Ces formules ne veulent strictement rien de dire de particulièrement chrétien ou liturgique (mon Chablis d'hier soir fut assez potus spiritualis aussi) et surtout cela n'a rien à voir avec le sacrifice de la Croix.
Vous raillez l'offertoire de l'ordo de Paul VI, en particulier les formules panus vitae et potius spiritualis
Superfluo notare l'assoluta indeterminatezza delle due formule «panis vitæ» e «potus spiritualis», che possono significare qualunque cosa
Toujours est-il que, pour curieuses et régressives par rapport à l'offertoire romain que soient ces prières, je ne vois pas en quoi elles feraient absolument obstacle à ce qu'un prêtre voulant faire ce que fait l'Eglise consacre validement les saintes espèces.
Quelle est la matière du sacrement de l’Eucharistie ?
La matière du sacrement de l’Eucharistie est celle qui fut employée par Jésus-Christ, c’est-à-dire le pain de froment et le vin de la vigne.
Quelle est la forme du sacrement de l’Eucharistie ?
La forme du sacrement de l’Eucharistie consiste dans les paroles employées par Jésus-Christ : " Ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang ".
D’autre part, la forme prescrite par l’Eglise ne peut être déficiente.
Le prêtre qui veut consacrer selon la Foi de l'Eglise (il croit à tous les aspects traditionnels de la Consécration : sacrifice impétratoire, propitiatoire, etc), et respecte pour ce faire le rite officiel (NOM) que lui donne l'Eglise, dont il ne perçoit pas l'ambiguïté, a bel et bien l'intention de faire ce que fait l'Eglise, et consacre donc validement.
respecte pour ce faire le rite officiel (NOM) que lui donne l'Eglise, dont il ne perçoit pas l'ambiguïté
Id quod active et proxime atque instrumentaliter efficit gratiam iustificationis est sola actio illa externa, quae sacramentum dicitur et haec vocatur opus operatum, accipiendo passive, ita ut idem sit sacramentum conferre gratiam ex opere operato, quod conferre ex vi ipsius actionis sacramentalis a Deo ad hoc institutae, non ex merito agentis vel suscipientis.
Il faut donc soutenir que si le prêtre ne disait que les paroles en question, avec l'intention d'accomplir ce sacrement, celui ci serait réalisé, parce que l'intention ferait comprendre que ces paroles sont prononcées au nom du Christ, même si ce n'était pas signalé par le récit des paroles précédentes. Cependant ce prêtre pécherait gravement, comme n'observant pas le rite de l'Église.
III, q78, a1, ad4Ainsi, quelqu’un qui, dans la confection et la collation d’un sacrement, emploie sérieusement et suivant le rite la matière et la forme requises, est censé, par le fait même, avoir eu l’intention de faire ce que fait l’Église.
La conséquence de tout cela est d'insinuer un changement du sens spécifique de la Consécration. Selon le nouvel ORDO MISSAE, les paroles de la Consécration seront désormais énoncées par le prêtre comme une narration historique, et non plus comme affirmant un jugement catégorique et intimatif proféré par Celui en la Personne de qui le prêtre agit : HOC EST CORPUS MEUM et non HOC EST CORPUS CHRISTI (21).
(Note 21) Telles qu'elles figurent dans le nouvel ORDO MISSAE, les paroles de la Consécration peuvent être valides en vertu de l'intention du prêtre ; mais elles peuvent aussi ne l'être pas : elles ne le sont plus par la force même des paroles, ou plus précisément : elles ne le sont plus en vertu de leur signification propre (du modus significandi) qu'elles ont dans le Canon romain du Missel de saint Pie V. -- Les prêtres qui, dans un proche avenir, n'auront pas reçu la formation traditionnelle, et qui se fieront au nouvel ORDO MISSAE et son Institutio generalis pour " faire ce que fait l'Eglise ", consacreront-ils validement ? II est légitime d'en douter.
La forme du sacrement de l'Eucharistie, ce sont les paroles de la Consécration : "Ceci est mon Corps", "Ceci est mon Sang, etc...", et seulement cela: Il faut donc soutenir que si le prêtre ne disait que les paroles en question, avec l'intention d'accomplir ce sacrement, celui ci serait réalisé, parce que l'intention ferait comprendre que ces paroles sont prononcées au nom du Christ, même si ce n'était pas signalé par le récit des paroles précédentes. Cependant ce prêtre pécherait gravement, comme n'observant pas le rite de l'Église. III, q78, a1, ad4
La forme du NOM (tout au moins pour la Prex 1) est donc valide.
L'intention doit être celle de faire ce que fait l'Eglise :
1 - dans le cas d'un rite qui exprime explicitement la Foi de l'Eglise, le simple fait de se conformer au rite manifeste suffisamment cette intention
2 - dans le cas où le rite contredirait explicitement la Foi de l'Eglise, le fait de se conformer à ce rite manifesterait éventuellement une intention contraire, invalidant le sacrement. Sauf si éventuellement le prêtre ne comprend pas qu'il y a contradiction et conserve bel et bien l'intention de réaliser le sacrement. On parle ici d'une contradiction explicite dans le texte du rituel, l'intention de ceux qui ont fabriqué le truc n'entre pas en ligne de compte.
3 - dans le cas d'un rite ambigü, ou incomplet, qui n'exprimerait pas exaustivement l'intégralité de la Foi de l'Eglise (mais sans la nier non plus), tout dépend de ce comprend le prêtre et donc de ce qu'il pense qu'il fait. Mais Apostolicae Curae est très claire : Ainsi, quelqu’un qui, dans la confection et la collation d’un sacrement, emploie sérieusement et suivant le rite la matière et la forme requises, est censé, par le fait même, avoir eu l’intention de faire ce que fait l’Église.
Il vous reste donc à démonter soit que le NOM contredit explicitement la Foi de l'Eglise (2 ci-dessus),
soit que l'intention du prêtre est déficiente (3 ci-dessus). De plus, il vous faut restreindre cette analyse à ce qui est strictement nécessaire (et suffisant) à l'accomplissement du sacrement : matière et forme.
«Donc ou bien le NOM n'est rien de tout cela (et nous nous trompons lourdement), ou bien celui qui le prescrit n'est pas ce qu'il semble être.»