Le Forum Catholique

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images/icones/pelerouin1.gif  ( 857051 )Les sacrifiés de Dieu : recension de Golias Hebdo par André (2018-11-18 17:27:18) 

Parmi les témoignages de victimes d’abus commis par des prêtres, celui porté par Jean-Pierre Sautreau dans son livre(1) est précieux. Il met en lumière des pratiques ecclésiales pour satisfaire le besoin de prêtres et démontre surtout que les abus dans l’Eglise ont toujours existé. L’auteur de cet ouvrage délicat, magnifiquement bien écrit, narre l’expérience vécue au début des années 1960 dans l’ancien Petit Séminaire de Chavagnes-en-Paillers, en Vendée.

L’auteur décrit le processus qui l’amène dans ce Petit Séminaire, comment un « monseigneur à la main leste » recrutait dans les familles les gamins de 10-11 ans afin de préparer le clergé de demain mais aussi satisfaire son penchant pour la chair de jeunes garçons. Avec une certaine mansuétude de la part de la hiérarchie. Pour arriver à bonnes fins, le prédateur faisait miroiter un avenir radieux aux jeunes pousses et à leurs parents, bien heureux à l’idée que leur enfant puisse s’élever socialement en servant l’Eglise et d’avoir « une bouche de moins à nourrir ». Violences sexuelles, violences physiques, violences verbales…

L’époque était assurément violente, l’enfant – et sa parole – sans poids dans le monde des adultes, ces derniers – surtout ceux qui n’avaient pu faire de longues études – s’en remettant avec la plus totale confiance à ceux qui avaient de l’instruction : maire, instituteur et bien sûr prêtre. En ce dernier, en Vendée notamment, la confiance était absolue, son jugement écouté. C’était l’époque où petits et grands séminaires constituaient la voie royale. Pourtant, à certains moments, on ne sait plus si, à Chavagnes, il s’agit d’un Petit séminaire ou d’une arrière-cuisine de l’enfer, où opèrent des démons habillés en curés. Ces gamins passent leur temps à prier en silence, soumis totalement à la cléricature sachante, « gourous » en soutane qui détiennent leur pouvoir de Dieu lui-même. « Du coup l’enfant se retrouve seul. Et quand il sera agressé comme moi et la plupart des abusés par son directeur de conscience, il sera perdu, incapable de comprendre et de peser l’acte et s’enfermera dans une solitude dépressive », note Jean-Pierre Sautreau qui ne sortira de ce carcan que des décennies plus tard, avec la publication d’Une croix sur l’enfance. Combien sont-ils dans son cas ? Combien en sont ressortis brisés à vie ? Combien ont survécu à ce déchaînement de mal ? Combien ont oublié ? Combien n’ont pas parlé ou ne parleront jamais ? De ce récit glaçant, on retient aussi que ces prédateurs ne furent jamais jugés, ils purent continuer de vivre sereinement, continuer de repérer des proies en paroisses pendant que les victimes tentaient de se reconstruire. En l’espèce, Jean-Pierre Sautreau ne fut pas cru, ni par la hiérarchie ni par ses proches. Cette solitude qu’il avait connue au petit Séminaire infernal de Chavagnes persistait au dehors ; comme le désert, l’enfer a-t-il une fin ? Cet ouvrage – témoignage bouleversant – est salutaire : pour les victimes en premier lieu, pour les chrétiens ensuite souvent ignorants de ces turpitudes, pour l’Eglise enfin qui doit affronter ce passé si elle veut se régénérer. Ainsi, il serait temps d’ouvrir les archives et de mettre en accusation ceux qui défigurèrent le visage du Christ, quand bien même ils sont désormais décédés ; pour les victimes et le Peuple, cette exigence de vérité est inévitable. Pour aller plus loin : http://golias-editions.fr/article5569.html

1. Jean-Pierre Sautreau, Une croix sur l’enfance, La Crèche, La Geste Editions, 2018.

Golias-News
images/icones/nul.gif  ( 857055 )de l'anticléricalisme pur et dur par jejomau (2018-11-18 18:23:08) 
[en réponse à 857051]

Golias veut dézinguer l'Eglise catholique depuis longtemps. Des phrases comme celle-ci sont monstrueuses : "Il met en lumière des pratiques ecclésiales pour satisfaire le besoin de prêtres"

Je n'ai pas lu ce livre. Je ne le lirais pas. Car je suis persuadé à l'avance que l'auteur part d'un a-priori sur les prêtres pour démontrer sa pseudo-thèse.

