Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 855710 )Le Synode sur les jeunes irait dans le bon sens par jejomau (2018-10-24 17:11:03) 

Et l'acronyme LGBT passera aux oubliettes… Extraits de Diakonos:

Les discussions en séance sont couvertes par le secret. Mais si on s’en tient à ce qui a été rendu public par les sources d’information officielles, il n’y a pas eu une seule intervention en faveur d’un changement de la doctrine catholique sur l’homosexualité.
Et pourtant, l’« Instrumentum laboris », c’est-à-dire le document de travail sur lesquels les pères synodaux ont été appelés à débattre, semblait promettre monts et merveilles en mentionnant intentionnellement au paragraphe 197 l’acronyme LGBT, l’introduisant par là pour la toute première fois dans un texte officiel de l’Église catholique : « Des jeunes LGBT, par l’intermédiaire de diverses contributions parvenues à la Secrétairerie Générale du Synode, désirent ‘bénéficier d’une plus grande proximité’ et expérimenter une plus grande attention de la part de l’Église, tandis que certaines CE s’interrogent sur ce qui peut être proposé ‘aux jeunes qui au lieu de former des couples hétérosexuels décident de constituer des couples homosexuels et, surtout, désirent être proches de l’Église.’ »



Voici en effet comment le rapporteur de l’« Angelicus B » a résumé l’orientation globale de son groupe de travail, dans la « relatio » présentée en séance le 20 octobre concernant les jeunes « qui éprouvent une attirance pour le même sexe » :
« Nous proposons une section distincte pour cette matière, dont l’objectif principal serait l’accompagnement pastoral de ces jeunes et qui soit en ligne avec la section du Catéchisme de l’Église catholique qui traite de ce point ».



les autres « circuli minores » ont débattu de cette question mais toujours en insistant – si l’on s’en tient aux comptes rendus écrits – sur le bien-fondé de la vision traditionnelle de l’Église et sur l’exigence de la « conversion » des homosexuels à une vie chaste.



Dans ces circonstances, il semble improbable que le document final du synode, qui est discuté depuis mardi 23 octobre et qui sera finalement voté samedi 27, amorce un virage sur le thème de l’homosexualité.



En règle générale, un pape n’intervient jamais dans la rédaction du document final qui est au contraire censé lui être « offert » au terme du synode.
Mais cette fois, François a fait une exception, pour suivre la composition du texte au plus près possible. C’est l’« Osservatore Romano » qui fait cette révélation dans son édition de l’après-midi du mardi 23 octobre, où l’on peut y lire que « le Pape François en personne a pris part lundi soir aux travaux de rédaction du document ».



Une décision qu’il a sans doute prise en cours de route, vu les heures dramatiques que traversent l’Église catholique et ce pontificat sur la scène internationale, qui se trouvent au centre d’un cataclysme qui trouve précisément son origine dans les pratiques homosexuelles désordonnées de nombreux ministres sacrés.



Qu'il ait fallu un tel chaos au sein de l'Eglise pour en arriver à faire comprendre les choses plus élémentaires me laisse un peu pantois…

images/icones/1n.gif  ( 855712 )François se fiche éperdument du synode par Justin Petipeu (2018-10-24 17:27:47) 
[en réponse à 855710]

Il imposera sa feuille de route. Comme il l'a fait lors du synode sur la famille où il a été régulièrement mis en difficulté et où il a imposé ses sbires et ses articles et ses discussions et ses conclusions....
images/icones/neutre.gif  ( 855725 )non Justin le simulacre de collégialité par Luc Perrin (2018-10-25 00:15:56) 
[en réponse à 855712]

est un point important dans le programme Martini sj.

Le Pape a énormément investi dans ces Synodes et plus encore dans ce Synode de la honte.

On n'investit pas tant dans un événement auquel on n'attache aucune importance.

Le courant de la rupture décrit par Mgr Vigano et d'autres comme "homocléricalisme" est supposé apparaître comme le voeu de l'ensemble des Évêques du monde via le simulacre de collégialité : un peu comme M. Jean-Claude Juncker serait "le" représentant des populations européennes.
Faute de "Vatican III", le pape François suivant le programme du Cardinal jésuite décédé en 2012 entend user de ce Synode d'Ephèse comme un simulacre de concile oecuménique. Episcopalis communio imite la décision de Paul VI en tant que pape de ratifier les documents de Vatican II, un concile oecuménique, un avec les Pères : cette manière tend à faire du Synode d'Ephèse actuel (et les suivants) des ersatz de concile, avec des apparences de collégialité mais sans réelle "synodalité".

