Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=847439
images/icones/fsspx.gif  ( 847439 )Il y a 30 ans le protocole d'accord entre Rome et Mgr Lefebvre par Athanase (2018-05-05 11:07:37) 

Qui se souvient encore de ce texte qui a suscité de l'espoir et fait couler beaucoup d'encre ?

On peut le lire ici.
images/icones/fleche3.gif  ( 847443 )un texte d'accords acceptable par Ennemond (2018-05-05 14:49:59) 
[en réponse à 847439]

Selon les termes a posteriori de Mgr Lefebvre.

S'il était revenu sur sa signature du 5 mai 1988, Mgr Lefebvre avait indiqué que c'était en raison du contexte (date de sacre éternellement ajournée) et non du fond du texte qu'il jugeait acceptable :

« Oui, c'est vrai, j'ai signé le protocole le 5 mai, un peu du bout des doigts, il faut bien le dire, mais quand même ... Bon, en soi, c'est acceptable, sans quoi je ne l'aurais pas signé, bien sûr ... »
images/icones/carnet.gif  ( 847444 )En réalité, et de fait par Jean-Paul PARFU (2018-05-05 15:33:08) 
[en réponse à 847443]

c'est Rome, et non Mgr Lefebvre, qui a rompu cet accord en repoussant continuellement la nomination d'au moins un évêque.
images/icones/bravo.gif  ( 847445 )Tout à fait. par Rémi (2018-05-05 15:58:01) 
[en réponse à 847444]

Dans la nuit du 5 au 6 mai 1988 Rome a continuellement repoussé la nomination d'au moins un évêque.


Ca va de soi.
images/icones/carnet.gif  ( 847446 )Les raisons motivant l'annulation de la signature par Ennemond (2018-05-05 16:05:28) 
[en réponse à 847445]

Le 6 mai 1988, dans la fameuse lettre qu'il avait rédigée dans la nuit et qu'il faisait apporter le matin au cardinal Ratzinger, Mgr Lefebvre ne parlait que de cette question de date qui était trop incertaine, dans les instants qui ont suivi la signature :


Éminence,

Hier, c’est avec une réelle satisfaction que j’ai apposé ma signature au protocole élaboré les jours précédents. Mais, vous avez vous-même constaté une profonde déception à la lecture de la lettre que vous m’avez remise m’apportant la réponse du Saint-Père au sujet de la consécration épiscopale.

Pratiquement reporter la consécration épiscopale à une date ultérieure non fixée, ce serait la quatrième fois que je remettrais la date de la consécration. La date du 30 juin a été bien indiquée dans mes lettres précédentes, comme la date limite.

Je vous ai remis un premier dossier concernant les candidats, il reste encore près de deux mois pour établir le mandat.

Étant donné les circonstances particulières de cette proposition le Saint-Père peut très bien facilement abréger la procédure pour que le mandat nous soit communiqué à la mi-juin.

Si la réponse était négative, je me verrais, en conscience, obligé de procéder à la consécration, n’appuyant sur l’agrément donné par le Saint Siège dans le protocole pour la consécration d’un évêque membre de la Fraternité.

Les réticences exprimées au sujet de la consécration épiscopale d’un membre de la Fraternité, soit par écrit, soit de vive voix, me font légitimement craindre les délais. Tout a été désormais préparé pour la cérémonie du 30 juin, hôtels retenus, moyens de transport, location d’immenses tentes qui devraient abriter la cérémonie.

La déception de nos prêtres et de nos fidèles serait très vive. Tous souhaitent que cette consécration se réalise avec l’accord du Saint Siège, mais déjà déçus par les délais antérieurs, ils ne comprendraient pas que j’accepte un nouveau délai. Ils sont conscients et soucieux avant tout d’avoir de vrais évêques catholiques leur transmettant la vraie foi et leur communiquant d’une manière certaine, les grâces du salut auxquelles ils aspirent pour eux et pour leurs enfants.

Dans l’espoir que cette requête ne sera pas un obstacle irréductible à la réconciliation en cours, je vous prie, Éminence, d’agréer mes sentiments respectueux et fraternels in Christo et Maria.

+ Marcel Lefebvre

images/icones/musique.gif  ( 847447 )Le gros caprice ... par Rémi (2018-05-05 16:31:55) 
[en réponse à 847446]


Tout a été désormais préparé pour la cérémonie du 30 juin, hôtels retenus, moyens de transport, location d’immenses tentes qui devraient abriter la cérémonie.



C'est vrai que tout ceci est bien plus important que le droit et le pouvoir du Pape de nomme les évêques, plus important que l'unité de l'Eglise et les risques d'excommunication. Non, ce qui compte c'est qu'on n'ait pas à décommander le traiteur et à renvoyer les petits fours.



Oui, décidément, Mgr. a fait la girouette. Le protocole qu'il a signé était très clair : il est suggéré, et seulement suggéré, que le l'évêque prévu "pour des raisons psychologiques", soit issu des rangs de la Frat. La date n'est pas précisé. Mgr. Lefebvre n'a pas été pris en traître, il a lu ce qu'il signait. Le lendemain ça ne lui plaisait plus, dont acte, mais dans la nuit du 5 au 6 Rome n'a pas changé un iota du protocole, ni repoussé un sacre dont de toute façon aucune date n'est alors fixée.

Mgr. L. a changé d'avis et a retiré la signature donnée c'est tout. C'était son droit, bien que ce ne soit pas très glorieux, mais qu'on ne nous raconte pas des histoires.

images/icones/fleche3.gif  ( 847448 )On vous a connu plus nuancé par Ennemond (2018-05-05 16:44:41) 
[en réponse à 847447]

Que vous estimiez la consécration sans mandat comme un acte grave est parfaitement fondé, car c'en est un. Que vous pensiez qu'il n'est pas justifiable car il malmène le pouvoir des clefs est votre droit. Si Mgr Lefebvre a tant réfléchi à cette question, c'est qu'elle n'était pas si simple. Après tout, même ceux qui ont été régularisés en 1988 avaient accepté jusque là la suspens tombée dix ans plus tôt, ce qui était déjà un acte grave. Ont-ils fait preuve de "caprice" en suivant la voie de l'irrégularité canonique ?

Mais que vous qualifiez le dilemme auquel Mgr Lefebvre était confronté de "caprice" est étonnant de votre part. Je ne partage pas les idées des résistants, sédévacantistes & Co. De là à qualifier leurs positions blessées de "caprice" ne me traverserait pas l'esprit. Le brouillard est tel que Dieu sera sans doute miséricordieux pour un grand nombre : ceux qui croient être obéissants d'un coté, ceux qui croient être fidèles de l'autre, ceux qui croient faire leur devoir, etc. La situation de l'Eglise invite probablement à un peu plus de mesure.
images/icones/fleche2.gif  ( 847450 )Le caprice par Rémi (2018-05-05 16:53:00) 
[en réponse à 847448]

consiste ici à prétendre imposer au Saint-Père qui n'aurait plus qu'à s'incliner et obtempérer, son calendrier, sa date. Et cela en partie pour des raison bassement matérielles candidement avouées.

Lorsque Mgr. L. a signé le protocole, celui-ci ne prévoyait pas de date, et a fortiori ne mentionnait pas le 30 juin. Ca ne l'a pas empêché de signer.

Puis il a changé d'avis. Mais ni Rome et ses positions, ni le protocole signé n'ont changé durant la nuit, eux.
images/icones/1y.gif  ( 847452 )Aucun caprice ! par Jean-Paul PARFU (2018-05-05 17:04:09) 
[en réponse à 847450]

Nous parlons là d'un prélat qui fut archevêque de Dakar, Nonce apostolique pour toute l'Afrique francophone, Supérieur général des Pères du St Esprit, membre de la commission préparatoire du concile ... qui a ordonné et sacré évêques des centaines de clercs avant les années 69-76.

En outre, il y a ce qui est écrit et il y a tous les entretiens et les promesses autour et qui expliquent ce qui est écrit.

Enfin, il s'agit là de la Tradition, de la messe traditionnelle et de la nomination d'un évêque pour la Tradition. Ce n'est pas rien. Il ne s'agit pas d'un petit mec qui fait sa petite crise contre d'éminents prélats ! Il s'agit d'un prélat entré dans l'histoire de l'Eglise qui lutte contre les abus post conciliaires et les abus de droit de Rome !
images/icones/fleche2.gif  ( 847453 )Parlons en du calendrier... par Philippilus (2018-05-05 17:04:42) 
[en réponse à 847450]

Trente ans après, on attend toujours un sacre épiscopal dans la mouvance "Ecclesia Dei". En 1988 c'était pourtant jugé nécessaire par Rome et imminent, c'était prévu dans le protocole. Il n'y avait aucune raison valable pour repousser.

Vous ne pouvez pas non plus ignorer ce qui s'est passé autour de ce texte et après sa signature: la demande de celui qui à l'époque était le Cal Ratzinger de faire célébrer la nouvelle messe à Saint Nicolas.

Monseigneur Lefebvre était bien placé pour juger sur les faits de l'intention de ses interlocuteurs: jouer la montre en attendant sa mort, qui a suivi de peu les sacres, comme il le pressentait.