Golias s'y retrouve puisqu'il milite en faveur du mariage des prêtres (et) (ou) des prêtres mariés, du rôle plus important à donner aux femmes, etc.. etc... etc.. On n'y reviendra pas.

MAIS Golias veut aussi combattre la vérité qui se fait jour aujourd'hui avec les procès retentissants en Amérique et la bombe Vigano. Cette vérité indique que c'est la sous-culture homosexuelle et l'homosexualité dans le clergé qui implique la pédophilie et les cas d'abus ET NON le cléricalisme de manière prépondérante. Ce que voudrait justement répandre ce livre-torchon avec "des pratiques ecclésiales" qui seraient communément admises à l'époque..

Si ces faits étaient si démontrés par le passé , comme on tente de le suggérer, alors pourquoi avoir parlé et rabâché pendant deux siècles (depuis la révolution) des "bonnes du curé" comme étant de ces femmes qui finalement servaient de temps à autre aux pulsions de ces curés ? En effet, on ne trouve pratiquement aucune trace de cas d'histoires de pédophilie. On n'en parlait pas.. Parce qu'il n'y en avait pas en réalité ou très peu . Car il faut bien croire que l'homme étant ce qu'il est, il devait bien y avoir deux ou trois détraqués.

Mais c'est un fait que ce problème de pédophilie est en réalité un fait contemporain. et non une pratique de toujours !

Par ailleurs, si on veut nous faire croire que la pédophilie faisait partie des mœurs du clergé , alors il faut que chacun de nous, chacun des catholiques laïcs acceptent que notre perception d'un monde chrétien suggère aussi la pédophilie. Ces prêtres sont des frères, des fils, des parents, des amis que nous avons connu.. Ils sont pédophilies ? Donc….

Débile.

Golias et toute une Gauche ne veut pas admettre, selon toutes les études et les rapports faits, « la présence de davantage d’hommes homosexuels parmi le clergé est très clairement corrélée avec une augmentation des abus sexuels sur les garçons »; que par ailleurs, les principaux constats de ces études est que la proportion de prêtres homosexuels par rapport à celle des homosexuels dans la population en général représente le double dans les années 1950, et huit fois plus dans les années 1980. et que si les cas de pédophilie actuels proviennent en majorité des années 50-60... Le phénomène prend une nouvelle ampleur ave la révélation de cas en augmentation datant des années 2000 du fait justement de cette culture homosexuelle dans les séminaires..

Le cléricalisme en tant que tel est un fait très mineur dans les cas de pédophilie : c'est bien l'augmentation du recrutement des homosexuels qui engendrent la chose.

D'autant que seul « un petit pourcentage de prêtres accusés d’abus étaient atteints d’une pathologie pédophile » et que « aucune analyse crédible n’est possible si l’on ne tient pas compte de l’homosexualité ».

images/icones/neutre.gif  ( 857104 )Et si c'était simplement la vérité historique pure et dure ? par André (2018-11-19 11:24:32) 
[en réponse à 857055]

Vous écrivez:

Des phrases comme celle-ci sont monstrueuses : "Il met en lumière des pratiques ecclésiales pour satisfaire le besoin de prêtres"

.

Or l'auteur de ce livre n'est pas le seul à raconter qu'un délégué de l'évêque portant un titre de monseigneur était chargé de faire tous les ans la tournée des villages du diocèse et de recruter dans les paroisses et les écoles catholiques des garçons de 10-11 pour le petit séminaire. Le recrutement était apparemment de l'ordre de 150/an autour de 1960. Dans le cas de l'auteur, ça s'est même décidé sans qu'il soit consulté, donc sans qu'il ait exprimé de désir en ce sens. Le monseigneur avait, semble-t-il, divers sobriquets comme "l'inséminateur de vocations artificielles" ou le "grand inséminateur".

