Le Forum Catholique

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images/icones/1i.gif  ( 870283 )Ecclesia Lutherana afflicta ? par Lycobates (2019-06-25 15:26:06) 

Quelques impressions (cliquez sur les photos pour les aggrandir) des célébrations luthériennes en style XVIe à la chapelle St. Elisabeth de l'hôpital d'Eltville am Rhein (dans le Rheingau, Hesse-Nassau), vendue par l'église conciliaire en 2005 et desservie aujourd'hui (entre autres, c'est aussi une salle de concerts) par la SELK (Selbständige Evangelisch-Lutherische Kirche) :

ICI

images/icones/neutre.gif  ( 870290 )étrange par Regnum Galliae (2019-06-25 16:26:58) 
[en réponse à 870283]

ce n'est pas l'idée que l'on se fait de protestants, fussent-ils luthériens. "Ils" ont même gardé la statue de Notre Dame et celle de Notre Seigneur montrant son Coeur Sacré, une dévotion pourtant apparue après la réforme luthérienne.
Quant à la liturgie, pourquoi tant de faste si l'on ne croit pas à la présence réelle ?
images/icones/hum2.gif  ( 870292 )Ils y croient ... par Rémi (2019-06-25 16:38:52) 
[en réponse à 870290]

Sous le mode de la consubstantiation, la substance des espèces eucharistiques coexistant avec celle du Seigneur réellement présent, mais seulement durant leur "cène" .
images/icones/1i.gif  ( 870412 )Oui, ils y croient ... par Lycobates (2019-06-27 15:47:50) 
[en réponse à 870292]

à ces substances coëxistantes, voire un peu plus à mon avis, les connaissant un peu, que Celui qui est votre Règle prochaine de la Foi, je veux dire Sa Simplicité, qui vous enseignait encore dimanche dernier: L’Eucaristia ce lo insegna: lì c’è Dio racchiuso in un pezzetto di pane.
"L’Eucharistie nous l’enseigne : là, il y a Dieu contenu dans un morceau de pain."

Enfin, je vous laisse à vos perplexités, volontairement recherchées par certains, déplorées par d'autres, en ce jour de l'Octave du Corpus Christi, le véridique.
En union de prières.
images/icones/iphone.jpg  ( 870296 )Justement ... par Lycobates (2019-06-25 17:27:16) 
[en réponse à 870290]

Les luthériens de souche, qui le sont restés et qui n‘ont pas adopté des croyances zwingliennes et calvinistes comme la plus grande partie des protestants, croient en la Présence réelle qu‘ils s‘imaginent se produire par la foi de l‘assemblée réunie.
En bons nominalistes ils ne croient pas en revanche en la Transsubstantiation.

Il n‘est pas rare de trouver des statues de la Vierge (médiévales) dans les églises luthériennes (ou qui le sont devenues).
La statue du Sacré Coeur est certes une anomalie, elle doit dater du passé catholique préconciliaire de cette chapelle et ne pas avoir choqué outre mesure.
images/icones/fleche2.gif  ( 870297 )il existe des courants "traditionalistes" dans la plupart des Eglises protestantes par Luc Perrin (2019-06-25 18:01:31) 
[en réponse à 870290]

Cela surprend au plan doctrinal mais c'est un fait documenté.

C'est très vrai au sein de la Désunion anglicane avec la Prayer Book Society et le courant anglo-catholique/ritualiste.

C'est aussi vrai au sein des Communautés ecclésiales luthériennes : il existe une fédération "traditionnelle" aux USA, le Missouri Synod ; il existe de même des partisans des liturgies traditionnelles en Scandinavie, en Allemagne.

Ce phénomène est observable chez les Réformés calvinistes comme chez les Adventistes etc.