Le parti néo-catholique en escompte une dynamique plus grande et répéter à son profit le mouvement qui est sorti de Vatican II (et déjà pendant le Concile), dénommé par Paul VI - qui le dénonçait comme un affreux travestissement peccamineux - "l'esprit du Concile" opposé au texte et à la Révélation.
images/icones/neutre.gif  ( 855737 )Oui... par Justin Petipeu (2018-10-25 08:57:34) 
[en réponse à 855725]

C'est un simulacre, comme vous le dites. C'est important qu'il ait lieu pour légitimer la conclusion. Mais la conclusion est déjà écrite.
images/icones/fleche2.gif  ( 855752 )Nihil novi par Rémi (2018-10-25 19:25:22) 
[en réponse à 855737]

Le synode a toujours été la chose du Pape, et par exemple la récente émission du Club des hommes en noir fait allusion à la façon dont saint Jean-Paul II le tenait également d'une main très ferme.

La différence est que peut-être François et ses amis ont tout décidé d'avance, tandis que le saint Pape se contentait d'ignorer purement et simplement ce qui ne lui plaisait pas dans les travaux des synodes lorsqu'il rédigeait son Exhortation apostolique post-synodale, voire prenait purement et simplement le contre-pied des orientations de l'assemblée.


L'autre différence est que le regretté Pontife avait, lui, de bonnes orientations.
images/icones/neutre.gif  ( 855764 )oui le Synode est une instance consultative par Luc Perrin (2018-10-26 12:19:50) 
[en réponse à 855752]

ce qui est d'une grande banalité dans l'Église où il y en a partout et depuis toujours : dans les Ordres et congrégations religieuses, les diocèses (les chapitres cathédraux et synodes diocésains, avant les conseils presbytéraux et les collèges de consulteurs actuels).

MAIS pour que cette fonction de conseil s'exerce encore faut-il que la liberté de parole s'exerce et que les débats soient libres sur le sujet fixé par le Pontife.

C'est le point en cause dans ce Synode qui diffère même des 2 précédents convoqués par François par le contrôle de la communication et l'implication très forte de la "Team Francis" comme disent les Américains au plus près des discussions dans les circuli minores.
C'est là quelque chose de vraiment inédit depuis 1967.

Par ailleurs, donnant l'apparence d'une collégialité renforcée, le Pape a récemment ouvert la porte à une transformation du Synode en simulacre de concile oecuménique (c'est dans le programme Martini sj évidemment).
Que le Pape convoque et tire les conclusions n'a rien que de normal et traditionnel : nul ne le conteste. Enfin pas moi.
Qu'il cherche à faire passer des innovations sans base scripturaire et dans la Tradition pour un consensus entre sa Curie et le Collège des évêques à la manière d'un concile oecuménique me paraît sérieusement problématique.

C'est pourquoi on a plus affaire à un Synode d'Ephèse du XXIe siècle qu'à un Synode normal. Le risque d'un affaiblissement durable de l'Église est visible pour tous et toutes maintenant.

images/icones/neutre.gif  ( 855714 )François fera comme il veut par Eti Lène (2018-10-24 19:33:40) 
[en réponse à 855710]

En effet. La constitution récemment parue montre la suite.


§2 Pour la rédaction du Document final, est constituée une commission ad hoc, composée du Rapporteur Général, qui la préside, du Secrétaire Général, du Secrétaire Spécial et de quelques Membres élus par l’Assemblée du Synode, en tenant compte des diverses régions, auxquels sont ajoutées d’autres personnes nommées par le Pontife Romain. Le Document final est soumis à l’approbation des Membres selon le droit particulier, recherchant dans la mesure du possible l’unanimité morale L’approbation des Membres étant reçue, le Document final de l’Assemblée est offert au Pontife Romain, qui décide de sa publication. S’il est approuvé expressément par le Pontife Romain, le Document final participe au Magistère ordinaire du Successeur de Pierre. Dans le cas où le Pontife Romain aurait concédé à l’Assemblée du Synode un pouvoir délibératif, selon la norme du can.343 du Code de droit canonique, le Document final participe du Magistère ordinaire du Successeur de Pierre une fois ratifié et promulgué par lui. En ce cas le Document final est publié avec la signature du Pontife Romain et celle des Membres.