Philippilus



images/icones/fleche3.gif  ( 847459 )confiance par Ennemond (2018-05-05 19:51:06) 
[en réponse à 847450]

On ne refera pas l'histoire, mais si ce 5 mai le cardinal Ratzinger avait pu dire : "Monseigneur, je vous donne ma parole de prêtre et d'évêque que vous pourrez procéder à la consécration prévue à telle date", la confiance aurait pu été davantage maintenue. Le flou entretenu autour de cette date était de mauvaise augure. La commission à laquelle avait affaire Mgr Lefebvre était celle qui avait promis monts et merveille à Saint-Joseph de Clairval quatre ans plus tôt, qui avait attiré des recrues d'Ecône au séminaire Mater Ecclesiae et qui avait finalement abandonné ses promesses six mois plus tard. Le fait que les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre aient tous été fortement invités vers le biritualisme par le Saint-Siège dix ans après ne pouvait que confirmer les successeurs de Mgr Lefebvre dans cette prudence. A l'époque, le Saint-Siège n'était absolument pas prêt à concéder l'exclusivité du missel traditionnel de façon définitive à des prêtres. C'est la décennie 2000 qui a fait la différence, sans doute avec la disparition d'une génération.
images/icones/musique.gif  ( 847465 )Atterrissez.... par Justin Petipeu (2018-05-05 23:08:03) 
[en réponse à 847450]

Lorsqu'on voit comment Benoît XVI a promulgué le motu proprio du 7/7/07 et de quelle manière il a levé les "excommunications" en 2009, on se dit qu'il n’aurait pas fallu grand'chose à Jean-Paul II pour donner seulement la date du sacre d'un évêque.
Comme tout le monde j'aurais aimé que le protocole du 5 mai prenne corps, soit ratifié et qu'un accord ait lieu. Et comme beaucoup je suis reconnaissant à Mgr Lefebvre d'avoir sacré 1 mois et demi plus tard.

Où serions-nous sans les sacres ?
images/icones/musique.gif  ( 847472 )Saint Jean-Paul II par Rémi (2018-05-06 07:34:34) 
[en réponse à 847465]

face aux détestables menaces de sacre sauvage a finalement, fin mai, concédé la date du 15 août, ce qui était une accélération exceptionnelle du processus.

Las.



Comme tout le monde j'aurais aimé que le protocole du 5 mai prenne corps, soit ratifié et qu'un accord ait lieu.



Tout le monde est d'accord. Mais qu'on ne réinvente pas l'histoire à sa fantaisie en nous disant que les accords signés ont été rompus par Rome. Ils l'ont été par Mgr. Lefebvre le 6 mai, lequel a par la suite et jusqu'aux sacres refusé toutes les autres mains tendues par Rome et le Pape lui-même.
images/icones/1n.gif  ( 847475 )Non tout le monde n'est pas d'accord! par Miserere (2018-05-06 09:42:12) 
[en réponse à 847472]

Et vu le bordel actuel à Rome, Monseigneur Lefebvre a bien fait de prendre ses distances.

D'ailleurs à l’époque Jean Paul II n'a montré aucun signe d'une miséricorde pour les traditionalistes.

Je salut le courage de Monseigneur Lefebvre, un jour l'Eglise lui rendra hommage.

Quand aux grincements des dents ...
images/icones/fleche2.gif  ( 847481 )Le 15 aout, vraiment ? par Philippilus (2018-05-06 14:31:49) 
[en réponse à 847472]

Et de quelle année, s'il vous plait, car en 2018 on attend encore...

Ou alors faudrait-il envisager que la date du 15 aout n'a été proposée que dans le seul objectif de jouer la montre en attendant la mort de Mgr Lefebvre, et de Mgr de Castro-Mayer.

Philippilus
images/icones/neutre.gif  ( 847484 )[réponse] par Turlure (2018-05-06 15:39:24) 
[en réponse à 847481]


Et de quelle année, s'il vous plait, car en 2018 on attend encore...



Qui "attend" un sacre dans les communautés ED à part vous ? Il n'y a pas de raison particulière pour que la FSSP, l'ICRSP ou autre comptent un évêque dans leurs rangs. Les ordinations et confirmations ont lieu normalement dans ces communautés en lien avec les ordinaires. Elles souhaiteraient parfois étendre d'avantage leur apostolat plus que ne le leur permettent un certain nombre d'évêques, mais elles n'ont jamais revendiqué, à ma connaissance, de droit à avoir un évêque "à eux".

La question d'un évêque issu de la FSSPX été discutée parce que c'était une exigence de Mgr Lefebvre, mais ce n'est absolument pas nécessaire au fonctionnement normal d'un institut de droit pontifical.

Et vous n'êtes pas sans savoir que Rome a permis l'ordination épiscopale de Mgr Rifan pour succéder à Mgr Rangel, lui-même consacré par les évêques de 1988, pour succéder à Mgr de Castro-Mayer.

Puis franchement, vous pensez qu'on était persuadé à Rome que Mgr Lefebvre allait mourir entre le 1er juillet et le 14 août 1988 ? Parce que si c'était le but, il fallait être vraiment sûr de son coup.
images/icones/bravo.gif  ( 847486 )Une exigence de Mgr. Lefebvre par Rémi (2018-05-06 16:09:05) 
[en réponse à 847484]

et concédée "pour des raisons psychologiques" selon les termes du protocole, raisons d'ailleurs compréhensibles, la Fraternité avec un évêque membre assurait ainsi sa pérennité, au cas où Rome aurait fait preuve de duplicité, et cette pérennité était le plus grand vœu et le plus grand soucis de son fondateur, et explique aussi (mais sans l'excuser à mon sens, on l'a bien compris) la fuite en avant du 30 juin.

Et il se trouve en effet comme vous le montrez justement que ces raisons psychologiques sont étrangères aux communautés ED, qui ne s'en portent pas plus mal, Dieu soit loué.
images/icones/1j.gif  ( 847502 )Votre raisonnement est erroné ! par Jean-Paul PARFU (2018-05-06 18:52:13) 
[en réponse à 847484]

Pourquoi l'est-il Turlure ?

Il l'est parce que vous partez du point de vue qu'il y a des communautés ED et des évêques qui ordonnent les séminaristes de ces communautés par simple bonne volonté de Rome et des évêques.

Or, il n'en est rien ! Si ces communautés existent et si Rome autorise des évêques à ordonner les séminaristes présentés par ces communautés, c'est, c'était en tout cas au début (et même après) uniquement à cause de Mgr Lefebvre, de l'existence de la FSSPX et de ses évêques !

Mgr Lefebvre n'aurait pas créé la FSSPX et n'aurait pas sacré des évêques le 30 juin 1988, il n'y aurait plus rien aujourd'hui, ni communautés ED ni évêques pour ordonner prêtres leurs séminaristes !

C'est uniquement la pression créée par la FSSPX qui a obligé Rome à créer les communautés ED et à autoriser l'ordination de leurs séminaristes par des évêques "en ordre" canoniquement.
images/icones/neutre.gif  ( 847510 )Réponse par Turlure (2018-05-06 21:17:45) 
[en réponse à 847502]

D'une part, je répondais à Philipilus qui affirmait que le fait qu'aucun évêque "propre" n'a été accordé aux communautés Ecclesia Dei est une preuve du bien fondé des sacres de Mgr Lefebvre. Cela me semble idiot pour les raisons que je donnai plus haut, même si on peut avoir des raisons légitimes de penser que Mgr Lefebvre a eu raison.

Quand à l'argument selon lequel sans Mgr Lefebvre et sans les sacres, il n'y aurait rien (comprendre, aucune messe dans le rite traditionnel, aucune communauté qui s'y consacre spécifiquement, aucune critique de Vatican II etc.), on l'a lu mille fois sur ce forum. Je l'ai souvent tenu pour vrai sans forcément en être véritablement convaincu.

Il y a aujourd'hui un mouvement de redécouverte de la liturgie pré-Vatican II qui est en train de devenir bien plus large que le milieu de la FSSPX et des communautés Ecclesia Dei. Regardez par exemple le récent engouement (encore assez limité) pour la Semaine Sainte pré-1955 (même si je sais que vous n'appréciez guère). Personne n'a gardé cette liturgie jusqu'à aujourd'hui (hors sédévacantisme), et pourtant, il y a du monde pour apprécier de la redécouvrir.

Je prenais un exemple liturgique, mais on pourrait transposer le raisonnement à la théologie ou autre.

A l'inverse, certains pourraient vous répondre que le traditionalisme a servi d'épouvantail envers ceux qui avaient une pensée plus traditionnelle que la hiérarchie. "Vous pensez comme ça ? Et bien vous êtes comme Mgr Lefebvre".

En bref, je ne suis pas convaincu de votre affirmation qui m'apparaît simpliste.
images/icones/1a.gif  ( 847530 )Mauvais exemple… par Luc de Montalte (2018-05-07 09:54:30) 
[en réponse à 847510]

Je ne pense pas que l’on s’intéresse à la Semaine Sainte non réformée par Pie XII en dehors des communautés Ecclesia Dei et FSSPX, n’exagérons rien !
images/icones/1n.gif  ( 847531 )Et encore une fois par Jean-Paul PARFU (2018-05-07 09:57:32) 
[en réponse à 847530]

Cet intérêt nouveau des séminaristes parisiens par exemple pour la messe de toujours n'existerait pas ou aurait été bien plus difficile s'il n'existait aujourd'hui des communautés traditionnelles dans l'Eglise ou à côté.
images/icones/bravo.gif  ( 847532 )Oui par Luc de Montalte (2018-05-07 10:11:32) 
[en réponse à 847531]

Cela me semble en effet assez évident : s’il y avait eu interruption totale de la messe romaine traditionnelle (ie. en l’absence de Mgr Lefebvre notamment), tout intérêt pour celle-ci relèverait aujourd’hui de l’archéologie, d’une redécouverte mille fois plus difficile… et plus artificielle aussi probablement. Un peu comme si l’on souhaitait remettre en place quelque ancien rite aujourd’hui disparu.
images/icones/neutre.gif  ( 847539 )Ce qui est le cas précisément par Turlure (2018-05-07 13:52:58) 
[en réponse à 847532]

De l'ancienne Semaine Sainte et c'est la raison de ma comparaison. J'aurais pu prendre l'exemple du rit lyonnais aussi, ou d'un autre.

Quand bien même le nombre de messes VOM serait tombé à 0 à un moment donné, un regain d'intérêt est envisageable. Ou alors il aurait fallu que le Vatican ordonne la crémation de tous les livres liturgiques anciens et de tout ce qui peut rappeler ce rite. Ce qui aurait concrètement été impossible.