J'avais un jour eu l'idée d'une sorte de colloque pour voir ces multiples courants qui ont des parallèles avec le traditionalisme catholique.
On voit que le traditionalisme transcende les confessions religieuses - on a la même chose dans les Eglises orientales -, c'est une dimension anthropologique, une forma mentis. Entre les humains qui sont attachés à leurs pays, histoire, à leur culture, aux usages et les autres qui sont politico-médiatiquement dominants en Modernité, qui sont prêts à tout considérer comme un kleenex jetable.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 870299 )Ces images sont intéressantes par Jean-Paul PARFU (2019-06-25 18:28:42) 
[en réponse à 870283]

J'ai fréquenté des Protestants en Allemagne, des Luthériens, puisque les 3/4 des Protestants allemands sont luthériens. Ils appartiennent à l'Eglise évangélique d'Allemagne. Un Protestant allemand qui est luthérien se définit lui-même comme "evangelisch". Mais ne pas confondre avec les Evangéliques américains.

Autant j'avais remarqué que beaucoup de Catholiques français étaient de véritables Protestants qui s'ignoraient, autant j'ai rencontré là-bas des Protestants qui avaient une âme de Catholiques.

Devant le vide "évangélique", des Luthériens ressentent le besoin de la sacralité. Cependant, ne nous faisons pas non plus trop d'illusions. Il existe chez les Luthériens une sorte de "Haute-Eglise", comme chez les Anglicans dont le rite est proche du rite catholique traditionnel. Mais il faut bien voir que cette proximité était aussi celle des premières communautés luthériennes et c'est ce qui a fait que beaucoup, à l'époque au XVIème siècle, n'y ont vu que du feu et sont passés du Catholicisme au Protestantisme sans s'en apercevoir. Mais nous sommes peut-être maintenant dans une dynamique inverse. La résurrection de l'Eglise ne sera pas seulement le retour de Rome à sa tradition, mais de beaucoup de Chrétiens non catholiques au Catholicisme.
images/icones/flagD.gif  ( 870303 )Une anecdote Lycobates par Jean-Paul PARFU (2019-06-25 18:48:01) 
[en réponse à 870283]

Je me demandais où se trouvaient la Hesse-Nassau et la ville d'Ems où avait été rédigée la fameuse dépêche à l'origine de la Guerre franco-prussienne de 1870.

En juillet 2018, je me suis rendu à Bad Nauheim au nord de Francfort. Quittant Bad Nauheim vers les 20 heures 30, je suis rentré en France par "les petites routes". Je suis notamment passé par cette région et par la magnifique ville de Weilburg, dont j'ignorais jusqu'à l'existence.

Après ma traversée du Rhin au sud de Coblence vers les Minuit, je me suis égaré en pleine nuit, mais avec le clair de Lune pour m'éclairer, dans la région assez désertique du Hunsrück. Après quelques moments d'inquiétude, j'ai finalement retrouvé la route de Trèves et de Luxembourg. J'étais à Reims à 4 heures du matin où je me suis fait "flasher" et chez moi, épuisé, vers les 6 heures 20 du matin !
images/icones/fleche2.gif  ( 870357 )Les petites routes ... par Lycobates (2019-06-26 17:14:00) 
[en réponse à 870303]

vous auraient pu conduire pas trop loin de mes cousins rhénans, entre le Hunsrück et le Luxembourg, héritiers ou plutôt gardiens, car on n'est jamais que les gardiens et dépositaires de ce qu'on reçoit de ses Pères, de nos terres ancestrales.

Comme je ne conduis pas de voiture (en allemand nous disons : schlechte Augen und keine Nerven), et il est plutôt rare que je puisse me faire conduire par un de nos jeunots qui ont de préférence d'autres occupations, certaines destinations me sont difficiles d'accès et je suis avec le temps devenu un aficionado incondicionel des chemins de fer, il est vrai, de plus en plus défectueux, même chez nous. Hélas.

Cependant, il y a pas très longtemps, j'ai pu rendre visite avec un ami au château de Burgk (Schloss Burgk), appartenant jusqu'en 1945 aux princes de Reuss (branche aînée), comme résidence estivale, où la chapelle du début du XVe s. a été restaurée récemment (elle est luthérienne depuis 1535, et bien entendu dûment baroquisée au XVIIe et XVIIIe), avec son orgue de Gottfried Silbermann de 1742, le frère d'Andreas, préservé à merveille dans son état original. Le château a survécu intact à toutes nos guerres depuis celle des Trente Ans, et même les Genossen n'y ont pas fait de dégâts, se contentant d'avoir exproprié les propriétaires légitimes qui l'avaient construit.

