Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 850840 )Le Père Hunwicke nous parle du ''Deathgate'' par Chicoutimi (2018-08-05 11:32:53) 

Voici le point de vue très intéressant du Père Hunwicke concernant le changement opéré dans le Catéchisme au sujet de la peine de mort. Je n'ai pas traduit l'intégralité de son texte, et ma traduction reste approximative. Mais les idées principales s'y retrouvent:

''Amoris laetitia semblait laisser aux Églises locales le soin de prendre des décisions pour leurs propres pays. Mais dans le cas du Deathgate, il semble que le souhait du Pape François consiste en une application universelle péremptoire. (…)

L'adultère, bien que généralement mauvais, peut apparemment, selon Amoris Laetitia, être plutôt juste dans certaines circonstances. Mais l'initiative du Pape François concernant la peine de mort n'admet apparemment aucune exception. Pourquoi? Et si elle admet tacitement des exceptions, ne restons-nous pas dans la même position que nous étions avec la formule précédente que saint Jean-Paul II avait mise dans le Catéchisme?

Il y a deux ou trois ans, en ce qui concerne la communion pour les divorcés-remariés, le cardinal Marx a affirmé l'autonomie de «l'Église allemande» avec les mots suivants: «Nous ne sommes pas une filiale de Rome». Je n'ai pas encore vu une affirmation aussi courageuse selon laquelle, concernant la peine de mort, l'Église d'Allemagne n'est pas une filiale de Rome.

… j’ai été amené à la conclusion malheureuse que le pontificat actuel est manipulateur et malhonnête, et je me demande si ce changement dans le Catéchisme pourrait préparer à donner une fausse ''couleur magistérielle'' à certaines autres opinions et convictions personnelles de Senor Bergoglio.

Malheureusement, ces appréhensions sont difficiles à ne pas entretenir à une époque où la perversion ultrapapaliste du ministère pétrinien, que le cardinal Ratzinger réfutait si vigoureusement, et que la phraséologie lapidaire de Pastor aeternus de Vatican I avait condamnée d'avance (voir Denziger paras 3114-3117), semble être l'idéologie actuellement dominante à la maison Sainte-Marthe.''

Pour lire le texte en entier, c'est ICI (en anglais)
images/icones/1y2.gif  ( 850841 )Ce qui m'étonne quand même par Jean-Paul PARFU (2018-08-05 11:52:06) 
[en réponse à 850840]

C'est que ceux qui s'excitent aujourd'hui sur l'histoire de la peine de mort, sont les mêmes qui sont restés cois sur Assise etc... qui est plus religieux et beaucoup plus grave !
images/icones/neutre.gif  ( 850845 )La morale par Eti Lène (2018-08-05 12:38:37) 
[en réponse à 850841]

se voit plus pour le peuple qui a la foi, mais vous avez raison. Certains ont justifié Assise en disant que c'était pour convertir. Ils ne se rendent pas compte que la praxis propre à Vatican II, qui consistait à cacher les vérités pour convertir, a mené non seulement à un relativisme des vérités révélées, mais aussi au désastre sur la morale. Mais là heureusement, le doute n'est plus possible.

Le problème est que quand on amenuise la foi par une pratique désastreuse, on finit par ne plus voir le problème de la morale. A mon avis cette élection de François a permis de départager (sans vouloir juger qui que ce soit) les gens de bonne foi et de mauvaise foi (sans jeu de mot). Et le Bon Dieu l'a permise dans ce sens. Luther est devenu un porc à cause de la perte de la foi. En réalité ce que nous voyons n'est qu'un aboutissement de ce qu'avait dénoncé le grand évêque Mgr Lefebvre.