Des sources comme celle-ci ou bien celle-ci pourraient sans doute être qualifiées d'anticléricales "pur et dur", donc potentiellement biaisées, mais elles n'en sont pas moins intéressantes dans le cadre d'un travail de documentation historique. Si vous pouvez admettre comme un fait historique que l'on ait parfois fabriqué des vocations religieuses sous l'ancien régime, sans pour autant vous sentir agressé dans votre foi ou votre identité chrétienne, pourquoi ne pourrait-on pas se pencher sur le phénomène au XXème siècle ?
images/icones/fleche2.gif  ( 857107 )mouais... par jejomau (2018-11-19 11:38:00) 
[en réponse à 857104]

relisez bien mon post. J'écris bien qu'il y a certainement toujours eu des détraqués.

En revanche, ce qui devient pénible, c'est d'avoir des ouvrages, des films, etc.. qui ne racontent que ça des prêtres.

Non, ma religion n'est justement pas une religion de détraqués. Cette impression lourde qui va à sens unique, de façon répétée, est une manière de manipuler l'opinion pour dire : regardez, ca s'est toujours fait, de façon massive chez les cathos.. justement parce que ce sont des cathos et que leur curés sont seuls et qu'ils ont besoin de se satisfaire !

Cela va à l'encontre totale du message de l'Evangile et donc de ce en quoi peut adhérer un prêtre quand il s'engage.

Si vous relisez mon post justement, il est bien affirmé que ce phénomène a commencé à se répandre dans les années 50 et a repris de l'ampleur à partir des années 2000 non du fait du cléricalisme mais du fait des pratiques homosexuelles massives répandues .

Ce n'est donc pas un fait qui se situe sur le plan historique comme une donnée majeure et prépondérante dans le clergé...
images/icones/info3.gif  ( 857108 )Ce n'était pas l'objet de ma réponse... par André (2018-11-19 12:13:38) 
[en réponse à 857107]

Je réagissais, si vous lisez correctement, à votre titre de message et à votre premier paragraphe. A savoir, votre accusation d'anticléricalisme à l'encontre de Golias (et probablement aussi de l'auteur de l'ouvrage recensé).

Je n'entrais donc nullement dans cette gueguerre cléricalisme vs. homosexualité opposant depuis peu les clans progressistes vs. conservateurs.

Pour rappel, vous trouviez "monstrueux" de parler pratiques ecclésiales pour remplir ce petit séminaire de Vendée et embrigader de gré ou de force des garçons dans le sacerdoce, alors qu'il semble bien que ce soit un fait historique. C'est à cela que je répondais.

Accessoirement, ce genre de pratiques a peut-être bien contribué à produire les quelques détraqués dont vous parlez.
images/icones/1a.gif  ( 857120 )ce genre de faits seraien réguliers dans l'histoire car dûs à la pratique ecclésiale ? par jejomau (2018-11-19 14:44:12) 
[en réponse à 857108]

Ah bon …

Je ne discute pas le fait que l'auteur ait connu un fait répréhensible. Je ne crois pas du tout en revanche que ce soit des "pratiques ecclésiales" dont on veut nous faire entendre que la chose a toujours été chose répandue dans l'Eglise comme allant de soi (sous-entendu tout simplement parce qu'on serait un curé et que comme n'a pas de femme...)

Je vous mets au défi de trouver dans la Littérature des faits fournis et récurrents abordant ce genre de choses. Balzac, Zola, des écrivains athées comme Camus ou Sartre; des auteurs acharnés contre l'Eglise comme Renan ou Freud et bien d'autres; des encyclopédistes comme Diderot, d'Alembert ou même Rousseau et Voltaire.. des Robespierre, Danton etc.. et ailleurs dans le monde que ce soit en URSS avec Lenine, Staline, sous Mao en Chine : jamais vous ne trouverez la pédophilie mise en exergue comme un fait avéré et certain, comme une "pratique ecclésiale" sûre, massive et répandue dans les Ordres !

Ils avaient l'esprit moins tordu.

C'est un fait contemporain.

Ce qui ne veut pas dire que l'Eglise n'ait pas eu ses détraqués comme toute institution. Le cardinal Brandmüller lui-même admet que l'état de l'Eglise sous François rappelle l'état de l'Eglise au XI° et XII siècle et remarque un état de délabrement général (contemporain):

Le concubinage ainsi que l’homosexualité se répandirent de plus en plus largement au sein du clergé, à un point tel qu’en 1049, saint Pierre Damien remit au pape à peine élu Léon IX, connu pour être un réformateur zélé, ce « Liber Antigomorrhianus » rédigé sous forme épistolaire, qui était en substance un appel à sauver l’Église de la « souillure sodomite qui s’infiltre comme un cancer dans l’ordre ecclésiastique, voire comme une bête assoiffée de sang qui se déchaîne dans la bergerie du Christ ».


