grossesse de Jean. Qu’elle nous aide tous à suivre Jésus, le Christ, le Fils de Dieu, que le Baptiste a annoncé avec grande humilité et ardeur prophétique."

3) Par ailleurs, c'est le 13 novembre 1962, pendant le Concile, que la mention de St Joseph est rajoutée au Canon de la messe (entré en vigueur le 8 décembre 1962). Cet ajout n'est donc pas dans l'édition typique du missel de 1962. Elle figure dans le missel du Barroux.

Enfin, changer le Canon de la messe a été un signal donné aux novateurs et le livre "le Tibre se jette dans le Rhin" de Ralph Witgen, publié en 1974, l'évoque d'ailleurs en ce sens. Cet ajout ne figure pas dans le Confiteor.
images/icones/1g.gif  ( 894850 )Sur Saint-Jean-Baptiste dans l'Evangile par Vox clamantis (2020-05-08 13:39:39) 
[en réponse à 894808]

Une chose est cependant certaine : jusqu'au XVe siècle, personne ne doutait que saint Jean Baptiste était plus grand que saint Joseph, qui n'intéressait pas grand-monde et qui n'était, pendant longtemps, même pas forcément considéré comme saint.

Et pour rappel, les litanies placent systématiquement saint Jean Baptiste avant saint Joseph, juste après les anges et la Vierge.

De fait, je ne crois pas que saint Joseph ait été qualifié de "plus grand parmi les hommes, égal aux anges, voix des apôtres et lampe du monde" (saint Pierre Chrysologue).

Il ne viendrait plus à personne l'idée de considérer qu'après tout, saint Joseph n'est peut-être pas saint, mais de là à parler d'Assomption de saint Joseph (!!).

D'ailleurs le Christ le dit lui-même : "Inter natos mulierum non surrexit major Joanne Baptista" (Mt 11), entre les enfants des femmes, aucun homme plus grand que Jean Baptiste n'est apparu. La seule exception connue par les Pères de l'Eglise c'est le Christ lui-même, qui n'est pas né d'une femme mais d'une Vierge.

La question de subordonner Jean Baptiste à Joseph ne se pose même pas.
images/icones/1n.gif  ( 894854 )Culte de Saint Joseph par Luc de Montalte (2020-05-08 14:28:23) 
[en réponse à 894850]

À ce propos on pourra lire ce qui en est dit chez les petits bollandistes.

En revanche, êtes-vous certain de votre affirmation selon laquelle la sainteté de Joseph a pu parfois être remise en cause ? Cela me paraît pour le moins étonnant. L'ouvrage précédent donne des sources qui attestent plutôt du contraire…
images/icones/hum2.gif  ( 894858 )des livres sur saint Joseph par baudelairec2000 (2020-05-08 15:17:41) 
[en réponse à 894854]

Les Petits Bollandistes ! A chacun ses références. Deux ouvrages très complets sur le culte de saint Joseph en Occident:

Paul Payan, Joseph. Une image de la paternité dans l'Occident médiéval, Aubier, 2006.

Annick Lavaure, L'image de Joseph au Moyen Age, Presses univeristaires de Rennes, 2013.

Pendant très longtemps, le père nourricier du Christ a été confondu avec la figure de Joseph le patriarche.
images/icones/1y.gif  ( 894862 )Confondu ? par Lycobates (2020-05-08 15:26:24) 
[en réponse à 894858]

La patriarche Joseph de la Genèse est le prototype vétérotestamentaire de Saint-Joseph, père nourricier et putatif du Christ.

Aucune "confusion" !

Pas plus que Melchisédech, le prêtre-roi, a été confondu avec le souverain prêtre du Nouveau Testament qu'est le Christ.
images/icones/1e.gif  ( 894867 )confondant ! par baudelairec2000 (2020-05-08 15:47:47) 
[en réponse à 894862]

Si vous le dites avec autant d'autorité, je ne me hasarderai pas à contredire votre ministère de vérité.
images/icones/1f.gif  ( 894880 )Effectivement ! par Lycobates (2020-05-08 16:27:06) 
[en réponse à 894867]

Confondant pour vous, car si vous aviez retenu la liturgie de Saint-Joseph, tant de sa fête pendant le Carême, que celle du temps de Pâques dont nous venons d'achever l'octave ce mercredi, ce lieu commun théologique et liturgique ne vous serait pas inconnu.
Dommage !

Ite ad Joseph!
images/icones/1h.gif  ( 894888 )En même temps par Luc de Montalte (2020-05-08 16:50:26) 
[en réponse à 894867]

C'est très bien de citer des références, mais c'est un peu court si c'est pour ne pas même résumer ce qu'elles disent. Ça devient un peu une habitude ici (notamment chez un liseur prolixe que tout le monde reconnaîtra), je ne comprends pas trop l'intérêt…

À défaut de pouvoir les consulter, j'ai pris des recensions des livres que vous citez. L'étude d'Annick Lavaure démarre au XIIe siècle et montre la valorisation progressive de l'image de Saint Joseph. Je ne vois pas a priori trace de cette confusion ni d'une contestation de la sainteté de l'époux de la Sainte Vierge. De même l'étude de Paul Payan semble plutôt s'intéresser à l'évolution de la représentation d'un Saint Joseph âgé et fatigué. Étude plutôt iconographique donc. On a tous en tête ce genre de représentation de Saint Joseph, mais là encore, je ne vois pas le rapport avec une contestation de la sainteté de Saint Joseph.

Donc, je n'ai pas trouvé trace ni de cette histoire de confusion, ni surtout d'une contestation de la sainteté de Joseph. Ce serait aimable donc de préciser un peu plutôt que de citer sans citer…

PS : Les recensions que j'ai consulté : ici et ici.
images/icones/1h.gif  ( 894917 )De qui vous moquez-vous ? par baudelairec2000 (2020-05-08 19:35:00) 
[en réponse à 894888]

Les leçons; ça commence à bien faire. Vous croyez que les références des deux ouvrages sur saint Joseph, je vous les donne juste pour épater la galerie. Quant je vous les indiquais, je les avais sous la main.

Monsieur, en plus, n'est pas content: il faudrait que je lui résume les bouquins dont je cite les références; vous croyez peut-être que je n'ai que ça à faire... J'ai déjà ce matin rédigé un post dans lequel je me gardais bien de remettre la sainteté de saint Joseph en cause. Je me contentais de comparer très brièvement la présence dans la liturgie, je dis bien, d'un point de vue liturgique, de saint Jean-Baptiste et de saint Joseph . La piété, c'est autre chose, et là, saint Joseph sort grand gagnant; je doute qu'il en sorte grandi.

images/icones/4b.gif  ( 894933 )Pas de quoi prendre la mouche par Luc de Montalte (2020-05-08 21:47:36) 
[en réponse à 894917]

Simplement, c'est alors votre réponse qui ne répondait à rien. Puisqu'il faut se perdre dans des explications, je répondais uniquement à Vox Clamantis affirmant, je cite, que Saint Joseph « n'était, pendant longtemps, même pas forcément considéré comme saint ». Une telle affirmation m'a interloqué, et j'ai donc demandé d'où cela pouvait sortir. De fait, cela n'a en fait bel et bien aucun sens comme elle l'a reconnu.

Donc si vous êtes d'accord avec cela, je ne vois pas bien l'intérêt de votre réponse. J'ai quand même fait l'effort d'essayer de comprendre où vous vouliez en venir en cherchant de quoi parlent ces ouvrages. De fait, ils ne prouvaient en rien l'affirmation téméraire de Vox Clamantis à laquelle vous ne souscriviez en fait pas. Donc je n'ai pas compris pourquoi vous me répondiez et vous ai demandé d'expliquer, c'est bien normal je trouve.

Donc avant de partir au quart de tour, eh bien lisez les messages auxquels vous répondez. Quant à balancer des sources, je persiste à dire que si c'est juste pour dire que vous les avez sous la main, ça n'intéresse personne. Parce que franchement, je pense que tout le monde est au courant que cette dévotion à Saint Joseph est très récente (et je suis d'ailleurs d'accord avec vous sur cette question de toute manière, comme quasi tout le monde sur ce fil). Et c'est d'ailleurs pareil pour Lycobates qui réagissait à la même chose que moi à savoir la remise en cause assez absurde de la sainteté de Saint Joseph.
images/icones/fleur.gif  ( 894920 )C'est même une vérité reconnue par l'Église... par Chicoutimi (2020-05-08 20:31:47) 
[en réponse à 894862]

que le Joseph de l'Ancien Testament est une figure archétype de saint Joseph, époux de Marie.

Le Cardinal Lépicier a écrit ceci:


''C'est une vérité, reconnue par l'Église, unanimement enseignée par les écrivains sacrés et profondément enracinée dans le coeur des fidèles, que l'ancien Joseph, fils du Patriarche Jacob qui sauva l'Égypte de la famine, fut une figure archétype du chaste époux de Marie. Aussi peut-on affirmer que cette vérité appartient au trésor de la révélation.

« Plusieurs Pères de l'Église, dit Léon XIII, ont été d'avis, et la sainte liturgie elle-même le confirme, que le Joseph des temps anciens, fils du Patriarche Jacob, était une ébauche de la personne et des offices de notre Joseph, annonçant ainsi, par la splendeur de sa sainteté, la grandeur du futur gardien de la divine Famille. » Voyons maintenant les nombreux points de ressemblance qui existent entre les deux Joseph. (…)''




Pour ce qui est de la supériorité de saint Joseph sur saint Jean-Baptiste, le Cardinal Lépicier affirme:

Supériorité de saint Joseph sur saint Jean-Baptiste


''D'abord, il n'est pas difficile de démontrer la supériorité de saint Joseph sur saint Jean-Baptiste dans l'ordre du mérite et de la gloire.

L'Église exalte le Précurseur de Notre-Seigneur, et avec raison; car, sanctifié dans le sein de sa mère, il était destiné à annoncer au monde et, pour ainsi dire, à montrer du doigt le Christ Rédempteur. Toutefois, saint Jean-Baptiste n'eut pas, comme saint Joseph, le privilège de vivre dans un commerce des plus familiers avec Jésus, et d'apprendre de sa bouche et à son école les secrets de la vie spirituelle. Il vit le Sauveur, mais de loin, l'appelant l'Agneau de Dieu; saint Joseph, au contraire, le porta dans ses bras, l'appelant son fils et s'entendant appeler par lui du doux nom de père. Or, Jésus remplit, nous le savons, tous les devoirs de la loi naturelle, entre autres celui d'aimer ses parents plus que toute autre personne humaine. Il aima donc saint Joseph d'un amour le plus intense après celui qu'il portait à Marie, sa Mère; d'autre part, l'amour de Jésus est précisément la source de toute grâce et de toute gloire.

Contre ce que nous venons de dire, de la prééminence de saint Joseph sur saint Jean-Baptiste, on pourrait objecter ces paroles de Notre-Seigneur: « En vérité, je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que saint Jean-Baptiste. » Mais, si l'on examine attentivement ces paroles, à la lumière du contexte, on verra que l'intention du Sauveur n'était pas de comparer le Précurseur avec tous les hommes en général, autrement il faudrait en conclure que lui-même et sa sainte Mère fussent inférieurs à saint Jean-Baptiste.

La comparaison doit donc être faite expressément avec les Prophètes de l'Ancien Testament dont Notre-Seigneur parlait, en tant que ceux-ci annoncèrent le Christ futur, tandis que saint Jean-Baptiste l'annonça comme étant déjà présent, le montrant, pour ainsi dire, du doigt.

On peut dire encore que la comparaison établie par Notre-Seigneur ne regardait que les vivants, et que, par conséquent, son intention n'était pas de comprendre, dans cette comparaison, les personnes déjà mortes. Il voulait nous enseigner cette grande vérité que, quelle que soit la sainteté d'un homme dans cette vie, celle du dernier des élus dans la gloire l'emporte sur celle-ci, car la sainteté de cette vie peut se perdre, celle de la patrie, au contraire, est inamissible.