Apocalypse XXII 11 :"Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore."
images/icones/fleche2.gif  ( 850879 )Le dialogue interreligieux est devenu un véritable acquis mental. par Scrutator Sapientiæ (2018-08-06 11:26:56) 
[en réponse à 850841]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

Le "dialogue" interreligieux, assisien ou wojtylien, qui n'a certes pas attendu Assise, en octobre 1986, pour commencer à se manifester, dans le cadre du pontificat de Jean-Paul II, est devenu un véritable "acquis mental", qui n'attriste, n'étonne, n'indigne, n'inquiète presque plus personne, et qui ne suscite presque plus d'objections de principe, que ce soit en ce qui concerne ses postulats, lesquels sont avant tout philosophiques, et non avant tout théologiques, ou pour ce qui a trait à ses résultats.

Pourtant, par imprégnations successives, ce dialogue, entre autres compte tenu de ses imprécisions et de ses imprudences,

- a incité bien des théologiens à aller encore plus loin, sur la route de l'oecuménisme interreligieux, ou du pluralisme religieux de jure, dans le cadre d'un espèce de "théologie de l'adunation",

- a incité bien des évêques et bien des fidèles à considérer en substance, d'une manière sentimentaliste et/ou transcendantaliste,

a) que toutes les religions ont les mêmes valeurs, sur le plan anthropologal, voire la même valeur, sur le plan théologal,

b) que le relativisme et le subjectivisme ou, en tout cas, l'équivaluation transversale entre les croyances et l'authenticité subjective au coeur des croyants, sont non seulement légitimes et nécessaires, mais aussi salutaires ou suffisantes, dans le domaine de la religion.

Il est d'ailleurs assez amusant de constater que les mêmes catholiques conservateurs, qui considèrent grosso mode que cette égalisation axiologique ou éthico-morale et que cette légitimation de l'authenticité individuelle ne posent pas ou plus de problèmes majeurs, dans le domaine de la religion, considèrent par ailleurs que la même égalisation et la même légitimation continuent à poser un problème majeur, dans celui de la morale.

Il y a bien eu quelques tentatives d'élucidation des erreurs d'analyse et d'appréciation qui sont à l'origine de la conception actuellement dominante des réflexions sur les croyances non chrétiennes et des relations avec les croyants non chrétiens, mais ces tentatives sont encore isolées.

Ici.

Par ailleurs, ce n'est sûrement pas à vous que j'apprendrai

1) que le dialogue interreligieux assisien fonctionne notamment à l'élusion ou à l'omission, plus ou moins discrète et habile,

2) que Jean-Paul II a eu une formation philosophique et une relation acritique et affective au Concile qui ont fait qu'il n'a pas vu, ou pas voulu voir, où est le problème,

3) que les catholiques diocésains qui pourraient le plus prendre conscience des postulats et des résultats du dialogue, au point d'en remettre en cause les fondements et le contenu, ont rarement la formation philosophique réaliste appropriée, et ont souvent une relation, elle aussi acritique et affective, au Pape Jean-Paul II et au pontificat de Jean-Paul II.

(En l'occurrence, acritique signifie : non analytique, voire anti-analytique.)

De même qu'il sera extrêmement difficile de revenir sur la conception dominante du dialogue interconfessionnel, de même il sera extrêmement difficile de revenir sur la conception dominante du dialogue interreligieux, même s'il ne faut pas confondre ces deux types de dialogue, alors que le dialogue interconvictionnel, encore plus légitimateur de l'authenticité individuelle et de l'égalisation entre toutes les sensibilités (sauf de la sensibilité la plus respectueuse, d'une manière alternative et contrariante, du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, et de la recherche de la vérité), a déjà commencé à pointer le bout de son nez, entre autres chez les "catholiques LGBT"...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1f.gif  ( 850842 )L'Abbé Hunwicke pointe du doigt... par Rodolphe (2018-08-05 12:12:14) 
[en réponse à 850840]

....ce que j'ai moi-même essayé d'expliquer ici.

Le changement opéré n'est pas et ne saurait être revêtu de l'autorité magistérielle...d'où le choix de termes théologiquement creux comme "inadmissible" ou "inhumain".
images/icones/1d.gif  ( 850844 )Quand le pape parle par Jean-Paul PARFU (2018-08-05 12:34:58) 
[en réponse à 850842]

C'est forcément magistériel car c'est le Christ qui parle !