Mon propos, encore une fois, n'est pas de dire que la FSSPX et les autres communautés ne font pas de bien, mais de démentir cette idée préconçue selon laquelle tout le monde aurait oublié l'ancienne liturgie sans elles.
images/icones/1q.gif  ( 847591 )Pitié, pas ça... par Pétrarque (2018-05-08 17:51:43) 
[en réponse à 847472]

Saint Jean-Paul II... Celui qui embrassait le Coran après avoir excommunié les seuls défenseurs de la messe traditionnelle ?

Las, oui...
images/icones/fleur.gif  ( 847449 )L'esprit-Saint par Scribe (2018-05-05 16:50:58) 
[en réponse à 847447]

seul a pu dicter la pensée de Mgr Lefebvre et son retournement. Il lui a fallu la nuit pour le comprendre et heureusement qu'il l'a fait : cela a donné :
- les instituts ecclesia diae divers et variés.
- le développement des œuvres de la FSSPX et de tous autres instituts proches.
- le motu proprio libérant la messe tridentine de son carcan épiscopal, voire même le respect du MP dans un certain nombre de diocèses.

Bref un caprice aussi utile, on en réclame tous les jours.

Désolé pour mes fautes mais je vois de moins en moins bien.
images/icones/1b.gif  ( 847454 )Je comprends. par Rémi (2018-05-05 17:21:59) 
[en réponse à 847449]

Considéré sous ses aspects positifs, le revirement subit de Mgr. Lefebvre n'est plus du tout une faute dont il ne faut blâmer que Rome, comme M. Parfu tente de nous en convaincre, mais au contraire la grâce d'une inspiration céleste et miraculeuse accordée au saint archevêque.


Comme c'est pratique. Un "storytelling" très bien fait, si j'ose dire.


images/icones/hum2.gif  ( 847482 )Éclairez-nous donc… par Luc de Montalte (2018-05-06 14:33:01) 
[en réponse à 847454]

… sur ses aspects négatifs. Nous attendons.
images/icones/1i.gif  ( 847485 )Sérieusement ? par Rémi (2018-05-06 16:01:05) 
[en réponse à 847482]

On se demande quelle ecclésiologie est la vôtre, de ne rien voir de négatif à contrevenir à un ordre formel du Vicaire du Christ en une matière aussi grave et qui touche aussi profondément à l'unité de l'Eglise que l'est un sacre ... que dis-je, quatre sacres épiscopaux.

L'une des très rares situation, avec l'avortement par exemple, qui entraîne l'excommunication automatique.

Mais je ne vous apprends rien, je pense.
images/icones/2a.gif  ( 847487 )Quelle mouche vous pique par Scribe (2018-05-06 16:09:11) 
[en réponse à 847485]

de revenir sur ce sujet mille fois débattu et sur lequel vous savez que nous allons nous écharper sans faire avancer d'une once le schmilblick ?

Que cherchez-vous avec ces provocations inutiles ?

Me voir revenir en force sur le FC ?
images/icones/fleur.gif  ( 847488 )Cher Scribe, par Rémi (2018-05-06 16:14:53) 
[en réponse à 847487]

je serais le premier ravi de vous voir revenir en force et en forme sur notre cher FC, mais observez seulement que je ne m'élevais d'abord que contre la reconstruction de M. Parfu qui imputait à Rome la rupture des accords par Mgr. Lefebvre, rupture dont quelques-uns se réjouissent d'ailleurs, tandis que vous-même en louez les conséquences. Rendons-donc à Monseigneur ce qui est à Monseigneur, quoi que nous en pensions.


Puis M. de Montalte m'a interrogé, et même quelque peu sommé de lui répondre, dont acte.



Enfin je ne vous apprends rien en vous disant que nous sommes sur un forum, pour discuter. Le sujet de ce fil est l'anniversaire du protocole et de son échec, vous souffrirez bien que nous en parlions.
images/icones/1b.gif  ( 847489 )Ce fil par Turlure (2018-05-06 16:21:33) 
[en réponse à 847487]

est une vraie madeleine de Proust. On aurait pu lire exactement le même débat avec exactement les mêmes intervenants huit ou neuf ans plus tôt.

Il est plaisant de vous voir intervenir de nouveau, ainsi qu'Ennemond !

Beaucoup de ponts ont coulé sous l'eau depuis l'époque qui avait vu naître un "contre-forum" plus centré sur la FSSPX.
images/icones/iphone.jpg  ( 847493 )En même temps … par XA (2018-05-06 16:58:21) 
[en réponse à 847487]

S’il n’Est plus possible d’aborder un sujet dès lors qu’il a été déjà débattu, il va devenir compliqué de débattre...

XA
images/icones/hum2.gif  ( 847494 )Vous prétendez… par Luc de Montalte (2018-05-06 17:03:47) 
[en réponse à 847485]

… qu’il ne faut pas considérer les sacres sous leurs aspects positifs. Il me semble donc naturel de vous demander à quels aspects négatifs vous pensez. À part ce problème – important certes – de la licéité de ces sacres, à quoi faites-vous donc référence ? Voici quelle était ma question.


Puis M. de Montalte m'a interrogé, et même quelque peu sommé de lui répondre, dont acte.



Je ne vous ai sommé de rien du tout. Nous sommes sur un forum, personne ne vous oblige à répondre. Il est ridicule de se victimiser de la sorte.
images/icones/1a.gif  ( 847495 )Loin de moi de me victimiser, par Rémi (2018-05-06 17:08:53) 
[en réponse à 847494]

croyez bien que je souriais plutôt de votre "Nous attendons." Comme si peut-être j'aurais rechigné à vous répondre. Allons, allons ! Mais voilà qui est fait, pour votre satisfaction je l'espère.


Une question à mon tour, si vous le permettez : n'auriez vous pas préféré que les accords ne soient pas rompus et que les sacres aient lieu avec un mandat pontifical ? Moi oui.
images/icones/hum2.gif  ( 847496 )Bien évidemment ! par Luc de Montalte (2018-05-06 17:12:18) 
[en réponse à 847495]

Mais votre réponse sur les aspects négatifs ?
images/icones/1i.gif  ( 847497 )Ah. vous attendez encore ? par Rémi (2018-05-06 17:37:53) 
[en réponse à 847496]

Eh bien relisez-moi. Et pesez bien ce que sont l'unité de l'Eglise et les prérogatives et les graves devoirs du Souverain Pontife dans ce domaine, car c'était là ma réponse.

Imaginez par exemple un Mgr. Gaillot ou un Cardinal Marx se prévalant de l'exemple et de la rhétorique lefebvristes et faisant des évêques de leur choix sans en référer à quiconque, arguant d'une conception toute personnelle de leur état de nécessité d'avoir des évêques selon leurs vues ... Fiction ? Voire ! Le second prétend déjà faire la doctrine des sacrements chez lui ! Le schisme commence toujours lorsqu'on perd de vue que le Pape est garant de l'Unité de l'Eglise. Ubi Petrus ... Vous me direz qu'aujourd'hui nous avons François, qui laisse faire, soit qu'il s'en foute soit qu'il soit complice. Certes, mais si demain nous avons Benoît XVII ou Pie XIII, plaise à Dieu, vous verrez que certains seront bien tentés par une conception toute personnelle de l'autorité du Pape en matière de choix des évêques. Et loin de moi de comparer les affreux du moment avec la digne figure de votre archevêque, évitez-moi ce procès.




Par ailleurs et puisque tout le monde se gargarise de "si" (si Mgr. Lefebvre n'avait pas sacré, alors ... etc. ) , vous me permettrez celui-ci : et si Monseigneur Lefebvre avait sacré avec mandat, dans le cadre du protocole par lui signé, comme vous et moi l'aurions souhaité ?

Imaginez à votre tour les conséquences, je vous prie, dont tous les déchirements (entre clercs, dans les familles ... ) et les douloureuses excommunications, déchirement de l'Eglise, évités, et les bénéfices pour l'Eglise entière : de vraies paroisses SPX, un rayonnement démultiplié, les suspicions sinon disparues du moins considérablement atténuées, la sordide aventure williamsonienne (l'arbre a ses fruits, n'est-ce pas ... ) peut-être évitée aussi, et j'en passe.

Nous ne le saurons jamais, j'en conviens sans peine, mais qu'on nous épargne alors aussi les autres "si" ...
images/icones/1a.gif  ( 847498 )Quant à moi… par Luc de Montalte (2018-05-06 18:12:25) 
[en réponse à 847497]

… il me semble que depuis la levée des excommunications, la question ne se pose plus trop en ces termes, vous en conviendrez.

Quant aux hérétiques et aux schismatiques, ils n’ont pas attendu Mgr Lefebvre pour sacrer des évêques. Mais je ne prétends pas avoir toutes les réponses et je vois bien le problème de ces sacres et le danger qu’ils font encourir à l’Église en atténuant la prééminence du siège pontificale. Prééminence qui a toujours dérangé les régimes totalitaires : loin de moi l’idée de vouloir amoindrir l’universalité de l’Église, rempart contre les régimes communistes, aujourd’hui encore en Chine malgré la diplomatie très étrange de l’actuel pape (à comparer par exemple avec la corruption de l’Église orthodoxe russe sous l’URSS voire encore aujourd’hui).

C’est pourquoi je vous demandais si vous voyiez d’autres aspects négatifs dans les conséquences de ces sacres. Pour ma part, je n’en vois guère. Ces sacres n’ont pas été un schisme.
images/icones/bravo.gif  ( 847500 )En effet, par Rémi (2018-05-06 18:44:58) 
[en réponse à 847498]

et comme le dit plaisamment Turlure, beaucoup de ponts ont coulé sous les eaux, pour la Fraternité, pour les ED, pour toute l'Eglise.

Ce sont les questions de 1988 que nous évoquions, et je tombe bien d'accord que tout est très différent aujourd'hui.

En bonne partie, mais c'est normal car c'est lui qui a les choses en main, au fond, grâce aux concessions du Saint-Siège, la levée des sentences bien entendu par celui qui, cardinal Ratzinger, souffrit lui aussi c'est certain de l'échec de la mission qu'il menait alors, et la surprenante mais bénéfique je pense "libéralité" du Pape actuellement et bizarrement régnant.