Notre-Seigneur voulait donc dire que le dernier des élus dans la gloire, ou dans la hiérarchie céleste, passe avant les justes qui occupent la première place dans la hiérarchie terrestre. Cette interprétation se recommande des paroles qui suivent: « Mais celui qui est le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. »

Est-il besoin de recourir à une autre interprétation qui semble s'autoriser du mot surrexit, dont se sert le texte sacré? Ce mot semblerait, en effet, se rapporter à l'apparence extérieure de la mission du Précurseur, à sa sanctification dans le sein de sa mère, et aux circonstances merveilleuses qui accompagnèrent sa naissance et sa circoncision, telles que la restitution du langage à Zacharie et l'admiration des peuples, choses qui ne s'étaient vérifiées dans le cas d'aucun autre prophète.

Concluons donc, avec les meilleurs auteurs, que l'on ne peut tirer, des paroles de Notre-Seigneur que nous venons de citer, aucun argument contre la supériorité, dans la gloire, de saint Joseph sur saint Jean-Baptiste.''




Source
images/icones/1h.gif  ( 894863 )Je sais bien… par Luc de Montalte (2020-05-08 15:30:02) 
[en réponse à 894858]

… qu'il s'agit d'une source datée mais là n'est pas la question. Par contre, je ne vois toujours pas ce qui permet d'affirmer que la sainteté de Saint Joseph a autrefois pu être remise en cause. Il me semble que ce point mérite d'être détaillé s'il est exact.

Merci pour les références tout de même.
images/icones/1a.gif  ( 894904 )Sur saint Joseph par Vox clamantis (2020-05-08 18:19:44) 
[en réponse à 894854]

Je parle malheureusement de mémoire, il me faudrait aller chercher dans des ouvrages que malheureusement je n'ai pas sous la main, d'une part, et qui se trouvent à plus de 100 km de moi, d'autre part. Notamment il y a eu des débats sur la question de savoir s'il était un saint ou un patriarche.

De fait, je sais que saint Joseph n'est pas toujours représenté avec un limbe dans l'iconographie, jusqu'au XVe siècle, même lorsque la Vierge et l'Enfant le sont : voyez par exemple ce Mariage de la Vierge d'un enlumineur de premier plan, vers 1460.

De même, la fête du 19 mars, quoiqu'anciennement attestée, est très rare dans les calendriers liturgiques avant le XVe siècle, et plutôt vers la fin : les franciscains les premiers l'adoptent en 1399, les ermites de Saint-Augustin pas avant la fin du XVe siècle, et les carmes vers 1480. Dans les différents diocèses saint Joseph apparaît au calendrier à des dates diverses, souvent dans la deuxième moitié du XVe siècle.

Je ne suis pas sûre de trouver des textes disant que saint Joseph n'était pas saint ; mais je peux vous certifier qu'on ne l'honorait pour ainsi dire pas (sauf chez les franciscains), avant le XVe siècle.

En fait, je crois surtout qu'il n'intéressait pas grand-monde...
images/icones/1n.gif  ( 894910 )Oui donc… par Luc de Montalte (2020-05-08 19:07:19) 
[en réponse à 894904]

… rien de si révolutionnaire donc. Sa dévotion s'est surtout développée après le XIVe, mais sa sainteté ne devait pas pour autant faire de doute. D'ailleurs, si vous regardez bien votre enluminure, vous pouvez constater que le bâton de Saint Joseph est fleuri (plus facile à voir sur gallica) :



En référence au passage du protévangile de Jacques où le futur époux de la Sainte Vierge est désigné par intervention divine :



chapitre VIII.

Et ses parents descendirent, admirant et louant Dieu de ce que l'enfant ne s'était pas retournée vers eux. Marie était élevée comme une colombe dans Ip tçmpje du Seigneur et elle recevait de la nourriture de la main des anges. Quand elle eut Wm$ r*f* 4f, douze ans, les prêtres se réunirent dans le temple du Seigneur et ils dirent : « Voici que Marie a passé dix ans dans le temple ; que ferons-nous à son égard, de peur que la sanctification du Seigneur notre Dieu n'éprouve quelque souillure? » Et les prêtres dirent au prince des prêtres : « Va devant l'autel du Seigneur et prie pour elle, et ce que Dieu t'aura manifesté, nous nous y conformerons. » Le prince des prêtres, ayant pris sa tunique garnie de douze clochettes entra donc dans le Saint des Saints et il pria pour Marie. Et voici que l'ange du Seigneur se montra à lui et lui dit : « Zacharie, Zacharie, sors et convoque ceux qui sont veufs parmi le peuple et qu'ils apportent chacun une baguette et celui que Dieu désignera par un signe sera l'époux donné à Marie pour la garder. » Des hérauts allèrent donc dans tout le pays de Judée, et la trompette du Seigneur sonna et tous accouraient.
chapitre IX.

Joseph ayant jeté sa hache, vint avec les autres. Et s'étant réunis, ils allèrent vers le grand-prêtre, après avoir reçu des baguettes. Le grand-prêtre prit les baguettes de chacun, il entra dans le temple et il pria et il sortit ensuite et il rendit à chacun la baguette qu'il avait apportée, et aucun signe ne s'était manifesté, mais quand il rendit à Joseph sa baguette, il en sortit une colombe et elle alla se placer sur la tête de Joseph. Et le grand-prêtre dit à Joseph : « Tu es désigné par le choix de Dieu afin de recevoir cette vierge du Seigneur pour la garder auprès de toi. » Et Joseph fit des objections disant : « J'ai des enfants et je suis vieux, tandis qu'elle est fort jeune ; je crains d'être un sujet de moquerie pour les fils d'Israël. » Le grand-prêtre répondit à Joseph : « Crains le Seigneur ton Dieu et rappelle-toi comment Dieu agit à l'égard de Dathan, d'Abiron et de Coreh, comment la terre s'ouvrit et les engloutit, parce qu'ils avaient osé s'opposer aux ordres de Dieu. Crains donc, Joseph, qu'il n'en arrive autant à ta maison. » Joseph épouvanté reçut Marie et lui dit : « Je te reçois du temple du Seigneur et je te laisserai au logis, et j'irai exercer mon métier de charpentier et je retournerai vers toi. Et que le Seigneur te garde tous les jours. »



(traduction Brumet)

On est bien loin d'une négation de la sainteté de Joseph dans la diffusion d'une telle légende.
images/icones/fleche2.gif  ( 894911 )Addendum par Luc de Montalte (2020-05-08 19:10:28) 
[en réponse à 894910]

L'ajout selon lequel le bâton a aussi fleuri serait plutôt tiré de la Légende Dorée pardon, mais c'est un développement de cette tradition quoi qu'il en soit.
images/icones/fleche2.gif  ( 894915 )Vir justus par Lycobates (2020-05-08 19:30:11) 
[en réponse à 894911]

Saint Joseph est appelé un Juste dans l'Évangile.
Les Justes de l'Ancien Testament sont des saints.

Aussi saint Jérôme (Adversus Helvidium 19) l'appelle virum sanctum, en parlant de sa virginité
(saint Thomas le cite IIIª q. 28 a. 3 ad 5).

L'on pourrait multiplier les témoignages en cherchant un peu.

Enfin bref, si cela ne suffit pas ...
images/icones/attention.gif  ( 894868 )Noli etiam inquirere ... par Lycobates (2020-05-08 15:59:38) 
[en réponse à 894850]

Imitatio Christi, III, 58, 2-9.

[Loquitur Dominus:]
2. Noli etiam inquirere nec disputare de meritis Sanctorum, quis alio sit sanctior; aut quis major sit in regno cælorum. Talia generant sæpe lites et contentiones inutiles, nutriunt quoque superbiam et vanam gloriam: unde oriuntur invidiæ et dissensiones, dum ille istum Sanctum, et alius alium conatur superbe præferre. Talia autem velle scire et investigare nullum fructum afferunt, sed magis Sanctis displicent, quia non sum Deus dissensionis, sed pacis, quæ pax magis in humilitate vera, quam in propria exaltatione consistit.
3. Quidam zelo devotionis trahuntur ad hos Sanctos vel ad illos, ampliori affectu, sed humano potius, quam divino. Ego sum qui cunctos condidi Sanctos; ego donavi gratiam; ego præstiti gloriam. Ego novi singulorum merita; ego præveni eos in benedictionibus dulcedinis meæ. Ego præscivi dilectos meos ante sæcula; ego eos elegi de mundo, non ipsi me præelegerunt. Ego vocavi per gratiam, attraxi per misericordiam; ego perduxi eos per tentationes varias. Ego infudi consolationes magnificas; ego dedi perseverantiam; ego coronavi eorum patientiam.
4. Ego primum et novissimum agnosco; ego omnes inæstimabili dilectione amplector. Ego laudandus sum in omnibus Sanctis meis; ego super omnia benedicendus sum et honorandus in singulis, quos sic gloriose magnificavi, et prædestinavi sine ullis præcedentibus propriis meritis. Qui ergo unum de minimis meis contempserit, nec magnum honorat: quia pusillum et magnum ego feci. Qui derogat alicui Sanctorum, derogat et mihi, et omnibus cæteris in regno cælorum. Omnes unum sunt per caritatis vinculum, idem sentiunt, idem volunt et omnes in unum se diligunt.
5. Adhuc autem, quod multo altius est, plus me quam se et sua merita diligunt. Nam supra se rapti et extra propriam dilectionem tracti, toti in amorem meum pergunt, in quo et fruitive quiescunt. Nihil est quod eos avertere possit aut deprimere: quippe qui æterna veritate pleni, igne ardescunt inexstinguibilis caritatis. Taceant igitur carnales et animales homines de Sanctorum statu disserere: qui non norunt nisi privata gaudia diligere; demunt et addunt pro sua inclinatione, non prout placet æternæ Veritati.
6. In multis est ignorantia, eorum maxime qui parum illuminati raro aliquem perfecta dilectione spirituali diligere norunt. Multi adhuc naturali affectu, et humana amicitia ad hos vel ad illos trahuntur; et sicut in inferioribus se habent, ita et de cælestibus imaginantur. Sed est distantia incomparabilis inter ea quæ imperfecti cogitant, et ea quæ illuminati viri per revelationem contemplantur, et speculantur supernam.
7. Cave ergo, fili, de istis curiose tractare, quæ scientiam tuam excedunt; sed hoc magis satage et intende, ut vel minimus in regno Dei queas inveniri. Et si quispiam sciret, quis alio sanctior esset, vel major haberetur in regno cælorum, quid ei hæc notitia prodesset, nisi se ex hac cognitione coram me humiliaret, et in majorem mei nominis laudem exsurgeret? Multo acceptius Deo facit qui de peccatorum suorum magnitudine, et virtutum suarum parvitate cogitat, et quam longe a Sanctorum perfectione distat, quam is, qui de majoritate eorum vel parvitate disputat. Melius est Sanctos devotis precibus et lacrimis exorare et eorum gloriosa suffragia humili mente implicare, quam eorum secreta vana inquisitione perscrutari.
8. Illi bene et optime contentantur, si homines scirent contentari et vaniloquia sua compescere. Non gloriantur de propriis meritis, quippe qui sibi nil bonitatis adscribunt; sed totum mihi, quoniam ipsis cuncta ex infinita mea caritate donavi. Tanto amore divinitatis et gaudio supereffluenti replentur, ut nil desit eis gloriæ, nihilque desit felicitatis. Omnes Sancti quanto altiores in gloria tanto humiliores in se ipsis, et mihi viciniores et dilectiores existunt. Ideoque habes scriptum, quia mittebant coronas suas ante Deum, et ceciderunt in facies suas coram Agno et adoraverunt viventem in sæcula sæculorum.
9. Multi quærunt, quis major sit in regno Dei, qui ignorant an cum minimis erunt digni computari. Magnum est vel esse minimum in cælo, ubi omnes magni sunt: quia omnes filii Dei vocabuntur et erunt. Minimus erit in mille et peccator centum annorum morietur. Cum enim quærerent Discipuli, quis major esset in regno cælorum, tale audierunt responsum: Nisi conversi fueritis et efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in regnum cælorum. Quicumque ergo humiliaverit se sicut parvulus iste: hic major est in regno cælorum.

images/icones/1d.gif  ( 894883 )En latin, s'il vous plaît par baudelairec2000 (2020-05-08 16:34:33) 
[en réponse à 894868]

Cela donne plus de poids à la réponse. Vous pourriez peut-être vous donner la peine de traduire.

images/icones/heho.gif  ( 894886 )Référence donnée par Lycobates (2020-05-08 16:45:19) 
[en réponse à 894883]

J'ai donné la référence, à dessein, en exergue.
Si vous, Français, ne possédez pas d'Imitation en votre langue, tant pis pour vous
(même si, bien entendu, il n'existe aucune obligation d'en posséder une, pas plus qu'un Nouveau Testament ou un bréviaire, mais quand on aime assener, il faut s'être documenté).