Vous devez recevoir les propos du pape même si ce qu'il dit n'est pas forcément infaillible! Relisez Pastor Aeternus. Ne vous laissez pas aller au libre examen. Ce n'est pas à vous de décréter ce qui relève ou pas du magistère !
images/icones/1a.gif  ( 850846 )Mais justement.. par Rodolphe (2018-08-05 12:59:42) 
[en réponse à 850844]

L'Eglise ne prétend pas que c'est magistériel. C'est ce que j'ai essayé de montrer... Il faut donc recevoir la prise de position du Pape avec déférence... Mais comme une invitation, sans plus.
images/icones/fleche2.gif  ( 850857 )Mgr Fisichella prétend le contraire... par Chicoutimi (2018-08-05 21:43:20) 
[en réponse à 850846]

et situe l'enseignement de l'Église sur la peine dans le domaine magistériel car, selon lui:


''La nouvelle formulation du Catéchisme de l’Église catholique, qui considère la peine de mort comme inadmissible, représente un «vrai progrès dogmatique».


Plus encore, Mgr Fisichella affirme que :


''la nouvelle formulation du catéchisme, tout en étant «en continuité avec le magistère précédent», montre comment le dépôt de la foi doit être préservé mais aussi se situer dans une logique de progression.''


Et il situe cet enseignement comme étant magistériel:


''le Pape François, en continuité avec le magistère de Jean-Paul II et du Pape Benoît, accepte d’expliciter ultérieurement l’argument en faisant accomplir un pas ultérieur. Et ce pas, comme il est dit “à la lumière de l’Évangile”, fait comprendre que la peine de mort est inadmissible.''



Et selon lui, cela serait même tout à fait traditionnel:


''La tradition est vivante par nature. Ceci est l’enseignement du Concile (…). La tradition, si elle n’est pas vivante, si elle n’est pas maintenue vivante par un magistère toujours vivant, comme l'insiste la Constitution “Dei Verbum”, n’est plus la tradition».



Évidemment, je pense que Mgr Fisichella va trop loin dans sa tentative de justifier la modification du Catéchisme. Il dit qu'il y a continuité, mais sans démontrer qu'il y en a vraiment une.

Mais, d'un autre côté, je ne vois pas comment on peut affirmer que ''l'Église ne prétend pas que c'est magistériel''. J'apprécie votre point de vue cher Rodolphe; je le trouve intéressant. Mais je crois qu'il est difficile de prétendre qu'un enseignement du Catéchisme ne serait pas magistériel alors qu'un Catéchisme est justement un moyen de transmettre l'enseignement magistériel.

En modifiant le texte du Catéchisme, François a nécessairement accompli un acte magistériel (qui n'engage pas son infaillibilité). Et c'est ce qui fait problème, car même si on nous martèle que cela s'inscrit dans une continuité, il ne suffit pas de dire qu'il y a continuité pour que celle-ci soit vraiment réalisée.

Le problème n'est donc pas de savoir si l'enseignement sur la peine de mort relève du Magistère. Le problème est de savoir si la modification apportée par François est réellement en continuité avec l'enseignement magistériel précédent. Et l'autre question est la suivante: s'il y a discontinuité entre le Magistère actuel et le Magistère précédent, quel enseignement magistériel devons-nous suivre?

Source
images/icones/fleche3.gif  ( 850861 )Plus exactement, il n'évoque pas le point que j'ai soulevé... par Rodolphe (2018-08-05 22:50:24) 
[en réponse à 850857]

Cher Chicoutimi, je précise que mon intervention dans ce fil se rapporte à un post dans un autre fil ici.

Je me permets de vous y renvoyer car vous verrez alors ce que j'entends vraiment par appréciation hors champ magistériel.