Quant à l'avenir ... eh bien croyez que je m'associerai de tout cœur aux prières pour que l'Esprit-Saint assiste les membres du tout proche Chapitre de la Fraternité, dont les décisions et les choix seront assurément gros de conséquences. Que la volonté de Dieu soit faite.
images/icones/1f.gif  ( 847501 )Quant à moi par Peregrinus (2018-05-06 18:48:29) 
[en réponse à 847498]

Quant à moi, si je leur trouve les mêmes aspects positifs que vous, je vois très bien leurs inconvénients.

Il suffit de discuter avec un bon nombre de fidèles de la FSSPX, y compris (voire surtout) ceux qui se croient "bien formés", pour s'apercevoir qu'ils n'ont plus aucune idée de ce qu'est un évêque, établi sur une portion du troupeau par le Saint-Esprit pour gouverner l'Eglise de Dieu.

On ne confère l'épiscopat que pour un certain siège, fût-il in partibus. Il n'existe pas d'ordination vague épiscopale. L'expédient auquel a recouru Mgr Lefebvre, s'il a permis d'éviter le schisme et l'intrusion, a de l'autre côté faussé la perception que les fidèles ont de l'épiscopat, et créé aussi une sorte de monstre, des évêques universels, auxquels certains seront toujours tentés de prêter une autorité épiscopale qu'ils n'ont pas.

Quand j'entends parler de "vrais évêques catholiques" pour des ecclésiastiques certes revêtus du caractère épiscopal et capables d'accomplir tous les actes sacramentels qui le requièrent, mais sans siège, sans troupeau ; des ecclésiastiques que personne n'a envoyés, qui ne viennent de nulle part et ne succèdent à personne, j'éprouve un sérieux malaise. Ce n'est pas ainsi que fonctionne l'Eglise de Dieu.

Quand j'entends des fidèles parler de "nos évêques" (lorsque ce sont des prêtres, membres de la Fraternité, qui s'expriment, de tels termes peuvent à la rigueur se justifier), mon embarras redouble. Mon évêque, c'est l'ordinaire du lieu où je réside : je n'en connais pas et ne veut en connaître aucun autre, pour rester dans l'Eglise. L'état de nécessité ne justifie pas tout.

C'est pourquoi pour ma part j'ai beaucoup moins d'assurance que je n'en avais il y a quelques années quant à la justesse des actes posés par Mgr Lefebvre en 1988, et je suis d'autant plus heureux de n'avoir pas été mis par la Providence dans le cas de vivre cette époque douloureuse.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 847503 )Vous dites cela maintenant par Jean-Paul PARFU (2018-05-06 19:05:03) 
[en réponse à 847501]

parce que la situation et le rapport de force dans l'Eglise a changé depuis 30 ans et précisément grâce à l'existence de la FSSPX et aux sacres de Mgr Lefebvre.

Sans la FSSPX et les sacres, pas de communautés et de prêtres ED, pas de Motu proprio du 7.07.2007 !

Et je vous rappelle aussi que les excommunications ont été levées, que les prêtres de la FSSPX ont le droit de confesser et de marier.

Enfin, la structure de l'Eglise a souvent été adaptée au cours de l'histoire. Ce qui prime c'est la foi, quand il y a crise de la foi. Or, il y a crise de la foi et du clergé !
images/icones/fleche2.gif  ( 847505 )Je ne dis pas le contraire par Peregrinus (2018-05-06 19:24:13) 
[en réponse à 847503]

Je ne dis pas le contraire, d'autant plus que je fréquente tout de même assez souvent, c'est le moins qu'on puisse dire, les lieux de culte desservis par la FSSPX.

Mais il me semble qu'il faut apporter une nuance à votre dernière phrase. Certaines mesures purement disciplinaires ont pu être adaptées pour faire primer la foi. Mais la structure profonde de l'Eglise relève, elle aussi, de la foi. Et l'on ne peut pas jouer la foi contre la foi, la doctrine contre la doctrine. C'est tout le drame d'une certaine mouvance (je ne parle pas de la FSSPX, mais plutôt de ceux qui l'ont quittée depuis quelques années) qui au nom de la défense de la doctrine invente des doctrines de plus en plus fantaisistes sur l'Eglise, la mission, la juridiction, etc.

Cela doit nous faire réfléchir. Parfois il me semble que l'on traite avec beaucoup de légèreté de certains problèmes canoniques en les réduisant à une pure police, comme on disait jadis : c'est ainsi qu'ont fait avant nous tous les schismatiques.

Peregrinus
images/icones/fleche3.gif  ( 847524 )Les craintes exprimées par Peregrinus par Ennemond (2018-05-06 23:33:43) 
[en réponse à 847503]

Bien des craintes que Peregrinus exprime sont fondées. En 1988, Mgr Lefebvre a paré au plus pressé, estimant que le différend avec le Saint-Siège ne durerait que quelques années tout au plus. La vision du pape comme le chef d'un parti adverse, des évêques comme des ennemis avec lesquels nous n'aurions plus rien à voir sont des symptômes d'une perte totale d'une vision apostolique de l'Eglise. Le paroxysme a été atteint lorsque quelques prêtres de la FSSPX ont été se plaindre de dépendre d'une "juridiction conciliaire", perdant complètement de vue le fait que la succession apostolique, loin d'être un artifice institutionnel, a été fondée par Notre Seigneur et se trouve être de consitution divine, en dépit des errements de ceux qui sont en charge des sièges épiscopaux.

A la veille du chapitre général de la FSSPX, une bonne partie des supérieurs de cette dernière m'apparaissent lucides quant au danger de voir l'oeuvre se réveiller un beau jour prisonnière d'extrapolations théologiques. Le sens romain qu'avait le séminariste Lefebvre puis le délégué de Pie XII se trouve maintenu chez ses fils, même si certaines franges se trouvent parfois ballottées par quelques relans gallicans ou anglicans.

Je mettrais néanmoins un bémol sur le regard que les fidèles portent sur leurs évêques. Vatican II et même les papes depuis les initiatives d'uniatisme ont permis les administrations extra-territoriales : supra-diocèses, prélatures, diocèses aux rituels propres, comprenant que le rapport au territoire avait été bouleversé avec le temps. Les prêtres et les âmes qui dépendent de ces structures vont forcément relativiser leur dépendance aux évêques du lieu. Et pourtant ces réalités ont été permises sans que les papes conclussent que la succession apostolique puisse être malmenée.
images/icones/fleche2.gif  ( 847506 )Vous soulevez par Rémi (2018-05-06 19:24:33) 
[en réponse à 847501]

ici un autre très grave problème ecclésiologique auquel on ne pense pas suffisamment, moi le premier. Je ne m'étends pas, vous l'avez très bien cerné.
images/icones/1n.gif  ( 847451 )Non pas un caprice! par Miserere (2018-05-05 17:00:04) 
[en réponse à 847447]


Mais un acte courageux, il est revenu sur la signature surement du à une grâce exceptionnelle.

La FSSPX a tout simplement donné le chemin à toutes les communautés traditionalistes (même ralliés) qui se sont formées grâce à Monseigneur Lefebvre.

S'il avait accepté la signature, tout le monde aurait morflé en se pliant aux évêques libéraux.



images/icones/iphone.jpg  ( 847464 )Vous avez raison par Vincent F (2018-05-05 23:06:01) 
[en réponse à 847447]

les fidèles sont des cochons de payeurs.
images/icones/iphone.jpg  ( 847466 )Il ne semble pas y avoir rupture le 6 mai 1988 par Athanase (2018-05-05 23:33:26) 
[en réponse à 847446]

La date du 6 mai, dans tous les milieux, est vue comme une rupture. L’explication est simple: au lendemain de l’accord, Mgr Lefebvre rompt l’accord.

Or s’il semble exigeant sur la nécessité d’avoir plusieurs évêques, le ton est plutôt celui de la satisfaction. Les lettres du mois de mai 1988 sont toujours sur cette demande, mais elles ne traduisent pas une rupture brutale; elles sont assez élogieuses du protocole. Il serait plutôt logique de voir une rupture progressive et non instantanée. La vraie rupture - celle qui est nette - intervient plutôt en juin 1988 où Mgr annonce ce au pape qu’il va sacrer.

Ce qui a contribué à cette reconstitution rétroactive, c’est l’imminece des consécrations, rendue publique vers la fin du mois de juin 1988, les consécrations elles-mêmes et l’attitude de Jean-Paul II, brandissant l’arme de l’excommunication, ce qui a contribué à envenimer la situation. Mais c’est surtout le passage « public » d’un dossier traité à huis-clos pendant tout le mois de mai 1988. Ce qui fait la différence.
images/icones/1b.gif  ( 847473 )Vous aussi par Rémi (2018-05-06 07:40:16) 
[en réponse à 847466]

vous réécrivez un peu l'histoire :

Lettre du 6 mai : "Tout a été désormais préparé pour la cérémonie du 30 juin, hôtels retenus, moyens de transport, location d’immenses tentes qui devraient abriter la cérémonie."

Le 6 mai, les sacres sont déjà prévus et même matériellement organisés au 30 juin. Mgr. L. Manifeste qu'il n'entend plus reculer.
images/icones/carnet.gif  ( 847499 )je pense que c'est vous Rémi qui êtes en tort ici par Luc Perrin (2018-05-06 18:20:56) 
[en réponse à 847473]

Dans le très mauvais livre de Philippe Levillain, il y a quand même un bon chapitre car truffé de documents d'archives sur les contacts nombreux et maintenus entre Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger.

J'ai longtemps cru comme vous que l'accord du 5 mai était caduc le 6 mai comme Mgr Lefebvre l'avait raconté très postérieurement. La documentation démontre sans erreur possible que si, c'est le fond du problème, Mgr Lefebvre n'a pas confiance dans la Rome de 1988 - ce qui n'est pas sans fondement, disons le avec honnêteté -, il ne rompt pas tout de suite les ponts.