Je ne connais pas de traduction française de cette oeuvre, et je ne sais pas s'il y en a en ligne. Je n'ai pas cherché.
Mais un francophone se devrait de la trouver à l'instant, si besoin était.
images/icones/bible.gif  ( 894918 )Saint Bernardin de Sienne par N.M. (2020-05-08 19:37:56) 
[en réponse à 894886]

Je m'étonne avec vous, cher Lycobates, qu'on ne prenne pas en compte le fait que la doctrine de saint Bernardin de Sienne a été intégrée par l’Église à sa liturgie. C'est un argument d'autorité en sa faveur.


"Si donc l’Église entière est redevable à la vierge mère, puisque c'est par Marie qu'elle a été rendue digne de recevoir le Sauveur, sans aucun doute, après Marie, l’Église doit une reconnaissance et une vénération singulières à saint Joseph. [...] Il est donc figuré avec raison par ce patriarche Joseph, qui conserva le froment aux peuples. Cependant, il le surpasse, car il a fait plus que fournir aux Égyptiens le pain de la vie matérielle ; en nourrissant Jésus avec un soin très vigilant, il a procuré à tous les élus le pain du ciel, qui donne la vie céleste."

Saint Bernardin de Sienne, premier sermon sur saint Joseph, cité au deuxième nocturne des Matines de la fête du Patronage de saint Joseph.




"Puisqu'il y eut entre Marie et Joseph un mariage très véritable, contracté par l'inspiration divine, et que, dans le mariage, l'union des cœurs s'établit à ce point que l'époux et l'épouse sont appelés une même personne, pour exprimer une unité presque parfaite, comment un esprit clairvoyant pourrait-il penser que l'Esprit-Saint aurait uni d'une union si étroite à l'âme d'une vierge telle que Marie, une autre âme, si celle-ci n'eût avec la sienne une grande similitude par la pratique des vertus ? Je le crois donc, ce saint Joseph fut l'homme le plus pur en sa virginité, le plus profond en humilité, le plus ardent en amour de Dieu et en charité, ainsi que très élevé en contemplation."

Saint Bernardin de Sienne, id., cité au deuxième nocturne des Matines du deuxième jour dans l'octave de saint Joseph.



Le pape Léon XIII a repris l'argument de saint Bernardin de Sienne en son encyclique Quamquam pluries :


"Certes, la dignité de Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au dessus. Mais comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il ait approché, plus que personne, de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les autres créatures. L’union conjugale est en effet la plus grande de toutes ; à raison de sa nature même, elle s’accompagne de la communication réciproque des biens des deux époux. Si donc Dieu a donné à la Vierge Joseph comme époux, bien certainement il ne le lui a pas seulement donné comme soutien dans la vie, comme témoin de sa virginité, gardien de son honneur, mais il l’a fait aussi participer par le lien conjugal à l’éminente dignité qu’elle avait reçue."

Léon XIII, encyclique Quamquam pluries, 15 août 1889.



Bien sûr, on objecte Matthieu, XI, 11 :


"En vérité, je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste."



Sauf que l'on fait mine d'oublier que la Sainte Vierge est assurément à compter "parmi les enfants de femmes" et qu'elle est assurément "plus grand[e] que Jean-Baptiste"... qui est assurément très grand.

Sur cette question, on lira avec profit le père Garrigou-Lagrange.

images/icones/bravo.gif  ( 894919 )Oui, saint Bernardin de Sienne fait autorité en la matière... par Chicoutimi (2020-05-08 20:05:25) 
[en réponse à 894918]

et j'ajoute que l'absence de reliques corporelles de saint Joseph - alors que nous en possédons de saint Jean-Baptiste et même de saints antérieurs comme sainte Anne et saint Joachim ainsi que des rois mages et des bergers - est une indication que saint Joseph est, avec Notre-Seigneur et la Sainte Vierge, parmi ceux qui sont déjà glorifiés en corps et en âme, et cette glorification le place certainement au rang de plus grand saint après la Mère de Dieu.

Pour rappel, saint Bernardin de Sienne a dit:


''Si le Dieu Sauveur a voulu, pour satisfaire sa piété filiale, glorifier le corps aussi bien que l’âme de la très Sainte Vierge au jour de son Assomption, l’on peut et l’on doit croire pieusement qu’il n’en a pas moins fait pour Joseph, si grand entre les saints... Ainsi, cette Sainte Famille, qui avait été unie sur la terre dans les souffrances de la vie et dans les liens de l’amour et de la grâce, règne maintenant en corps et en âme dans l’amour et dans la gloire des cieux.''



Source
images/icones/1d.gif  ( 894923 )Vous mélangez et inventez par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 20:52:41) 
[en réponse à 894919]

St Joseph est un très grand saint, mais il est un saint de la vie cachée de Jésus.

St Jean-Baptiste, par contre, est le Précurseur, il est annoncé par les prophètes, sa conception et sa naissance sont mises en parallèle avec celle du Christ ! Son message est public. Lorsque le Christ dit qu'il est le plus grand, c'est qu'il est le plus grand, que les autres hommes soient morts ou vivants !

Nous connaissons des paroles de St Jean-Baptiste, nous ne connaissons pas de paroles de St Joseph !

Vous inventez un autre évangile, une résurrection et une assomption de St Joseph, de Ste Anne etc ... C'est du pur délire ! C'est du fidéisme bébête !

Yves Daoudal vous avait déjà épinglé à ce sujet ici
images/icones/1e.gif  ( 894925 )chers Franciscains par baudelairec2000 (2020-05-08 21:07:53) 
[en réponse à 894923]

On touche là en effet le rôle des Franciscains dans la diffusion du culte de saint Joseph. Quand la piété part en vrille...
images/icones/fleche2.gif  ( 894926 )Les franciscains furent critiqués également... par Chicoutimi (2020-05-08 21:11:00) 
[en réponse à 894925]

lorsqu'ils propagèrent la doctrine de l'Immaculée-Conception, dont on ne trouve pas de traces explicites dans les Écritures, et pourtant ils avaient raison.

Du reste, il n'y a pas que les franciscains qui parlèrent de la glorification en corps et en âme de saint Joseph.
images/icones/nounours.gif  ( 894931 )Vous vous trompez par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 21:29:36) 
[en réponse à 894926]

Il y a des traces de l'Immaculée-Conception dans l'Ecriture et c'est le salut de l'ange à la Vierge : "pleine de grâce !"

En outre, l'Assomption de la Ste Vierge est liée à son Immaculée-Conception. C'est même le concile Vatican II qui l'affirme :

« Enfin, la Vierge immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs et vainqueur du péché et de la mort. »

— Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l'Église, § 59.

Il s'agit donc d'un unique et insigne privilège !

Pas d'Immaculée-Conception en revanche chez St Joseph. Par contre, St Jean-Baptiste a été sanctifié par l'Esprit-Saint dès le sein de sa mère !

Sur le dogme de l'Immaculée-Conception, vous verrez que l'Eglise y a cru dès les premiers âges, même si le dogme n'a été proclamé qu'en 1854 ici
images/icones/neutre.gif  ( 894936 )C'est vous qui confondez les choses... par Chicoutimi (2020-05-08 22:32:42) 
[en réponse à 894931]

D'abord, je n'ai pas dit qu'il n'y avait aucune trace de l'Immaculée-Conception dans l'Écriture. J'ai dit qu'il n'y avait pas de traces explicites. Autrement, si l'Immaculée-Conception était explicite dans les Écritures, saint Thomas d'Aquin l'aurait enseignée, les protestants y croirait et les Orthodoxes la professerait.

Je ne doute pas que l'Immaculée-Conception ait été cru dès les origines du christianisme. Quant à dire que tous y ont cru, toujours et partout, c'est nier l'histoire du christianisme et les grands débats doctrinaux qui ont agités la chrétienté. Or, au sein de ces débats, ce sont les franciscains, entre autre, qui ont eu raison.

Il peut arriver qu'une vérité soit contenue dans l'Écriture de manière implicite de sorte que ce n'est qu'après un long effort de réflexion et de développement théologique que ladite vérité devient mûre pour une proclamation dogmatique.

Ensuite, il n'a jamais été dit que l'Assomption était le privilège unique de Marie. C'est l'Immaculée-Conception qui est son privilège unique.

Certes, l'Assomption de Marie est une conséquence, entre autre, de son Immaculée-Conception. Mais l'Immaculée-Conception n'est pas une condition sine qua non pour être glorifié en corps et en âme. Autrement, nous sommes perdus. Pourtant, nous croyons en la résurrection de la chair. Tous, nous sommes appelés à la glorification en corps et en âme, mais chacun à notre rang.

Que la Vierge ait été glorifiée en corps et en âme, nous le croyons, c'est même un dogme. Mais il y en a peut-être d'autres qui le sont déjà, et il est permis de croire, sans y être obligé, que saint Joseph est l'un de ceux-là.
images/icones/find.gif  ( 894941 )Vous faites croire par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 23:43:11) 
[en réponse à 894936]

que nous ne croyons pas à la résurrection de la chair.

Ce qu'on vous dit et ce que dit l'Eglise, c'est que seuls le Christ et Sa mère sont pour le moment au Ciel avec leurs corps. Le Christ n'a pas permis que le corps de Sa mère subisse la corruption du tombeau.

Quant aux autres, à nous tous, si nous sommes morts à ce moment là, ce qui est fort probable, nous ressusciteront au dernier jour, lors de la Parousie, après avoir connu le tombeau, pour une éternité de joie ou de souffrances.
images/icones/bible.gif  ( 894942 )La mort est le salaire du péché ! par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 23:50:12) 
[en réponse à 894941]

Si vous êtes pécheur, vous connaissez la mort et la corruption du tombeau.

Seuls le Christ et Sa mère qui n'ont pu pécher ou qui ont été préservés du péché, ne connaissent pas la mort ou/et la corruption du tombeau.

C'est la foi de l'Eglise et c'est simple à comprendre !
images/icones/bible.gif  ( 894944 )Et pourtant... par Chicoutimi (2020-05-09 00:07:08) 
[en réponse à 894942]

il y a des saints dont le corps est incorruptible. Ils étaient pécheurs et ont connu la mort, certes, mais pas la corruption du tombeau.

Quant à la Sainte Vierge, qui n'a pas connue le péché, beaucoup d'auteurs - comme Jean-Paul II et vous-même si ma mémoire est bonne - affirment que le dogme de l'Assomption ne signifie pas qu'elle n'a pas connu la mort.

Ces deux éléments ne viennent pas contredire le rappel que vous nous faites, à savoir que ''le salaire du péché c'est la mort''. Mais invite à remettre les choses en perspective: des pécheurs n'ont pas connus la corruption du tombeau, et la Toute Sainte a connu la mort.

Ceci étant dit, pour revenir à saint Joseph, il a connu la mort. Mais cela ne signifie pas que le Seigneur l'ait laissé aller à la corruption du tombeau, ni qu'il ne l'a pas ressuscité avec les autres saints dont parle saint Matthieu afin de donner encore plus d'éclat à la victoire de sa Résurrection à laquelle nous sommes tous appelés; pour la plupart à la fin du monde, pour d'autres bien avant.

Évidemment, nous devons croire que le Seigneur et sa Mère sont déjà ressuscités dans la gloire du Ciel; cela relève du dogme. Mais encore une fois il n'y a rien qui puisse interdire que saint Joseph n'a pas subi le même traitement. Vous refusez ce que des saints et des docteurs affirment. C'est votre droit, mais il n'y a rien de fidéiste ou de délirant là-dedans.
images/icones/fleche2.gif  ( 894943 )Ce que je dis... par Chicoutimi (2020-05-08 23:57:30) 
[en réponse à 894941]

ce n'est pas que vous ne croyez pas à la résurrection de la chair, c'est que vous rejeter la possibilité que d'autres saints, en dehors de Jésus et sa Mère, puissent déjà être glorifiés en corps et en âme.