Les princes de Reuss, luthériens farouches depuis 1535, même si quelques membres de la famille se sont convertis à la fin du XXe s. au ... conciliarisme, n'existent aujourd'hui que dans une branche latérale de la branché aînée (Reuss zu Köstritz), les anciennes branches aînée (Greiz), moyenne (Schleiz) et cadette (Gera) étant éteintes en lignée mâle (im Mannesstamm), en 1927, 1616 et 1945 (Henri XLV, né en 1895, disparu à Buchenwald en 1945, déclaré mort en 1962), respectivement.

Une petite curiosité : depuis 1122 à ce jour tous les mâles de la maison Reuss s'appellent Heinrich (Henri), sans aucune exception, en honneur de l'Empereur Henri V, le dernier des Saliens, qui en cette année octroya l'honneur de bailli de Weida à un ancêtre, entamant ainsi le cursus honorum de la famille, comtes immédiats depuis 1673, princes de l'Empire à partir de 1778.
Pour les distinguer on les numérote avec des chiffres romains, d'une séquence continue dans la lignée aînée dernièrement de 1693 à 1927 (I-XXIV), et dans la lignée cadette d'après leur année de naissance par siècle. Un Heinrich I. est donc le premier né d'un siècle, au XXIe nous en comptons déjà VI.
Le chef de la maison est actuellement Son Altesse Sérénissime (Seine hochfürstliche Durchlaucht) le prince Henri XIV, né en 1955.

Jusqu'en 1918 les deux principautés Reuss, branche aînée et cadette, étaient états souverains du deuxième Empire, régnant sur 316,7 km² avec en 1910 72.769 habitants et sur 827 km² avec en 1910 139.210 habitants, respectivement.
On appelle ça le principe du subsidiarité mis en pratique !

Schloss Burgk :



Les principautés Reuss en 1918, en rose (Greiz) et en violet (Gera) :

images/icones/pelerouin1.gif  ( 870361 )C'est le St Empire par Jean-Paul PARFU (2019-06-26 18:09:18) 
[en réponse à 870357]

et le principe de subsidiarité qui ont fait la force de l'Allemagne : enracinement et partout des centres économiques et culturels.

En France, par contre : centralisme, Etatisme, hyper-fiscalisme, Paris et le désert français, absence d'identité d'individus isolés, massifiés et déresponsabilisés !
images/icones/1y2.gif  ( 870370 )Vous exagérez cher maître ! par Aigle (2019-06-26 22:17:23) 
[en réponse à 870361]

Ce qui domine l Allemagne aujourd hui c est l esprit d entreprise et d organisation venu de la Hanse , revisité par la discipline prussienne et fortement modernisé par l'occupant US après 1945. Le tout étant d inspiration protestante.

La France n est pas plus centralisée que l Angleterre. Et aujourd'hui les fédérations professionnelles comme les syndicats font plus pour unifier l Allemagne que l administration ne le fait chez nous. Il suffit de changer de département pour voir que les règles changent ...

Et le saint empire n a pas empêché le IIIe Reich ...
images/icones/fleche2.gif  ( 870423 )En effet ! par Lycobates (2019-06-27 18:36:10) 
[en réponse à 870361]

Il m'a été donné d'avoir plusieurs conversations ces dernières années avec des jeunes gens en Saxe et Thuringe, et il est frappant (et consolant) de voir que cette génération, qui n'a plus connu le Mur et qui a grandi dans les conditions quand-même plutôt défavorisées des neue Bundesländer, développe un intérêt grandissant pour son histoire et les identités traditionnelles historiques, particulièrement fragmentées parfois, notamment en Thuringe, et ce sans états d'âme ni tabous.

