Le sacerdoce pour tous !
Citant saint Pierre au numéro 9 (« vous êtes une race choisi, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis… » (7)) le texte développe la définition de l’Église comme peuple pour attribuer aux fidèles un certain sacerdoce (8).
C’est une expression nouvelle, certes déjà amorcée par le pape Pie XII dans Mediator Dei. Mais là où le pape expliquait très clairement qu’il s’agit pour les fidèles d’un sens métaphorique et impropre, d’un titre purement honorifique, le texte du concile sème l’ambiguïté et la confusion en n’apportant plus ces distinctions claires. C’est une ouverture à la participation active des laïcs dans la liturgie, et à leur importance au sein de l’Église (cf. ensuite le chapitre 4 de cette constitution).
Les prêtres offrent, mais aussi tous les fidèles, car ce qui s’accomplit d’une manière spéciale par le ministère des prêtres se fait d’une manière universelle par le vœu des fidèles" (De Sacro Altaris Mysterio, III, 6), Et Nous aimons à citer en cette matière au moins une affirmation de saint Robert Bellarmin, prise entre beaucoup d’autres : " Le sacrifice, dit-il, est offert principalement dans la personne du Christ. C’est pourquoi l’offrande qui suit la consécration atteste en quelque sorte que toute l’Église consent à l’oblation faite par le Christ et offre avec lui " (De Missa, I, cap. 27).
le peuple, lui aussi, prend part à cet auguste sacrifice en tant qu’il l’offre. On y trouve ceci, par exemple : " Pour lesquels nous t’offrons, ou qui t’offrent… Nous vous prions donc, Seigneur, d’accueillir d’un cœur apaisé cette offrande de vos serviteurs et de toute votre famille… Nous, vos serviteurs, ainsi que votre peuple saint, nous offrons à votre glorieuse Majesté ce que vous-même nous avez donné et nous donnez, l’hostie pure, l’hostie sainte, l’hostie immaculée " (Ibid., Canon Missae).
Et il n’est pas étonnant que les chrétiens soient élevés à cette dignité. Par le bain du baptême, en effet, les chrétiens deviennent à titre commun membres dans le corps du Christ-prêtre, et par le "caractère" qui est en quelque sorte gravé en leur âme, ils sont délégués au culte divin : ils ont donc part, selon leur condition, au sacerdoce du Christ lui-même.
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Pour ne pas faire naître en cette matière très importante d’erreurs pernicieuses, il faut préciser avec exactitude le sens du mot " offrir ". L’immolation non sanglante par le moyen de laquelle, après les paroles de la consécration, le Christ est rendu présent sur l’autel en état de victime, est accomplie par le seul prêtre en tant qu’il représente la personne du Christ, non en tant qu’il représente la personne des fidèles. Mais par le fait que le prêtre pose la divine victime sur l’autel, il la présente à Dieu le Père en tant qu’offrande, pour la gloire de la très sainte Trinité et le bien de toute l’Église. Or, cette oblation au sens restreint, les chrétiens y prennent part à leur manière et d’une double façon, non seulement parce qu’ils offrent le sacrifice par les mains du prêtre, mais aussi parce qu’ils l’offrent avec lui en quelque sorte, et cette participation fait que l’offrande du peuple se rattache au culte liturgique lui-même.
Que les fidèles, par les mains du prêtre, offrent le sacrifice, cela ressort avec évidence du fait que le ministre de l’autel représente le Christ en tant que chef offrant au nom de tous ses membres ; c’est pourquoi l’Église universelle est dite, à bon droit, présenter par le Christ l’offrande de la victime. Si le peuple offre en même temps que le prêtre, ce n’est pas que les membres de l’Église accomplissent le rite liturgique visible de la même manière que le prêtre lui-même, ce qui revient au seul ministre délégué par Dieu pour cela, mais parce qu’il unit ses vœux de louange, d’impétration, d’expiation et d’action de grâces aux vœux ou intentions mentales du prêtre, et même du Souverain Prêtre, afin de les présenter à Dieu le Père dans le rite extérieur même du prêtre offrant la victime. Le rite extérieur du sacrifice, en effet, doit nécessairement, par sa nature, manifester le culte intérieur ; or, le sacrifice de la loi nouvelle signifie l’hommage suprême par lequel le principal offrant, qui est le Christ, et avec lui et par lui tous ses membres mystiques, rendent à Dieu l’honneur et le respect qui lui sont dus.
Citoyen du monde
Enfin, on trouve une expression malheureuse dans ce texte. Le concile affirme que les moyens de communication sociale « font de chaque homme le citoyen du monde ».(4) Peut-être suggérera-t-on que cette expression voudrait reprendre la consecratio mundi dont parlait déjà Pie XII. Il n’en reste pas moins que cette phrase est non seulement dangereuse, mais aussi perverse. Car elle sous-tend un gouvernement mondial dont tout homme serait une partie ; on pense aussitôt à l’action de l’ONU et à la visite que lui fit Paul VI, la paix universelle sur terre… Comment même ne pas penser, dans les courants idéologiques qui font et défont ce concile, aux erreurs de la liberté religieuse, de l’œcuménisme et de la collégialité, Nouvel Age pour l’Église ?(5)
Abbé Gabriel Billecocq, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.
Il s'agit là d'un problème de traduction : le français ne suit pas le latin.
22. Cum insuper eorundem instrumentorum efficacitas limites Nationum excedat, atque singulos quasi cives efficiat totius consortionis humanae, in hac provincia incepta nationalia inter se cooperentur etiam in ambitu internationali.
22. Les organisations internationales
Enfin, les moyens de communication sociale ont une influence qui dépasse les frontières d’un pays ; ils font de chaque homme le citoyen du monde. Il faut donc que les œuvres nationales coopèrent au plan international. Les offices nationaux dont il est question au paragraphe 21 collaboreront activement avec l’Organisation internationale catholique correspondante. Ces OIC sont approuvées légitimement par le Saint-Siège seul et dépendent de lui.
22. Since the effectiveness of these media reaches beyond national boundaries and has an impact on individual members of the whole human family, national offices should co-operate among themselves on an international plane. The offices spoken of in Number 21 should assiduously work together with their own international Catholic associations. These Catholic international associations are legitimately approved by the Holy See alone and depend on it.