Que d’autres saints puissent avoir été glorifiés dans leur corps à la suite de Jésus et de Marie, c’est une possibilité qu’évoquait aussi Saint Thomas d’Aquin lorsqu’il disait à propos de l’Eucharistie : « La partie de l'oblation qui est mise dans le calice désigne le corps du Christ qui a déjà ressuscité, c'est-à-dire le Christ lui-même et la Sainte Vierge, et les autres saints, s'il y en a, qui sont entrés corporellement dans la gloire. » (Somme théologique, IIIa, q. 83, art. 5, ad 8).

Certes, saint Thomas est très prudent. Il ne dit pas qu'il y en a d'autres mais il évoque cette possibilité.

Quant à la résurrection des saints dont parle l'Évangile de Matthieu, plusieurs auteurs faisant autorité affirmèrent qu'il s'agissait bel et bien d'une résurrection non pas temporaire (comme un retour normal à la vie terrestre) mais une résurrection véritable et donc une glorification en corps et en âme.
images/icones/2e.gif  ( 894945 )Non et encore non ! par Jean-Paul PARFU (2020-05-09 00:33:07) 
[en réponse à 894943]

Les personnes que Jesus a ressuscitées ou qui ont été ressuscitées lors de la mort de Jesus, sont mortes à nouveau.

Les saints dont vous parlez et dont le corps n'a pas subi de corruption sont morts. Ils sont très peu nombreux, font l'objet d'un miracle permanent et leurs corps n'ont pas ressuscité.

Seuls le Christ et Sa mère ont actuellement au Ciel un corps ressuscité ou qui n'a pas connu la mort (pour la Sainte Vierge) et qui est un corps de gloire spiritualisé qui ne meurt plus !

J'avoue que je ne comprends pas votre acharnement sur ces sujets qui ne posent normalement aucun problème ! Je ne peux y voir qu'une étrange tendance "piéto-fidéiste' proche de l'hérésie !
images/icones/hum2.gif  ( 894946 )Mais... par Chicoutimi (2020-05-09 00:54:16) 
[en réponse à 894945]

C'est vous qui vous acharnez. Quand bien même je vous cite saint Bernardin de Sienne, saint François de Sales, saint Thomas d'Aquin, le Cardinal Lépicier, et bien d'autres, vous ne bougez pas. Très bien. Moi je ne le prends pas mal. Je vois vos objections comme de belles opportunités de réfléchir et d'aller encore plus loin dans l'approfondissement de ce mystère entourant saint Joseph.

À chaque fois que le sujet revient, vous insister pour mettre à mal cette croyance, mais je crois que ce n'est pas pour des raisons théologiques. Peut-être que le sujet réveille des choses en vous. À vous de voir de quoi il s'agit.

Quant à l'accusation d'être proche de l'hérésie, permettez-moi une anecdote:

Une bon prêtre de la Tradition me racontait un jour que, lors de son séminaire, un excellent professeur (d'origine espagnole si ma mémoire est bonne) considérait la négation de l'Assomption de saint Joseph comme étant pratiquement hérétique. Bon, moi je ne vais pas aussi loin que lui, je respecte votre liberté à ce sujet puisqu'aucun dogme n'a été proclamé là-dessus.

Ceci dit, je veux simplement vous montrer qu'avant de suspecter une possible hérésie dans la croyance en l'Assomption de saint Joseph, il faudrait peut-être voir si, de votre côté, vous avez bien saisi toutes les données de la foi; car ce mystère - loin de nier les vérités de la foi catholique - semble les confirmer et nous permet même de les approfondir. En abordant le sujet, nous voyons à quel point il est interconnecté avec les autres mystères. En effet, n'avons-nous pas discuter de la communion des saints et de la Sainte Famille, de la Résurrection du Christ et de la résurrection de la chair, des dogmes mariaux, du péché originel et de la Rédemption? Loin d'être un problème, le sujet nous fait entrer profondément dans les mystères du salut.

Quant à la tendance piéto-fidéiste, je ne pense pas avoir manqué de mettre par écrit plusieurs arguments qui démontrent une démarche qui se veut réflexive, rationnelle et soucieuse de découvrir ce que des auteurs autorisés en la matière ont pu dire, sans compter que je n'ai jamais remis en question un dogme catholique.

Si au moins vous pouviez avoir l'honnêteté de dire que la croyance est légitime et permise, nous aurions déjà fait un bon bout de chemin.
images/icones/4a.gif  ( 894948 )Je n'avais jamais entendu parler par Jean-Paul PARFU (2020-05-09 01:05:54) 
[en réponse à 894946]

"d'assomption de St Joseph" avant de lire vos posts. Les milieux ou les prêtres que vous fréquentez me semblent bien étranges !
images/icones/hum2.gif  ( 894951 )Eh bien... par Chicoutimi (2020-05-09 01:09:51) 
[en réponse à 894948]

la première où j'en ai entendu parler, c'était en lisant la vie des saints pour tous les jours de l'année de l'abbé Jaud.

Quant aux prêtres à qui j'en ai parlé, ils n'ont fait que répondre à mes questions.

Certains en avait entendu parler (surtout au sein de la Tradition) alors que d'autres n'en n'avait jamais entendu parler (surtout au sein du Novus Ordo).
images/icones/neutre.gif  ( 894954 )Etranges ? par Meneau (2020-05-09 03:11:00) 
[en réponse à 894948]

St François de Sales est quand même Docteur de l'Eglise...

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 894956 )En effet... par Chicoutimi (2020-05-09 03:25:55) 
[en réponse à 894954]

mais pour Me Parfu, saint François de Sales est un hérétique même si ce dernier est Docteur de l'Église.
images/icones/1e.gif  ( 894960 )Chicoutimi par jejomau (2020-05-09 09:27:33) 
[en réponse à 894948]

fait exactement le même constat que moi.

Les Pères de l'Eglise, Saint Thomas d'Aquin, Suarez, etc.. passent tous à la trappe quand il s'agit de défendre une religion gnostique qui est la vôtre, loin de la vraie religion catholique!

Un Antéchrist imagé. Le dogme sur la création d'Adam retouché avec l'infusion d'une âme dans un corps issu de l'évolution des petits poissons devenus singes peuplant la terre pour aboutir ainsi à l'homo sapiens, etc..

Mais qu'est ce que j'aurais ramassé si j'avais seulement écrit les huitième du quart de vos sympathiques posts !



images/icones/neutre.gif  ( 894975 )Oui... enfin bon... par Meneau (2020-05-09 12:05:38) 
[en réponse à 894960]

JPP est sans doute trop affirmatif concernant St Joseph, mais faudrait pas tout mélanger quand même... On est loin de certains de vos délires.

Cordialement
Meneau

images/icones/1n.gif  ( 894934 )Rien à voir par Luc de Montalte (2020-05-08 21:54:23) 
[en réponse à 894926]

D'une sur l'Immaculée Conception, Me Parfu vous a répondu.

De deux, l'Assomption de la Sainte Vierge était dans la liturgie de toute Antiquité.

Rien de tel évidemment pour Saint Joseph. On croirait pour peu lire les prédictions des opposants à la dévotion au Sacré Cœur qui prévoyaient son extension à tout et n'importe quoi.
images/icones/fleche2.gif  ( 894937 )Réponse à ces 2 objections par Chicoutimi (2020-05-08 22:44:10) 
[en réponse à 894934]

D'une, j'ai parlé de l'Immaculée-Conception tout simplement pour répondre à baudelairec2000 afin de montrer que les franciscains y ont cru et qu'ils avaient raison. Par conséquent, il n'était pas opportun de se moquer du '' rôle des Franciscains dans la diffusion du culte de saint Joseph'' et ainsi de dire que ''la piété part en vrille''.

Mais contrairement à Me Parfu, je ne crois pas que l'Assomption de Marie est un privilège unique; cela le dogme ne le dit pas. Ce que je crois, c'est que l'Immaculée-Conception est le privilège unique et singulier de Marie; cela le dogme le dit.

De deux, pour ce qui est de l'Assomption de Marie, je sais bien que cela a été crue et célébrée depuis l'Antiquité chrétienne. Je ne prétends pas que c'est la même chose qui est arrivée pour saint Joseph. Mais ce que j'adopte comme position c'est qu'il y a des vérités qui prennent du temps à se développer et qui n'en sont pas moins des vérités qui méritent d'être approfondies. Et l'Assomption de saint Joseph en est un exemple. Je n'ai toujours pas rencontré d'objections sérieuses à l'Assomption de ce dernier.
images/icones/2a.gif  ( 894947 )Connaissez-vous le Credo Chicoutimi ? par Jean-Paul PARFU (2020-05-09 00:58:39) 
[en réponse à 894937]

Le Credo nous fait dire :

- "J'attends la résurrection des morts (ou de la chair) et la vie du monde à venir."

Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans cette phrase de notre profession de foi ?

"J'attends". Nous attendons ! Les corps glorieux du Christ et de Sa mère sont donc des privilèges, privilèges liés au fait que Jesus est Dieu et que Sa mère est donc la mère de Dieu sans péché. Eux et seulement eux n'attendent pas ! Leur retirer ce privilège est nier leur statut et c'est les offenser et nier la foi catholique !
images/icones/1r.gif  ( 894949 )Justement... par Chicoutimi (2020-05-09 01:06:05) 
[en réponse à 894947]

Vous le dites vous-même dans votre message: il y a des exceptions, des privilèges.

J'attends la résurrection des morts est la norme. Et j'y crois. Mais il y a toujours des exceptions qui confirment la règle: l'Assomption de Marie en est le plus bel exemple, et rien n'empêche de croire qu'il puisse y en avoir d'autres.

Qu'est-ce qui vous choque là-dedans?

En quoi l'Assomption de saint Joseph enlève-t-elle de la gloire à Jésus et à Marie?

Encore une fois, je ne vous demande pas d'y croire. Mais je vous demande de reconnaître que l'Église donne la liberté de croire en l'Assomption de saint Joseph.

images/icones/rose.gif  ( 894952 )Justement non ! par Jean-Paul PARFU (2020-05-09 01:22:05) 
[en réponse à 894949]

Ne sont d'ores et déjà au Ciel avec un corps glorieux que le Seigneur qui est Dieu et Sa mère qui est l'Immaculée-Conception, car en dehors du Christ et de sa mère, nous sommes tous pécheurs, St Joseph compris. Dire le contraire, c'est dire au moins implicitement que la mort et le tombeau ne sont pas le salaire du péché ou c'est dire que St Joseph n'a jamais péché, ce qui dans les deux cas est une hérésie. Et comme tous les hérétiques, vous vous obstinez avec beaucoup d'assurance et de culot.
images/icones/fleche2.gif  ( 894953 )''Le salaire du péché c'est la mort... par Chicoutimi (2020-05-09 01:41:53) 
[en réponse à 894952]

mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur'' (Rm 6, 23).

Ce n'est donc pas le péché qui a le dernier mot, mais le Christ. Et celui-ci peut très bien faire participer à sa glorieuse résurrection les pauvres pécheurs que nous sommes. D'ailleurs, il ne peut en être autrement car seul la Vierge Marie a été conçue sans péché.

Personne n'a dit que saint Joseph n'a pas connu la mort. Il l'a connu et a donc payé sa dette pour le péché. Mais comme tous les autres pécheurs, il est appelé à la résurrection. Or, rien n'empêche qu'il soit déjà glorifié en corps et en âme à titre exceptionnel.