Il met des conditions qu'il juge de bonne foi pour une application sérieuse de l'accord. La date du 30 juin est pour lui sine qua non, là vous avez raison, mais elle était annoncée avant l'accord depuis février (rien d'étonnant dès lors d'avoir pris des réservations).
La lettre du 6 mai ne remet pas en cause l'accord mais fait du 30 juin la borne chronologique pour l'ordination prévue.

Le 10 mai à Paris, il dit la même chose faisant de cette date un critère absolu : "La balle est dans leur camp. J'attends qu'ils me répondent." (cf. Rome n'est plus dans Rome, p. 334).

La lettre du 24 mai, beaucoup plus nette et à la tonalité pessimiste et plus du tout conciliante, ne déchire pas encore l'accord. Mgr Lefebvre précise ses deux conditions d'application qui modifient le texte cette fois-ci : "C'est pourquoi, à notre grand regret, nous nous voyons obligés de vous demander qu'avant la date du 1er juin vous nous indiquiez clairement les intentions du Saint-Siège sur ces deux points : consécration des 3 évêques postulés pour le 30 juin et majorité des membres de la Tradition dans la Commission romaine. Sans réponse sur ces requêtes ..." (ibidem p. 335).
Le Protocole ne prévoyait qu'un évêque et une minorité au sein de la Commission.

On peut considérer que jusqu'au 24 mai, Rome aurait pu répondre sur la date et ainsi préserver le Protocole dans son intégralité mais le 6 mai, le cardinal Ratzinger s'était borné à une réponse floue et évasive.

Tout donne à penser que le texte du Protocole signé le 5 mai était jugé, par plusieurs à Rome et dans des épiscopats-clé ex. en France et en Allemagne et en Suisse, comme ayant été trop loin en faveur de la FSSPX. L'attitude dilatoire, timorée du Cardinal à compter du 6 mai 1988 va dans ce sens.

La position du Saint-Siège après les sacres confirme aussi cela : tout en claironnant qu'on maintient les termes du Protocole, il ne sera pas appliqué comme tel mais en retrait.
a) aucun évêque n'a été consacré : il a fallu attendre 2002 avec Mgr Rifan pour une très petite Administration apostolique personnelle.
b) la PCED qui est créée en 1988 n'a jamais eu tous les membres prévus le 5 mai 1988 : elle a eu un cardinal-président et un secrétaire c'est tout et aucun n'est jamais venu de "la Tradition" et cela vaut après la révision opérée par Benoît XVI.

C'est d'ailleurs bien regrettable car une vraie CED, même sous la houlette du Cardinal-préfet de la Doctrine de la foi, serait très utile et plus représentative.

Faut-il écarter d'office une consécration épiscopale au sein des instituts dits E.D., ce n'est pas mon avis du tout. Les catholiques-anglicans ont 3 Ordinaires pour la planète, il y a Campos, ce modèle de vaste région avec un ordinariat - pour les catholiques-anglicans la qualité épiscopale n'est pas absolument requise il est vrai mais les Ordinaires siègent de droit dans les Conférences épiscopales du pays de rattachement -, ce modèle donc n'a rien d'absurde.

Il peut être mis en oeuvre de concert avec une Prélature personnelle telle qu'envisagée depuis 2009 pour la FSSPX. Canoniquement rien ne s'y oppose.

2018 n'est plus 1988, bien des choses ont évolué dans les rapports réciproques entre Rome et la FSSPX. Benoît XVI puis François sont allés beaucoup plus loin sur la voie de la conciliation que Jean-Paul II, sa Curie et les grands épiscopats impliqués ne le voulaient il y a vingt ans.
images/icones/1a.gif  ( 847504 )Je ne pense pas qu'en écrivant par Rémi (2018-05-06 19:18:26) 
[en réponse à 847499]

que début mai les sacres étaient déjà prévus -par Mgr. Lefebvre mais non pour Rome - pour le 30 juin, je me trompe en quoi que ce soit. Je vous répondais plus longuement, cher Monsieur, mais une erreur de manipulation ...

En bref, je vous remerciais des éléments et analyses que vous apportez en sus, quand bien même je ne partage pas toutes ces dernières, en particulier en ce qui concerne la nécessité d'appliquer à la lettre un protocole prévu d'abord et sur mesure pour la FSSPX aux instituts ED fondés ensuite, surtout parce que les "raisons psychologiques" d'avoir un évêque membre apparaissent bien moins évidentes pour les ED, encore que bien sûr il n'y aurait aucun mal à ce que des prêtres issus de leurs rangs soient appelés à l'épiscopat. Je gage que ça viendra.

Je soulignais également que si la rupture n'est en effet pas exactement brutale le matin du 6 mai, c'est bien Mgr. Lefebvre et non Rome qui entame une machine arrière, après une nuit d'angoisse, prélude à la perte de confiance, que nous relate Mgr. de Mallerais, et c'est là mon propos depuis le début.

De même je vous demandais de concevoir que comme vous, je me sois globalement fié à ce que "Mgr Lefebvre avait raconté très postérieurement." , pour ce que j'en sais du moins.



Enfin je vous demandais de me permettre de vous remercier sincèrement pour le caractère disons aimable de votre intervention, alors que vous m'avez habitué à plus de piquant lorsque vous apportez contradiction ou précision à mon propos.
images/icones/neutre.gif  ( 847511 )j'ai répondu sans vinaigre à une analyse par Luc Perrin (2018-05-06 21:22:16) 
[en réponse à 847504]

honnêtement formulée, la vôtre, et stimulante pour la réflexion. Il m'arrive d'être caustique et sarcastique, c'est vrai - dans les bornes de la bienséance -, mais ce n'est pas systématique.

En effet, j'avais fait la même erreur initiale au sujet du 6 mai : Levillain a eu le mérite, avec les documents, de montrer que tout était encore jouable entre le 6 et le 24 mai. La lettre du 24 mai est dans la surenchère et précédée d'un état des lieux très hostile à Rome, exprimant sans détour la défiance de Mgr Lefebvre.

Je pense cependant qu'il y a un partage des torts : 60% pour le prélat, 40% du côté romain.

La position ouvertement hostile - et avec menace - des évêques suisses énoncée par Mgr Schwery le 9 juin 1988 est éclairante :

"Face à l’imminence d’ordinations épiscopales à Ecône, annoncées pour le 30 juin, Mgr Schwery a présenté les deux seules alternatives possibles :

“Soit Mgr Lefebvre persévère dans son attitude d’indépendance totale et ordonne des évêques contre toute discipline ecclésiastique et entre ’de facto’ dans une situation de schisme formel et c’est douloureux pour lui et pour moi. Ou alors Mgr Lefebvre accepte pleinement de mettre en pratique un accord qu’il a déjà signé le 5 mai comportant une dimension doctrinale et une dimension disciplinaire. Si Mgr Lefebvre demeure fidèle à sa signature,alors nous aurons une très grande difficulté à vivre comme évêque, comme prêtre et comme fidèle, en fidélité à cet accord pour des raisons disciplinaires … Dans l’ordre de la pratique pastorale, c’est une quasi catastrophe. L’application de cet accord sera extrêmement difficile en particulier pour les évêques”. (source APIC)

Mgr Corecco, canoniste, évêque de Lugano, a publié après les sacres un article savant où il critique vertement le Protocole du 5 mai 1988. On le disait proche de Jean-Paul II. C'est pourquoi l'application au rabais de l'Accord à l'automne 1988 montre qu'il y avait des réserves fortes du côté romain à cette date.

Cette hostilité sans fard explique, à mon sens, le caractère flou et générateur d'inquiétude et de défiance des réponses du cardinal Ratzinger. Il ne pouvait aller plus avant que le 5 mai qui lui était déjà reproché.
S'il avait consenti au 30 juin ou proche, cela aurait débloqué la crise de confiance mais je pense, à vérifier quand les archives seront ouvertes, qu'il avait les mains liées. De là la spirale de la défiance chez un Mgr Lefebvre réticent au départ et poussé à la signature par son entourage.

Pour ce qui est d'avoir des évêques (ou prélats ou préfets ou ordinaires) issus de la "Tradition" pour des diocèses personnels vastes, cela aurait l'immense avantage - sur le modèle des ordinariats catho-anglicans - de montrer la considération romaine pour ces communautés, petites mais il y a des structures de type diocésain pour bien plus petit (l'archevêché de Monaco par ex.), et de faciliter les relations avec les évêques diocésains résidentiels.
L'élargissement de la CED serait aussi très utile comme toute concertation.

Cet épisode a le mérite de nous faire mesurer le chemin parcouru depuis le 5 mai, de façon positive ! Le très timide Protocole du 5 mai 1988 paraissait insupportable "catastrophique" (sic) et le Saint-Siège depuis a fait de bien plus grands pas en avant, la FSSPX ayant aussi reformulé ses critiques avec plus de pondération.

