Le Forum Catholique
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( 855966 )
Le problème de la synodalité moderne par Meneau (2018-10-31 21:17:38)
Qu'Ion me pardonne, je passe directement à la période actuelle, donc à partir d'Episcopalis Communio, car à mon sens, le problème n'est pas dans les principes qui fondent la synodalité dans l'Eglise. En effet, il est tout à fait normal qu'un pape prenne conseil auprès du collège des Evêques. C'est par exemple ce qu'a fait Pie IX lors de l'élaboration de la promulgation du dogme de l'Immaculée Conception : commission de théologiens, congrégation préparatoire, Ubi primum pour recueillir l'avis des Evêques, commission spéciale, puis promulgation de la bulle Ineffabilis Deus.
Le problème dans la synodalité de l'ère François, et en particulier dans le dernier synode des jeunes, est à mon sens double :
1 - l'élaboration des documents non pas de façon transparente sur la base de l'ensemble des avis recueillis, mais de façon opaque et - c'est prouvé notamment pour ce qui est de l'introduction du terme "LGBT" - noyautée par une poignée de délégués spéciaux nommés directement par François et choisis majoritairement dans une seule famille de pensée
2 - la publication des documents "tels quels" pour ainsi dire, comme une présentation de (prétendûment - cf point 1) tous les avis et délibérations, la ratification du pape se réduisant à apposer sa signature en dessous des textes pour qu'ils "participent au Magistère ordinaire du successeur de Pierre". Ce n'est pas là l'objet du Magistère. La mission du pape n'est pas de publier des compte-rendus de discussions, mais d'affirmer le dogme et de confirmer ses frères dans la Foi. Autrement dit, on n'attend pas du pape qu'il ratifie la publication d'un document disant "60% des évêques pensent ceci et 40% pensent cela, et les jeunes pensent tantôt ci et tantôt ça, et certains experts pensent ainsi, d'aures autrement", mais qu'il dise du haut de la Chaire de Pierre - en toute liberté - : "ceci est la doctrine catholique (objet du Magistère = la Foi), et voici comment la mettre en oeuvre (objet du Magistère = les moeurs)". J'ai ajouté "en toute liberté" car il ne doit pas lui être interdit de ratifier l'opinion minoritaire plutôt que la majoritaire. Ainsi Paul VI rappelant la Vérité sur la contraception à l'encontre de l'opinion publique et même à l'encontre de l'avis de la communion d'experts qu'il avait lui-même donnée. Ce qui compte ce n'est pas l'avis de la majorité, mais l'expression de la Vérité.
Voilà ce qu'on attend d'un synode soumis au pape, et pas un gloubi-boulga, conglomérat éventuellement manipulé des divers avis, où forcément la majorité tendra vers l'opinion la plus dans l'air du temps.
En complément, j'ajoute que le Synode devrait naturellement et clairement s'appuyer sur le Magistère traditionnel et sur les dogmes déjà établis, et non en priorité sur les avis et préoccupation du "Peuple de Dieu".
En synthèse : consultation, puis énoncé du dogme, de la morale ou de la direction pastorale, appuyé sur la Tradition. Et non pas synthèse consensuelle - ou au moins présentée comme telle - de ce qu'aujourd'hui le Peuple de Dieu (jeunes, évêques, et représentants de l'Eglise hérétique hussite) pense que devrait être le dogme, la morale ou la pastorale.
Cordialement
Meneau

( 855967 )
"en toute liberté" par AVV-VVK (2018-10-31 21:26:12)
[en réponse à 855966]
Pensez-vous alors à une "Exhortation apostolique" ?

( 855969 )
Pas si vite cher Meneau par Ion (2018-10-31 21:48:46)
[en réponse à 855966]
Commençons non pas par Episcopalis Communio, mais 50 ans en arrière, par Apostolica solicitudo qui est une réintroduction de la synodalité dans l'Eglise catholique. Cette introduction est concomitante à l'approfondissement de la sacramentalité de l'ordre épiscopal. La synodalité d'Apostolica solicitudo est ainsi bien plus qu'une prise de conseil du Pape auprès des évêques telle que vous la décrivez.
Ion