Pour ce qui est de vos accusations d'hérésie, vous allez un peu trop loin. Je n'ai jamais dit que saint Joseph avait été immaculée dès la conception, et je n'ai jamais dit qu'il n'avait pas connu la mort.
images/icones/1a.gif  ( 894935 )Pour Chicoutimi: saint Joseph au Canada par baudelairec2000 (2020-05-08 21:57:51) 
[en réponse à 894926]

citation de l'ouvrage de Paul Payan, Une image de la paternité dans l'Occident médiéval (Aubier); l'auteur nous apprend que le Canada a été placé sous le patronage de saint Joseph dès le XVIIe siècle:


" A la fin du XIXe siècle, la dévotion exceptionnelle du frère André Bessette (1845-1936) - l'auteur se trompe sur la date de la mort du religieux, 6 janvier 1937 - de la congrégation Sainte-Croix de Montréal a été à l'origine de la construction dans cette ville d'un spectaculaire Oratoire de Saint-Joseph qui reste à ce jour le plus important sanctuaire dédié au père terrestre du Christ. Depuis 1951, un centre de documentation y effectue un gros travail de recherche dans le but de démontrer l'ancienneté du culte de saint Joseph. Malgré le sérieux de ces études, ces efforts ne doivent pas faire illusion: durant tout le Moyen Age, Joseph n'est désigné la plupart du temps que par son titre d'époux de Marie, et sa sainteté n'est que rarement affirmée. Personnage biblique, il ne peut bénéficier des nombreux procès de canonisation instruits à partir du XIIIe siècle pour consacrer les nouveaux saints de l'Eglise triomphante. C'est donc lentement et timidement que le père terrestre du Christ sort lentement de l'ombre au cours des derniers siècles du Moyen Age pour s'affirmer, non sans réticences, comme un saint à part entière selon un processus que ce travail se propose d'examiner (Intro. p. 12)".

Un étude stimulante, me semble-t-il ?

Je signale aux liseurs non canadiens - ils sont ici assez nombreux - que le Frère André (son nom de religieux), thaumaturge et dévôt de saint Joseph a été canonisé par Benoît XVI le 17 octobre 2010. Liturgiquement, il est fêté le 7 janvier.
images/icones/bravo.gif  ( 894955 )La joséphologie... par Chicoutimi (2020-05-09 03:24:01) 
[en réponse à 894935]

a effectivement été développée de manière importante à l'Oratoire Saint-Joseph. Non seulement on y faisait la promotion du culte de saint Joseph mais on y a repéré et accumulé l’ensemble des documents doctrinaux et historiques sur saint Joseph. Une revue scientifique, Les Cahiers de Joséphologie, a été publié pendant près de 40 ans, faisant ainsi connaître ''des articles théologiques, des études historiques, des analyses de textes pontificaux, des études sur le culte à saint Joseph propres à certains charismes ou communautés''. (Voir)

Il y a aussi d'autres instituts qui s'intéressent à la joséphologie. Il y a, entre autre, l’Institut Redemptoris Custos, un centre de recherche théologique sur saint Joseph, dont parle cet article de L'Homme Nouveau.

Il existe également un Centre français de recherche sur saint Joseph ICI.

Il existe un mémoire de maîtrise très intéressant sur le sujet. On y apprend , entre autre, qu'au niveau du développement de la joséphologie:


1- ''c’est Gerson qui lancera, sous forme de questions prudentes, les notions d’Immaculée Conception , de la mort, de l’Assomption de Joseph, comme Marie, préfigurant le «parallélisme des pèlerinages de foi de Joseph et Marie, évoqué par Jean Paul II dans «Redemptoris Custos».

2- ''Les franciscains Bernard de Sienne, Bernardin de Bustis, enseignent la « préservation (de Joseph) du péché originel », sa mort, sa Résurrection et son Assomption.''

3- ''Au 16° siècle : c’est « l’envolée spirituelle » dans la lignée de Gerson, avec Sainte Thèrése d’Avila (+1582) et St François de Sales (+1622), dont les précurseurs enseignent presque tous la Purification de Joseph dans le sein maternel , sa Mort, sa Résurrection et son Assomption.''

4- ''Le 17° siècle est le « siècle d’or » de la joséphologie, avec Monsieur Ollier, Bossuet et toute l’Ecole de Spiritualité française, qui insistent sur la grandeur de St Joseph. (…) Presque tous les auteurs enseignent, comme au siècle précédent, la Purification dans le sein maternel, la mort, la Résurrection et l’Assomption de Joseph.''

5- ''Dom Guéranger illumine son siècle (et le 20°). (…) Plus qu’un simple enseignement théologique, il demande que l’on peigne Joseph jeune. Il enseigne sa puissance d’intervention, sa Résurrection et son Assomption.''



Source

Évidemment, l'idée d'une conception immaculée chez saint Joseph a été abandonnée (le développement du dogme marial a fait comprendre qu'il s'agit-là d'un privilège unique). Mais celle d'une assomption corporelle n'a pas été abandonnée. Elle constitue toujours un objet de croyance et de réflexion légitime.

En tout cas, merci pour votre message. Moi, je trouve le domaine de la joséphologie fascinant. Bien sûr, les autres disciplines, comme la mariologie et la christologie, pour ne citer que ces deux-là, sont également très intéressants. On en découvre toujours dans le domaine de la foi, en étudiant les divers courants, penseurs et idées qui jalonnent les siècles. Et le Canada, grâce à l'Oratoire St-Joseph, occupe une place importante dans le domaine de la joséphologie.
images/icones/fleche2.gif  ( 894928 )Je n'invente rien... par Chicoutimi (2020-05-08 21:17:49) 
[en réponse à 894923]

et je n'ai surtout pas parlé d'Assomption de sainte Anne, puisque j'ai mentionné que l'on a retrouvé ses reliques corporelles contrairement à saint Joseph.

Cet argument d'ailleurs est invoqué par saint François de Sales:


''Que reste-t-il de plus à dire maintenant, sinon que nous ne devons nullement douter que ce glorieux Saint n’ait beaucoup de crédit dans le Ciel auprès de Celui qui l’a tant favorisé que de l’y élever en corps et en âme; ce qui est d’autant plus probable que nous n’en avons nulle relique çà-bas en terre, et il me semble que nul ne peut douter de cette vérité. (…) Saint Joseph donc est au Ciel en corps et en âme, c’est sans doute.'' (Source



Enfin, Yves Daoudal a effectivement manifesté son désaccord, et il en a le droit. Mais, à ce que je sache, ce n'est pas parce que ce dernier nous ''épingle'' que le débat vient de se terminer de manière définitive.
images/icones/frFlag.gif  ( 894895 )Version française... par Fenestri (2020-05-08 17:21:36) 
[en réponse à 894868]

Tout le monde n'étant pas bilingue et parce qu'il serait dommage de passer à côté du texte pour cette raison... (la traduction se trouve en deux clics)

Il existe évidemment une version française de l'Imitation de Jésus-Christ, qui accompagna un nombre incalculable de catholiques francophones. Si ma mémoire est bonne, sainte Thérèse de Lisieux appréciait beaucoup cet ouvrage.

Voici le texte en français :

2.Et encore: Les jugements du Seigneur sont vrais et se justifient par eux-mêmes. Il faut craindre mes jugements et non les approfondir, parce qu'ils sont incompréhensibles à l'intelligence humaine. Ne disputez pas non plus des mérites des saints, ne recherchez point si celui-ci est plus saint que cet autre, ni quel est le plus grand dans le royaume des cieux. Ces recherches produisent souvent des différends et des contestations inutiles: elles nourrissent l'orgueil et la vaine gloire, d'où naissent des jalousies et des dissensions, celui-ci préférant tel saint, celui-là tel autre, et voulant qu'il soit le plus élevé. L'examen de pareilles questions, loin d'apporter aucun fruit, déplaît aux saints. Car je ne suis point un Dieu de dissension mais de paix, et cette paix consiste plus à s'humilier sincèrement qu'à s'élever.

3.Quelques-uns ont un zèle plus ardent, une affection plus vive pour quelques saints que pour d'autres; mais cette affection vient plutôt de l'homme que de Dieu. C'est moi qui ai fait tous les saints, moi qui leur ai donné la grâce, moi qui leur ai distribué la gloire. Je sais les mérites de chacun: je les ai prévenus de mes plus douces bénédictions. Je les ai connus et aimés avant tous les siècles: je les ai choisis au milieu du monde et ce ne sont pas eux qui m'ont choisi les premiers. Je les ai appelés par ma grâce; je les ai attirés par ma miséricorde, et conduits à travers des tentations diverses. J'ai répandu en eux d'ineffables consolations: je leur ai donné de persévérer et j'ai couronné leur patience.

4.Je connais le premier et le dernier et je les embrasse tous dans mon amour immense. C'est moi qu'on doit louer dans tous mes saints, moi qu'on doit bénir au-dessus de tous et honorer en chacun de ceux que j'ai ainsi élevés dans la gloire et prédestinés, sans aucun mérites précédents de leur part. Celui donc qui méprise le plus petit des miens n'honore pas le plus grand parce que j'ai fait le petit et le grand. Et quiconque rabaisse quelqu'un de mes saints me rabaisse moi-même et tous ceux qui sont dans le royaume des cieux. Tous ne sont qu'un par le lien de la charité; ils n'ont tous qu'un même sentiment, une même volonté, et sont tous unis par le même amour.

5.Et ce qui est plus parfait encore, ils m'aiment plus qu'ils ne s'aiment, plus que tous leurs mérites. Ravis au-dessus d'eux-mêmes, au-dessus de leur propre amour, ils se plongent et se perdent dans le mien et s'y reposent délicieusement. Rien ne saurait partager leur coeur ni les détourner vers un autre objet; parce que, remplis de la vérité éternelle, ils brûlent d'une charité qui ne peut s'éteindre. Que les hommes ensevelis dans la chair et ses convoitises, les hommes qui ne savent aimer que les joies exclusives, cessent donc de discourir sur l'état des saints. Ils retranchent et ils ajoutent suivant leur inclination, et non pas selon que l'a réglé la Vérité éternelle.

6.En plusieurs c'est l'ignorance, et surtout en ceux qui, peu éclairés par la lumière divine, aiment rarement quelqu'un d'un amour parfait et purement spirituel. Une inclination naturelle et une affection toute humaine les attire vers tel ou tel saint; et ils transportent dans le ciel les sentiments de la terre. Mais il y a une distance infinie entre les pensées des hommes imparfaits et ce que la lumière d'en haut découvre à ceux qu'elle éclaire.

7.Gardez-vous donc, mon fils, de raisonner curieusement sur ces choses qui passent votre intelligence; travaillez plutôt avec ardeur à obtenir une place, fût-ce la dernière, dans le royaume de Dieu. Et quand quelqu'un saurait qui des saints est le plus parfait et le plus grand dans le royaume céleste, que lui servirait cette connaissance, s'il n'en tirait un nouveau motif de s'humilier devant moi et de me louer davantage ? Celui qui pense à la grandeur de ses péchés, à son peu de vertu, qui considère combien il est éloigné de la perfection des saints, se rend plus agréable à Dieu que celui qui dispute sur le degré plus ou moins élevé de leur gloire. Il vaut mieux prier les saints avec larmes et avec ferveur et implorer humblement leurs glorieux suffrages, que de chercher vainement à pénétrer le secret de leur état dans le ciel.

8.Ils sont heureux, contents; qu'avons-nous besoin d'en savoir plus, et n'est-ce pas assez pour réprimer tous nos vains discours ? Ils ne se glorifient point de leurs mérites parce qu'ils ne s'attribuent rien de bon, mais qu'ils attribuent tout à moi, qui leur ai tout donné par une charité infinie. Ils sont remplis d'un si grand amour de la Divinité, d'une joie si surabondante que, comme il ne manque rien à leur gloire, rien ne peut manquer à leur félicité. Plus ils sont élevés dans la gloire, plus ils sont humbles en eux-mêmes, et leur humilité me les rend plus chers et les unit plus étroitement à moi. C'est pourquoi il est écrit qu'ils déposaient leurs couronnes au pied du trône de Dieu, qu'ils se prosternaient devant l'Agneau, et qu'ils adoraient Celui qui vit dans les siècles des siècles.

9.Plusieurs recherchent qui est le premier dans le royaume de Dieu, lesquels ignorent s'ils seront dignes d'être comptés parmi les derniers. C'est déjà quelque chose de grand d'être le plus petit dans le ciel, où tous sont grands, parce que tous seront appelés et seront en effet les enfants de Dieu. Le moindre des élus sera comme le chef d'un peuple nombreux tandis que le pécheur, après une longue vie, ne trouvera que la mort. Ainsi, quand mes disciples demandèrent qui serait le plus grand dans le royaume des cieux, ils entendirent cette réponse: Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme des petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. Celui donc qui se fera petit comme cet enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.