Se remémorer cet épisode est donc très utile. Deo gratias.



images/icones/neutre.gif  ( 847470 )Rome perdra la foi par Bruno Scheffer (2018-05-06 03:34:40) 
[en réponse à 847439]

Désolé, en 1988, j'avais vingt ans , et l'âge mental ridicule, de la génération biberon Jean-Paul II.
L'avantage, c'est d'être le parfait benêt plongé à l'âge adulte dans la tradition, après le ménage des sacres.
Effectivement, j'ai pu constater une grave maladie théologique, de sensiblerie, qui touche les générations de cathos tradis antérieures à Jean-Paul II.
La nostalgie de l'Eglise en ordre, provoque des trémoussements d'espoir ou de joie sanglotante, à l'occasion d'évênements clairement entâchés de nullité théologique, mais qui donnent l'illusion de réunir les brebis perdues, au bercail du bon pasteur.
Mgr Lefebvre n'avait pas besoin d'une éventuelle compromission avec le Vatican. D'après ses propres paroles à Bonaventur Meyer, disponibles en enregistrement, il tenait dans son portefeuille, avant 1988, la clé des sacres, pour autant qu'il en voulait. Il n'a pas voulu tourner la clé, paix à son âme !
cf Mgr Lefebvre témoigne du mandat de Paul VI Mgr Lefebvre (gloria.tv)
images/icones/neutre.gif  ( 847471 )Une fois encore.... par Pol (2018-05-06 05:43:51) 
[en réponse à 847439]

... je dis Merci a Mgr. Lefebvre...Ou serions-nous aujourd'hui sans cette action heroique du 30/6/88. Et puis, merci aussi aux Eveques et aux Pretres qui ont été et sont toujours sur le front... Deo Gratias.
Bon Dimanche a tous.
images/icones/carnet.gif  ( 847490 )Un peu de documentation par Rémi (2018-05-06 16:31:54) 
[en réponse à 847439]

que nous devons en amont à notre cher Athanasios qui l'avait d'abord compilée, ici augmentée des précieux apports de Meneau : CLIC ! (archives FC)

On voit d'ailleurs, bien cher Scribe, que vous vous interrogiez déjà quant au but recherché lors même que nous ne livrions qu'à la simple exposition de documents et de faits relativement bruts. Nous supposions tout de même dès alors qu'ils ne vous dérangent en rien, n'est-ce pas.
images/icones/fleche3.gif  ( 847525 )Considérations sur l'acte de 1988 par Ennemond (2018-05-06 23:59:55) 
[en réponse à 847490]

Les trente ans qui nous séparent des sacres ont permis de relativiser des jugements hâtifs. Les milieux liés à la FSSPX ont compris que les communautés régularisées n'étaient pas truffées de traîtres par principe. A l'inverse, les milieux Ecclesia Dei ont saisi que la FSSPX n'était pas une oeuvre qui cherchait le schisme à tout prix mais qu'elle voulait maintenir à la fois l'héritage doctrinal et le lien avec Rome.

Néanmoins, de part et d'autre, des esprits irréductibles s'évertuent à considérer pour les uns que les consécrations de 1988 ont constitué un acte schismatique épouvantable (à l'encontre des papes eux-mêmes qui ont bien compris qu'ils avaient affaire à un mouvement catholique romain), et à penser pour les autres que hors de la FSSPX ne repousse plus l'herbe catholique. Les premiers font de 1988 la fin de l'ère primaire. Les autres en font l'an 0 de leur ère. Sans doute l'amour propre conduit-il à ces excès, encore aujourd'hui. Il vaut mieux relativiser ces disputes.

Le milieu traditionnel a été contraint et forcé de faire passer la sauvegarde de la doctrine et de la messe par le biais de l'irréguarité canonique, forme de fuite en Egypte pour les catholiques contemporains, acculés face aux proscriptions de l'époque Paul VI. Certains ont estimé que le régularité pouvait été retrouvée en 1984, d'autres ont attendu 1988. D'autres encore 2006. Certains pensent que l'heure de cette reconsidération des relations pouvait être réévaluée aujourd'hui. D'autres trouvent que c'est prématuré. Le tout est de ne pas perdre sa doctrine et son attachement à l'Eglise. Mais vouloir faire de ces évaluations prudentielles des "caprices" me semble tout sauf sage. Il s'agit de cas de conscience d'hommes de Dieu cherchant à servir Dieu.

Il y a cinq ans, Jean Madiran avait reconsidéré sa position. Il trouvait que dans cette optique le geste de Mgr Lefebvre de consacrer des évêques avait été visionnaire. « Dans l’Église, être des évêques, ça compte. Et donc, là, le fondateur avait bien fait, en tout cas il avait fait une fondation durable et assuré les conditions pour que son œuvre dure. » Jean Madiran se serait-il affranchi de la lucidité pour se laisser happer par les caprices ? Sans doute les réalités sont-elles plus complexes que vous ne semblez le dire.
images/icones/fleche2.gif  ( 847576 )Le gros caprice ... par Rémi (2018-05-08 12:59:36) 
[en réponse à 847525]

J'y reviens tant je crains que vous ne m'ayez toujours pas bien compris mon propos pourtant limpide ici , le gros caprice de Mgr. Lefebvre ne réside pas dans ce que vous enrobez joliment dans les "évaluations prudentielles" , ni dans le fait d'avoir voulu un évêque pour la Fraternité, ni même en un sens d'en avoir sacré, puisque tout ceci était justement explicitement prévu par le protocole d'accords, et que, tout le monde le sait sans que Madiran nous l'apprenne, les évêques, dans l'Eglise, ça compte. C'est pour cela que Mgr. Lefebvre en demandait, comme une garantie compréhensible, et que Rome en accordait, admettant fort bien, c'est écrit noir sur blanc dans le protocole, les raisons psychologiques de ce souhait d'avoir un évêque membre.


Le gros caprice de Mgr. Lefebvre a consisté, au lendemain de la signature des accords, à annoncer que quoi qu'il arrive, il maintenait la date du 30 juin pour le sacre (on observera le singulier dans sa lettre, j'y reviendrai ..) .

Quoi qu'il arrive, autrement dit que le Pape le veuille ou non.

Ce qui de soi constitue un camouflet à ses interlocuteurs, et une manière de rupture de l'accord de la veille, tout du moins une insupportable mise en demeure de fournir le mandat nécessaire avant la date par lui seul fixée.

Mgr. Lefebvre annonce que ce qu'on lui a accordé, on le lui donnera de bons gré quand lui le voudra, ou bien il le prendra de force quand bon lui semble.


Et cela alors même que la raison sinon principale, du moins la plus mise en lumière par Mgr. L. est que tout est déjà matériellement organisé pour cette date. Comme le souligne Vincent bien involontairement, on fait passer les prérogatives du Vicaire du Christ derrière ce qu'il faut bien appeler une question de sous.


Et puis la surenchère suivra, autre gros et désolant caprice, tandis que le protocole du 5 évoque un évêque, tandis que la lettre de Monseigneur le 6 parle d'un sacre, ce seront quatre qui seront bientôt annoncés, et à ce stade il est évident qu'on a décidé de se contrefoutre totalement de ce que veut, et même de ce qu'interdit le Pape.



Alors une comparaison toute simple, cher amis liseurs qui êtes pères de famille. Lequel d'entre vous souffrirait paisiblement que son fils lui dise "Papa, le beau cadeau que vous m'avez promis pour bientôt, vous me le donnerez demain et non un autre jour, car je le veux ainsi. Et si vous ne me le donnez pas de bon gré, j'irai le prendre dans votre bureau. Et même je n'en prendrai pas qu'un, mais quatre. Bon papa, je compte sur vous, obtempérez" .

Je gage que la gifle fuserait. Sinon le va-et-vient.
images/icones/fleche3.gif  ( 847586 )votre comparaison est très révélatrice ! par Ennemond (2018-05-08 16:01:16) 
[en réponse à 847576]

Le Saint-Siège n'avait évidemment pas affaire à un adolescent capricieux et pourri gâté imposant ses envies outrancières, mais à un viellard qui avait donné toute sa vie pour l'Eglise et qui était devant un cas de conscience qui a miné toute la fin de sa vie et dont seule l'échéance expliquait ce geste consistant à parer au plus pressé.

Vous avez certainement cherché à être didactique mais votre exemple est particulièrement mal choisi. Je pense que les autorités de l'Eglise, en dépit de ses membres les moins défendables, n'ont jamais pensé de façon aussi caricaturale que vous le faites. S'il ne s'était agi que d'un caprice de gamin, les papes n'auraient pas porté tout l'intérêt qu'ils ont accordé à la question. Benoît XVI n'aurait pas vanté les mérites de l'ancien archevêque missionnaire.

Savoir si 1988 était prématuré pour régulariser la Fraternité Saint-Pie X est une question qui a une réponse très claire dans la façon dont la Curie a remis au pas la Fraternité Saint-Pierre en 1999 en lui retirant ses supérieurs et en préconisant le biritualisme. Que les communautés régularisées aient pu apporter des bienfaits aux âmes est une chose, mais à la fin des années 1980, les autorités de l'Eglise, à quelques exceptions près, ne voulaient, à l'évidence, pas accorder l'exclusivité du missel traditionnel à des communautés. Il a fallu attendre les années 2000, la résolution de l'affaire de la FSSP, le Motu Proprio et une disparition d'une génération pour que les choses changent.
images/icones/fleche2.gif  ( 847588 )Révélatrice aussi par Rémi (2018-05-08 16:36:25) 
[en réponse à 847586]

votre incompréhension de ma comparaison : il ne s'agit pas de parler ici de gamin ou de gaminerie.

Il s'agit du rapport entre un père et un fils, un père qui offre, un fils qui exige. Pis, qui se sert lui-même. Pis encore, qui vole ce qui n'appartient qu'à l'autorité de son père. Il est sidérant que cela vous échappe.

Rapport père/fils donc qui est normalement un rapport d'amour mais aussi d'autorité, et du respect de cette dernière. C'est précisément en raison de toutes ses qualités, et malgré son âge, que Mgr. Lefebvre aurait dû se montrer un vrai fils pour le Saint-Père, véritable et bon père, lui :


D'un cœur paternel, mais avec toute la gravité que requièrent les circonstances présentes, je vous exhorte, Vénérable Frère, à renoncer à votre projet qui, s'il est réalisé, ne pourra apparaître que comme un acte schismatique dont les conséquences théologiques et canoniques inévitables vous sont connues. Je vous invite ardemment au retour, dans l'humilité, à la pleine obéissance au Vicaire du Christ.

Non seulement je vous invite à cela, mais je vous le demande, par les plaies du Christ notre Rédempteur, au nom du Christ qui, la veille de sa Passion, a prié pour ses disciples, « afin que tous soient un » (Jn 17, 20).

(saint Jean-Paul II, le 2 juin 1988 )




Las, peut-être les plus éminents mérites, que vous soulignez et que nul n'ignore, peuvent-ils parfois tourner à l'orgueil, et la sagesse de l'âge à la rigidité obtuse.
images/icones/fleche3.gif  ( 847593 )père et fils par Ennemond (2018-05-08 18:35:03) 
[en réponse à 847588]

Les rapports père/fils sont bien connus dans l’Église et si l’attitude du catholique devait se résumer à toujours obéir, la voie serait finalement assez simple. Au large les cas de consciences !