On constate que ni la dictature national-socialiste fanatiquement centraliste, étatique et massifiée, ni la dictature communiste qui a suivi, toutes les deux jetant l'opprobre et le tabou du silence sur le passé "féodal" et "réactionnaire", n'ont pu oblitérer ces réalités séculaires que furent les souverainetés de Reuss, Altenburg, Schwarzburg, Meiningen et les autres.
Demeure hélas le désert spirituel, car ces régions ont largement abandonné la foi, toute foi. Mais une prise de conscience historique ne peut que contribuer à sa récouverte.
images/icones/neutre.gif  ( 870312 )Selk par Aigle (2019-06-25 21:19:45) 
[en réponse à 870283]

Selon Wikipedia

L’Église évangélique luthérienne indépendante (allemand : Selbständige Evangelisch-Lutherische Kirche ou SELK) est une Église luthérienne confessionnelle en Allemagne, laquelle compte environ 33 200 membres. Son siège se trouve à Hanovre. Elle est membre du Concile luthérien international. La SELK est reconnue comme établissement public du culte.

L’Église évangélique luthérienne indépendante a été fondée en 1830. L'Église actuelle date de 1972. Elle a pour évêque Hans-Jörg Voigt.
images/icones/idee.gif  ( 870340 )SELK par Lycobates (2019-06-26 12:35:13) 
[en réponse à 870312]

Nous avions parlé de cette communauté luthérienne à tendance traditionnelle, ICI.

En 1817 le Roi de Prusse (lui même réformé) unifia par la force les communautés luthériennes et réformées dans son royaume, ce que quelques communautés luthériennes refusèrent, appelées depuis "altlutherisch".
En 1945, la Prusse étant pour sa plus grande partie anéantie, il y eut une réorganisation, et une autre en 1972, c'est la SELK actuelle.


images/icones/1d.gif  ( 870318 )Application de la théologie Amazonienne par Leopardi (2019-06-25 22:40:59) 
[en réponse à 870283]

Eglise Amazonienne
images/icones/neutre.gif  ( 870338 )C'est joli, mais... par Eudoxie (2019-06-26 12:12:36) 
[en réponse à 870283]

Ce n'est qu'une Messe sèche...ce prêtre n'est pas ordonné validement, et sa consécration est donc invalide...C'est dommage, vu la qualité liturgique déployée, et la délicatesse de l'ensemble. C'est fin, respectueux...Que certaines paroisses en prennent de la graine!Même eux ils célèbrent vers l'Orient!
images/icones/fleche2.gif  ( 870348 )Joli mais creux par Lycobates (2019-06-26 13:33:25) 
[en réponse à 870338]

Tout à fait.
Même s'il n'est pas exclu que certains de leurs ordres pourraient être valides, en Suède, où apparemment les anciens livres sont restés longtemps en vigueur dans certains milieux, et depuis le XIXe s. jusqu'à un certain moment au XXe, ailleurs aussi, puisque conférés dans la succession janséniste de Varlet, selon le pontifical traditionnel.
Il faudrait établir le pédigrée au cas par cas.
Mais comme ils sont hérétiques et schismatiques, et en général contumaces, ce n'est pas très pertinent pour nous, puisque dans le cas d'une conversion, un clerc ex-hérétique demeure en principe laïc.

Prions pour eux.

"La messe de Luther" : c'est ainsi que feu Mgr Lefebvre appelait le NOM, non sans raison, mais le NOM est bien pire que la primitive "messe de Luther", qui est à la base une traduction allemande de la messe romaine, l'ordre des lectures et prières du Temporal, et la structure de l'année liturgique sont largement préservés (on numère les dimanches "après la Trinité", comme le font encore les dominicains), l'ordo missae en substance aussi, bien sûr sans les prières de l'oblatio munda et sans le Canon, horreur des horreurs pour les hérétiques : après la Préface (dite ou chantée, parfois en latin, ICI, à partir de 3:25), le célébrant récite directement les "paroles de l'institution".

Mais les Luthériens sont toujours ad Orientem, la table picnic est une invention de nos modernistes.
Eh oui, j'oubliais : chez les "vrais", la "communion" est donnée sous les deux espèces, à genoux, et sur la langue (le vin avec une cuillère), ICI, à partir de 10:00.
(liens déjà postés)