Source

Et pour ceux que ça intéresse, la version versifiée par Pierre Corneille (je joins tout le chapitre 58) :

Qu’il ne faut point vouloir pénétrer les hauts mystères, ni examiner les secrets jugements de Dieu.

N’abuse point, mon fils, de tes foibles lumières
jusqu’à vouloir percer les plus hautes matières,
jusqu’à vouloir entrer dans les profonds secrets

de l’inégal dehors de mes justes décrets ;
ne cherche point à voir quelle raison pressante
fait que ma grâce agit ou paroît impuissante,
est avare ou prodigue, abandonne ou soutient ;
n’examine jamais d’où ce partage vient,
ni pourquoi l’un ainsi languit dans la misère,
et que l’autre est si haut au-dessus du vulgaire :
il n’est raisonnement, il n’est effort humain
qui puisse pénétrer mon ordre souverain,
ni s’éclaircir au vrai par la longue dispute
d’où vient que je caresse ou que je persécute.

Quand le vieil ennemi fait ces suggestions,
qu’un esprit curieux émeut ces questions,
au lieu de perdre temps à leur vouloir répondre,
lève les yeux au ciel, et dis pour les confondre :
" Seigneur, vous êtes juste en tous vos jugements,
la vérité préside à vos discernements,
et l’équité qui règne en vos ordres suprêmes
les rend toujours en eux justifiés d’eux-mêmes :
qu’il leur plaise abaisser, qu’il leur plaise agrandir,
on doit trembler sous eux, sans les approfondir,
et jamais sans folie on ne peut l’entreprendre,
puisque l’esprit humain ne les sauroit comprendre. "


Ne t’informe non plus qui des saints m’est aux cieux
le plus considérable ou le moins précieux,
et ne conteste point sur la prééminence
que de leur sainteté mérite l’excellence.
Ces curiosités sont autant d’attentats,
qui ne font qu’exciter d’inutiles débats,
enfler les cœurs d’orgueil, brouiller les fantaisies,
jusqu’aux dissensions pousser les jalousies,
lorsque de part et d’autre un cœur passionné
à préférer son saint porte un zèle obstiné.

Les contestations de ces recherches vaines
ne laissent aucun fruit après beaucoup de peines :
ce n’est que se gêner d’un frivole souci,
et l’on déplaît aux saints quand on les loue ainsi.
Jamais avec ce feu mon esprit ne s’accorde :
je suis le Dieu de paix, et non pas de discorde ;
et cette paix consiste en vraie humilité,
plus qu’aux vaines douceurs d’avoir tout emporté.
Je sais qu’en bien des cœurs souvent le zèle imprime
pour tel ou tel des saints plus d’ardeur et d’estime ;
mais cette ardeur, ce zèle, et cette estime enfin,

partent d’un mouvement plus humain que divin.
C’est de moi seul qu’au ciel ils tiennent tous leur place :
je leur donne la gloire, et leur donnai la grâce ;
je connois leur mérite, et les ai prévenus
par un épanchement de trésors inconnus,
de bénédictions, de douceurs toujours prêtes
à redoubler leur force au milieu des tempêtes.

Je n’ai point attendu la naissance des temps
pour chérir mes élus, et les juger constants.
De toute éternité ma claire prescience
a su se faire jour dedans leur conscience ;
de toute éternité j’ai vu tout leur emploi,
et j’ai fait choix d’eux tous, et non pas eux de moi.

Ma grâce les appelle à mon céleste empire,
et ma miséricorde après moi les attire ;
ma main les a conduits par les tentations ;
je les ai remplis seul de consolations ;
je leur ai donné seul de la persévérance,
et seul j’ai couronné leur humble patience.

Ainsi je les connois du premier au dernier ;
ainsi j’ai pour eux tous un amour singulier ;

ainsi de ce qu’ils sont la louange m’est due ;
toute la gloire ainsi m’en doit être rendue ;
ainsi par-dessus tout doit être en eux béni,
par-dessus tout vanté mon amour infini,
qui pour montrer l’excès de sa magnificence,
les élève à ce point de gloire et de puissance,
et sans qu’aucun mérite en eux ait précédé,
les prédestine au rang que je leur ai gardé.

Qui méprise le moindre au plus grand fait outrage,
parce que de ma main l’un et l’autre est l’ouvrage :
on ôte à leur auteur tout ce qu’on ôte à l’un ;
on l’ôte à tout le reste, et l’opprobre est commun.
L’ardente charité qui ne fait d’eux qu’une âme
les unit tous entre eux par des liens de flamme :
tous n’ont qu’un sentiment et qu’une volonté ;
tous s’entr’aiment en un par cette charité.

Je dirai davantage : ils m’aiment plus qu’eux-mêmes ;
ravis au-dessus d’eux vers mes bontés suprêmes,
après avoir banni la propre affection,
ils s’abîment entiers dans ma dilection,
et de l’objet aimé possédants la présence,
ils trouvent leur repos dans cette jouissance.

Rien d’un si digne amour ne les peut détourner ;
rien vers d’autres objets ne les peut ramener :
l’immense vérité dont leurs âmes sont pleines
par sa vive lumière entretient dans leurs veines
et de la charité l’inextinguible feu,
et de toute autre ardeur un constant désaveu.

Que ces hommes charnels, que ces âmes brutales
qui leur osent donner des places inégales,
ces cœurs qui n’ont pour but que les plaisirs mondains,
cessent de discourir de l’état de mes saints.
L’ardeur qu’ils ont pour eux, ou foible, ou véhémente,
au gré de son caprice ôte, déguise, augmente,
sans consulter jamais sur leur félicité
la voix de ma sagesse et de ma vérité.

L’ignorance en plusieurs fait ce mauvais partage
qu’ils font entre mes saints de mon propre héritage,
surtout en ces esprits foiblement éclairés,
qui de leur propre amour encor mal séparés,
ont peine à conserver dans une âme charnelle
une dilection toute spirituelle.
Le penchant naturel de l’humaine amitié
de leur zèle imprudent fait plus de la moitié :
comme ils n’en forment point que leurs sens n’examinent,
ce qui se passe en bas, en haut ils l’imaginent,

et tel que sur la terre en est l’ordre et le cours,
tel le présume au ciel leur aveugle discours.
Cependant la distance en est incomparable,
et pour les imparfaits est si peu concevable,
que des illuminés la spéculation
n’atteint point jusque-là sans révélation.

Garde bien donc, mon fils, par trop de confiance,
de sonder des secrets qui passent ta science ;
ne porte point si haut ton esprit curieux,
et sans vouloir régler le rang qu’on tient aux cieux,
réunis seulement tes soins et ta lumière
pour y trouver ta place, et fût-ce la dernière.

Quand tu pourrois connoître avec pleine clarté
quels saints en mon royaume ont plus de dignité,
de quoi t’en serviroit l’entière connoissance,
si tu n’en devenois plus humble en ma présence,
et si tu n’en prenois une plus forte ardeur
à publier ma gloire, et bénir ma grandeur ?

Vois ton peu de mérite et l’excès de tes crimes ;
et si tu peux des saints voir les vertus sublimes,
vois combien tes défauts et ton manque de soin
de leur perfection te laissent encor loin :

tu feras beaucoup mieux que celui qui conteste
touchant leur préférence au royaume céleste,
et sur l’emportement de son esprit malsain
du moindre et du plus grand décide en souverain.

Oui, mon fils, il vaut mieux leur rendre tes hommages,
les yeux baignés de pleurs implorer leurs suffrages,
mendier leur secours, leur offrir d’humbles vœux,
que de juger ainsi de leurs secrets et d’eux.

Puisqu’ils ont tous au ciel de quoi se satisfaire,
que les hommes en terre apprennent à se taire,
et donnent une bride à la témérité
où de leurs vains discours va l’importunité.

Les saints ont du mérite, et n’en font point de gloire ;
ils ne se donnent point l’honneur de leur victoire :
comme de mes trésors tout leur bien est sorti,
et que ma charité leur a tout départi,
ils rapportent le tout au pouvoir adorable
de cette charité pour eux inépuisable.

Ils ont un tel amour pour ma divinité,

un tel ravissement de ma bénignité,
que cette sainte joie en vrais plaisirs féconde,
qui toujours les remplit et toujours surabonde,
par un regorgement qu’on ne peut expliquer,
fait que rien ne leur manque, et ne leur peut manquer.

Plus ils sont élevés dans ma gloire suprême,
plus leur esprit soumis se ravale en lui-même,
et mon amour par là redoublant ses attraits,
le plus humble d’entre eux m’approche de plus près.
Aussi devant l’éclat qui partout m’environne
l’écriture t’apprend qu’ils baissent leur couronne,
qu’ils tombent sur leur face aux pieds du saint Agneau
qui daigna de son sang racheter le troupeau,
et qu’ainsi prosternés ils adorent sans cesse
du Dieu toujours vivant l’éternelle sagesse.

Plusieurs veulent savoir ce que chaque saint vaut,
et qui d’eux tient au ciel le grade le plus haut,
qui sont mal assurés s’ils pourront les y joindre,
et s’ils mériteront d’être reçus au moindre.
C’est beaucoup de se voir le dernier en un lieu
où tous sont grands, tous rois, tous vrais enfants de Dieu.
Le moindre y vaut plus seul que mille rois en terre,

et l’orgueil de cent ans frappé de mon tonnerre
n’a de part qu’au séjour de l’éternelle mort
qui du plus vieux pécheur doit terminer le sort.

Ainsi je dis moi-même autrefois aux apôtres :
" Si vous voulez au ciel être au-dessus des autres,
sachez qu’auparavant il faut se convertir,
qu’il faut s’humilier, qu’il faut s’anéantir,
se ranger aussi bas que cette foible enfance
qui vit soumise à tous par sa propre impuissance :
autrement, point d’accès au royaume des cieux.
Oui, ce petit enfant qui se traîne à vos yeux
de votre humilité doit être la mesure :
rendez-vous ses égaux, ma gloire vous est sûre ;
l’amour vous y conduit, et l’espoir, et la foi ;
mais le plus humble enfin est le plus grand chez moi. "

Voyez donc, orgueilleux, quelle est votre disgrâce :
bien que le ciel soit haut, la porte en est si basse,
qu’elle en ferme l’entrée à ceux qui sont trop grands
pour se pouvoir réduire à l’égal des enfants.

Malheur encore à vous, riches pour qui le monde
en consolations de tous côtés abonde !
Les pauvres entreront, cependant qu’au dehors
vos larmes et vos cris feront de vains efforts.
Humble, réjouis-toi ; pauvres, prenez courage :

le royaume du ciel est votre heureux partage ;
il l’est, si toutefois dans votre humilité
vous pouvez jusqu’au bout marcher en vérité.

Source
images/icones/fleur.gif  ( 894899 )Merci ! par Lycobates (2020-05-08 17:37:53) 
[en réponse à 894895]


(la traduction se trouve en deux clics)



On s'en doutait, la référence donnée.
Merci d'avoir fait les "deux clics" pour les autres !
images/icones/1a.gif  ( 894845 )Sur l'importance de saint Jean-Baptiste par baudelairec2000 (2020-05-08 12:35:08) 
[en réponse à 894794]

L'ami Parfu répond à la prééminence de saint Joseph par une autre prééminence, celle de saint Jean-Baptiste.

La liturgie lui donne raison: le culte du Précurseur est plus ancien et plus développé que celui de saint Joseph.


Deux fêtes pour le Précurseur:

Nativité, le 24 juin, et Décollation, c'est-à-dire naissance au Ciel, le 29 août.

La fête de la nativité remonte à Rome au moins au Ve siècle; elle se célébrait au Latran, où le saint Précurseur avait sa chapelle.

Quant à la seconde, elle fut instituée peu après la fête de la Nativité. on la trouve au sacramentaire Gélasien.


Le nom de saint Jean-Baptiste est mentionné, faut-il le rappeler, dans trois prières de la Messe: dans le Confiteor, durant l'Offertoire (dans le Suscipe Sancta Trinitas) et dans le Canon, après la Consécration (Nobis quoque peccatoribus).

Saint Joseph.