( 855971 )
Encore une fois par Meneau (2018-10-31 22:10:27)
[en réponse à 855969]
je ne remets pas en cause les principes, notamment ceux d'Apostolica solicitudo, mais la façon dont ces principes sont appliqués - ou pas - dans les synodes récents.
Du coup effectivement je passe sur certaines fins, générales ou spéciales et prochaines, du synode tel qu'il est institué dans cette lettre apostolique, notamment la 1.a : "entretenir une union et une collaboration étroites entre le Souverain Pontife et les évêques du monde entier". Mais qui y trouverait à redire ? C'est assurément une bonne chose.
Mais quoiqu'il en soit, ce synode est constitué pour "apporter une aide efficace au Pasteur suprême de l'Église", il a "pour mission d'informer et de conseiller", et dans le cas où il reçoit un pouvoir délibératif, "il reviendra au pape de ratifier la décision du Synode". Il ne peut y avoir dans l'esprit de Paul VI de "Magistère du successeur de Pierre" sans "soumission directe et immédiate à l'autorité du Pontife Romain".
Cordialement
Meneau

( 855976 )
Très bien par Ion (2018-10-31 22:54:14)
[en réponse à 855971]
Donc, si nous sommes tous d'accord pour la synodalité telle que restaurée par Apostolica solicitudo, nous acceptons également :
- que cette restauration soit directement inspirée par le Concile Vatican II dont les Pères ont demandée cette restauration
- qu'AS prévoit que cette synodalité soit perfectionnée à l'avenir.
Ce perfectionnement s'est réalisé progressivement sous St Paul VI, St Jean-Paul II, Benoît XVI lui-même et maintenant François. Le principe délibératif soumis à l'approbation du Pontife restant sauf.
François a-t-il agi différemment ? Sa constitution de 2018 n'est-elle pas la manière d'entériner cette progression depuis 50 ans, ce perfectionnement ? Y compris lors du dernier synode ? Lors de dernier synode, les délibérations des Pères synodaux n'ont-elles pas été soumises à l'approbation du Souverain Pontife ?
Certes, la synodalité est intimement liée à la collégialité, elle aussi approfondie lors du Concile, tout comme la sacramentalité de l'épiscopat.
N'est-ce pas là la question essentielle qui nous/vous occupe ?
Ion

( 855997 )
Meneau vous a répondu par Paterculus (2018-11-01 13:59:08)
[en réponse à 855976]
Ici
Votre dévoué Paterculus

( 856025 )
Non, il n'a pas répondu par Ion (2018-11-01 19:44:54)
[en réponse à 855997]
La question n'était pas de savoir si le rapport final du synode répondait aux attentes des fidèles telles qu'exprimées par Meneau, mais de savoir si ce rapport répondait aux principes et à la pratique de la synodalité telle que souhaitées par l'Eglise depuis 1965 et progressivement perfectionnées depuis St Paul VI jusqu'à François.
Par ailleurs, la description qu'en fait Meneau, alors même qu'à ma connaissance les traductions du texte italien n'ont pas encore été publiées, me semble prématurée sinon caricaturale.
Ion

( 856038 )
Mais si mais si par Meneau (2018-11-01 22:15:02)
[en réponse à 856025]
j'ai répondu sur deux points.
Le synode n'a pas respecté le principe de la synodalité car il a été noyauté et orienté, c'était mon premier point.
Et la question n'est effectivement pas de savoir si le rapport final "répond aux attentes des fidèles", mais de savoir s'il peut prétendre à la qualité de "magistère du successeur de Pierre", et c'était mon deuxième point et la suite de mon post initial.
Enfin, je vous rassure quant à la "caricature" : je l'ai parcouru en italien, et il n'est pas à jeter intégralement à la poubelle. Il y a des choses intéressantes, notamment sur le discernement des vocations. Mais il y a aussi des choses imprécises, des choses ambigües et des choses dangereuses et des manques qui ouvrent la porte (ou ne la ferment pas) à toutes les dérives. Mais on est habitués avec les productions post-conciliaires...
Un exercice intéressant pour finir : lire le rapport du synode, et puis relire dans la foulée Pascendi...
Cordialement
Meneau