Mais c'est bel et bien condamné, pourchassé et réprimé par l'Eglise comme un mal absolu et jamais personne, dans les siècles, n'a pensé le contraire jusqu'ici… avec Golias ou quelques autre revues aux buts bien obscurs !


images/icones/hum2.gif  ( 857122 )Bon... par André (2018-11-19 15:22:28) 
[en réponse à 857120]

Vous ne savez pas lire ce que j'écris mais vous ne savez pas vous relire vous-même non plus, semble-t-il.

Vous hurlez d'abord au scandale que Golias ose suggérer une "pratique ecclésiale" de recrutement forcé dans les petits séminaires à l'époque (1960 donc) puis vous me prêtez l'affirmation que c'est la pédophilie qui est une pratique ecclésiale de toujours.

Je vous laisse discourir avec vous-même.
images/icones/idee.gif  ( 857141 )mode de recrutement banal, l'abus sexuel lui ne l'est pas par Luc Perrin (2018-11-19 18:29:52) 
[en réponse à 857108]

Il y a deux aspects dans cette histoire.

Des "recruteurs" et recruteuses aussi côté religieuses, cela s'est massivement pratiqué partout, y compris avec une note de contrainte plus appuyée dans les colonies (je lisais cela récemment pour les Pères blancs dans les Grands Lacs).

En Alsace, on nous a raconté les tournées des missionnaires dans les écoles, les familles pour susciter des vocations : l'étape étant le Petit séminaire ou les "écoles apostoliques" pour les congrégations.
Rien d'illégal, rien de choquant non plus.
Cela s'appelle du démarchage à domicile... Par ailleurs ces écoles secondaires étaient réputées en général, avec des taux de réussite élevé, et constituaient un tremplin social pour les ruraux et couches populaires. Tous ne rejoignaient pas, et de beaucoup !, le Grand séminaire ou le postulat.
Il n'y avait donc, en France en tout cas, aucune contrainte réelle à une vocation religieuse ou sacerdotale à l'époque contemporaine (XIX-XXe). Sous l'Ancien Régime là il y a eu de la contrainte de temps à autre dans les familles : il suffit de consulter les auteurs du temps, Molière compris.

L'autre aspect du témoignage vise l'abus sexuel que ce prêtre précis a greffé sur sa fonction. C'est autre chose.

Ne mélangeons pas tout svp.

Quant à l'ancienneté de la prédation homosexuelle dans le clergé et l'épiscopat, c'est bien ce qui frappe dans le "rabbit-hole" américain.
A partir de McCarrick, on remonte les galeries et on arrive au moins à Spellman à New York soit dans les années 1940 ! Suivant les galeries (Détroit, Chicago, Los Angeles, San Francisco etc.), on remonte plus ou moins dans le temps mais fréquemment dans les années fin 50 et 1960.
Cela concorde avec les rapports en Irlande d'ailleurs où les pics d'abus sont commis pendant les grandes années du "Renouveau", fin décennie 1950 fin décennie 1980.
images/icones/fleche2.gif  ( 857156 )Mr Jean-Marie Le Pen par jejomau (2018-11-19 23:15:41) 
[en réponse à 857141]

parle très bien dans son livre autobiographique de la réputation qu'avait les jésuites alors dans son coin de Bretagne.

S'il souligne la "crasse" que lui a fait un prêtre qui l'a dégoûté des curés (crasse qui n'a rien à voir avec un abus précisons le tout de suite) il met parfaitement en exergue l'admiration qu'il avait (et avec lui toute sa génération ainsi que celle de ses parents) pour la tenue excellente et le régime strict de ces écoles dans lesquelles on mettait ses fils car on savait y trouver des Maîtres d'excellence. Il note qu'on y travaillait quotidiennement 7h tous les jours ce qui était très loin d'être le cas dans les écoles laïques sises à la campagne.. Il conserve donc son admiration pour l'Eglise catholique qu'il a connue dans son enfance