Une grande fête, le 19 mars, solennité qui s'est d'ailleurs imposée difficilement, grâce aux efforts des servites de Marie et surtout des Franciscains. Il faut attendre la fin du XVe siècle pour que cette fête sorte des couvents et fasse son entrée dans le Bréviaire romain. C'est sous le pontificat de Grégoire XV, en 1621, que le 19 mars devient une fête de précepte pour l'Eglise universelle. Par un décret du 3 février 1714, le pape Clément XI élève la fête de saint Joseph au rite de seconde classe et promulgue un office propre, entièrement nouveau et composé par lui-même.


Les avatars du 1er mai

Avant de proclamer, le 8 déc. 1870, saint Joseph patron de l'Eglise universelle, avait, dès 1847, établi la fête du Patronage. Fixée d'abord au troisième dimanche après Pâques, cette fête fut ramenée sous Pie X, au mercredi précédent; elle prit le nom de solennité de saint Jospeh, célébrée sous le rite de première classe, avec octave. La solennité fut fêtée jusqu'en 1955; Pie XII insitua en effet la fête de saint Joseph Artisan (1ère classe). Fête que la réforme liturgique de 1969 semble avoir largement escamotée, puisque au 1er mai, si j'en crois le clendrier de Prions en Eglise, on peut lire: "De la férie ou saint Joseph travailleur". C'était bien la peine de glorifier ainsi le monde du travail pour arriver à un aussi piètre résultat...

Une mention dans le Canon de la Messe, introduite par Jean XXIII:

Décret de la Congrégation des Rites par lequel le nom de St Joseph est introduit au canon de la messe.

"Les derniers Souverains Pontifes ont, en plusieurs circonstances, donné une plus grande solennité au culte rendu à saint Joseph, glorieux époux de la bienheureuse Vierge Marie. Parmi eux, spécialement le Pape Pie IX qui, répondant au vœu du premier Concile du Vatican, déclara le 8 décembre 1870 le chaste époux de la Vierge Marie patron de l’Eglise universelle. Suivant l’exemple de ses prédécesseurs, S.S. Jean XXIII, après avoir déclaré saint Joseph protecteur du IIe Concile du Vatican convoqué par lui, a, de son propre mouvement, voulu que son nom soit invoqué dans le canon de la messe comme un souvenir et un fruit attendu de ce même Concile. Par l’intermédiaire du cardinal secrétaire d’Etat, il a porté cette décision publiquement à la connaissance des Pères du Concile réunis en la basilique vaticane, le 13 novembre dernier, ordonnant que cette prescription serait appliquée à partir du 8 décembre prochain, en la fête de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie.

C’est pourquoi cette Sacrée Congrégation des Rites, en vertu de la volonté du Souverain Pontife, a décidé que dans le canon de la messe, après les paroles « Communicantes…Domini nostri Jesu Christi », on ajoutera : « Sed et beati Joseph ejusdem Virginis Sponsi », et on continuera ensuite : « et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum… »

La même Sacrée Congrégation a décidé également que cette prescription s’appliquerait aussi les jours où une formule spéciale est prescrite dans le Missel pour le Communicantes.

Nonobstant toutes choses contraires, mêmes dignes de mention spéciale.

Le 13 novembre 1962.

A. card. LARRAONA, préfet de la S.C. des Rites.

E. DANTE, archevêque de Carpasia, secrétaire."

J'enverrai plus tard le commentaire du passage de Matthieu par saint Thomas.


images/icones/neutre.gif  ( 894847 )saint Jean-Baptiste dans saint Thomas d'aquin par baudelairec2000 (2020-05-08 12:45:09) 
[en réponse à 894845]

Saint Thomas a commenté verset après verset l'Evangile de saint Matthieu, notamment le passage où le Christ évoque Jean-Baptiste. Celui-ci occupe une place particulièrement importante dans le plan du salut.


Matthieu XI, 7-15 commenté par saint Thomas dans sa Lectura super Matthaeum

7 Lorsqu’ils [les disciples envoyés par saint Jean du fond de sa prison] s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules, au sujet de Jean : Qu’êtes-vous allés voir dans le désert ? Un roseau agité par le vent ? 8 Mais qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu avec mollesse ? Voici, ceux qui sont vêtus avec mollesse habitent dans les maisons des rois. 9 Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? Oui, Je vous le dis, et plus qu’un prophète. 10 Car c’est de lui qu’il a été écrit : Voici que devant Ta face J’envoie Mon Ange, qui préparera la voie devant Toi. 11 En vérité, Je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean-Baptiste ; mais celui qui est le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. 12 Or, depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu’à maintenant, le royaume des Cieux se prend par violence, et ce sont les violents qui s’en emparent. 13 Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean ; 14 et si vous voulez comprendre, il est lui-même cet Elie qui doit venir. 15 Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.


[11, 7]
1302. TANDIS QUE CEUX-CI S’EN ALLAIENT, etc. Ici, [Jésus] répond au doute des foules. Car les foules avaient entendu le témoignage de Jean au sujet du Christ ; mais maintenant elles semblaient douter. En effet, elles pouvaient avoir trois choses dans le cœur, car quelqu’un change sa parole pour trois raisons : par légèreté d’esprit, pour un profit personnel ou à cause de l’esprit humain, puisque celui-ci [d’abord] ne connaît pas la vérité, puis la connaît. Ps 93, 11 : En effet, Dieu sait que les pensées des hommes sont vaines. C’est pourquoi, il écarte en premier lieu la légèreté ; en second lieu, le désir de son propre profit ; en troisième lieu, il montre que [Jean] possède la vérité prophétique.
1303. [Matthieu] dit donc : TANDIS QUE CEUX-CI S’EN ALLAIENT, etc. Le Seigneur nous enseigne un grand sens des rapports de cour, car il n’a pas voulu louer Jean en présence de ses disciples, ni personne en sa présence, comme on lit en Pr 27, 2 : Que l’étranger te loue, mais non ta propre bouche ; l’étranger, mais non tes propres lèvres. Car si celui qui louange est bon, [celui-là] rougit ; s’il est méchant, il est flatté.
1304. JÉSUS SE MIT À DIRE AUX FOULES : «QU’ÊTES-VOUS ALLÉS VOIR DANS LE DÉSERT ?» Êtes-vous allés voir UN ROSEAU ? Non. Mais vous êtes allés voir un homme fort. Le roseau plie facilement ; ainsi, l’esprit qui change facilement est considéré comme du vent, Ep 4, 14 : Ne soyons pas comme des enfants changeants et ne nous laissons pas ballotter à tout vent.
1305. De même, [Jean] ne fait pas preuve de légèreté pour son propre profit. MAIS QU’ÊTES-VOUS ALLÉS VOIR ? Toutes les richesses se rapportent à une certaine utilité corporelle, que ce soit pour la nourriture ou le vêtement, et il est clair que [Jean] n’a accordé d’importance à aucune de ces choses. Il ne faut donc pas croire qu’il dise cela pour un certain profit. [Jésus] dit donc : QU’ÊTES-VOUS ALLÉS VOIR ? UN HOMME PORTANT DES VÊTEMENTS DÉLICATS ? Et pourquoi ne mentionne-t-il pas la nourriture ? Parce qu’il ne pouvait y avoir aucun doute [à ce sujet], car [Jean] était vêtu de poils de chameau. Ainsi, CEUX QUI PORTENT DES VÊTEMENTS DÉLICATS ne vivent pas dans le désert, MAIS DANS LES MAISONS DES ROIS.
1306. Chrysostome donne une autre interprétation. Certains deviennent légers par nature, d’autres par les plaisirs, comme dans Os 4, 11 : La fornication, le vin et l’ivresse enlèvent le cœur. [Jésus] écarte la première chose par ce qu’il a dit auparavant ; la seconde, par le fait qu’il dise : PORTANT DES VÊTEMENTS DÉLICATS. [Jean] n’est donc pas changeant en raison des plaisirs de la vie.
1307. Mais on peut soulever ici une question au sujet des plaisirs des vêtements : s’agit-il d’un péché ? Car, si ce n’est pas un péché, on ne l’imputerait pas à ce riche qui portait chaque jour de la pourpre et du lin fin, Lc 16, 19. Augustin répond qu’il ne faut pas prendre en considération de telles choses, mais le sentiment de celui qui les porte. En effet, chacun doit se vêtir à la manière de ceux qui vivent avec lui ; pour cette raison, c’est l’usage lui-même qui doit être déraciné. Car, dans certains pays, beaucoup de gens portent de la soie. De sorte que certains s’habillent plus rigoureusement, et d’autres de manière plus relâchée. Et il faut faire une double distinction : [s’ils s’habillent] plus rigoureusement, [ils le font] soit avec une bonne intention, et cela est bien, ou par vaine gloire, et cela est mal ; [s’ils s’habillent] de manière plus relâchée, ou bien [ils le font] par orgueil, et cela est mal, ou bien en raison d’une signification, comme le pontife et le prêtre, et cela est bien.
1308. Au sens mystique, les flatteurs sont dénotés par les hommes qui portent des vêtements délicats. En effet, celui-là porte des vêtements délicats qui est ébranlé par des paroles flatteuses, de sorte que les orgueilleux recherchent la gloire en paroles. Pr 29, 12 : Le prince qui écoute volontiers les paroles mensongères, tous ses serviteurs sont impies.
1309. Mais [certains] pourraient dire : «Il n’est pas changeant, mais il parle avec un esprit humain.» C’est pourquoi [Jésus] écarte cela en disant : ALORS, QU’ÊTES-VOUS ALLÉS VOIR ? UN PROPHÈTE, etc. Il porte donc témoignage que [Jean] ne parlait pas avec un esprit humain, mais avec [un esprit] prophétique. Il montre donc en premier lieu qu’il est un prophète [11, 9] ; en second lieu, plus qu’un prophète [11, 9].
1310. [Jean] fut en effet un prophète, comme on le lit en Lc 1, 76 : Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, etc. De même, [Jésus] l’élève au-dessus des prophètes, lorsqu’il dit : JE VOUS LE DIS : ET PLUS QU’UN PROPHÈTE. Et cela, sous trois aspects. Premièrement, parce que c’est le propre du prophète de prédire le futur. Or, celui-ci ne montre pas seulement l’avenir, mais aussi le présent, lorsqu’il dit : Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde [Jn 1, 29]. De même, il n’est pas appelé seulement prophète, mais aussi le Baptiste, comme on le voit plus haut, 3, 1. De même, il est le précurseur, comme on le lit en Lc 1, 76 : En effet, tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer les voies. De même, pour ce qui est de la manière : en effet, il a agi de manière plus miraculeuse qu’un prophète, car il a prophétisé depuis le sein, mais non pas les autres, comme on le lit en Lc 1, 44 : Or, voici que lorsque mes oreilles ont entendu la salutation, l’enfant a bondi de joie en mon sein.
[11, 10]
1311. C’EST DE LUI QU’IL EST ÉCRIT. Ici, le Seigneur démontre l’excellence de Jean : premièrement, par une autorité [11, 10] ; deuxièmement, par ses privilèges spéciaux, en cet endroit : EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS, etc. [11, 11].
1312. [Le Seigneur] dit donc : «Je vous ai dit qu’il est plus qu’un prophète, ce dont il est question en Ml 3, 1 : Voici que j’envoie mon ange, qui prépara la voie devant toi, etc.» Par cette autorité, est indiquée l’excellence de Jean, car [le Seigneur] l’appelle d’abord un ange. Or, un ange est supérieur à un prophète, car, de même que le prêtre est à mi-chemin entre le prophète et le peuple, de même le prophète l’est entre les anges et les prêtres. Car l’ange se situe entre Dieu et les prophètes. Ainsi Zacharie dit : L’ange qui m’a parlé, Za 1, 9. «Ange» est un nom de fonction, et non de nature. De sorte que Jean est appelé ange en raison de sa fonction. En effet, la différence entre l’ange et le prophète est que les anges voient clairement, car on lit plus loin, 18, 10 : En vérité, je vous le dis, leurs anges voient sans cesse le visage de mon Père qui est dans les cieux. Les anges voient toujours le visage de Dieu, mais non les prophètes. Ainsi, de même que les anges voient toujours le visage du Père, de même Jean voit le Christ d’une manière spéciale. Et à cause de cette manière spéciale, [le Seigneur] dit : MON [PÈRE].
1313. Il dit aussi : DEVANT MON VISAGE. Lorsque le roi se déplace, plusieurs le précèdent, mais les plus familiers précèdent son visage. De même, Jean est d’autant plus digne d’honneur qu’il a été envoyé devant le visage [du Seigneur] : il est d’autant plus digne d’honneur qu’il est plus proche. De même, [Jean] préparait la voie parce qu’il baptisait. [Le Seigneur] dit ainsi : QUI PRÉPARE LA VOIE DEVANT TOI.