images/icones/1w.gif  ( 855716 )Bizarrement... par Justin Petipeu (2018-10-24 20:29:30) 
[en réponse à 855710]

Je trouve qu'il y a très peu de choses qui transpirent de ce synode. Tout se joue à huis-clos et les médias ne transmettent quasiment rien. Est-ce complètement inintéressant ou François a-t-il retenu la leçon et prépare son coup discrètement, cette fois-ci ?
images/icones/union-jack.png  ( 855721 )verrouillage et étouffoir de la communication par Luc Perrin (2018-10-24 22:26:22) 
[en réponse à 855716]

Diakonos a ses sources.

Mais dans les blogs et sites anglophones, on dit exactement le contraire. Que notamment le cardinal Cupich dans son petit cercle a poussé pour le LGBTQ, que plusieurs autres prélats ont avancé ces idées, particulièrement Mgr Bruno Forte qui est à l'origne du premier ballon d'essai en 2014. Le Père Costa, Mgr Comensoli (évêque australien ultra néo-catholique) etc.
Le Père Rosica csb est à la manoeuvre pour l'étouffoir de la "communication" orientée.

Voici ce que le barde du pape François, John Allen, écrit quand à la commission chargée de rédiger le Document final pratiquement entièrement commposée d'alliés et d'amis du Pape :

"Elected by region, the five prelates chosen by a vote within the synod hall to draft the final document are: Cardinal Carlos Aguiar Retes, Archbishop of Mexico City, a papal delegate to the synod; Cardinal Peter Turkson* of Ghana, Prefect of the Vatican dicastery for Integral Human Development; Cardinal Oswald Gracias, Archbishop of Mumbai and a member of the pope’s “C9” advisory council; Archbishop Bruno Forte of Chieti, Italy, also a member of the synod’s organizing council; and Archbishop Peter Comensoli of Melbourne, also a papal delegate.

In addition, Italian Cardinal Lorenzo Baldisseri, secretary general of the Synod of Bishops, and Cardinal Sérgio da Rocha of Brasilia, general relator of the synod, are also automatically part of the committee due to their roles in the meeting.

Two others who will serve as secretaries are Father Giacomo Costa, a papal delegate to the synod, who is also director of the magazine Aggiornamenti Sociali, president of the “San Fedele Cultural Foundation” and vice president of the “Carlo Maria Martini Foundation”; and Father Rossano Sala, professor of youth pastoral outreach at the Pontifical Salesian University and director of the Italian magazine Note di Pastorale Giovanile.

Pope Francis also handpicked three others for the commission: Brazilian Father Alexandre Awi Mello, secretary for the Vatican’s dicastery for Laity, Family and Life [celui du cardinal Farrell, l'ancien bras droit de McCarrick qui logeait avec lui]; Archbishop Sviatoslav Shevchuk [proche du Pape depuis l'époque de Buenos Aires], head of the Ukrainian Greek Catholic Church; and Father Eduardo Gonzalo Redondo, head of vocations ministry in Cuba.

In general, the picks are all seen as generally belonging to a more progressive wing of the Church sympathetic to the tone of the Francis papacy. The three delegates named by Francis himself are also for the most part close papal friends and collaborators."

* il a fait des déclarations pro-LGBT depuis qu'il est à Rome disant que les Africains devraient imiter les Occidentaux.

Je traduis le dernier § : "En général, les choix sont TOUS vus comme appartenant en général à l'aile plus progressiste de l'Église, favorable au style de la papauté bergoglienne. Les 3 délégués désignés par François lui-même sont aussi pour la plus grande partie des amis proches du pape et ses collaborateurs."