Il aurait fallu que saint Paul se taise devant le premier apôtre. Après tout, ces histoires de rituel ne remettaient pas en cause la résurrection du Christ, diront certains. Et puis, à un moment donné, Jeanne d’Arc avait terminé sa mission. Pourquoi n’a-t-elle pas obéi au roi et à l’évêque qui lui donnait des ordres qui ne la faisaient pas pour autant apostasier ? Elle serait gentiment repartie se reposer à Domrémy. Les cardinaux Burke ou Eijk ont-ils raison de désavouer publiquement le pape ? Si l’on transpose vos explications, on finirait par en douter.

Et si on les applique à Mgr Lefebvre, on est conduit à conclure qu’il n’aurait pas dû poursuivre l’œuvre d’Écône dès 1975 pour ne pas tomber dans l’irrégularité canonique dont les sacres ne sont que le parachèvement, après la suppression des séminaires et la suspens a divinis. Il aurait fallu dire « amen » à Paul VI quand il disait qu’il était désormais obligatoire pour tout prêtre de célébrer le nouveau rite en lieu et place de l’ancien. Les séminaires de la Fraternité n’auraient jamais reçu et formé les initiateurs du mouvement Ecclesia Dei qui auraient été conduits à se taire dans les diocèses ou à rentrer dans la vie civile.

L’Église que vous présentez, sans heur ni dilemme, n’existe que dans le virtuel. Il serait si plaisant de se dire que tout aurait bien fonctionné si les hommes s’étaient tus et que dans la moindre contestation interne sommeillait un Luther en puissance imposant ses petits caprices du moment. Vous m’excuserez si je trouve votre vision de l’Église bien idéaliste. Si vous pensez que le 4e commandement de Dieu conduit à dire oui à chaque chose ordonnée par un père, c’est une étonnante vision de l’obéissance.
images/icones/fleche2.gif  ( 847626 )Rapidement : par Rémi (2018-05-09 17:42:25) 
[en réponse à 847593]

- L'exemple de saint Paul est tout à fait hors de propos. Il n'a jamais désobéi à saint Pierre, comme bizarrement et très irrévérencieusement on voudrait le lui imputer. Révisez votre Nouveau Testament.

De même on ne voit pas que les cardinaux Burke ou Eijt désobéissent à François, que ce soit en matière grave ou même légère.


- Aucun des véritables cas que vous citez, et certes ils sont nombreux concernant Mgr. Lefebvre ne constituent une désobéissance au Vicaire du Christ sur un point qui touche à l'unité de l'Eglise et à sa constitution hiérarchique.



- Mgr. Lefebvre, et c'est là tout le drame et ce qui me heurte, pouvait obéir ET avoir son évêque. C'est même tout le sens du protocole par lui signé, et des confirmations romaines, pontificales même, qui ont suivi. Il a préféré suivre son caprice de la date du 30 juin, comme il l'annonce dès le 6 mai, et dérober au Pape ce que celui-ci lui offrait.

images/icones/hein.gif  ( 847627 )Et donc dix ans auparavant ? par Ennemond (2018-05-09 17:48:06) 
[en réponse à 847626]

Que fallait-il que Mgr Lefebvre fasse en 1975/1976 ? Qu'il obéisse et fasse confiance ? Sans doute était-ce déjà un caprice ?
images/icones/1a.gif  ( 847629 )Tiens ? par Rémi (2018-05-09 18:00:23) 
[en réponse à 847627]

J'ignorais que Monseigneur avait sacré des évêques dix ans plus tôt.

Que sont-ils devenus ?



Plus sérieusement, s'il s'agissait déjà d'un désobéissance grave, on ne voit pas qu'elle déchirait l'Eglise comme l'ont fait les sacres. Au reste, s'il y avait eu matière, ou pour ainsi dire le moindre prétexte, vous pensez bien qu'il aurait été excommunié dès les années 70 ...
images/icones/fleche3.gif  ( 847630 )N'éludez pas par Ennemond (2018-05-09 19:41:15) 
[en réponse à 847629]

Le fait d'ordonner des prêtres contre l'interdiction de le faire par le pape fut déjà un acte grave qui fut perçu comme une défiance. La couverture médiatique ne fut pas moindre. Et le 29 juin 1977, tous les médias affirmaient que le pape excommunierait probablement Mgr Lefebvre qui persistait et signait cette année-là. Ce dernier disait qu'il ne la craignait pas si elle tombait. Fallait-il qu'à l'époque il suive ce que vous préconisiez : se jeter dans les bras de son père ?
images/icones/fleche2.gif  ( 847632 )Oui, par Rémi (2018-05-09 20:30:07) 
[en réponse à 847630]

je pense que dans la mesure du possible, c'est toujours préférable. Mais peut-être pas vous ?

Cependant en l'occurrence le Pape ne lui tendait pas particulièrement les bras, ne lui proposait pas de protocole d'accord ou une chose semblable et ne lui accordait pas ce qu'il demandait.

Je ne dis pas que Mgr. Lefebvre avait raison de le prendre quand même, et je trouve bien téméraire son insouciance quant à l'éventualité, même essentiellement forgée par les journalistes, de l'excommunication (curieuse mentalité qui fera flores, puisque après juin 88 tous les satrapes de la FSSPX signeront la lettre que l'on sait où ils se font gloire, à peu de frais car elles ne les concernaient pas, de partager les excommunications de leurs chefs) et vous, vous me direz en l'enrobant plus ou moins, mais au fond c'est cela, que la fin justifiait les moyens.

Comme on l'a vu dans ce fil, c'est la grande et la seule défense, la seule justification a posteriori des sacres sauvages et illicites, et en réalité la seule "justification" pour toutes les désobéissances qui ont "bien" tourné.

Sauf que c'est immoral.

Il est d'autant plus triste d'avoir désobéi pour une fixette sur une date.
images/icones/fleche3.gif  ( 847640 )Enrober ? par Ennemond (2018-05-10 00:15:54) 
[en réponse à 847632]

Vous revenez souvent avec cette accusation. Est-ce cette capacité qui consiste à s'affranchir des passions et à un lexique passionné un peu ridicule (satrape, caprice, etc.) ? Dans ce cas, je ne suis pas mécontent de savoir "enrober". Il me semble, pour ma part, qu'il est possible de comprendre les hommes de cette époque, quand bien même ils avaient de part et d'autre des objectifs opposés, sans voir en eux des orgueilleux, des capricieux ou des malicieux. Trente ans après, il doit être possible de dépasser les visions primaires. L'histoire de la date est accidentelle. Ce n'est pas le seul point qui explique la grave issue des sacres. Vouloir se focaliser sur les tentes me paraît un peu simple. Mgr Lefebvre ne faisait que se rendre compte de la discordance à la fin des années 1980. La FSSP l'a vécu à ses dépens dix ans plus tard. Il n'y a qu'après que la situation a changé.
images/icones/hein.gif  ( 847648 )Ne vous cachez-vous pas ... par Ion (2018-05-10 10:24:07) 
[en réponse à 847640]

... derrière une critique des termes utilisés par Rémi pour éviter de reconnaître qu'il a raison en constatant que votre seule et unique justification des désobéissances répétées est "la fin justifie les moyens", alors même que ce principe est immoral ?

Certes, le reconnaître serait sans doute pour vous particulièrement difficile, car vous pourriez alors penser que tout l'édifice sur lequel est construit la FSSPX s'écroulerait. Il n'en est rien. Dieu fait toute chose nouvelle. Les fautes sont pardonnées. Rien ne s'écroule. Pour autant les fautes restent des fautes qu'il eut mieux valu ne pas commettre. Ce n'est pas parce qu'un pécheur converti donne plus de joie au ciel que 99 qui n'ont pas besoin de conversion que le pécheur n'eut pas mieux fait de ne pas pécher.

Ion
images/icones/ancre2.gif  ( 847650 )Pas mieux. par Rémi (2018-05-10 11:30:39) 
[en réponse à 847648]

Je le redis, ce que nous scrutions ici, ce sont les événements de 88, non le bien que fait la FSSPX aux âmes et à l'Eglise, je le pense, aujourd'hui, hier ou avant hier. Et demain si Dieu veut.


Sur ce bonne et sainte fête de l'Ascension du Seigneur, cher Ion, cher Ennemond, chers amis liseurs.
images/icones/1v.gif  ( 847655 )Vous voulez juger l'arbre par Scribe (2018-05-10 12:54:09) 
[en réponse à 847650]

sans tenir compte de ses fruits ? quel intérêt ? Même si un arbre est mal planté, si les fruits sont beaux, on s'en balance.

Bonne fête de l'Ascension à vous aussi.
images/icones/1a.gif  ( 847659 )Vous inventez. par Rémi (2018-05-10 13:34:19) 
[en réponse à 847655]

Dans le message auquel vous répondez, je souligne tout justement la bonté des fruits, et m'en réjouis, relisez-moi.

Encore que certains fruits du même arbre soient sinon gâtés, du moins suspects, et Mgr. Fellay lui-même n'a pas manqué de condamner la dérive de Mgr. Williamson, avant de l'exclure, et après, lorsqu'à son tour il s'est mis à sacrer sans mandat. Je ne reviendrai pas non plus sur les prêtres américains (combien ? Le savez vous ? ) , tout le district SPX de ce pays, qui a viré au sédévacantisme au début des années 80. Un fruit pour le moins désolant de l'oeuvre de Mgr. Lefebvre. On passera également sur quelques défroqués et scandales épisodiques. Faut-il juger l'arbre à ces fruits-là aussi ? Peut-être pas, mais en dépit des grâces et des secours divins, toute oeuvre ici-bas demeure faillible et aucun arbre que l'homme plante n'est parfait.