[11, 11]
1314. EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS, etc. Plus haut, le Seigneur a fait l’éloge de Jean en se référant à une autorité. Maintenant, il veut en faire l’éloge par ses propres paroles, et il explique l’autorité du prophète. Et il fait trois choses. Premièrement, il en fait l’éloge par rapport à la différence qui existe entre tous les ordres et les états : en premier lieu, par rapport à la différence entre les êtres célestes et les terrestres ; en deuxième lieu, par rapport à la différence entre la loi et l’évangile ; en troisième lieu, par rapport à différence entre le temps présent et l’avenir.
1315. Premièrement, il montre que [Jean] est excellent par rapport aux êtres terrestres ; deuxièmement, il montre qu’il est inférieur aux êtres célestes, en cet endroit : LE PLUS PETIT DANS LE ROYAUME DES CIEUX EST PLUS GRAND QUE LUI [11, 11].
1316. [Le Seigneur] dit donc : «Il a été dit que Jean est un ange et, pour le résumer brièvement : JE VOUS DIS QUE, PARMI LES ENFANTS DES FEMMES, IL NE S’EN EST PAS LEVÉ DE PLUS GRAND.» [Le Seigneur] a parlé correctement lorsqu’il a dit : IL NE S’EN EST PAS LEVÉ, car tous naissent fils de la colère, comme on le lit en Ep 2, 3 : Nous étions de naissance fils de la colère, comme les autres. Quiconque peut donc parvenir à l’état de grâce, se lève. Ainsi donc, PARMI LES ENFANTS DES FEMMES, etc. Et [le Seigneur] parle de manière précise, de sorte que le Christ est exclu de cet ensemble, car le mot femme [mulier] laisse entendre la corruption, mais la femme [foemina] laisse entendre le sexe. Ainsi, partout où l’on trouve «fils de la femme» [mulier], comme en Jn 19, 26 : Femme, voilà ton fils, on désigne le sexe, et non la corruption.
1317. Mais que veut-il dire par : PARMI LES ENFANTS DES FEMMES, IL NE S’EN EST PAS LEVÉ DE PLUS GRAND ? N’est-il pas pour cette raison plus grand que tous ? Jérôme dit qu’il est plus grand que tous. Donc, selon la première interprétation, je dis que cet argument, pour les anges chez qui il y a un ordre, signifie que celui à qui personne n’est supérieur est le plus grand ; mais, pour les hommes, il n’est pas vrai, car il n’y a pas d’ordre selon la nature, mais seulement selon la grâce. De même, si on dit qu’il est plus grand que tous les pères de l’Ancien Testament, cela est inconvenant. En effet, celui-là est plus grand et plus excellent qui est choisi pour une fonction plus grande. Or, Abraham est le plus grand parmi les pères pour ce qui est de la mise à l’épreuve de sa foi ; mais Moïse pour ce qui est de la fonction de prophétie, comme on le lit en Dt 34, 10 : Il ne s’est plus levé de prophète comme Moïse en Israël. Tous ceux-là furent des précurseurs du Seigneur ; mais aucun n’eut une telle excellence et une telle faveur [que Jean]. Celui-ci a donc été appelé à une fonction plus grande, Lc 1, 15 : Il sera grand devant le Seigneur.
1318. LE PLUS PETIT DANS LE ROYAUME DES CIEUX EST PLUS GRAND QUE LUI. À propos de ces paroles, certains ont trouvé l’occasion de calomnier. En effet, ils veulent condamner tous les pères de l’Ancien Testament, car, si [Jean] est plus grand que les autres, il en découle que les autres font partie de ceux qui doivent être sauvés, car l’Église est désignée par «royaume des cieux». Si donc Jean n’a pas fait partie de l’Église présente, il n’a pas fait partie du nombre des élus ; il fut donc plus petit qu’un autre. Et cette opinion est erronée, car il est clair que ce que dit le Seigneur est mis de l’avant pour l’éloge de Jean. Cette expression peut donc être interprétée de trois façons. Premièrement, en comprenant que «royaume des cieux» s’entend de l’ordre des bienheureux, et que celui qui est le plus petit parmi eux, est plus grand que quiconque est encore en chemin. C’est pourquoi le Seigneur appelle l’état présent enfance. Ainsi, 1 Co 13, 11 : Lorsque je suis devenu un homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant. C’est la raison pour laquelle il appelle ceux qui sont en route des enfants. Et cela est vrai si l’on parle de ce qui est plus grand présentement. En effet, est plus grand en acte celui qui comprend entièrement [comprehensor]. Il en est autrement de ce qui est plus grand virtuellement, comme on dit qu’une herbe de petite dimension est plus grande virtuellement, bien qu’une autre soit plus grande par la quantité.
1319. On peut donner une autre interprétation : par «royaume des cieux», l’Église présente est désignée ; et que [Jean] soit appelé le plus petit ne s’entend pas de manière universelle, mais [du fait] qu’il est plus petit dans le temps, plus haut, [Mt] 3 et Jn 1, 15 : Celui qui vient après moi, voilà qu’il est passé devant moi. Ainsi, celui qui est plus petit est plus grand que lui. Ou bien on peut donner une autre interprétation : on dit de quelqu’un qu’il plus petit de deux façons : soit par rapport au mérite, et ainsi les patriarches sont plus grands que certains sous le Nouveau Testament, comme Augustin dit que le célibat de Jean n’est pas plus grand que le mariage d’Abraham ; soit en comparant un état à l’autre, comme les vierges sont meilleures que les gens mariés ; et cependant, ce ne sont pas toutes les vierges qui sont meilleures que tous les gens mariés. Ainsi donc, Jean a cette dignité de se trouver comme à une frontière, car il est plus grand que ceux qui sont en marche, mais plus petit que ceux qui comprennent entièrement. Il occupe donc une position intermédiaire.

[11, 12]
1320. DEPUIS LES JOURS DE JEAN LE BAPTISTE JUSQU’À MAINTENANT, etc. Ici, [Jean] est louangé par rapport à la distinction entre le Nouveau et l’Ancien Testament. Et l’excellence de Jean est signalée, lui qui est le début du Nouveau Testament et la fin de l’Ancien. «J’ai donc dit : LE PLUS PETIT DANS LE ROYAUME DES CIEUX EST PLUS GRAND QUE LUI, et cela se rapporte au fait qu’il est le début du Nouveau Testament ; mais DEPUIS LES JOURS DE JEAN BAPTISTE, c’est-à-dire depuis la prédication de Jean, LE RÈGNE DES CIEUX SOUFFRE VIOLENCE.»
1321. Ceci s’interprète de trois façons. Vous savez que, dans le rapt, s’exercent une certaine violence et un certain effort. Ainsi, il faut que le pécheur, pour parvenir au royaume des cieux, s’élève vers les réalités spirituelles et fasse un grand effort. On donne [aussi] une interprétation. Vous savez que l’enlèvement existe lorsque quelque chose qui n’est pas sien est pris sans l’accord du maître. La prédication du salut a été envoyée aux Juifs, et par le Christ, partout. Lui-même dit plus loin, 15, 24 : Je n’ai pas été envoyé aux seules brebis perdues de la maison d’Israël. Et lorsqu’il leur fut envoyé, ils ne l’ont pas reçu. Cependant, ceux à qui il n’était pas envoyé l’ont enlevé à cause de leur humilité. Ainsi, plus haut, 7, 12 : Beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et s’étendront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, etc. Et, plus loin, 21, 43 : Le royaume vous sera enlevé et sera donné à une race qui le fera fructifier. Ainsi donc, ceux-ci [l’]enlèvent par la violence. Telle est l’interprétation d’Hilaire. Il existe une troisième interprétation. Ce qui est enlevé est pris rapidement. Ainsi Job : Comme un torrent qui traverse rapidement les vallées, et cela à cause de la rapidité du mouvement. Et parce que la prédication bouleversait tellement le cœur de tous, elle ressemblait à une course rapide. C’est pourquoi il dit : SOUFFRE VIOLENCE, parce qu’ils tendent vers le royaume avec une certaine précipitation. De sorte qu’avec [Jean] a commencé l’évangile, et il est la fin de la loi.
 
[11, 13]
1322. Le Christ dit donc : TOUS LES PROPHÈTES AINSI QUE LA LOI ONT PROPHÉTISÉ JUSQU’À JEAN, car tous les prophètes [ont existé] pour le Christ, et ils ont commencé à s’accomplir par la prédication de Jean. Ainsi, Lc 24, 44 : Il faut que s’accomplisse ce qui a été écrit à mon sujet. Et cela, JUSQU’À JEAN. Mais qu’est-ce que cela ? N’y a-t-il pas eu des prophètes après Jean ? Ne lisons-nous pas plus loin, 23, 34 : Voici que je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes, etc. ? Il faut dire que le prophète est envoyé pour deux choses : pour affermir la foi et pour corriger les mœurs. Pr 29, 18 : Lorsque la prophétie fait défaut, le peuple se débande. Pour affermir la foi, comme on lit en 1 P 1, 10 : Sur ce salut ont porté les investigations et les recherches des prophètes, qui ont prophétisé au sujet de la grâce qui vous était destinée, en cherchant à découvrir quel temps et quelles circonstances avait en vue l’Esprit du Christ qui parlait en eux. La prophétie servait donc à ces deux choses. Mais la foi est déjà établie, car ce qui avait été promis s’est accompli par le Christ. Or, la prophétie n’a jamais manqué et ne manquera jamais pour corriger les mœurs. Jean a donc une excellence parce qu’il est au milieu de l’ancienne et de la nouvelle loi. Il a donc été envoyé devant la face, presque en même temps que le Christ.
[11, 14]
1323. Ici, [le Seigneur] présente l’excellence de Jean par rapport à la distinction entre le présent et l’avenir. En effet, Élie fut, comme Jean, un précurseur du Seigneur. Ainsi Ml 4, 5 : Voici que je vous enverrai Élie le prophète, etc. JEAN EST CET ÉLIE. Mais que dit donc le Seigneur ? Interrogé à savoir s’il était Élie, Jean dit qu’il ne l’était pas. Par cela est écartée une hérésie qui proposait la transmigration des âmes, à savoir que l’âme sortait d’un corps et entrait dans un autre corps. Ainsi, l’âme d’Élie était entrée dans Jean, comme disait [cette hérésie]. Mais cette opinion est fausse, car lui-même a nié être Élie. Mais le Christ a dit que Jean était Élie pour trois raisons. Premièrement, parce que, de même qu’on dit qu’un ange est semblable à un autre parce qu’ils sont égaux par la fonction, de même en est-il des deux précurseurs, Lc 1, 76 : Il marchera devant la face du Seigneur pour préparer ses voies, etc. [Deuxièmement], en raison du comportement, parce qu’il avait mené une vie austère, comme on trouve en 3 R [1 R] 19, 6s. [Troisièmement], en raison de la persécution, car, de même que celui-là fut persécuté par Jézabel, de même celui-ci le fut par Hérode. Ainsi, SI VOUS VOULEZ ME CROIRE, comme il faut le comprendre, IL EST CET ÉLIE.
[11, 15]
1324. Et afin qu’ils comprennent que ceci était dit au sens mystique, il ajoute : QUE CELUI QUI A DES OREILLES ENTENDE ! c’est-à-dire, que celui qui a des oreilles au sens spirituel entende et comprenne.
images/icones/tele.gif  ( 894853 )La vidéo sur St Jean-Baptiste par Jean-Paul PARFU (2020-05-08 14:09:53) 
[en réponse à 894845]

de l'abbé Laguérie.

Et merci à baudelairec2000