En somme, l'Eglise affirme que la peine de mort n'est, de toutes les façons, plus nécessaire sur le plan de la sécurité. Or, cette appréciation ne relève pas du champ magistériel et vous constaterez que les partisans de la nouvelle formulation ne le nient pas mais préfèrent glisser sur ce point. Dès lors, l'Eglise ne peut pas valablement substituer avec autorité magistérielle son appréciation concernant l'applicabilité de l'exception de sécurité. Cela excède sa compétence.

Le seul "progrès dogmatique" est l'introduction du terme "inadmissible". Faut-il encore s'entendre sur sa sa portée. Il signifie certainement que la peine de mort ne peut plus être considérée comme une solution satisfaisante. Mais compte tenu de l'exception de sécurité que l'Eglise n'a pas supprimée (préférant affirmer qu'il n'était plus nécessaire d'y recourir), une autorité politique se revendiquant comme catholique pourrait toujours, logiquement, réintroduire la peine de mort au titre de cette exception, sans que l'Eglise puisse formellement la condamner.

D'ailleurs, la lettre aux évêques de la CDF ne donne pas à la nouvelle formulation une finalité condamnatoire: "La nouvelle formulation du n.2267 du Catéchisme de l’Église Catholique veut pousser à un engagement décisif, notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques, afin de favoriser une mentalité qui reconnaisse la dignité de chaque vie humaine; de même, elle incite à créer les conditions qui permettent d’éliminer dans le monde contemporain l’institution légale de la peine de mort, là où elle est encore en vigueur".
images/icones/fleche3.gif  ( 850862 ) Le lien vers cette "lettre aux évêques" par Sacerdos simplex (2018-08-05 23:22:01) 
[en réponse à 850861]

...dont l'existence m'avait échappé :
https://eglise.catholique.fr/vatican/messages-du-saint-pere/458775-lettre-aux-eveques-a-propos-de-nouvelle-formulation-catechisme-de-leglise-catholique-peine-de-mort/

Je reste quand même très perplexe devant l'utilité de ce changement, qui n'était pas vraiment indispensable,
et qui risque :
1) d'entraîner des quantités de pressions pour que l'Eglise change sa doctrine sur des quantités de points où l'opinion publique mondiale à évolué - dans un sens franchement contraire à la morale ;
2) de renforcer l'idée (fausse) que l'Eglise dans le cours de l'histoire a changé son enseignement - et par voie de conséquence, elle ne manquera pas de changer très prochainement son enseignement sur tel point qui me déplaît : par conséquent, en enfreignant la loi, je suis simplement un peu en avance sur l'Eglise, qui est vraiment rétrograde et lente à vivre avec son temps. Ce que trop de prêtres ont déjà tendance à dire, hélas.

Et il y a peut-être bien d'autres sujets où il aurait été utile d'entendre des paroles fermes : la Présence réelle, l'état de grâce, la nécessité d'être en état de grâce pour communier, la confession, l'au-delà (et l'enfer), etc.

images/icones/1a.gif  ( 850863 )Cela me parrait être... par Rodolphe (2018-08-05 23:27:24) 
[en réponse à 850862]

...une évidence. Je n'entends aucunement remettre ce point en cause.
images/icones/1q.gif  ( 850880 ) Militons par Steve (2018-08-06 12:33:51) 
[en réponse à 850857]

Militons dans pays respectifs pour y obtenir le rétablissement et, au besoin l'application, de la peine de mort.
images/icones/vatican.gif  ( 850887 )Rodolphe, le magistère est légitime en matière prudentielle par BK (2018-08-06 16:06:39) 
[en réponse à 850846]

Quoique la matière soit plus délicate à manier (voir notamment Donum Veritatis).

Et l'Église enseigne que le pape ne peut rien enseigner d'opposé à la vertu de prudence. Quoique ce ne soit pas toujours le plus heureux, et en ce sens le plus prudent.

Le pape, disait Léon XIII, est toujours un guide véridique et prudent.
images/icones/1d.gif  ( 850889 )En effet Rodolphe ! par Jean-Paul PARFU (2018-08-06 16:20:27) 
[en réponse à 850887]

La parole du pape est par essence inspirée ! A genoux impudent !