Et enfin dans tout ce fil, à aucun moment je ne prétends juger l'arbre, ni même la manière dont il est planté (à l'origine dans une régularité canonique irréprochable) , mais un nœud très particulier de sa croissance, la rupture de l'accord de 88, et discuter de l'imputation des responsabilités de cet échec. De votre côté, vous ne faites que répéter que la fin justifie les moyens, ce qui n'est pas une proposition catholique.


Je crains que vous ne soyez un peu rouillé pour en découdre, comme il semble que vous teniez pourtant et étrangement à le faire, cher Scribe. Reprenez des forces ...
images/icones/neutre.gif  ( 847668 )Sans compter que... par Candidus (2018-05-10 16:10:55) 
[en réponse à 847659]

... Dieu peut tirer un bien d'un mal.

Regardez le concordat, c'était un piège tendu à l'Eglise par Napoléon qui voulait l'utiliser pour affermir son pouvoir, mais finalement il a permis la rechristianisation de la France au XIXème siècle.
images/icones/fleche3.gif  ( 847671 )13e post par Ennemond (2018-05-10 19:33:59) 
[en réponse à 847648]

J'ai reproché à Remi cette forme que je trouvais un peu exagérée et qui ne correspond pas à ce qu'il écrit habituellement. Je trouve néanmoins qu'il est un liseur avec lequel il est possible de converser.

Cette allusion sur la forme vient à la suite d'une douzaine de messages dans ce fil. J'ai parfaitement saisi qu'il n'était pas convaincu par les arguments qu'il contenait. Mais me reprocher de ne voir que la forme est assez absurde, de ce fait.

Pour ma part, et pour bon nombre sur ce forum, l'acte des consécrations a constitué un acte salutaire. Il se trouve que les papes n'ont jamais demandé à la FSSPX de le condamner. Ils ont même régularisé la situation canonique de prêtres qui s'évertuent à en souligner les bienfaits. J'imagine que ce n'est pas vous qui établissez les conditions romaines ?
images/icones/iphone.jpg  ( 847679 )Est-ce un caprice par Vincent F (2018-05-11 12:43:46) 
[en réponse à 847626]

d’avoir douté qu’il pouvait obéir ET avoir un évêque ?
images/icones/hum2.gif  ( 847590 )Quant à la crainte par Rémi (2018-05-08 16:54:48) 
[en réponse à 847586]

d'un décès prochain, Turlure en a fait facilement litière ici .


Au reste Monseigneur ne l'évoque-t-il nullement dans les raisons qu'il donne au cardinal Ratzinger de faire quoi qu'il en soit un sacre le 30 juin, mais parle plutôt de la déception des fidèles, et puis ... d'hôtels retenus et de grandes tentes louées.

Toutes choses bien plus matérielles, prosaïques et terre à terre que la crainte de comparaître bientôt devant son Juge ou la gravité d'un sacre épiscopal contre l'ordre exprès du Souverain-Pontife.
images/icones/fleche3.gif  ( 847594 )au-delà des insultes d'orgueilleux et capricieux par Ennemond (2018-05-08 18:51:29) 
[en réponse à 847590]

Luc Perrin dans un fil passé vous a indiqué que des maladresses avaient été commises des deux côtés. Celui d’invoquer de simples préparatifs de tentes dans une lettre au caractère aussi grave que la remise en cause du protocole d’accords est effectivement une maladresse. Le cardinal Ratzinger n’en a pas été exempt non plus. L’incapacité à rassurer pour donner une date de sacres bien fixe, la demande, à peine le stylo rebouché, de faire célébrer des messes nouvelles à Saint-Nicolas du Chardonnet ont été des maladresses qui ont brisé la confiance qui tenait à un fil à cette époque. C’est rassurant, c’est que nous avions affaire à des hommes.

Au-delà de ces maladresses, si on prend du recul on conçoit que le projet de régularisation dans les années 1980 était bien fragile car les deux signataires n’avaient pas les mêmes vues. À l’époque, le Saint-Siège n’aurait jamais accordé l’exclusivité du missel traditionnel à des prêtres (la remarque du cardinal sur la messe à Saint-Nicolas était révélatrice), ce qu’il a permis à partir de 2000. Et même à cette époque, la célébration de la messe traditionnelle par tout prêtre était exclue. Il a fallu l’insistance de la Fraternité pour demander comme préalable la libération du missel tridentin. Ce qui fut accordé en 2007.

Rassurez-vous, j’ai parfaitement compris votre point-de-vue. Vous placez l’obéissance comme vertu première. Pour répondre à votre dernière phrase, je ne peux que vous rappeler le mot de Mgr Lefebvre affirmant qu’il redoutait de comparaître devant Dieu s’il ne transmettait pas intégralement la tradition qui lui avait été transmise. Il ne doit pas vous être trop compliqué d’imaginer qu’il était de bonne foi quand il exprimait ces sentiments. Faut-il recourir à des quolibets d’orgueilleux ou de capricieux pour expliquer l’histoire de l’Église ? Ca me paraît simpliste.

images/icones/fleche2.gif  ( 847597 )Détails incongrus par Peregrinus (2018-05-08 19:14:56) 
[en réponse à 847594]

La mention des tentes a effectivement de quoi surprendre et peut passer pour une maladresse.

Cela dit, je pense qu'on serait souvent surpris, en dépouillant les archives d'affaires ecclésiastiques très graves, de la quantité de détails apparemment incongrus de ce genre que l'on peut y trouver.

Il faut aussi se garder des déformations rétrospectives. Luc Perrin a bien rappelé que rien n'est encore joué le 6 mai. Ce n'est qu'a posteriori que cette lettre apparaît comme celle de la rupture. Elle n'avait donc pas pour but d'exposer solennellement de grands principes. Il faut la juger pour ce qu'elle est, un texte de circonstances qui n'a pris que par la suite la signification qu'on lui prête aujourd'hui.

On ne peut donc pas en déduire que Mgr Lefebvre agissait par caprice, sans quoi un nombre très considérable de grands hommes de l'Eglise, et peut-être de saints, nous sembleraient aujourd'hui autant de capricieux.

Peregrinus
images/icones/neutre.gif  ( 847603 )Grandes tentes par Turlure (2018-05-08 22:42:03) 
[en réponse à 847590]

La tente sous laquelle les sacres ont été célébrés n'était-elle d'ailleurs pas la même que celle pour les ordination sacerdotales qui avaient lieu la veille ? Evidemment, les problèmes "logistiques" ne sont pas la raison profonde des consécrations.

Il me semblent que les sacres, qu'on les approuve où non, peuvent facilement s'expliquer psychologiquement par l'immense pression que portait Mgr Lefebvre due à l'attente des prêtres et fidèles de la FSSPX. S'il a longtemps refusé l'éventualité de sacrer des évêques ou a du moins été plus qu'hésitant sur la question, le zèle de beaucoup de ceux qui le suivaient l'a sans nul doute galvanisé. C'est je crois Mgr Masson, qui fut le premier directeur d'Ecône, qui avait dit que Mgr Lefebvre était facilement influencé par les plus intransigeants de ses prêtres et séminaristes vers des positions qu'il n'auraient pas pris de lui-même.

Je ne crois en tous cas pas qu'il ait agi ainsi par orgueil pur.
images/icones/fleche3.gif  ( 847607 )Galvanisé par Ennemond (2018-05-08 23:05:53) 
[en réponse à 847603]

Votre argument sur les tentes est fondé. Il y avait bien une tente de prévue la veille, pour les ordinations sacerdotales. Néanmoins il n'est pas impossible que pour les sacres (1988) et pour les funérailles (1991), les tentes commandées n'eussent pas été plus grandes que d'habitude. Cet élément est à confirmer.

Un responsable de la Fraternité qui a discuté avec Mgr Lefebvre quelques semaines avant les consécrations indiquait que, le recevant, l'archevêque lui montrait les tas de réponses de prêtres et de fidèles l'incitant à consacrer ou, au contraire, le dissuadant. Les tas étaient de même taille. Et le prélat confiait qu'il lui fallait prendre la décision, seul, en son âme et conscience, au risque de décevoir toute la partie de ceux qui avaient écrit dans l'autre sens que celui qu'il choisirait.

Le témoignage de l'abbé Aulagnier dans la Tradition sans peur révèle aussi que lorsqu'il a consulté les communautés amies et ses assistants au Pointet le 31 mai 1988, Mgr Lefebvre a eu face à lui des avis assez disparates. Il n'y avait que lui pour décider in fine. Et il ne lui était pas possible d'attendre que tous ceux qui lui faisaient confiance se mettent d'accord entre eux.

Aussi, ne suis-je pas certain qu'il y ait eu une frange pour galvaniser dans un sens plus que dans un autre. Il y a vraiment eu des avis très différents. Néanmoins, contrairement à ce qu'il craignait, la grande partie lui est restée fidèle, sans doute consciente du sens de l'Eglise du personnage, et, également, craintive à l'idée de voir le petit monde traditionnel commencer à se diviser.
images/icones/iphone.jpg  ( 847609 )Parmi les positions des communautés amies par Vincent F (2018-05-09 03:51:17) 
[en réponse à 847607]

connaît-on celles de Dom Gérard. J’ai souvent entendu dire qu’il avait longtemps soutenu les sacres?
images/icones/iphone.jpg  ( 847608 )Pourquoi bien involontairement ? par Vincent F (2018-05-09 03:46:15) 
[en réponse à 847576]

cette question de gros sous est pourtant symptomatique.
images/icones/fleche2.gif  ( 847625 )En effet. par Rémi (2018-05-09 17:20:25) 
[en réponse à 847608]

J'avais supposé que vous me reprochiez, en quelque sorte, de mettre le doigt dessus, et estimiez que puisque les fidèles avaient payé pour, ils avaient bien droit à leurs sacres à la date dite.
images/icones/iphone.jpg  ( 847680 )Sans aller jusqu’à par Vincent F (2018-05-11 12:50:57) 
[en réponse à 847625]

dire que les fidèles aient un tel droit, je ne crois pas qu’il faille compter pour rien leur engagement.