Nous verrons si, comme le croit Diakonos, les chats font des chiens. Ou si les chats font bien des chats avec plein d'ambiguïtés et des formules qui donneront latitude au Pape de promulguer le texte et de trouver une "interprétation autorisée" à la Coccopalmerio/ "noble" Wuerl par la suite.
images/icones/barbu2.gif  ( 855723 )d'après un site anglophone généralement bien informé par jejomau (2018-10-24 23:06:03) 
[en réponse à 855710]

Extraits du National Catholic Register (traduction personnelle):

des sources à l'intérieur de la salle du synode disent que des efforts sont actuellement en cours pour introduire dans le document par d'autres moyens des problèmes qui ne devraient pas être adoptés à la majorité des deux tiers des voix et auxquels une majorité de pères du synode s'opposent fermement.
Le plus notable de ces problèmes concerne l’inclusion de l’acronyme chargé «LGBT», auquel des évêques africains se sont vigoureusement opposés, mais qui ont insisté pour que l’on insiste sur l’enseignement du Catéchisme et sur une meilleure catéchèse.
Pour contourner ce problème, certains pères synodaux, compris en grande partie du groupe linguistique allemand, soumettent des modi utilisant des termes alternatifs à «LGBT» et à homosexualité, tels que «qualité des relations humaines» ou nécessité de «clarifier l'anthropologie» ou « nouvelle anthropologie. "
Peut-être plus important encore, ils entrent dans un modi qui insèrerait une phrase insistant pour que le document final soit lu ensemble et en continuité avec l’Instrumentum laboris, le document de travail du synode.



L’évêque Andrew Nkea Fuanya de Mamfé, Cameroun, a déclaré au registre le 24 octobre qu’un autre évêque africain avait dit au Synode «très fermement» que le document de travail «est comme une graine qui doit mourir, de sorte que le document final puisse germer et grandir».
.
«Nous espérons donc tous que l’Instrumentum laboris mourra», a déclaré Mgr Nkea.

Mercredi devant les journalistes, le cardinal Reinhard Marx, président de la conférence des évêques allemands, a cherché à minimiser le problème des homosexuels, affirmant qu'il ne pensait pas que le sujet avait été discuté dans l'Église allemande.



Diverses préoccupations ont été soulevées au cours des 44 interventions de ce matin, notamment l'absence de mention du pape Saint-Paul VI alors qu'il vient d'être canonisé et la nécessité d'inclure son encyclique, Humanae Vitae. D'autres demandes ont été faites pour des références au pape Saint-Jean-Paul II qui manque également de manière notable dans le document. Il n’ya apparemment aucune mention de sa théologie de la catéchèse corporelle, ni de Familiaris Consortio, son exhortation apostolique à la famille. Ceux-ci seront également proposés comme modi.
Parmi les autres modi, citons des demandes d’inclusion de la chasteté, des références à l’encyclique du pape Benoît XVI, Deus Caritas Est, une plus grande présence des femmes et des familles dans la formation de séminaires, la nécessité d’une «anthropologie classique» et une meilleure définition de la synodalité. Un père synodal a déclaré que le concept de vote sur des questions de doctrine était «très dangereux» car il conduisait à un enseignement peu clair. D'autres évêques ont appelé à une définition de la «tolérance zéro», nombre d'entre eux n'étant pas clairs quant à sa signification.



L’élément le plus important du document final est sans doute le fait qu’il sera le premier en son genre à porter le poids du magistère papal - un pas décisif dans la voie de la décentralisation qui confère davantage de pouvoir aux évêques.



images/icones/4a.gif  ( 855774 )Il faudra du courage aux "bons" évêques... par Sursum corda (2018-10-26 16:19:58) 
[en réponse à 855710]

Jugez-en :


Il y a ensuite une remarque intéressante, qui en dit long sur l'atmosphère libre et fraternelle qu'on respire dans l'Église actuelle : «On craint que le secrétariat ne sache comment nous allons voter parce que nous utilisons pour voter le même instrument que celui avec lequel chaque matin nous enregistrons notre présence et il indique le numéro de la place correspondant au nom». Et naturellement, il y aurait des conséquences pour ceux qui ont voté différemment des souhaits et des voeux du sommet. La ressemblance avec une Assemblée nationale du peuple chinois est de plus en plus forte. Est-ce un effet de l'échange culturel et de l'accord avec XI Jinping ?



Relevé sur le blog Benoît et moi.