( 856044 )
Désolé mais ... par Ion (2018-11-02 00:01:10)
[en réponse à 856038]
... votre post évoque des difficultés dans la synodalité de François
et en particulier dans le dernier synode des jeunes (sic).
Je passe rapidement sur votre premier point, le
noyautage du synode, et je 'écarte immédiatement, car si on croit au
sensus fidei, et à la
collégialité, peu importent les manoeuvres humaines préalables, car ce qui compte c'est le résultat final.
Le deuxième problème que vous souleviez est celui du caractère magistériel du rapport final du
synode des jeunes, caractère que vous contestez car il s'agirait d'une simple présentations d'avis ou de positions diverses et variées, de jeunes, d'évêques ... Je suis désolé, mais vous n'avez pas à juger du caractère magistériel d'un document en fonction de votre analyse de son contenu (après l'avoir d'ailleurs simplement parcouru en italien). Car en l'occurrence, on est parfaitement dans les règles de l'article 18 de
Episcopalis Communio, article reproduit ci-après :
Art. 18
Remise du Document final au Pontife Romain
§ 1. L’approbation des Membres étant reçue, le Document final de l’Assemblée est offert au Pontife Romain qui décide de sa publication.
S’il est approuvé expressément par le Pontife Romain, le Document final participe du Magistère ordinaire du Successeur de Pierre.
§ 2. Dans le cas où le Pontife Romain aurait concédé à l’Assemblée du Synode un pouvoir délibératif, selon la norme du can. 343 du Code de droit canonique, le Document final participe du Magistère ordinaire du Successeur de Pierre après l’avoir ratifié ou promulgué.
Dans ce cas, le Document final est publié avec la signature du Pontife Romain et celle des Membres.
Maintenant, si vous contestez la
constitution apostolique EC, c'est une autre histoire, un autre débat.
Ion

( 856059 )
Eh bien non par Meneau (2018-11-02 12:59:53)
[en réponse à 856044]
mais vous n'avez pas à juger du caractère magistériel d'un document en fonction de votre analyse de son contenu (après l'avoir d'ailleurs simplement parcouru en italien). Car en l'occurrence, on est parfaitement dans les règles de l'article 18 de Episcopalis Communio
Un document n'a d'autorité magistérielle que dans la mesure et aux endroits où il porte sur l'objet du Magistère. Si d'aventure un synode s'exprimait sur la couleur des chevaux au Pôle Nord, cela ne serait aucunement garanti par l'autorité du magistère, quelle que soit l'intention exprimée par le document et par Episcopalis Communio.
si on croit au sensus fidei, et à la collégialité, peu importent les manoeuvres humaines préalables, car ce qui compte c'est le résultat final.
Si par là vous voulez dire que ce qui compte au final, c'est le résultat "magistériel" car le reste - et en particulier les manoeuvres (bassement) humaines - n'est pas garanti par l'assistance divine promise à l'Eglise, je suis d'accord. Et justement, cf point précédent.
Peut-être faut-il cependant préciser ce que j'entends ici par "Magistère" ou magistériel : je parle ici du Magistère considéré du point de vue de son objet, et pour savoir dans quelle mesure il a autorité. A savoir les doctrines concernant la Foi et les moeurs : ce qui est contenu formellement dans la Révélation et ce qui est y est indirectement contenu au sens où c'est nécessaire à la garde du dépôt de la Révélation.
En revanche, le magistère pontifical ordinaire, entendu de façon plus large comme l'ensemble de ce que fait ou dit le sujet du Magistère (celui qui a le pouvoir d'enseigner, le pape en l'occurrence) avec et pour l'Eglise, peut toucher d'autres domaines. Cette catégorie dans laquelle se range pour moi le rapport du dernier synode, n'exige pas l'adhésion du fidèle mais seulement la prise en compte respectueuse. Elle n'a pas de caractère contraignant.
Mais le monde moderne scrute toutes les déclarations du pape, quel que soit leur degré d'autorité, pour nous faire croire que la doctrine évolue ou peut évoluer, parce que le pape qui a autorité en la matière a dit ceci ou cela. C'est bien le problème de ce rapport final : en revendiquant son caractère magistériel, on voudra faire évoluer les moeurs. Vous savez comment ça marche : "Le pape a déclaré que... (ref. le Synode), donc ...."
C'est bien cela que je trouve problématique, voire dangereux, comme je l'ai dit en début de fil : on publie une synthèse des discussions SANS le nécessaire rappel de la doctrine, et on l'appelle magistère. Oui, cela participe au Magistère d'une certaine façon et sous un certain rapport, mais ce n'est PAS du Magistère qui définit la règle de la Foi. Les media et le grand public y voient quoi, eux, à votre avis ?
Cordialement
Meneau

( 856070 )
D'accord et pas d'accord par Ion (2018-11-02 16:54:44)
[en réponse à 856059]
Nous sommes donc d'accord pour dire que le rapport du synode, quand il remplit les conditions requises exposées dans EC, participe au Magistère de l'Eglise.
Mais nous différons sur ce à quoi nous sommes tenus par rapport à sa réception :
- Vous dites : [l'enseignement synodal] n'exige pas l'adhésion du fidèle mais seulement la prise en compte respectueuse. [il] n'a pas de caractère contraignant.
- alors que plutôt que "prise en compte respectueuse", je pense qu'on devrait dire "assentiment religieux de son esprit qui, s'il se ditingue de l'assentiment de Foi, le prolonge" (cf CEC 892).
Alors, prise en compte respectueuse ou assentiment religieux ?
Là où nous sommes d'accord, c'est que nous ne sommes pas tenus à une adhésion dans l'obéissance de la foi. Mais cela, c'était évident dès le début.
Ion

( 856110 )
Oui... par Meneau (2018-11-03 13:08:20)
[en réponse à 856070]
c'est là que nous différons, parce que vous ne considérez pas l'objet du Magistère.
Cordialement
Meneau

( 856155 )
Affirmation gratuite par Ion (2018-11-04 15:06:55)
[en réponse à 856110]
Considérer l'objet tombe sous le sens.
Mais voudriez-vous dire que rien dans le rapport final du dernier synode n'est un enseignement "qui conduit à une meilleure intelligence de la Révélation en matière de foi et de mœurs" ?
Ion

( 856175 )
Pas grand chose par Meneau (2018-11-04 20:14:09)
[en réponse à 856155]
Il y a quelques éléments, comme je vous l'ai déjà écrit, sur le discernement des vocations. Egalement un bref rappel des rôles complémentaires du père et de la mère dans la famille. Quelques considérations sur l'éducation du désir. Mais plus de questions soulevées que de réponses.
Cependant, pour le coup, avant de vous faire une réponse définitive, j'attendrai de pouvoir lire le rapport final en français, ou au moins en anglais ou en allemand.
En tout cas, je n'y ai pas trouvé de rappel ferme de la morale catholique en matière de sexualité.
Cordialement
Meneau

( 855970 )
un document Magistériel est-il ... Infaillible ? par jejomau (2018-10-31 22:04:14)
[en réponse à 855966]
si les formes n'y sont pas (pour faire simple) avec François quant à l'élaboration et la mise en œuvre d'un document Synodal : peut-on considérer dés lors que ce document n'est pas d'ordre Magistériel ?
S'il est revêtu du Magistère parce que François le dit : ce document Magistériel est-il infaillible ?

( 855973 )
Autorité par Meneau (2018-10-31 22:19:32)
[en réponse à 855970]
Le degré d'autorité d'un document magistériel ne se résume pas à infaillible / pas infaillible.
Mais pour qu'un document soit magistériel, il faut
- qu'il soit émis par le détenteur de l'autorité magistérielle : le pape et les évêques en communion avec lui ou le pape seul. De même qu'un Concile sans le pape n'est qu'un conciliabule, un document synodal non ratifié par le pape n'est pas magistériel
- qu'il porte sur l'objet du magistère : enseignement concernant la Foi ou les moeurs. Le fait que 60% des évêques pensent ainsi, et 40% autrement ne constitue pas un enseignement. La réduction des émissions de CO2 n'a qu'un rapport très très lointain avec la Foi et les moeurs.
Cordialement
Meneau

( 856063 )
[réponse] par Regnum Galliae (2018-11-02 14:29:41)
[en réponse à 855973]
Ces
recettes sont donc infaillibles ? Ce livre est émis par le détenteur de l'autorité magistérielle (pape François et non Jorge Bergoglio) et porte sur le foie. Ceux qui n'aiment pas sont des hérétiques schismatiques !

( 856150 )
Ben ... Par principe par Rémi (2018-11-04 11:57:33)
[en réponse à 856063]
je tiens pour suspects tous ceux qui n'aiment pas les abats ...

( 855995 )
Franchement... par Yves Daoudal (2018-11-01 12:38:39)
[en réponse à 855966]
Vous êtes d'un rigide...
Complètement fermé aux surprises de l'Esprit...
C'est à en pleurer...
Ou pire.
Je me demande si vous n'êtes pas un suppôt du Grand Accusateur qui fait tant de mal à notre Très Saint Père.

( 855998 )
Je partage votre tristesse par Paterculus (2018-11-01 14:00:59)
[en réponse à 855995]
Quelle honte, une pareille rigidité : cela me fait penser à la mienne !
VdP